.

.

.

.

.

                           La Poule noire du Berry

.

.

.

.

.

Un Noir du Berry[1].

Basse-cour de maison aristocratique, vers 1480, dans le Berry.

Logo Poule Noire du Berry.

La Poule noire du Berry, Noire du Berri, est une race de poule domestique créée en 1912, qui a failli disparaître[2]. Son standard est défini, à cette époque,par la Société d'agriculture de l'Indre, puis en février 1922 des modifications sont apportées au standard[3]. Toutefois cette appellation d'origine est classée incitation au racisme et à la discrimination. Donc dans les concours où elle est présentée, le qualificatif noir est maintenant rayé, selon France Bleu[4][5].


La Poule noire du Berry - c'est son nom depuis sa création en tant que race et sa couleur comme certains radis - est originaire de la région du Berry, ancienne province formée des départements de l’Indre et du Cher. George Sand en parle déjà, en 1860, dans son livre autobiographique Promenade autour d'un village. Voici les termes qu'elle emploie :

Le petit poulet, étique et maraudeur, impossible à engraisser, car il dépérit dans les basses-cours, tend à disparaître [...] Les croisements ont produit une superbe espèce[6].

Cette ancienne volaille locale est modifiée par des croisements et sélectionnée dans le sens de la productivité en chair et en œufs de qualité[7]. Cette race est sélectionnée dans les années 1900, par l'élevage du Baron Henri de Laage (1863 - 1937), au château de Verneuil, à Vendœuvres, dans la Brenne. Le standard est déposé en 1912[8].

La Noire du Berry est présente sur tous les marchés locaux et dans les élevages berrichons jusqu’à la moitié du XXe siècle[9]. Puis, comme sa proche parente, la Géline de Touraine[10], la Noire du Berry est menacée d’extinction dans les années 50/60, victime du productivisme et du poulet aux hormones à la croissance rapide. Le gallinacé n’est plus rentable du fait des ravages de l'ultra-libéralisme[11].

Heureusement, à partir de 1975, Gaston Touraine, professeur de biologie et berrichon d’origine, habitant à Montmorillon (Poitou), entreprend de recréer cette race. Périco Légasse voit en cet homme de bien un trésor vivant, au sens japonais de l'expression[12].

La région Centre-Val de Loire alloue en 2015 la somme de 143.700 € au Club de la Poule noire du Berry. Objectif: créer une filière locale. Une annonce bienvenue pour le gallinacé qui a été réintroduit dans la campagne berrichonne en 2008 après des années de recherche. De son côté, dans le domaine des races domestiques menacées de disparition la Fondation du patrimoine marque de l'intérêt, entre autres, pour la poule noire du Berry[13].

Le Petit Futé dans son Berry 2015 écrit :

Parmi le patrimoine fermier gastronomique du Berry, vous trouvez la poule noire [14].

Périco Légasse nous dit que la Noire du Berry démontre ses capacités à prétendre à une appellation d'origine contrôlée[15].

Comme nous le rappelle George Sand et d'autres auteurs la poule noire joue un rôle considérable dans la sorcellerie berrichonne[16].

.

.

.

.

.

Un coq et deux poules[17].

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

ORIGINES[modifier | modifier le wikicode]

.


La poule noire avant 1912[modifier | modifier le wikicode]

.

Une ferme dans le Berry en 1859[18].

Vers 1859, les fermes sont généralement des chaumières, où la porte et son unique fenêtre mal close donne sur la basse-cour. Les volailles ne sont pas encore de races indigènes ou d'importations[19].

C'est vers le milieu du XIXe siècle que l'on commence à améliorer l'aviculture dans l'Indre par l'introduction de nouvelles races et l'application des méthodes d'élevage plus rationnelles. Dès 1857, nous trouvons la trace d'importations de poules Cochinchinoises et Brahma, puis, en 1860, de La Flèche, qui sont plus tard désignées sous le nom de volailles d'Issoudun (Cornevin) et aux environs de 1897, des Faverolles et des Langsham. Ces dernières n'ont d'ailleurs pas été sans contribuer à l'amélioration de la Race noire du Berry[20].

Malgré l'introduction de ces races étrangères, d'ailleurs en très faible quantité, nos fermes, sont à cette époque encore peuplées vers 1900, de poules aux plumages variés, le plus souvent noir, de type rappelant celui de notre race commune française, dont Cornevin donne la description[21].

.

.

.

.

.

La poule noire du Berry de 1912 à 1945[modifier | modifier le wikicode]

.

Le Baron Henri de Laage (1863 - 1937), au château de Verneuil, à Vendœuvres, dans la Brenne est à l'origine de cette race de poules.

