brouillon

.

.

.

.

.


                                Pierre Bretonneau


.

.

.


.

.

Pierre Bretonneau.

Pierre Bretonneau, né à Saint-Georges-sur-Cher le 3 avril 1778 et mort le 18 février 1862 à Passy, est un médecin français du début du XIXe siècle, professeur à l’École de médecine de Tours, médecin en chef de l’hôpital de Tours, botaniste, auteur de nombreux traités de médecine.

« C'est en reliant le caractère de chaque maladie à une cause précise que Bretonneau prépara les médecins à l'avènement des sciences bactériologiques et permit ainsi à la doctrine de la spécificité de s'enraciner profondément dans la philosophie médicale. »

— René Dubos.

Frédéric Le Clerc est selon tous les biographes de Pierre Bretonneau son fils spirituel[1].

SA FAMILLE[modifier | modifier le wikicode]

.

Les ancêtres de Pierre Bretonneau sont tous médecins, chirurgiens, ou maîtres-apothicaires pendant huit générations. Ils se marient avec des filles de membres du corps médical. Leurs fils et leur gendres sont eux-aussi médecins ou chirurgiens.

Pierre Fidèle Bretonneau est né le 3 avril 1778 à Saint-Georges-sur-Cher, en Touraine. Son père, Pierre Bretonneau (1741-1811) est maître-chirurgien à Saint-Georges-sur-Cher.

L'un de ses oncles, Jean Bretonneau, est maître-chirurgien de Son Altesse Monseigneur le Prince Jules Hercule Meriadec de Rohan, prince de Guéméné (1726-1788), duc de Montbazon, pair de France. Un autre de ses oncles, Pierre Mahiet, est maître-chirurgien à Savonnières.

Son père épouse en secondes noces en 1776 Marie-Élisabeth Lecomte (1744 - 1814), fille d’un notaire.

SA JEUNESSE ET SON PREMIER MARIAGE[modifier | modifier le wikicode]

.

Claude Dupin de Chenonceau, bienfaitrice de Bretonneau.

Madame Claude Dupin paie ses études et marie sa lectrice et petite-fille, Marie Thérèse Adam avec Pierre Bretonneau.

Pierre Fidèle Bretonneau étudie chez son oncle, curé à Chenonceaux avec les enfants du château. Il s’intéresse beaucoup, dans un premier temps, à la botanique, à l’histoire, à la géographie et à la poésie latine. Il aide son père à soigner les malades. En 1795, il part faire des études à Paris. Il a été sélectionné en partie du fait de son amour de la république et sa haine des tyrans. Il voyage, suit des cours et est hébergé et nourri aux frais de la République. Il suit les cours de la toute nouvelle École de Santé en 1795.

Louise Marie Madeleine Fontaine, veuve du fermier général Claude Dupin, arrière-grand-père de George Sand, seigneur de Chenonceaux, lui paie aussi de nouveaux cours de médecine à Paris en 1799.

Pierre Fidèle Bretonneau revient simple officier de santé. Il se marie avec Marie Thérèse Adam (1755-1836), le 18 mai 1801 à Paris, place des Vosges. Elle est la lectrice de la châtelaine Louise Marie Madeleine Fontaine et la fille naturelle de son fils1. Elle est propriétaire de la Renaudière à Chenonceaux, où le couple s'installe. Marie-Thérèse Adam hérite en partie de la famille Dupin, notamment un immeuble à Paris, cette belle demeure à Chenonceaux et d’un domaine. De la vie de cette dame avant son mariage, nous ne savons presque rien. Toutefois, le fait que Marie-Thérèse Adam a été la maîtresse du baron de Boden (1738 - 1788), ministre plénipotentiaire du Landgrave de Hesse-Cassel, auprès du roi de France, nous explique sa fortune avant la mort de Madame Dupin.


Jean-Antoine Chaptal va avoir lui aussi une grande influence sur la destinée de Pierre Bretonneau

Bretonneau rêve, musarde, est un inventeur, fait des recherches dans des domaines variés. Il chemine à cheval dans les campagnes pour soigner des malades qui ne le paient pas, ou si peu, soit car ils sont pauvres, soit parce qu’il est un ami. Il aménage sa nouvelle demeure à Chenonceaux. Marie-Thérèse Adam est une compagne et aussi une sorte de maman3 qui sait pardonner. Pierre-Fidèle Bretonneau n’est pas toujours très sage. Il a très certainement un enfant adultérin, Étienne Méchin (1817 - 1895).

Pierre Fidèle Bretonneau devient l'ami de Pierre-Jean de Béranger et rencontre régulièrement au château l'ancien ministre de l'intérieur Jean-Antoine Chaptal, propriétaire de Château de Chanteloup.

