Wiki Guy de Rambaud
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                          Marseille du temps des invasions

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L'abbaye de Saint-Victor est crée en 416, du temps des Wisigoths, mais rebâtie au XIe siècle. Car du fait des invasions musulmanes pas une seule pierre n'est encore debout en 977.

Massilia (Marseille) du temps des Romains.

Lieu d'inhumation situé à l'extérieur de l'église de la rue Malaval (Ve siècle). On y trouve des amphores, des tombes sous tuiles et des fosses en pleine terre[1].

Mosaïque polychrome découverte lors des fouilles de l'église de la Major en 2008. Datant du Ve siècle, elle vient certainement de la demeure de l'évêque.

Seigneurs sarrasins et esclaves noirs et européens.

Les Sarrasins quittent Narbonne (759).

En 838, les Sarrasins, pillent et incendient Marseille. Une grande partie de la population, dont les clercs et les nones, est réduite en esclavage.

Le Comte Guillaume le Libérateur extermine les dernières bandes d'envahisseurs en Provence.

L'Histoire de Marseille du temps des invasions retrace l'évolution de la cité phocéenne de la création de l'abbaye Saint-Victor, en 416, à l'apparition du premier Vicomte de Marseille, en 977.


Massalia est une colonie grecque fondée en 600 av. J.-C. par des phocéens, comme Ampurias. Dès le Ve siècle av. J.-C., elle devient, avec la phénicienne Carthage, l'un des principaux ports maritimes de la Méditerranée occidentale. Pendant toute la période hellénistique, elle est une alliée fidèle de Rome.

Devenue Massilia, cité romaine, au début de notre ère, elle conserve son rôle de creuset culturel et de port commercial sur les rives du sud de la Gaule, bien que, ayant préféré Pompée à César, en 49 av. J.-C., elle perd son indépendance et sa suprématie marchande, notamment au profit d'Arelate (Arles) et d'autres ports romains plus à l'orient, tels Forum Julii (Fréjus). Sans oublier Narbonne qui est préférée comme capitale administrative de la Narbonnaise.

L’archéologie peine à documenter Marseille au haut Moyen Âge[2]. A propos de Marseille, Olympiodore, auteur oriental, évoque le coup de main tenté contre la ville par Athaulf en 413[3]. L’Antiquité tardive commence par un Ve siècle florissant pour l’économie marseillaise, endormie à la fin de l'Empire. Toutefois les répercussions sur le tissu urbain semblent quasiment inexistantes. La ville du haut Moyen-Âge est la digne héritière de Massilia et accueille en son sein l’un des plus monumental groupe épiscopal de Narbonnaise mais il s’inscrit, sans bouleversement majeur, dans le cadre urbain préexistant. De même, le développement des basiliques funéraires aux portes des remparts n’a pas marqué durablement le paysage suburbain[4]. En 416, Jean Cassien fonde l’abbaye Saint-Victor de Marseille. Ce monastère est appelé à un rôle majeur dans tout le sud-est de la France jusqu'au XIIe siècle.

Marseille connait cet essor commercial du Ve siècle (du temps des Wisigoths de 480 à 508), mais cela continue au VIe siècle sous la domination ostrogothique (508 - 536), sous les Burgondes[5], puis sous celle des Francs de 536 jusqu'au début du VIIIe siècle. Cela se traduit, dans le sous-sol marseillais, par d’imposants chantiers d’épierrement qui, lorsqu’ils concernent certains monuments et équipements publics, sont vraisemblablement organisés par les édiles[6]. La ville redevient un important centre commercial, du fait de son relatif isolement, contrairement à Arles et Narbonne. Héritière de Massilia, elle entretient des rapports étroits avec le Levant, notamment Byzance. L'importance de son port en font un enjeu politique et une porte d'entrée de la Gaule jusqu'aux Mérovingiens. À la mort du roi des Francs Thierry II en 613, le royaume est à nouveau réunifié par le roi de Neustrie Clotaire II. Marseille devient alors la capitale de la Provence[7]. Cependant entre 600 et 650 environ des émeutes et des épidémies (peste, dysenterie, variole) provoquent un déclin démographique[8].

A partir de 711 la destruction du royaume royaume hispano-wisigoth par les Sarrasins et l'établissement de leur pouvoir en Septimanie (Languedoc et Roussillon) de 719 à 759 marquent le début d'une période de conflits avec les musulmans. Ces guerres et cette insécurité affectent le développement de Marseille et des autres villes franches de la côte méditerranéenne. Le patrice Mauronte soumet Marseille en 734 aux Sarrasins[9]. Conséquence, en 739, Marseille est pillée par les troupes de Charles Martel, qui entend asseoir son autorité sur toute la Gallia (Gaule)[10]. Ce moment marque la fin du pouvoir des patrices (750), tandis que le premier comte carolingien, Marcellin, apparaît en 780[11].

Après le départ des moros de Narbonne (759), les assaillants sarrasins sont des pirates barbaresques plus des armées d'al-Andalous. En 838, ils font irruption dans le port de Marseille, saccagent la ville. Ils repartent en emmenant de nombreux captifs : hommes, femmes et enfants réduits en esclavage ou jetés à la mer, dont des clercs et des moniales[12]. La ville se replie sur elle-même et de nouveaux murs sont érigés à l'intérieur des remparts grecs.

Mais Marseille est néanmoins dévastée plusieurs fois, car des pirates venus d’Alicante, s’installent à demeure près de Saint-Tropez dans le Freinet. Un de leurs raids les plus meurtriers a lieu en haute Provence et dans le pays d'Apt en 896. Pendant près d’un siècle, ils vivent sur le pays qu’ils pillent et rançonnent. En 923, les Sarrasins, ils dévastent à nouveau l'abbaye de Saint-Victor. L'évêque de Marseille quitte la ville pour se réfugier à Arles[13]. Les routes commerciales pendant presque deux siècles sont coupées du fait du développement de la piraterie islamique sur mer et dans les Alpes.

La Bataille de Tourtour (973) fait suite à cinq batailles pour la Reconquèsta des Alpes : Embrun, Gap, Riez, Ampus et Cabasse, mais aussi à Ribiers et Castellane, affrontements qui sont autant de victoires pour les chrétiens[14], qui repoussent les bandes de pillards vers le littoral. Le Comte Guillaume le Libérateur extermine les dernières bandes d'envahisseurs en Provence en 990.

A ces temps terribles succède enfin une phase de grande prospérité qui dure jusqu'aux guerres de religion[15].


Article détaillée : Massalia


Article détaillée : Massilia


Article détaillée : Guillaume le Libérateur


Topographie de Marseille avec localisation des enceintes successives[16].


Sommaire

DE L'EMPIRE ROMAIN AU MONDE MÉDIÉVAL[]

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Marseille au Ve siècle[]

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Les auteurs byzantins du VIe siècle sont encore sensibles au prestige ancien de Massalia.

À partir du début du Ve siècle, les témoins de l’occupation de Marseille sont plus fréquents. Ils s’inscrivent le plus souvent dans la poursuite de l’occupation romaine[17].

Quoi qu'il en soit, Massilia ne cesse point encore d'être la maîtresse des bonnes études, et ses écoles, relativement célèbres, continuent à être très fréquentées. Le déclin est si peu important que l'on peut à peine le remarquer. Certes le bon goût dans l'art et dans la littérature, dépend seulement de cette décadence universelle que personne rien n'est capable d'enrayer depuis la fin du siècle d'Auguste[18].

Les auteurs byzantins du VIe siècle, un siècle plus tard, sont encore sensibles au prestige ancien de Massalia, qui leur permet d'évoquer les temps glorieux de la colonisation grecque. Ils savent aussi que la réalité de l'époque de Justinien est bien différente. Agathias constate tristement que la ville a perdu contact avec la culture hellénique. Plus grave encore, elle a même renoncé au gouvernement né de la politique des ancêtres (patrios politéia), c'est-à-dire à son de cité. Voilà certes une sérieuse déchéance, par rapport aux temps de Marseille s'imposant par l'activité de son port et le renom de ses écoles. Toutefois la ville garde, aux yeux de ces auteurs, une importance certaine pour le contrôle de la Méditerranée occidentale au moment où l'Empire réoccupe l'Italie[19].

Fin du Bas-Empire romain (400 - 476)[]

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Au Ve siècle, le paysage urbain présente peu de modifications morphologiques, mais les bâtiments publics connaissent un changement de vocation afin d’accueillir un atelier de travail du métal, voire d’habitat ponctuel jusqu’au VIIe siècle. S’amorce alors une longue période de déprise de l’espace qui semble également caractériser d’autres secteurs de la ville exclus de l’emprise des enceintes réduites établies au haut Moyen Âge[20].

Cassien (ca 360 - 435)[]

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Vie de Jean Cassien.

L’abbaye Saint Victor est détruite par les musulmans, reconstruite, mais à nouveau en partie détruite pendant et après la Révolution.

Sarcophage de Jean Cassien dans la crypte de l'abbaye de Saint Victor.

L'innovation est le fait de Cassien qui, avant de se fixer à Massilia, a, dans un but religieux, séjourné longtemps en Palestine, en Egypte, à Constantinople et à Rome. De l'aveu de ce saint personnage, la vie des cénobites entièrement consacrée à la charité présente une lacune, si l'on n'a pas trouvé à portée de la cellule des livres et une école[21].

Après un long séjour auprès des moines anachorètes d'Égypte, Cassien débarque à Marseille en 416, amené sans doute par Lazare, évêque d'Aix, rencontré l'année précédente en Palestine au concile de Diospolis. Jean Cassien reste à Marseille jusqu'à sa mort entre 433 et 435[22].

Cassien appelle à la pratique de sa règle les femmes aussi bien que les hommes, ouvre deux monastères séparés, tous deux sous l'invocation de la Vierge Marie. En 416, Jean Cassien fonde l’abbaye Saint-Victor de Marseille. Ce monastère est appelé à un rôle majeur dans tout le sud-est de la France jusqu'au XIIe siècle[23].

S'il n'est pas le créateur des monastères en Gaule, puisqu'Honorat d'Arles fonde Lérins vers 410, et qu'il existe déjà Ligugé, près de Poitiers (361), ou Marmoutier, près de Tours (372), Cassien est toutefois le premier à les implanter en milieu urbain. Les, car Saint-Victor fonde deux monastères[24].

On disserte encore aujourd'hui au sujet de l'emplacement primitif de la maison-mère des Dames Cassianites, dont la célébrité ne tarde pas à s'établir, sous les dénominations plus ou moins locales de Saint-Cyr et de Saint-Sauveur. Pour nous, nous avons de fortes raisons de croire que leur premier monastère est établi à l'entrée du Port-Vieux.

Quant à la congrégation d'hommes, il est certain que Cassien lui-même la fixe tout auprès des catacombes massiliennes ou de l'hypogée, dont nous avons déjà parlé. A cause des reliques du principal martyr qui y reposent, elle ne tarde pas à recevoir le nom de Saint-Victor.

Les disciples réunis de son vivant à Saint-Victor par Cassien sont nombreux en 439. Ils s'adonnent aux études religieuses sans négliger les lettres profanes. Ils suivent en cela l'exemple du maître qui écrivit les Traités théologiques les plus remarquables de l'époque.

Il y a alors à combattre les erreurs des Ariens et des Nestoriens, mais en accomplissant ce rude labeur on se laisse aller, à Saint-Victor, au demi-pelasgianisme, si bien que l'évêque Venerius, pieux et zélé comme son prédécesseur Proculus, a, à cet égard à sévir fortement contre Leporius et quelques autres moines. Il le fait avec force, sans nuire pourtant au développement religieux et scientifique de l'abbaye.

Ses successeurs[]

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Chapelle originelle de Saint-Victor du Ve siècle, avec des sarcophages installés dans les murs.

Une basilique funéraire paléochrétienne du Ve siècle découverte à Marseille[25].

Sous l'abbé Salmon ou Salomon, successeur de Cassien, l'émulation imprimée par Saint-Victor a pour résultat de faire briller les écoles de Massilia d'un éclat tout particulier. C'est à ce moment que le poète Claudius Marius Victorinus instruit la jeunesse en cherchant à la moraliser. Son ami, l'orateur Corvinus, agit de même.

Massilia a encore dans ses murs le prêtre Musée, écrivain d'une haute éloquence, et, comme pour ajouter quelques lueurs à cet éclat littéraire, l'empereur Honorius donne le gouvernement de la ville au poète Prudence. Peu après on voit converger vers ce centre de lumières, le savant Gennade et le prêtre Salvien que l'on surnomma le Guide des évêques. Ce dernier qui puise la science surtout à Lérins, passe la majeure partie de son existence à Massilia. C'est là qu'il écrit les ouvrages dans lesquels il décrit les vices de son temps : l'égoïsme et l'amour des distractions profanes. Dans l'expansion de ses doléances, il va jusqu'à souhaiter l'arrivée des Barbares, comme le seul moyen de précipiter la résolution de réformes indispensables. Salvien passe pour avoir été le Jérémie du Ve siècle et particulièrement celui de l'Athènes des Gaules.