Race noire du Berry, Coq Premier Prix à l'Exposition nationale des Aviculteurs français (Paris, 1913). Elevage du Baron de Laage, château de Verneuil, à Vendœuvres dans la Brenne.

Cette race est sélectionnée dans les années 1900 par Henri de Laage (1863 - 1937), commandant de chasseurs à la retraite, devenu un habile éleveur du château de Verneuil. Il entreprennd d'améliorer la vieille poule noire du Berry très rustique. En 1912, il se constitue un groupe d'éleveurs ayant à leur tête MM. de Vasson, Ratouis de Limay, de Laage, dans l'Indre ; puis, M. de Glatigny dans le Cher, qui sélectionnent des reproducteurs parmi la race indigène, rustique, bien adaptée au sol et au climat. Ils l'améliorent en la croisant avec des races moins étiques et à la chair savoureuse. Ces gentlemen farmers sont encouragés dans cette voie par le docteur Ramé et Charles Voitellier. Un standard de la Poule noire du Berri est établi et approuvé par la Fédération des Sociétés d'Aviculture de France.

Pour la plupart de ses défenseurs la Noire du Berry est créée par l'élevage du Baron de Laage, au château de Verneuil, à Vendœuvres, dans la Brenne. Le standard est déposé en 1912[22].

Malgré l'opinion de certains auteurs, nous ne pensons pas que la race Noire du Berri puisse être rattachée au groupe du Bassin Méditerranéen, dont la Leghorn présente tous les caractères, mais bien plutôt à celui qui comprend les variétés du Centre de ta France, ayant comme type la Gâtinaise. La différence de livrée entre la Gâtinaise et la Noire du Berri, n'est que le résultat de la variation bilatérale de la couleur primitive (fauve) de la poule commune (vieille race gauloise), qui donne dans le sens négatif[23].

Néanmoins La France apicole de 1925 donne des conseils aux éleveurs :

La sélection de la poule du Berry doit être très sévère et tendre à produire des sujets rigoureusement pareils au standard. Écartez donc tout animal présentant un des défauts signalés plus haut. Nouvellement reconstituée, cette race a besoin d'une surveillance constante pour revenir à son type parfait. C'est pourquoi, bien qu'elle puisse se prêter à des croisements avantageux avec les races asiatiques, pour la production de gros poulets, nous ne vous le conseillons pas[24].

.

.

.

.

.

Deux types de poule noire du Berry de 1912 à 1945[modifier | modifier le wikicode]

.

Race Brahma, lignée noire, Adana - Turquie.

Coq Orpington de variété noire, champion de France 2011.

Poule noire du Berry en 1924[25].

Même dans l'entre-deux-guerres la plupart des fermes possèdent des poules de toutes les tailles et de toutes les couleurs.

Les éleveurs qui s'en sont occupés ne tendent pas toujours au même type pendant l'entre-deux guerre[26].

Les uns, par des croisements de Brahma sur une base ancestrale de Bresse noire, obtenu des sujets d'un noir un peu cendré, avec barbes et moustaches, sans oublier quelques plumes aux pattes, plus massifs que le type véritable, avec majorité d'œufs couleur saumon. Sa crête, moyennement développée, est assez droite[27].

D'autres éleveurs se sont attachés, au contraire, à produire le type standard, les croisements de Brahma avec plumes aux pattes n'étant pas reconnus dans les expositions comme Poules noires du Berry[28].

D'autres encore ont cru devoir grossir leurs bêtes avec de l'Orpington[29]. L'Orpington variété noire est la première créée par William Cook en 1880. Elle l'est grâce à un premier croisement entre un coq Minorque noir et une poule Black Rock noire. Les poussins issus de ce croisement sont accouplés avec la Langshan noire, ce qui donne l'Orpington noire à crête simple et à crête rose[30].

Le type standard est établi par la Société d'Agriculture de l'Indre en 1912, adopté par la Société d'Aviculture du Cher, et approuvé par le Conseil de la Fédération des Sociétés d'Aviculture de France (28 mars 1912)[31].

En février 1922, à la suite d'une entente entre le baron H. de Laage, ancien président de la Section d'Aviculture de la Société d'Agriculture de l'Indre, Président de la Société d'Aviculture de Seine-et-Oise, et M. le baron de Glatigny, Président de la Société d'Aviculture du Cher, des modifications sont apportées au standard. Ces modifications sont approuvées par M. H. Ratouis de Limay, au nom de la Société d'Agriculture de l'Indre, et homologuées par la Fédération française[32].

C'est pourquoi le standard actuel exige la couleur blanche ou blanc rosé de l'œuf, et les pattes lisses, assez fortes, mais bleu ardoisé, afin de conserver les qualités et le caractère d'une volaille occidentale[33].

