Wiki Guy de Rambaud
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                      Louis de Noailles, Prince de Poix


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Louis de Noailles.

Louis XVIII, le Chevalier de Rivière (écuyer de SM), le Prince de Poix, et le Duc de Grammont, lors de l'étape à Lille durant la fuite à Gand[1].

Le Prince-duc demande une pension pour une malheureuse, veuve d'un domestique du château du Trianon, en 1818.

Livre écrit à partir de mon article sur Wikipédia sur Louis de Noailles. Comme celui-ci a été vandalisé et était une ébauche, il est très incomplet.

Louis-Philippe-Marc-Antoine de Noailles, Prince de Poix est né le 21 novembre 1752 [2], rue de l'Université, hôtel de Noailles[3]. Il est ondoyé le 22 novembre 1752, à Paris, paroisse Saint-Sulpice et baptisé le 25 avril 1753, à Versailles, paroisse Notre-Dame[4]. Il est mort le 15 février 1819 à Paris[5].


D'une illustre maison du Limousin connue dès le XIe siècle[6], Louis de Noailles, chevalier, devient le 5e prince-duc de Poix à brevet en 1767[7][8], et le 2e duc de Mouchy, à la mort de son père en 1794 (1794 - 1819), marquis d'Arpajon, vicomte de Lautrec, Comte d'Harcourt et de Rahon, baron de Roquemaure, Seigneur et Châtelain de Germolles, Prévôté de Montaigu et dépendances,[9]. Il possède la principauté de Poix (Somme) et ses dépendances (Souplicourt, Frettenoble, Hescamps, Blangy, Grandpré et Cany-Cany), ainsi que des terres situées dans les départements de l'Eure (Harcourt, Le Neubourg), du Jura (Rahon) et de la Marne (Warmériville)[10].

Le prince-duc de Poix est grand-croix de l'Ordre de Malte, chevalier de Saint Louis. Il reçoit, en 1784, le collier de la Toison d'or[11] et devient chevalier de l'Ordre de la Toison d'Or, en 1785[12]. Le prince de Poix succède à son père, en 1794, dans la Grandesse d'Espagne de première classe.

Le prince-duc de Poix est nommé, le 2 septembre 1767, gouverneur et capitaine des chasses de Versailles, Marly et dépendances[13]ref>Almanach royal, Imprimerie de la Veuve D'Houry, 1770.</ref>. Puis, en 1774, colonel en second du régiment de Noailles-dragons, levé aux frais d'Anne-Jules, duc de Noailles, pair et maréchal de France, son bisaïeul, pendant la guerre de la succession d'Espagne. Dans la même année 1774, il est pourvu de la survivance de la charge de capitaine des gardes-du-corps du roi[14]. Il est créé brigadier de cavalerie le 1er janvier 1784, puis maréchal de camp le 9 mars 1788[15][16].

Louis de Noailles, franc-maçon qui a été proposé en 1787 comme officier du Grand Orient[17], est élu, le 11 avril 1789, député de la noblesse aux Etats-Généraux par le bailliage d'Amiens et Ham. Il s'y montre partisan très modéré des réformes. Il offre (28 juillet 1789), au nom de la Garde nationale de Versailles, une garde d'honneur à l'Assemblée. Mais devant la marche inquiétante de la Révolution, il donne sa démission le 9 mai 1790[18]. Pour lui l'Assemblée usurpe les prérogatives de la couronne[19].

Redevenu commandant de la garde nationale de Versailles, il est toujours fidèle au roi qu'il assiste dans les journées des 5 et 6 octobre 1789[20]. Le prince de Poix est l'un des officiers de la maison du roi qui montrent le plus de chaleur et de zèle pour la défense de Louis XVI, lors de l'attaque du château des Tuileries le 10 août 1792. Il est le seul des quatre capitaines des gardes du corps du roi qui n'a pas émigré. Il ne quitte ce malheureux Prince qu'au moment où, de la loge du logographe, il est conduit au Temple[21].

Échappé à la proscription, par une sorte de miracle, il passe en Angleterre, et ne rentre en France qu'en 1800, sous le Consulat, mais n’exerce aucune fonction publique jusqu'au retour des Bourbons[22].

Reprenant ses fonctions de capitaine des gardes du corps et titulaire de la compagnie de Beauvau[23]., il est aussi créé Pair de France, le 4 juin 1814. Il accompagne Louis XVIII à Gand pendant les Cent-Jours[24].

Des lettres patentes du 20 décembre 1817 le font duc et pair héréditaire, et lieutenant-général de ses armées le 8 août suivant[25], et le nomme gouverneur de Versailles et de Trianon. Louis de Noailles se mêle fort peu aux débats de la Chambre des pairs où il ne siège que rarement: son nom ne figure pas au scrutin dans le procès du maréchal Ney[26].

Louis de Noailles épouse, le 9 septembre 1767, Anne Louise Marie de Beauvau[27]. Louis de Noailles et son épouse divorcent le 1er décembre 1794, car il est aristocrate, royaliste et émigré.


Le Prince-Duc de Poix répète sans cesse :

A la place du Roi, moi je ferais telle chose[28].

Le château de Mouchy dans l'Oise, où le Prince de Poix finit ses jours.

Sommaire

SA FAMILLE[]

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Ses ancêtres[]

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Louis-Antoine de Noailles.

Adrien-Maurice, 3e Duc de Noailles.

Les Noailles, apparentés à Madame de Maintenon, sont une des plus anciennes familles de la Cour de France. La maison de Noailles est une famille de la noblesse française du Limousin connue dès le XIe siècle[29]. Sa noblesse française d'extraction est prouvée par filiation jusqu'à 1225 (pour les Honneurs de la Cour).

Originaire de Noailles, dans le Limousin, elle développe plusieurs branches en Auvergne et en Guyenne. La famille obtient la grandesse d'Espagne en 1711.

Elle compte :

un cardinal Louis-Antoine de Noailles, prélat français, né le 27 mai 1651 au château de Peynières à Cros-de-Montvert (Cantal) et mort le 4 mai 1729 à Paris. Évêque de Cahors puis de Châlons, il est ensuite archevêque de Paris de 1695 à 1729, créé cardinal en 1700.
et quatre maréchaux de France en trois générations, dont son grand-père, Adrien-Maurice le 3e Duc de Noailles. Il est également Comte d'Ayen, Marquis de Montclar, Comte de la Motte-Tilly, et de Nogent-le-Roy.


Le Prince de Poix appartient à la branche cadette des ducs de Mouchy et princes de Poix. Son fondateur est son père le maréchal Philippe de Noailles (1715 – 1794), frère cadet du 4e duc de Noailles. Il hérite en 1729 de sa tante la principauté de Poix et en 1747 du titre espagnol de duc de Mouchy.

Dans cette branche, le titre de prince de Poix est traditionnellement porté par le fils aîné du duc de Mouchy. En 1767, Philippe de Noailles est fait duc de Poix en France (titre de duc à brevet d'honneur, en principe non transmissible). Trois des enfants de Philippe meurent en bas âge, le dernier avant la naissance de Philippe Louis Marc Antoine de Noailles (1752 - 1819), qui est dès lors titré prince de Poix à sa naissance.

Depuis 1817, le chef de cette branche est possesseur des titres de duc de Mouchy et de duc et prince de Poix (mais il ne porte que celui de duc de Mouchy laissant à son héritier présomptif celui de duc et prince de Poix, ce dernier ne portant d'ailleurs traditionnellement que celui de prince de Poix).

Le château de Noailles dans le Limousin.

Ses parents[]

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Son père, Philippe de Noailles.

Sa mère, née Anne Claude Louise d'Arpajon (1729 - 1794), Madame Étiquette, Première Dame d'honneur de la dauphine Marie-Antoinette.

Il est le neveu de Louis, duc de Noailles et d'Ayen, maréchal de France en 1775 (1713 - 1793).

Louis Marie Marc Antoine de Noailles, son frère, général et homme politique de la Révolution française.

Philippe Louis Marc Antoine de Noailles est l'un des fils de Philippe de Noailles (1715 – 1794), deuxième fils du maréchal Adrien-Maurice, Comte de Noailles, 1er duc de Mouchy, 1er duc de Poix[30], maréchal de France, ambassadeur en Espagne. Il est la tige de la branche cadette, où il fait entrer la grandesse d'Espagne que son père a transportée sur lui. Ses actions militaires sont aussi palpitantes que ses prédécesseurs. Son premier siège est à l'âge de 16 ans! Il va participer avec grandeur aux trois grandes guerres menées par Louis XV, au point de devenir à son tour brigadier en 1743, Maréchal de Camp en 1744, Lieutenant général en 1748, le prince de Poix est un personnage, sous Louis XV, le maître tout puissant du domaine ». Gouverneur et capitaine de chasses, villes, châteaux et parcs de Versailles, Marly et dépendanceref>Almanach royal, Imprimerie de la Veuve D'Houry, 1770.</ref>. L'aristocrate mène grand train[31]. Il est enfin élevé au titre de Maréchal de France, en 1775, en même temps que son frère aîné. Il assiste, comme maréchal de camp, à la bataille de Fontenoy et est fait maréchal en 1775. Lorsque la Révolution éclate, il s'honore par son dévouement au roi. En effet, ce vaillant Philippe reste aussi en France lors de la période révolutionnaire, mais la vieillesse ou la maladie ne l'emportent pas avant la Terreur : il est condamné à mort en même temps que sa femme, sa nièce et sa belle fille par le tribunal révolutionnaire le 27 juin 1794. Jacques Hérisset rapporte ces troublantes paroles :

alors que quelqu'un lui lançait un "courage, Monsieur le Maréchal", cet illustre Philippe répondit : "à quinze ans, j'ai monté à l'assaut pour mon Roy, à près de quatre-vingts, je monterai à l'échafaud pour mon Dieu !"[32].


Louis de Noailles est le fils de la duchesse, née Anne Claude Louise d'Arpajon (1729 - 1794). Née en 1729, c'est l'arrière petite-fille de Jules Harouin Mansart, ce grand Architecte en Chef du nouveau Versailles, Maître des Bâtiments de France et 1er architecte du Roi. Louis XIV l'a anobli, et ses enfants peuvent ainsi se marier avec des membres de la Noblesse, pour finalement en arriver à faire union avec l'une des plus influentes familles de la Cour de France. Anne-Claudine-Louise d'Arpajon part à la rencontre de Marie Antoinette à la frontière avec l'ensemble de l'entourage français à le 7 mai 1770. Marie Antoinette va la surnommer Madame Étiquette. La Dauphine doit supporter chaque jour une vieille personne peu souriante (car pieuse et réservée) et à cheval sur la bienséance. Anne Claudine de Noailles est surtout pieuse, femme d'un homme au courage exemplaire, et mère de sept enfants. Elle doit démissionner pour laisser la place à la Princesse de Lamballe, puis est victime à son tour de la Terreur au moment de la conspiration des prisons. C'est la 3e de ces soi-disant conspirations appelée conspiration du Luxembourg du 4 thermidor an II qui est à l'origine de cette arrestation familiale massive. On cherche en ce moment révolutionnaire à trouver milles excuses possibles pour l'élimination massive des prisonniers et à purger les prisons, quitte à se fournir de faux témoignages et de fausses accusations. Parmi les 45 victimes du 4 thermidor, on compte : la Duchesse de Brissac, notre Madame Étiquette, son époux, la vicomtesse de Noailles accompagnée de sa mère la Duchesse d'Ayen et sa grand mère (la belle-soeur de Philippe et Madame Étiquette). Ils sont pour la plupart inhumés au cimetière de Picpus à Paris.

Philippe Louis Marc Antoine de Noailles est ondoyé en la paroisse Saint Sulpice à Paris le 22 novembre 1752. Il a comme parrain et marraine :

Filippo di Borbone, duca di Parma (1720 - 1765)

Louise-Élisabeth de Bourbon, infante de España (1727 - 1759).

Il est le neveu du maréchal Louis de Noailles[33], dont la petite-fille se marie avec Gilbert du Motier, marquis de La Fayette. 

Philippe Louis de Noailles est le frère du Vicomte de Noailles, général et homme politique de la Révolution française, et le beau-frère de Emmanuel Céleste Auguste de Durfort-Civrac de Lorge, 5e Duc de Lorge (1741 - 1800).

L'hôtel de Noailles à Paris.

AVANT LA RÉVOLUTION FRANÇAISE[]

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Selon Condorcet et le marquis de La Rochefoucauld-Liancourt :

Le prince de Poix était d'un caractère opposé à celui de son frère. Il passait pour être sans esprit, parce qu'il était bon homme et franc. Il disait tout simplement les vérités, au lieu de leur donner cette enveloppe qu'on nomme esprit, et dont il faut convenir qu'elles ont besoin dans le monde, comme d'un firman pour passer à travers les bandes de mamelouks ou de janissaires de la société. Cependant il avait un instinct de bon jugement, et souvent même une sagacité spontanée qu'il ne cachait pas plus que ses autres sentimens, et qui étonnait, parce qu'elle était imprévue par les autres puisqu'elle était imméritée par lui[34].

Officier (1766)[]

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Le Prince de Poix allant au souper de Metz (8 août 1775).

Étendard du régiment de Noailles cavalerie, avers.

Le Prince de Poix, capitaine des Gardes.

Louis de Noailles passe son enfance au château d'Arpajon, près de Paris[35].

Avant la Révolution française, le prince de Poix est reçu garde de la 2e Compagnie, 1re compagnie française des Gardes du corps du roi, du Maréchal de Beauvau, le 28 décembre 1766[36].


¤ Minutes ou transcriptions authentiques d'actes émanés des rois Louis XIV et Louis XV expédiés par le secrétaire de la Maison du Roi et concernant le royaume ou des particuliers [1669-1786]. Tome XVII : MEZI-N (1610-1786) : NOAILLES (Louis-Philippe-Marc-Antoine de), prince de Poix, chevalier de l'ordre de Malte : provisions pour le gouvernement (1766)


Poix est sous-lieutenant du régiment des carabiniers, le 20 avril 1768[37] et est nommé sous-aide major le 20 avril 1769[38].

Il est nommé capitaine dans le régiment de Noailles-dragons le 3 janvier 1770[39], puis mestre de camp (colonel) dans le même régiment en 1774[40].

En 1775, outre son parent, Lafayette, parmi les autres frères visiteurs qui assistent à la consécration de la loge La Candeur, on trouve, le Comte de Lameth, et le Prince de Poix, officiers de l’armée dont le quartier général est à Metz Le Marquis De La Fayette. Il est colonel-propriétaire du régiment de Noailles-dragons[41]. Le régiment des dragons de Noailles date de 1688. Sous la monarchie, il appartient à chaque génération à cette famille noble originaire du Limousin de laquelle il tire son nom. Trois maréchaux de Noailles servent dans ses rangs avant lui..

Le roi lui confie fin 1775 une charge de capitaine des Gardes du corps du roi de la 2e Compagnie, 1re compagnie française, après la démission de son beau-père, le Maréchal de Beauvau[42]. En 1779, avec cette compagnie, il se prépare à envahir l'Angleterre[43]. La compagnie de Noailles, bandoulière bleue, a comme garnison Troyes et comme capitaine le prince de Poix.


¤ NOAILLES (Louis-Philippe-Marc-Antoine de) prince de POIX : lettres patentes lui permettant de déléguer une somme annuelle de 17 500 l. au comte de Tessé, premier écuyer de la reine, sur les appointements de sa charge de capitaine des gardes du corps du roi.


Poix est brigadier des armées le 1er janvier 1784[44]. Le 9 mars 1788, il est élevé par Louis XVI au grade de maréchal de camp et commande une brigade de chasseurs dans la division d'Alsace, le 1er avril 1788[45].

Le prince de Poix est noté : très occupé de son service et a des talents militaires [46].

Gouverneur (1767)[]

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Le Château de Marly.

La famille royale en bateau sur le Grand Canal.

Grand Palais (Château de Versailles).

Le 18 octobre 1767, le comte de Noailles assure le maintien de la charge d'intendant avec le titre de capitaine et gouverneur de la ville et des chasteaux de Versailles, Marly et dépendances et capitaine des chasses de nos parcs dépendans desdits lieux dans sa famille. Poix succède à son père le 18 avril 1767[47] :

Sa majesté lui accorde la survivance du gouvernement de Versailles[48][49].

Puis son père lui abandonne la place à ses vingt-cinq ans, le 1er janvier 1778, se réservant pour lui-même la survivance en cas de pré-décès ou de démission et deux tiers des appointements[50][51].

C'est en effet une charge lucrative, avec des appointements de 26.000 livres en 1729 (le duc de Noailles en reçoit alors 20.000, le reste allant à son fils mineur, qui sont portés à 36.000 livres en 1749, attendu que lesdits appointements sont moins forts que ceux de ses prédécesseurs. Plus d'importantes fournitures en nature : 300 cordes de gros bois, 15.000 fagots, 2.000 livres de chandelle et 1.200 muids de charbon. Le gouverneur a un appartement au château, un autre dans l'hôtel du gouvernement (l'ancien hôtel de Madame de Pompadour, rue des Réservoirs, après 1765). C'est dans cet appartement qu'occupe son secrétaire intime, Auguste de Rambaud, que naît le père de mon arrière-grand-père, Ernest de Rambaud, en 1819[52].