Pendant que la religion chrétienne, par la beauté de sa doctrine et la pureté de mœurs de ses docteurs, constitue une civilisation nouvelle, l'empire d'Occident succombant à ses longues discordes est mis en lambeaux par différents peuples que mènent à la conquête des plus habiles et entreprenantes.

La fin d'un Empire[]

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Les campagnes de la Provence vont longtemps conserver leur aspect du temps des Gallo-Romains.

Les cultes orientaux à la fin de l'empire romain sont très présents à Marseille[26]. Si les colonies de Grecs et d'Orientaux sont encore importantes en Gaule, elles sont toutefois cantonnées dans certains ports comme Marseille, ou les grande centres d'échange comme Lyon[27].

Au Ve siècle, le paysage urbain présente peu de modifications morphologiques, mais les bâtiments publics connaissent un changement de vocation afin d’accueillir un atelier de travail du métal, voire d’habitat ponctuel jusqu’au VIIe siècle. S’amorce alors une longue période de déprise de l’espace qui semble également caractériser d’autres secteurs de la ville exclus de l’emprise des enceintes réduites établies au haut Moyen Âge[28].

Selon certains historiens les dominations barbares n’ont pas d’effet significatif sur Marseille. Quoiqu'Agathias est moins optimiste :

Marseille, la cité des colons ioniens, qui fut autrefois fondée par les chassé d'Asie par les Mèdes, alors que Darius, fils d'Hystaspe, régnait chez les Perses. Elle est passée maintenant de l'hellénisme à la barbarie : après avoir abandonné le mode de gouvernement qu'elle tenait des ancêtres, la voilà régie par les lois des conquérants[29].


Le groupe épiscopal[]

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Cette mosaïque du Ve siècle décore une salle d'un palais épiscopal.

Mosaïque décoraiN le sol du palais épiscopal dans la Ville Basse.

Au début du Ve siècle l’implantation du groupe épiscopal correspond à l’un des moments forts dans la vie du quartier. L’édification de l’ensemble ecclésial en bordure de falaise, dans un cadre topographique qui monumentalise naturellement ces constructions, ne bouleverse toutefois pas la structure morphologique du quartier du Bas-Empire mais la dynamise en favorisant les reconstructions. On en veut pour preuve l’intégration au sein de la demeure de l’évêque d’une partie du plan d’une domus augustéenne pourtant alors quasiment détruite[30].

Les découvertes archéologiques récentes incitent également à dater la mise en place du groupe épiscopal (cathédrale, baptistère et résidence de l’évêque) dans le quartier de la Major au cours de la première moitié du Ve siècle. Ces changements s’accompagnent du démantèlement partiel du théâtre antique, daté traditionnellement du milieu du Ve siècle, ce qui modifie alors considérablement le paysage du côté du port[31].

Une basilique funéraire paléochrétienne du Ve siècle est découverte à Marseille. Elle recèle notamment une cinquantaine de sarcophages et est située sur la voie antique qui relie Aix à Marseille[32].

Le coup de main d'Athaulf en 413[]

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Athaulf.

Mariage d'Athaulf et Galla Placida.

À partir de la fin du Ve siècle, Marseille est un des théâtres des invasions barbares qui secouent l'ensemble de l'Empire romain d'Occident. Même si les mouvements de populations durant cette période sont qualifiés d'invasions, il ne s'agit pas toujours d'expéditions militaires, mais plutôt de migrations de peuples entiers qui vont se métisser avec les très nombreux Gallo-Romains[33].

Les invasions des divers Barbares qui couvrent successivement de ruines la Provence ne commencent pourtant à inquiéter Massilia que plusieurs années après la mort de Theodose (398) et d'Alaric, roi des Goths (410).

A propos de Marseille, Olympiodore, auteur oriental, évoque le coup de main tenté contre la ville par Athaulf en 413[34]. Le général Constance refuse la collaboration des Wisigoths tant que ceux-ci ne restituent pas la princesse impériale, Gallia Placida, sœur d'Honorius, qui épouse néanmoins Athaulf.

Constance refuse de livrer des vivres promis aux hommes d'Athaulf de Wisigothie, si bien que ce dernier en 413, franchit les Alpes et vient attaquer Massilia, avec son armée de cavaliers archers taïfales. Le comte Boniface résiste. Les Wisigoths sont repoussés vigoureusement et doivent lever le siège après avoir éprouvé des pertes considérables. Athaulf de Wisigothie est lui-même grièvement blessé.

Pendant plus d'un demi-siècle les provinces romaines comprises entre les Pyrénées, les Alpes et la Méditerranée sont disputées par divers peuples envahisseurs et conquérants qui les désolent, sans parvenir à s'y fixer. Cependant les Barbares débarrassent Marseille de sa rivale, Narbonne, en 462[35].

Enfin, Aétius, le dernier soutien de l'empire d'Occident, est obligé de composer d'une manière définitive avec les Bourguignons (473). Mais ceux-ci ont à peine pris possession : se voient délogés de la manière la plus inattendue par les Visigoths ou Goths d'Occident qui sont du nombre des plus anciens compétiteurs dans la lutte avec les Romains. En 476, Massilia est gouvernée par les Wisigoths.

Les nouveaux maîtres du pays pouvaient accroître ses malheurs en changeant son organisation légale et administrative, ou tout au moins en troublant l'exercice du culte, car ils sont ariens très croyants.

On voit alors l'évêque de Massilia, Græcus, que Sidoine Apollinaire signale avec juste raison comme la fleur des prêtres et la perle des pontifes, aller au devant des vainqueurs des Bourguignons leur porter des paroles de paix qui sont favorablement accueillies.

Euric arrive en Provence (480)[]

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En 476, Euric (ca 430 - 484) est le premier roi barbare qui assujettit Marseille à sa puissance[36].

L'Aquitaine du temps des Wisigoths.

Les occupations goths, puis franques, sont loin de présenter une rupture civilisationnelle pour Marseille qui conserve une grande partie de son héritage romain jusqu'au VIIe siècle, mais avec des influences wisigoths.

L'empire romain s'effondre en 476. Euric, roi wisigoth de Toulouse, détient l'Aquitaine, puis la Provence du sud de la Durance. En 476, Euric (ca 430 - 484) descend des hauteurs du Cantal, dans la Basse Provence, et assujettit Marseille à sa puissance[37]. Il règne sagement sur le royaume wisigoth qui s'étend maintenant de Bordeaux à Marseille avec pour capitale Toulouse, de 466 à 484.

Euric (ca 430 - 484), roi des Wisigoths, arrive en Provence (vers l'année 480) à la tête de cent mille hommes, et la ville romaine de Massilia tombe entre ses mains. Dans ces mêmes murs où les légions envoyées de Rome ont tenu garnison pendant cinq siècles, les Barbares s'établissent, prêts à lutter contre les autres peuples envahisseurs qui les suivent dans les contrées méridionales.

Les Massaliètes ont dû céder à César la citadelle qu'ils ont élevée sur le rocher, point culminant de la ville. Les Wisigoths l'occupent à leur tour; ce rocher fortifié, avec l'arrivée des nouveaux conquérants, reçoit un nom que nous retrouvons presque entier dans celui de la rue de Roquebarbe : Roca barbara.

Peu importe jusqu'à ce moment aux habitants de la ville grecque que les maîtres de la citadelle soient Romains ou barbares. Leur propre ville n'étant pas défendue par des remparts et s'étendant au Sud de la Ville Haute, le long du port, ne peut tenter les chefs des armées qui n'aiment à lutter que contre des troupes rangées et qui cherchent avant tout à s'emparer des places fortes.

L'époque n'est pas encore arrivée où les populations vont avoir à se défendre contre des bandes de pillards et de pirates, toujours prêts à faire usage du fer et du feu, même lorsqu'on ne leur résiste pas.

Marseille va connaître un vrai réveil économique à l'époque des invasions des Germains[38]. A Marseille, apparemment aussi endormie pendant le Haut Empire dans le domaine artistique, un réveil certain se manifeste à travers une originale école de sculpture qui assimile les leçons grecque, romaine, ravennaise et wisigothique. Sa nécropole recèle des sarcophages en marbre de Carrare, un sarcophage de fabrication locale dit de Médée, et des têtes sculptées réalistes[39].

Euric Balthes (ca 430-484) habite Arles, dont il a fait le siège du gouvernement de la vaste monarchie qu'il vient de fonder. Ses vues sont droites. Les principales mesures qu'il prend ont pour objet d'assurer la marche régulière des affaires. On lui attribue, entre autres choses, la détermination des limites de la province ecclésiastique de Vienne, de manière à rendre l'évêque de Marseille suffragant d'Arles.

Græcus, dont nous avons déjà dépeint le caractère, n'a garde de réclamer, s'estimant heureux de conserver les pouvoirs civils qu'il tient des Romains et qui lui permettent de s'interposer journellement comme juge entre les Barbares et les habitants de Massilia.

C'est Euric qui fait transcrire le droit coutumier wisigoth, mais a la sagesse de laisser les provinces gauloises conquises de conserver les lois du Code Théodosien[40].

Les Burgondes occupent Marseille (483 - fin du Ve s.)[]

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Gondebaud occupe temporairement les régions d'Arles et de Marseille, de 483 à la fin du Ve s.[41].

L'une des rares cartes où le royaume burgonde s'étend jusqu'à Marseille.

Les Burgondes traitent avec les Wisigoths pour la possession de la Basse-Provence et de Marseille. Le roi burgonde, Gondebaud occupe temporairement les régions d'Arles et de Marseille, de 483 à la fin du Ve siècle[42], faisant ainsi incursion dans le territoire wisigothique.

Vers la fin du Ve siècle, Alaric II Balthes (458-507) profite d'un conflit survenu entre Gondebaud et Clovis, roi des Francs, pour reprendre Arles et Marseille.

En 507, Alaric II est vaincu et tué à la bataille de Poitiers qui l'oppose à Clovis qui conquiert l'Aquitaine. Enhardis par ces victoires, Clovis et ses alliés burgondes décident de se lancer à la conquête de la Provence.

L'épisode de la guerre de Provence qui débute en l'an 508 est particulièrement intéressant, car il démontre à quel point les Provençaux, imprégnés de romanité, ne sont pas disposés à accueillir des envahisseurs barbares.

La Provence reste une zone stratégique indispensable sous contrôle de l'Espagne wisigothique, tout comme la Septimanie jusqu'en 508.

Les troupes de la coalition franco-burgonde descendent la vallée du Rhône, décidées à faire main basse sur la Provence au profit des Burgondes, qui n'ont encore rien rapporté sur le plan territorial des campagnes précédentes. Les Burgondes se voient déjà possesseurs des terres riches et fertiles de la région comprise entre la Durance, le Rhône, les monts alpins et la Méditerranée, avec le contrôle des plages méditerranéennes, du port de Marseille et de son commerce vers l'orient.

Alaric II (484 - 507)[]

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Enluminure du Bréviaire d'Alaric : notables gallo-romains.

Royaume wisigoth à la fin du règne d'Alaric II.

Euric Balthes (ca 430-484) a pour successeur son fils, Alaric II Balthes (458-507), qui est roi des Wisigoths de 484 à 507. Il appartient donc au clan sacré des Balthes. Il est confirmé comme possesseur légal des terres provençales par l'empereur romain d'Orient Zénon.

Alaric II Balthes (458-507) cherche à maintenir dans le sud de la Gaule tout comme il l'a trouvé. C'est sous son règne que Massilia possède pour évêques Honoré Ier et saint Cannat. Sur le plan politique les notables gallo-romains ne sont pas écartés du pouvoir. Les princes ou comtes barbares leur confient l'administration civile. Elle dépend toujours d'un préfet du prétoire qui est obligatoirement d'origines romaines. Il en est de même pour l'organisation municipale, sauf qu'à Marseille ou Arles il y a un chef militaire goth (le comte)[43].

Mais Alaric II Balthes (458-507) a le malheur de déplaire au roi des Francs, Clovis. De la l'obligation de prendre les armes et de courir les chances des combats. Le royaume des Wisigoths ne garde pas longtemps ses limites. Alaric II Balthes (458 - 507), attaqué par Clovis, roi des Francs, est tué à la bataille de Vouillé, en 507, et l'Aquitaine est perdue. Ses troupes sont battues, malgré les secours envoyés d'Italie par Théodoric, roi des Goths orientaux ou Ostrogoths.

Les souvenirs d'une commune origine entre les Ostrogoths et les Wisigoths portent Théodoric à venir en aide à Alaric II Balthes (458-507), mais sont la cause de la mort de ce roi, et de l'envoi en Provence d'une très forte armée. Ibbas, général de Théodoric, ne tarde pas à reprendre aux Francs tout ce qu'ils ont envahi en Provence et à les obliger à lever le siège d'Arles (508). Les Wisigoths ne conservent en Gaule que la Septimanie. Alaric II élabore un code de lois, connu sous le Bréviaire d'Alaric (506), pour ses sujets romains. Les Goths appliquent le droit du peuple wisigoth.

Maître de Massilia, Théodoric en vient à y rétablir la préfecture des Gaules, donnant ainsi une nouvelle preuve du désir que manifestent les Goths de faire croire qu'ils sont appelés à fonder un nouvel empire d'Occident.