Toutefois beaucoup de spécialistes définisse la race Poule noire du Berry comme une ancienne volaille qui subit des infusions de sang étranger, principalement Brahma et, Orpington[34].

La France apicole de 1924 constate qu'hélas :

En Berry, les basses-cours montées de ces belles poules noires, aux pattes d'un bleu ardoisé, sont relativement peu nombreuses. La plupart des fermes possèdent des poules de toutes les tailles et de toutes les couleurs[35].

La France apicole parle de 1924 de mode. Ce que confirme le Journal d'agriculture pratique, de jardinage et d'économie domestique de 1935 !

La Noire du Berri est un peu abandonnée par nos fermières, elles lui préfèrent aujourd'hui les volailles de plumage clair. Cependant, on la rencontre encore tantôt à l'état pur, tantôt métissée de Faverolles, dans le Nord du département, ou encore, croisée avec des races d'introduction récente (1900 à 1910), telles le Coucou de Malines, aux envi-

rons de Châtillon-sur-lndre, et les Bourbonnaises et Gâtinaises dans les fermes de la Champagne[36].

.

.

.

.

.

La poule noire du Berry de 1950 à 1975[modifier | modifier le wikicode]

.

Gélines de Touraine.

Les poulets industriels sont en grande partie importé du Brésil par les dirigeants de la FNSEA, syndicat majoritaire chez les agriculteurs.

Comme sa proche parente et voisine, la Géline de Touraine en 1970 la Noire du Berry est déclarée disparue[37] et est effectivement menacée d’extinction. Dans les années 50/60, victime du productivisme et du poulet aux hormones à la croissance rapide. Le gallinacé n’est plus rentable[38].

Heureusement, en 1944, un éminent aviculteur, Louis Serre, tire la sonnette d’alarme sur la récession des races françaises face aux races étrangères. Afin de ne pas renouveler les erreurs du passé qui ont vu la disparition de certaines races, il incite les éleveurs à délaisser les races anglo-saxonnes au profit de nos belles Bresse, Gâtinaises, Faverolles, Marans, Gélines de Touraine, Noires du Berry et autres races[39].

Les productions sont désorganisées et se cantonnent souvent à l’exploitation fermière et traditionnelle, un peu comme au XIXe siècle. Pourtant les ressources autour de l’aviculture sont importantes dans certains départements.

Les 5 ans de la IIe guerre mondiale laissent des séquelles dans les élevages avicoles. Les agriculteurs se désintéressent des races françaises, préférant les croisements avec des races étrangères[40]. Le seul but à atteindre c'est produire toujours plus. La qualité des volailles, la santé des consommateurs, les prix, la pollution que créent les poulaillers industriels, la fin de nos traditions... ne sont plus leurs préoccupations.

.

.

.

.

.

La poule noire du Berry de 1975 à nos jours[modifier | modifier le wikicode]

.


Gaston Touraine recrée la race disparue[modifier | modifier le wikicode]

.

Gaston Touraine, biologiste, recrée cette race en croisant des poules indigènes avec des Gauloises Noires, comme Laage en son temps.

Gaston Touraine fait aussi des croisements avec des Noires de Challans.

Comme sa proche parente et voisine, la Géline de Touraine[41], la Noire du Berry est menacée après-guerre d’extinction. Il en est de même pour de nombreuses races françaises. La deuxième guerre mondiale a des conséquences catastrophiques pour notre berrichonne qui ne lui survit que de façon endémique[42]. Ce que les pillages du totalitarisme ont laissé des races de notre cheptel est détruit du fait de l’américanisation, de l'ultra-libéralisme allié au mouvement coopératif et au syndicalisme agricole.

Périco Légasse, dans son article Poule noire et lentilles vertes du Berry, parle de cette Bérézina mondialisée et de la disparition de la paysannerie. Il parle aussi de la résistance de la vaillante biturige face aux légions de la FNSEA[43]. FNSEA, dont feu Xavier Beulin, son tout puissant président... et ses importations de poulets industriels brésiliens ou asiatiques vers la France, jusqu’à l’usine Farmor, dans les Côtes d’Armor, en Bretagne, sont dans toutes les mémoires[44].

Si le Baron Henri de Laage est à l'origine de cette race de poules, au début du siècle, c'est Gaston Touraine qui la ressuscite à la fin du même siècle. Périco Légasse voit en cet homme de bien un trésor vivant, au sens japonais de l'expression[45].