Le 7 décembre 1768, le Roi de Danemark, se rend au Château de Marly où Sa Majesté Danoise est reçu par le Comte de Noailles, Gouverneur du Château de Versailles, et par le Prince de Poix son fils, Gouverneur en survivance, lesquels ont l'honneur de l'accompagner dans les jardins, et de là la conduisent au grand et petit Château de Trianon...[53].

La dépense atteint deux millions à la Révolution. Un quart va à la pourvoirie des maisons royales, Versailles, Marly, Trianon, Meudon. Un autre quart sert aux appointements de plus de six cents personnes dans la douce habitude d'être payés tous les quartiers, personnel du domaine lui-même ou du bailliage, personnel d'entretien et de surveillance des bâtiments royaux (concierges, frotteurs, valets, gardes)[54]. Ce budget et ces activités correspondent en 1789 à ceux d'un ministère.

Le Prince attribue même les appartements des courtisans. À la mort du maréchal de Biron en 1788, le prince de Poix écrit au comte d’Angiviller :

M. le duc du Châtelet prendra le logement de M. le maréchal de Biron. Il est dans un état affreux et impossible à habiter[55].

Franc-maçon comme tous les Noailles[]

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Louis de Noailles, Prince de Poix (1752 - 1819 est officier de la Loge de la Fidélité d'Hesdin en 1786.

Louis de Noailles, Prince de Poix (1752 - 1819), en 1790, par Labadye, Charles Toussaint, dessinateur.

Poix est d'une famille de francs-maçons. Il est certainement comme louveteau initié très jeune.

La Fayette découvre la franc-maçonnerie en 1775 quand il est en garnison à Metz. Les troupes royale y sont placées sous le commandement du Maréchal-duc de Broglie, et du Prince de Poix. On les retrouve au souper de Metz (8 août 1775).

Le père du Prince, Philippe de Noailles (1715 – 1794), Comte de Noailles, 1er duc de Mouchy, 1er duc de Poix, maréchal de France, obtient la patente, en 1751, pour créer la Loge Saint-Philippe[56] à l'Orient de Versailles.

Louis de Noailles, franc-maçon qui a été proposé en 1787 comme officier du Grand Orient[57] retrouve son parent Lafayette et Lameth à la Loge très aristocratique La Candeur[58].

Le prince de Poix est protecteur de l'abbaye de Remiremont, même s'il est franc-maçon. C'est une tradition, même le Noailles-Dragons a une loge militaire formée par son oncle[59]. Noailles 63% des officiers de Noailles-Dragons sont maçons[60]. Son maître d'hôtel en est aussi.

Louis de Noailles, Prince de Poix (1752 - 1819 est officier de la Loge de la Fidélité d'Hesdin en 1786. Cette loge est la plus importante de l'Artois jusqu'à la Révolution

Philippe d'Orléans, Grand Maître de la franc-maçonnerie française, Philippe de Noailles, son père, Lauzun, le chevalier vice-amiral de Rohan, le général de Beauharnais, l'amiral d'Estaing... tous francs-maçons, sont décapités.

Le Comte de La Marck dîne en 1788 à Versailles avec Honoré Gabriel Riqueti de Mirabeau, chez le Prince de Poix, avec quelques gens de cour. Il dit :

N'oublions pas que nous sommes ici chez le prince de Poix, c'est-à-dire du point de vue de Versailles et de ce monde exquis et élégant, d'une simplicité qui était le dernier degré du bon goût[61].

L'orateur de la loge des Neuf Sœurs, Emmanuel de Pastoret relate un discours de Mirabeau, en 1783, et indique la date de son affiliation à la loge.La Marck est Officier et député du Grand Orient de France. Même son amie Agathe de Rambaud, qui est une véritable mère pour le Dauphin, selon Alain Decaux, est d'une famille qui compte de nombreux francs-maçons[62].

Baron de Roquemaure en 1769[]

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Ruines du château de Roqumaure.

Roquemaure au siècle dernier.

Une gravure situe les biens du Prince de Poix autour de Roquemaure (Veyrenc XVIIIe). Intitulée Vue de la ville de Roquemaure, Dédiée à Monseigneur le Prince de Poix, Capitaine des gardes du corps du Roy, Gouverneur de Versailles-Marly et Co, Brigadier des Armées du Roy et Seigneur de Roquemaure et Co. Par son très humble et très obéissant serviteur Veyrenc. Elle n’est pas datée [63].

Mais, par ailleurs, on sait que Louis Philippe Marc-Antoine de Noailles, Prince de Poix, est l’un des co-seigneurs de Roquemaure en 1769 (Nova 1994, p. 24-26) et en 1778 (AM Roquemaure, Compoix de 1778). Le dessin est donc réalisé dans les années 1770. L’artiste s’est installé sur les collines occidentales de Roquemaure et représente la ville dominée par son château et, dans le lointain, à l’orient, les châteaux de L’Hers et Châteauneuf-du-Pape[64].

Le prince de Poix, la marquise de Saignon, le sieur Broche de Vaux et le chapitre collégial de Roquemaure sont maintenus dans la jouissance des droits de péage sur le Rhône[65].

Face à Châteauneuf-du-Pape, le château de Roquemaure est bâti sur un rocher inaccessible à l'ouest, au nord et à ... Au moment de la Révolution, le château, qui appartient à Louis-Philippe de Noailles, prince de Poix, ne survit pas aux troubles révolutionnaires[66].

Le souper de Metz (8 août 1775)[]

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Le souper de Metz (8 août 1775).

Adrienne de Noailles, marquise de Lafayette, dont il est l'oncle à la mode de Bretagne.

En août 1775 le capitaine Gilbert de La Fayette est envoyé par son beau-père, le duc d'Ayen, en garnison à Metz pour y parfaire sa formation militaire.

Il raconte dans ses Mémoires qu'il participe le 8 août à un dîner offert par le comte de Broglie au duc de Gloucester, frère du roi d'Angleterre, pour évoquer l’Independence Day (4 juillet 1776). C’est le jour même de ce fameux dîner de Metz que le jeune officier prend la décision de partir combattre pour l'indépendance de l'Amérique[67].

Les feuilles locales signalent à la date du 17 août 1775 :

Nous possédons à Metz depuis plus de huit jours, S.A.R. Mgr le duc de Gloucester qui voyage avec la princesse son épouse, leur enfant et une nombreuse suite. Leurs A.R. ont honoré plusieurs fois le spectacle de leur présence et ont visité toute la ville. Monseigneur le prince de Poix et plusieurs seigneurs qui sont à Metz ont eu l’honneur de leur donner à manger.

Et encore à la date du 24 août 1775 :

Mgr le duc de Gloucester après avoir resté trois jours à Nancy, en est parti le 19 de ce mois à onze heures du matin pour se rendre à Lunéville et Strasbourg où il doit prendre la route d’Italie.

Il n’est donc pas question ici des Broglie, comme il est souvent écrit. Le prince de Poix mentionné est Philippe-Louis-Marc-Antoine de Noailles, neveu du maréchal Louis de Noailles, dont la petite-fille est précisément l’épouse de Gilbert du Motier, marquis de La Fayette. Il n'est pas un proche parent des princes de Broglie.

Lafayette a donc choisi les convives parmi les officiers en garnison à Metz. Que les Affiches se contentent de citer le prince de Poix n'est pas surprenant : outre qu'il est le plus titré, il est colonel-propriétaire du régiment de Noailles-dragons[68]. Et il est l'oncle à la mode de Bretagne d'Adrienne de Noailles, marquise de Lafayette.

Les retours d'Amérique de son parent Lafayette (1779 et 1785)[]

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A chacun de ses retours d'Amérique Lafayette revient à l'Hôtel de Noailles où son épouse vie chez ses parents.

Publication du traité de paix de Versailles entre la France et l'Angleterre 25 novembre 1783.

En février 1779, de retour en France, La Fayette sait très habilement rendre populaire la cause des Insurgents et son expédition américaine auprès de l'opinion publique en France. Le 11 février, il débarque à Versailles chez le Prince de Poix qui donne un bal[69].

La sanction qu'il reçoit pour avoir désobéi et quitté la France n'est que symbolique, puisqu'elle n'est limitée qu'à une dizaine de jours d'arrêts qu'il passe chez lui dans son hôtel de Noailles auprès de sa femme, Adrienne[70]. Le Prince de Poix lui évite la Bastille et lui présente les ministres[71].

Il écrit au Prince de Poix en septembre 1780 que la flotte française de Ternay est toujours bloquée dans le port de Newport. Lui est avec Washington[72].

La Fayette revient à Paris, une nouvelle fois, dans les derniers jours de 1785. Son retour excite un enthousiasme considérable. La reine Marie-Antoinette, qui assiste alors à une fête à l'hôtel de ville, veut conduire Madame de La Fayette dans sa propre voiture à l'hôtel de Noailles où vient de descendre son époux.

Il existe à la cour un jeu de société avec 43 jeunes capitaines imaginaires de vaisseaux de la guerre d'Indépendance américaine. Le prince de Poix, son frère et Lafayette sont sur la liste à cause de leur popularité[73].

Comte de Rahon en 1780[]

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Rahon.

La terre de Rahon, érigée en comté en 1780, en faveur de M. de Noailles, prince de Poix, releve directement du comté de Bourgogne et compte parmi ses dépendances Molay, Port-Aubert, une partie de Parrecey, le Gros-Saulçois et Champdivers[74].

Louis de Noailles, prince de Poix, est envoyé en possession de la terre de Rahon par un arrêt du parlement de Paris du 7 septembre 1780. Il la fait ériger en comté et la vend, en 1786, à Jacques-Marie Lebœuf de Valdahon. Jeanne-Antoinette-Gabrielle de Monnier, veuve de cet acquéreur, émigre avec Jules-César-Antoine-Joseph-Hilaire et Michel-Léopold-Antoine Lebœuf de Valdahon, ses fils, et leurs biens sont vendus nationalement[75].

Les idées des lumières (avant 1781)[]

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La baronne du Marchais devenue comtesse d'Angevillier est à l'origine du Salon de Madame Necker.

La fausse magie. André-Ernest-Modeste Grétry (1741-1813).

Cérémonie de réception de réception de la Toison d’or au XVIIe siècle.

Poix est présent, le 12 mars 1776, au lit de justice pour t'enregistrement des édits sur la suppression de la corvée, des jurandes et autres. Dans la salle immense il est à gauche, sur un banc au-dessous de celui des pairs ecclésiastiques avec le duc d'Ayen, le duc de Villeroy, et le prince de Tingry. Ce jour là Poix précède le roi qui va au lit de justice[76].

Proche des milieux philosophiques, Charles Claude Flahaut de La Billarderie, Comte d'Angivilliers aide Suzanne Necker à constituer son salon en lui dépêchant pour l’assister son amie la baronne de Marchais, qu’il épouse en 1781. Le prince de Poix, ouvert aux idées des lumières, fréquente le salon de la baronne de Marchais devenue Comtesse d'Angivillers [77].

Madame Necker parle d'une femme enchanteresse. La cour s'y rencontre avec l'Académie française et les gens à la mode des arts et lettres : Diderot, d'Alembert, Jean-François de La Harpe, Charles Pinot Duclos, Jean-François Marmontel, Bernardin de Saint-Pierre[78]. Poix aime à y retrouver le lieutenant des chasses Charles Georges Le Roy[79]. Le comte d'Angiviller préfére rencontrer dans le salon de sa femme quelques grands seigneurs authentiques, tels le prince de Poix, qui en est un des familiers, ou le marquis de Créquy, même

Le prince de Poix, amoureux d’une des femmes de chambre de la Reine en profite pour rencontrer cette jeune personne dans ce salon de la rue de l'Oratoire, à Paris. Il n'est pas un mari aussi sédentaire que son vénérable père. Les femmes de chambre de la Reine sont toutes de très belles dames généralement issues de la plus haute bourgeoisie[80].

Dans le salon de la princesse de Poix se réunissent le Marquis de Lally-Tollendal, Anne-Pierre de Montesquiou-Fézensac, bien entendu Gilbert du Motier, marquis de La Fayette, Mmes d'Hénin, de Tessé, de Lauzun. Le Prince de Poix est l'un des plus chauds partisans de Necker. Ils sont tous favorables aux idées nouvelles. Louis de Noailles croit aux bonnes intentions des révolutionnaires[81]. On sort enfin de deux siècles d’absolutisme et d’intolérance religieuse et son amie Agathe de Rambaud et tout un peuple - pas que la cour des miracles - se metttent à rêver d’un nouvel Henri IV[82].


La fausse magie, comédie en un acte présentée pour la première fois sur le théâtre de la Comédie italienne, le mercredi premier février 1775, est dédiée à Monseigneur le Prince de Poix[83], ce qui nous l'importance du personnage.

Mirabeau, en 1784, va trouver le prince de Poix, et lui remet une lettre au roi, datée de Versailles, du 23 avril 1784, où il se plaint à sa majesté, d'une manière aussi noble que ferme et respectueuse, du déni de justice du garde-des-sceaux. Poix, avant de remettre la lettre au roi, a une entrevue avec le garde-des-sceaux, et n'en obtient aucune satisfaction [84].


Le Roi d'Espagne ayant disposé de l'Ordre de la Toison d'or, en faveur du Prince de Poix, Capitaine des Gardes du Corps du Roi, & Gouverneur de Versailles, les Chevaliers de la Toiſon d'or se sont assemblés, en 1785, à Fontainebleau, dans le Cabinet de Monsieur, où ce Prince (le futur Louis XVIII), en vertu d'une Commission de Sa Majesté Catholique, après avoir tenu Chapitre de l'Ordre, reçoit Chevalier le Prince de Poix, le Duc d'Ayen, Capitaine des Gardes-du Corps du Roi, lui servant de Parrain. Les 32 Grands Officiers de l'Ordre sont représentés par le Sieur Taillepied de la Garenne, Secrétaire des Commandemens de Monsieur[85].

Le voyage du duc Paul de Russie (mai 1782)[]

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Paul de Russie à Versailles est accueilli par le Prince de Poix.

Fête de nuit donné par la reine Marie-Antoinette au Comte du Nord, pseudonyme du Grand Duc Paul de Russie, futur Tsar Paul Ier.

Le voyage du « comte » et de la « comtesse du Nord » (noms d’emprunt utilisés par le grand-duc Paul de Russie et son épouse Marie Feodorovna) à travers l’Europe en 1781-1782 fait l’objet d’un nombre considérable d’écrits qui varient aussi bien par leur genre que par le public ciblé[86].

Monsieur le prince de Poix, en tant que gouverneur de Versailles, les reçoit à la descente de leur voiture, sous la voûte de la chapelle, et les conduit dans leur appartement, qui est celui de Monseigneur le prince de Condé[87]. Le prince de Poix conduit donc Leurs Altesses dans l'appartement qui leur a été préparé au rez-de-chaussée[88].

Ce prince et cette princesse y trouvent Monsieur le comte de Vergennes, ministre et secrétaire d’État ayant le département des Affaires étrangères, qui leur est présenté par le prince de Bariatinski. Monsieur le prince de Poix leur est aussi présenté, dans ce moment, en qualité de gouverneur de Versailles, ainsi que Monsieur le maréchal de Mouchy [89].

... Le lendemain, à environ 10 heures du matin, Monsieur le comte de Vergennes, Monsieur le marquis de Ségur et Monsieur le marquis de Castries viennent chez Monsieur le comte du Nord. Le roi et la reine s’y rendent vers dix heures et demie, étant accompagnés de Monsieur le prince de Poix, capitaine des gardes du corps de quartier, et de Monsieur le duc de Villequier, premier gentilhomme de la Chambre du roi[90].

Le 15 du même mois, le roi et la reine prennent Monsieur le comte et Madame comtesse du Nord dans leur appartement pour les mener à Marly... Les voitures attendent devant la colonnade de la chapelle, elles sont à quatre places... Dans la deuxième voiture on trouve une dame du palais de la reine, une dame de Madame la comtesse du Nord, le ministre de Russie et Monsieur de Poix. Ce dernier joint à la qualité de gouverneur de Marly, celle de capitaine des gardes de quartier. Les voitures de leurs Majestés sont accompagnée des gardes du corps[91].

Au niveau du protocole, pour l'audience chez le roi, le duc Paul de Russie est reçu comme un grand seigneur, sans honneurs particuliers tirant à conséquence. On n'ouvre qu'un battant du cabinet du conseil et le visiteur est présenté par le prince de Poix, et par le ministre plénipotentiaire de Russie. Pareillement chez la reine et partout.

Poix accompagne Louis XVI à Cherbourg (juin 1786)[]

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Le roi a dans son carrosse le Prince de Poix, le duc de Villequier, le Duc de Coigny[92].

