Wiki Guy de Rambaud
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                                  Pierre Coustant


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Pierre Coustant - Epistolae Romanorum Pontificum, et Quae ad Eos Scriptae Sunt AS. Clemente I - 1721.

La Maison Coustant, n° 6, Rue de la Corne de Cerf, à gauche, détruite en 1919, où il est certainement né.

Henry Coustant d'Yanville écrit sur ses ancêtres, la Famille Coustant.

La Famille Coustant est protégée par les Dames du Val de Grâce et Anne d'Autriche .

Domno (Dom) Pierre Coustant, Petrus Coustant, Petrus Constantius[1], est né à Compiègne, paroisse Saint-Jacques, le 30 avril 1654. Il est décédé à l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés, près de Paris, le 18 octobre 1721 et y repose.


Pierre est né dans une famille de la noblesse de robe, la Famille Coustant. Son père, Raoul II Coustant, est avocat au parlement, sa mère une Loisel[2]. Gens d'honnête famille et de grande piété, dit Dom Mopinot dans son éloge inséré dans le Journal des Savants[3].

Ses ancêtres sont alliés à la famille de Guillaume d'Ercuis, chanoine de Senlis, Reims, etc., archidiacre de Thiérache, qui est précepteur du roi Philippe-le-Bel[4]. Son frère Raoul III Coustant et son neveu Charles Coustant de Belle-Assise redeviennent des membres de l'aristocratie.

Après avoir reçu une éducation classique au Collège royal de Compiègne de la Compagnie de Jésus, il entre au monastère bénédictin de Saint-Rémi, à Reims, comme novice à l'âge de dix-sept ans, et prononce ses vœux et devient moine bénédictin de la Congrégation de Saint-Maur à partir du 12 août 1672[5]. Il en devient une personnalité marquante. Pierre Coustant est un pieux et savant érudit bénédictin mauriste.

Coustant effectue des études de philosophie et de théologie avec le théologien François Lamy (1636 – 1711). Il est l'éditeur scientifique des outrages de saint Augustin, le traducteur de saint Hilaire de Poitiers[6]. Il est l'auteur d'une étude complète des lettres des papes Clément Ier à Innocent III.

C'est un homme fort intelligent et fort expérimenté dans cette sorte d'étude, et qui a une industrie toute particulière pour reconnaître non seulement les pièces entièrement supposées, mais encore les additions et les gloses insérées mal à propos dans le texte de certains traités, que les anciens copistes prenaient autrefois la liberté d'ajouter de leur autorité, sous le prétexte d’éclaircir et d'expliquer la pensée de l'auteur[7].

Commentateur des Pères, dom Coustant en prend les maximes pour règle de conduite. Sa charité est grande. Il aime non seulement les pauvres, mais la pauvreté. Même pendant les rudes hivers du début du XVIIIe siècle, il ne se chauffe jamais[8].

Prieur un temps de Nogent-sous-Coucy (1693 - 1696), cet historien ecclésiastique, devient le doyen de l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés[9], où il décède en 1721.

Coustant a également pris part à la controverse occasionnée par Mabillon de De Re Diplomatica entre le jésuitePère Germon (1663 - 1718) et les Mauristes Bénédictins. Dans deux traités, il se défend, lui et ses confrères, contre Germon qui conteste l'authenticité de certaines sources utilisées dans l'édition bénédictine des œuvres de Saint-Hilaire et de Saint-Augustin.

Pierre Coustant ne peut cependant parvenir, en fuyant les hommes et les honneurs, à se soustraire aux récompenses de ses supérieurs, aux éloges du monde savant, à la vénération de tous[10].

Pierre Coustant publie en 1721 le premier volume de son grand ouvrage des Lettres des Papes, collection qui n'est pas continuée après lui, et dont deux volumes, tout préparés et encore inédits, se trouvent à Rome parmi les manuscrits du Vatican [11].

Il est décédé peu temps après à l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés où il passé 30 années de sa vie.


L'Abbaye Saint-Corneille s'affilie à la Congrégation de Saint-Maur.

SA FAMILLE - SA JEUNESSE[]

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Sa famille[]

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Son père, Raoul II Coustant est avocat au Parlement de Paris.

Un de ses frères, Claude Coustant, est curé de Canly.

Abbaye Saint-Corneille de Compiègne en l'an 1626, s'affilie à la congrégation de Saint-Maur.

La Famille Coustant parait originaire du Beauvaisis. On trouve mentionnés dans d'anciennes chartes, Thibault dit Constant, clerc, vivant à Ercuis (diocèse de Beauvais), dans la seconde moitié du XIIIe siècle, ainsi que son fils Roger Coustant écuyer, dont le sceau existe aux archives de l'Empire sous le numéro 1,945 de l'inventaire de ... à deux fleurs de lys, l'une à senestre et l'autre en pointe, et une étoile à six raies à dextre. Ils sont alliés à la famille de Guillaume d'Ercuis, chanoine de Senlis, Reims, etc., archidiacre de Thiérache, qui est précepteur du roi Philippe le Bel[12].

Au sujet de Dom Pierre Coustant, l'Histoire littéraire de la Congrégation de Saint-Maur écrit :

Ses parents étaient d'honnête famille et gens de piété. Ils lui donnent une excellente éducation[13].
Son cœur se trouve tourné vers Dieu dès sa première jeunesse. Ils ont d’ailleurs 14 enfants de 1637 à 1659, que l’on retrouve sur les registres de la paroisse Saint-Jacques.

Fils de Raoul II Coustant, avocat, Pierre est un des membres de la Famille Coustant. Son grand-père, Raoul Coustant, est écuyer, un riche négociant et le gouverneur de l'important port fluvial de Compiègne. Sa grand-mère, Anne de Pron[n]ay, est d'une famille de la noblesse de robe dont les membres sont presque tous gouverneurs attournés de Compiègne.

Dom Pierre Coustant a un grand nombre de frères et sœurs. L'un des premiers est Raoul III Coustant, écuyer, conseiller du Roi, lieutenant criminel en l'élection de Compiègne, qui fait enregistrer pour armes de sa famille dans l'Armorial général (t. IV, fol. 109) :

de gueules à un arbre d'or, au chef d'argent chargé d'un croissant de sable[14].

Il a un autre frère, Claude Coustant, protégé des Dames du Val de Grâce qui le font nommer, en 1694, curé de Canly[15], qui fait également inscrire son blason dans ce recueil[16].

C'est de son frère, Raoul III Coustant, que sont issues les diverses branches de la famille Coustant de Belle-Assise, de Jouy, d'Yanville.

Sa jeunesse[]

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Le collège des Jésuites à Compiègne.

Saint-Médard de Soissons.

La Maison Coustant, au n° 6, Rue de la Corne de Cerf, à gauche, détruite en 1919, est certainement là où il est né.

Lors de ses études classiques au Collège royal de Compiègne de la Compagnie de Jésus, avant 1671, Pierre Coustant est un élève sage et studieux[17]. Le collège tenu par des séculiers de 1571 à 1654, vient d'être repris par les Jésuites qui le dirigent jusqu'à 1762. Ce collège est d'ailleurs fondé en 1571 par un Charmolue, bourgeois de Compiègne, d'une famille très ancienne de ce pays, alliée aux Coustant[18].

L'Histoire du collège de Compiègne depuis son origine jusqu'en 1790 nous dit que :

Les élèves ont la résolution toute entière de si bien travailler à Compiègne, que nous puissions voir sortir de nostre Collège des escholiers qui s'en aillent droit en philosophie ou en première tout au moyns, sans qu'il couste aux parens les cinq et les six cens escus pour en venir là[19].

Comme on le sait cela correspond à la relative misère de son père et sa mère, Raoul II Coustant et Louise Loisel.

Pierre Coustant entre au monastère bénédictin de Saint-Rémi, à Reims, comme novice à l'âge de dix-sept ans, où il sert de modèle aux novices[20]. En 1627, Athanase de Mongin introduit à Saint-Rémi la réforme de l'ordre de Saint-Benoît. L'abbaye adhère à la congrégation de Saint-Maur.

Il fait ses études philosophiques et théologiques en partie à Saint-Rémi, en partie au monastère de Saint-Médard à Soissons, où il est envoyé étudier la philosophie sous Dom François Lami, religieux bénédictin de la Congrégation de S. Maur.

François Lami veut l'emmener à l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés, mais il demande au Prieur de Saint-Médard de choisir un novice moins doué[21].

Pierre Coustant prononce ses vœux le 12 août 1672. Il devient moine bénédictin de la Congrégation de Saint-Maur (à partir de 1672)[22].

Abbaye saint-Remi de Reims.

MOINE DE LA CONGRÉGATION DE SAINT-MAUR (1672)[]

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Un chapitre de la Congrégation de Saint-Maur.

La Congrégation de Saint-Maur suit la règle de saint Benoit. C'est une réunion de savants qui, fidèles à ces principes d'abnégation, renoncent à la gloire particulière pour établir, ouvriers ignorés, les bases du monument. Parmi les membres les plus remarquables de cette docte congrégation, Dom Pierre Coustant se distingue, non-seulement par son érudition et sa piété, mais encore par sa modestie et son austérité.

L'amour de Coustant pour les études ne l'empêche pas d'être un moine exemplaire. Bien que souvent accablé avec le travail, il est ponctuel en assistant aux exercices religieux communs et trouve du temps pour les travaux privés de piété.