En cette fin de décennie 70, la race Géline de Touraine est déclarée disparue, comme la Barbezieux, la Caumont, la Coucou de Rennes, la Le Mans, ou encore la Noire du Berry[46]. Cette dernière, effectivement, a failli disparaître[47].

A partir de 1975, Gaston Touraine, professeur de biologie et berrichon d’origine, habitant à Montmorillon (Poitou), se met à la recherche de poules Noire du Berry. A partir du constat de sa disparition, il entreprend de recréer cette race en utilisant des races pures voisines qui ont certainement servi à sa création (Gauloise Noire, Orpington Noire, Noire de Challans...).

Ce professeur de SVT, d'origines berrichonnes, achète également des poules, en faisant sélection rigoureuse par rapport au standard de la race, dans les basses-cours de l'Indre, en particulier en Brenne. Le cheptel est très petit, la consanguinité menace d’extinction la Poule noire.

.

.

.

.

.

Un XXIe siècle synonyme d'espoirs[modifier | modifier le wikicode]

.

Fanny Moyse, l’ingénieur, et Francis Lasne, l’éleveur, ont sorti la Noire du Berry de l’oubli.

Magda Auger va produire 3.200 volailles par an.

Au début des années 2000, on cherche à stabiliser la race. C’est l'Union pour la préservation et la valorisation des Ressources Génétiques du Berry (URGB) qui s’en charge à partir de 2001[48].

Pour réaliser de nouveaux croisements, nous avons dû aller chercher d’autres sujets dans le Berry raconte l'ex président du Club de la Poule noire du Berry, Francis Lasne. Un travail de fourmi qui nous a permis de dénicher à Saint Amand Montrond des gallinacés rescapés[49].

L'URGB a pour tâches de stabiliser et d'améliorer le cheptel existant, mais également de le diffuser, notamment auprès des éleveurs professionnels[50].

Le 30 octobre 2004, le Club français de la poule du Berry est constitué[51].

En octobre 2008, 309 œufs sont expédiés au centre de sélection de Béchanne (Ain), connu pour avoir remis le poulet de Bresse au goût du jour. Reproduction, travail d’acouvage, le but est de fixer la race de la Poule noire et d’obtenir des poulets homogènes[52].

En 2012, le chiffre de 8.000 têtes de ce gallinacé est atteint dans le Berry[53]. Depuis le nombre de Noires du Berry ne cesse de progresser.

.

.

.

.

.

Le nouveau bureau du Site officiel du Club Français de la poule noire du Berry déborde de projets.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

DESCRIPTION ET STANDARD[modifier | modifier le wikicode]

.

Le standard de la race (dessin de Gaston Touraine)[54].

Cette aquarelle représente des Noires du Berry.

La Poule Noire du Berry, une race sauvée de l'oubli.

Standard de la Noire du Berry (tableau d'André Groussot).

Chaque année, le Club de la Poule noire du Berry débourse 25.000 € pour la réintroduction de volailles correspondant à ce standard[55].

A l'instar de nombreuses races françaises, la poule du Berry est une volaille vive et débrouillarde, mais toutefois un peu plus calme que nos autres races, selon les éleveurs suisses[56].

La poule noire du Berry est une bonne volaille de ferme pour l'élevage libre ou en grands parquets.

La Noire du Berry est de taille moyenne. Sa taille est donnée un peu au-dessus de la moyenne, cependant sa masse n'est que de 3kg pour le coq, pour 2,3 kg pour la poule[57].

¤ Poids idéale : Coq : 3/3,5 kg ; poule : 2,5 kg

La poule du Berry est une volaille compacte, soit plutôt courte et bien charpentée, le standard français parle d'une forme de bateau bien accusée. Les épaules et la poitrine sont larges, et la queue relativement relevée accentuant le type recherché. Squelette et charpente : os fins[58].

Le plumage est serré, noir avec de beaux reflets vert scarabée, des plumes d'une autre couleur serait synonyme de disqualification. Enfin, les tarses assez forts, sont demandés bleu ardoisé avec des ongles clairs[59].

¤ Couleur des tarses : noire

¤ Variétés de plumage : noir

La reproduction est facile, la race étant rustique. Une poule pond environ 180 œufs et peut vivre 7 à 8 ans, mais la ponte s’arrête au bout de 3 ans. La Noire du Berry est précoce puisqu’elle commence à pondre à l’âge de 5 mois, au lieu de 7 pour les autres races.

¤ Œufs : 60/70g, coquille blanche. Ses œufs sont de couleur blanche ou blanc rosé[60].

¤ Crête : présentant 5 ou 6 ardillons.

¤ Oreillons : rouges

¤ Couleur des yeux : l’iris de l’œil est rouge, aussi, l’animal ne souffre pas de conjonctivite ; c’est sa couleur normale.

