Wiki Guy de Rambaud
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                                  Simon Lourdet

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Simon Lourdet est un tapissier originaire des Flandres qui fonde la manufacture royale de tapis de la Savonnerie et est anobli par le Roi le 1er juillet 1627.

Vue d'une partie du Cours, et de la Savonnerie, ou est la manufacture de ces beaux tapis, qui font la plus precieuse partie des meubles de tous les grands seigneurs de l'Europe, et qui sont reconnus sous le nom de la savonnerie.

Très rare tapis de "La Manufacture Royale de Tapisseries de Turquie et autres Ouvrages du Levant" dite de la Savonnerie, atelier de Simon Lourdet à Chaillot, vers 1630-1632.

Simon Lourdet est né vers 1589, car il est dit âgé de 77 ans lors de son décès le 14 juin 1666, à la manufacture de la Savonnerie[1][2].

Simon Lourdet est le fils d'un maître savetier à Paris. Pierre Dupont étudie lors d'un voyage en Turquie ce qui permet de tisser des tapis veloutés façon du Levant. Pierre Dupont, jaloux de sa réussite, dit de Simon, en 1604, qui est son apprenti en 1604 :

fils d'un crocheteur et d'une lavandière, de la place Maubert[3].

Gervais Lourdet est peut-être juré porteur de grains à Paris, comme son gendre. On a, en 1627, un Jean Lourdet, tapissier flamand établi à Paris[4]. Il est certainement un parent proche de Simon.

Pierre Dupont installe des ateliers dans certaines galeries du Louvre. Il est en colère car Simon Lourdet, son ancien apprenti (1604) s'installe place Maubert après son tour de France chez différents maîtres tapissiers. Puis grâce à l'appui de hauts personnages, la manufacture de la Savonnerie est établie en aval de Paris, sur la colline de Chaîllot, dans une ancienne savonnerie transformée par Marie de Médicis (1610 – 1614) en orphelinat. Les tapissiers sont donc des enfants orphelins fournis par l'hôpital de Bon Port. Contrairement à bien des légendes la direction de manufacture royale de la Savonnerie est confiée tout entière à Simon Lourdet, au premier quart du XVIIe siècle (donc avant 1625). Pierre du Pont ne demeure jamais à la Savonnerie, mais continue à rester dans les galeries du Louvre[5].

L'arrêt du conseil royal, en date du 17 avril 1627, porte aussi que le roy, pour reconnaître les services rendus par Simon Lourdet, le déclare noble, domestique et commensal de la Maison du roi, ainsi que ses enfants, $ans qu'on puisse, à eux ou à leur postérité, imputer le trafic qu'ils feront des marchandises procédant de leur manufacture [6][7]. Des lettres patentes imprimées érigeant le village de Chaillot en faubourg de Paris exemptent entre autres Simon Lourdet d'une partie de certains droits d'octroi, en juillet 1659[8].

La manufacture est à l'origine spécialisée dans la fabrication de tapis veloutés ainsi que des garnitures de siège. Ces tapis sont utilisés par la cour de France ou comme présents royaux. Ce sont des tapis souvent de grandes dimensions, d'une qualité exceptionnelle. Ceux tissés sur les cartons de Charles Le Brun pour la Grande galerie du Palais du Louvre sont parmi les plus célèbres.

Lourdet est Directeur manufacture de la Tapisserie de 1656 à 1658, entrepreneur de tapis de Turquie et du Levant, Premier Tapissier Ordinaire du Roi à la manufacture royale de la Savonnerie. Il demeure le 17 juin 1649 à Paris, paroisse de Chaillot.

Lourdet au sieur Lourdet. Donation 1666. Registres des insinuations du Châtelet de Paris. Lettres L.-Q. (1761-1791)

Après son décès en 1766 on a une confirmation des privilèges de la manufacture des Tapisseries façon de Turquie et Levant de la Savonnerie, le 21 novembre 1667[9].

Par ordonnance royale en date du 4 mai 1825, Charles X réunit la manufacture royale de la Savonnerie à celle des Gobelins, mais les métiers n'y sont envoyés qu'au début de l'année 1826[10].

Passy. Vue du couvent des Bonshommes. Au centre la manufacture de la Savonnerie.

SA FAMILLE[]

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Les Lourdet sont certainement des Flamands comme en 1627, Jean Lourdet, tapissier flamand établi à Paris[11].

Les jurés et porteurs de grains (crocheteurs) en place de Grève.