Néanmoins, par nécessité économique la monnaie romaine est toujours imitée à Marseille. C'est seulement vers 630 que le nom du roi franc est substitué à celui de l'empereur sur les belles monnaies de Marseille[44].

Trop d'armées nombreuses se trouvent en moins de deux siècles avoir foulé le sol de Massilia pour ne pas avoir effacé en grande partie les anciennes distinctions entre la Ville Haute et la Ville-Basse. Les conquérants de la ville romaine ne sont-ils pas aussi les conquérants de la ville grecque ?

Sols d'édifices de Massilia.

MARSEILLE AU VIe SIÈCLE[]

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L’agora grecque du temps de l’antiquité. Selon certains historiens les dominations barbares n’ont pas d’effet significatif sur Marseille.

Les auteurs byzantins du VIe siècle, un siècle plus tard, sont encore sensibles au prestige ancien de Massalia, qui leur permet d'évoquer les temps glorieux de la colonisation grecque. Ils savent aussi que la réalité de l'époque de Justinien est bien différente. Agathias constate tristement que la ville a perdu contact avec la culture hellénique. Plus grave encore, elle a même renoncé au gouvernement né de la politique des ancêtres (patrios politéia), c'est-à-dire à son de cité. Voilà certes une sérieuse déchéance, par rapport aux temps de Marseille s'imposant par l'activité de son port et le renom de ses écoles. Toutefois la ville garde, aux yeux de ces auteurs, une importance certaine pour le contrôle de la Méditerranée occidentale au moment où l'Empire réoccupe l'Italie[45].

Théodoric entretient dans la Méditerranée une flotte considérable pour favoriser la navigation et la mettre ainsi à l'abri des efforts des pirates. Son règne est long et relativement heureux pour ses peuples. Bon nombre de méfaits, dus aux invasions antérieures, ont tous les palliatifs possibles et la religion jouit d'une grande liberté. Le roi des Ostrogoths, quoique sectateur de l'arianisme, aime saint Césaire d'Arles d'une manière toute particulière...

À la fin du Bas-Empire romain, Marseille connait un essor commercial du Ve siècle (du temps des Wisigoths de 480 à 508), puis au VIe siècle sous la domination ostrogothique (508 - 536). Puis, en 536, la Provence est annexée au territoire franc, et la ville redevient un important centre commercial. Au VIe siècle, en Gaule, le commerce de l'Huile d'olive passe par Marseille[46].

Combat de Théodoric et Odoacre.

Marseille en Provence durant la domination ostrogothique (508 - 536)[]

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Après la Bataille de Vouillé (507) les Ostrogoths règnent sur un grand royaume comprenant la Gaule du Sud et l’Italie, et dont la Provence constitue un enjeu territorial décisif pour le contrôle de ce vaste espace.

Conquête de Marseille de la Provence et la Septimanie par les Ostrogoths.

Représentation de Theoderic : légende en partie illisible Teodori [ch] Triumph in [?].

Marseille au VIe siècle. Selon Marc Bouiron.

Les Massiliens, après avoir cédé une fois de plus à la force, ne purent s'empêcher de reconnaître : les Ostrogoths sont plus civilisés que les Wisigoths, et c'est ce qui nous autorise à croire qu'ils acceptent de bonne grâce ou les ordres ou les avances de Marabadus, gouverneur envoyé par Théodoric. Sous son administration on voit le commerce refleurir et la ville redevenir l'entrepôt des blés et des grains nécessaires aux populations de l'Occident. Massilia reprend alors sur Arles la prépondérance commerciale que cette dernière lui a ravie du temps des Romains.

Le roi Théodoric le Grand envoie en 508 une armée d'Ostrogoths, dirigée par son porte-épée Theudis, pour chasser les Francs de Provence et récupérer la Septimanie (Languedoc) des Wisigoths. Le but est de protéger l’Italie de la poussée franque et profiter de l'affaiblissement des Wisigoths La conquête de la rive gauche du Rhône passe nécessairement par celle de la métropole arlésienne.

Cette entreprise est loin d'être ficelée d'avance car les Provençaux, comme les Aquitains, n'aiment pas leurs libérateurs. En effet, ils sont accoutumés à la domination des Wisigoths depuis l'an 476 et redoutent par-dessus tout la férocité des nouveaux envahisseurs. Donc, au début du VIe siècle, Provençaux et Wisigoths sont animés d'un esprit commun de résistance à tous les assiégeants.

Après un long siège, Arles éprouvée par la faim voit son salut venir du roi de Ravenne Théodoric-le-Grand, beau-père d'Alaric II Balthes (458-507). Théodoric a déjà manifesté sa désapprobation vis-à-vis des projets de Clovis envers la Provence.

Le roi ostrogoth, Théodoric, gagne. Il ne tarde pas à se proclamer roi d'un grand royaume ostrogoth comprenant la Gaule du Sud et l’Italie, et dont la Provence constitue un enjeu territorial décisif pour le contrôle de ce vaste espace, arguant de la minorité du futur roi wisigoth Amalaric[47].

Un comes civitatis ostrogoth est désigné à Marseille. Théodoric y envoie Marabadus, en 510, mentionné d'abord comme comes Massilliae (comte), puis comme vir inlustris[48], un rang prestigieux dans la hiérarchie romaine du Bas Empire, qui subsiste dans les royaumes barbares.

Si cette fonction semble avoir disparu au moment du rétablissement de la préfecture des Gaules, Marseille continue à jouir de nombreux privilèges puisqu'elle se voit confirmer en 510 des d'exemptions d'impôt envers les Ostrogoths, chose normalement réservée aux villes ravagées par les armées[49].

Plusieurs hypothèses s'affrontent pour expliquer ce comportement particulier envers Marseille. Jean-Louis Jouanaud estime que la ville accueille une opération maritime de débarquement des troupes pendant l'expédition ostrogothe à travers les Alpes. Si les chroniqueurs de l'époque n'en font pas mention, sa théorie selon laquelle Marseille met ses greniers publics à la disposition de Théodoric semble probable, et des mentions par Cassiodore d'envois de navires transportant des vivres depuis l'Italie vont dans ce sens.

Marabadus s'applique à faire fleurir le commerce de cette ville. Il fait construire de vastes greniers et ramène à Marseille le commerce des blés, transféré à Arles par Constantin. Théodoric accorde aux Marseillais d'autres grands privilèges. Le gouvernement de la ville devient municipal. Il est non-seulement maintenu, mais encore Marabadus a ordre de respecter son indépendance. Tant que dure la domination des Goths, le gouverneur de la province réside à Marseille, dans la citadelle, et n'intervient dans l'administration de la république qu'en qualité de protecteur. Le commerce de Marseille est mis en possession de l'approvisionnement de l'Italie, et a une assez belle prospérité.

Théodoric entretient dans la Méditerranée une flotte considérable pour favoriser la navigation et la mettre ainsi à l'abri des efforts des pirates. Son règne est long et relativement heureux pour ses peuples. Bon nombre de méfaits, dus aux invasions antérieures, ont tous les palliatifs possibles et la religion jouit d'une grande liberté. Le roi des Ostrogoths, quoique sectateur de l'arianisme, aime saint Césaire d'Arles d'une manière toute particulière...

L'ancienne résidence impériale, Arles, connait un déclin relatif au profit de la cité portuaire de Marseille, comme le démontrent les sources littéraires et les très nombreux résultats récents émanant de fouilles archéologiques[50].

Le petit-fils du roi ostrogoth Théodoric, Athalaric, lui succède en 526 et use de bons traitements à l'égard de Marseille. L'importance de la cité dans le commerce méditerranéen et sa prospérité économique aux Ve et VIe siècles en font une place stratégique pour tous les seigneurs barbares qui la gouvernent. Cette Pax ostrogothica dure jusqu'en 536, date à laquelle la Provence passe aux mains des rois Francs mérovingiens[51].

Concile de Marseille en 533.


Marseille rattachée aux royaumes des Francs (536)[]

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Le royaume des Francs et le « couloir austrasien » en 567.

Sigebert obtient un couloir austrasien reliant l'Auvergne à Marseille.

Le roi Gontran et deux de ses leudes.

Murs et sol de l'Antiquité tardive[52].

Hôtel-Dieu (place Daviel et rue des Belles-Écuelles). Vue aérienne du site en 2010, avec le clocher des Accoules à côté du site et le Vieux-Port en arrière-plan.

En moins de soixante ans, Marseille vit sous la domination des Wisigoths, des Burgondes et des Ostrogoths et, enfin, se trouve rattachée au royaume des Francs. Les témoignages de Procope et d'Agathias contiennent donc des appréciations sur la situation de Marseille, dans le passé et à l'époque des auteurs. Racontant l'établissement du pouvoir des Francs sur la Provence, Procope déclare :

Et à partir de ce moment, les chefs des Germains établirent leur pouvoir sur Marseille, colonie des Phocéens, et sur toutes les régions voisines du littoral; ainsi, ils gagnèrent la suprématie sur cette mer[53].

Vitigés (vers 490 - 540), roi des Ostrogoths de 536 à 540, en guerre contre Justinien à l'est, échange la Provence contre la neutralité des Francs[54] et 2.000 livres en 536[55].

Justinien, qui veut faire des Francs ses alliés, reconnait la possession de la Provence par le roi franque Thibert Ier. Après avoir soumis les Burgondes l'année suivante, celui-ci est alors à la tête d'un vaste royaume allant jusqu'aux rives méditerranéennes [56].

Il est difficile de comprendre comment est gouvernée Marseille à l'arrivée des rois francs. Si Parthenius semble avoir acquis une position importante en Provence au sein des royaumes ostrogoths et francs, et si des patrices (patricius) de Provence sont mentionnés, comme Namatius ou Placidus, aucun d'entre eux n’est signalé comme attaché de manière spécifique à Marseille. Aussi, le titre de patrice n’est pas celui du gouverneur (rector) mais plutôt une distinction romaine qui rattache la Provence à son passé proche. On observe plutôt le maintien au pouvoir d'une puissante aristocratie gallo-romaine qui tient le gouvernement provençal, autre héritage du Bas Empire[57].

Les Francs n'apportent aucun changement à ce qui a été établi par leurs prédécesseurs.

À la mort de Clotaire Ier en 561, le royaume est divisé entre ses fils et deux d'entre eux se partagent la Provence : Sigebert gouverne le royaume de Reims, tandis que Gontran règne sur le royaume d'Orléans. En raison de l'importance de l'ouverture méditerranéenne, Sigebert obtient un couloir austrasien reliant l'Auvergne à Marseille. Cette dernière est elle-même divisée entre les deux rois et devient un enjeu politique et diplomatique d'importance[58].

Sous Gontran, roi de Bourgogne, le protectorat est confié à 1'évêque, qui arrive ainsi peu à peu à la souveraineté de la ville haute, et la ville basse continue de se gouverner par ses propres lois. En 588, les Francs et les Burgondes du roi Gontran, et de son neveu Childebert II, envahissent l’Italie du Nord, mais subissent une défaite désastreuse contre les Lombards. Les Gallo-Francs, qui disputent Marseille aux Lombards, sont obligés d'abandonner précipitamment cette partie des Gaules.

La ville passe d'ailleurs d'un royaume franc à un autre pratiquement à chaque héritage OU guerre (570, 581-587). Les Lombards avancent parfois en Provence (569, 572, 574), mais aussi les Saxons (572, 573), sans oublier les Wisigoths de Septimanie (585)[59].

A partir de 536, des réaménagements sont observés dans la ville, qui ne semble pas pour autant connaître de transformations majeures. Le VIe siècle s’inscrit au contraire dans la continuité de la ville romaine, à laquelle se sont intégrées les modifications apportées au cours du Ve siècle – notamment la construction des nombreux édifices religieux qui ont irrémédiablement inscrit l’empreinte très forte du christianisme dans la cité[60].

Pour le site de l’Hôtel-Dieu les niveaux grecs, uniquement attribués au VIe siècle avant notre ère, étant très dérasés, il est impossible de préciser le type et la densité de cette occupation.

Un bâtiment vraisemblablement public construit sous Auguste s’inscrit dans la trame grecque archaïque identifiée sur la frange ouest de la ville antique (secteur de la Major) et de direction nord-ouest/sud-est. C’est le témoin le plus oriental de cette trame qui se développe vraisemblablement sur toute l’emprise de la première enceinte. Ce bâtiment, en position dominante par rapport à des équipements publics : thermes du port, tracé intra muros de la voie d’Italie…, doit correspondre à un collège (siège d’association religieuse, professionnelle…). Il est démantelé au VIe siècle de notre ère[61].

Une cité florissante du temps des Francs[]

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L'abbaye de Saint-Sauveur est détruite par les Sarrasins.

L'abbaye de Saint-Victor au Moyen-Âge.

La première cathédrale de Marseille est détruite par les Sarrasins. La Vieille Major est remplacée par l'actuelle Major.

Les campagnes provençales conservent leur aspect du temps des Gallo-Romains.

Murs et sol de l'Antiquité tardive[62].