¤ Couleur de la peau : blanche

¤ Diamètre des bagues : Coq : 20mm ; Poule : 18mm

¤ Le bout du bec doit être blanc.

.

.

.

.

.

Poules Noires du Berry (sources : Périco Légasse, dans son article Poule noire et lentilles vertes du Berry[61].

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

GASTRONOMIE[modifier | modifier le wikicode]

.

Le Berry Républicain, du 21 septembre 2012.

Poule noire du Berry aux écrevisses et blinis de lentilles.

Poulet Noir du Berry rôti[62]).

Indépendamment du travail de sauvetage de la race, des tests organoleptiques (analyses sensorielles) sont réalisés sur la volaille pour en connaître la saveur. Ils s’avèrent très positifs. Séduites par ses valeurs gastronomiques, les Tables Gourmandes du Berry, l’élite de la restauration berrichonne, utilisent sa chair savoureuse dans la confection de ses plats. Une filière commerciale se constitue avec des éleveurs professionnels[63].

Le Petit Futé dans son Berry 2015 écrit :

Parmi le patrimoine fermier gastronomique du Berry, vous trouvez la poule noire[64].^

La Noire du Berry figure au classement mondial de l’Arche du Goût de Slow Food.

Très bonne et rapide pondeuse, elle n’en reste pas moins particulièrement adaptée à l’engraissement de qualité. Sa chair blanche est fine et savoureuse. Prête à cuire, la volaille pèse un kilo de moins et est vendue environ 11 euros au kilo, ce que justifie sa chair à la fois dense et moelleuse, au goût de noisette.

Périco Légasse nous dit que la Noire du Berry démontre ses capacités à prétendre à une appellation d'origine contrôlée[65].

Poulet Noir du Berry rôti en cocotte sur son tapis de lentilles vertes du Berry (recette de Périco Légasse)[66]).

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

POULES NOIRES DU BERRY ET SORCELLERIE[modifier | modifier le wikicode]

.

Parmi les livres que vendent les colporteurs, principalement dans le Berry ou la Touraine, on trouve ce que les ecclésiastiques appellent les mauvais livres. qui s'intitulent Le grand Albert, Le Dragon rouge, La Poule noire... Ils transmettent généralement les supposés secrets de sorcellerie[67].

De nos jours ils sont régulièrement réédités et vendus partout dans le monde à des acheteurs qui sont parfois bien différents des paysans miséreux et incultes, dont parle George Sand.

.

.

.

.

.

Croyances et légendes du Berry[modifier | modifier le wikicode]

.

Le Véritable Dragon rouge et La Poule noire (1890).

Poule noire et magie noire.

Laisnel de La Salle et George Sand écrivent dans Croyances et légendes du centre de la France : souvenirs du vieux temps, coutumes et traditions populaires comparées à celles des peuples anciens et modernes :

La poule noire fut, en tous temps, l'attribut de l'esprit du mal...
La poule noire fait grande figure dans les rites magiques de nos sorciers. Ordinairement, lorsqu'ils veulent avoir une entrevue avec Georgeon, ils se rendent, à minuit, sur un carroir, ou tout simplement à l'embranchement de quatre chemins, et là, tenant par les pattes une poule noire, ils la font crier et crient eux-mêmes par trois fois :
Qui veut de ma poule noire ?
Le Diable ne tarde jamais à paraître
La poule noire ne jouerait-elle pas, en cette circonstance, le rôle de la poule de coutume des temps féodaux, et, dans cette scène, le sorcier n'agirait-il pas vis-à-vis de Satan comme le vassal vis-à-vis de son seigneur ? Ne serait-ce pas là, en un mot, de la part du sorcier, une espèce d'hommage-lige ?[68].

La poule noire est censée être un animal magique ayant aussi le pouvoir de pondre des œufs d'or et d'apporter ainsi la richesse à son propriétaire. De là l'expression la poule aux œufs d'or[69].

C'est en effet la poule entièrement noire qui joue surtout un rôle considérable dans la sorcellerie et dans les pactes faits avec l'esprit des ténèbres. En Berry il la donne parfois en échange de l'âme[70].

En 1820, François-René de Chateaubriand dénonce déjà ce genre de superstitions :

Ne pouvant trouver des remèdes efficaces, dans les choses ordinaires, les médecins ont employé les matières les plus viles et les plus absurdes. Une purgation prescrite au déclin de la lune a paru a plusieurs devoir être préférée à celle faite en d'autres temps. Une poule noire ou un gros chat fendu par le dos ont été souvent prescrits... Ils ont trouvé des dupes qui leur ont acheté[71].

.

.

.

