Wiki Guy de Rambaud
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Cérémonie d'hommage du temps de Raoul le Vieil de Déols.

'Raoul Thibault de Déols meurt lors de la Première croisade.

Raoul le Vieil de Déols (ca 1060 – 1096 - 1141), Ve du nom, est nommé Radulphus Senex par le manuscript intitulé Progenies Dolensium Principum. Il est né vers 1060, au Castrum Radulfi (Château Raoul), et y décède en 1141.


Raoul le Vieil est dit fils de Radulphi-Theobaldi, Raoul Thibault de Déols, qui meurt à la croisade. Avant la mort de son père, en 1099, au siège d’Antioche, Domnus Radulfus Dolensis et filius eius Radulfus…et alius filius eius donne un bien au prieuré d’Aureil dans une charte datée de 1080. Il est dès 1096, après le départ de son père, Raoul Thibault de Déols, à la Première croisade, Prince de Déols en 1096, baron de Châteauroux, prince du Bas-Berri, seigneur de La Châtre, Saint-Chartier, Argenton, Aigurande, Le Châtelet. En 1138, il change le nom de sa seigneurie. Il se qualifie de seigneur de Châteauroux. Ce Raoul annexe les seigneuries de Châteaumeillant, La Roche, Saint-Chartier et Cluis-Dessous.

Ebrard de Vatan stimule le zèle saint des habitants du Berry. Jérusalem, précieuse par ses divins mystères, ne peut être laissée aux mains des infidèles, et l'Europe s'élance à sa conquête. C'est au milieu de cette pieuse agitation que Raoul commence un règne qui dura quarante cinq ans. Nous ne trouvons d'ailleurs dans son histoire que des actes de dévotion et de munificence envers les églises. Il a huit enfants mâles et plusieurs filles. Les deux aînés de ses fils l'ayant précédé dans la tombe, Ebbes II de Déols, le troisième, est l'héritier de ses États.

La Chronique de Déols parle de la mort en 1112 de Radulphus Senex, filius Radulphi-Theobaldi, VIII dominus Dolensis et de celle de Radulphus Senior Dolensis, en 1141. La Foundation for Medieval Genealogy écrit qu'il est possible que ceux-ci soient deux individus, le dernier étant le fils de Raoul le Vieil. Mais elle a néanmoins des doutes sur l’existence d’un deuxième Raoul à la même époque.

L'abbaye de Déols (1102 - 1135)[]

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Vue cavalière de Déols et son abbaye en 1612.

En 1102 une donation est faite par Raoul V, seigneur de Châteauroux, à l'abbé Jean et au monastère de Déols, Il s'agit d'un terrain qui s'étend depuis l'Indre jusqu'aux Croix et à la route par où l'on va aux moulins de Sales, d'une part, jusqu'au moulin de la Rochette, d'autre part. Cette donation est confirmée en 1135.

En 1105, un accord est signé entre Adelard Guillebaud, futur beau-père de Raoul V, seigneur de Saint-Chartier, et l'abbaye de Déols, au sujet des Aubains. Ledit seigneur se désiste du droit d'avenage auquel il prétend sur eux. En retour, les religieux cèdent à sa femme, Dulcia, et à sa fille, Beatrix, la jouissance viagère de 6 arpents de vigne près de Châteauroux[1].

Les miracles qui s’opèrent à N.-D. de Déols sont parait-il si fréquents qu'un des religieux du XIIe siècle, Hervé de Déols (ca 1080 - 1150), entreprend d'écrire ceux qui arrivent de son temps. Il en compose un notable volume, qu'on peut lire au CLXXXIe tome de la Patrologie…". Aussi N.-D. de Déols ne tarda-t-elle pas à n'être plus connue que sous le vocable de N.-D. des Miracles de Déols.

C'est aux cloîtres de Déols que de grandes églises, et surtout l'église primatiale de Bourges, vont souvent demander des évêques... Cet Hervé de Déols (ca 1080 – 1150) Hervé de Déols devient archevêque de Bourges[2][3].

En 1106, Alexandre II, forcé de quitter l'Italie d'où le pourchasse l'Empereur Frédéric Barberousse, se réfugie à Déols et y séjourne depuis le mois de septembre de cette année jusqu'au 1er août de l'année suivante.... Pendant ce temps, Déols a la gloire d'être comme une autre Rome, le centre du gouvernement de l’Église.