Cuivre au chrisme frappé à Marseille sous Childebert Ier (497 - 558), roi de Paris de 511 à 558 et roi d'Orléans de 524 à 558.

Marseille, par sa position, représente un enjeu pour le projet de conquête de l’Italie entrepris par Thibert (552 - 573), le fils du roi Chilpéric Ier[63].

De nombreux notables et lettrés chrétiens viennent également s'y installer, sans doute grâce à l'influence politique franque et au milieu monastique florissant autour des abbayes de Saint-Victor[64].

Les juifs forcés de se convertir se réfugient à Marseille, où on les laisse tranquilles, au VIe siècle. Le Pape Grégoire le Grand, en 591, réprimande les laïques de Marseille et d'Arles qui font baptiser les juifs de force[65].

Si la Provence est rattachée à la civilisation des Francs en 536, Marseille conserve l'héritage du Bas Empire romain. La ville est au VIe siècle le successeur de la cité romaine de l'Antiquité tardive, dont elle conserve les principaux éléments architecturaux. Le cœur de la ville, le forum romain, est encore semblable aux siècles précédents : une vaste place dallée limitée au nord par l'abbaye Saint-Sauveur et à l'ouest par le théâtre, où un temple est érigé. Cette configuration remonte à l'époque de la ville romaine, avec une ville haute qui s'apparente à un forum romain classique, et une ville basse qui regroupe les éléments civils[66].

La cathédrale et le baptistère, érigés au début du Ve siècle, sont des édifices majestueux et constituent un des plus grands groupes épiscopaux de Gaule. Le quartier entourant la cathédrale est complètement transformé après sa création et devient un quartier attractif au VIe siècle[67].

Des mutations sont perceptibles le long du port : les anciens thermes perdent leur façade et les entrepôts sont désaffectés au profit de l’édification de nouveaux entrepôts. Les fouilles archéologiques réalisées dans la partie nord de la ville (rue Leca, rue Trinquet, République nord) mettent en évidence une disparition de l’habitat. Celle-ci ne traduit pas un dépeuplement de la cité, mais sans doute plutôt un changement radical de l’occupation dans ce secteur de la ville. Dans la partie est (Jardins des vestiges, îlot Puget, parc Sainte-Barbe, Alcazar), les nombreux vestiges d’habitats témoignent au contraire d’un important développement hors les murs, mélangeant quartiers d’artisanat et terrains mis en culture[68].

Au nord de la ville se trouve l’ancien cimetière du Lazaret, encore en usage à l'époque. À l'intérieur de ce site funéraire, une basilique paléochrétienne du Ve siècle a été mise à jour dans l'actuelle rue Malaval. Encore intacte au VIe siècle, elle concentre des centaines de sépultures récemment retrouvées par les archéologues[69].

Au milieu du VIe siècle, toute la Provence est frappée par la Peste de Justinien. L’épidémie revient par vagues successives en 588 et 591, puis en 599[70].

Malgré les invasions, Marseille reste une ville prospère économiquement tout au long des Ve et VIe siècles. Elle a même probablement supplanté sa rivale Arles, qui ne peut rivaliser sans port maritime[71].

Dans le négoce, les liens commerciaux et diplomatiques maintiennent Marseille dans une position de plaque-tournante des relations avec la Méditerranée, et particulièrement avec Byzance. Par ses contacts avec la capitale de l'Empire romain d'Orient, la ville apparaît au yeux de ses empereurs comme la plus importante de toute la Gaule[72]. Si la disparition des échanges avec Rome et l'Italie marque sans doute fortement les citoyens de l'ancienne Provincia romaine[73], l'historien Raoul Busquet (1881-1955) estime que :

Marseille tient alors la porte de la mer : par elle, et par le commerce, elle maintient la liaison entre les royaumes barbares et ce qui subsiste au monde de civilisation[74].

Le transport des passagers et des marchandises sur la Mer Tyrrhénienne, vers l'Afrique, l'Espagne, l'Orient est considérable. Après Genséric la piraterie disparaît et Marseille fait le grand commerce de gros[75].

Sur le plan économique, la disparition de la bureaucratie romaine après les invasions bien sûr entraîne l'effondrement du système économique romain[76].

Mais les frappes monétaires marseillaises sous la domination ostrogothe, dont Claude Brenot attribue la paternité à Parthénius[77], pallient sûrement la rupture avec le circuit traditionnel monétaire connecté à l'Italie[78].

L'atelier marseillais prend d'ailleurs de l’importance avec l’invasion de l’Italie du Nord par les Lombards, à partir de 575. Tout cela contribue à faire de la ville une place forte de la Gaule franque et Marseille frappe également des pièces pour les empereurs byzantins Justin II (565 - 578), Maurice Tibère (582 - 602) et Phocas (602 - 610)[79].

L'atelier de Marseille frappe des monnaies d'argent après l'assassinat de Childéric II en 675 et probablement jusqu'au début du règne de Pépin le Bref.

MARSEILLE AU VIIe SIÈCLE[]

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La Cathédrale de Marseille.

Le récit de l'historien Grégoire de Tours s'arrêtant en 594. Il existe nettement moins de sources historiques concernant Marseille au VIIe siècle.

Marseille devient la capitale de la Provence en 613, lors de la réunification du royaume.

Le VIIe siècle marque la rupture définitive avec l’Antiquité, comme en témoignent les nombreuses transformations observées dans la ville[80]. Quoique par nécessité économique la monnaie romaine est toujours imitée à Marseille. C'est seulement vers 630 que le nom du roi franc est substitué à celui de l'empereur sur les belles monnaies de Marseille[81].

Au VIIe siècle, les marchands orientaux notamment syriens concentrent entre leurs mains le commerce d'importation en Gaule. Celui-ci se poursuit au début du siècle suivant. Un diplôme de Chilpéric II de 716, nous indique par exemple les denrées importées et transitant par Arles ou son port avancé Fos. Sont énumérés : huile, garum, poivre, cumin, olives, cannelle, vin cuit, dattes, figues, amandes, pistaches, olives, riz, piment, peaux de Cordoue, papyrus...

Marseille entre dans le Moyen Âge (VIIe s.)[]

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L'aspect de la cathédrale de Marseille et des fortifications change à chaque époque.

Le port de Marseille et le culte de Marie Madeleine.

Marseille reste la principale porte d'entrée en Gaule au VIIe siècle. La ville est toujours florissante.

Sur le plan urbanistique, Marseille entre définitivement dans le Moyen Âge et abandonne ses vestiges antiques. Dans certaines parties de la ville, les structures datant de l’Antiquité sont démantelées de manière quasi systématique, que ce soient les murs, les sols ou les puits. L’ensemble de ces matériaux est récupéré et utilisé pour de nouvelles constructions, vraisemblablement dévolues à l’habitat. On observe ainsi sur certains sites (quartier du port, République surverse, Alcazar) le développement de nouvelles constructions, qui ne dépasseront pas la fin du siècle. La même logique prévaut au démontage des restes du théâtre antique (principalement les fondations) ou à la destruction de la basilique funéraire de la rue Malaval[82].

Durant le VIee et le VIIe siècle, les campagnes d’épierrement généralisées des monuments publics et religieux antiques concernent également le théâtre qui est alors totalement effacé du paysage urbain. Ce n’est pas le cas des caves Saint-Sauveur qui, toujours utilisées, seront intégrées dans le parcellaire moderne. Les monuments antiques épargnés par cette spoliation quasi systématique sont très peu nombreux, ce qui illustre la refonte profonde dont la ville est l’objet durant l’Antiquité tardive[83].

Cette période marque l'influence mérovingienne sur Marseille, en particulier neustrienne, qui font toujours de Marseille un port important. Très souvent issu de familles patriciennes à l'origine gallo-romaines, l'évêque reste un contrepoids important au pouvoir central et devient le véritable maître de la ville.

Marseille mérovingienne[]

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La Gaule sous Dagobert (628).

À la mort du roi des Francs Thierry II en 613, le royaume est à nouveau réunifié par le roi de Neustrie Clotaire II. Marseille devient alors la capitale de la Provence et le siège de la préfecture. L'influence neustrienne devient plus en importante dans le Midi, en particulier sous l'influence du maire du Palais Ebroïn qui tente à partir de 658 d'imposer son autorité sur la Bourgogne et l'Austrasie. Babon, évêque de Marseille et issu de l'aristocratie austrasienne, s'engage alors dans en lutte d'influences avec les patrices neustriens nommés par Ébroïn. L'évêque, comme partout en Occident à l'époque, est une véritable autorité municipale et un contrepoids à une administration royale parfois oppressante[84].

Pour Jean Durat :

La cité occidentale s'efface définitivement à la fin du VIIe siècle, quand le pouvoir central s'appuie sur de nouvelles bases sociales pour assurer le fonctionnement de l'État.

Une économie en transition[]

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Reconstitution du four à barres, sans axe central. Quartier Sainte-Barbe, CNRS[85].

L'évêque cesse de s'occuper des affaires de la cité au profit des comtes carolingiens[86].

Cependant, la rupture avec le modèle de l'Antiquité tardive romaine n'est que partielle et les administrateurs utilisent les mêmes méthodes que trois ou quatre siècles auparavant[87].

La ville reste le port principal de la Gaule au VIIe siècle[88].

L’atelier monétaire de Marseille poursuit ses frappes de pièces pour l’Empire Byzantin, mais les émissions s’arrêtent après le règne de l'empereur Heraclius (610 -641). À partir de la réunification du royaume franc en 613, des frappes sont faites pour les rois mérovingiens, comme l'atteste un tremissis (tiers de sou) de Clotaire II, frappé à Marseille et retrouvé lors d'une fouille à Lyon.

D'autres séries sont frappées sous Clovis II (656 - 657), Dagobert II (675 - 679), Childebert III (695 - 711), ainsi que sous Childéric II (662 - 675), semble-t-il les dernières[89].

Rupture urbaine avec la cité antique[]

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Restitution de l’emprise du théâtre et des caves Saint-Sauveur sur fond cadastral. L’emprise supposé du castrum Babonis (Château Babon), du temps des moros au siècle suivant, est au centre du plan.

Les occupations ostrogoths, puis franques, sont loin de présenter une rupture civilisationnelle pour Marseille qui conserve une grande partie de son héritage romain jusqu'au VIIe siècle.

Le VIIe siècle, du fait de la prospérité de la ville marque toutefois la rupture urbaine avec la cité antique[90]. Il reste toutefois les grandes maisons à étages, comme à Ostie[91].

C'est probablement au début de ce siècle que disparaissent les fondations du théâtre antique, dont les pierres sont récupérées pour construire de nouveaux bâtiments. L'abbaye Saint-Sauveur est, elle, conservée, à la différence de la plupart des monuments antiques comme la basilique de la rue Malaval, presque entièrement détruite et objet d'une récupération importante[92].

Par contre, à la fin du VIIe siècle, c'est une autre période sombre se situe entre 600 et 650 environ. Des émeutes et des épidémies (peste, dysenterie, variole) provoquent un déclin démographique[93].

Les patrices de Provence (675 - 736)[]

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Plusieurs noms de patrices sont connus entre autres par un protocole rédigé à Digne, en 780, contenu dans le cartulaire de Saint-Victor.

Si au début du VIIe siècle les Francs conservent l’administration mise en place par les Ostrogoths , à partir des années 673-675, le titre de rector disparaît au profit de celui de patrice, qui dirige la Provence au nom des souverains francs[94].

Les patrices, sorte de ducs ou de gouverneurs de Provence, résident à Marseille, alors la capitale de la Provence[95][96].

Ces patrices de Provence profitent des conflits politiques et de l’effacement du pouvoir mérovingien pour s'émanciper de la tutelle franque et affirmer leur indépendance. L'importante quantité de monnaie frappée par le patrice Nemfidius à Marseille, comme la révolte d'Antenor contre le roi Pépin, en sont des témoins[97].

Les frappes d'or disparaissent en 675, remplacées par des émissions en argent dont les initiales y figurant permettent de reconstituer, en particulier avec les travaux de Fritz Kiener et Georges de Manteyer, la chronologie des patrices. Plusieurs noms sont également connus par d'autres sources, en particulier par un protocole rédigé à Digne, en 780, contenu dans le cartulaire de Saint-Victor[98].

Monnaie de Nemfidius, patrice de Provence vers les années 700-710.

MARSEILLE AU VIIIe SIÈCLE[]

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Figurine d'un marchand étranger, certainement radhanite (juif) - Dynastie Tang, VIIe siècle.

La conquête de la péninsule ibérique (711) et de la Septimanie (Languedoc) par les moros et leurs raids sur la Gaule viennent arrêter cette prospérité naissante de Marseille. On entre dans une période mouvementée[99].

Au VIIIe siècle, un processus de déclin significatif de l’espace urbain est attesté par l’archéologie, seules subsistant les traces ténues d’une construction rudimentaire en lieu et place de la demeure épiscopale[100].

Marseille est morte à cette époque[101]. Le négoce de l'Huile d'olive venant du bassin méditerranéen qui de Marseille part dans le nord de l'Europe ou Bordeaux cesse. Les transports d'autres marchandises ou de pèlerins, marchands et voyageurs deviennent très rares[102].