.

.

La Poule noire et le Pacte avec le Diable[modifier | modifier le wikicode]

.

Deuxième partie du pacte prétendument signé entre Urbain Grandier et le Diable. Cette moitié est également signée par Satan, Léviathan, Astaroth, et un certain nombre d'autres démons. Cette image est tirée du Dictionnaire infernal de Collin de Plancy (1826).

La poule noire : Avec la science des talismans et anneaux magiques.

La poule noire à un secret propre à faire apparaître le diable à volonté pour obtenir richesse, pouvoir et faire parler les morts. Lié aux démons, cet animal est indispensable dans les maléfices des sorciers et son sacrifice était, autrefois, synonyme d’invocation satanique. Pendant les nuits de pleine lune, les sorcières immolaient une poule noire en poussant d’horribles cris pour appeler les esprits qui apparaissaient sous les formes les plus immondes. Les magiciens et les devins cherchaient à lire l’avenir dans ses entrailles. On se rendait invisible en portant le cœur d’une poule noire sous le bras droit. Avec son sang, on écrivait le vœu souhaité sur un petit morceau de papier, puis on enterrait le tout à un pied de profondeur. Certains onguents s’appliquaient avec une plume de poule noire. Pour obliger le diable à paraître et faire alliance avec lui, il convient de saisir une poule noire qui n’a jamais pondu et qui n’a jamais vu le coq. Cependant, prenez garde de ne pas la faire crier, vous risqueriez de rompre le charme et de devoir recommencer. Puis, sans jamais regarder derrière vous, rendez-vous à minuit à un carrefour où quatre chemins forestiers aboutissent. A l’aide d’un rameau de coudrier, tracez un cercle en faisant trois fois le tour à reculons en récitant le Pater à rebours. Depuis le centre du cercle, répandez le sang de la poule que vous venez d’égorger en répétant à haute voix les termes de votre marché. Invoquez le diable avec des paroles magiques en criant trois fois : "Poule noire à vendre !" ou neuf fois : "Robert ". Alors, dans un silence pesant, le vent se lèvera, la foudre éclatera en déchirant le ciel et le diable se présentera soudain à vous, éclairé par la lune. Jetez-lui votre pacte signé de votre propre sang, il apposera sa signature et disparaîtra dans un nuage de vapeurs sulfureuses. A ce moment ou neuf jours après, le prince des ténèbres offrira en présent une poule aux œufs d’or que vous seul devrez nourrir et qui couvera votre argent en le doublant le jour suivant ! On prétend que ce pacte avec le démon assure richesse et bonheur pendant vingt ans. Cependant, au terme de cet engagement, il exigera votre corps et votre âme et vous serez voués à son service éternellement ! Il est possible de se défaire de ce pacte en le cédant à une autre personne qui s’engage alors solidairement pour vingt ans. Le Diable attend parfois des milliers d’années avant de récupérer l’âme qu’il a achetée ![72].

.

.

.

.

.

Le meneur de loups est vu lui aussi comme un sorcier et le loup comme une créature du diable par les gens arriérés, et pas seulement dans le Berry ou la Touraine.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

LIENS[modifier | modifier le wikicode]

.

Calendrier 2013 du Club français de la poule Noire du Berry.

¤ Club français de la poule Noire du Berry, 21 route d'Issoudun 36120 Saint-Août site officiel : Site officiel du Club Français de la poule noire du Berry

¤ Où trouver la poule Noire du Berry ?

¤ Carte interactive des producteurs et des restaurants avec de la Poule Noire du Berry au menu ou à la carte.

¤ L'or noir du Berry, en Suisse.

¤ Fondation Slow Food pour la Biodiversité : Berry Black Chicken

¤ Cap Agri Indre, coup de pouce aux projets d'entreprises agricoles : Magda Auger, "Ferme de la Suprême Noire", 36170 Saint Gilles 06 80 91 54 36

.

.

.

.

.

Poule Noire du Berry : Carte interactive des producteurs et des restaurants.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

NOTES ET RÉFÉRENCES[modifier | modifier le wikicode]

.