Le prince de Poix (triangle, en uniforme de capitaine des gardes), les ducs de Villequier et de Coigny accompagnent Louis XVI[93].

Le prince de Poix, les ducs de Villequier et de Coigny accompagnent Louis XVI dans la rade de Cherbourg.

Le voyage du Roi à Cherbourg est décidé pour le 21 juin 1786... Messieurs les Maréchaux de Ségur et de Castries doivent accompagner le Roi durant ce voyage, ainsi que le Prince de Poix, comme Capitaine de ses gardes[94]. Dans les Mémoires secrets pour servir à l’histoire de la République des lettres en France, l’auteur de la chronique précise, à date du 3 juillet 1786, qu’au moment de son départ, le roi a dans son carrosse le Prince de Poix, son capitaine des gardes ; le duc de Villequier, son premier Gentilhomme de la Chambre ; le Duc de Coigny, son premier Écuyer : et Sa Majesté a de plus pris à Harcourt, le Duc de ce nom, Gouverneur-général et Commandant de la Province. Louis XVI arrive à Bayeux à 13h 30. Le corps municipal remet les clefs de la ville au roi et trois placets au prince de Poix.

Le temps est magnifique. Louis XVI ne se lasse pas d’admirer les moissons qui couvrent la campagne. Il prend une joie d’enfant à passer la tête à la portière, pour mieux respirer la senteur des champs ; et, se retournant vers ses compagnons de route, le prince de Poix, les ducs de Villequier et de Coigny :

Convenez, messieurs, leur disait-il gaîment, que Virgile avait raison de conseiller aux Romains de déserter leurs villas pour aller chercher de douces émotions au sein de la campagne[95].

Le Roi remet à M. l'Intendant de Caen (M. de Brou) une somme de vingt mille livres, pour subvenir aux besoins provisoires des malheureux qui ont éprouvé les ravages de la grêle, le 14 juin dernier. L'Administrateur de l'hôpital généra reçoit des mains de M. le Prince de Poix, par ordre de sa Majesté, huit mille livres pour les pauvres de cet hôpital[96].

Poix est dans la plus haute faveur à la Cour[97].

Sa majesté lui accorde la survivance du gouvernement de Versailles[98].

Le pavillon de La Lanterne (1787)[]

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C'est en 1787 que le prince de Poix, capitaine des chasses, et gouverneur de Versailles fait rebâtir le pavillon de La Lanterne.

Les bâtiments de l'ancienne ménagerie pour Louis XV enfant.

Philippe de Noailles et Anne-Claudine-Louise d'Arpajon occupent une position éminente à la cour de Louis XVI. Son père est, avant lui, gouverneur et capitaine des chasses, villes, châteaux et parcs de Versailles, Marly et dépendance[99].

Louis XV et Louis XVI font un don de terrain au maréchal de Mouchy, près de la ménagerie de Versailles, le 24 avril 1760[100][101]. Le pavillon de La Lanterne est une bâtisse du XVIIIe que fait construire le père du prince de Poix. Il bénéficie d’un appartement dans l’aile droite du Château sous Louis XV. Sa femme est la première dame d’honneur auprès de la reine. Mais le prince de Poix rêve d’avoir un jardin à lui tout seul et le roi lui accorde un terrain, en 1756, à l’extrémité du parc : 49.000 mètres carrés au bout de l’allée de la Tuilerie, à droite de l’ancienne mine de la Sablière et du Pavillon de la Girafe de la Ménagerie[102].

Cette proximité fait que les odeurs régnantes à La Lanterne sont pestilentielles. Le prince de Poix y réside très peu et la bâtisse reste un lieu de passage[103], même si en 1787 il fait remanier cette belle demeure. C'est une résidence estivale qui abrite sa collection de plantes[104].

Après la Révolution le Prince de Poix ne réclame pas cette bâtisse et ses jardins, donc Louis XVIII la récupère.


Nouveau plan de Versailles dédié à Mgr le Prince de Poix : 1783 / par M. Contant de la Motte, ingénieur géographe au Département de la Guerre, attaché au Bureau des Fortifications ; gravé par Croisey.

LES DÉBUTS DE LA RÉVOLUTION FRANÇAISE (1789 - 1792)[]

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Emblème de la Constituante.

Son amitié pour son parent par alliance, La Fayette, fait qu'il n'est plus un noble attaché à ses privilèges comme son père[105]. Poix est entouré de francs-maçons ou leurs proches, comme la marquise de La Tour du Pin qui s'installe chez lui dès les premiers jours de la Révolution[106].

Selon Condorcet et le marquis de La Rochefoucauld-Liancourt :

Il ne fut ni ami ni ennemi de la révolution, mais il chercha en tout temps ce qui lui semblait bon et juste. Aussi fut-il proscrit également par les jacobins et les émigrés. Lorsqu'il quitta la France, il alla tout droit à Coblentz, croyant de bonne foi qu'il y serait reçu à bras ouverts. Mais on le chassa, et même en l'expulsant on abusa de sa bonhomie; car on exigea de lui sa démission de capitaine des gardes. Il s'en vengea noblement, en se montrant encore plus dévoué aux Bourbons pendant leur malheur[107].

La marquise de La Tour du Pin à La Lanterne (1789)[]

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La marquise de La Tour du Pin.

La Lanterne à Versailles.

Sur les premiers jours de la révolution, la marquise de La Tour du Pin écrit :

... M. de Poix, comme gouverneur de Versailles, disposait, à la Ménagerie, d'une charmante petite maison attenant à un joli jardin. Il la prêta à ma tante, qui s'y installa avec tous ses gens, son cuisinier, ses chevaux et les miens, c'est-à-dire mes chevaux de selle, et mon palefrenier anglais. Cette habitation était très agréable...[108].
... Je n'ai pas conservé le souvenir du motif pour lequel je n'accompagnai pas la reine avec toute sa maison à la procession qui eut lieu après la messe du Saint-Esprit. J'allai voir passer cette procession, qui traversa, comme c'était l'usage, la place d'Armes, pour se rendre d'une des paroisses de Versailles à l'autre. Nous occupions, avec Mme de Poix, l'une des fenêtres de la grande écurie. La reine avait l'air triste et irrité. Était-ce un pressentiment?...[109].
Si l'on réfléchit que ma position personnelle me mettait à portée de tout savoir ; que M. de Lally, membre influent de l'Assemblée, demeurait, avec ma tante et moi, dans la petite maison de la Ménagerie ; que j'allais tous les jours souper à Versailles, chez Mme de Poix, dont le mari, capitaine des gardes, et membre de l'Assemblée, voyait le roi tous les soirs à son coucher ou à l'ordre, on sera bien surpris de ce que je vais conter... [110].

Lally-Tollendal, son protégé, est élu député de la noblesse de Paris aux Etats généraux. Il se transporte à Versailles pour s'y fixer pendant la session. Ne pouvant partager avec Mme d'Hénin, sa maîtresse, l'étroit appartement dont elle a la jouissance au palais comme dame de la Reine, le prince de Poix leur prête la charmante petite maison, qu'il possède comme gouverneur de Versailles, à la Ménagerie, dans le parc, à l'extrémité du bras gauche du grand canal. Mme d'Hénin s'y installe avec Lally, tous ses gens, son cuisinier et ses chevaux[111].

Député du bailliage d'Amiens (11 avril 1789)[]

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L'autre élu député de la noblesse aux Etats généraux par le bailliage d'Amiens et Ham est très hostile dès son début à la Révolution.

Louis de Noailles, prince de Poix, est élu, le 11 avril 1789, député de la noblesse aux Etats généraux par le bailliage d'Amiens et Ham. En Picardie il est élu aussi commissaire de cette assemblée de la noblesse. Il n'est qu'un grand seigneur vivant à la Cour et à Paris, uniquement richement possessionné dans le sud de l'Amiénois et le Santerre.

D'ailleurs le petit Poix est à l'opposé des autres aristocrates élus en Picardie un partisan de réformes modérées[112].

L'autre élu député de la noblesse aux Etats généraux par le bailliage d'Amiens et Ham est Joseph Anne Maximilien de Croÿ, duc d'Havré (Paris, 12 octobre 1744 – Château d'Havré, 14 octobre 1839), un maréchal-de-camp et chevalier de l'ordre de la Toison d'or, comme lui. Mais, il fait partie de la minorité hostile à toute réforme, proteste contre la réunion des trois ordres et contre la déclaration des droits, et émigre, dès 1791, contrairement au Prince de Poix.

Louis de Noailles et de Croy sont les deux seuls membres de l'Assemblée constituante, venant de la noblesse du bailliage d'Amiens et Ham. Charles-Gabriel, comte de Gomer, chevalier, seigneur de Quevauvillers, Bougainville et autres lieux, n'est que suppléant.

Le Prince de Poix est pour la réunion des trois Ordres[]

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Députés de la noblesse aux Etats-Généraux.

Louis de Noailles, Prince de Poix, (1752 - 1819). Député de la noblesse à la Constituante.

Le Prince de Poix ne prête pas serment pour ne pas déplaire à Louis XVI.

Anne de Beauvau-Craon (1750 - 1834), sa femme est libérale, et loge au château avec les deux comtesses d'Escars, ses amies qui partagent ses idées[113].

Le choix du Manège pour le lieu des séances de l'Assemblée Constituante est à l'origine de beaucoup de plaisanteries et plusieurs pamphlets dont le plus remarquable porte le titre suivant : Les chevaux au manège, ouvrage trouvé dans le porte-feuille de monseigneur le prince de Lambesc, grand écuyer de France. Parmi les noms des députés dont il est question dans cet opuscule le Beau, c'est le prince de Poix

Le 6 mai, le Tiers état demande la vérification des pouvoirs en commun. La noblesse et le clergé refusent de siéger avec le tiers.

Le 12 mai Poix fait partie d'une petite délégation d'élus de la noblesse qui rencontre de doyen des élus du tiers.

Le 16 juin, dix-neuf ecclésiastiques, rejoignent les Communes.

Le Prince de Poix fait partie de la minorité de la noblesse qui demande la réunion des trois ordres[114].

Le 15 juin, Mirabeau propose que les Communes prennent le nom d'Assemblée des représentants du peuple français.

Les députés du tiers-état prennent le nom d'Assemblée nationale.

Des députés de la noblesse, le colonel-comte de Lambertye, s'y oppose. Le 24 juin 1789, dans un parc isolé de Versailles, Louis de Noailles, prince de Poix, se bat en duel avec le colonel-comte de Lambertye. Ils se sont disputés à la buvette de la Chambre de la noblesse au sujet de la conduite à trouver vis-à-vis du Tiers Etat. Le comte accuse Poix, son frère et Lafayette d'aller rapporter à la Chambre du Tiers ce qui se dit à la Chambre de la noblesse. Le Prince de Poix menace de tout incendier à cause du dernier arrêt péremptoire de la noblesse. Lambertye le menace avec le pain long qu'il tient à la main. Louis est blessé légèrement à la main Mais le combat continue et Poix le blesse grièvement aux intestins[115]. Le prince de Poix a fait à la nation le sacrifice d'une pension de 8.000 livres, nous dit le Dictionnaire de la noblesse[116]. Les journaux parlent de la victoire du héros du parti populaire sur le héros de la noblesse. Il est vrai que cet affrontement est encore unique à cette époque.

Louis XVI fait fermer la salle où se réunissent les députés à Versailles. Au coup de force du roi répond ainsi un véritable coup d'État : les députés jurent de ne se séparer qu'après avoir donné une constitution à la France ; c'est le serment du Jeu de paume. Le roi, désespérant de vaincre leur résistance, invite les deux autres ordres à se joindre à eux (27 juin).

Sur la motion d'un des Membres de l'Assemblée, elle approuve, en juin, provisoirement la division des Membres de l'Assemblée en vingt Bureaux. Le Prince de Poix est élu Président du seizième Bureau[117].

Le 17 juillet 1789, Poix défend la portière du carrosse du Roi, lui-même contre une foule qui injurie Louis XVII[118].

Poix ne semble pas avoir partagé l'enthousiasme que manifestent certains francs-maçons, lors de la nuit du 4 août (duc d'Aiguillon, comte de Clermont-Tonnerre, ou son frère, Vicomte de Noailles...)[119].

Commandant de la Garde nationale de Versailles[]

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La prise de la Bastille crée un choc dans l'opinion mondiale et surtout à Versailles.

Louis XVI, prince de Poix, Leclerc de Juigné, Archevêque de Paris, député du clergé aux États généraux, à Versailles.

Les Gardes du corps sont fidèles au Roi, mais souvent le jugent trop modéré.

Le Prince de Poix, gouverneur de Versailles, ayant demandé l'avis du roi, autorise la constitution de la Garde nationale, fin juillet[120].

4 août 1789. Le jour où les privilèges sont abolis par le Vicomte de Noailles.

Image de 1789 illustrant le triple accord (réunion) entre les trois anciens ordres. En arrière-plan, le chasseur symbolise la suppression du droit de chasse. Le Prince de Poix dit craindre un autre usage des armes.

Le jeudi 1er octobre 1789, les gardes du corps ayant offrent un banquet aux officiers des régiments d'infanterie de Flandre et des Trois-Evêcbés, et aux officiers de la garde nationale de Versailles. Un chant contre-révolutionnaire et une histoire de cocardes vont provoquer les Journées d'Octobre.

Le 2 mai 1789, le marché de Versailles est envahi. Les perturbateurs se partagent la farine, et ce faisant, en perdent la moitié, la précieuse denrée jonche le pavé; le jeune prince de Poix, gouverneur du château, cède à l'émeute et laisse vendre la farine volée[121].

Poix ne fait pas partie des 47 députés de la noblesse qui, le 25 juin, après 149 députés du clergé, rallient le tiers état, entraînant la transformation des États généraux en Assemblée constituante. N'y figurent pas non plus le marquis de La Fayette et le Vicomte de Noailles, son frère qui, s'ils n'en pensent pas moins, n'ont pas voulu rejoindre le tiers état sans en recevoir l'ordre du roi.

Le problème après le 14 juillet 1789 c'est la paix civile. Le Prince de Poix, gouverneur de Versailles, ayant demandé l'avis du roi, autorise la constitution de la Garde nationale, fin juillet[122]. Sur quoi l'assemblée, d'une voix unanime, déclare qu'elle ratifie la nomination faite de M. le prince de Poix et le déclare commandant en chef de la Garde nationale de Versailles. Il a sous ses ordres, comme officiers, des habitants notables de la ville et des individus remplissant des fonctions subalternes au Château, dont presque tous les employés font partie de la nouvelle milice[123]. Les nobles ont du dédain pour la Garde nationale. De ce fait, ils seront mal armés face aux émeutiers[124].

Poix reste très attaché au roi et lors de la journée du 17 juillet 1789 il défend la portière du carrosse royal, continuellement en butte aux insultes de la populace. Il va d'ailleurs se rapprocher des idées de son souverain[125].

A peine organisée (28 juillet), la milice de Versailles est admise sur sa demande à partager le service d'honneur que la Compagnie de la Prévôté de l'Hôtel du Roi fait auprès de l'Assemblée Nationale depuis l'ouverture des États Généraux, grâce au Prince de Poix[126].

Sur les trois heures du matin ou environ, un détachement de la garde bourgeoise, instruit du départ des gardes-françaises, va sur le champ avertir M. le prince de Poix, qui la charge de poster des sentinelles. La Garde nationale remplace donc spontanément, dans les postes du Château, les Gardes françaises qui les ont abandonnés pendant la nuit pour rejoindre leurs camarades à Paris. Une compagnie d'Invalides, détachée à Versailles, revendique le privilège d'occuper les postes intérieurs. Le Roi approuve cette réclamation et fait assigner à la Milice Bourgeoise la garde de l'extérieur. Mais, en dépit de cette injonction, la moitié seulement des corps-de-garde des grilles est remise aux Invalides[127]. Cet acte de désobéissance porte le Prince de Poix à se démettre du commandement en chef de la Garde citoyenne[128][129]. Certaines sections sont hostiles à leurs officiers nobles et beaucoup d'aristocrates ont du dédain pour la Garde nationale. Mais cela n'est pas le cas de Poix, il est réélu Commandant-général le jour même, par la majorité des compagnies.

Le prince de Poix ne s'est mêlé de l'affaire des gardes-du-corps que comme conciliateur; c'est au duc de Guiche qu'il faut attribuer les calomnies sur le prince de Poix dans cette affaire.


¤ Discussion concernant les mesures à prendre pour le maintien de la paix civile, lors de la séance du 1er juillet 1789 (juge que le problème doit être solutionné par des militaires)


¤ Don patriotique de la milice bourgeoise de Versailles, lors de la séance du 28 juillet 1789 :

Sur la demande faite par M. le prince de Poix, au nom de la milice bourgeoise de Versailles, que l'Assemblée nationale voulût bien déférer au vif désir qu'a cette milice de lui fournir une garde d honneur, il a été arrêté que l'Assemblée recevrait avec plaisir le témoignage du dévouement patriotique des habitants de Versailles : qu'en conséquence, elle trouverait bon qu'ils lui fournissent une garde d'honneur, pour faire le service concurremment avec la prévôté de l'hôtel, qui s'en est acquittée jusqu'à présent à la satisfaction de l'Assemblée nationale.


