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                                    Sainte Odile

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Sainte Odile timbres de bienfaisance de la Sarre française.

Donation par Etichon-Adalric d'Alsace du Hohenbourg avec des terres à sa fille sainte Odile.

Sarcophage d'Adalric, père de sainte Odile. À droite sainte Odile priant pour le repos de l'âme de son père, le duc Adalric.

Sainte Odile est née vers 662, dans la résidence ducale de son père à Obernai, et décédée vers 720 au château d’Hohenbourg (Mont Sainte-Odile).

Aldaric songe en vain à marier Odile à quelque puissant seigneur de ses amis.

Première abbesse de Hohenburg, elle est canonisée au XIe siècle par le pape Léon IX. C'est une sainte vénérée dans l'Église catholique romaine et l'Église orthodoxe. L'actuel calendrier liturgique catholique romain ne commémore pas officiellement sa fête du 13 décembre, mais elle est commémorée ce jour-là dans l'Église orthodoxe. Elle est proclamée patronne de l'Alsace par le pape Pie XII en 1946.

Avant sa transformation en chapitre canonial, la communauté de Hohenburg (château d’en haut) rayonne dans une périphérie assez étendue et étoffer le réseau des monastères familiaux de la dynastie des Étichonides[1].

La fondation du Niedermunster (monastère d’en bas), vers 720 est étroitement liée aux origines du monastère d’en haut. De concert avec sa communauté, l’abbesse Odile décide l’érection d’une hôtellerie au pied de la montagne, pour y accueillir les pèlerins. En raison de l’aménité du lieu et de la facilité d’y capter l’eau, cette dépendance est transformée en monastère proprement dit. D’importantes constructions furent édifiées. Les vestiges les plus anciens datent de l’époque de sainte Odile[2].

Il ne subsiste aujourd’hui de ces trois édifices que des restes de cette dernière abbaye (Biller & Metz, 1991 ; Hammer, 2003 ; Lorenz & Scherer, 1871).

Sa famille, les Étichonides, est surtout connue pour être à l'origine de nombreux monastères à partir du VIIe siècle. Etichon-Adalric d'Alsace, ses cinq enfants et ses onze petits-enfants patronnent et fondent onze monastères[3].


Article détaillé : Etichon-Adalric d'Alsace


Article détaillé : Étichonides


Article détaillé : Richardis d'Andlau


SES ORIGINES ET SA JEUNESSE[modifier | modifier le wikicode]

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Obernai vers 1830. Sur les murs d’enceinte de la Ville, grande et bien lisible, on trouve l’inscription : Stammhaus der Heiligen Odilia, Berceau de Sainte Odile et des maisons souveraines de France, d’Autriche, de Lorraine et de Bade.

Etichon-Adalric recherchent sa fille dans la Forêt Noire.

Odile est la fille d'Etichon-Adalric d'Alsace 5également connu sous le nom d'Athich, Adalrich ou Aldaric), duc d'Alsace et fondateur de la famille noble des Étichonides.

Selon la légende, elle est née aveugle. Son père ne la veut pas parce qu'elle est handicapée, donc sa mère Bethswinda l’amène à Palma (peut-être aujourd'hui Baume-les-Dames en Bourgogne), où elle est élevée par des paysans.

Une légende du Xe siècle raconte qu'à douze ans, Odile a été emmenée dans un monastère voisin. Tandis que là, l'évêque itinérant Saint Erhard de Ratisbonne a été conduit, par un ange, a-t-on dit, à Palma où il l'a baptisée Sol Dei (Odile), après quoi elle a miraculeusement retrouvé la vue. Son jeune frère Hughes l'a ramenée à la maison, ce qui a tellement enragé Etichon qu'il a accidentellement tué son fils. Odile l'a miraculeusement ressuscité et a de nouveau quitté la maison.

LE MONT SAINTE-ODILE (680)[modifier | modifier le wikicode]

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Dessin de Johann Peter Müller (1603) de la Bloss et du Mont Sainte-Odile.

Cette montagne est nommée Altitona ou Altodunum par les Celtes et les Romains, puis Hohenburc (en français Hohenbourg) par les Francs et qui prera ultérieurement le nom de Mont Sainte-Odile. Il culmine à 764 m.[4].