  1. LA NOIRE DU BERRY
  2. Poule noire et lentilles vertes du Berry, par Périco Légasse
  3. Toutes les poules et leurs variétés : description, standard, points, élevage / ouvrage publié sous la direction de H. L. Alph. Blanchon ; continué par le comte Delamarre de Monchaux,..., Éditeur : C. Amat (Paris), E. Marette (Bruxelles), Rivas Grande (Madrid) : 1924.
  4. La poule noire du Berry cible de l’anti-racisme !
  5. racisme chez les poules ?
  6. Berry 2015, Petit Futé, Guides régions, Dominique Auzias, Jean-Paul Labourdette, Petit Futé. ISBN 2746991462, 9782746991460.
  7. Toutes les poules et leurs variétés : description, standard, points, élevage / ouvrage publié sous la direction de H. L. Alph. Blanchon ; continué par le comte Delamarre de Monchaux,..., Éditeur : C. Amat (Paris), E. Marette (Bruxelles), Rivas Grande (Madrid) : 1924.
  8. Poule Noire du Berry
  9. Poule Noire du Berry
  10. Les poules: Diversité génétique visible, Gérard Coquerelle, Quae, 2000. ISBN 2759214494, 9782759214495
  11. Salon de l’agriculture : la réintroduction de la Poule noire du Berry récompensée
  12. Poule noire et lentilles vertes du Berry, par Périco Légasse
  13. La France n'est pas à vendre: Notre patrimoine en danger, Robert Colonna d'Istria, Flammarion. ISBN 2081394111, 9782081394117.
  14. Berry 2015, Petit Futé, Guides régions, Dominique Auzias, Jean-Paul Labourdette, Petit Futé. ISBN 2746991462, 9782746991460.
  15. Poule noire et lentilles vertes du Berry, par Périco Légasse
  16. Le Folk-Lore de la France: La Faune et la Flore - Tome troisième. Paul Sébillot, Ligaran, Primento, 2015. ISBN 2335028812, 9782335028812.
  17. Poule Noire du Berry
  18. Dessin de Lambert. Gravure tirée de l'article « Les deux fermes » publié dans la revue Le Magasin Pittoresque, 27e année, 1859, p. 59-61.
  19. Dessin de Lambert. Gravure tirée de l'article « Les deux fermes » publié dans la revue Le Magasin Pittoresque, 27e année, 1859, p. 59-61.
  20. Journal d'agriculture pratique, de jardinage et d'économie domestique. Librairie de la Maison rustique du XIXe siècle (Paris) juillet 1935.
  21. Journal d'agriculture pratique, de jardinage et d'économie domestique. Librairie de la Maison rustique du XIXe siècle (Paris) juillet 1935.
  22. Poule Noire du Berry
  23. Journal d'agriculture pratique, de jardinage et d'économie domestique. Librairie de la Maison rustique du XIXe siècle (Paris) juillet 1935.
  24. La France apicole : anciennes revues l'Union agricole et Basse-cour et rucher, Châteauroux 1925-09.
  25. Toutes les poules et leurs variétés : description, standard, points, élevage / ouvrage publié sous la direction de H. L. Alph. Blanchon ; continué par le comte Delamarre de Monchaux,..., Éditeur : C. Amat (Paris), E. Marette (Bruxelles), Rivas Grande (Madrid) : 1924.
  26. Toutes les poules et leurs variétés : description, standard, points, élevage / ouvrage publié sous la direction de H. L. Alph. Blanchon ; continué par le comte Delamarre de Monchaux,..., Éditeur : C. Amat (Paris), E. Marette (Bruxelles), Rivas Grande (Madrid) : 1924.
  27. Toutes les poules et leurs variétés : description, standard, points, élevage / ouvrage publié sous la direction de H. L. Alph. Blanchon ; continué par le comte Delamarre de Monchaux,..., Éditeur : C. Amat (Paris), E. Marette (Bruxelles), Rivas Grande (Madrid) : 1924.
  28. Toutes les poules et leurs variétés : description, standard, points, élevage / ouvrage publié sous la direction de H. L. Alph. Blanchon ; continué par le comte Delamarre de Monchaux,..., Éditeur : C. Amat (Paris), E. Marette (Bruxelles), Rivas Grande (Madrid) : 1924.
  29. Toutes les poules et leurs variétés : description, standard, points, élevage / ouvrage publié sous la direction de H. L. Alph. Blanchon ; continué par le comte Delamarre de Monchaux,..., Éditeur : C. Amat (Paris), E. Marette (Bruxelles), Rivas Grande (Madrid) : 1924.
  30. Orpington
  31. Toutes les poules et leurs variétés : description, standard, points, élevage / ouvrage publié sous la direction de H. L. Alph. Blanchon ; continué par le comte Delamarre de Monchaux,..., Éditeur : C. Amat (Paris), E. Marette (Bruxelles), Rivas Grande (Madrid) : 1924.