Henri Pirenne souligne que les échanges entre l'Occident et l'Orient déclinent donc fortement dès la présence Sarrasine en Méditerranée occidentale au début du viiie siècle. Il constate que des produits orientaux tels que l'or, la soie, le poivre et le papyrus disparaissent pratiquement sous les carolingiens et que le commerce entre l'Occident et l'Orient ne se fait plus que par les négociants juifs, probablement des Radhanites, seuls liens entre l'Islam et la Chrétienté[103].

La Bataille de Poitiers (732) en 732 ne clôt pas l'époque où des musulmans sont installés dans le sud de la France. Mais, selon Henri Pirenne, l'avancée de l'islam est à l'origine de la rupture avec l'Antiquité[104].

Il faudra attendre 759 pour qu'ils quittent l'actuel Languedoc-Roussillon, mais seulement 990 pour qu'ils soient chassés du Massif des Maures et des Alpes provençales.

Les premières vagues d'invasion sarrasines en Provence[]

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Pièce de monnaie en argent de Nemfidius, patrice de Provence (700 - 710, monnayée à Marseille).

Cette période de l'histoire de Marseille est particulièrement mal connue, aussi bien par les textes que par l’archéologie. Les premières décennies du VIIIe voient la disparition des Mérovingiens face à l’émergence du pouvoir carolingien, en la personne de Pépin II de Herstal, mais surtout de son fils Charles Martel[105]. Certains comme le patrice Mauronte à Marseille accueillent bien les moros[106].

En 725, Carcassonne et Nîmes sont prises par les Sarrasins. La Septimanie devient une province d'al-Andalus. La même année, les Sarrasins commencent à remonter le Rhône. Ils pénètrent dans Avignon et Lyon. Les Arabes sont maîtres du sud de la Gaule jusqu'au Rhône. Ils traversent la Bourgogne où ils assiègent Autun, le 22 août 725, et pillent Luxeuil, au sud des Vosges. Il contournent Mâcon, Chalon, Beaune et s’emparent de Sens[107].

Charles Martel repousse les Sarrasins (733 - 734)[]

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Les moines nîmois sont chassés de leurs couvents.

Charles Martel combattant les Sarrasins (bataille d’Avignon).

Mort du Wāli Abd ar-Rahman, père du Wāli Yusuf ibn 'Abd al-Rahman al-Fihri, dans son camp, d'un jet de lance lors de la Bataille de Poitiers (732).

Les musulmans en pillant et essayant d’annexer le sud de la Gaule, vont permettre à Charles Martel de s’en emparer en usant parfois de la même violence que ces envahisseurs venus du sud. Les traîtres vont être sévèrement châtiés[108].

Contrairement aux idées reçues la Bataille de Poitiers (732) n’arrête pas les raids musulmans sur la Gaule et les musulmans sont toujours installés en Septimanie et en Provence.


Article détaillé : Bataille de Bordeaux (732)


Article détaillé : Bataille de Poitiers (732)


Marseille est déjà une ville cosmopolite accueillant des juifs, des Syriens, des Grecs ou des Goths venant y faire du commerce[109]. Des milliers de réfugiés Hispanii, des chrétiens ibériques, se réfugient dans le sud de l'Aquitaine et en Provence[110].

Après la Bataille de Poitiers (732), en 733, Charles Martel lance une offensive en Burgondie, dans le Lyonnais et en Provence. Les musulmans se retirent vers le sud, les villes se soumettent : Lyon, Vienne, Valence ouvrent leurs portes. Charles y installe des hommes chargés de maintenir son autorité. Il gagne en attribuant des postes stratégiques, la reconnaissance de quelques grands aristocrates de la région. Parmi eux se trouve le patrice Abbon (732 - 736).

Excédée de courir après un inaccessible adversaire, l'armée Franque arrive devant Avignon et Arles, mais les cités sont fortement occupées. Sans moyen d'investissement les Francs doivent renoncer. De toute manière il faudrait également une flotte et des équipages armés pour compléter l'action. Les Provençaux ont de nombreux bateaux à Fos et à Marseille, mais ils ne participent pas à l'opération. Cette neutralité ajoutée aux trahisons de 733 leur vaut la colère des armées venues du nord les délivrer. L'armée reprend la route du Nord mais les guerriers se promettent de revenir en force pour châtier les traîtres provençaux[111].

Charles ne va pas plus loin que la Durance, car il doit vite remonter au nord combattre les Frisons (734). Mauronte et d'autres rebelles, dont Riculfe, seigneur des environs de Gap et de Die, et gouverneur de Nîmes, font semblant de se soumettre. Mais, ils sont résolus de se soustraire à n’importe quel prix à l'obéissance due à Charles Martel et aux Francs. Ils forment une ligue secrète avec Yusuf ibn 'Abd al-Rahman al-Fihri, wali (gouverneur) de Narbonne et la Septimanie pour les Sarrasins.

Mauronte (733)[]

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Les arènes d'Arles au moyen-âge sont fortifiées et habitées.

Prisonnier crucifié par des Sarrasins.

Sainte Eusébie, abbesse, se coupe le nez avec 40 de ses sœurs pour ne pas être violées. Elles sont massacrées.

Certains alliés des moros deviennent comme les Banu Qasi des godos muwalladun o muladíes[112].

Les Sarrasins en Provence.

La Chronico Marcianensi de Sancta Rictrude cite filium Maurontum et tres Filias Virgines ... Closendem, Eusebiam et Adalsendem, comme les enfants de Adabaldus Dux de Gascogne et sa femme, ajoutant que Mauronte est S. Richarius Pontivensis pater spiritualis[113]. Est-il apparenté aux Mérovingiens et à des maires du palais francs ? Beaucoup d'historiens le voient Provençal issu d'une famille de patriciens gallo-romains. Ils expliquent en partie la trahison de ce patrice au service des Francs par ses origines[114].

Mauronte de sources plus sérieuses est un parent éloigné du Maire du Palais Neustrien Waratto († 686). Il est Duc/Comte/Patrice/Optimate/Gouverneur de Marseille ou de Provence, initiateur de la Ligue des notables. Il est d'une famille franque très hostile aux Pippinides [115]. C'est ce qui explique sa haine de Charles Martel et pas de supposées origines gallo-romaines.

Mauronte, selon les Annales Fuldenses et les Annales Mettenses priores est dux de Provence et du Viennois[116]. D’autres auteurs font de lui un gouverneur de Marseille nommé par Charles Martel. Il cherche à secouer les liens déjà bien faibles qui unissent les populations du sud-est de la Francie avec le royaume de Charles Martel. Il se ligue avec d'autres gouverneurs. Tous ces seigneurs trament un complot dans l'espérance que Charles, alors occupé par différentes guerres, soit contre les peuples de la Germanie et les Aquitains, soit contre les Sarrasins, soit hors d'état de les empêcher de créer un royaume indépendant.

Si on ne peut reprocher aux musulmans le Jihad, on peut s'indigner, comme Diderot ou d'Alembert dans l'Encyclopédie, de voir une partie des autorités religieuses et de grands seigneurs trahir les leurs. C’est le cas du patrice Mauronte qui conclut, une alliance avec le gouverneur de Narbonne, Yusuf ibn Abd al-Rahman al Fihrir[117]. Mauronte apparaît dans la Chronique de Frédégaire en tant que duc de Marseille. Il appelle à l'aide le Sarrasin Yusuf ibn 'Abd al-Rahman al-Fihri, wali de Narbonne contre Charles Martel, et le fait venir en Provence[118]. Il ouvre les portes d'Avignon aux troupes musulmanes. Pendant que les chrétiens souffrent du fait de leur religion, Mauronte incite les musulmans à occuper des places fortes le long de la vallée du Rhône, dont Marseille.

Sainte Eusébie abbesse d'un couvent bénédictin à Marseille,est mise à mort par les sarrasins à Saint-Cyr avec un grand nombre de ses sœurs. Lérins est la proie des Sarrasins et les moines massacrés. Marseille a pu se défendre, mais le gouverneur de la Provence, Mauron, appelle lui-même les Sarrasins. C'est un carnage horrible, un incendie détruit une grande partie de la ville. Ses quarante moniales découvrent qu'une horde se porte sur leur monastère. Elles se réunissent à la chapelle et se mutilent le visage pour échapper au déshonneur d'un viol, se coupant lèvres et nez. Il vaut mieux entrer ainsi dans le royaume des cieux.... Quand les Sarrasins entrent dans le monastère, se réjouissant de choisir chacun une femme, ils reculent d'horreur et, déçus dans leur espérance, ils les tuent par le glaive[119].

Mais les moros ne se sont point interdit de faire sur les possessions franques au delà de la Durance de ces lucratives excursions qui forment alors la solde des armées. Grâce à des traîtres chrétiens, ils s'emparent sans coup férir d'Avignon, appelée par eux la roche d'Anyoun, parce que la ville n'occupe alors que la colline où s'élève aujourd'hui le Palais des Papes. Ils chassent les faibles garnisons de Charles Martel de leurs domaines et dévastent tout le pays. Ils envoient des troupes qui traversent le Rhône, du fait de la trahison du patrice de Marseille, Mauronte. Joignant à la force des armes, les ressources de la politique, le wâlî d'al-Andalus se ménage des alliances, à la faveur desquelles les musulmans pénètrent en Provence, en Dauphiné, et jusques dans le Lyonnais[120]. Marseille est probablement conquise en 734[121].

Charles Martel reconquiert le sud-est (736 à 737)[]

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Avignon, des batailles oubliées.

Charles Martel fait la paix avec Hunald Ier, fils du duc Eudes d'Aquitaine et de Vasconie. Charles Martel envahit l’Aquitaine pour s’assurer de la soumission de ses autres fils en 735/736.

Donc, en 736, il revient ensuite en Burgondie, passe à Lyon. Charles Martel et son frère Childebrand lancent une opération punitive en Provence contre les bastions des Omeyyades. La Provence, morcelée en une foule de petites seigneuries indépendantes, débris de l'ancien royaume de Burgondie, est facile à conquérir. Il prend Montfrin et Avignon, Arles et Aix-en-Provence, sans oublier Marseille[122].

Charles Martel prend donc la ville de Marseille au duc Mauronte et aux Sarrasins[123]. Il dit pourvoir de nouveau à sa sûreté, mais part combattre une révolte de Saxons. Avant son départ Charles Martel y investit des comtes, comme en Bourgogne. Mais la population d'origine gallo-romaine provençale n’apprécie guère la tutelle parfois brutale des Francs[124]. Et puis il y a les rebelles qui veulent devenir princes et leurs alliés moros.

À nouveau le danger sarrasin (737 - 738)[]

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Charles Martel.

Siège de Narbonne (737).

La fin d'un monde.

Avignon au haut Moyen-Âge.

Bataille de la Berre (737).

À peine Charles Martel fait-il le Siège de Narbonne, que Yusuf, wali (gouverneur) de Septimanie, renoue des liens avec Riculfe, comte à Nîmes, et Mauronte, patrice à Marseille. Une armée d'al-Andalus débarque à côté de Narbonne. Un nouveau wali (gouverneur) de Septimanie, Uqba ibn al-Hayyach al-Saluli (+ 741) envahit la Provence jusqu’aux cols des Alpes, prend Arles, Avignon, puis Valence[125].

En 737, Mauronte livre Avignon à Uqba ibn al-Hayyach al-Saluli (+ 741). Mauronte et ses pareils n’empêchent pas, selon le Continuateur de Frédégaire, la population avignonnaise de se défendre. En représailles la région est dévastée. Le gouverneur prend l’année d’après Arles et il dépeuple la ville et ravage toute la province d’Arles, selon la Chronique de Moissac. Il faut comprendre par dépeupler une ville le fait de massacrer la plupart des hommes et tous les vieillards et d'envoyer les femmes et les enfants en esclavage, parfois très loin dans le monde musulman. Les villes d'Uzès, de Viviers, de Valence, de Vienne, de Lyon et plusieurs autres, sont attaquées. Les églises détruites, des monastères ruinés, des villes pillées, des maisons saccagées, des châteaux démolis, et un nombre infini de personnes massacrées. Les Arabes ont pourtant promis à la Provence paix et protection.

Charles Martel repart en campagne contre les Saxons. Il sollicite l’aide de son allié Luitprand, roi des Lombards, pour repousser les Sarrasins par l’est, tandis qu’il envoie son frère Childebrand vers le sud. Ce dernier atteint Lyon en chasse les Arabes. Les musulmans attaqués de deux côtés refluent dans Avignon, que Childebrand vient assiéger[126].


Article détaillé : Bataille d'Avignon (737)


Le siège est long. Cela donne le temps à Charles Martel de descendre par la rive gauche du Rhône. Les moros ont constitué des camps retranchés en Vivarais. Les francs doivent livrer plusieurs combats successifs : près du Pouzin, puis près de Viviers. Puis Charles les surprend sur le plateau d’Aurelle et les poursuit dans la plaine de Saint-Just. Le dernier accrochage se déroule au lieu dit Lou Comba, près de Comps (région des Vans)[127].