Le maître savetier et son épouse côte à côte derrière leur comptoir.

Les Flandres, actives et industrieuses, voient surgir des manufactures qui créent des tapisseries. C'est de Bruxelles, de Tournai et de Bruges que les ducs de Bourgogne font venir les merveilleuses tentures historiées. C'est de la Flandres également que partent les tapissiers qui vont dans toute l'Europe et particulièrement en Italie à Mantoue, Venise, Ferrare, Florence, Urbin...

C'est le cas de mes ancêtres Platel, Plateel, Platteel, anoblis (1550) par les ducs de Lorraine, dont les fameuses et riches tapisseries sont encore regardées aujourd'hui comme des chefs d'œuvres[12].

On a, en 1627, un Jean Lourdet, tapissier flamand établi à Paris[13]. Il est certainement un parent proche de Simon. Le patronyme est peu fréquent et les tapissiers pas très nombreux.

Gervais Lourdet (ca 1570 - avant 1640), père de Simon, est maître savetier à Paris, rue de la Pelleterie, paroisse Saint-Jacques de la Boucherie. Il est certainement originaire de Flandre. Pierre Dupont dit Simon, en 1604, son apprenti fils d'un crocheteur et d'une lavandière, de la place Maubert[14]. Lourdet est peut-être juré porteur de grains à Paris, comme son gendre Claude Paris ou Deparis. Lors de l'Inventaire après décès de Marguerite Saulnier (ca 1570 - 1640), sa veuve, le 9 mai 1640, nous retrouvons comme enfants :

¤ Jean Bautret, maître savetier et Marie Lourdet son épouse, en 1640..

¤ Claude Paris, compagnon savetier en 1627, juré porteur de grains à Paris et Élisabeth Lourdet son épouse. Un office de juré porteur de grains se vend 6.000 livres. Leur fils émigre à Québec.

¤ Cotes : MC/ET/XXXIV/53 11 novembre 1631 : mariage de François Aubry, compagnon savetier, rue Bordelle, paroisse Saint-Etienne-du-Mont, fils de Jacques Aubry, maître potier de terre à Chartres, avec Catherine Lourdet. Il est en 1640 maître savetier, r. H. Saint-Louis.

¤ Léandre Deparis est tuteur de Gervais Lourdet 23 ans et Jean Lourdet 19 ans - Tous enfants mineurs de Marguerite Saulnier leur mère. Trois actes de tutelle concernant Claude Paris et Élisabeth Lourdet sont enregistrés au Châtelet de Paris le 15 décembre 1644 sous la côte Y3914B, le 2 janvier 1655 sous la cote Y3935A et le 1er décembre 1655 sous la cote Y3936B.

Un neveu de Gervais Lourdet, artisan, émigre à Québec.

LA MANUFACTURE DE LA SAVONNERIE[]

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L'origine de la manufacture de la Savonnerie (1608)[]

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Les plus anciens tapis (IVe av. J.-C.)[]

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Tapis IVe ou Ve siècles av. J.-C. bien avant la conquête musulmane.

Le tapis connu le plus ancien qui nous soit parvenu date du IVe ou Ve siècles av. J.-C. et est originaire des steppes (notamment de Chine). L'étymologie du mot désigne un tapis de cheval.

Au Moyen Âge, en Europe, le sol des chambres est généralement couvert de nattes en jonc, alors que les tapis, produits d'importation de grand luxe, et les tapisseries servent à la décoration : pour recouvrir les buffets ou les lits des demeures des nobles[15]. C'est également en Europe que se développent à partir du IXe siècle les tapisseries murales et tentures. Il perd progressivement de la hauteur pour ornementer les sols tout en gagnant en notoriété.

Jusqu'à François Ier, la fabrication des tapisseries est exclusivement du domaine de l'industrie privée. Ce prince fait venir de Flandre et d'Italie quelques maîtres tapissiers, et établit à Fontainebleau une fabrique de tapisserie de haute lisse. Sous Henri II, la direction de cet établissement est donnée à Philibert de Lorme. Durant les guerres de religion, l'industrie des tapis et tapisseries périt presque entièrement[16].

Henri IV et la manufacture (1589 - 1610)[]

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Henri IV jouant avec ses enfants sur un tapis.