Il est nommé maire de Chenonceaux de 1803 à 1807.

D’après, Alexandre de Saillet, les officiers de santé sont aimés, considérés et vivent heureux, mais Pierre-Fidèle Bretonneau en a assez. Il obtient son Doctorat en Médecine à Paris, en 1815. Il s'installe à Tours. Marie-Thérèse Adam continue à habiter Chenonceaux. Sa femme, et surtout Madame Dupin font que désormais, du fait de ses relations, il peut envisager devenir médecin-en-chef de l’hôpital de Tours et acquérir ainsi la confiance publique et jouir d’une belle clientèle.

MÉDECIN-EN-CHEF (1815)[modifier | modifier le wikicode]

.

La maison, 9, rue du Chardonnet à Tours (maintenant c'est le 73 de la rue Marceau), où vivent maritalement Bretonneau et la mère de Frédéric Le Clerc à partir de 1836.

Pierre-Fidèle Bretonneau réussit à s’imposer face à Luc Leclerc qui, sous l'Empire, a été médecin en chef. Mais ils deviennent amis et il le prend comme professeur, puis partage avec lui le poste de médecin en chef. Bretonneau songe à démissionner. Il écrit à sa femme et prétexte qu'il préfère le doux désordre de sa maison de Chenonceaux aux gens, dont les procédés haineux remplissent sa vie d'amertume.

Bretonneau propose un nouveau plan d’instruction dans lequel, moyennant 600 francs par an, il se charge avec Gouraud et le docteur Luc Leclerc de tout l’enseignement. La Commission n’adopta pas. La situation, très tendue, est sans issue, et le docteur Gouraud est sur le point d’être remplacé. Le comte de Waters, préfet d’Indre-et-Loire, apaise le conflit, et le 19 mars 1818, est enfin appliqué un règlement qui subsiste presque sans modifications jusqu’à la naissance de l’Ecole de médecine[2].

En 1818, Pierre Bretonneau fait donc appel à Luc LeClerc pour enseigner l'anatomie et la physiologie. Leclerc est docteur résidant et accrédité dans cette ville[3].

Bretonneau doit souvent remplacer son ami, Luc LeClerc, qui comme l'oncle de ce dernier, le député révolutionnaire, Claude-Nicolas Leclerc collectionne les aventures amoureuses. Pierre-Fidèle Bretonneau console Emmanuelle du Chastel. Cette jeune femme trompée est pourtant une personne charmante et spirituelle, selon ses amis. Emmanuelle Duchastel-Leclerc (1790 - 1872) se sépare de son mari en 1823, et elle s'installe à Tours. Pierre Bretonneau a déjà 45 ans et est marié. Elle a trois enfants, dont Frédéric Le Clerc, et 33 ans. Pierre-Fidèle Bretonneau et Emmanuelle du Chastel ne s’installeront dans une maison neuve (9, rue du Chardonnet à Tours) qu'en 1836, à la mort de sa première épouse très âgée.

Quelques uns des proches de Bretonneau et sa famille.

Bretonneau se conduit avec Frédéric Le Clerc (1810 - 1891), le fils de sa compagne, comme un père attentionné. Déjà pendant l’épidémie de choléra en 1832 à Paris, il avait proposé à Frédéric d’aller le chercher avec sa voiture hippomobile. Quand Pierre Bretonneau doit partir à Paris, il loge en revenant à nouveau avec Emmanuelle et ses trois enfants. Lorsque Frédéric est médecin et revient de Paris, il prend également un appartement dans l'immeuble qui compte donc trois locataires, Pierre Bretonneau, Mme Leclerc et son fils, Frédéric Leclerc.

SA RETRAITE (1838) ET SON DEUXIÈME MARIAGE[modifier | modifier le wikicode]

.

Bretonneau achète le château de Palluau et son parc en 1838.

Le médecin en chef prend sa retraite en 1838. C’est Frédéric Leclerc, le fils d’Emmanuelle, qui lui succède. Cela crée des jalousies. En 1845, toute la famille déménage. Bretonneau loge 9, rue de Buffon et Frédéric et sa mère au 15 de la même rue. Tout cela, selon Émile Aron, le biographe de Bretonneau, fait jaser la bonne bourgeoisie tourangelle.

Pierre Jean de Béranger dans une lettre de 1849 à son ami Bretonneau au château de Palluau envoie ses bonnes amitiés à Madame Leclerc et autres membres de la famille.