Il retrouve au bout d'un an, au monastère bénédictin de Saint-Rémi, François Lamy (1636 – 1711), qui y est envoyé après avoir professé à Paris[23]. Sa vertu à Reims semble bien supérieure à son savoir pourtant immense.

Abbaye Saint-Corneille à Compiègne, ancien diocèse de Noyon, fait partie de la Congrégation de Saint-Maur à partir de 1626.

L'ÉDITION DE SAINT AUGUSTIN (1679 - 1693)[]

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Pierre Coustant travaille toujours infatigablement pendant les douze années qu'il est à Saint-Germain-des-Prés, sans rien prendre sur les exercices réguliers, et surtout sans jamais s'exempter de l'office divin, qu'il regarde comme sa première obligation.

Les œuvres de saint Augustin[]

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Saint Augustin, évêque d'Hippone-Bône (354 - 430).

Dès son élévation au sacerdoce, en 1681, ses supérieurs l'appellent à Saint-Germain-des-Prés pour assister son confrère Thomas Blampin dans l'édition des œuvres d'Augustin d'Hippone. Pendant un certain temps Pierre Coustant travaille avec les Mauristes à une nouvelle édition des œuvres de saint Augustin. Dom Claude Guesnié, Thomas Blampin, et Pierre Coustant y travaillent successivement dès 1679[24].

La principale contribution de Coustant à cette publication consiste à séparer le faux des écrits authentiques. Dans une annexe au cinquième volume, il rassemble toutes les fausses homélies et les retrace jusqu'à leurs véritables sources.

Dom Coustant aide également ses confrères bénédictins Edmond Martène et Robert Morel à faire les index du quatrième volume contenant les commentaires sur les Psaumes. Dans le cas du Saint Augustin, des index sont fournis par chacun des volumes parus entre 1679 et 1690. Ceux qui sont publiés en 1700, dans le onzième et dernier tome, sont un chef d’oeuvre inégalé. Contrairement à l’habitude, ils ne procèdent pas de la simple addition des index antérieurs, mais sont refaits sur nouveaux frais par Claude Guesnié et Pierre Coustant[25].

Tables des commentaires sur les psaumes et Sermons[]

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Un religieux bénédictin de la Congrégation de Saint-Maur : dom Edmond Martène.

Saint Augustin, Questions sur l'Heptateuque.

Dom Coustant est d'abord chargé des tables du troisième volume, lequel contient les commentaires sur les psaumes, travail commencé par Dom Cl. Guesnié, qui vient d'être nommé prieur de l'abbaye de Tyron; et il y travaille pendant trois mois avec dom Edmond Martène et dom Robert[26].

Plus tard, il est désigné pour revoir les épreuves de l'édition des sermons; mais D. Th. Blampin, qui en a la direction, s'aperçoit bien vite que D. Coustant est capable d'une étude plus importante. Quoique l'édition en est à un des volumes les plus difficiles, celui où il s'agit de distinguer les sermons véritables de saint Augustin de ceux qui lui ont été faussement attribués, il n'hésite pas à le charger de ce travail, se reposant sur lui du soin de faire cette distinction, de revoir, les manuscrits, d'en rétablir les textes et d'en rechercher les auteurs[27].

Dom Coustant y travaille pendant trois mois avec Dom Edmond Martène et D. Robert Morel. Ensuite on commence l'édition des Sermons, dont il voit les épreuves. On n'est pas long à s'apercevoir qu'il est capable de quelque chose de plus relevé. Quoique l'on en est à l'un des plus difficiles volumes, où il s'agit de faire le discernement des Sermons véritables de S. Augustin d'avec ceux qui ne le sont pas, D. Coustant est chargé de travailler sur cette matière. Il le fait avec un tel succès, que le travail de ce débutant passe pour un chef-d'œuvre dans un homme d'expérience. Il corrige tous les jours les épreuves, et ramasse les matériaux qui doivent entrer dans la table des Sermons véritables de saint Augustin. Il fait aussi celle des Sermons supposés, dont il voie l'utilité; mais comme ce volume est déjà très gros, D. Thomas Blampin, qui préside à l'édition, supprime cette table. Dom Coustant entièrement soumis à ceux qui sont au dessus de lui, ne fait aucune instance pour la produire, quoiqu'elle lui a coûté beaucoup de peine, et ne témoigne aucune répugnance pour sa suppression. Après l'édition des Sermons de S. Augustin, on entreprend celle de ses Traités, et D. Coustant est encore chargé de l'examen de ceux qui sont supposés[28].

Dans deux traités, le théologien François Lamy (1636 – 1711), son ancien maître, défend l'édition mauriste des œuvres d'Augustin d'Hippone contre les jansénistes et les jésuites.

Saint Augustin.

HILAIRE DE POITIERS (1687)[]

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Hilaire de Poitiers (1687)[]

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Ordination de saint Hilaire de Poitiers (350).

Weißenauer Passionale (Fondation Bodmer, Coligny, Suisse; La morue. Bodmer 127, fol. 144r).

Rencontre de saint Martin et saint Hilaire.

Son travail ne passée pas inaperçu auprès de l'Abbé général de la Congrégation de Saint-Maur.

Quelque temps après, en 1687, dom Mabillon, s'appuyant sur ce que l'illustre évêque de Poitiers, saint Hilaire, est une des plus grandes lumières de l'Eglise gallicane, conseille aux supérieurs de la congrégation d'entreprendre une nouvelle édition de ses ouvrages[29].

L'expérience que ses supérieurs ont fait du zèle et du talent de D. Coustant, les pousse à jeter de nouveau les yeux sur lui et on lui confia cet important travail. Il s'empresse de réunir avec soin tous les manuscrits et les collationne lui-même, car il est profondément convaincu que pour faire un bon choix des diverses leçons il faut connaître la valeur réelle des ouvrages dont elles sont tirées, et que d'ailleurs un éditeur y trouve souvent des choses qui ont échappé à l'attention des autres.

Avant cette époque, il n'y a qu'une seule édition défectueuse et non critique de l'œuvre d'Hilaire de Poitiers, publiée par Erasmus (Bâle, 1523).

Les éditions suivantes de Miraeus (Paris, 1544), Lipsius (Bâle, 1550), Simon Grynaeus (Bâle, 1570), Gillotius (Paris, 1572) et celle publiée par la Société typographique de Paris, en 1605, ne sont guère plus que des réimpressions du texte d'Erasmus.

Après s'être familiarisé avec la terminologie et le courant de pensée de saint Hilaire, Coustant compare les manuscrits en vue de restaurer le texte original. Dans une préface générale, il prouve la catholicité de la doctrine de saint Hilaire de Poitiers concernant la naissance du Christ de la Vierge Marie, la Sainte Eucharistie, la Grâce, le Jugement dernier, la Sainte Trinité et d'autres dogmes catholiques.

La préface est suivie de deux croquis biographiques du saint, dont le premier est composé par Coustant lui-même à partir des écrits d'Hilaire, tandis que le second est une reproduction de la vie écrite par Fortunatus de Poitiers. Chaque traité est précédé d'une préface spéciale indiquant son occasion et son but, ainsi que le moment où il est rédigé. Les passages difficiles et obscurs sont expliqués dans les notes de bas de page.

L'édition dédiée au cardinal d'Estrées, parait, en 1693, chez François Muguet. Cette édition de saint Hilaire est une œuvre modèle du genre, l'une des productions littéraires les plus estimées de la Congrégation de Saint-Maur. Elle est publiée dans un volume in-folio à Paris, en 1693. L'ouvrage est publié avec quelques ajouts par Scipio Maffei (Vérone, 1730) et par Migne, Patrologia Latina.

Préface[]

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Coustant n'a pas du tout la même opinion sur saint Hilaire qu'Erasme.

Dans une savante préface, D, Coustant passe en revue toutes les éditions précédentes, dont il fait remarquer les défauts, et il fait en même temps connaître les manuscrits sur l'autorité desquels il rétablit le texte de saint Hilaire. Le plus ancien, écrit en Afrique pendant la troisième année du règne de Trasamont, appartient à la bibliothèque du Vatican; le plus entier, fait partie de la bibliothèque de l'abbaye de saint Denis, puis passe dans celle du Roi[30].

Il s'attache à rechercher les causes de l'incompréhension de ce saint docteur, si violemment attaqué par les protestants, les catholiques et surtout Erasme; mais aussi à démontrer sa catholicité et la pureté de sa doctrine tant sur la naissance de Jésus-Christ que l'Eucharistie, contre l'opinion d'Erasme et de Scuttet, sur les infirmités humaines et la gloire de Notre Seigneur après sa résurrection. Il combat les opinions de Bérenger et d'autres écrivains comme Lanfranc, Lombard, saint Thomas, saint Bonaventure, sur l'erreur des Millénaires dont on l'accuse d'être le fauteur, sur la grâce, le jugement dernier, la Trinité et autres matières qui ont rapport au salut.

Cette préface est suivie de deux vies du saint, dont la première est tirée des écrits mêmes de saint Hilaire et d'autres anciens documents, et la seconde de Fortunat, que Bolandus dit être Fortunat, évêque de Poitiers[31].

Œuvres[]

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Saint Hilaire écrivant (IRHT, Avignon, BM, ms. 6733, f. 030).

L'édition commence par le Tractatus super psalmos (Traité sur les Psaumes), quoi qu'il n'est composé par saint Hilaire qu'au retour de son exil.