Henri IV, roi de 1589 à 1610, veut faire revivre les arts du luxe français, qui se sont effondrés lors des troubles des guerres de religion. L'argent français est drainé vers le Levant et la Perse pour l'achat de tapis à poils noués. Henri IV, malgré l'opposition de Sully, tente de la relever, et établit dans les galeries du Louvre une manufacture de tapis, façon du Levant, sous la direction d'un certain Pierre du Pont, qui compose sur son art un ouvrage fort curieux[17].

Pierre Dupont est un tapissier-lissier qui revient du Levant[18]. Il sait réaliser des tapis selon la technique du point noué, dit de Turquie[19] pour les parties sombres et point plat en soie pour le fond clair[20].

La stromatourgie de Pierre Dupont[]

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Pierre Dupont. La Stromatourgie de Dupont, ou Traité de la fabrication des tapis de Turquie (Traité sur la fabrication des tapis turcs, Paris 1632).

En 1604, Pierre Dupont prend comme apprenti Simon Lourdet. Il écrit sur Lourdet dans La stromatourgie... :

fils d'un crocheteur et d'une lavandière, de la place Maubert. Lesdits enfans sortis d'apprentissage furent envoyez par ledit Dupont de ça de là, pour establir ladite manufacture, comme ledit Angevin à Rouen, où sont encore beaucoup d'ustancilles audit Dupont appartenant, Philippes Jugles à Saumur, André Le Queste à Beauvais, et un des disciples dudit Angevin qui est maintenant à Nantes, et ainsi en divers lieux ladite manufacture fut dès lors establie[21].

En 1608, Pierre Dupont, "tapissier ordinaire en tapis de Turquie et façons de Levant installe un atelier de tapis sous la Grande galerie du Louvre. Ses premières créations s’inspirent de l’Orient[22]. Son ouvrage,La Stromatourgie de Dupont, ou Traité de la fabrication des tapis de Turquie (Traité sur la fabrication des tapis turcs, Paris 1632) est une source d'information de premier ordre sur la fabrication française de tapis au début du XVIIe siècle. Pierre Dupont fonde dans les galeries du Louvre, la manufacture des tapis façon Perse et Levant. Il existe un tapis qui présente les armes de la famille Barberini qui témoigne de la production de tapis par ce tapissier avant même la création officielle de la manufacture de la Savonnerie en 1626[23].

Du temps de Marie de Médicis (1610 – 1614)[]

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La galerie du Bord-de-l’Eau.

Dupont est en colère car Simon Lourdet s'installe place Maubert après son tour de France chez différents maîtres tapissiers. Puis grâce à l'appui de hauts personnages, la manufacture de la Savonnerie est établie en aval de Paris, près de Chaillot, du temps de Marie de Médicis (1610 – 1614). Les tapissiers sont déjà des enfants orphelins fournis par l'hôpital de Bon Port.

Certes Louis XIII dote d'ateliers et d'ateliers les galeries du Louvre. Dupont continue aux Galeries du Louvre jusqu'à sa mort en 1640.

Mais le roi crée et développe la manufacture de la Savonnerie en installant les ateliers sur les bords de la Seine au pied de la colline de Chaillot, dans les bâtiments d'une ancienne fabrique de savon – d'où le nom de Savonnerie. Lourdet prend possession des bâtiments de la savonnerie.

La tapisserie de Bayeux est une broderie (anciennement tapisserie aux points d'aiguille) du XIe siècle.

La manufacture de la Savonnerie du temps de Simon Lourdet (1627 - 1666)[]

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Richelieu (1624 - 1642)[]

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La manufacture vue du couvent des Bonshommes.

Panneau mural La Famille de Louis XIII. Manufacture de la Savonnerie (1644).

Lourdet prend l'engagement de recevoir dans sa manufacture comme apprentis cent enfants.

Les Lourdet sont faits nobles et commensaux de la Maison du roi, en 1627.

Richelieu est le principal ministre du roi Louis XIII de 1624 à 1642. Il est remplacé par le Cardinal Mazarin.

Un arrêt du conseil royal, en date du 17 avril 1627, porte aussi que le roy en son conseil, accorde à Simon Lourdet la fabrique et manufacture de toutes sortes de tapis, autres ameublements et ouvrages du Levant, en or, argent, soye, laine, pour dix-huit années, à commencer du ler juillet 1627[24]. La Manufacture s'emploie alors à tisser des tapis de très grande qualité à décor de semis de fleurs, cartouches, paniers. Ce décor, dit Louis XIII, perdure jusqu'à la fin du XVIIe siècle. La manufacture de tapisseries de Turquie et du Levant adopte le nœud turc et édicte peu à peu sa propre technique : tous les dix rangs, des fils de dizaine bleu typiques de la Savonnerie sont visibles sur notre paravent. Ce système permet la vérification de l'avancement du travail et du paiement des ouvriers en conséquence.