¤ Discussion des articles concernant les droits de chasse du projet relatif à l'abolition des privilèges, lors de la séance du 4 août 1789

Comme Clermont-Tonnerre, Poix s’inquiète de la prolifération des armes. En réalité il fait partie de des grands propriétaires qui ne cherchent qu'à protéger leurs intérêts et juste les concilier avec les idées novatrices du temps[130]. Capitaine des chasses du Roi il ne peut pas voir le droit de chasse se démocratiser avec plaisir.


¤ Ajournement de la discussion sur la motion de M. de Gaillon pour la suppression du droit d'aînesse, lors de la séance du 12 août 1789 (il est contre).

Le prince de Poix déclare aux officiers municipaux de Versailles. Ayant reçu la demande de la municipalité au sujet des moulins à établir, le prince de Poix demande à Messieurs les officiers municipaux de faire lever les plans des lieux où ils doivent être édifiés[131].

Les Journées d'Octobre 1789[]

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Les émeutiers sont escortés par La Fayette qui incite le Roi à ne pas résister par la force et à les suivre jusqu'à Paris.

Massacre d'un garde devant la porte des appartements de la Reine.

Famille royale et La Fayette lors des Journées d'Octobre.

La Journée mémorable de Versailles le lundi 5 octobre 1789 : dans cette émeute générale plusieurs gardes du corps sont massacrés deux d'entre eux sont décolés et leurs tètes sont portées par la foule.

Courtisans favorables au Duc d'Orléans, patriotes avérés le Prince de Poix, le Maréchal de Beauvau, le Comte de La Tour du Pin, Vicomte de Noailles... organisent l'inaction ministérielle face aux émeutes qui se préparent[132].

Vers les sept heures du Soir, Berthier, alors Major-Général, vient annoncer à la Garde Nationale de Versailles, que le Prince de Poix vient de commander mille Cocardes nationales, et que tous les Gardes du corps l'a prendront le lendemain, et prêteront le Serment Civique.

Pendant tout ce temps le Régiment de Flandre est en bataille en face de les bataillons de la Garde Nationale, à l'autre extrémité de la Place d'Armes ; les Escadrons des Gardes-du-Roi, au milieu des deux Corps adossés à la grille.

La Troisième compagnie française a comme capitaine le prince de Luxembourg. Le capitaine (en second) de la Compagnie est Anne Paul Sigismond de Montmorency, Prince de Luxembourg. Le 5 octobre 1789, ses officiers s’apprêtent à aller offrir leur amitié aux officiers de la Garde Nationale de Versailles, mais ils apprennent que la compagnie de Noailles vient d'essuyer une salve venant de leurs rangs. Bérard, brigadier dans cette compagnie, dit qu'une foule furieuse veut les tuer et c'est La Fayette qui leur sauve la vie[133].

La Fayette, lui-même, en visitant quelques postes de garde acquiert la pleine conviction que sa vie est en danger. Il interrompt brusquement sa ronde, et court chercher une planque. Vers quatre heures du matin, le 6 octobre 1789, La Fayette, ne trouve d'autre refuge qu'un logis bien orléaniste, celui du Prince et de la Princesse de Poix[134].

L'opinion en cette triste période de désinformation est que La Fayette cette nuit là dort d'un sommeil profond, et de là vient le surnom de général Morphée, qui lui est resté. Rien n'est ni moins vrai, ni moins vraisemblable. La Fayette prend toutes les précautions qui peuvent lui donner la supériorité sur les assassins payés par d'Orléans.

Les Gardes du corps veulent protester auprès du Roi de ne pas pouvoir se défendre, mais le duc d'Ayen et le prince de Poix les prient de se conformer à l'étiquette[135].

Certains officiers de la garde nationale sont gênés car leurs hommes ont tiré en premier sur les gardes du corps. Le prince de Poix, informé de ce qui s'est passé, vient chez eux les engager à garder le silence pour ne pas inquiéter encore plus le roi risquant d'être peiné que l'on tue ses gardes[136].

Après les Journées d'Octobre 1789[]

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L'abandon du château de Versailles.

Assemblée nationale, époque du 4 février 1790.

Le rôle central de La Fayette lors de la Fête de la Fédération renforce les craintes d'une tentation césariste.

Son frère, le Vicomte de Noailles, au milieu de 1790 appartient aux Jacobins, puis passe aux Feuillants au milieu de 1791, et en février 1791, il préside l'Assemblée constituante.

Le haras de Pompadour survit à tous les régimes politiques.

L.S. à la comtesse de Chastelux. A Paris, 29 août 1790. L'abandon du château de Versailles après le déménagement de la famille royale depuis octobre 1789 :

Intendant et gouverneur des domaines de Versailles, le prince de Poix congédie sa correspondante de la charge qu'elle occupait, suite aux nouveaux "arrangements" du Domaine de Versailles qui est privé des trois quarts de son revenu. (...) Le Roi m'a ordonné de mander de sa part aux différents administrateurs que les personnes payées jusqu'ici par le domaine (...) ne le serait plus à compter du 1er juillet dernier (...). Il en est de même pour les frotteurs qui sont attachés à Madame Victoire, et qui sont sous vos ordres (...). Il prie de faire porter les noms des domestiques sur les Etats de la Maison de Madame. (...) Je vous demanderai vos bontés pour les titulaires actuels qui seraient sans pain; si vous n'aviez pas la bonté et la charité de les conserver, le Domaine est tellement diminué qu'à l'avenir, il ne pourra plus donner à personne que de très légers secours (...)[137].


¤ Discussion du mémoire de M. Necker pour convertir la caisse d'escompte en banque nationale, lors de la séance du 20 novembre 1789


¤ Discussion suite à la motion de M. le comte, de Mirabeau concernant les Corses expatriés, lors de la séance du 30 novembre 1789 :

Si ce décret rendu, il pourrait occasionner une révolte dans l'île, et ses anciens habitants, coupables envers la France, rapporteraient dans leur patrie le souvenir de leur défaite, et seraient bientôt d'abuser de l'indulgence de la nation. Je propose de consulter le pouvoir exécutif avant de prendre un parti.


¤ Discussion sur le procès-verbal de la séance du 4 décembre 1789


¤ Discussion au sujet de la proposition de M. Duport, lors de la séance du 2 janvier 1790', travail de l'Assemblée et productions du roi et des ministres


¤ Discussion du décret concernant les pensions, lors de la séance du 5 janvier 1790 travail de l'Assemblée et productions du roi et des ministres :

Je ne m'oppose point à ce que M. Luckner conserve sa pension, mais je ne crois pas qu'il doive y avoir quelque préférence à cet égard sur M. le maréchal de Ségur, qui, n'ayant aucune fortune, personnelle, avait eu le bras emporté et un coup de fusil au travers du corps.


¤ Discussion suite à la motion de M. Goupil de Préfeln, concernant les incompatibilités, lors de la séance du 26 janvier 1790 :

Peut-on empêcher de choisir dans cette Assemblée des officiers dignes de servir leur pays ? Un officier-général capable de sauver la patrie ne pourra-t-il donc sortir de cette Assemblée ?


¤ Discussion sur l'abolition du régime prohibitif des haras, lors de la séance du 29 janvier 1790

A l'appui de l'opinion de M. Laborde de Méréville, je viens rappeler à l'Assemblée qu'il n'y a de haras, pour le service des écuries du Roi qu'en Normandie, à Pompadour et en Limousin.

1790 sonne le glas du Haras royal de Pompadour. La Convention supprime les haras royaux (à la requête du Vicomte de Noailles, s'abritant derrière les cahiers de doléances) en raison de leur régime prohibitif. Étalons et poulinières sont dispersés. Mais rapidement la cavalerie française est exsangue et le 2 mars 1795, le dépôt d'étalons de Pompadour est recréé et dirigé par un piqueur de Versailles : Pierre Malaval. Les terres de Pompadour, un instant acquises par le général Souham (natif de Lubersac,) retrouvent grâce à Napoléon leur vocation première.

Le Prince de Poix, au contraire de son frère, n'a rien contre les deux haras royaux qui contribuent à l'amélioration de la race équine en Normandie et en Limousin.

Au retour de Louis XVI et de la famille royale à Paris, le 6 octobre 1789, par Isaac Cruikshank, 1789.

L'ADIEU A LOUIS XVI[]

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Bassin du Miroir à Versailles.

Le Prince de Poix est toujours gouverneur des châteaux de Versailles, de Marly et dépendances, en 1790.

Le Prince de Poix demande aux habitants des châteaux de Versailles d'évacuer les lieux. Il reçoit un mot du Directeur Général demandant la fouille des sacs des domestiques des châteaux.

Il a aussi des problèmes car il dit aux pauvres que la vase du curage des canaux des jardins est un bon engrais[138]. Les pauvres viennent en voler. Même à Versailles le peuple a faim et essaie de produire des légumes.

Mariage de son fils aîné (1790)[]

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Nathalie de Laborde.

1790 est une année calme pour le Prince de Poix. Son fils aîné, Charles de Noailles, duc de Mouchy, se marie avec Nathalie de Laborde (1774 - 1835), surnommée la petite mouche, fille du célèbre banquier de ce nom.

La Révolution, commencée depuis une année, marche à pas de géant. Les esprits sages envisagent de graves complications pour l'avenir. Les plus alarmés ne croient encore qu'à de grands dangers, sans prévoir la nature et la portée de ces dangers. La vie continue comme par le passé, et non-seulement les préoccupations politiques n’empêchent pas les mariages de se conclure, mais elles n’altèrent même point la gaieté des noces. Son fils François est l'un des rares députés nobles (du bailliage d'Étampes) à rejoindre le Tiers état, comme les Noailles les Laborde croient que les révolutionnaires vont les vénérer.

Ce sont les derniers moments de calme et d'innocence d'une jeune femme dont la destinée tragique la conduira à la folie. Emprisonnée sous la Terreur car son mari est émigré, Saint-Just fait arrêter son père qui est guillotiné en avril 1794 comme ex-banquier de la Cour et agioteur-spéculateur. Ne parlons pas de la famille du Prince de Pois !!! Nathalie de Laborde (1774 - 1835) libérée en 1794, se rend en Angleterre où son mari volage avait une maîtresse. Il chercha à se débarrasser d'elle en suscitant une intrigue avec un de ses amis. Indignée, elle retourne en France où elle mène une vie dissipée. En 1805, elle rencontra Chateaubriand avec qui elle a une liaison passionnée et orageuse jusqu'en 1812. Elle est surnommée alors la mieux aimée.

La pauvre finit sa vie internée du fait du souvenir des persécutions endurées.

Le prince des haricots (28 février 1791)[]

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Louis de Noailles devient Le prince des Haricots, reçu citoyen et giflé le 28 février.

Les chevaliers du poignard sont désarmés le 28 février 1791.

Un garde national de garde aux Tuileries près d'un factionnaire suisse reconnait le prince de Poix qui veut entrer malgré la sentinelle qui a sa consigne. Le prince, croyant qu'en se nommant on le laisserait passer, s'approche de l'enfant de l'Helvétie et lui dit bas :

Je suis le prince de Poix.
Et fussiez-vous le prince des haricots, répond le Suisse, vous n'entrerez pas[139].

Le Prince de Poix, plus communément appelé Petit Pois par dérision, Louis de Noailles devient Le prince des Haricots, reçu citoyen et giflé le 28 février. On dit à un révolutionnaire :

- C'est le prince de Poix ?
- Et quand ce seroit le prince des Haricots, reprit le grenadier, il faut qu'il f... le camp.

Il fait en effet sortir le ci-devant prince.

Selon L'illustration quand un francophone rit d'un nobiliaire étranger à toutes sauces, l'étranger lui répond : N'avez-vous pas en France le prince de Poix et le duc de Bouillon ?

Poix à Coblentz (1791)[]

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Caricature des émigrés de Coblentz.

Les gardes du corps du Roi sont rémunérés même s'ils combattent dans les corps de troupe de l'émigration.

Le Prince de Poix part à Coblentz, en 1791, près des princes français, mais il est fraîchement accueilli dans cette armée qui combat les Français[140]. Tout cela vient de ses liens avec Louis XVI, le marquis de La Fayette et d'autres aristocrates partisans d'une monarchie constitutionnelle et d'une révolution modérée. Mal accueilli par quelques émigrés, le prince de Poix ne trouve pas grâce auprès du roi de Vérone .

Il retourne à Paris, reste constamment auprès de Louis XVI même pendant les événements du 10 août 1792, suivit ce prince à l'assemblée nationale, et ne se sépare de lui que par son ordre formel, au moment de l'incarcération du monarque.


Poix reçoit une lettre anonyme de Coblentz, adressée le 7 octobre 1791, mais destinée au Roi. Elle lui demande de faire payer les gardes du corps, non pas seulement ceux qui ont pu rester en France, mais le corps entier. La note est par lui remise au roi. Et effectivement les gardes du corps, sous le titre d'ancienne maison militaire du roi, se trouvent compris sur les états de la liste civile, et il est prouvé que des payements sont faits jusqu'au 4 août, par l'intermédiaire des banques hollandaises et anglaises[141].

Un témoin rencontre à Ostende trois gardes du corps chargés de lettres, de prières et de 3.000 Louis par le prince de Poix.

Comme la plupart des gens de cour de ce temps, l'amie du couple, Mme d'Hénin, ne s'est pas distinguée jusqu'alors par l'ordre dans ses affaires. A Londres elle n'a plus d'argent. Dans ses papiers on trouve les expéditions deux obligations passées à son profit, dont le 15 février 1791, l'une de 80.000 livres par le prince et la princesse de Poix[142].


Garde constitutionnelle du Roi (février 1792)[]

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Edmé de la Chapelle, capitaine de la garde constitutionnelle de Louis XVI, 1792.

Garde Constitutionnelle du Roi.

Lorsque l'Assemblée constituante se sépare le 3 septembre 1791, elle décrète que le roi des Français disposera d'une Garde constitutionnelle, dite également garde Brissac, du nom de son premier chef, qui va finir assassiné à Versailles avec d'autres prisonniers. La formation de cette garde constitutionnelle est la seule réforme de cour mise en application, mais celle-ci ne dure que quelques mois[143].

Grâce au Fichier de la garde constitutionnelle de Louis XVI (1791-1792) on se rend compte que 9 gardes sont recommandés par Poix. Louis Hercule Timoléon de Cossé-Brissac, commandant en chef de la Garde, figure parmi les victimes des Massacres du 9 septembre 1792 à Versailles.

Les hussards de la mort, cantonnés désormais à l'École militaire, récupèrent non seulement la caserne, mais aussi les chevaux de la cavalerie de la garde constitutionnelle dissoute en mai.


Le Comité militaire de l'Assemblée, composé en partie d'anciens maçons (dont le secrétaire, Alexandre de Beauharnais, et le président, en 1791, le Vicomte de Noailles) met tout en œuvre pour faire observer les prescriptions sur le serment des troupes et faire régner l'ordre[144].


Beaucoup d'anciens membres de la Maison militaire du roi de France et de l'éphémère garde constitutionnelle du roi dissoute sont présents aux côtés des défenseurs du Palais des Tuileries, le 10 août 1792. Ils sont ce jour-là, paraît-il, 120 officiers de l'ex-garde constitutionnelle, selon un site officiel suisse : Les Médailles helvétiques de la Fidélité et de l'Honneur. Toutefois ce chiffre ne peut correspondre à la réalité. Les simples gardes constitutionnels ne sont pas officiers comme les anciens gardes du corps du Roi.

Garde constitutionnelle du Roi.

20 juin 1792[]

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Révolutionnaires agressant Marie-Antoinette.

La famille royale lors de la journée du 20 juin 1792.

Le marteau révolutionnaire s'abat sur Poix, et l'on voit disparaître le château, l'église Notre-Dame et celle de Saint-Martin : ces dernières ne sont détruites qu'après avoir été profanées.

Philippe de Noailles, son père, sait honorer sa vieillesse par sa fidélité au roi martyr. Gouverneur de Versailles, lors qu’éclate la Révolution, il reste auprès de son maître, le 20 juin 1792, et s'efforce bien qu'affaibli par les années, de repousser les outrages adressés à la Majesté royale. Arrêté en 1794, il est condamné à mort, le 9 messidor, par le tribunal révolutionnaire de Paris, et périt sur l'échafaud, sept jours après, avec son épouse Anne-Claude-Louise d'Arpagon, à l'âge de soixante-dix-neuf ans.

Un certain Delandine est bibliothécaire de l'Académie, à Lyon. Mais il rédige une protestation contre la Journée du 20 juin 1792, et la transmet au roi par l’intermédiaire du prince de Poix. Il doit se réfugier en 1793 a Némande en Forez, puis est arrêté par ordre de la Convention.