Vient ensuite le commentaire sur saint Matthieu; l'un des premiers et des plus anciens qui soient composés par les Latins sur les Évangiles. Selon saint Jérôme, ce commentaire divisé en trente-trois chapitres est précédé d'une préface qui n'existe plus. D. Coustant en fait le plus grand éloge et en fixe la date en 3B6, avant l'exil du saint[32].

Viennent ensuite les douze livres de la Trinité et celui des Synodes, composés pendant l'exil même. D. Coustant attribue aussi à saint Hilaire, sur la foi de saint Jérôme et de Facundus, le livre contre l'empereur Constance ; mais il essaie de justifier la trop grande liberté et le zèle extraordinaire qui respirent dans cet écrit[33].

Appendice[]

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Amiens, BM, 177 (Armoiries de la Congrégation des Bénédictins de Saint-Maur).

Le volume se termine par un appendice qui contient les ouvrages douteux du saint un Poème sur la Genèse, attribué par le P. Quesnel à Saint-Césaire d'Arles, le livre de l'unité du Père et du Fils une confession de foi attribuée, par un auteur du temps de Charles le Cbauve à Alcuin, une préface de Nicolas Lefèvre sur les ouvrages de saint Hilaire, déjà publiée en 1598; enfin, une liste de tous les manuscrits et imprimés sur lesquels l'éditeur revoit son oeuvre, et des tables très complètes d'anomalies[34].

Il règne dans tout l'ouvrage, dit Dom Philippe Lecerf, tant d'ordre et de netteté, et la critique en est si juste, les notes en sont si sensées et si judicieuses qu'on la regarde comme une des plus exactes, des plus complètes, en un mot des plus parfaites qui soient sorties de la plume si savante des Bénédictins[35].

Publication de Sancti Hilarii pictavorum episcopi... (1693)[]

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Sancti Hilarii pictavorum episcopi... (1693).

Pierre Coustant publie à Paris, en 1693 :

Sancti Hilarii pictavorum episcopi Opera: ad manuscriptos codices Gallicanos, Romanos, Belgicos, necnon ad veteres editiones castigata; aliquot aucta opusculis, praeviis in locos difficiles disputationibus, praefationibus, admonitionibus, notis, novâ S. Confessoris vitâ, & copiosissimis scripturarum, rerum, glossarum indicibus locupletata & illustrata (Saint Hilaire, évêque de Poitiers, œuvres complètes existantes, recherchées par presque tous les hommes de lettres du monde, maintenant, non sans un effort modéré et certains une censure et une perturbation de l'État, est maintenant restitué à son sens vrai et pieux : Enfin amendé par une comparaison des livres originaux, expliquée par une variété de lectures, enrichie par l'adhésion de divers traités. Index correspondant avec de nombreuses illustrations).

Le travail est édité avec quelques additions par Scipion Maffei, écrivain et critique d'art italien, et réédité par Jacques Paul Migne, au XIXe siècle. Cette édition de saint Hilaire est une œuvre modèle du genre, l'une des productions littéraires les plus estimées de la Congrégation Mauriste. Il est publié dans un volume in-folio à Paris en 1693.

L'ouvrage est publié avec quelques ajouts par Scipio Maffei (Vérone, 1730) et par Migne.

La théologie d'Hilaire est la première synthèse doctrinale écrite en latin. Fondée sur des sources grecques et défendant l'orthodoxie définie à Nicée, elle a une influence certaine pendant tout le siècle suivant. Toutefois, elle perd de son importance après le travail d'Augustin d'Hippone.

PRIEUR DE NOGENT-SOUS-COUCY (1693 - 1696)[]

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Nomination comme prieur de Nogent-sous-Coucy (1693)[]

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L’abbaye de Nogent-sous-Coucy, au XVIIe siècle, planche gravée du Monasticon Gallicanum.

L'ouvrage étant terminé Dom Coustant s'occupe de l'impression des tables, lorsqu'il apprend que le chapitre général le nomme prieur de Notre-Dame de Nogent-sous-Coucy, petite abbaye du diocèse de Soissons, en 1693.

Pierre Coustant a toujours extrêmement craint d'être employé dans le gouvernement, et pour l'éviter, il s'est assujetti aux travaux les plus pénibles et les moins agréables de l'édition de saint Augustin. Ses remontrances, ses prières, ses larmes même sont inutiles; il faut obéir[36].

Il se soumet par obéissance, et dès que la dernière feuille de l'édition de saint Hilaire est tirée, il part laissant à un autre l'honneur de faire les présents et de recevoir les applaudissements dus à l'éditeur. Ainsi finissent les premiers travaux littéraires du Pierre Coustant ; travaux utiles à l'Eglise et qui durent douze ans. Ils lui font une grande réputation au dehors; mais il s'en acquiert encore une bien plus grande au dedans, par sa régularité et sa fidélité à tous ses devoirs de Religieux[37].

Un prieur attentionné (1693 - 1696)[]

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L’abbaye de Nogent-sous-Coucy, au XVIIe siècle.

Dessin de l'abbaye par Dom Victor Cottron (A. D. Aisne H 325)[38].

Cette âme tendre et studieuse; loin de se montrer faible et inhabile comme prieur de Nogent-sous-Coucy (1693 - 1696), dans l'exercice de cette autorité qu'elle a voulu fuir, va donner de nouveaux gages à l'esprit d'obéissance qui est sa loi, à l'affection de ses semblables qui est sa foi, à l'amour de l'étude qui est son but terrestre.

Arrivé à Nogent, dans le lieu de sa supériorité qu'il regarde comme celui de son esclavage, le nouveau prieur se fait une loi de se renfermer dans son cloître et de ne faire d'autres visites que celles dont il ne peut se dispenser. Sa conduite a pour objet d'édifier ses religieux, de gagner leur cœur, de les occuper dignement, de pourvoir à leurs besoins corporels et spirituels[39].

Le soin qu'il met à remplir la bibliothèque de bons livres leur rend la solitude agréable, et les attentions qu'il a pour chacun en particulier font qu'on ne le quitte jamais sans regrets. Il gouverne l'abbaye avec beaucoup de prudence et de douceur. Mais il gémit chaque jour de sa position.

Mais après avoir fait son triennal, il supplie les supérieurs de le rendre à sa première destination.. Il écrit au chapitre général une lettre humble et touchante pour supplier les définiteurs de débarrasser la congrégation d'un si pitoyable supérieur. C'est l'idée qu'il a de lui-même. Il offre d'aller dans le monastère qu'on lui désignera et même de rester dans celui qu'il dirige en qualité de simple religieux. Pour fléchir plus efficacement ses supérieurs, il date sa lettre de l'heure de minuit, afin de donner à entendre que le poids de ses fonctions lui ôtent le repos [40].

Mais il n'a pas besoin de renouveler ses instances. On reconnaît à Saint-Germain-des-Prés la perte due à son éloignement. En 1696, la résolution est déjà prise de l'y faire revenir[41].

RETOUR A SAINT-GERMAIN-DES-PRÉS (1696 - 1708)[]

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Coustant participe également à la polémique occasionnée par Mabillon et un jésuite, le Père Germon (1663 - 1718), auteur d’un Traité théologique sur les 101 propositions énoncées dans la Bulle Unigenitus (Paris, 1722) et les Bénédictins mauristes.

Continuation de son travail sur saint Augustin (1696 - 1700)[]

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Intérieur de l'église Saint-Germain-des-Prés.

Revenu à Saint-Germain-des-Prés, après le Chapitre de 1696, on le charge d'abord de veiller sur une nouvelle édition du Bréviaire. Quoique celle des ouvrages de saint Augustin est achevée. Plusieurs savants souhaitent encore d'avoir sa Vie, et une table générale de tous ses ouvrages.

M. le Tellier, archevêque de Reims, ne donne point de repos à Dom Blampin, qu'il ne met la Vie de cet incomparable Docteur en état de paraître. Dom Coustant se contente de prendre dans les tables particulières de chaque volume de quoi faire la générale. L'autre fait plus : il relit tout saint Augustin, et ajoute beaucoup de choses, qui sont omises dans les tables particulières. Jusqu'alors il n'y en a point eu des ouvrages supposés. Dans cette circonstance le P. Coustant a la consolation de voir que celle qu'il a déjà faite des Sermons faussement attribués à saint Augustin trouve enfin sa place.

Mais tout cela n'est pas capable de l'occuper. On lui propose plusieurs entreprises, comme de travailler à une nouvelle édition de quelques Pères de l'Eglise, ou de créer une Bibliothèque Bénédictine.

Défense de Mabillon (avant 1700)[]

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Buste de Mabillon.

Pierre Coustant entreprend victorieusement la défense de la Diplomatique de Dom Mabillon contre les attaques du Père Germon, jésuite[42].

Pierre Coustant est interrompu en 1706, dans ses travaux par une attaque du Père Germon, contre le P. Mabillon. Il le réfute, mais celui-ci non content d'avoir écrit contre le livre De Re diplomatica de D. Mabillon, attaque aussi l'édition de S. Hilaire, et décrié les manuscrits de Corbie, dont on s'est servi pour l'édition de Dom Coustant qui croit cette affaire assez importante pour l'Eglise[43].