La manufacture est à l'origine spécialisée dans la fabrication de tapis veloutés ainsi que des garnitures de siège. Ces tapis sont utilisés par la cour de France ou comme présents royaux. Ce sont des tapis souvent de grandes dimensions, d'une qualité exceptionnelle.

Les tapis conservés au musée du Louvre ou au Metropolitan Museum, dans la collection Wrightsman, pour ne citer qu'eux, en sont de parfaits exemples. L'éventail de sa production est très varié puisqu'elle livre de très nombreux tableaux de paysages, des natures mortes, ou des tableaux, comme le célèbre portrait de Louis XIII et sa famille, mais aussi de nombreuses formes : dessus de banquettes, des chevets de lit au dessein à la fleur et ouvrages servant à couvrir cassettes et layettes. La mention de paravent n'est pas spécifiée, mais on note que quatre feuilles de paravent à bouquets de fleurs sont citées pour le château de Saint-Cloud dans l'inventaire de Philippe de France, Duc d'Orléans (1640 - 1701). Les exemples de paravents ornés de tapis de la Savonnerie de cette époque sont aujourd'hui très rares[25].

Du temps de Richelieu (1624 - 1642) on ouvre des ateliers pour les enfants pauvres. En 1627, le premier président, le procureur général et les administrateurs des pauvres établissent dans la maison de la Savonnerie, atelier de tapisseries turques, passent avec Lourdet un contrat. Il prend l'engagement d'y recevoir comme apprentis cent enfants, âgés de dix à douze ans, tirés des hôpitaux des pauvres. Le temps d'apprentissage est de six ans, à l'issue desquels une partie d'entre eux obtiennent la maîtrise tandis que les autres restent compagnons[26]. Les enfants apprennent également l'art du design, car un peintre de l'Académie venant une fois par mois inspecter leurs projets.

L'arrêt du conseil royal, en date du 17 avril 1627, porte aussi que le roy, pour reconnaître les services rendus par Simon Lourdet, le déclare noble, domestique et commensal de la Maison du roi, ainsi que ses enfants, $ans qu'on puisse, à eux ou à leur postérité, imputer le trafic qu'ils feront des marchandises procédant de leur manufacture [27].

Contrairement à bien des légendes la direction de manufacture royale de la Savonnerie est confiée tout entière à Simon Lourdet. Pierre du Pont ne demeure jamais à la Savonnerie, mais continue à rester dans les galeries du Louvre[28].

Paravent à cinq feuilles. Manufacture de tapisseries de Turquie et ouvrages du Levant, dite de la Savonnerie à Paris, vers 1640-1650.

Mazarin (1643 - 1661)[]

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Jules Mazarin et le tapis de la bibliothèque Mazarine.

Tapis de la Savonnerie, sous Louis XIV, des dessins Charles Le Brun, fait pour la Grande Galerie persienne.

Mazarin succède à Richelieu en tant que principal ministre d'État de 1643 à 1661.

Simon Lourdet fait prospérer son établissement et élève les enfants pauvres qu'il choisit dans les hôpitaux. Il en fait recevoir plusieurs comme maîtres tapissiers à Paris. Mais ce n'est pas chose facile, à cette époque, que d'exercer une industrie sans être attaché à une corporation. Les tapissiers, merciers, etc., lui suscitent mille embarras. Il a été convenu que le nombre des enfants instruits par Lourdet sera maintenu à cent ; mais ses rivaux travaillent constamment à lui enlever ceux de ces enfants qui montrent le plus de dispositions, et les font travailler dans des maisons particulières ou les envoient en Angleterre[29]..

En outre, Lourdet se voit frustré d'une partie du local que lui a accordé l'arrêt du conseil de 1627. On y établit de petits enfants inutiles à la manufacture à cause de leur âge, des écoles, des tisserands, etc.

Il en résulte que Simon Lourdet se trouve dans l'impossibilité de remplir ses engagements. Il réclame auprès du roi, et, en 1643, des lettres patentes, en date du 25 mars, foent droit à ses demandes ; et lui renouvellent son privilège pour dix-huit ans[30].

Donc les fabriques de tapis à velours de Dupont et Lourdet prospèrent toutes deux, et fournissant au cardinal Mazarin et à Anne d'Autriche des tapis et des tentures à velours, maintenant fièrement fabriqués, comme le disent les documents, à la manière de France, à la française.