Après la journée du 20 juin 1792, le parti constitutionnel, effrayé à son tour de la rapidité avec laquelle la révolution se précipite vers l'anarchie, songe à se rapprocher du Roi et à sauver en même temps la Constitution, œuvre de la veille, et la monarchie traditionnelle, œuvre des siècles. Le général La Fayette quitte son armée pour venir protester à l'Assemblée contre les violences du 20 juin. LaFayette obtient un rendez-vous avec le Roi chez Madame la princesse d'Hénin, chez qui vivent Madame de Poix et Madame de [145].

L'assassinat de Mandat (10 août 1792)[]

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Mandat présentant des Gardes Nationaux fidèles à Louis XVI qui vont défendre le Palais des Tuileries Le 10 août 1792.

Le Marquis de Mandat, général de la Garde Nationale, est-il assassiné sur ordre de Pétion aux marches de l'hôtel de ville de Paris, le 10 août 1792 ? C'est à l'hôtel de ville que Poix est emprisonné.

La déchéance de Louis XVI est proclamée par les députés venant de province sous la pression des plus extrémistes des révolutionnaires parisiens. Tous ceux qui sont royalistes ou modérés sont tués ou emprisonnés.

L'assassinat de Mandat, général de la Garde Nationale, est-il du aux partisans de Petion. C'est lui qui est chargé de la défense des Tuileries lors de l'insurrection du 10 août 1792.

Avant l’attaque, Mandat est convoqué à l’hôtel de ville par la nouvelle Commune de Paris? à trois quatre heures du matin. L'idée est de Danton. Il s'y rend avec son aide de camp, après avoir refusé de s'y rendre. Comme lui a dit Roederer :

Le commandant de la Garde nationale est aux ordres de la municipalité.

Mandat a agi sans recevoir des ordres du maire de Paris. Il lui envoie des billets pour lui demander des ordres[146]. De son côté Mandat écrit à Jérôme Petion de Villeneuve :

Monsieur le Maire, Votre présence est nécessaire, les apparences sont menaçantes, et comme magistrat du peuple, vous êtes mieux que personne dans le cas de faire entendre raison à ceux qui se sont égarés. Je vous prie donc de joindre vos efforts aux miens. Le commandant-général Mandat[147].

Toutefois quarante-sept sections sur quarante-huit ont adjoint à la municipalité chacune trois commissaires ayant pour missions de se réunir à la commune, et de sauver la patrie. Mandat va donc avoir affaire à une nouvelle municipalité constituée de ces insurgés.

Mandat se retrouve au milieu d'une foule qui le pousse aux marches de l'Hôtel de Ville de Paris. Il laisse là son aide de camp qui n'est pas inquiété. Tous les regards sont fixes sur le commandant général. En arrivant dans la grande salle de l'Hôtel de Ville, Mandat se trouve en face de visages inconnus et sévères[148].

Un des membres de la nouvelle Commune s'avance, et lui demande au nom de tous :

- Par quel ordre as-tu doublé la garde du château ?
- Par ordre du maire de Paris.

Un membre de la nouvelle Commune apporte une lettre décachetée, et demande à en faire tout haut la lecture. Mandat n'a besoin que de jeter un coup d'œil sur cette lettre pour comprendre qu'il est perdu. Cette lettre, c'est l'ordre envoyé, à une heure du matin, au commandant du bataillon posté à l'arcade Saint-Jean, et enjoignant à celui-ci d'attaquer par derrière l'attroupement qui se porterait sur le château, tandis que le bataillon du Pont-Neuf l'attaquerait en flanc[149].

Les révolutionnaires l’arrêtent, le fouillent et l’interrogent sur l’ordre qu’il a donné, et ils l’envoient à la prison de l'Abbaye. Le président Sulpice Huguenin, dit Peltier [150], fait un geste horizontal très expressif en disant :

Qu'on l'entraîne !

Parmi les nouveaux membres de la Commune, Prudhomme assure lui que c’est Jean Antoine Rossignol qui a donné l’ordre aux émeutiers de massacrer Mandat[151].

En sortant, à peine Mandat a-t-il descendu trois marches du perron de l'Hôtel de Ville de Paris, qu'au moment où son fils s'élance à sa rencontre, un coup de pistolet lui casse la tête. Le général n'est que blessé, il se relève et, à l'instant même, retombe frappé de vingt coups de pique. Son fils tend les bras, et crie :

Mon père ! Mon père !

Le 10 août 1792[]

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L'assaut.

La prise des Tuileries, massacre des Suisses.

Louis XVI vient se réfugier à l'Assemblée Législative.

Le peuple français demandant la destitution du Tyran.

Le Prince de Poix combat le 10 août 1792 aux Tuileries[152]. Il fait partie des 200 gentilshommes venus au château protéger le Roi. Ils sont commandés par le vieux maréchal de Mailly et par le comte d'Hervilly. Parmi eux : le prince de Poix, de Noailles (son père), le duc de la Rochefoucauld, le comte de Wittgenstein, de Viomesnil, de Montmorin, de Puységur, de Tourzel, de Rohan-Chabot, de Lamartine (le père du grand poète)[153]. Poix reste un temps dans une antichambre, avec d'autres serviteurs du roi restés fidèles à sa mauvaise fortune, le baron d'Aubier, M. de Saint-Pardon, M. de Goguelat, M. de Chamillé et M. François Hue[154].

Les réponses de gardes nationaux à des royalistes voulant se faire admettre au château des Tuileries pour défendre le roi, le 9 août démontrent que l’habit du pouvoir est encore exigé malgré la situation dramatique :

Ce n’est pas l’heure de se présenter au château sans être revêtu d’un uniforme […] et pas celle non plus de faire sa cour au Roi. Personne n’entre s'il n'est pas en habit de garde nationale pour donner renfort à la garde [suisse][155].

Les ordres viennent de Louis XVI. Comme dit le prince de Poix :

Votre Majesté est impossible à servir.

Ce roi qui en est encore au le pouvoir de l’habit va à l’échafaud des sans-culottes[156].

Poix protège le roi quand celui-ci se rend du Palais des Tuileries à l'assemblée nationale.  Bien des années plus tard, le Prince de Poix raconte à son amie Agathe de Rambaud ce qu’il advient réellement de la famille royale :

Poix précède le Roi[157].
Ils traversèrent les Tuileries pour se réfugier à l’Assemblée. A ses côtés marchaient aussi Tourzel, d'Hervilly, Fleurieu, le gouverneur du Dauphin, Bachmann, commandant des Suisses, le duc de Choiseul, et plusieurs autres. Ils protégeaient le Roi qu’on ne laissa d’abord pas entrer dans l’Assemblée. La reine fut assaillie d'invectives. On lui vola sa montre et sa bourse. Le dauphin lui fut arraché par un « homme à la figure atroce » qui le déposa dans la salle du Manège sur le bureau des secrétaires. A l’intérieur de l’Assemblée le chaos régnait[158].

Parmi ces serviteurs fidèles présent dans la Loge du logographe se trouvent le prince de Poix, le comte d'Haussonville, le duc de Choiseul-Praslin, MM. de Briges, de Goguelat et d’Aubier[159].

L'intermède aux Feuillants[]

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Dans la loge du logographe, le Prince de Poix (triangle rouge) est certainement l'homme de petite taille derrière les autres fidèles amis du Roi. Ils vont accompagner la famille royale aux Feuillants

Le porche d'entrée des Feuillants.

Le onze au matin, le laquais de Poix lui dit que Tourzel et Madame de Poix se portent bien, Il les a vus.

Le prince de Poix, aristocrate, défenseur du Palais des Tuileries, fait partie des personnes qui accompagnent le Roi et la famille Royale à l'Assemblée Nationale[160]. Avec les amis de la famille Royale ils l'accompagnent au couvent des Feuillants. Le Club des Feuillants, composé de partisans de la monarchie constitutionnelle, disparaît avec ce régime le 10 août 1792.

La famille royale s'est placée sous la protection de l’Assemblée après sa fuite des Tuileries. Pour cette première nuit hors du château, du 12 au 13 août, la famille royale est hébergée tant bien que mal dans les petites cellules du couvent des Feuillants, attenant au Manège où siège l’Assemblée. On y dresse pour elle quelques mauvais lits. La princesse de Lamballe, Madame de Tourzel et Madame Aughié, une des femmes de la Reine, partagent alors le sort des souverains.

Ils y restent avant leur transfert, le 13 août, à la prison du Temple. Le prince de Poix propose aux révolutionnaires de loger Louis XVI dans son hôtel particulier pendant sa détention, mais en vain[161].

Le roi ordonne à ses fidèles amis de partir. Partir pour où, quelques semaines avant les massacres de Septembre, alors qu'on tue déjà tous les anciens habitants et les défenseurs du Palais des Tuileries ?

Le prince de Poix se retrouve en prison[]

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Sergent, en 1821. Après la prise des Tuileries, avec Panis, ils font fermer les grilles et pillent la palais[162].

Panis entre en janvier 1793 au Comité de sûreté générale. Il est accusé par Héron, un des agents dudit Comité, d’avoir abusé de ses fonctions et rançonné les suspects. Panis est donc exclu du Comité de sûreté générale. Caricature thermidorienne. Marat, Panis, Sergent, Chanay, Barrabas... préparent les Massacres de Septembre. Poix n'est pas libéré car ils lui pardonnent son dévouement au Roi. Ce sont de futurs partisans de la Terreur.

Poix échappe aux Massacres de septembre en achetant ses juges.

La tête de Poix est mise à prix. Il est poursuivi à Paris par ordre du comité de surveillance[163].

Un certain Chanay arrête le ci-devant prince de Poix, et l’emmène à la mairie dans la caverne de Barrabas. Chanay est ami de Panis et mouchard par excellence[164].

Panis va détourner, avec Sergent, des biens provenant des massacrés de Septembre[165]. Panis va être exclu du Comité de sûreté générale car il est - entre autres - établi qu’il a soustrait une somme de 100.000 livres pour laisser s’enfuir le député Julien de Toulouse, son ancien collègue du Comité de sûreté générale.

Chanay va se vanter d'avoir fait échapper la princesse de Tarente et dit : elle peut aller rejoindre le prince de Poix[166].

Barrabas est un cruel révolutionnaire. Il est l'un des organisateurs des massacres de septembre. Mais il est trop cupide. C'est pas le genre d'extrémiste qui lâche sa proie sans intérêt[167].

Buchez écrit :

J’ai entre les mains le récit d’un administrateur, écrit par lui-même, qui démontre que le prince de Poix ne s’est évadé que du consentement et par les moyens que Panis et Sergent lui ont fournis[168].

L'administrateur explique ce qui s'est passé :

Chanay vint m'avertir un soir,comme j'étais occupé dans le principal bureau du comité, que le ci-devant prince de Poix y arrivait; il mit même à côte de moi un carton qu'il dit appartenir à cet individu. Mes yeux se fixèrent sur la porte à chaque fois qu'on l'ouvrait pour voir entrer ce prisonnier. J'entendis des hommes de l'escorte de Chanay dire à la porte : "Il est là". Je ne le vis point entrer ; je me persuadai à la fin qu'on l'avait conduit au fond du corridor, dans le bureau de Panis, que l'on nommait le comité secret. Le lendemain, Chanay me dit, en m'abordant d'un air de surprise affecté, que l'on ne retrouvait point le carton qu'il avait mis à côté de moi la veille, qu'on l'avait volé et qu'on l'avait apporté de chez le prince de Poix. Panis cria au voleur à cette prétendue nouvelle. Le lendemain ou surlendemain, on rapporte que le prince de Poix ne se trouve point dans les prisons où il devait se trouver. Panis cria que des membres du comité l'avaient mis en liberté, tandis qu'il n'était pas entré dans leurs bureaux, mais dans celui de Panis, où Sergent travaillait; cette circonstance m'inquiéta. J'ouvris un registre sur lequel un commis inscrivait le texte des procès-verbaux ; j'y vis celui de l'arrestation et envoi du ci-devant prince de Poix en prison; je questionnai ce commis qui balbutia, en disant qu'il ne savait pas qui lui avait fait inscrire cet article sur son registre, et que c'était par erreur qu'il l'avait inscrit[169].

Le carton c'est certainement : Pièces trouvées dans le secrétaire du roi, lues a l'Assemblée nationale le 15 août 1792, l'an 4e. de la liberté ; imprimées et envoyées aux 83 départemens par son ordre de Philippe-Louis-Marc-Antoine de Noailles Mouchy Poix.

La version de Robespierre sur l'évasion de Poix[]

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Jérôme Petion de Villeneuve, permet les excès du 20 juin 1792. Il est suspendu de ses fonctions par le directoire du département de la Seine. Le 4 août, à la tête de la municipalité de Paris, Pétion demande la déposition du roi. Pour Robespierre il est son principal opposant.

Robespierre : la reconstitution 3D de son visage est due à Philippe Charlier, du laboratoire d’anthropologie médicale et médico-légale de l’Université Versailles-Saint-Quentin. Il permet de mieux comprendre ses agissements notamment en 1793.

Mais, quelle est la véritable explication de cette évasion ? Dans sa septième lettre à ses commettants, lettre, quoi qu'on puisse dire, comparable à la meilleure des Provinciales pour l'atticisme et la finesse de la plaisanterie, Robespierre affirme que :

Jérôme Petion de Villeneuve est récalcitrant de toute sa force, pour la journée du 10 août. Non seulement, il visite les postes du château, avec Rœderer, mais il donne la bénédiction municipale aux Suisses et aux chevaliers du poignard.
Jérôme Petion de Villeneuve essaie de récupérer l'ordre de faire feu sur le peuple : "répondre à la force, par la force", en convoquant le Marquis de Mandat, général de la Garde Nationale, et en le faisant assassiner devant l’hôtel de ville.

Bertrand de Molleville dit qu’on enlève l’ordre de la poche de cet officier. Soit c’est faux ou alors le papier volé n’est pas ce document.

Le Prince de Poix détient cet ordre, et oblige Petion à le remettre en liberté. Jérôme Pétion ne se le fait pas dire deux fois, et trouve une porte de derrière, par laquelle il fait sortir le responsable des gardes, qui court encore.

Robespierre écrit aussi :

Quel ange endort ses gardes, et le sort de chez le maire Pétion aussi miraculeusement que Saint Pierre-ès-Liens ? Son valet de chambre précise qu’il dut ce prodige aux cent mille écus donnés à des gardiens en écharpe, comme on l'a dit dans le temps[170]

Le prince de Poix se retrouve en prison.

Le rôle de Manuel[]

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Santerre est un extrémiste responsable de la Fusillade du Champ-de-Mars, des massacres de prisonniers le 10 août et en septembre, mais il a pu aussi faire assassiner Mandat et se laisser corrompre par l'argent du Prince.

Pierre Louis Manuel (1751 - 1793).

Très belle L.A.S. 1792 en-tête imprimé du Procureur de la Commune, Manuel, vignette de la ville de Paris, adressée au ministre des Contributions...

C'est Santerre, beau-frère de Panis, qui va remplacer Mandat, comme Général de la Garde Nationale. Il a déjà failli l'être. A Vincennes, en 1791, ce Santerre tire en direction du Général de La Fayette, atteignant son second, Desmottes[171]. Ils ont bien ce jour là des partisans prêts à massacrer un aristocrate qui nuit à Santerre - un bon patriote - surtout qu'il est brasseur et leur donne à boire.

Santerre, comme Panis et Sergent, aime l'or. À sa sortie de prison, en 1794, il est contraint de rembourser 672.500 livres pour non livraison de matériel, c’est-à-dire 6.000 chevaux[172].

Les Massacres de septembre vont venir bientôt compléter l'œuvre du 10 août.

Les royalistes et les révolutionnaires ont attribué à Manuel, un modéré, la complicité des attentats qui ensanglantent ces jours d'éternelle opprobre.

Le 13 août, Manuel est nommé procureur syndic de la Commune de Paris et après en avoir fait proposition devant l'Assemblée, il escorte Louis XVI à la prison du Temple. Il rencontre donc le Prince de Poix. Il est jusqu'à sa mort en fréquente relation avec le souverain déchu auquel il apprend en personne l'instauration de la République.

Chargé par le conseil général de l'Assemblée d'assurer la tranquillité du Temple le 3 septembre, son rôle dans les massacres de Septembre est controversé. Selon certaines sources, peu avant les Massacres, Manuel requiert la sortie des prisonniers pour dette ainsi que celle de Jean-Jacques Duval d'Éprémesnil, le prince de Poix, Mme de Tourzel et sa fille, et Beaumarchais, son ennemi personnel. Il se défend avec véhémence de toute responsabilité dans les événements, accuse la ville de Paris d'être complice, selon ses termes, de cette Saint-Barthélémy des Français et ses propos suscitent une dispute au club des Jacobins avec son collègue Jacques Alexis Thuriot. Le 16 septembre, il demande à la Convention que tous ceux qui, en ces jours de meurtre, avaient quitté la France, ne fussent point réputés émigrés.