L'abbaye de Hohenbourg est construite sur ce qu'on appelle maintenant le mont Sainte-Odile, éminence située dans l'actuelle commune d'Ottrott (Bas-Rhin, canton de Rosheim), à une altitude de 763 mètres. Le massif du Mont Sainte Odile est délimité au sud par la vallée de Barr (Kirneck), au nord par la vallée de Bœrsch (Ehn) et à l'est par le piémont des Vosges. L'abbaye occupe une situation privilégiée, sur un plateau rocheux au milieu des forêts, dominant la plaine d'Alsace, et en particulier, du sud vers le nord, la ville de Barr et les villages de Heiligenstein, Saint-Nabor, Ottrott, Klingenthal et Bœrsch. Le territoire de Hohenbourg est délimité par une construction datant de la même époque que le Burg devenu abbaye, appelée à tort le mur païen.

Le Burg d'Altitona (après 655)[modifier | modifier le wikicode]

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Adalric réside fréquemment dans sa jeunesse, en Alsace, à la cour de Marlenheim.

Le château selon une CPA.

On sait désormais que le Mur Païen, avant la construction du château-abbaye du Hohenbourg, c'est juste des grosses pierres sur des monts dominant la plaine d'Alsace. On retrouve par contre le tracé des voies romaines.

Adalric connaît la vie mouvementée des chefs mérovingiens. C’est un personnage important à la cour royale de Childéric II, puis sous Dagobert II. Ces rois résident alors fréquemment en Alsace à la cour de Marlenheim, lui-aussi[5].

Au début de notre ère, sur l'emplacement de l'actuelle agglomération d'Obernai, se dresse une villa gallo-romaine. Au VIIe siècle, sous le règne de Childéric II, roi d'Austrasie, Obernai (qui se nomme alors Ehenheim), selon plusieurs chroniques le jeune dDuc réside à Obernai. La plus ancienne, la Chronicon Novientense, rédigée à Ebersheim, vers 1130, dit qu’Adalric habite une villa regia appelée Ehenheim ...[6].

Adalric désire vivement posséder une résidence éloignée des bruits du monde, afin de s'y retirer de temps en temps avec son épouse. Il ordonne donc à quelques-uns de ses officiers de parcourir les montagnes voisines, et de choisir celle qui serait la plus propice à l'exécution de son dessein. Quelque temps après, les fidèles serviteurs du duc viennent lui annoncer qu'ils ont découvert, au sommet d'un mont, les vastes ruines d'anciens édifices, et un lieu propice pour y construire une maison-forte et une église. Ce castrum est situé sur la montagne appelée autrefois Altitona qui prendre le nom après la construction de son Burg de Hohenburg, le Haut Château[7].

La montagne est devenue la propriété du duc d'Alsace Adalric. Il construit son château sur ce promontoire rocheux, comme le mentionne Grandidier (1787, vol. 1 p. 9), d'après le Chronicon Ebersheimense (Ebermünster) :

fureta nuncupatum : nunc veto cadem ethimologia Hohenburc nominatur[8].

La fondation de l'abbaye d'Altitona (680)[modifier | modifier le wikicode]

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Fondation du Hohenbourg, représentée dans le Hortus Deliciarum de l’abbesse Herrade de Landsberg.

Sainte Odile surveille l'avancement des travaux.

Sainte Richarde, qui est l'une de ses descendantes fait ses études au monastère de Hohenburg, de nos jours, appelé plus couramment le Mont Sainte-Odile.

Le duc et sa femme Bereswinde, après leur mariage en 655, partagent donc leur temps entre un palais, siège de l’administration du duc à Obernai, et une place forte située au dessus de la plaine, dans les Vosges. Les chroniques ne disent rien de plus[9].

Le duc y fait aussitôt construire un palais, où il réside avec Berswinde pendant la saison d'été. Après la naissance de sa fille, Odile et de ses cinq autres enfants, la cour s’installe sur la montagne, où Adalric vit de plus en plus fréquemment de 673 jusqu'à 682.

La future Sainte Odile, née aveugle, doit être cachée pour la protéger de son père qui donne l'ordre de la tuer car elle est infirme. Ayant retrouvé la vue lors de son baptême, son père lui offre en 680 son château de Hohenbourg, ou Altitona, pour y fonder une abbaye et se racheter de ses fautes. Odile y donne de la nourriture à des personnes malades et soulage les pauvres. La renommée de ses qualités éminentes y attire aussi les personnes les plus distinguées.

Etichon-Adalric d'Alsace donne à l’abbaye d’Hohenbourg naissante plusieurs de ses domaines situés dans la Haute-Alsace et ainsi que les dîmes d'un grand nombre de villages de la Basse-Alsace et du Brisgau. Il en fait faire un acte de donation qu'il met sur l’autel de saint Maurice[10].