Lourdet est Directeur manufacture de la Tapisserie de 1656 à 1658, entrepreneur de tapis de Turquie et du Levant, Premier Tapissier Ordinaire du Roi à la manufacture royale de la Savonnerie. Il demeure le 17 juin 1649 à Paris, paroisse de Chaillot.

Des lettres patentes imprimées érigeant le village de Chaillot en faubourg de Paris exemptent entre autres Simon Lourdet d'une partie de certains droits d'octroi, en juillet 1659[31].

Jean-Baptiste Colbert (1660 - 1683)[]

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Colbert et la tapisserie.

Tapis tissé pour la Galerie d’Apollon Paris (1664 - 1667). Fabriqué par la Manufacture de la Savonnerie, atelier de Simon Lourdet, tapissier, d’après Charles Le Brun.

Jean-Baptiste Colbert est le Principal ministre d'État de 9 mars 1661 au 6 septembre 1683. Il est le promoteur d'une politique économique interventionniste et mercantiliste, ultérieurement appelée « colbertisme », il favorise le développement du commerce et de l'industrie en France par la création de fabriques et l'institution de monopoles royaux. Il favorise ainsi la production de tapisseries et tapis.

Les meilleurs tapis de la Savonnerie sont achevés sous le nouveau contrat accordé en 1664 sous la direction générale de Jean-Baptiste Colbert, organisé selon des lignes similaires à celles employées dans les Gobelins et la commande de la série inégalée de treize tapis pour la Galerie d'Apollon et 93 pour la Grande Galerie du Louvre, qui, bien que tous sauf un sont achevés en 1683, mais ne sont jamais utilisés.

L'attention de Louis XIV étant devenue entièrement fixée sur Versailles, alors que la Grande Galerie est maintenant utilisée pour afficher des cartes et des plans de fortifications plutôt que des levées royales. Néanmoins, une fortune est dépensée pour les tapis, payés au taux de 165 livres par aune, qui mesurent 118,8 centimètres carrés / 46 pouces et demi. Les dessins sont du peintre du roi Charles Le Brun, réalisés sous forme de caricatures à grande échelle par deux peintres des Gobelins; Le Brun réalise des peintures de plafond dans les mêmes galeries. Le tissage débute en 1668 et les premiers tapis de la Grande Galerie sont livrés vers la fin de cette année[32]. Il reste aujourd'hui trente-cinq tapis complets au Mobilier National.

La manufacture de la Savonnerie du tapissier Simon Lourdet, est réunie sous Colbert à celle des Gobelins. Il n'y a dès lors qu'une seule manufacture royale des meubles de la couronne[33].


Dupont et Simon Lourdet se querellent et cette rivalité se retrouve à la génération suivante.

La manufacture de la Savonnerie après 1666[]

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Waddesdon Manor : l'aristocratie européenne imite la Cour française.

Manufacture de La Savonnerie de Chaillot sur plan de 1830.

La manufacture est améliorée par l'influence de Colbert (1663). Elle décline après mais reprend sa valeur par les soins du duc d'Antin. Il existe des Etats de tous les ouvrages qui se sont faits à la manufacture de la Savonnerie depuis le premier janvier 1708 (registre à riche reliure de marocain rouge fleurdelisée, aux armes du duc d'Antin, fournissant pour les différents ateliers un état complet et détaillé de la fabrication de 1708 à 1774[34].Après son décès en 1666 on a une confirmation des privilèges de la manufacture des Tapisseries façon de Turquie et Levant de la Savonnerie, 21 novembre 1667[35].

La Savonerie qui est une des maisons de l'Hopital général Le roi en a fait don à l'Hôpital général mais la Savonnerie redevient manufacture royale en 1673.

Sous l'impulsion de Louis XIV, la production nationale est encouragée. Avec les manufactures d'Aubusson et de Beauvais, les tapis envahissent peu à peu, d'abord les palais, puis les habitations bourgeoises. Plus tard, sous la rigueur financière des guerres de Louis XIV, la Savonnerie tombe en éclipse, sa gestion se combinant à celle des Gobelins sous la direction de l'architecte des Bâtiments du Roi, Robert de Cotte, ses ouvriers souvent impayés, se profile souvent au ralenti, bien qu'en 1712, il devienne une Manufacture Royale.