Manuel propose que tout défenseur de Louis XVI soit sous la sauvegarde de la loi. Le 3 décembre, il donne son avis sur le sort de Louis XVI et le 6, il déclare à la Convention :

La Convention nationale ne peut commettre un assassinat. Je demande que Louis XVI soit entendu.

Ses interventions en faveur du roi font croire un moment qu’il est devenu fou. Le 15 décembre, il est exclu du Club des Jacobins. Aussitôt que la peine de mort est prononcée contre le roi Louis XVI, Manuel quitte la salle et envoie sa démission par lettre. Les membres de la Montagne l’accusent en tant que secrétaire de séance, d’avoir tenté de falsifier les résultats de l’appel nominal.

Il se retire à Montargis, où il est l'objet d'une tentative d'assassinat en mars 1793. Il est finalement arrêté, le 20 août 1793, à Montargis où il vit caché. Transféré à Paris, à la prison de l'Abbaye. il comparaît devant le Tribunal révolutionnaire. Condamné à la peine de mort pour avoir voulu sauver le roi et coupable de conspiration contre la République, il est guillotiné le 24 brumaire an II (14 novembre 1793).

Manuel assailli par une troupe de révolutionnaires extrémistes dans Montargis et laissé pour mort.

ÉMIGRÉ (1792 - 1800)[]

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Mme de Staël, qui favorise le départ de Montmorency, de Jaucourt, de Mmes d'Hénin, de Poix, de Simiane) écrit des pages vertueuses contre l'émigration volontaire :

Au milieu des uniformes étrangers, s'écrie-t-elle, les émigrés ne voyaient-ils pas la France tout entière se défendant sur l'autre bord ?[173].

La fuite du prince de Poix (août 1792)[]

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Poix ne va pas à l'Abbaye, ce qui lui évite de finir massacré le 6 septembre 1792.

Poix sauve la vie du fils de Jean-Frédéric-Roch de Maillardoz, commandant des Suisses, et l'emmène avec lui en Angleterre.

Un membre du comité de surveillance de la commune écrit :

Je soussigné déclare que le sieur Noailles de Poix a été arrêté; qu'il est sorti du comité de surveillance pour être conduit à l'Abbaye; que l'ordre qui l'y envoyait est enregistré au comité de surveillance de la commune, et que ce comité a même nommé un ou deux commissaires pour se transporter à l'Abbaye et y voir sur les registres s'il y avait été reçu ou s'il avait été laissé chemin faisant, afin de faire punir ou le concierge s'il est coupable, ou ceux qui devaient l'y conduire[174].

Aucun écrou ne se trouve au nom de Noailles, prince de Poix, sur les registres de l'Abbaye ou de toute autre prison. Il s'échappe donc dans le trajet du comité de surveillance à l'Abbaye. Ce fait signalé par Cambon à la tribune de la Législative[175].

Louis de Poix sait qu'il va être grièvement inculpé par un mémoire trouvé dans le secrétaire du roi[176]. Bénéficie-t'il de complicités dans la Garde Nationale ou dans le personnel révolutionnaire pour traverser Paris ? Est-il seul ? Des documents des ex-gardes suisses du roi nous assure qu'un de Maillardoz est passé à Londres avec le prince de Poix[177]. Les Maillardoz sont une vieille famille, anciennement alliée en France aux Clermont et aux la Trémoille. Le Lieutenant général Marquis de Maillardoz, Commandant des Gardes Suisses, et trois officiers de son nom, sont massacrés aux Tuileries le 10 Août 1792, ou dans les prisons révolutionnaires[178]. Le compagnon d'évasion du Prince de Poix est certainement Antoine-Constantin de Maillardoz, fils du Général Jean-Frédéric-Roch de Maillardoz, commandant de la compagnie lieutenant-colonelle du régiment des Gardes suisses. Il est envoyé extraordinaire de la Confédération auprès du Premier consul de 1803 à 1804, puis ministre plénipotentiaire à Paris de 1804 à 1814. Colonel fédéral de 1809 à 1818, il reprend du service auprès du roi de France sous la Restauration et est promu maréchal de camp en 1816.

Poix se sauve en franchissant une barrière avec un excellent cheval. Il passe en Angleterre, où il reste jusqu'en 1800[179].

Twickenham, près Richmond (1792 - 1800)[]

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Le Prince de Poix ne s'installe pas à Londres, mais à Twickenham, près Richmond.

Départ de la du Barry, amie de Poix, pour l'échafaud.

Le Prince de Poix s'installe à Twickenham, près Richmond. Richmond est un haut lieu de l'émigration. Le duc de Richmond, Horace Walpole et le duc de Queensberry leur ouvrent leurs portes[180].

Le peintre Danloux, émigré à Londres, rapporte cet épisode de l'automne 1792 :

Il y a quinze jours, chez madame du Barry, M. de Talhouet a levé sa canne sur le prince de Poix qui soutenait M. de Lally...[181].

Lally-Tollendal est le fils légitimé de Thomas Arthur de Lally, vice-roi en Inde sous le roi Louis XIV. Député des États généraux à la noblesse de Paris, il joue un rôle dans les débuts de la Révolution française, mais en tant que conservateur. Il rejette rapidement les changements plus profonds.

Madame du Barry est amie avec le comte de La Marck et le Prince de Poix depuis fort longtemps. Ancienne maîtresse de Louis XV elle est fort appréciée des émigrés, mais le duc de Queensberry essaie en vain de la présenter au Roi[182].

Le Talhouet monarchiste c'est certainement René Claude Jérôme de Talhouët (1733 - 1795), seigneur de La Grationnaye. Contrairement aux autres membres de sa famille, qui sont des révolutionnaires modérés, il est tué en 1795 dans les rangs de l'armée royaliste, lors de l'Expédition de Quiberon.

La pauvre du Barry, après l'exécution de Louis XVI (21 janvier 1793), à la veille de la déclaration de guerre avec la Grande-Bretagne, revient précipitamment en France pour éviter l'apposition des scellés sur sa propriété de Louveciennes. Jugée, elle reconnait avoir vu à Londres M. de Crussol et sa femme, le prince de Poix, M. et Mme de Calonne. Elle est guillotinée[183].

Vue de la Tamise à Twickenham.

Les membres de sa famille sont guillotinés[]

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Son père, Philippe de Noailles (1715 - 1794), comte de Noailles puis duc de Mouchy, Maréchal de France, est guillotiné, comme sa mère.

Retiré dans son château de Mouchy, son père est en butte aux persécutions les plus violentes, parce qu'il refuse de déclarer la retraite de son fils aîné, le Prince de Poix, dont la tête est mise à prix[184].

Quelque temps après on sait que vieux maréchal assiste des prêtres persécutés, et on l'arrête avec la Maréchale. Ils sont conduits à la Force, de là au Luxembourg, puis à l'échafaud, où ils périssent ensemble, le 27 juin 1794[185].

La princesse de Poix est restée à Paris. Soit courage, soit insouciance, soit qu'elle s’exagère les obstacles que son état constant de maladie oppose à toute tentative d'évasion, elle demeure sourde aux sollicitations que la princesse d'Hénin et Mme de Staël lui font parvenir d'Angleterre ou de Suisse. Son père est mort; sa mère vit seule : son mari est émigré ainsi que son fils aîné. Elle s'est confinée, à demi-prisonnière, au fond de ce grand hôtel de Beauvau (aujourd'hui hôtel du ministère de l'Intérieur), jadis théâtre de tant de réunions brillantes. Elle le partage maintenant avec le comité révolutionnaire de la section de son quartier. C'est là qu'elle attend la fin de la tourmente, de jour en jour plus exposée, de jour en jour moins décidée à profiter des occasions que ses amies lui offrent de fuir[186].

La vie d'un prince contraint à l'émigration[]

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Mallet du Pan

Poix a un Tilbury (cabriolet léger et découvert, à deux places), avec lequel il raccompagne Mme de la Tour du Pin.

La princesse d'Hénin, amie et Poix et son ex-épouse, loue une maison, The Rosary, Ormond Row (Road), à Richmond.

Les nouvelles du continent ne sont pas bonnes. Un arrêté du directoire du département de Saône-et-Loire, du 2 avril 1793, fixe le montant des indemnités dues par Poix au sieur Revin, pour la suppression des droits féodaux qu'il a pris à bail, et pour la rénovation du terrain de la châtellenie et Prévôté de Germollas et Moutaigu.

Mais le Prince a des amis.

Le Prince de Poix écrit à Mallet du Pan, à Lausanne, de Twickenham, près de Richmond, le 12 juillet 1793.

Avant la révolution la Princesse d’Hénin fait partie d’une petite coterie surnommée les Princesses combinées : la Princesse d’Hénin, la Duchesse de Biron, la Princesse de Poix et la Princesse de Bouillon. La Duchesse de Biron (Mme de Lauzun) et la Princesse de Bouillon (née Princesse de Hesse-Rothenbourg) se réfugient la Princesse d’Hénin et Poix à Richmond. La Princesse de Poix ne peut quitter la France, contrairement à son mari le Prince de Poix qui fit partie desexilés richmondais[187].

Le Prince de Poix, divorcé par sa femme, va souvent chercher Mme de la Tour du Pin à Teddington (village voisin de Twickenham) chez la Duchesse Louise-Charlotte de Duras, sa soeur, dans son Tilbury (cabriolet léger et découvert, à deux places). Elle a l’habitude de s’y rendre à pied en longeant les bords de la Tamise, mais préfère rentrer dans le cabriolet du Prince de Poix[188].

La princesse d'Hénin loue une maison, "The Rosary", Ormond Row (Road), à Richmond, pour 6 $-40s.[189]. Le premier des amis de Mme d'Hénin à qui nous la voyons chercher maintenant à rendre service, c'est Lafayette. Il s'est acquis plusieurs titres à sa sympathie. Sa femme est une Noailles, tout comme le prince de Poix. Mme de Simiane, dont il est fort épris, fait partie du cercle des princesses combinées[190].

Mme d'Hénin continua à se tenir en Angleterre jusqu'après la chute de Robespierre. Mais dès qu'elle entrevit la possibilité de rentrer en France sans trop de danger, elle se hâte de passer la Manche. Nantie d'un passeport sous le nom d'une demoiselle Vauthier, marchande de modes de Genève, que Mme de Staël sans doute lui a procuré, elle va demander l'hospitalité à Mme de Poix dans une maison de Saint-Ouen qu'on a prêtée à son amie[191].

Les excès des contre-révolutionnaires[]

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Le général La Fayette avec son épouse et ses filles à la prison d'Olmutz.

Abbé de Calonne.

Entrevue du comte de Provence (futur Louis XVIII) et de Madame Royale à Mittau en 1799. Le Roi envoie au Prince de Poix sa démission de capitaine des Gardes du corps du roi.

Les prises de position généreuses en 1789 lui valent même en France des critiques et même des insultes. Dans La France foutue: Tragédie lubrique et royaliste en trois actes et en vers, le comédien dit :

Le nom de grosse putain en est resté à l'infâme d'Aiguillon. Comment appellerons-nous le prince de Poix, et beaucoup d'autres de ce parti ?

L'infâme parti c'est celui des nobles partisans du Roi constitutionnel, jusqu'en 1792, comme le duc d'Aiguillon, Armand Désiré de Vignerot du Plessis, La Fayette, le Prince de Poix... et des millions de Français qui en 1789 ne veulent plus de l’Ancien Régime.

François Dominique de Reynaud, comte de Montlosier (1755 - 1838), est émigré à Londres. Ses colères cachent une pensée profonde et innovatrice qui posée les fondements d'une droite moderne dépassant le cadre strict de la Contre-Révolution[192]. Ce noble clermontois écrit dans ses Souvenirs :

Chaque jour, nous étions, M. Malouet et moi, soit chez lui, soit chez moi, soit chez le prince de Poix ou chez la princesse d’Henin, à nous lamenter sur un ensemble de dispositions qui alarmaient toute cette partie de la France raisonnable qui avait horreur de la Révolution mais qui ne voulait pas de l’Ancien Régime, qui voulait conserver une grande horreur pour les crimes mais qui ne voulait pas y comprendre les erreurs et les fautes. Avec le signalement de folie, de fureur et d’intolérance qui était donné à toute l’émigration, comment espérer se rejoindre jamais avec notre patrie ? Il nous semblait important, soit pour l’émigration, soit pour les puissances du continent, mais surtout pour une grande partie de la France dont nous connaissions les bonnes dispositions, de nous élever contre un système, conception funeste de quelques-uns qui semblait nous comprendre tous, nous rendait odieux à notre pays et nous en séparait à jamais[193].

Poix écrit à l'Abbé de Calonne, rédacteur du Courrier de Londres. le 27 Août 1795.

Le prince de Poix écrit à Jacques Mallet du Pan, qui vit à Berne, de Londres, le 13 décembre 1796. Il prend la défense de son cousin, Gilbert du Motier, marquis de La Fayette face aux accusations de la Cour de Vienne et à l'emprisonnement de La Fayette par les alliés des émigrés. Il explique qu'en France ses amis, sa femme et ses filles sont eux-aussi emprisonnés, mais par les révolutionnaire[194].

Quand le nouveau monarque envoie au Prince de Poix sa démission de capitaine des Gardes du corps du roi, il lui rappelle ses services auprès du feu roi et son dévouement à la famille royale. Il parle de son attitude courageuse lors de la Journée du 10 août 1792, ses six semaines dans les geôles révolutionnaires, la mort de ses parents sur la guillotine. Il ajoute :

Je m'attendais à être considéré ainsi par le successeur de Louis XVI qui est son frère.

Cette disgrâce du prince de Poix indispose les esprits, nous dit Jacques Mallet du Pan[195].

Lorsqu'on apprend que le général Bonaparte a réussi à quitter l'armée d'Egypte et à débarquer à Fréjus, la nouvelle ne fait pas moins de sensation en Angleterre qu'en France. Tout le monde comprit qu'il va renverser le gouvernement[196].

SOUS LE CONSULAT ET L'EMPIRE (1810 - 1814)[]

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Le château de Mouchy[]

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Le château de Mouchy.

Les jardins de l'Hôtel de Noailles à Saint-Germain-en-Laye au XVIIIe siècle.

Philippe Louis Marc Antoine de Noailles revient en France en 1800[197].

A son retour en France, Poix retrouve une grande partie de ses biens, et notamment la terre de Mouchy, près le bourg de Noailles, dont sa famille porte le nom, ou plutôt qui l'a reçu de cette famille. Sa belle-fille, nièce de Talleyrand, est dame du palais de l'impératrice Marie-Louise. Il vit paisiblement à Mouchy-le-Châtel, près de Noailles, pendant l'Empire. Il s’occupe de ses terres ou ce qu'il en reste. Le prince de Poix s'est vu confisquer, entre autres, plus de 350 hectares dans le sud de l'Amiénois.

Mme d'Hénin, revenue en France, reprend sa place dans la grande famille des Noailles, à laquelle l'attachent tant de liens. Elle vit aux côtés de la maréchale de Beauvau et de la princesse de Poix. La vénérable maréchale, retirée maintenant à Saint-Germain dans une petite maison attenante à la superbe habitation du feu maréchal de Noailles, vit là entourée de sa belle-sœur, Mme de Craon, ancienne abbesse de Saint-Antoine-des-Champs, qu'elle a recueillie, lors de la suppression des couvents, et de deux dames de compagnie dont l'une est Ourilca, la jeune négresse ramenée du Sénégal le chevalier de Boufflers[198]. Les idées politiques de la princesse, dont il est séparé, ne sont plus les mêmes du fait de la mort de presque toute sa famille pendant la Terreur. Le prince est triste du fait de la mort de son roi bien-aimé et de l'ingratitude du nouveau qui ne règne pas encore. La princesse de Poix, maintenant aveugle, vit à Paris, entourée de ses nombreux enfants et petits-enfants et de ses amis et amies, toujours calme et sereine, contemplant avec résignation les ruines du passé, jugeant le présent sans amertume, prévoyant l'avenir sans folles espérances. Bien qu'elle n'ai jamais émigré, son salon a peu subi l'influence de la Révolution. Une partie des personnes qui s'y rencontrent chaque soir s'y retrouvent depuis trente ans. C'étaient entre autres Mesdames d'Hénin, de Chalais, de de Duras, de Simiane, de Damas, MM. de Chalais, l'abbé de Montesquiou, de Damas, de Lally. Dans ce cercle restreint survivent toutes les grâces, mais aussi quelques vestiges des travers de l'ancienne société française[199].

La Malmaison[]

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Joséphine de Beauharnais et des proches à La Malmaison que le Prince de Poix côtoie régulièrement dans ce château.

On se trompe si l'on croie que les émigrés sont mal reçus lorsqu'ils viennent reprendre leur place dans la société. Ils y sont, au contraire, accueillis avec empressement. Le premier Consul les rappelle. Tous les salons leur sont ouverts[200]. Sa belle-fille, nièce de Talleyrand, va être dame du palais de l'impératrice Marie-Louise et son fils cadet chambellan de l'Empereur.