Adalric accole à son château-fort un couvent pour sa fille, la future Sainte Odile (ou Ottilia), qui va en être la première abbesse et sera canonisée au XIe siècle (probablement en 1049) par le pape Léon IX, puis nommée la sainte patronne de l'Alsace par le pape Pie XII en 1946, pour les catholiques[11].

Puis Adalric cède à Odile son château même avec toutes ses dépendances. Cette forteresse, qui accueille une cour, va devenir, entre les mains de la future sainte, un asile ouvert à ceux qui veulent fuir le contact du monde. C’est entre les années 680 et 690 que se font les travaux nécessaires pour approprier la maison de Hohenbourg à sa nouvelle destination. Le duc pourvoit libéralement à toutes les dépenses et préside souvent lui-même à l'ouvrage. Quand les bâtiments sont terminés, Odile en prend possession, à la tête d'une communauté de cent trente religieuses issues de la noblesse rhénane.

Etichon-Adalric d'Alsace crée plus particulièrement l’abbaye d’Hohenbourg, qu’il donne à sa fille Odile (680)[12].

Sa fille Odile reçoit le Mont et fonde un premier couvent : Hohenburg, qui est un asile pour jeunes filles pieuses de la noblesse austrasienne et bourguignonne.

L’abbaye Sainte-Marie de Niedermünster[modifier | modifier le wikicode]

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Richard cœur de lion vient en pèlerinage à Niedermunster [13]

Ruines de Niedermunster. Simon, Frédéric-Emile (1805 - 1886).

Le vallon de Niedermunster (commune de Saint-Nabor, canton de Rosheim) est situé au pied du mont Sainte-Odile, à environ 3 km au Nord-Ouest de Saint-Nabor au milieu de prés et de forêts.

Après la mort d'Etichon et de sa femme Bereswinde, enterrés à Hohenbourg, sainte Odile fait construire un second établissement l’abbaye Sainte-Marie de Niedermünster, c'est-à-dire le monastère d'en bas. Vers 708, dans le testament de l'abbesse Odile le lieu est nommé Abbatissa in Hohenburc avec mention des deux abbayes haute et basse[14].

L'abbaye doit accueillir les pèlerins qui ne peuvent accéder à celui du mont Sainte-Odile. Jusqu'à la fin du XIIe siècle, les abbayes de Hohenbourg (mont Sainte-Odile) et de Niedermunster possèdent en indivision le même patrimoine, puis fonctionnent séparément à partir du XIIIe siècle.

Les détails de la fondation sont rapportés par la Vie de sainte Odile. Le monastère construit au sommet de la montagne. Odile convoque toute la congrégation et demande aux religieuses l'autorisation de construire un autre monastère. La proposition étant acceptée, Odile fait construire une église sous le patronage de saint Martin. Ce saint jouit auprès de l'aristocratie mérovingienne d'une grande réputation. L'abbesse fait ouvrir une hôtellerie pour recevoir les voyageurs, les pauvres et les malades.

La légende raconte qu'un jour où sainte Odile se rend à Niedermunster, elle croise sur son chemin un aveugle assoiffé, celui-ci l'a supplie de l'aider. Odile frappe alors le rocher et l'eau se met à couler, guérissant l'aveugle. Dès lors les aveugles, les malades souffrant de troubles de la vue se rendent à la source dans l'espoir de trouver un remède à leurs maux.

Plus tard, probablement à partir du IXe siècle le gîte est transformé en monastère pour les moniales. La fondation de ce monastère n'est cependant pas confirmée officiellement par aucune source contemporaine. C'est l'époque où Hugues III de Tours et de la Haute Alsace fait don d'une parcelle de la vraie croix.

Après le décès de sainte Odile (720)[modifier | modifier le wikicode]

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L'ex château devenu abbaye du Hohenbourg.

Obernai est dominée par le château d'Altitona, qui prendra plus tard le nom de Hohenbourg (au cours du Moyen-Age et de la Renaissance), puis, de nos jours, celui de mont Sainte-Odile. Le duc lègue ce château à sa fille Odile, avec tous ses droits et toutes ses possessions, y compris Ehenheim, afin de faire restaurer les lieux et de fonder un monastère[15].

Après le décès de Sainte Odile l'abbaye devient le lieu d'un pèlerinage. Trois filles du frère d'Odile, Adalbert (vers 673 - 722) deviennent abbesses : sainte Eugénie († 735), sainte Gundelinde ou Gerlinde, première abbesse de l'abbaye de Niedermunster et sainte Attale (vers 690 - 741) première abbesse vers 718 de l'abbaye de Saint-Étienne de Strasbourg

Les premiers Étichonides soutiennent la diffusion du monachisme irlandais ou iro-mérovingien, à Hohenbourg même et surtout à Honau[16].