Le phénomène de la Savonnerie se répand déjà dans l'aristocratie européenne qui souhaite imiter les modes traditionnelles de la Cour française précédente. L'une des demeures britanniques, connue pour sa collection d'œuvres d'art royales françaises du XVIIIe siècle, est Waddesdon Manor - un manoir victorien qui possède dix-neuf tapis Savonnerie maintenant dans sa collection.

Aux deux fondateurs associés, Pierre Dupont (1560 - 1640) et Simon Lourdet (1590 -1666), succèdent 2 ateliers distincts dirigés par leurs descendants[36] :

¤ Louis puis Bertrand Dupont d'une part,
¤ Philippe Lourdet, sa veuve Jeanne Haffrey, puis leur fils (de prénom inconnu) d'autre part.

En 1714, Bertrand Dupont réunit les deux ateliers, après une éphémère direction de l'atelier Lourdet par un certain Sauveur en 1713. Jacques Noinville, son neveu par alliance clôt la dynastie des Dupont en régissant la Savonnerie de 1720 à 1742[37].

MARIAGE ET DESCENDANCE[]

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Son mariage (avant 1637)[]

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Blason des Lourdet.

Le travail des tapissiers intéresse les aristocrates. Simon Lourdet et sa famille obtiennent des lettres de Noblesse de Louis XIII le 1er juillet 1627

Simon Lourdet (1589 - 1666) se marie vers 1630 avec Françoise Carré (1590 - 1666), fille de Claude Carré (ca 1560 - avant 1628), marchand à Orléans et Françoise Guillaume qui vend à son frère Michel une maison sise à Orléans rue de l'Aiguillère, attenant à l'église Sainte-Catherine, sous la censive de Monseigneur l'évêque d'Orléans[38]. Elle est la descendante de Pierre Guillaume marchand bourgeois de Paris marié à Marie Perlin, demeurant à Paris. Lors de son remariage ses biens consistent en un tiers d'une maison à Paris, rue de Long-Pont, près l'église Saint-Gervais, à l'enseigne de l'Image Sainte-Barbe, et 300 livres tournois en argent comptant et en meubles estimés 300 livres tournois. En 1612, elle demeure rue de Long-Pont paroisse St-Gervais et fait une donation[39] sous certaines conditions à Marguerite Guillaume, femme de Claude Gizon, marchand bourgeois de Paris, sa fille, et à Marie Le Saige, femme de Guillaume Lestourmy, marchand bourgeois de Paris, sa petite-fille. Elle se remarie le 3 mars 1576[40] à Antoine Besson, maître armurier du roi, mariage en présence de Claude Bazin de Bezons, docteur régent en la faculté de médecine de l'université de Paris.

Antoine de Sevre, Maître chirurgien à Luzarches, demeurant à Paris, rue Comtesse d'Artois mari& par contrat 4 juin 1630 à Marguerite Lestourmy (1607 - 1682). Les témoins sont François Roberdan, marchand orfèvre à Paris, et à cause de Marguerite Lestourmy-de Seure, sa femme, Simon Lourdet, cousin de ladite Lestourmy par sa femme.

Simon Lourdet et sa famille obtiennent des lettres de Noblesse de Louis XIII le 1er juillet 1627 et il portent : D'argent, à la ruche de sable, accompagnée de quatre abeilles du même ; au chef d'azur, chargé de trois étoiles d'or. (Île-de-France)[41].

Ses enfants[]

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Le prévôt et les échevins de la ville de Paris. Herlau est au centre un peu en retrait.

Françoise Lourdet se marie le 30 novembre 1669 avec Maître Pierre Lévy, procureur au Parlement de Paris.

Jeanne Lourdet peinte par son beau-frère, Bon Boullogne.

Le mari de sa petite-fille est Edouard Helyes de Clinchamps, lieutenant général, civil et criminel.

Simon Lourdet (1589 - 1666) se marie avec Françoise Carré (1590 - 1666). Ils sont les parents de :

¤ Anne Lourdet se marie en 1658 avec Henri Herlau, échevin (1687) et ancien quartenier (1691)[42], conseiller du Roy en l'Hôtel de Ville, Receveur Général (1684), puis administrateur de l'Hôtel-Dieu de Paris (1690 - 1691), selon l'Inventaire-sommaire des Archives hospitalières antérieures à 1790 (1884). Lors d'un tirage au lot qui a lieu le 21 juillet 1669, pour lequel on a fait appel à un apprenti de la Savonnerie du nom d'Antoine Foyer, la première tenture en huit pièces échoit à Henry Herlau. En 1697, ils sont mentionnés dans la salle du deuxième étage de leur domicile, rue Saint-Germain[43]. Il décède rue Saint-Germain-l'Auxerrois, le 5 novembre 1703[44]. On retrouve, sans certitude, certaines des tapisseries de Simon Lourdet dans les inventaires d'Anne Lourdet et Henri Herlau.