Poix fréquente à la Malmaison la famille Beauharnais et celle du Premier consul[201].

Agathe de Rambaud et Le Petit Trianon[]

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Agathe de Rambaud, née Mottet.

Le Petit Trianon au début de la Révolution. Vers 1800 le château est devenu un hôtel. Les jardins ne sont plus entretenus et les arbres coupés pour se chauffer.

Le prince de Poix rencontre ses ami(e)s à Paris, à Versailles ou dans ses châteaux. Sa maison est réputée d'une des meilleures de Versailles[202]

Agathe de Rambaud, veuve depuis 1787, est invitée en 1814, par son ami le Prince de Poix, Louis de Noailles, dans un de ses châteaux. Il s’occupe de ses terres depuis son retour d’émigration. Elle passe des moments agréables auprès de lui.

Ils se remémorent les heures tragiques et un séjour à Versailles, au début de l’Empire, où désirant passer une soirée au Petit Trianon ils n'ont pas apprécié leur hébergement. En effet la demeure de Marie Antoinette est devenu à cette époque là une vulgaire hôtellerie[203].

Louis ayant cru faire plaisir à Agathe en descendant là plutôt qu’à l’hôtel Rambrand. Mais le repas dans l’ancien boudoir de la Reine, les arbres disparus eux-aussi, les jardins négligés la choquent. Elle se met même en colère, quand elle voit sur une pancarte fixée à la porte de la chambre du prince, les mots : appartements du Roi. Très courroucée, elle demande alors à la maîtresse de maison ce que cela signifie :

- Le Roi n’a jamais eu d’appartement à Trianon, ceci est une supercherie. Comment osez-vous vous servir du souvenir du Roy-martyr ?[204]

Le prince lui promet de ne plus avoir des idées aussi saugrenues et l’emmène à Paris pour oublier cette période l’espace d’un instant. En 1814, ses cheveux ont blanchis, mais le vieil homme peut désormais penser à un avenir possible pour ses proches. Il pense bien entendu aussi au fils de son amie, Auguste de Rambaud, qui va devenir son secrétaire intime gouvernant, quand il alité, Versailles. Il passe quelques jours ensemble dans sa maison. Poix annonce à Agathe que l’Empire va perdre la guerre et que le frère de Louis XVI va régner à son tour. Elle lui demande s’il a changé. Il lui répond, l’air effondré :

- Non, il est encore plus fourbe ! Mais c’est le dernier des Bourbons ![205].

Entrée du roi Louis XVIII à Paris, 3 mai 1814, au moment de son passage sur le pont Neuf.

RESTAURATION (1814 - 1819)[]

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Selon l'Almanach royal: 1814/15, le Prince habite au 61 rue de l'Université en 1814. Le prince de Poix déteste les amis de Decazes, les quasi-royalistes, comme il les surnomme. Un soir, à un bal chez le Duc de Castries, il accueille Decazes par un Bonsoir le traître. Et ce triste personnage ne semblant pas bien comprendre, le petit poix ajoute :

Mais que voulez vous ils vous appellent tous comme cela[206].

Poix est devenu un courtisan. Il n'est pas ultra, mais il n'est pas toujours opposé à leurs opinions. On va le revoir avec la Duchesse de Berry. Et il accumule les fonctions et titres.

Le retour des Bourbons (avril 1814)[]

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Louis XVIII relevant la France, allégorie du retour des Bourbons.

A Livry, Poix est avec le bailli de Crussol, le duc de Laval. A la vue du Comte d'Artois, compagnon de leur jeunesse, ils s’attendrissent profondément[207].

Au retour des Bourbons le Prince de Poix les accueille à Paris.

Le Prince de Poix, Louis de Noailles, reprend certaines de ses fonctions d'avant 1792 et en occupe d'autres. C'est un royaliste constitutionnel. Même si à propos de la jeune duchesse de Berry quand le duc de Maillé, franc parleur, remarque à haute voix que la princesse a un œil plus petit que l’autre. Le prince de Poix s’indigne : Je n’ai rien vu de cela, bien au contraire, madame la duchesse de Berry a l’œil gauche un peu plus grand…. Certains se demande s'il ne partage pas la fascination des ultras pour la beauté de la Duchesse, mais c'est juste là le mot d'un courtisan[208].

Le Prince reprend ses fonctions de capitaine des Gardes du corps du roi le 23 mai 1814[209].

Identité oubliée du père du Comte de Neuilly (3 mai 1814) ?[]

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Le père du Comte de Neuilly n'est pas Jean François André Brunet de Neuilly, mais Charles X.

Fils d’un comte de Neuilly (Écuyer ordinaire du roi en la Grande Écurie, professeur d'équitation des rois Louis XVI, Louis XVIII, Charles X) et d’une lectrice de la Dauphine, la future Marie Antoinette, Ange Achille Charles de Brubet, comte de Neuilly, est né en 1777 et élevé à Versailles. Il y est souvent admis à jouer avec Monseigneur le Dauphin. Le comte de Neuilly émigre d’abord à Coblentz, puis sert dans les armées étrangères de 1793 jusqu’à son retour en France, en 1801. Précédant l’arrivée du comte d’Artois, il quitte au mois d’avril 1814 sa retraite de Rigné pour gagner la capitale avec sa femme et ses enfants. Présenté au lieutenant-général, qui l’assure de ses bontés, il assiste le 3 mai 1814 à l’entrée de Louis XVIII, auprès duquel le conduit le prince de Poix, déclinant son identité par celle de son père[210].

Louis XVIII répond en effet au prince de Poix, qui lui présente le comte de Neuilly :

Je retrouve en lui les traits de son père.

Il faut donc regarder cette ressemblance comme le premier titre du narrateur à une place pour laquelle par ailleurs il ne possède pas, en tant que cavalier, de compétences particulières[211].

Comme on peut le noter les titres et origines comptent beaucoup. cavalcadour des rois Louis XVIII et Charles X, Maire de Rigné. Poix déclinant son identité n'annonce par le nom de son père, car il est le fils caché de Charles X.


Capitaine des Gardes du corps du roi (23 mai 1814)[]

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L'hôtel Juigné ou Sallé du quai Malaquais[]

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Hôtel de Juigné ou Sallé, quai de Malaquais, où vit le Prince de Poix et accueille sa compagnie de gardes-du-corps du roi.

Les provisions de l’état et charge expédiées en 1814 au prince de Wagram et au duc de Raguse, nommés capitaines des gardes de deux compagnies nouvelles – qui sont en même temps les dernières dans l’échelle honorifique des compagnies françaises – sont ainsi le parfait décalque de celles reçues par les ducs d’Havré et de Gramont, par le prince de Poix et par le duc de Luxembourg[212]. Elles reprennent par conséquent l’exposé des motifs de nomination, ce qui veut dire, selon Louis XVII :

pour les preuves qu’[ils ont] données dans tous les emplois qui [leur] ont été confiés, d’une insigne valeur, courage, expérience au soin de la guerre, diligence et sage conduite et d’une fidélité et affection inviolables à notre service[213].

Le prince de Poix habite en 1814 l'hôtel Juigné ou Sallé du quai Malaquais et y établit le bureau de la compagnie qu'il forme.

Sa compagnie[]

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Discours adressé par M. le Vicaire-général d'Amiens... à Messieurs les Gardes-du-corps de la compagnie de Noailles, commandée par M. le Prince de Poix... (1814).

Malgré son âge Poix est très actif. La première compagnie des six compagnies des gardes qui est prête, ou du moins celle qui commence le service, est la sienne, et la manière dont elle débute est pour le moins surprenante. Les gardes chassent les effets des gardes nationaux du corps de garde. Le prince doit offrir plusieurs dîners aux vieux gardes pour faire oublier les méthodes de ces jeunes gardes[214].

Cette affaire divise la Cour. Les nouvelles maisons tiennent pour la garde nationale, les anciennes pour les Gardes du corps du roi.

Le prince de Poix s'étant avisé de dire qu'il va falloir apprendre à les respecter se voit répliquer par le Maréchal Louis Gabriel Suchet que la France les respectera quand ils seront mutilés à la guerre. Beaucoup de Gardes sont pourtant des anciens officiers de Napoléon.

Recrutement de Lamartine[]

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Lamartine jeune.

Louis de Noailles, à Paris le 2 septembre 1814, promet une sous-lieutenance dans la compagnie qu'il commande au gendre de Lally-Tollendal, Henry d'Aux de Lescout.

Le père de Lamartine, le présente au prince de Poix, commandant de la compagnie de Noailles. Il veut, pour seule récompense de ses services, se procurer le plaisir de faire immatriculer son fils dans la garde du roi. Lors de la fatale journée du 10 août 1792, Lamartine combat avec les gentilshommes du Mâconnais, pour s'offrir à la défense de Louis XVI. Il reconnaissait bien le prince pour l'avoir vu dans cette circonstance.

C'est dans l'hôtel du quai Malaquais, qu'occupera, peu d'années après, le ministre de la police générale, duc Decazes. Le prince de Poix, qui a été l'ami de Louis XVI, habite alors cet hôtel et y a établi le bureau de la compagnie qu'il forme.

Le prince, après avoir prêté l'oreille à son père, ne l'écoute déjà plus. Continuant à me regarder, il me prend par la main, et, retournant avec moi sur ses pas dans les appartements dont il sort :

- : Venez, dit-il, jeune homme, que je vous présente moi-même à mon état-major pour vous faire recevoir.

Ils le suivent de bureau en bureau.

- : Tenez, dit-il, aux officiers qui le composaient, voilà un nouveau garde que je vous amène ! Vous conviendrez que je les choisis bien et que j'ai la main heureuse. Vous ne m'en présentez pas souvent comme celui-là !

Puis, se mettant à détailler à haute voix les différentes perfections militaires qu'il me reconnaissait, il me passa, pour ainsi dire, en revue depuis la tête jusqu'aux pieds, en se récriant avec un enthousiasme presque offensant sur ma tenue et sur ma figure.

- Quelle belle taille ! disait-il, quelle belle attitude sous l'uniforme ! Marchez, Monsieur. Quelle belle démarche militaire ! Recevez-le à l'instant; vous lui apprendrez vite le métier.

Le père de Lamartine est ému et presque honteux des expressions dont le vieux général se sert. Ce n'est pas là l'accueil qu'il attend d'un soldat.

Soit hasard du service, soit que le prince de Poix est parlé de lui à Louis XVIII et est désiré montrer au roi un jeune échantillon de sa compagnie, deux jours après, je reçois l'ordre de me tenir en grand uniforme, prêt à un service particulier auprès de la personne du roi....

Pair de France (1814/1817), duc(1815/1817), Lieutenant général (1814)[]

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Le Prince de Poix en uniforme du temps de la Restauration.

Le Prince de Poix, Louis de Noailles est fait Pair de France, en juin 1814, puis des lettres patentes le font Pair héréditaire (12 octobre 1817)[215].

En 1818, la Chambre des pairs est constituée en cour de justice pour connaître la plainte de la comtesse de Saint-Morys contre le duc de Gramont, pair de France, le duc de Mouchy et le prince de Poix, en homicide involontaire et complicité d'homicide involontaire commis sur la personne du feu comte de Saint-Morys. L'affaire éclaire d'un jour particulier les problèmes posés par les ventes de biens nationaux[216].

En 1815, le prince de Poix reçoit un brevet titulaire de duc[217]. Puis, des lettres patentes le font duc héréditaire le 20 décembre 1817[218].

Le Prince de Poix, Louis de Noailles, est nommé lieutenant général honoraire (8 août 1814)[219][220].

Le Prince de Poix, Louis de Noailles, transmet toutefois à son fils, le duc de Mouchy, le 17 mai 1816, sa compagnie de Gardes[221].

Louis de Noailles suit le roi à Gand (19 mars 1815)[]

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Le départ pour Lille (19 mars 1815)[]

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Le Prince de Poix (triangle rouge) et son protégé, Auguste de Rambaud (triangle bleu).

Philippe Louis Marc Antoine de Noailles est présent, dans le cabinet du Roi, le 7 mars 1815, quand le maréchal Ney prend congé de Louis XVIII. Le militaire prendre congé de S. M. qui lui dit :

- : Partez ; je compte bien sur votre dévouement et fidélité.

- : Sire, j'espère ramener Buonaparte dans une cage de fer.

Mais Ney se rallie à l’Empereur et ce dernier peut désormais reprendre le pouvoir.

Louis XVIII doit donc abandonner les Tuileries dans la nuit du 19 mars. Dans l'entourage du roi, on se montre très opposé à son projet d'aller en Angleterre. Louis XVIII cède à contre-cœur. Au moment du départ, l'intention du Roi et de son entourage, proclamée au conseil de cabinet du 19 mars, est de se rendre à Lille et d'y installer le siège provisoire du gouvernement[222]. Il arrive le 22 mars, à Lille, par la porte de Béthune[223]. Le silence des troupes contraste avec les acclamations du peuple. Le roi en prend quelque ombrage et se croit en danger[224].

Le départ pour Gand (23 mars 1815)[]

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la salle de bal de l'hôtel d'Hane-Steenhuyse s'appelle bientôt la salle des Maréchaux, comme aux Tuileries, parce qu'il y a les Gardes du Corps en poste à cet endroit[225].

A Gand, le duc de Feltre est somptueusement logé et déploie un luxe qui choque son entourage. Alors qu'il ESt d'usage d'aller à pied, il ne sortait jamais que dans une voiture et suivi de deux valets de pied, écrit Beugnot, persuadé qu'un hôtel, un carrosse, des valets, un chasseur et un cuisinier sont cinq sens ajoutés à la personne de tout ministre[226].

Plaque commémorative à Gand.

Louis XVIII dès le lendemain, part pour Gand où le prince d'Orange lui offre d'établir sa résidence. Peu après le passage de la frontière, ayant licencié le plus gros de l'escorte militaire et pris congé des maréchaux Mac Donald et Mortier, qui désirent demeurer en France, les princes franchisent eux aussi la frontière. Environ 300 gardes du corps, suisses et mousquetaires les protègent[227].

Le comte d'Artois, les ducs de Duras, de Poix, d'Havré, de Luxembourg, de Levis, Berthier, Marmont, Victor, les généraux Maison, de Beurnonville, Bordessoulle, Donnadieu, Louis de La Rochejaquelein, Thibaut de Montmorency, le chancelier Dambray, Blacas, Jaucourt, Louis, Bcugnot, Bourrienne, Clarke, Chateaubriand, Gaëtan de La Bochefoucauld, le comte de Bruges, Roux-Laborie, Bertin l'aîné, Lally-Tollendal, de Sèze, les préfets Capelle et Vaublanc, Anglès, Meunier, Guizot, Chateaubriand... accompagnent le roi ou le rejoignent bientôt. Pozzo di Borgo, Goltz, Vincent et les autres représentants des puissances, jadis accrédités à Paris, viennent reprendre leur poste diplomatique auprès de Louis XVIII[228].

Des manifestations de sympathie qui marquent l'entrée et le séjour à Gand du Roi de France. Nombre de Gantois conservent en effet un souvenir désagréable des régimes républicain et napoléonien[229]. Il y a à Gand une véritable cour[230]. La duchesse de Duras, admiratrice fervente de Chateaubriand, et sa fille Clara, duchesse de Rauzan, et la duchesse de Levis, dont Chateaubriand vante la beauté et la bonté, tiennent des salons où se réunit une société élégante et spirituelle, et où se poursuivent les traditions des salons parisiens[231].

Poix est accompagné par le fils d'une amie, Auguste de Rambaud, qui vient de revêtir l'uniforme de Commissaire des guerres à Lille, le 23 mars 1815, durant la fuite à Gand. Ce Commissaire des guerres, mis en demi-solde sera son secrétaire intime (bras droit) pour gouverner Versailles, car le Prince est très malade.

Il y a aussi à Gand un véritable gouvernement auquel ne manque qu'un pays à gouverner. Néanmoins Chateaubriand écrit :

Ma correspondance avec les départements ne me donnait pas grande besogne

En l'absence de l'abbé de Montesquiou, émigré en Angleterre, Chateaubriand a par intérim le portefeuille de l'intérieur[232].

Beugnot, ministre de la marine, et Louis, ministre des finances, ne sont pas non plus fort occupés.

Orléans - le futur Louis Philippe - repousse toutes les invitations que le Roi lui adressa de rejoindre la cour de Gand[233].

Dans la nuit du 17 au 18 juin, Wellington écrit au Duc de Berry qui commande l'armée royale, stationnés à Alost. Il lui annonce une bataille à venir et il envisage l'hypothèse, à laquelle il ne croit pas évidemment, d'une défaite des forces coalisées [234].

Arrive le jour de Waterloo. Panique, terreur à Gand bien sûr. Il y a des descriptions des chariots tout préparés, les bijoux de la Couronne sont envoyés à Anvers le 7 juin. Berry est pris de panique et commence à quitter, avec la Maison militaire, Alost[235].

L'armée royale à Alost (1815)[]

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L'armée royale de Gand (1815) : Garde du corps.