Mais, les vieux amants se séparent et Bretonneau se remarie en 1856 avec la nièce d'un de ses anciens élèves, Sophie Moreau (1837-1918). Cette union entre un vieillard de soixante-dix-neuf ans et une jeune fille de dix-neuf ans fait d'ailleurs scandale. Les rumeurs vont aussi bon train, quatre ans plus tard, quand l'épouse du docteur donne naissance à un fils, déclaré certes comme étant le fils de Bretonneau, mais portant le prénom du comte Justinien-Nicolas Clary, amant de la jeune femme, le futur comte Justinien de Clary.

Le docteur Bretonneau est mort en 1862. Il est enterré à Saint-Cyr-sur-Loire, près de Tours.

Sa veuve se remarie avec le comte Clary, petit-fils du frère de Julie Clary, femme de Joseph Bonaparte, roi de Naples, puis roi de Suède et de Désirée Clary, femme de Jean-Baptiste Bernadotte, roi de Suède.

Apport à la médecine[modifier | modifier le wikicode]

Vers 1803, la variole faisant des ravages, Pierre Bretonneau lance une petite campagne de vaccination autour de Chenonceaux. Les résultats sont bons : Sur plus de trois cents enfants que j'ai vaccinés depuis six mois, je n'en ai pas eu un seul grièvement incommodé et... la certitude de ce préservatif est mise ici dans tout son jour par une épidémie variolique qui n'épargne que les vaccinés.

Bretonneau et Alfred Velpeau, n'hésitent pas à escalader les murs des cimetières et à ouvrir les fosses des enfants récemment inhumés. Ils pratiquent des autopsies qui l'amènent à mettre en évidence la notion de spécificité morbide liée à la contagion par germe : Un germe spécial, propre à chaque contagion, donne naissance à chaque maladie contagieuse. Les fléaux épidémiques ne sont engendrés, disséminés que par leur germe reproducteur. Il identifie la fièvre typhoïde et la diphtérie. Il a pour premiers disciples Alfred Velpeau, mais aussi Armand Trousseau, ses élèves tourangeaux.

Sa thèse sur l'utilité de la compression et en particulier de l'efficacité du bandage de Théden dans les inflammations idiopathiques de la peau et sa certitude qu'elles sont certainement à l'origine de la bande velpeau.

Le docteur Bretonneau est l’un des pionniers de la médecine moderne. Il observe les malades et est le premier à penser que les maladies sont causées par les microbes, mais le microscope n’étant pas encore inventé et il ne peut vérifier son hypothèse. Il découvre qu’une même maladie peut se manifester différemment chez les malades. C’est le début de la médecine scientifique : bien observer pour trouver une solution aux maladies et aux problèmes rencontrés.

Publications[modifier | modifier le wikicode]

.

De l'utilité de la compression, et en particulier de l'efficacité du bandage de Théden dans les inflammations idiopathiques de la peau, thèse de médecine de Paris n° 3, 18158 Des inflammations spéciales du tissu muqueux, et en particulier de la diphtérite, Crevot, Paris, 18269 Médication curative de la fièvre intermittente, P. Dupont, Paris, 184510 Hommages Deux hopitaux portent son nom, le premier à Paris et le second à Tours. La faculté de médecine de Tours est ornée de trois grands médaillons de bronze représentant Bretonneau, Alfred Velpeau et Armand Trousseau. On peut voir son buste à la mairie de Saint-Georges-sur-Cher. Le musée Grévin de Tours reconstitue une leçon d’anatomie donnée par Bretonneau, Velpeau et Trousseau à leurs étudiants. Un timbre postal a été émis par la poste française le 19 février 1962 pour célébrer le centenaire de sa mort.

NOTES ET RÉFÉRENCES[modifier | modifier le wikicode]

  1. Bretonneau. Correspondance d’un médecin – Tome 1 : De la formation à la pratique (1795-1819). Perspectives Historiques. Pierre-Fidèle Bretonneau, Presses universitaires François-Rabelais, 2018. ISBN 2869065779, 9782869065772.
  2. Essai historique sur l'enseignement de la médecine en Touraine et sur l'école réorganisée de médecine & de pharmacie de Tours : des origines jusqu'à nos jours : thèse présentée et publiquement soutenue devant la Faculté de médecine de Montpellier le 8 février 1913, by Royal College of Surgeons of England 1913.
  3. Essai historique sur l'enseignement de la médecine en Touraine et sur l'école réorganisée de médecine & de pharmacie de Tours : des origines jusqu'à nos jours : thèse présentée et publiquement soutenue devant la Faculté de médecine de Montpellier le 8 février 1913, by Royal College of Surgeons of England 1913.

  

Sauf mention contraire, le contenu de la communauté est disponible sous licence CC-BY-SA .