Charles peut enfin prendre Avignon. La chute est suivie d’un massacre des musulmans et des supposés traîtres. Après cela Arles et Marseille lui ouvrent leurs portes puis Charles vient mettre le siège devant Narbonne. La ville résiste. Uqba demande une armée de secours par la mer. Elle est défaite à la Bataille de la Berre (737)[128].


Article détaillé : Bataille de la Berre (737)


Les Francs brûlent pendant leur retraite Agde, Marguelonne, Montpellier, Nîmes et Béziers pour éviter qu’elles redeviennent des forteresses arabes[129]. Charles installe des comtes à Uzès et en Vivarais. Les prisonniers musulmans sont parqués dans les mines d’argent de Largentière[130].

Charles Martel, en 737, devient le seul maître du royaume. Il doit asseoir son pouvoir face aux ambitions de certains prétendants francs ou rebelles.

Après une expédition contre les Saxons en 738, Charles apprend le retour des Sarrasins à Arles et Avignon et la réapparition de Mauronte conduisant la révolte[131].

La campagne de Charles Martel en 739[]

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Combat d'un chrétien contre un musulman.

Le pape appelle Charles Martel à son secours, alors allié avec Liutprand, roi des Lombards [132]. Une relation commence qui se poursuivra à mesure que le Royaume franc gagnera le pouvoir.

Charles Martel doit une nouvelle fois redescendre dans le sud. C'est sa troisième expédition dans le Couloir Rhodanien et en Provence[133]. Il reprend Avignon, pousse jusqu’à Aix.

Childebrand, renforcé par les Lombards de Liutprand, remporte une victoire décisive près d'Avignon[134]. Les Sarrasins sont refoulés en Septimanie. Childebrand s'empare de Marseille, l'une des plus grandes villes encore aux mains des Omeyyades. Des musulmans font retraite dans les Alpes avec leur alliés Mauronte qui disparaît à nouveau[135]. Leurs biens distribués aux vainqueurs.

L'aristocratie franque chassent les musulmans de Provence en 739 et en 759 de Septimanie jusqu'aux Pyrénées, permettant ainsi l'annexion du Roussillon au Royaume Franc. En 792, le sultan de Cordoue fait une dernière tentative pour s'emparer de Narbonne.

Mais la Provence et les Alpes subissent après cela encore une période très sombre de leur histoire à cause des musulmans, au siècle suivant. La région subit de nombreux raids moros sur son territoire au cours du IXe siècle. Puis, en 888, les Arabes débarquent de nouveau sur la côte provençale (Fraxinet).

Après sa victoire[]

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Gravure du XVIIIe. Siège Avignon. La conquête d'une partie de la Septimanie et de la totalité de la Provence par Charles Martel vont permettre à ses successeurs de repousser les armées d'al-Andalus de l'autre côté des Pyrénées.

L'abbaye de la Novalaise est fondée dans les années 720, par Abbon, recteur de la Maurienne et de Suse.

Charles Martel entre à Marseille. Il affirme son autorité sur la Provence, mais il laisse les Francs - ou la population de Viviers - massacrer Arconce, évêque de ce diocèse, jugé trop conciliant avec les musulmans[136].

La Chronique de Moissac l'accuse d'avoir pillé les trésors de la ville et ravagé toute la province.

Les campagnes de Charles Martel par cette région sont terminées. Il meurt, en octobre 741, à Quierzy-sur-Oise, à environ 52 ans, usé par 25 ans de campagnes guerrières continuelles [137].

Comme Abbon aide Charles Martel et Childebrand dans la campagne contre Mauronte et les Maures de 736 à 739 dans la vallée du Rhône, la Provence et les Alpes, Charles Martel confie le pouvoir à Abbon dans une grande partie de ses provinces. Abbon est alors fait patrice et bénéficie de nombreux biens confisqués à cette occasion.

D'après F. Moyran-Gattefossé, qui cite Georges de Manteyer, au VIIIe siècle, le patrice Abbon administre toutes les Alpes du Sud : la Maurienne, la Tarentaise, le Grésivaudan, le Viennois, le Mâconnais, l'Embrunais, le Gapençais, l'Ubaye, Vaison, les pays de Sisteron, Marseille, Arles, Toulon, Riez, Die, Apt, Cavaillon. La liste de ses domaines s’agrandit. Il conquiert, respectant ainsi l’une des dernières volontés du roi Thierry IV, les terres de Riculfe, Robdal et du clerc Maurenge, nobles du Midi, anciens alliés des Sarrasins.

Bien qu'Abbon ne soit pas un membre de la famille de Charles Martel, son manque d'héritiers pousse ce dernier à lui donner le maximum de titres et de terres qu’il pense pouvoir récupérer à sa mort. Ses origines gallo-romaines permettent d’assurer une transition précédant l’implantation de comtes souvent d’origines franques.

Castrum Babonis[]

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Il ne reste rien du castrum Babonis (Château Babon) à la Renaissance.

Maquette de la ville, Musée d’histoire de Marseille.

Après les invasions et les occupations par les Sarrasins, la ville de Marseille connaît une récession et se replie sur la colline Saint-Laurent. La cathédrale est abandonnée et l'évêque se réfugie dans l'abbaye Saint-Victor. Durant la période carolingienne, l'abbaye de Saint-Victor ne reprend pas vie. Les régions méditerranéennes qui ont porté si longtemps le flambeau de la culture antique, subissent un déclin irrémédiable à cette époque[138].

Certes Narbonne et la Septimanie sont libérées, mais il y a encore beaucoup de dévastations en Provence du fait des Sarrasins. Déjà en 768 les Maures inquiètent les environs de Marseille[139].

L’hypothèse de l’édification d’enceintes réduites localisées à l’ouest et à l’est de la ville durant le haut Moyen Âge et placées sous le contrôle de l’évêque et des comtes est étayée par l’historiographie mais n’est pas confirmée par l’archéologie[140].

Ce déclin peut être justifié par le repli de la population dans l’emprise d’une enceinte sur la butte des Carmes, le château Babon. L'évêque Babon fait bâtir le castrum Babonis (Château Babon), monument dont Marc Bouiron estime la construction à la fin du VIIe siècle. Pour lui, en raison de la solidité des remparts marseillais, la réalisation de cette enceinte réduite répond peut-être moins à un besoin militaire qu’à une volonté de l’évêque de séparer l’episcopatus (l'épiscopat) du comitatus (les comtes francs) et de marquer son pouvoir[141].

La date de construction est toutefois incertaine. Elle n’est mentionnée dans les textes qu’à partir de 1164[142].

La fouille du site de l’Alcazar, d’une superficie de 5.000 m², offre une vision large de l’occupation péri-urbaine. Le quartier est situé à environ 200 m de l’enceinte hellénistique et romaine. Au cours des VIIIe - XIe siècles, le site semble abandonné et d’importants dépôts alluviaux recouvrent les vestiges pour partie épierrés[143].

Le Cellarium Fisci[]

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Ce monument est le seul autour du forum à avoir survécu à l’Antiquité tardive sans être démantelé ; nous avons proposé d’y localiser le cellarium fisci connu par les textes mérovingiens : Bouiron 2009a°, p. 27.

Un diplôme authentique de 692 confirme le droit de l'abbaye de Saint-Denis de percevoir cent sous d'or au Cellarium de Marseille et l'on peut admettre qu'elle ramène de Marseille six chariots chargés d'huile. En 716, l'abbaye de Corbie obtient une série de denrées, qu'elle prend à Fos (ouest de Marseille) des mains du cellarius (fisci) et qu'elle ramène sur quinze chariots. M. Pirenne démontre qu'il y a à Fos et à Marseille des entrepôts royaux, abondamment pourvus de denrées venues d'Orient. Il les compare à nos entrepôts en douane ; je me demande si la décadence économique, si marquée depuis le IIIe, n'a pas conduit l'administration impériale et, plus tard, le cellarius mérovingien à percevoir la douane en nature autant qu'en argent, car le droit est très lourd (12 1/2 %) depuis le IVe siècle ; cela explique mieux l'abondance des produits à l'entrepôt royal. En tout cas, après 716, on ne trouve plus aucune confirmation de ces droits, comme s'ils ont perdu toute valeur : M. Pirenne y voit l'effet de l'invasion arabe[144].

Selon Pirenne le Cellarium Fisci est vide, ou très certainement détruit par les Sarrasins à cette époque[145].

Marseille de 759 au IXe s.[]

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Le calife de Bagdad, al-Mansur.

Une alliance abbasido-carolingienne se forme au huitième siècle au travers d'une série d'ambassades, de rapprochements et des opérations militaires conjointes entre les empires Francs carolingiens et le califat abbasside ou les souverains musulmans pro-abbasside en Espagne.

Ces contacts suivent le conflit intense entre les Carolingiens et les Omeyyades, marquée par la Bataille de Poitiers (732), et visent à établir une contre-alliance avec le lointain Empire abbasside.

Pépin le Bref fête Pâques 768 à La Celle-sur-Loire. Il y reçoit des envoyés du calife de Bagdad, al-Mansur, venus par Marseille, qui passent l'hiver à Metz. Ils proposent à Pépin d’attaquer conjointement l’Émirat de Cordoue[146].

Toujours en 768 des raids sarrasins, venant d'al-Andalus, inquiètent les environs de Marseille[147], peut-être du fait de ses négociations. Mais le djihad et les razzias sont les tâches obligatoires des Moros.

Armée musulmane en Gaule.

MARSEILLE AU IXe SIÈCLE[]

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Une des tours de l’amphithéâtre d'Arles, qui comme réduit château Babon à Marseille devient un réduit fortifié où se réfugient les Provençaux.

Le plus grand danger en ce début de siècle, provient des Sarrasins. Les côtes de Septimanie et Provence commencent à se doter de défense contre les pirates par la construction de tours ou d’églises forteresses comme aux Saintes-Maries-de-la-Mer, à l'embouchure du Rhône

A cette époque la ville de Marseille se replie, elle-aussi - dans ses murs. Elle semble même désertée dans sa partie centrale, entre la fortification de l’épiscopat (édifiée au siècle précédent), dite Château Babon, à l’ouest, et celle de la ville comtale, à l’est, dont la construction est mal datée[148].

Marseille du temps de Charlemagne[]

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Rois musulmans à Marseille du temps de Charlemagne (Illustrations de Roland furieux).

Charlemagne rejoignant la Marca Hispánica. Il se soucie peu de Marseille.

Marseille va disparaître, lorsque Charlemagne vient lui donner une nouvelle vie, écrivent les historiens pendant des siècles :

Le génie de ce grand prince lui fait connaître que cette ville est la seule de ses états qui peut lui ouvrir des relations avec le Levant. Il y fait construire une flotte destinée à purger les mers des pirates sarrasins. Il encourage le commerce maritime.

En vain allègue-t-on, pour prouver que le Djihad n'est pas si catastrophique que cela que Charlemagne veut que les ambassadeurs de l'empereur de Constantinople, des califes de Bagdad et de Cordoue, viennent aborder à Marseille. Mais c'est par erreur que Kleinclausz rapporte que les légats, envoyés par Charlemagne à Byzance, se sont embarqués à Marseille[149].

Autres anciennes légendes le fait avec ces princes des traités qui assurent aux Marseillais des exemptions de droits et divers privilèges. S'ils en profitent non-seulement pour le commerce, mais aussi pour l'industrie, c'est que le Djihad amène à Marseille des réfugiés, notamment des Hispanis qui sont d'habiles ouvriers et fondent des manufactures d'armes, des ateliers d'orfèvrerie, des fabriques de cuirs, de toiles de coton et d'autres objets.

En réalité Charlemagne fait la guerre en Espagne à al-Andalus ou contre les Saxons en Germanie, mais ne soucie pas de Marseille ou de combattre les pirates barbaresques dans le bassin occidental de la Méditerranée.

Marseille est à nouveau ravagée[]

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Marseille au moyen-âge.

Église Saint-Laurent de Marseille (XIIIe s.). Il ne reste presque rien du Marseille d'avant l'an mil.

Ruines d'un bâtiment de Marseille qui sera détruit au XIIIe siècle[150].

Djabad al Kilal.

Malheureusement cet empire redouté s'affaiblit sous les faibles successeurs de Charlemagne. Après la mort de l'empereur, quelques bandes, des djichs, viennent piller dans le bassin du Bas-Rhône. Ce ne sont plus des armées puissantes comme au temps de Charles Martel. Les chefs de bandes sont de vulgaires pillards, et non plus des guerriers fervents et désireux de conquérir de nouveaux peuples à l'Islam. Le coup de main accompli, ils repassent les Pyrénées[151], avec leur butin et des esclaves.

Marseille passe sous la haute juridiction des vicomtes et est partagée en trois villes.

La haute, qui reste à l'évêque.

La basse qui reconnaît la suzeraineté des vicomtes, mais qui conserve son gouvernement municipal.

Enfin, la ville abbatiale qui a pour seigneur l'abbé de Saint-Victor.

Dans la lutte qui s'établit entre ces trois co-seigneurs, le Conseil municipal agit avec une telle prudence qu'il finit par racheter tous les droits seigneuriaux des vicomtes, et ramène ainsi Marseille à l'état de ville libre.