  32. Toutes les poules et leurs variétés : description, standard, points, élevage / ouvrage publié sous la direction de H. L. Alph. Blanchon ; continué par le comte Delamarre de Monchaux,..., Éditeur : C. Amat (Paris), E. Marette (Bruxelles), Rivas Grande (Madrid) : 1924.
  33. Toutes les poules et leurs variétés : description, standard, points, élevage / ouvrage publié sous la direction de H. L. Alph. Blanchon ; continué par le comte Delamarre de Monchaux,..., Éditeur : C. Amat (Paris), E. Marette (Bruxelles), Rivas Grande (Madrid) : 1924.
  34. Traité d'aviculture, Encyclopédie agronomique et vétérinaire, ISSN 2030-0735. Jules Lahaye, J. Marcq, E. Cordiez, Édition 3 Jules Duculot, 1948.
  35. La France apicole : anciennes revues l'Union agricole et Basse-cour et rucher. Syndicat limousin avicole et apicole. Châteauroux : 1924-06.
  36. Journal d'agriculture pratique, de jardinage et d'économie domestique. Librairie de la Maison rustique du XIXe siècle (Paris) 1935-07.
  37. Histoire de la Géline.
  38. Salon de l’agriculture : la réintroduction de la Poule noire du Berry récompensée
  39. Histoire de la Géline.
  40. Histoire de la Géline.
  41. Les poules: Diversité génétique visible, Gérard Coquerelle, Quae, 2000. ISBN 2759214494, 9782759214495
  42. L'or noir du Berry, en Suisse
  43. Poule noire et lentilles vertes du Berry, par Périco Légasse
  44. Les voyous du poulet industriel, de Tricatel à Beulin, Par Périco Légasse
  45. Poule noire et lentilles vertes du Berry, par Périco Légasse
  46. Histoire de la Géline.
  47. Poule noire et lentilles vertes du Berry, par Périco Légasse
  48. L'or noir du Berry, en Suisse
  49. Salon de l’agriculture : la réintroduction de la Poule noire du Berry récompensée
  50. L'or noir du Berry, en Suisse
  51. L'or noir du Berry, en Suisse
  52. Salon de l’agriculture : la réintroduction de la Poule noire du Berry récompensée
  53. Salon de l’agriculture : la réintroduction de la Poule noire du Berry récompensée
  54. Salon de l’agriculture : la réintroduction de la Poule noire du Berry récompensée
  55. Salon de l’agriculture : la réintroduction de la Poule noire du Berry récompensée
  56. L'or noir du Berry, en Suisse
  57. L'or noir du Berry, en Suisse
  58. Toutes les poules et leurs variétés : description, standard, points, élevage / ouvrage publié sous la direction de H. L. Alph. Blanchon ; continué par le comte Delamarre de Monchaux,..., Éditeur : C. Amat (Paris), E. Marette (Bruxelles), Rivas Grande (Madrid) : 1924.
  59. L'or noir du Berry, en Suisse
  60. Les poules, Volumes 1 à 2. René André Robin. Bornemann, 1972.
  61. Poule noire et lentilles vertes du Berry, par Périco Légasse
  62. Poule noire et lentilles vertes du Berry, par Périco Légasse
  63. Salon de l’agriculture : la réintroduction de la Poule noire du Berry récompensée
  64. Berry 2015, Petit Futé, Guides régions, Dominique Auzias, Jean-Paul Labourdette, Petit Futé. ISBN 2746991462, 9782746991460.
  65. Poule noire et lentilles vertes du Berry, par Périco Légasse
  66. Poule noire et lentilles vertes du Berry, par Périco Légasse
  67. Berry, Encyclopédies régionales, Joëlle Berry-Brandily, ÉditeurChristine Bonneton, 1994. ISBN2862531677, 9782862531670.
  68. Croyances et légendes du centre de la France : souvenirs du vieux temps, coutumes et traditions populaires comparées à celles des peuples anciens et modernes. Tome 2 / par Laisnel de La Salle Contributeur : Sand, George (1804-1876) ; Éditeur : A. Chaix et Cie (Paris) : 1875.
  69. Je ne suis pas superstitieux - J'ai peur que ça me porte malheur: Dictionnaire des habitudes, gestes, traditions, symboles, objets, couleurs, nombres, animaux..., Evelyne Keller, Éditeur Opportun, ISBN 2360751093, 9782360751099.
  70. Le Folk-Lore de la France: La Faune et la Flore - Tome troisième. Paul Sébillot, Ligaran, Primento, 2015. ISBN 2335028812, 9782335028812.
  71. Mémoires, lettres et pièces authentiques touchant la vie et la mort de S.A.R. monseigneur Charles-Ferdinand d'Artois, fils de France, duc de Berry, François-René de Chateaubriand, Édition 3, Chez Le Normant 1820.
  72. La Poule noire et le Pacte avec le Diable
Sauf mention contraire, le contenu de la communauté est disponible sous licence CC-BY-SA .