Le P. Coustant réfute les écrits du jésuite dans un livre intitulé Vindiciœ manuscriptorum codicum à R. P. Bartholommo Germon impugnatorum. Cet ouvrage, quoique peu volumineux, ne renferme pas moins de 33 chapitres. Dans les premiers il défend les manuscrits en général, et dans les autres il répond aux attaques du Père Germon, opposant à la version de Hincmar, archevêque de Reims, et d'Alcuin, qui accuse Félix d'Urgel d'altération du texte, celles de Ratram dont il fait l'apologie, et de Gotescal. Il réfute aussi victorieusement dans ce livre, sous forme d'appendice, l'abbé Faydit, qui, sous l'anonymat dans un livre publié en 1696 et intitulé Altération du dogme théologique par la philosophie d'Aristote attaque aussi les manuscrits de Corbie et accusé les Bénédictins d'avoir' falsifié certains passages de saint Hilaire[44].

L'unité de Dieu dans la Trinité[]

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Cet appendice n'est qu'une partie d'un grand ouvrage qui a pour titre L'Unité de Dieu dans la Trinité défendue contre les fausses idées d'un auteur moderne. Cet écrit, quoique excellent, n'est imprimé, parce que les magistrats ayant supprimé celui de l'anonyme Faydit, le P. Coustant ne veut ni renouveler la discussion, ni attirer de nouveau l'attention publique sur un livre dangereux, qui n'aurait pas dû être publié[45].

Deuxième réfutation du P. Germon[]

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Saint Augustin, Questions et locutions sur l'Heptateuque, livres 1-4. Page de frontispice et début des commentaires à la Genèse.

Vindiciae veterum codicum confirmatae... authore Domno Petro Coustant,..., sa réplique au Père Germon.

Le Père Germon oppose à l'écrit Vindiciœ, une réponse qui amène une nouvelle réplique de D. Constant, sous ce titre Vindicte veterum codicum confirmatae (J. B. Coignard,' Paris, 1715). Cet ouvrage, bien plus considérable que le premier, est divisé en six parties[46].

Dans la première, il fait l'histoire de la dispute et essaie de montrer le but de son adversaire. Dans la seconde, il établit avec soin les règles de la saine critique et démontre que les hérétiques, traités de faussaires par le P. Germon, ne méritent pas cette accusation. Dans la troisième et la Quatrième, il confirme par de nouveaux raisonnements tout ce'qu'il a dit précédemment. Dans la cinquième, il dit que c'est une calomnie, d'accuser Batram et Gothescal d'avoir falsifié les manuscrits de saint Augustin conservés à Corbie[47].

Là plus qu'ailleurs, D. Coustant est vif et pressant en faisant néanmoins preuve de modération et de douceur c'est le trait particulier de son caractère. Il est convaincu que la moindre injure fait plus de tort à la vérité qu'elle ne peut lui être utile[48].

Dans la sixième partie, il s'efforce de prouver par des exemples que le pyrrhonisme conduirait à la destruction de monuments, des faits les mieux établis. Cette dernière partie est suivie d'une excellente table des matières[49].

Comme dans toutes ses œuvres, dit Dom Mopinot, on trouve dans cette réfutation des recherches savantes et judicieuses, des raisonnements solides; et la modération, qui est le caractère spécial de sa critique, se fait voir particulièrement dans les endroits où il emploie le plus de forces contre son adversaire. Cette réplique demeura sans réponse et il est possible d'en induire, dit Dom Ph. Lecerf, que le Père Germon, enfin convaincu du peu de solidité de ses arguments, cède au P. Coustant une victoire qu'il a osé disputer au P. Mabillon[50].

EDITION DES LETTRE PONTIFICALES (1700 - 1721)[]

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Un projet considérable (1700)[]

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Dès son élévation au sacerdoce, en 1681, ses supérieurs l'appellent à Saint-Germain-des-Prés. Dom Coustant va y finir ses jours en 1721, doyen des religieux.

Dom Coustant ne veut se déterminer que par l'obéissance. Les œuvres d’Augustin terminées, Coustant se voit confier par ses supérieurs un projet d’édition des lettres pontificales depuis Clément Ier jusqu’à Innocent III (v. 88 - 1216), en 1700. Son petit neveu, Henry Coustant d'Yanville, dit qu'après ses luttes avec le P. Germon, Dom Coustant reprend sans interruption son grand ouvrage sur les Décrétales des Papes. Ce qui semble plus conforme à la réalité.

Pour comprendre le travail colossal qu'une telle entreprise nécessite. Il aperçoit d'abord la grandeur et la difficulté du travail, qui renferme autant d'auteurs que de Papes, dont il faut étudier le génie, le style et l'histoire. Il faut considérer que très peu a été fait dans cette direction déjà. Il y a, certes, les décrets du pape Clément Ier à Grégoire VII, rassemblés en 1591 par le cardinal Antonio Caraffa, et édités par d'Aquino d'Antonio en 1591, sous le titre de Epistolarum decretalium summorum Pontificum tomus primus, (...) tomus secundus et (...) tomus tertius. Mais ils sont inachevés et leur ordre chronologique est fréquemment incorrect.

Il y a également les Annales Ecclesiastici (Annales ecclésiastiques), de Caesar Baronius, et le Concilia antiquae Galliae du jésuite Jacques Sirmond. Mais personne n'a jamais essayé de faire une collection complète des lettres papales, de tamiser beaucoup moins le faux de l'authentique, de reconstituer les textes originaux et de classer les lettres chronologiquement[51].

Mais l'obéissance lui ferme les yeux sur toutes ces difficultés. Il se met à travailler avec la même application qu'il vient de donner à S. Augustin & à S. Hilaire[52].

Dans la préface étendue peut-être de 150 pages, Coustant explique l'origine, la signification et l'ampleur du premier pape et examine les collections existantes de Canons et de lettres papales. Les lettres de chaque pape sont précédées par une introduction historique et fournies avec des notes copieuses, alors que les fausses lettres sont rassemblées en annexe. Coustant recueille une grande quantité de matériel[53].

Editions des lettres[]

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Vision de la Trinité du pape Clément, toile de Giovanni Battista Tiepolo, v. 1730.

Clément Ier. Manuscrit arménien de l'Épître aux Hébreux, Ve siècle, Matenadaran.

Commencement de la Première épître de Clément dans une édition d'Oxford en 1633.

Innocent III.

Après avoir consacré plus de vingt ans à cette entreprise colossale, Coustant peut éditer le premier volume en 1721. Epistolae Romanorum Pontificum contient les lettres de l'année 67 à l'année 440.

Une nouvelle édition du volume de Coustant est due à Schönemann (Göttingen, 1796) une suite, basée principalement sur les manuscrits de Coustant et contenant les lettres papales de 461 - 521, est sera éditée par Thiel (Braunsberg, 1867).

Il y a à la Bibliothèque nationale de France quatorze grands volumes folio, contenant le matériel recueilli par Coustant et les bénédictins[54]. La congrégation de Saint-Maur affirme qu'elles sont acquises par Mabillon. A sa mort, en 1707, il transmet le même goût à ses disciples : Ruynart, Martianay, Touttëe, Coustant...François Lamy (1636 – 1711) travaille sur les preuves de la religion, et réfute Spinoza et les incrédules[55].

Dom Coustant fait paraître le plan dans le Journal des Savants, du 4 septembre 1719. Voici comment il s'exprime :

Avant de rapporter les lettres d'un pape, l'éditeur fera des observations sur l'année et le jour au» quel il aura été élevé sur la chaise de saint Pierre, sur le temps qu'a'duré son pontificat et sur la date de sa mort. Les lettres de chaque pape seront placées par ordre chronologique et elles seront en plus grand nombre que dans les collections précédentes, parce qu'on y fera entrer toutes les lettres découvertes par des écrivains de ces derniers temps et insérées dans différents ouvrages[56].

Afin de donner un texte pur, il prend soin de collationner les meilleurs manuscrits des épîtres des papes et de les confronter avec les imprimés. C'est ainsi qu'il peut corriger un grand nombre de fautes, qu'il retranche des lambeaux ajoutés au texte et rétablit des morceaux qui ont été négligés. Quand il trouve plusieurs versions, il s'attache plutôt à examiner comment sont lues les différents critiques que les variantes des exemplaires d'une même collection, car c'est le seul moyen de déterminer la leçon qu'on doit suivre[57].

Dom Constant observe :

Lorsque je n'ai rien trouvé, qui puisse rétablir le texte » dans sa pureté, je me suis contenté d'indiquer le défaut ou » de marquer de quelle manière je crois qu'on doit lire ou en» tendre le texte qui me paraît corrompu. A la suite des épîtres des papes, l'éditeur placera une liste des lettres perdues en donnant autant que possible la date, le sujet et les fragments conservés. Il parlera ensuite des décrets de chaque pape et indiquera à quelle époque et en quelle occasion ils ont été publiés, le caractère et la nature des principaux dogmes des hérétiques dont il a combattu les erreurs. Chaque épître sera accompagnée de notes. La première servira à en prouver l'authenticité, à déterminer la date de sa publication et sera suivie de l'exposé des difficultés qui demanderaient de plus grands éclaircissements. Les autres notes serviront à donner les différentes leçons, à expliquer ce qui concerne le dogme, la discipline ecclésiastique, l'histoire et les difficultés du texte. Les lettres faussement attribuées à chaque pape seront placées après les véritables, à l'exception de celles fabriquées par Marius Mercator, qui seront réunies dans un seul volume[58].