Avant cela Marseille est ravagée plusieurs fois et vit dans l'insécurité. Pour lutter contre les pirates souvent sarrasins, l'empereur Louis le Pieux regroupe vers 835 l'ensemble des comtés provençaux sous l'autorité d'un duc résidant à Arles, probablement Leibulf de Provence déjà comte en 824 et 829.


Article détaillée : Leibulf de Provence


Des corsaires maures ravagent vers cette époque les côtes. Quelques villes maritimes tombèrent en leurs mains, Aigues-Mortes et Marseille, entre autres (838)[152]. En effet, en 838, une flotte sarrasine, venue de Tarragone, pille Marseille. Une grande partie de la population, dont les clercs et les nones, est réduite en esclavage. Saint-Victor est détruite[153].

À la suite des troubles qui agitent l'Empire carolingien et mènent à sa division en 843, la Provence est quasiment laissée à la merci de troupes de pilleurs par une gouvernance tournée vers l’Italie.

En 842, Arles et Marseille sont ravagées par les musulmans[154]. René de Beaumont nous en parle dans son livre Les croisades franques d’Espagne :

La nation barbare des Sarrasins ayant attaqué la métropole d’Aix, et l’ayant prise, la dépouilla entièrement, emmenant une grande quantité de prisonniers. Tout le reste périt par le fer et le feu. Ils écorchèrent vifs plusieurs hommes et plusieurs femmes, comme les Sarrasins ont coutume de faire aux hommes de notre nation, et comme nous l’avons vu nous-mêmes depuis. Après ce désastre ils retournèrent chez eux[155].

En 843, Marseille est prise par les musulmans[156].

En 844/845 des pillards musulmans remontent l'Ouvèze et pillent Vaisons, puis redescendent vers Arles qu'ils assiègent. Marseille n'est pas attaquée.

En 848, ce sont des pirates byzantins qui dévastent la ville. Après cette période, seul le réduit fortifié appelé château Babon, situé vers la place de la Tourette, constitue un abri efficace.

En 860, les Normands ravagent la Camargue voisine[157].

Les musulmans s'installent en Provence (889)[]

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Sarrasins débarquant en 889 pour rejoindre le Djabal al-Kilal (le massif des Maures), en 889.

Ruines du fort sarrasin de Fraissinet, à La Garde-Freinet.

Marc Bouiron avance l'idée qu'après la quasi-disparition de Marseille en tant que port de commerce au IXe siècle et dans la première moitié du Xe, les seigneurs ne voient pas l'intérêt de le défendre contre les invasions. Arles, mieux protégée et capitale de la Provence, recueille l'essentiel du trafic maritime par le Rhône. À cette période, elle devance à nouveau Marseille sur le plan économique et politique[158].

C'est l'époque des raids épisodiques menés par des pirates. Mais...

C'est à Séon, près de Marseille, qu'a lieu leur débarquement. D'après M. Fournet, on appelle Saut du Maroc l'endroit où ils abordent en 850. Ces Sarrasins de Provence marchent sur Arles. Gérard, comte de Roussillon, les repousse[159].

En 884 - 889, les musulmans s'installent en Provence[160]. Vingt pirates sarrasins débarquent en 889 à Saint-Tropez. La position du massif montagneux isolé, appelé depuis Massif des Maures, leur parait avantageuse. Grâce à son isolement d'autres hauteurs, il est possible de s'y fortifier et d'y conserver le butin[161].

L'importance de ce point est signalée. Sa renommée se répand. De nouveaux contingents maures y abordent sans cesse. La montagne se transforme en une véritable forteresse. Des châteaux forts la protègent. Le plus important est appelé Fraxinet. Il acquiert sans doute peu à peu une renommée redoutable : et la plupart des points, où dans la suite les Maures ont des postes sont désignés sous les noms de Fraxinet, Frayssinet, Frayssinière, Freynet [162].

Outre Toulon, la plus grande partie de la côte tombe aux mains des musulmans. La rade de Villefranche avec la presqu'île de Saint-Hospice, Esa, Bordighera, sont possessions arabes [163].

Principales grandes expéditions musulmanes de l'autre côté des Pyrénées.

MARSEILLE AU Xe SIÈCLE[]

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En 983, la paix revient en Provence. L'abbaye de Saint-Victor exerce une profonde influence spirituelle et culturelle dans une Provence en pleine réorganisation politique, économique, et religieuse.

Dom Mayeul, quatrième abbé de Cluny, à droite, devant l’icône de la reconquête de la Provence (miniature du XIIIe siècle.

Marseille devient une ville isolée du reste du monde au début du XIe siècle. Sur mer les pirates barbaresques empêchent les Marseillais de naviguer. Sur terre les moros sont maîtres des régions au nord et à l'est de Marseille. Ils font des raids sur le couloir rhodanien.

En 904, l'abbaye Saint-Victor se voit dotée de la rive sud du port par le roi de Provence Louis l'Aveugle. L'époque reste incertaine, avec les démêlés des derniers Carolingiens tout entiers tournés vers l'Italie et n'hésitant pas à traiter avec les Sarrasins lorsque leurs ambitions le nécessitent. Ces derniers en 923 dévastent le monastère de Saint-Victor et le territoire marseillais.

La Provence passe sous domination bourguignonne et retrouve alors un certain équilibre sous l’autorité de la famille des vicomtes de Marseille à partir de 948.

Le monastère de Saint-Victor est remodelé en 977[164].

En 983, la paix revient en Provence. L'abbaye de Saint-Victor exerce une profonde influence spirituelle et culturelle dans une Provence en pleine réorganisation politique, économique, et religieuse, les possessions territoriales de l’abbaye s’accroissent considérablement : rien que dans le diocèse de Marseille, 440 églises et prieurés dépendent de Saint-Victor aux XIe et XIIe siècles. L’abbaye compte également des dépendances dans ceux d’Aix, Fréjus-Toulon, Riez, Gap, Embrun et Vaison-la-Romaine[165].

Marseille une ville isolée...[]

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Invasion des Alpes et du couloir rhodanien par les Sarrasins aux IXe et Xe siècles.

Saint Mayeul est capturé par les Sarrasins.

Esclaves rachetés par les moines de Lérins.

Marseille devient une ville isolée du reste du monde au début du XIe siècle. Sur mer les pirates barbaresques empêchent les Marseillais de naviguer. Sur terre les moros sont maîtres des régions au nord et à l'est de Marseille (toutes les Alpes). Ils font aussi des raids sur le couloir rhodanien.

Peu de temps après leur débarquement au Massif des Maures, les Sarrasins occupent les principaux passages des Alpes. En 906, ils pénètrent en Piémont, Grenoble tombe entre leurs mains en 925. Ils possèdent, entre autres, le débouché du couloir formé par les vallées de la Romanche et de la Guisane[166].

Le château de Briançon est occupé par eux. Ils ont des postes sur le versant italien. Quelques noms y attestent leur passage. Les Sarrasins pillent Oulx. Embrun subit le même sort. Gap tombe entre leurs mains[167].

Pour terminer ce qui a trait à la présence des Sarrasins dans les hautes vallées des Alpes, rappelons la persistance d'une danse spéciale, le bacchu-ber. Cette danse caractéristique est considérée par quelques auteurs comme importée par les Africains. Outre les Alpes, le Vercors est très probablement occupé. Le Grésivaudan est entre leurs mains[168].

Hugues, roi d'Italie et de Provence, tenu en échec par les Sarrasins, se résigna à leur accorder des territoires qu'ils occupent déjà sans doute dans le Faucigny et la région qui depuis est nommée Maurienne. Peut-être fait-il don de terres de son royaume de Provence à ces infidèles, lorsqu'il a l'intention de l'abandonner à Rodolphe II pour celui d'Italie. Mettre les passages des Alpes aux mains d'une population étrangère son alliée, c'est se protéger contre les souverains de Provence qui à son exemple sont tentés plus tard d'envahir l'Italie. Ce don doit avoir été fait vers 931 ou 932[169].

A l'ouest, la colonisation arabe s'étend entre le Rhône et l'Isère, à l'est elle atteint le Valais. On peut fixer à 920 la date de l'invasion de ce pays[170].

Entre Genève et Ghamounix Bertholon relève une série de noms ayant aussi un faciès arabe. La rivière du Val d'Aoste est la Doire (Oued el Douar, ruisseau du campement)... En résumé, dans cette partie de l'Est, il y a occupation continue par les Arabes depuis la haute Durance et son affluent le Gôd[171].

Bertholon signale leurs traces dans le pays de Beaujeu et aux environs de Lyon et de Vienne. On en retrouve de plus nombreuses encore au centre de l'espace circonscrit par les méandres du Rhône et ceux de l'Isère[172].

Dans les pays où s'implantent les Arabes, on relève comme fréquents les noms de Boz, David, Izac, Eyzahut, Salmon.... Ce sont des noms orientaux orthographiés comme ils se prononcent. Peut-être des juifs accompagnent-ils, comme partout, les envahisseurs musulmans ?[173].

Les anciens habitants de ces régions sont morts ou esclaves castrés. Les passages des montagnes appartiennent aux moros. Il faut payer tribut pour les franchir. Les seigneurs de ces régions se réfugient dans les villes, mais ils sont ruinés. Donc Marseille, bien que non prise par ces faibles bandes armées, est ruinée au niveau économique.

En 923, les Sarrasins, débarqués dans le massif des Maures, ne peuvent s'emparer de cette citadelle, mais dévastent à nouveau l'abbaye de Saint-Victor. L'évêque de Marseille quitte la ville pour se réfugier à Arles[174].

La Reconquèsta (reconquista)[]

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La Bataille de Tourtour (973) n'est pas la dernière phase de la libération de la Provence qui s'achève en 990.

Isoard du Valgaudemar est peut-être à l'origine du Castellum Geraldum. Il inflige une défaite aux Sarrasins au Col de la Bataille (Vercors).

CPA montrant les Comtes de Provence chassant les Sarrasins du littoral.

Le village de Guillaumes, qui porte son prénom, sur la rive gauche du Var, est au pied du château des comtes de Provence.

L’évêque de Crémone Liutprand écrit vers 950 une histoire de son temps intitulée Antapodosis. Il nous décrit ce que subît la Provence pendant cette période difficile.

À partir du milieu du Xe siècle, la situation se stabilise. Le comte de Provence choisit un frère de l'évêque Honorat de Marseille, fils de Arlulfe de Marseille, Guillaume, comme vicomte de Marseille. Ses descendants sont pendant plusieurs générations soit évêque soit vicomte de Marseille.

La topographie de Marseille à cette époque est difficilement perceptible. Il existe toujours une fortification réduite sur le sommet de la butte Saint-Laurent, c'est le castrum Babonis (château Babon) des textes du XIIe siècle. Le nom de Babon fait référence à un évêque, mentionné à propos d'un polyptyque perdu de l'abbaye de Saint-Sauveur et qui peut avoir exercé au cours du IXe siècle. La délimitation de cette enceinte est difficile car cette fortification a déjà pratiquement disparu à la fin du XIVe siècle et aucun vestige n'en est connu. Englobant une partie de la ville haute appartenant à l'évêque, elle doit contenir la zone du fort Saint-Jean et arriver jusqu'à la rue Fontaine-des-Vents, au voisinage de l'actuelle place de Lenche. Bouiron nous dit qu'au contact de cette fortification, un deuxième ensemble fortifié centré autour de la Major, le bourg de la Major, contient une partie de la butte des Moulins.

Vers 954, d'après Bellet, les musulmans sont chassés de Grenoble par l'évêque Isarn. L'historien Chorier donne comme date 965. Cette différence de neuf ans entre deux auteurs montre le peu de créance qu'il faut accorder aux récits du temps.

Les musulmans prennent à nouveau en 969 Arles et Marseille[175]. Ce sont là des raids épisodiques menés par des pirates. Ils continuent à dominer dans le Dauphiné jusqu'en 972.

Cette longue période de turbulences et d'abandon des monastères s'achève lorsque Guillaume Ier, comte de Provence et d'Arles, surnommé le Libérateur repousse les Sarrasins à La Garde-Freinet en 972.

La Bataille de Tourtour (973) fait suite à cinq batailles pour la Reconquèsta des Alpes : Embrun, Gap, Riez, Ampus et Cabasse, mais aussi à Ribiers et Castellane, affrontements qui sont autant de victoires pour les chrétiens[176], qui repoussent les bandes de pillards vers le littoral.


Article détaillée : Guillaume le Libérateur


Article détaillée : Bataille de Tourtour (973)


La chute de leur domination paraît coïncider avec les attaques subies par leurs coreligionnaires au Massif de Maures.

Après un combat malheureux pour eux vers Draguignan, le Comte Guillaume le Libérateur vient assiéger le célèbre Fraxinet, forteresse redoutée. Il extermine les dernières bandes d'envahisseurs en Provence en 990. On épargne ceux qui se rendent. Les Maures plus paisibles qui ont formé des villages dans le voisinage sont respectés. Beaucoup se font baptiser. Ils sont souvent d'origines espagnoles ou berbères et méprisés par les Arabes.