¤ Françoise Lourdet se marie le 30 novembre 1669 avec Maître Pierre Lévy, procureur au Parlement de Paris


¤ Henry Lourdet est marchand et bourgeois de Paris.


¤ Philippe Lourdet est associé à son père Simon pour la direction par brevet du 31 avril 1664 (Guiffrey, 1892), mort en 1670. Jeanne Haffrey, sa veuve, lui succède. Elle est morte le 20 novembre 1719 (selon Vittet). 1722, 18 juillet : Estimation par Jean-François Gobin de plusieurs maisons composant la succession de défunte Jeanne Haffray, veuve de Philippe Lourdet, directeur des manufactures des ouvrages de façon de Perse et du Levant, soit : une maison rue du Faubourg-Saint-Honoré à l’enseigne de la « Croix Blanche », une maison dite « La maison blanche » à Chaillot, une maison avec jardin à Auteuil, une seconde maison à Chaillot, une maison à Argenteuil, rue du Port[45]. Philippe Lourdet et Jeanne Haffray sont les parents de :

Simon Lourdet °1657 Receveur de la manufacture royale de la Savonnerie.
Marie Lourdet (1659 - 1730) mariée à Edouard Helyes de Clinchamps, Lieutenant général civil et criminel au bailliage de Bayeux.
Françoise Lourdet °1660 se marie en 1682 avec Charles Le Maigre (1661 - 1741). Il est écuyer, sieur de Lan, Lieutenant civil de Bayeux, fils d'Antoine Le Maigre (Conseiller du Roi, secrétaire contrôleur en la Chancellerie de la Cour des Aides de Normandie).
Elisabeth Lourdet °1663 mariée le 13 juin 1668, à Paris saint-eustache (paroisse), avec Simon de Villaine, notaire (9 janvier 1687 -19 août 1707). Simon de Villaine, qu'on voit figurer dans la donation de la dîme de Mézerai, aux moines du prieuré. Ils habitent rue de la Comtesse-d'Artois.
Jeanne ou Johanna Lourdet (2 mai 1668 - 1689) Elle se marie en avril 1686 avec Joseph Sauveur, chevalier, maître de mathématiques des rois d'Espagne et d'Angleterre, et des Enfants de France, examinateur des ingénieurs, Lecteur et professeur du roi pour les mathématiques, membre de l'Académie des Sciences[46]. Inventaire : Deux enfants mineurs : Jean Urbain, 2 ans 7 mois et Alexandre Simon, 5 mois.
Anne Lourdet (1669 - 1737) se marie le 8 avril 1687 avec Bon Boullogne (1649 - 1717), peintre et graveur français. Bon Boullogne est l'un des cinq peintres les plus célèbres de l'histoire de la fin du règne de Louis XIV. Il fait le portrait de sa soeur, Johanna Lourdet, en 1687.
François Lourdet 1671-

NOTES ET RÉFÉRENCES[]