D. Coustant écrit aussi :

Ce recueil sera utile aux jurisconsultes, aux théologiens et aux historiens, fera d'autant plus de plaisir au public, qu'il n'a point paru de collection des lettres des papes, depuis celle qui a été publiée à Rome en 1591, par ordre du pape Grégoire XIV. Elle contient les épîtres des papes depuis saint Clément jusqu'à Grégoire VII (97 à 1073), c'est-à-dire pendant une période de près de dix siècles. Ce recueil avait été commencé par le cardinal Antoine Caraffa et continué par Antoine d'Aquin; ce dernier avait retrouvé plusieurs épîtres qui devaient grossir son recueil, mais elles passèrent entre les mains de Baronius, qui les inséra dans ses annales ecclésiastiques. Le P. Coustant prie les personnes qui connaissent des lettres qui n'ont point été insérées dans les collections connues, de vouloir bien les lui communiquer ou de lui indiquer où elles se trouvent. Il prie aussi de lui indiquer quelque ancien manuscrit du traité des deux natures du pape Gelase[59].

La nouvelle édition s'imprime chez la veuve de François Muguet, et l'éditeur fait espérer qu'il donnera bientôt le premier volume, où on trouvera une ample préface sur les collections des canons et des épîtres des papes, une dissertation sur le pontificat de saint Lin et de saint Clet, une autre dissertation sur la doctrine du pape saint Etienne, relativement au baptême des hérétiques, et les lettres des papes depuis saint Clément jusqu'à Sixte III[60].

C'est ainsi que l'infatigable bénédictin, il a alors soixante-cinq ans, annonce lui-même son ouvrage on retrouve dans ces articles toutes les qualités qui ont acquis tant de réputation à l'éditeur de saint Augustin et de saint Hilaire, au brillant adversaire du Père Germon.

L'âge n'a diminué en rien son ardeur pour la science, ni sa sûreté d'observation ; sa finesse d'investigation ni sa constante persévérance à découvrir la vérité, à la chercher partout, à la forcer à se produire au grand jour[61].

Quand il a ainsi tout fait pour tout savoir sur le sujet qu'il traite, bien convaincu de la force de ses arguments et plein de confiance dans la bonté de sa cause, il entre résolument dans la lice scientifique, accepte tous les défis, soutient toutes les attaques, et malgré sa bonté, sa douceur, son humilité, il déploie une infatigable énergie pour défendre l'œuvre de ses recherches et de ses veilles, cette énergie qu'on l'a vu employer victorieusement dans ses luttes avec le Père Germon. Aussi, quoi qu'il n'ait pu achever cette œuvre capitale, on peut dire, avec D. Tassin, qu'il n'a rien promis qu'il n'ait tenu[62].

Le premier volume parut en 1721 sous ce titre : Epistolœ, Romanorum Pontificum et qux ad eos scriptx sunt aS. Clemente usque ad Innocentium III, quoi quot reperiri potuerunt siée novas, sive diversis in locis sparsim editœ, adjunctis fragmentis, collectm, ad veterum oodicum fidem recognilœ et emendatx, prœtiis admonitionibus, ubi opus fuerit, notis criticis ac dissertatiõn i busquœ Historiam, dogmata disciplinam, explicant illustratx Studio et labore D. Pétri Coustant, Presbyteri ac monachi ordinis S. Benedicti e Congregatione S. Mauri. Tomus I, ab anno Christi, 67 ad annum 440. Parisiis, apud Lud. Dionys de la Tour, Anton Urban Coustelier et Petrum Simon, 1721.

Épître dédicatoire[]

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Épître dédicatoire est dédié au Pape Innocent XIII.

La dernière lettre qu'il rapporte est celle de saint Clément, vers l'an 97, et la dernière celle de Sixte III, écrite le 18 décembre de l'an 437.

Ce remarquable ouvrage est dédié au pape Innocent XIII, au nom de la congrégation de Saint-Maur. L'épître dédicatoire faite en collaboration avec D. Mopinot, est, suivant D. Tassin, d'une pureté et d'une élégance digne des plus beaux temps de la latinité.

La préface générale, de 150 pages, est divisée en trois parties. Dans la première, il discute tout ce qui regarde l'autorité et la suprématie des papes. Il fait voir que le siège de Pierre est le premier siège de l'église, et que le pape ne tient pas sa primauté des empereurs, comme l'a avancé Photius. Il s'étend sur les prérogatives du saint siège qu'il dit avoir été fixé à Rome, parce que cette ville étant au milieu de l'orient et de l'occident. Le pape peut veiller plus facilement sur toutes les autres églises; enfin il examine les causes majeures dont les papes se sont réservé le jugement et qui se réduisent aux matières qui regardent la foi, la discipline générale de l'Eglise et la réforme des mœurs[63].

Dans la seconde partie il examine avec les plus grands détails les anciennes collections des Canons et attribue la première au pape saint Clément, mais il démontre que cette collection traduite en latin par Denys le Petit, sans rien changer à l'original grec, n'a jamais passé pour une collection de l'Eglise universel.

Il prouve contre Gustel qu'elle n'a pas été autorisée par le pape saint Léon, mais il avance que le concile dé Chalcédoine s'en est servi pour décider les différends des évêques de l'Eglise grecque, et que l'emploi qu'il en fait accrédite son usage chez les Latins avant la fin du VIe siècle. La plus ancienne collection est celle qui est conservée à Corbie et qui a été écrite au milieu du VIe siècle.

Elle est précédée du catalogue des papes, depuis saint Pierre jusqu'à la quatorzième année du pontificat de Vigile. D. Coustant réfute dans une longue dissertation le P. Quesnel, savant prêtre de l'Oratoire, qui prétend que du temps du pape saint Léon ; il n'y a que les décrets d'Innocent qui sont observés dans toute l'Eglise, et veut accréditer un recueil de canons rempli de fautes, sans aucun ordre; qu'il a fait entrer dans sa nouvelle édition des œuvres de S. Léon[64].

Dans la troisième partie, il fait connaître toutes les éditions des lettres pontificales, appelées Décrétales, qui précédent la sienne. Il est facile de reconnaître son soin habituel et la peine qu'il s'est donnée pour enrichir encore l'Eglise d'une édition parfaite, au dire de ses contemporains. La première lettre qu'il rapporte est celle de saint Clément, vers l'an 97, et la dernière celle de Sixte III, écrite le 18 décembre de l'an 437.

Les lettres de chaque pape sont accompagnées d'une dissertation et de notes qui éclaircissent toutes les difficultés qu'il a rencontrées

Ce premier volume est terminé par un appendice contenant les lettres faussement attribuées aux papes et une table de matières.

Les deuxième et troisième volumes sont achevés, à l'exception de quelques morceaux à retoucher et des préfaces dans lesquelles l'éditeur veut éclairer quelques points de critique.

Le reste est ébauché et il a même fait des recherches et des observations sur plusieurs lettres qui doivent entrer dans les volumes suivants, quand une fièvre lente vient l'interrompre

Les éloges du monde savant accueillent avec une extrême faveur cette oeuvre plus importante que celles qui l'avaient précédée et dans laquelle l'auteur semble avoir grandi avec l'ampleur de son sujet. Presque tous les écrivains qui parlent ou vont parler de D. Coustant appartiennent au même ordre religieux et se trouvent naturellement disposés par là même à le juger favorablement Mais la règle monastique est-elle alors assez puissante pour faire naître l'éloge sous la plume de savants impartiaux et sévères qui ne jugent les hommes et les choses que selon leur juste valeur ? Nous ne le croyons pas, car ces jugements du XVIIe siècle sont confirmés par ceux du siècle suivant et même du nôtre, que ne retient certainement plus le frein si puissant, quelquefois même si salutaire, de la discipline et de la soumission. L'opinion est libre, la critique se vante même de ne subir aucune pression, mais le public pense ce qu^il veut de cette prétention; aujourd'hui encore, quoique ce genre d'études sérieux, ingrat, négligé, ait peu d'adeptes, l'opinion se prononce hautement en faveur du scrupuleux investigateur, de l'élégant latiniste[65].

Voici le jugement que porte, de son temps, le savant continuateur de la bibliothèque de M. Du Pin :

Dom Coustant, qui était encore plus remarquable par sa piété, sa religion, son zèle pour l'observance religieuse, que par son érudition, la justesse de son discernement, l'exactitude de ses travaux, la finesse et la nouveauté de ses aperçus, ne travaillait que pour se Sanctifier, et, en recherchant l'esprit des Pères pour l'intelligence de leurs

écrits, il prenait leurs maximes pour règle de sa conduite. Il travaillait lentement parce qu'il cherchait la vérité jusqu'au fond des moindres faits, mais l'attention scrupuleuse qu'il mettait à ne pas perdre un moment lui permettait de consacrer de longues heures à l'étude. Malgré son assiduité aux exercices réguliers, sa charité pour ses frères et surtout pour les pauvres était sans limite... Il continua jusqu'au dernier moment à suivre la règle dans toute sa rigueur, et, quels que fussent ses travaux ou ses souffrances, il assistait jour et nuit aux offices du chœur où il arrivait toujours un des premiers[66].

L'aide de Dom Mopinot (1716 -1721)[]

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Éloge de Dom Coustant.