Il ne subsiste aujourd’hui de ces trois édifices que des restes de cette dernière abbaye (Biller & Metz, 1991 ; Hammer, 2003 ; Lorenz & Scherer, 1871)[17].


Philippe de Gaulle, fils de Charles de Gaulle (1890 - 1970) et Yvonne de Gaulle (1900 - 1979) écrit à propos de son père :

Avant guerre, quand il avait un moment difficile à traverser, il allait faire une retraite avec ma mère au couvent Sainte-Odile, en Alsace. Ce haut lieu domine la plaine du Rhin, au sommet d'un promontoire. Il puisait là, chaque fois, une nouvelle provision de courage et de sérénité[18]

Premiers pèlerinages au Mont Saint-Odile.

Sainte Odile et l'abbaye d’Ebersmunster (672 - 690/691)[modifier | modifier le wikicode]

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Sainte Odile à l'abbaye d’Ebersmunster.

L'abbaye reçoit les reliques de saint Dié.

Plus tard, Sainte Odile développe les liens liée d'amitié entre les moines de l'abbaye fondée par son père et ses chanoinesses de Hohenbourg. Elle nomme directeur spirituel l'abbé d'Ebersmunster et demande qu'on lui envoie aux jours solennelles de l'année quelques religieux pour faire l'office divin, notamment pour la fête de la Nativité de la Sainte Vierge.

Elle cède à cette occasion et à ses successeurs une chapelle qu'elle dispose à Semersheim, ainsi que les droits sur le sel qu'elle reçoit des salines de Marsal et de Moyenvic, ainsi que plusieurs biens sur les bancs de Barr, Illkirch-Graffenstaden, Kunheim, Châtenois, Sermersheim, Gundolsheim, Bergholz, Rixheim, Rurelsheim et Baldersheim.

Sainte Odile s'engage également à fournir les ornements de l'autel de Saint-Maurice d'Ebersmunster et ceux qui doivent servir à l'abbé à l'occasion des fêtes solennelles.


L'établissement est élevé en 818 au rang d'une abbaye impériale. À la fin du IXe siècle, le roi Arnoul l'assujettit aux évêques de Strasbourg. Pour obtenir le droit d'élire librement l'abbé et pour jouir de l'immunité du domaine monastique, l'abbé d’Ebersmunster et la communauté n'hésitent pas au XIIe siècle à falsifier les chartes anciennes.


NOTES ET RÉFÉRENCES[modifier | modifier le wikicode]

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  1. René Bornert, Les origines du monachisme en Alsace, Revue d’Alsace, 134 | 2008, 9-77.
  2. René Bornert, Les origines du monachisme en Alsace, Revue d’Alsace, 134 | 2008, 9-77.
  3. Conflict in Medieval Europe: Changing Perspectives on Society and Culture, Warren C. Brown, Piotr Górecki, Routledge, 2017. ISBN 1351949721, 9781351949729.
  4. Altitona - Hohenburc (Hohenbourg) - Mont Sainte-Odile : origine de ce haut lieu alsacien, Christian C. Emig
  5. Hohenburg, château du Duc Adalric
  6. Hohenburg, château du Duc Adalric
  7. Hohenburg, château du Duc Adalric
  8. Hohenburg, château du Duc Adalric
  9. Hohenburg, château du Duc Adalric
  10. Histoire des saints d'Alsace; par l'abbé Hunckler, par Théodore François X. Hunkler, p.204.
  11. Altitona - Hohenburc (Hohenbourg) - Mont Sainte-Odile : origine de ce haut lieu alsacien, Christian C. Emig
  12. Dictionnaire des Légendes d'Alsace, Michel Krempper, Lulu.com, 2018. ISBN 0244746346, 9780244746346.
  13. Rouge, Charles. Andlau 1909.
  14. Altitona - Hohenburc (Hohenbourg) - Mont Sainte-Odile : origine de ce haut lieu alsacien, Christian C. Emig
  15. La légende d'Obernai
  16. René Bornert, Les origines du monachisme en Alsace, Revue d’Alsace, 134 | 2008, 9-77.
  17. Altitona - Hohenburc (Hohenbourg) - Mont Sainte-Odile : origine de ce haut lieu alsacien, Christian C. Emig
  18. Philippe de Gaulle, Mon père en images, p. 189, Michel Lafon, 2006.
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