Un Prince de Déols[]

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Raoul le Vieil prend Argenton au vicomte Gui Raoul VI (1099 – 1141).

Un manuscrit intitulé Généalogie de la noble et très puissante lignée de Chauvigny cite Raoulx l'ancien, comme fils de Raoulx-Thibaud, précisant qu’il consacre l'église de Saint-Gildas. Raoul le Vieil est à l’origine d’une charte en 1113. il réunit une grande assemblée de seigneurs, de prélats et d'abbés pour l'inauguration de l'église de Saint-Gildas, qui est consacrée par Vulgrin, archevêque de Bourges.

De nombreux vassaux lui rendent hommage, et les châtelains des bords de la Creuse, de l'Indre et du Cher se proclament ses leurs hommes liges[4].

La première mention de castrum radulphi date de 1112 et ce n’est qu’en 1138 que Raoul V dit le vieil se dit seigneur de Château Raoul[5] Ses successeurs se disent Princes de Déols et barons de Château-Raoul[6].

Après la mort d'Alard Guillebaud, en 1135, la châtellenie de Châteaumeillant devient la propriété des Princes de Déols, dont la puissance et la richesse se sont constamment accrues depuis le XIe siècle. On prétend vers cette époque que leurs revenus sont plus considérables que ceux de la Normandie tout entière :

Cum totâ hereditate ipsus, quam dicunt tantùm valere quantùmvalet redditus totius

Normandiae

En 1138, Raoul le Vieil vit encore, Il fait une donation au prieuré d’Orsan[7].

On a une énumération des dons faits à l'abbaye de Pré-Benoit, en 1138, par Raoul de Déols et ses trois fils, Ebbes II de Déols, Charles et Raoul, mais aussi par Geoffroy de Preuilly, seigneur de Boussac, fils dudit Raoul ; par Eudes de Déols, neveu dudit Geoffroy, et par Raoul, seigneur de Boussac, fils dudit Eudes[8]

Fondation de l'abbaye des Pierres (1128)[]

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Sidiailles : ruines de l'abbaye des Pierres (1128).

Entre Saint-Sauvier et Culan, on trouve l'abbaye des Pierres et le château de La Roche-Guillebaud. L’abbaye des Pierres, cachée au milieu des bois, entre deux coteaux fort resserrés, est bâtie sur un rocher. C'est une thébaïde non moins aride que solitaire, dont quelques champs couverts d'un peu de terre végétale nourrissent les habitants, au temps de la tempérance monastique. Elle possède une chapelle gothique et un cloître et une maison abbatiale. Un énorme donjon carré, s'avance au-dessus de la rivière Arnon, et domine le système de fortifications.

Ce monastère, qui dépend de l'ordre de Cîteaux, est fondé par Raoul le Vieil, prince de Déols, en 1128, et par son fils Ebbes II de Déols. Dans la suite, tous les seigneurs de la Maison de Déols vont doter l'abbaye des Pierres. Ce couvent éprouve aussi les bienfaits des seigneurs de La Roche-Guillebaud[9].

Raoul-le-Vieil meurt en 1112, selon la Chronique de l'abbaye de Déols. Cette mort prématurée ne s'accorde pas avec le surnom de Vieux, qui ne peut lui avoir été donné que dans un âge avancé. En effet, dom Turpin, bénédictin de la congrégation de Saint-Maur, découvre une charte qui prouve que ce seigneur vit encore en 1160[10]. Mais tous les historiens de nos jours le voient mort en 1141.

MARIAGE ET DESCENDANCE[]

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Son mariage (1113)[]

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En 1113, Raoul le Vieil se marie à Beatrix Guillebaud (1098 – après 1124), surnommée Fanion, unique héritière des vastes domaines d’Allard Guillebaud (1055 - 1136)[11]. Toutes les seigneuries d'Allard entrent dans la maison de Déols : 

Saint-Chartier, Châteaumeillant, Cluis-Dessous.

Certes Cluis-Dessous est déjà un fief mouvant des seigneurs des Princes de Déols. Son beau-père bat monnaie à Cluis-Dessous, car une sentence de l'archevêque Léodegaire mentionne la moneta Cloiensis castri. La fondation, par Allard Guillebaud, du prieuré d’Orsan date de 1113.

Il existe une charte émanée de Raoul V de Déols et de Beatrix, datant de 1125/1136, dans laquelle Allard Guillebaud est premier témoin :

Ego Beatrix cognomento, uxor ejusdem R. Dolis, concessi. Ego R. filius ejus concessi. Signum Alardi Wilebaudi[12].