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  1. y 13865
  2. Simon Lourdet
  3. La stromatourgie de Pierre Dupont : documents relatifs à la fabrication des tapis de Turquie en France au XVIIe siècle / publiés par Alfred Darcel,... et Jules Guiffrey,... Dupont, Pierre (15..-1650). Éditeur : Charavay frères : 1882.
  4. Encyclopédie historique, archéologique, biographique, chronologique et monogrammatique des beaux-arts plastiques, architecture et mosaïque, céramique, sculpture, peinture et gravure, Auguste Demmin. 1874.
  5. De l'administration en France sous le ministère du cardinal de Richelieu, Jules Caillet. Éditeur Didot, 1857.
  6. De l'administration en France sous le ministère du cardinal de Richelieu, Jules Caillet. Éditeur Didot, 1857.
  7. Bulletin de la Société de l'histoire de l'art français, Centre national de la recherche scientifique (France), Éditeur F. de Nobele, 1996.
  8. Répertoire (497AP/1-497AP/4)
  9. Répertoire (497AP/1-497AP/4)
  10. Jean Coural : Les Gobelins, Nouvelles Éditions latines, 1989, p. 47.
  11. Encyclopédie historique, archéologique, biographique, chronologique et monogrammatique des beaux-arts plastiques, architecture et mosaïque, céramique, sculpture, peinture et gravure, Auguste Demmin. 1874.
  12. Nobiliaire ou armorial general de la Lorraine et du Barrois en forme de dictionnaire; ou se trouvent les armes gravees et envirannees de ... cartouches, et mises a cote de chacun des articles qui les concernent, Ambroise Pelletier. Chez Thomas père & fils, 1758.
  13. Encyclopédie historique, archéologique, biographique, chronologique et monogrammatique des beaux-arts plastiques, architecture et mosaïque, céramique, sculpture, peinture et gravure, Auguste Demmin. 1874.
  14. La stromatourgie de Pierre Dupont : documents relatifs à la fabrication des tapis de Turquie en France au XVIIe siècle / publiés par Alfred Darcel,... et Jules Guiffrey,... Dupont, Pierre (15..-1650). Éditeur : Charavay frères : 1882.
  15. Les inventions qui ont changé le monde, Gordon Rattray Taylor et Jacques Payen, Sélection du reader's digest. Londres : 1982. ISBN : 978-2-709-80101-0.
  16. De l'administration en France sous le ministère du cardinal de Richelieu, Jules Caillet. Éditeur Didot, 1857.
  17. De l'administration en France sous le ministère du cardinal de Richelieu, Jules Caillet. Éditeur Didot, 1857.
  18. Blagdon, Francis William. Paris as it was and as it is, or, A sketch of the French capital. p. 512. Retrieved 11 June 2011.
  19. Manufacture de la Savonnerie
  20. Tapis aux armes de la Famille Barberini
  21. La stromatourgie de Pierre Dupont : documents relatifs à la fabrication des tapis de Turquie en France au XVIIe siècle / publiés par Alfred Darcel,... et Jules Guiffrey,... Dupont, Pierre (15..-1650). Éditeur : Charavay frères : 1882.
  22. Tapis aux armes de la Famille Barberini
  23. Tapis aux armes de la Famille Barberini
  24. De l'administration en France sous le ministère du cardinal de Richelieu, Jules Caillet. Éditeur Didot, 1857.
  25. PARAVENT À CINQ FEUILLES
  26. De l'administration en France sous le ministère du cardinal de Richelieu, Jules Caillet. Éditeur Didot, 1857.
  27. De l'administration en France sous le ministère du cardinal de Richelieu, Jules Caillet. Éditeur Didot, 1857.
  28. De l'administration en France sous le ministère du cardinal de Richelieu, Jules Caillet. Éditeur Didot, 1857.
  29. De l'administration en France sous le ministère du cardinal de Richelieu, Jules Caillet. Éditeur Didot, 1857.
  30. De l'administration en France sous le ministère du cardinal de Richelieu, Jules Caillet. Éditeur Didot, 1857.
  31. Répertoire (497AP/1-497AP/4)
  32. catalogue Wrightsman, n° 177
  33. Encyclopédie historique, archéologique, biographique, chronologique et monogrammatique des beaux-arts plastiques, architecture et mosaïque, céramique, sculpture, peinture et gravure, Auguste Demmin. 1874.
  34. Répertoire (497AP/1-497AP/4)
  35. Répertoire (497AP/1-497AP/4)
  36. Répertoire (497AP/1-497AP/4)
  37. Répertoire (497AP/1-497AP/4)
  38. revenu par ledit Michel pc II-189 18.12.1649
  39. pc 13.11.1612 Y153 f°84 v°
  40. Y117 f°257 v°
  41. Recuei-l d'Armoiries des maisons nobles de France, Nicolas Jules Henri GOURDON DE GENOUILLAC, Éditeur Dentu, 1860.
  42. Bulletin de la Société de l'Histoire de l'Art Français, 1877.
  43. Bulletin de la Société de l'histoire de l'art français, Centre national de la recherche scientifique (France), Éditeur F. de Nobele, 1996.
  44. Paris, France | AN Y17.
  45. Greffiers des bâtiments de Paris, procès-verbaux d'expertises - Régence - inventaire Z1J 521 à 556 1715-1723. Michèle Bimbenet-Privat. 1987.
  46. L'atelier Delisle: l'Amerique du Nord sur la table a dessin, Nelson-Martin Dawson, Charles Vincent, Les éditions du Septentrion, 2000. ISBN 289448173X, 9782894481738.
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