Dom Marie Didier, maître pendant ses études de Dom Mopinot étant décédé le 5 août 1716, Dom Pierre Coustant demande aux supérieurs de Simon Mopinot (1685 – 1724), de l'associer pour travailler à la collection des lettres des papes. Ce n'est pas en vain : car le père Mopinot lui est d'un très grand secours pour la perfection de cet important recueil. II en compose le Prospectus, expliqué dans le Journal des savants du mois de septembre 1719[67].

Dom Mopinot écrit aussi au mois de juin 1714 à Charles Conrade, procureur-général de la congrégation de Saint-Maur à Rome, une lettre imprimée, où il prouve que Dom Coustant a eu grand soin d'attribuer aux papes tous les écrits qui sont véritablement d'eux, et de justifier leur conduite contre les calomnies des hérétiques et contre les imputations de quelques catholiques. Il écrit encore plusieurs lettres à Rome pour la défense de l'ouvrage de Dom Coustant[68].

DOYEN DE SAINT-GERMAIN-DES PRES[]

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La pauvreté et l'isolement[]

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L'hiver très rigoureux de 1708/1709.

La misère et le froid pendant l'hiver très rigoureux de 1708/1709.

Pierre Coustant aime la pauvreté et l'isolement.

Commentateur des Pères, dom Coustant en prend les maximes pour règle de conduite[69].

La charité de Dom Coustant pour ses frères, et particulièrement pour les pauvres, est infinie. Pour soulager ces derniers, avec la permission du père général, il vend des exemplaires qui lui reviennent de ses impressions, et leur en distribue l'argent[70].

Sa charité est grande. Il aime non seulement les pauvres, mais la pauvreté. Même pendant les rudes hivers du début du XVIIIe siècle, il ne se chauffe jamais[71]. Il chérit la pauvreté. C'est sa vertu favorite : tout ce qui est à son usage en annonce la pratique. Les choses les plus viles sont celles qu'il ambitionne le plus. De cet amour pour la pauvreté procède le grand mépris qu'il a de lui même, ne demandant jamais rien, et se privant des choses les plus nécessaires[72].

Il aime la retraite et la solitude et pendant près de quarante ans qu'il demeure à Paris, il ne s'y est fait aucune habitude. Il ne rend ni ne reçoit point de visites. Jamais il ne fait un pas pour voir les curiosités qui sont dans cette capitale et dans les environs[73].

Il fait tous les ans une promenade de quatre ou cinq jours, plutôt par remède que par divertissement, et toujours à pied, tant par esprit de pauvreté que par mortification[74].

Dès l'année de son noviciat il s'est tellement accoutumé à supporter la rigueur des saisons, que les plus grands froids ne sont jamais capables de lui faire interrompre son étude. Il ne se chauffe jamais ; pas même dans l'hiver très rigoureux de 1708/1709. Il se passe peu d'années qu'il ne tombe malade ; mais on ne s’aperçoit de ses maladies que lors qu'il ne peut plus les cacher; ET il n'y apporte point d'autre remède que la patience. Il suit la régularité, à l'ordinaire, dans toute sa rigueur, et n'en prend pas plus de soulagement[75].

Tillemont (après 1698)[]

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Tillemont.

Nous avons indiqué plus haut la date de 351 comme étant celle du synode de Sirmium, parce que c'est celle qui est donnée par Socrate et Sozomène. Ils disent en effet : Le synode s'est tenu dans les premiers jours qui ont suivi le consulat de Sergius et de Nigrinianus, et lorsque la guerre a empêché l'élection des nouveaux consuls. Cette donnée est suivie par la plupart des historiens, en particulier par Petau, Pagi, Larroque, Pierre de Marca, Tillemont, Coustant, dom Ceillier, Walch, etc[76].

Louis-Sébastien Le Nain de Tillemont (1637 - 1698), historien, commence la publication des Mémoires pour servir à l'histoire ecclésiastique... en 1693, mais seulement quatre volumes (sur seize) paraissent de son vivant.

Le Nain apporte les manuscrits à Saint-Germain-des-Prés et demande au général qu'il charge Coustant de terminer les Mémoires. Dom Coustant après un examen sérieux voit que le travail est au dessus de ses forces et renvoie des manuscrits.

Doyen de Saint-Germain-des-Prés[]

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Abbaye de Saint-Germain-des-Prés en 1687.

Église Saint-Germain des Prés.

Le droit canon doit beaucoup à Saint-Germain. Il suffit de nommer Dom Coustant, Dom d'Achery, Dom Martène. Vers l'an mil, Olbert est le collaborateur de Burchard. Et il est probable qu'à l'époque mérovingienne, Saint-Germain a sa collection particulière[77].

Après avoir consacré plus de vingt ans à cette entreprise, Coustant publie le premier volume en 1721. Il contient les lettres de l'an 67 à l'an 440, et s'intitule Epistolae Romanorum Pontificum et quae ad eos scriptae sunt a S. Clemente I usque ad Innocentium III, quotquot reperiri potuerunt ... (Paris 1721). Dans la longue préface peut-être de 150 pages, Coustant explique l'origine, la signification et l'étendue de la primauté papale et examine de manière critique les collections existantes de canons et de lettres papales.

Les lettres de chaque pape sont précédées d'une introduction historique et garnies de notes copieuses, tandis que les fausses lettres sont rassemblées en annexe. Coustant a rassemblé une grande quantité de matériel pour les volumes suivants, mais il est décédé la même année que le premier volume est publié.

LA FIN DE SA VIE (1721)[]

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Sa maladie[]

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Pietà de Saint-Germain-des-Prés. Image historique de Saint-Germain-des-Prés.

Dom Pérignon (devenu aveugle), goûte les raisins de différents crus pour composer sa Cuvée.

Pierre Coustant publie en 1721 le premier volume de son grand ouvrage des Lettres des Papes, collection qui n'est pas continuée après lui, et dont deux volumes, tout préparés et encore inédits, se trouvent à Rome parmi les manuscrits du Vatican [78].

Dans sa dernière maladie il supporte ſon mal un mois entier avant qu'on s'en apperçoive. On le contraint alors d'aller à l'infirmerie; mais c'est pour aller se préparer à la fin de son pèlerinage. Il s'abandonne pour la vie et pour la mort à la providence et à l'ordre de Dieu, qu'il ne veut pas reculer d'un moment. Il prend tous les soulagements qui lui sont prescrits, sans jamais apporter aucune résistance aux ordres du médecin et de l'infirmier. Lorsqu'on s’aperçoit qu'il approche de ſa fin, on lui donne ses derniers sacrements[79].

Henry Coustant d'Yanville écrit à propos de son arrière-grand-oncle :

Souvent déjà la maladie avait essayé, d'abattre cette nature si fortement trempée et, malgré les années, la lutte se renouvelait chaque fois avec la même énergie, Cependant l'heure de la défaite allait venir. D. Coustant, forcé par la fièvre d'interrompre son magnifique travail des Décrétales, allait lutter pour la dernière fois. Aussi la nature fit-elle un suprême et héroïque effort; il parvint à cacher ses souffrances pendant un mois. On le contraignit alors d'aller à l'infirmerie; il s'y rendit, mais il avait compris, et ce fut pour se préparer à la fin de son pèlerinage. Il s'abandonna tout entier aux décrets de la Providence, à l'ordre de Dieu, et prit tous les remèdes qui lui furent prescrits sans jamais résister aux ordres du médecin ou de l'infirmier. Son corps était usé par le travail ; les veilles, les macérations, et la fièvre qui le dévorait continuait impitoyablement son œuvre. L'espoir ne fut bientôt plus permis et il fallut le prévenir qu'il approchait de sa fin. Il accueillit cette nouvelle sans surprise, avec la résignation et la force dont il avait donné tant de preuves, et reçut les derniers sacrements avec la piété la plus édifiante. Enfin, le 18 octobre 1721, sur les onze heures du soir, il mourut

en l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés, dont il était le doyen, et rendit sa belle âme à Dieu sans agonie, sans frayeur, sans convulsion, entouré de l'affection de ses frères et des regrets de tous[80].

Une fièvre lente, qui le mine depuis longtemps, l’enlève le 18 octobre 1721, à l’abbaye de Saint-Germain-des-Prés, le 18 octobre 1721, dont il est toujours le Doyen des religieux[81].

Après son décès[]

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Lieutenant-Colonel Henry Coustant d'Yanville écrit sur son arrière-grand-oncle Notice sur Pierre Coustant, par Henry Coustant d'Yanville.

Par un Bref, qui rappelle ses mérites et ceux d'un de ses petits-neveux, massacré pour la Foi en Mandchourie, en 1846, le Souverain Pontife, Pie IX, daigne conférer au chef en 1868 de la Famille Coustant le titre héréditaire de Comte romain[82].

Simon Mopinot (1685 – 1724), qui assiste Coustant dans la préparation du premier volume, est chargé de la poursuite des travaux, mais il meurt également (11 octobre 1724) avant qu'un autre volume ne soit prêt à être publié. Environ douze ans plus tard, Ursin Durand s'est engagé à poursuivre les travaux; dans son cas, la controverse janséniste dans laquelle il s'est impliqué empêche la publication du matériel qu'il a préparé[83].

̃Depuis le P. Mabillon, avance D. Tassin, la congrégation n'a pas fait une plus grande perte. Elle perd en lui un religieux accompli, sachant allier une douceur admirable à une vie dure et austère, un savant distingué joignant une profonde modestie à un immense savoir.

Ce jugement est confirmé par les écrivains de nos jours, et un hommage lui est rendu s dans un livre publié presque sur les lieux qui l'ont vu naître, hommage qui résume de la manière la plus complète et la plus raisonnée l'appréciation du prêtre et du savant.