Après la Reconquèsta une phase de grande prospérité[]

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La cathédrale de Marseille, la Vieille Major, détruite par les Sarrasins, est reconstruite au Xe siècle.

Le système hydraulique de la tannerie médiévale à l'emplacement de l'Alcazar.

Le déclin économique montre que pendant tout le Xe siècle, Marseille ne voit pas ses privilèges municipaux confirmés. Vers 950, la Provence est cédée au roi de Bourgogne, puis Marseille fait partie désormais des biens des Comtes de Provence.

A ces temps terribles succède enfin une phase de grande prospérité qui dure jusqu'aux guerres de religion[177].

Effectivement, la paix revient en Provence. Sous le règne de Guillaume le Libérateur, la Provence renoue avec sa prospérité d'antan. Les campagnes étant plus sures les terres sont à nouveau cultivées. De gros moyens sont mis en oeuvre - constructions de canaux, systèmes d'irrigation, assèchement de marais - tandis que la pêche, la production de vin, l'élevage, et le grand commerce maritime (Marseille) reprennent[178].

Guillaume de Marseille, le deuxième vicomte de Marseille, voit grâce aux libéralités du comte d'Arles, ses terres s'accroître. Il commence à relever de ses ruines l’abbaye Saint-Victor de Marseille, dont les Sarrasins n'ont pas laissé une pierre debout.

Vuilelmus Marchius Arelatense Provintie fait don de la propriété dans le comitatu Avinionense, à l'agro Rupiano, à Loco ... de la Lona à Saint-Victor de Marseille par charte datée du 17 avril 979, signée par Arsinda comitissa[179].

NOTES ET RÉFÉRENCES[]

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  1. Antiquité tardive
  2. MELLINAND, Philippe ; PAONE, Françoise ; et SILLANO, Bernard. Marseille de la fondation à la « ville nouvelle » de Louis XIV : entre héritages et renouveaux In : Archéologie de l’espace urbain. Tours : Presses universitaires François-Rabelais, 2013.
  3. Duneau Jean-François. La Gaule du Midi chez les auteurs orientaux (IVe-VIe siècles). In: Annales du Midi : revue archéologique, historique et philologique de la France méridionale, Tome 85, N°112, 1973. pp. 135-146.
  4. MELLINAND, Philippe ; PAONE, Françoise ; et SILLANO, Bernard. Marseille de la fondation à la ville nouvelle de Louis XIV : entre héritages et renouveaux In : Archéologie de l’espace urbain. Tours : Presses universitaires François-Rabelais, 2013.
  5. Histoire de la Provence, François Xavier Emmanuelli, Hachette (1980). ISBN 10 : 2010063643 ISBN 13 : 9782010063640.
  6. MELLINAND, Philippe ; PAONE, Françoise ; et SILLANO, Bernard. Marseille de la fondation à la « ville nouvelle » de Louis XIV : entre héritages et renouveaux In : Archéologie de l’espace urbain. Tours : Presses universitaires François-Rabelais, 2013.
  7. Marc Bouiron, De l’Antiquité tardive au Moyen Âge. PECOUT (Thierry) Marseille au Moyen Âge, entre Provence et Méditerranée. Les horizons d’une ville portuaire, Desiris Eds, 2009 (ISBN 2915418357, p. 12-4319.
  8. Histoire de la Provence, François Xavier Emmanuelli, Hachette (1980). ISBN 10 : 2010063643 ISBN 13 : 9782010063640.
  9. Edgard Weber, Maghreb arabe et Occident français: : jalons pour une (re)connaissance interculturelle, Toulouse, Presses Universitaires du Mirail, 1989' (ISBN 9782866003838).
  10. Moyen Âge
  11. Marc Bouiron, De l’Antiquité tardive au Moyen Âge. PECOUT (Thierry) Marseille au Moyen Âge, entre Provence et Méditerranée. Les horizons d’une ville portuaire, Desiris Eds, 2009 (ISBN 2915418357, p. 12-4319.
  12. Le douloureux passé de la Méditerranée: Histoire, Chantal Grand, BoD - Books on Demand, 2016.
  13. Édouard Baratier, Histoire de Marseille, édition Privat, Toulouse, 1990, p. 59 (ISBN 978-2-7089-4754-2).
  14. La France et l'islam au fil de l'histoire: Quinze siècles de relations tumultueuses, Gerbert Rambaud, Editions du Rocher, 2017.
  15. Marseille, la formation d'une grande cité moderne: Étude de géographie urbaine. Thèse pour le doctorat présentée à la Faculté des lettres de l'Université de Paris. Gaston Rambert. ISBN 2402223723, 9782402223720
  16. MELLINAND, Philippe ; PAONE, Françoise ; et SILLANO, Bernard. Marseille de la fondation à la « ville nouvelle » de Louis XIV : entre héritages et renouveaux In : Archéologie de l’espace urbain. Tours : Presses universitaires François-Rabelais, 2013.
  17. Antiquité tardive
  18. Dictionnaire des villes, villages & hameaux du département des Bouches-du-Rhône, Volume 1, Alfred Saurel, Éditeur Marius Olive, 1877.
  19. Duneau Jean-François. La Gaule du Midi chez les auteurs orientaux (IVe-VIe siècles). In: Annales du Midi : revue archéologique, historique et philologique de la France méridionale, Tome 85, N°112, 1973. pp. 135-146.
  20. MELLINAND, Philippe ; PAONE, Françoise ; et SILLANO, Bernard. Marseille de la fondation à la « ville nouvelle » de Louis XIV : entre héritages et renouveaux In : Archéologie de l’espace urbain. Tours : Presses universitaires François-Rabelais, 2013.
  21. Dictionnaire des villes, villages & hameaux du département des Bouches-du-Rhône, Volume 1, Alfred Saurel, Éditeur Marius Olive, 1877.
  22. Le Moyen Age: L'époque médiévale en 80 mots-clés, Eyrolles Pratique, Madeleine Michaux, Editions Eyrolles, 2015. ISBN 2212316828, 9782212316827.
  23. Le Moyen Age: L'époque médiévale en 80 mots-clés, Eyrolles Pratique, Madeleine Michaux, Editions Eyrolles, 2015. ISBN 2212316828, 9782212316827.
  24. Le Moyen Age: L'époque médiévale en 80 mots-clés, Eyrolles Pratique, Madeleine Michaux, Editions Eyrolles, 2015. ISBN 2212316828, 9782212316827.
  25. Une basilique funéraire paléochrétienne du Ve siècle découverte à Marseille
  26. Histoire de la Provence, François Xavier Emmanuelli, Hachette (1980). ISBN 10 : 2010063643 ISBN 13 : 9782010063640.
  27. Thouvenot Raymond. Salvien et la ruine de l'empire romain. Mélanges d'archéologie et d'histoire, tome 38, 1920. pp. 145-163.
  28. MELLINAND, Philippe ; PAONE, Françoise ; et SILLANO, Bernard. Marseille de la fondation à la « ville nouvelle » de Louis XIV : entre héritages et renouveaux In : Archéologie de l’espace urbain. Tours : Presses universitaires François-Rabelais, 2013.
  29. Duneau Jean-François. La Gaule du Midi chez les auteurs orientaux (IVe-VIe siècles). In: Annales du Midi : revue archéologique, historique et philologique de la France méridionale, Tome 85, N°112, 1973. pp. 135-146.
  30. MELLINAND, Philippe ; PAONE, Françoise ; et SILLANO, Bernard. Marseille de la fondation à la « ville nouvelle » de Louis XIV : entre héritages et renouveaux. Archéologie de l’espace urbain. Tours : Presses universitaires François-Rabelais, 2013.
  31. Antiquité tardive
  32. Une basilique funéraire paléochrétienne du Ve siècle découverte à Marseille
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  37. Sylvie Joye, L'Europe barbare 476-714, Armand Colin, 1er juillet 2015 ISBN 9782200612849.
  38. Marseille, la formation d'une grande cité moderne: Étude de géographie urbaine. Thèse pour le doctorat présentée à la Faculté des lettres de l'Université de Paris. Gaston Rambert. ISBN 2402223723, 9782402223720
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  41. Histoire de la Provence, François Xavier Emmanuelli, Hachette (1980). ISBN 10 : 2010063643 ISBN 13 : 9782010063640.
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  43. Histoire de la Provence, François Xavier Emmanuelli, Hachette (1980). ISBN 10 : 2010063643 ISBN 13 : 9782010063640.
  44. Mahomet et Charlemagne, Henri Pirenne, Nouveau Monde éditions 2012, ISBN 2365832083, 9782365832083.
  45. Duneau Jean-François. La Gaule du Midi chez les auteurs orientaux (IVe-VIe siècles). In: Annales du Midi : revue archéologique, historique et philologique de la France méridionale, Tome 85, N°112, 1973. pp. 135-146.
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  50. Delaplace Christine. La Provence sous la domination ostrogothique (508-536). Annales du Midi : revue archéologique, historique et philologique de la France méridionale, Tome 115, N°244, 2003. Police champêtre et justice de proximité. pp. 479-499.
  51. Delaplace Christine. La Provence sous la domination ostrogothique (508-536). Annales du Midi : revue archéologique, historique et philologique de la France méridionale, Tome 115, N°244, 2003. Police champêtre et justice de proximité. pp. 479-499.
  52. Antiquité tardive
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  57. Marc Bouiron, De l’Antiquité tardive au Moyen Âge. PECOUT (Thierry) Marseille au Moyen Âge, entre Provence et Méditerranée. Les horizons d’une ville portuaire, Desiris Eds, 2009 (ISBN 2915418357, p. 12-4319.
  58. Marc Bouiron, De l’Antiquité tardive au Moyen Âge. PECOUT (Thierry) Marseille au Moyen Âge, entre Provence et Méditerranée. Les horizons d’une ville portuaire, Desiris Eds, 2009 (ISBN 2915418357, p. 12-4319.
  59. Histoire de la Provence, François Xavier Emmanuelli, Hachette (1980). ISBN 10 : 2010063643 ISBN 13 : 9782010063640.
  60. Antiquité tardive
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  68. Antiquité tardive
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  70. Marc Bouiron, De l’Antiquité tardive au Moyen Âge. PECOUT (Thierry) Marseille au Moyen Âge, entre Provence et Méditerranée. Les horizons d’une ville portuaire, Desiris Eds, 2009 (ISBN 2915418357, p. 12-4319.
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  80. Antiquité tardive
  81. Mahomet et Charlemagne, Henri Pirenne, Nouveau Monde éditions 2012, ISBN 2365832083, 9782365832083.
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  85. Moyen Âge
  86. Marc Bouiron, De l’Antiquité tardive au Moyen Âge. PECOUT (Thierry) Marseille au Moyen Âge, entre Provence et Méditerranée. Les horizons d’une ville portuaire, Desiris Eds, 2009 (ISBN 2915418357, p. 12-4319.
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  88. Marc Bouiron, De l’Antiquité tardive au Moyen Âge. PECOUT (Thierry) Marseille au Moyen Âge, entre Provence et Méditerranée. Les horizons d’une ville portuaire, Desiris Eds, 2009 (ISBN 2915418357, p. 12-4319.
  89. Marc Bouiron, De l’Antiquité tardive au Moyen Âge. PECOUT (Thierry) Marseille au Moyen Âge, entre Provence et Méditerranée. Les horizons d’une ville portuaire, Desiris Eds, 2009. ISBN 2915418357, p. 12-4319.
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  91. Mahomet et Charlemagne, Henri Pirenne, Nouveau Monde éditions 2012, ISBN 2365832083, 9782365832083.
  92. Marc Bouiron, De l’Antiquité tardive au Moyen Âge. PECOUT (Thierry) Marseille au Moyen Âge, entre Provence et Méditerranée. Les horizons d’une ville portuaire, Desiris Eds, 2009 (ISBN 2915418357, p. 12-4319.
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  100. MELLINAND, Philippe ; PAONE, Françoise ; et SILLANO, Bernard. Marseille de la fondation à la « ville nouvelle » de Louis XIV : entre héritages et renouveaux In : Archéologie de l’espace urbain. Tours : Presses universitaires François-Rabelais, 2013.
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  106. CHARLES MARTEL dans le SUD-EST
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  124. CHARLES MARTEL dans le SUD-EST
  125. CHARLES MARTEL dans le SUD-EST
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  127. CHARLES MARTEL dans le SUD-EST
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  138. Édouard Baratier, Histoire de Marseille, Privat, Toulouse, 1990, p. 57 (ISBN 978-2-7089-4754-2).
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  140. MELLINAND, Philippe ; PAONE, Françoise ; et SILLANO, Bernard. Marseille de la fondation à la « ville nouvelle » de Louis XIV : entre héritages et renouveaux In : Archéologie de l’espace urbain. Tours : Presses universitaires François-Rabelais, 2013.
  141. Marc Bouiron, De l’Antiquité tardive au Moyen Âge. PECOUT (Thierry) Marseille au Moyen Âge, entre Provence et Méditerranée. Les horizons d’une ville portuaire, Desiris Eds, 2009 (ISBN 2915418357, p. 12-4319.
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  179. PROVENCE - KINGS, COUNTS
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