Allard Guillebaud meurt très âgé vers 1136. Il ne laisse qu'une fille pour unique héritière de ses vastes domaines.

Leurs enfants[]

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Il établit son fils puîné Geoffroy comme seigneur de Boussac pour protéger le flanc Sud de son territoire.

Un manuscrit Progenies Dolensium Principum cite Ebbo secundus, Gaufredus, Karolus, Guillermus Abbas Dauratensis, Radulphus et Gaufridus dominus de Mellano comme fils de Radulphi Senioris. Raoul VI le Vieil (ca 1070 – 1096 - 1141) et Beatrix Guillebaud, dit Fenion, ont huit fils et des filles :

¤ Raoul de Déols (ca 1114 - après 1136), mort sans alliance.

¤ Eudes (ca 1116 - 1126)

¤ Ebbes II de Déols (ca 1118 – 1141 – 1160), qui suit,

¤ Geoffroy le Prude de Preuilly (1122 - après 1208) est seigneur de Boussac en 1138.

¤ Charles de Déols (ca 1125 - après 1140) est cité en 1138 et 1140.

¤ Guillaume de Déols (1126 - 1192) est abbé du Dorat (Limousin)[13].

¤ Raoul de Meillant est cité en 1140.

¤ Godefroi de Meillant (1130 - après 1140) est seigneur de Mellano. Ce fief fait partie de la baronnie de Charenton. C'est Ebbes V de Charenton, fondateur de l’abbaye de Noirlac en 1136, qui reçoit à Meillant Bernard de Clervaux, car Godefroi est encore un jeune enfant.

Reconstitution 3D de l'abbaye Notre Dame (société AB Prod) consultable sur borne au Point Info Tourisme de Déols[14].

NOTES ET RÉFÉRENCES[]

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  1. Compte rendu des travaux de la Société du Berry à Paris, 1863, p.180.
  2. Les grandes familles et l'épiscopat dans l'ouest de la France et les Pays de la Loire, Guy Devailly, Actes des congrès de la Société des historiens médiévistes de l'enseignement supérieur public, Année 1983, Volume 14, pp. 49-55.
  3. Germain Morin, Un critique en liturgie au XIIe siècle. Le traité inédit d'Hervé de Bourgdieu , De correctione quarundam lectionum, Revue Bénédictine, 24, 1907, 36-61. Guy Oury, Musique et louange de Dieu d'après Hervé de Bourg-Dieu [c. 1075-1150]. Etudes grégoriennes VIII (1967) p. 15-20.
  4. Mémoires de la Société des antiquaires du Centre 1877 (VOL7).
  5. L’histoire de Châteauroux et de Déols, de Gérard Coulon, Jean-Michel Delétang, Michel Garraut, René Pècherat et Jacques Tournaire, Editions Horvath – Roanne 1981.
  6. Revue du Centre (Châteauroux), 1889/02/15 (A11, T11, N2), p.70.
  7. AD du Cher, Fonds d'0rsan, Liasse 103, charte publiée par B. de Kersers, Statistique monumentale du Cher,  canton du Châtelet, p. 42.
  8. Imprimé par M. l'abbé Roy-Pierrefitte dans sa notice sur l'abbaye de Pré-Benoit, d'après l'original qui existait aux archives de l'Indre, et qui a été restitué aux archives de la Creuse.
  9. Compte rendu des travaux de la Société du Berry à Paris, 1863, p.201.
  10. Traité des monnaies des barons ou représentation et explication de toutes les monnoies d'or, d'argent, de billon & de cuivre, qu'ont fait frapper les possesseurs de grands fiefs, pairs, évêques, abbés, chapitres, villes & autres seigneurs de France ; pour servir de complément aux monumens historiques de la France en général, & de chacune de ses provinces en particulier. Tome premier, Pierre-Ancher Tobiésen Duby, imprimerie royale, 1790.
  11. Société des Antiquaires du Centre, Mémoires, Bourges, t. 44, p. 13.
  12. Arch. de l'Indre, G, 599, orig. publiée Eug. Hubert, Recueil, loc. cit. 1901, p.164.
  13. Histoire du Dorat, Henri Aubugeois de La Ville du Bost, Grands caractères, BiblioBazaar, LLC, 2008, p.245.
  14. A la découverte de la ville
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