Dom Coustant est resté comme un modèle du vrai bénédictin, priant et le travaillant. Le temps de la prière et du recueillement est pour lui, dit-il lui-même, un temps de récréation et de repos; son travail consciencieux. Sa persévérance infatigable rend sa critique calme, sûre et judicieuse.

̃Quant à l'importance de ses ouvrages, pour s'en faire une idée, il ne faut pas les juger au point de vue de notre temps. Il écrit à l'époque où la scolastique, vivement attaquée par Descartes et ses successeurs, règne encore sans partage dans les lettres. Le siècle des lumières ne commence qu'après sa mort.

Louis Pierre d'Hozier écrit :

Ce qui rend à nos yeux cette appréciation supérieure à toutes les autres, c'est que dans ces lignes D. Coustant est jugé comme il aurait désiré de l'être comme il cherchait à juger les grands écrivains dont il a reconstitué les œuvres. M. Brainne y tient compte de tout, de la nature de l'homme, du moine, de l'écrivain et en même temps du milieu dans lequel il a vécu, dans lequel il a pensé, écrit et même combattu. ̃Telle fut la vie, tels furent les travaux de l'homme vertueux et érudit que nous avons essayé de faire connaître et de rappeler dans cette notice, que le département de l'Oise a le droit de réclamer comme un de ses enfants, et à la mémoire duquel un de ses arrière-neveux désire offrir dans ces lignes un modeste et pieux témoignage de respect et de souvenir. Il laisse une mémoire aussi vénérée pour sa ferveur et son austérité que pour son amour de l'étude, sa profonde érudition et sa critique sûre et judicieuse. Le savant Cardinal Pitra a pu en dire de nos jours "qu'il fut peut-être l'homme le plus remarquable de la congrégation après Dom Mabillon"[84].

Enfin la Révolution française et la dissolution de la Congrégation Mauriste donnent le coup fatal à la grande entreprise.

Mais par un Bref, qui rappelle ses mérites et ceux d'un de ses petits-neveux, massacré pour la Foi en Mandchourie, en 1846, le Souverain Pontife, Pie IX, daigne conférer au chef en 1868 de la Famille Coustant le titre héréditaire de Comte romain[85].

ŒUVRES TEXTUELLES[]

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Vindiciae Manuscriptorum Codicum A Bartholomaeo Germon Impugnatorum (1706) (Latin Edition) – September 10, 2010, Pierre Coustant, Bartholomaeus Germon.

Pierre Coustant - Epistolae Romanorum Pontificum, et Quae ad Eos Scriptae Sunt AS. Clemente I. usque ad Innocentium III. :Quotquot Reperiri Potuerunt seu Novae(..), . - Paris, 1721.

¤ Sancti Aurelii Augustini,... Operum tomus primus (-decimus) (1679) avec Pierre Coustant (1654-1721) comme Éditeur scientifique.

¤ Sancti Aurelii Augustini Hipponensis episcopi Operum tomus primus [-XI] (1679) avec Pierre Coustant (1654-1721) comme Éditeur scientifique.

¤ Sancti Aurelii Augustini Hipponensis episcopi Operum tomus primus [-XI] (1688) avec Pierre Coustant (1654-1721) comme Éditeur scientifique.

¤ Sancti Hilarii, Pictavorum episcopi, Opera... castigata, aliquot aucta opusculis... nova s. confessoris vita... illustrata studio et labore monachorum ordinis S. Benedicti e congregatione S. Mauri [D. Petro Coustant curante] (1693) avec Pierre Coustant (1654-1721) comme Éditeur scientifique.

¤ Vindiciae manuscriptorum codicum a R. P. Bartholomaeo Germon impugnatorum... auctore domno Petro Coustant,... (1706).

¤ Vindiciae manuscriptorum codicum a R. P. Bartholomaeo Germon impugnatorum... auctore domno Petro Coustant,... (1707).

¤ Vindiciae veterum codicum confirmatae... authore Domno Petro Coustant,... (1715).

¤ Sancti Hilarii, Pictavorum episcopi, Opera... castigata, aliquot aucta opusculis... nova s. confessoris vita... illustrata studio et labore monachorum ordinis S. Benedicti e congregatione S. Mauri [D. Petro Coustant curante] (1693) avec Pierre Coustant (1654-1721) comme Éditeur scientifique. ¤ Prospectus novae editionis epistolarum pontificum. Romanorum ab sancto Clemente usque ad Innocentium III labore ac studio Domni Petri Coustant,... (1719) avec Pierre Coustant (1654-1721) comme Éditeur scientifique.

¤ Epistolae Romanorum pontificum et quae ad eos scriptae sunt a S. Clemente I usque ad Innocentium III... (1721) avec Pierre Coustant (1654-1721) comme Éditeur scientifique.

¤ Pontificum romanorum a S. Clemente I usque ad S. Leonem M. epistolae genuinae et quae ad eos scriptae sunt... Curavit Carolus Traugott Gottlob Schoenemann (1796), avec Pierre Coustant (1654-1721) comme Annotateur.

¤ Vindiciae manuscriptorum codicum a R. P. Bartholomaeo Germon impugnatorum... auctore domno Petro Coustant,... (1737).

NOTES ET RÉFÉRENCES[]

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  1. Pierre Coustant (1654-1721)
  2. Sur la famille Coustant : Annuaire de la noblesse de France et des maisons souveraines de l'Europe, 1869, p. 299 et suivantes
  3. Mémoires de la Société académique d'archéologie, sciences et arts du département de l'Oise. Notice sur Pierre Coustant, par Henry Coustant d'Yanville. Beauvais : 1862.
  4. Mémoires de la Société académique d'archéologie, sciences et arts du département de l'Oise. Notice sur Pierre Coustant, par Henry Coustant d'Yanville. Beauvais : 1862.
  5. Pierre Coustant (1654-1721)
  6. Pierre Coustant (1654-1721)
  7. Nouvelle biographie universelle générale, Volume 12. Johann Christian Ferdinand Hoefer. 1855.
  8. Nouvelle biographie universelle générale, Volume 12. Johann Christian Ferdinand Hoefer. 1855.
  9. Nouvelle biographie universelle générale, Volume 12. Johann Christian Ferdinand Hoefer. 1855.
  10. Mémoires de la Société académique d'archéologie, sciences et arts du département de l'Oise. Notice sur Pierre Coustant, par Henry Coustant d'Yanville. Beauvais : 1862.
  11. Armorial général de la France, Louis Pierre d'Hozier. Firmin-Didot, 1868.
  12. Mémoires de la Société académique d'archéologie, sciences et arts du département de l'Oise. Notice sur Pierre Coustant, par Henry Coustant d'Yanville. Beauvais : 1862.
  13. Histoire littéraire de la Congrégation de Saint-Maur, 1770.
  14. Mémoires de la Société académique d'archéologie, sciences et arts du département de l'Oise. Notice sur Pierre Coustant, par Henry Coustant d'Yanville. Beauvais : 1862.
  15. Traité des collations et provisions des bénéfices, Jean Jacques Piales. 1755.
  16. Annuaire de la noblesse de France et des maisons souveraines de l'Europe, Volume 26. André F. Borel d'Hauterive, Albert Révérend. Éditeur Champion, 1869.
  17. Histoire littéraire de la Congrégation de Saint-Maur, 1770.
  18. Mémoires de la Société académique d'archéologie, sciences et arts du département de l'Oise. Notice sur Pierre Coustant, par Henry Coustant d'Yanville. Beauvais : 1862.
  19. Histoire du collège de Compiègne depuis son origine jusqu'en 1790, Plion, Albert, 1891.
  20. Histoire littéraire de la Congrégation de Saint-Maur, 1770.
  21. Histoire littéraire de la Congrégation de Saint-Maur, 1770.
  22. Pierre Coustant (1654-1721)
  23. Mémoires de la Société académique d'archéologie, sciences et arts du département de l'Oise. Notice sur Pierre Coustant, par Henry Coustant d'Yanville. Beauvais : 1862.
  24. Mémoires de la Société académique d'archéologie, sciences et arts du département de l'Oise. Notice sur Pierre Coustant, par Henry Coustant d'Yanville. Beauvais : 1862.
  25. Dolbeau François. Quelques instruments de travail chez les Mauristes'. In: Comptes rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 151ᵉ année, N. 4, 2007. pp. 1729-1778.
  26. Mémoires de la Société académique d'archéologie, sciences et arts du département de l'Oise. Notice sur Pierre Coustant, par Henry Coustant d'Yanville. Beauvais : 1862.
  27. Mémoires de la Société académique d'archéologie, sciences et arts du département de l'Oise. Notice sur Pierre Coustant, par Henry Coustant d'Yanville. Beauvais : 1862.
  28. Mémoires de la Société académique d'archéologie, sciences et arts du département de l'Oise. Notice sur Pierre Coustant, par Henry Coustant d'Yanville. Beauvais : 1862.
  29. Mémoires de la Société académique d'archéologie, sciences et arts du département de l'Oise. Notice sur Pierre Coustant, par Henry Coustant d'Yanville. Beauvais : 1862.
  30. Mémoires de la Société académique d'archéologie, sciences et arts du département de l'Oise. Notice sur Pierre Coustant, par Henry Coustant d'Yanville. Beauvais : 1862.
  31. Mémoires de la Société académique d'archéologie, sciences et arts du département de l'Oise. Notice sur Pierre Coustant, par Henry Coustant d'Yanville. Beauvais : 1862.
  32. Mémoires de la Société académique d'archéologie, sciences et arts du département de l'Oise. Notice sur Pierre Coustant, par Henry Coustant d'Yanville. Beauvais : 1862.
  33. Mémoires de la Société académique d'archéologie, sciences et arts du département de l'Oise. Notice sur Pierre Coustant, par Henry Coustant d'Yanville. Beauvais : 1862.
  34. Mémoires de la Société académique d'archéologie, sciences et arts du département de l'Oise. Notice sur Pierre Coustant, par Henry Coustant d'Yanville. Beauvais : 1862.
  35. Mémoires de la Société académique d'archéologie, sciences et arts du département de l'Oise. Notice sur Pierre Coustant, par Henry Coustant d'Yanville. Beauvais : 1862.
  36. Mémoires de la Société académique d'archéologie, sciences et arts du département de l'Oise. Notice sur Pierre Coustant, par Henry Coustant d'Yanville. Beauvais : 1862.
  37. Mémoires de la Société académique d'archéologie, sciences et arts du département de l'Oise. Notice sur Pierre Coustant, par Henry Coustant d'Yanville. Beauvais : 1862.
  38. Prache Anne, Barthélémy Dominique. Notre-Dame de Nogent-sous-Coucy, une abbaye bénédictine disparue. In: Bulletin Monumental, tome 140, n°1, année 1982. pp. 7-14.
  39. Mémoires de la Société académique d'archéologie, sciences et arts du département de l'Oise. Notice sur Pierre Coustant, par Henry Coustant d'Yanville. Beauvais : 1862.
  40. Mémoires de la Société académique d'archéologie, sciences et arts du département de l'Oise. Notice sur Pierre Coustant, par Henry Coustant d'Yanville. Beauvais : 1862.
  41. Mémoires de la Société académique d'archéologie, sciences et arts du département de l'Oise. Notice sur Pierre Coustant, par Henry Coustant d'Yanville. Beauvais : 1862.
  42. Armorial général de la France, Louis Pierre d'Hozier. Firmin-Didot, 1868.
  43. Mémoires de la Société académique d'archéologie, sciences et arts du département de l'Oise. Notice sur Pierre Coustant, par Henry Coustant d'Yanville. Beauvais : 1862.
  44. Mémoires de la Société académique d'archéologie, sciences et arts du département de l'Oise. Notice sur Pierre Coustant, par Henry Coustant d'Yanville. Beauvais : 1862.
  45. Mémoires de la Société académique d'archéologie, sciences et arts du département de l'Oise. Notice sur Pierre Coustant, par Henry Coustant d'Yanville. Beauvais : 1862.
  46. Mémoires de la Société académique d'archéologie, sciences et arts du département de l'Oise. Notice sur Pierre Coustant, par Henry Coustant d'Yanville. Beauvais : 1862.
  47. Mémoires de la Société académique d'archéologie, sciences et arts du département de l'Oise. Notice sur Pierre Coustant, par Henry Coustant d'Yanville. Beauvais : 1862.
  48. Mémoires de la Société académique d'archéologie, sciences et arts du département de l'Oise. Notice sur Pierre Coustant, par Henry Coustant d'Yanville. Beauvais : 1862.
  49. Mémoires de la Société académique d'archéologie, sciences et arts du département de l'Oise. Notice sur Pierre Coustant, par Henry Coustant d'Yanville. Beauvais : 1862.
  50. Mémoires de la Société académique d'archéologie, sciences et arts du département de l'Oise. Notice sur Pierre Coustant, par Henry Coustant d'Yanville. Beauvais : 1862.
  51. Mémoires de la Société académique d'archéologie, sciences et arts du département de l'Oise. Notice sur Pierre Coustant, par Henry Coustant d'Yanville. Beauvais : 1862.
  52. Mémoires de la Société académique d'archéologie, sciences et arts du département de l'Oise. Notice sur Pierre Coustant, par Henry Coustant d'Yanville. Beauvais : 1862.
  53. Mémoires de la Société académique d'archéologie, sciences et arts du département de l'Oise. Notice sur Pierre Coustant, par Henry Coustant d'Yanville. Beauvais : 1862.
  54. Bibliothèque nationale, sous les n° 13983-16996 du fonds latin, et une autre partie est au Vatican
  55. Essai historique sur l'influence de la religion en France pendant le 17e siècle, ou tableau des établissements religieux fondés à cette époque, Volume 2. Michel-Joseph-Pierre Picot. 1824.
  56. Mémoires de la Société académique d'archéologie, sciences et arts du département de l'Oise. Notice sur Pierre Coustant, par Henry Coustant d'Yanville. Beauvais : 1862.
  57. Mémoires de la Société académique d'archéologie, sciences et arts du département de l'Oise. Notice sur Pierre Coustant, par Henry Coustant d'Yanville. Beauvais : 1862.
  58. Mémoires de la Société académique d'archéologie, sciences et arts du département de l'Oise. Notice sur Pierre Coustant, par Henry Coustant d'Yanville. Beauvais : 1862.
  59. Mémoires de la Société académique d'archéologie, sciences et arts du département de l'Oise. Notice sur Pierre Coustant, par Henry Coustant d'Yanville. Beauvais : 1862.
  60. Mémoires de la Société académique d'archéologie, sciences et arts du département de l'Oise. Notice sur Pierre Coustant, par Henry Coustant d'Yanville. Beauvais : 1862.
  61. Mémoires de la Société académique d'archéologie, sciences et arts du département de l'Oise. Notice sur Pierre Coustant, par Henry Coustant d'Yanville. Beauvais : 1862.
  62. Mémoires de la Société académique d'archéologie, sciences et arts du département de l'Oise. Notice sur Pierre Coustant, par Henry Coustant d'Yanville. Beauvais : 1862.
  63. Mémoires de la Société académique d'archéologie, sciences et arts du département de l'Oise. Notice sur Pierre Coustant, par Henry Coustant d'Yanville. Beauvais : 1862.
  64. Mémoires de la Société académique d'archéologie, sciences et arts du département de l'Oise. Notice sur Pierre Coustant, par Henry Coustant d'Yanville. Beauvais : 1862.
  65. Mémoires de la Société académique d'archéologie, sciences et arts du département de l'Oise. Notice sur Pierre Coustant, par Henry Coustant d'Yanville. Beauvais : 1862.
  66. Mémoires de la Société académique d'archéologie, sciences et arts du département de l'Oise. Notice sur Pierre Coustant, par Henry Coustant d'Yanville. Beauvais : 1862.
  67. Irena Dorota Backus (30 November 1996). The Reception of the Church Fathers in the West: From the Carolingians to the Maurists. BRILL. p. 1030. ISBN 90-04-09722-8.
  68. Irena Dorota Backus (30 November 1996). The Reception of the Church Fathers in the West: From the Carolingians to the Maurists. BRILL. p. 1030. ISBN 90-04-09722-8.
  69. Nouvelle biographie universelle générale, Volume 12. Johann Christian Ferdinand Hoefer. 1855.
  70. Bibliotheque Generale Des Ecrivains De L'Ordre De Saint Benoit, Jean François, La Société Typographique, 1778.
  71. Nouvelle biographie universelle générale, Volume 12. Johann Christian Ferdinand Hoefer. 1855.
  72. Bibliotheque Generale Des Ecrivains De L'Ordre De Saint Benoit, Jean François, La Société Typographique, 1778.
  73. Bibliotheque Generale Des Ecrivains De L'Ordre De Saint Benoit, Jean François, La Société Typographique, 1778.
  74. Bibliotheque Generale Des Ecrivains De L'Ordre De Saint Benoit, Jean François, La Société Typographique, 1778.
  75. Bibliotheque Generale Des Ecrivains De L'Ordre De Saint Benoit, Jean François, La Société Typographique, 1778.
  76. Histoire des Conciles d’après les documents originaux par le dr. Charles Joseph Héfélé, Volume 2. Editeur Le Clrer et C, 1869.
  77. Le Bras Gabriel. Préface. In: Revue d'histoire de l'Église de France, tome 43, n°140, 1957. Mémorial du XIVe centenaire de l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés. Recueil de travaux sur le monastère et la congrégation de Saint-Maur. pp. 7-12.
  78. Armorial général de la France, Louis Pierre d'Hozier. Firmin-Didot, 1868.
  79. Bibliotheque Generale Des Ecrivains De L'Ordre De Saint Benoit, Jean François, La Société Typographique, 1778.
  80. Mémoires de la Société académique d'archéologie, sciences et arts du département de l'Oise. Notice sur Pierre Coustant, par Henry Coustant d'Yanville. Beauvais : 1862.
  81. Armorial général de la France, Louis Pierre d'Hozier. Firmin-Didot, 1868.
  82. Armorial général de la France, Louis Pierre d'Hozier. Firmin-Didot, 1868.
  83. Mémoires de la Société académique d'archéologie, sciences et arts du département de l'Oise. Notice sur Pierre Coustant, par Henry Coustant d'Yanville. Beauvais : 1862.
  84. Armorial général de la France, Louis Pierre d'Hozier. Firmin-Didot, 1868.
  85. Armorial général de la France, Louis Pierre d'Hozier. Firmin-Didot, 1868.
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