L'armée royale de Gand (1815) : Régiment du Nord et la Couronne.

Sir Arthur Wellesley Duke of Wellington, ami d'Henry II Russell de Swallowfield, cousin germain par alliance d'Agathe de Rambaud, amie du Prince de Poix.

Clarke peut du moins donner des ordres, faire des règlements. Il adore cela. Il peut également combiner des plans de campagne, car il y a une armée royale : 802 gardes du corps, mousquetaires, Suisses, volontaires de l'Ecole de droit et soldats déserteurs, cantonnés à Alost et aux environs sous le commandement du duc de Berry[236]. Il y a aussi des volontaires royaux appelés à marcher avec le corps d'armée[237]. Mais, on a démobilisé une partie des Volontaires royaux au moment de franchir la frontière parce que les autorités du Royaume des Pays-Bas l’exigent[238].

Louis XVIII a cependant une garde, même si sa Maison militaire a été dissoute par le comte d'Artois, elle se reforme à Alost. Il y a bientôt 800 soldats ce qui n'est pas rien. Les Gardes du Corps sont là et la salle de bal de l'hôtel d'Hane-Steenhuyse s'appelle bientôt la salle des Maréchaux, comme aux Tuileries, parce qu'il y a les Gardes du Corps en poste à cet endroit[239].

Le Roi a également sa famille autour de lui : le comte d'artois s'installe à l'hôtel des Flandres, sur la Place d'armes et le duc de Berry à Alost avec la Maison militaire[240].

Pour augmenter cette petite troupe, Clarke et ses agents multiplient les appels à la désertion parmi les corps français stationnés sur la frontière. Des émissaires de Gand, des douaniers belges, des royalistes de Lille et de Cambrai distribuent des proclamations où l'on promet, outre une bonne solde et de bons cantonnements, 80 francs à chaque cavalier monté et 20 francs à chaque fantassin qui rejoint l'armée royale[241]. Ce corps atteint en juin, selon l'ambassadeur d'Angleterre Charles Stuart, environ 2.000 hommes dont 600 cavaliers[242], mais il s'agit surtout de volontaires royaux venant de toute la France et pas des mercenaires de Clarke. Dans le même temps des mouvements insurrectionnels ou de résistance plus exactement à partir de l'armée restée fidèle à Louis XVIII, s'organisent dès le printemps 1815 (Provence, Couloir rhodanien, Bordeaux, Vendée, Toulouse, Angers, Morbihan, Nord...)[243].

Les puissances alliées font connaître à Gand leur désir formel que la petite armée d'Alost ni même les princes individuellement ne prennent point part à la guerre. On laisse Louis XVIII libre d'agir en Vendée[244].

Le duc de Berry loge à Alost chez le bourgmestre. Une partie des troupes cantonne à Alost. Dès le mois de mai, des déserteurs de l'armée impériale arrivent à Gand, Termonde ou Alost. Ces derniers sont l objet d un certain mépris de la part des Anglais mais ils sont bien accueillis par les soldats royaux en exil, qui voient leur régiment augmenté de quelques hommes. Le 13 juin, Sir Charles Stuart écrit au duc d'Orléans demeurant à Londres, au grand dam du Roi :

Je conviens que Gand me rappelle Coblentz et que l'armée d'Alost est une armée de Condé[245].

Poix défend le Maréchal Ney (1815)[]

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Le retour de Louis XVIII à Paris en 1815.

Entrevue du maréchal Ney et de Napoléon à Auxerre (14 mars 1815).

Louis de Noailles revient avec le Roi et reprend ses fonctions de capitaine des Gardes du corps du roi[246].

Après les Cent-Jours Ney est jugé.

Poix témoigne en novembre, devant la Chambre des Pairs, qu'il n'a point entendu que le maréchal Ney est demandé de l'argent au Roi, et qu'il m'a nulle connaissance qu'il en est reçu pour sa mission. Il affirme que Ney n'a jamais demandé et reçu d'argent pour cette mission[247].

Le duc de Duras, beau-frère du Prince de Poix déclare avoir introduit le maréchal Ney, le 7 mars, dans le cabinet du Roi, et lui avoir entendu dire à S. M. que s'il pouvait prendre Bonaparte, il le lui ramènerait dans une cage de fer. Le maréchal Ney déclare n'avoir point tenu ce propos. Il croit avoir dit, ce qui est un peu différent, que l'entreprise de Buonaparte est si extravagante qu'il mérite, si on le capture, d'être ramené dans une cage de fer. Le prince de Poix, fait une déposition qui conforme les propos de Ney. Le maréchal explique son attitude par son émotion face à la situation confuse[248].

Louis XVIII quitte le palais des Tuileries, nuit du 19 au 20 mars 1815.

Gouverneur de la Maison royale de Versailles (1811)[]

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Le fils de son amie Agathe de Rambaud, Auguste de Rambaud, son futur secrétaire à Versailles, agenouillé devant Louis XVIII, à Lille, le 23 mars 1815, durant la fuite à Gand.

Le Prince-duc de Poix âgé.

Le pavillon Dufour est construit en 1818/1820 grâce au Prince de Poix.

Selon l'Almanach royal: 1814/15, le gouvernement du château échoit en 1814 au Prince de Poix, et son concierge reçoit un traitement de 6.000 francs par an, une somme deux fois supérieure à celle que perçoit alors le concierge des Tuileries. Louis XVIII a donc bien l’intention, en 1814, de regagner Versailles pour en faire sa résidence principale, avec lui celle de la cour, et peut-être même la capitale de son royaume[249].

Le Prince de Poix est à nouveau gouverneur de la Maison royale de Versailles et de Trianon, lieutenant général, marguillier d'honneur de la paroisse et secrétaire général du gouvernement de Versailles. À ce titre, il représente le roi à Versailles et a en plus le soin de tout ce qui regarde la fabrique et l'œuvre de la paroisse Saint-Louis.

Un état des peintures sur porcelaines de Sèvres représentant divers sujets des chasses de Louis XVI placées chez le prince de Poix, est réalisé en février 1815[250].

En 1816, le 8 juillet le prince de Poix désire que soit réintégré au Trianon la statue de Mouchy représentant l'Amour occupé à courber un arc tiré de la massue d'Hercule[251].

Auguste de Rambaud, fils de son amie Agathe de Rambaud[252], ancien commissaire des guerres, est son Secrétaire intime

Auguste de Rambaud devient donc le secrétaire particulier de Louis de Noailles Celui-ci, très malade, qui termine ses jours en château de Mouchy-le-Châtel, dans l'Oise. Auguste de Rambaud le remplace dans ses fonctions de Gouverneur de la Maison royale de Versailles et de Trianon, lieutenant général, marguillier d'honneur de la paroisse, et secrétaire général du gouvernement de Versailles[253].

C'est dans l'hôtel particulier de la Pompadour que naît le fils d'Auguste, Ernest de Rambaud, au 7 rue des Réservoirs, qui est le logement du Gouverneur.

Auguste de Rambaud remplace donc dans ses fonctions les Prince-duc, comme on peut le constater en lisant des lettres datées des 5 et 12 septembre 1818 d'Auguste de Rambaud, secrétaire du gouvernement de Versailles, pour le prince de Poix, malade à Mouchy[254]. Rambaud envoie ne réponse négative au comte de Pradel. Le comte de Pradel est le Premier chambellan et maître de la Garde-Robe et directeur général du ministère de la Maison du roi, depuis 1816.

En 1818, le 24 juillet de concierge de Trianon informe Lauzun de la visite du prince de Poix[255].

Grâce au prince de Poix (1752 - 1819), qui occupe la fonction de gouverneur du château de Versailles, depuis 1816, l'architecte Alexandre Dufour est nommé chevalier de la légion d’honneur. Dufour doit cet honneur au Prince qui loue son zèle, sa probité et son habileté, ainsi qu’au baron Mounier (1784-1843), intendant des Bâtiments depuis le 29 novembre 1813. Les trois hommes se côtoient régulièrement dans le cadre des travaux du palais, et les supérieurs de Dufour ne tarissent pas d’éloges sur ses qualités[256].

Philippe Louis Marc Antoine de Noailles meurt, le 15 février 1819, à Paris. Au final, le renoncement définitif au retour à Versailles ne s’impose à Louis XVIII qu’après l’épisode des Cent Jours. Il entraîne un relatif abandon du château, péniblement maintenu en l’état entre 1815 et 1830. Après la mort du prince de Poix, le gouvernement du château est attribué au marquis de Vérac, entré en fonctions à compter du mois de juillet 1819, qui procède à la suppression du poste de concierge et à celui du seul emploi ordinaire encore enregistré à cette date[257].

Le Prince de Poix termine ses jours à Mouchy-le-Châtel, en Picardie.

Hommage du Marquis-pair de Verac[]

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Blason des Princes de Noailles-Poix.

Louis XVIII devant les membres des deux nouvelles chambres en 1814.

Marquis-pair de Verac (1768 - 1858).

Chambre des pairs.

Le Prince de Poix termine ses jours en son château de Mouchy-le-Châtel, dans l'Oise.

Son éloge est prononcé à la Chambre des pairs par Olivier de Saint-Georges de Vérac (1768 - 1858), mari d'une de ses nièces, qui lui succède comme gouverneur de la Maison royale de Versailles et de Trianon, lieutenant général, marguillier d'honneur de la paroisse et secrétaire général du gouvernement de Versailles.

M. le marquis de Vérac obtient la parole pour honorer d'un juste hommage la mémoire de feu M. le prince de Poix; le Noble Pair s'exprime en ces termes[258] :
Messieurs, Après avoir rempli le douloureux devoir d'accompagner, avec les enfans de M. le prince de Poix, sa dépouille mortelle jusqu'à la dernière demeure de ses peres, et de la déposer dans l'église de Mouchy, je viens en remplir un plus doux, et chercher quelques consolations en vous parlant d'un loyal pair de France qui a laissé après lui les plus honorables souvenirs. Que ne puis-je, pour rendre cet hommage plus digne de sa mémoire, emprunter la voix éloquente de plusieurs de ses nobles amis que je vois en cette Chambre, qui partagent mes regrets, et les exprimeroient mieux que je ne puis le faire ! M. le prince de Poix entra au service en 1768 ; en 1774 il fut fait colonel du régiment de Noailles, qui avoit été levé aux frais d'Anne-Jules de Noailles, son aïeul pendant la guerre de la Succession ; maréchal-de-camp en 1788, lieutenant-général en 1814 ; il avoit recu la Toison-d'Or en 1784. Les ses plus jeunes années nommé capitaine des gardes, le bonheur d'avoir a répondre a la France de la personne de son Roi, remplissoit son âme tout entière et la pénétroit de ce dévouement dont sa vie a multiplié les exemples. A chacune de ces époques désastreuses, au milieu des premiers orages de la révolution, M. de Poix parut toujours près du Roi, avec cette ardeur qui cherche encore le danger quand elle a perdu l'espérance. Dans la déplorable journée du 10 août, M. de Poix, à qui la révolution avoit depuis long-temps arraché la défense du Prince et du trône, qui n'auroient pas péri au milieu de leurs fidèles gardiens, surmonte tous les obstacles, se rend en habit de maréchal-de-camp au château des Thuileries, partage tous les dangers du Roi, s'élance dans cette assemblée où Louis XVI cherchoit un asile, et trouva la prison. Plus jaloux que jamais de la place que ses anciens honneurs lui marquoient auprès de son maitre : Au moins, s'écria-t-il, je recevrai les premiers coups. La violence seule put l’arracher d'auprès du prince, qu'il auroit suivi jusqu'a l'échafaud. Sa tête est mise à prix, partout la délation est a sa poursuite : des amis s'emparent alors d'un existemce qui lui étoit devenue indifférente, et l'Angleterre lui offre un asile. Cette rare fidélité a obtenu sa récompense : le Roi rentre dans sa capitale, le prince de Poix est à ses cotés : il ne cesse ses fonctions de capitaine des gardes qu'eu moment où le Roi, est rendu pour toujours a ses sujets[259].
Son courage ne l'abandonne pas dans sa dernière maladie ; nous l'avons vu, pendant une année entière, calme et résigné au milieu des cruelles souffrances que notre tendresse et nos soins s'efforçoient d'adoucir. Dès que lanmaladie devint grave, M. de Poix, de son propre mouvement, appela les secours de la religion ; devoirs faciles a remplir pour celui qui a rempli tous les autres[260].
Ainsi devoit mourir celui dont la franchise et la confiance composoient l'honorable caractère, qui s'expliquoit avec un mélange de candeur et de fierté sur les momens de sa vie calomniés par ses ennemis, pour lesquels il fut toujours sans animosité ; celui qui montra les plus belles et les plus honorables qualités ; celui dont le patronage fut si paternel, l'obligeance sans bornes, qui appeloit au bonheur de rendre service les délices de la vie[261].
Aussi M. de Poix fut trompé dans se dernier vœu de sa modestie. Il a prescrit que ses funérailles fussent simples et sans pompe, que personne n'y fut convoqué. Ceux qui m'aiment me suivront, a-t-il écrit dans son testament. Ils ont répondu a sa confiance, tous ceux qu'il a tant aimés et tant obligés. Sans aucune convocation, a la pointe du jour, l’enceinte du temple s'est trouvée trop étroite pour l'empressement de l'affection et de la reconnaissance[262].
Messieurs, le souvenir de M. de Poix vous sera toujours cher, vous n'oublierez jamais ce courage, ce dévouement a son maitre et a ses devoirs, toutes ces vertus dont il a ambitionné d’être le martyr. Sa mémoire vous sera retracée par son fils, qui doit le remplacer parmi vous, comme il le remplace auprès du Roi. Tous deux étoient dignes d'appartenir a cette famille dont il est dit, eu divers diplômes, que jamais elle n'a servi dans un parti contre son Roi[263].

SA FEMME ET SA DESCENDANCE[]

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Son épouse[]

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Anne Louise Marie de Beauvau-Craon (1750 - 1834).

A quatorze ans, Louis de Noailles épouse, le 9 septembre 1767, Anne de Beauvau-Craon (1750 - 1834), fille d'une Bouillon, Marie-Charlotte Sophie de La Tour d'Auvergne un immenfe parti. Son beau-père est prince de l'Empire, maréchal de Beauvau, grand d'Espagne de la première classe, capitaine des gardes du corps de Louis XV, chevalier des ordres du Roi, maréchal, 2e Prince de Beauvau. Il est le chef d'une famille illustre entre les plus anciennes. (Henri IV descend d'une Beauvau.)

A dix-sept ans, Anne-Louise, jolie et pleine d’esprit, se marie donc avec Philippe Louis, prince de Poix, dit le 'Petit Pois de Noailles, un garçon de quinze ans, gâté jusqu’à la folie & si petit pour son âge qu’il fallut, le jour de ses noces, l’asseoir sur une grande chaise pour qu’il fût au niveau de fa femme. La princesse de Poix, selon Mme de Genlis, était charmante, sa taille n'avait rien de défectueuse, mais elle n'était pas belle et elle boitait[264].

Philippe Louis Marc Antoine de Noailles et Anne Louise Marie de Beauvau-Craon ont deux enfants.

Leurs enfants[]

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Charles de Noailles (1771 - 1834), duc espagnol de Mouchy.

Antonin Claude Dominique Juste de Noailles (1777 - 1846).

¤ Charles Arthur Tristan Languedoc de Noailles (1771 - 1834), Prince de Poix (1794), duc de Poix (1819), 3e Duc de Mouchy (1819), membre de l'ordre de la Légion d'honneur, et Pair de France[265]. Grand croix de l'ordre de Malte, au sortir de l'École militaire, il sert sous le vicomte de Noailles, sou oncle, colonel du régiment des chasseurs d'Alsace. Il émigre en 1791, fait la campagne de 1792 à l'armée des princes, et passe en Angleterre après le licenciement de cette armée. Le duc de Mouchy rentre en France en 1800. Il préside, en 1815, le collège électoral du département de la Meurthe, qui le nomme son député. Louis XVIII le créée successivement colonel et chevalier de Saint-Louis, en 1814, maréchal-de-camp, le 31 mai 1815, et lieutenant-général, le 17 mai 1816. Il devient prince-duc de Poix, pair de France et capitaine des gardes-du-corps du roi, le 15 février 1819, après la mort de son père. Le 2 mai suivant, il est reçu chevalier de l'ordre de la Toison d'Or, dans la salle du trône, par Louis XVIII, au nom de S. M. C., et il est nommé chevalier de l'ordre du Saint-Esprit le 30 septembre 1820, et officier de la Légion-d'Honneur le 19 août 1820. De son mariage avec mademoiselle De La Borde De Méréville, le prince-duc de Poix a pour fille unique Charlotte-Marie-Antoinette-Léontine de Noailles, aujourd'hui veuve du comte Alfred de Noailles.


¤ Antonin Claude Dominique Juste de Noailles (1777 - 1846), Comte de Noailles et de l'Empire (1810), puis 4e Duc de Mouchy (1834), Prince de Poix, Duc de Poix et Pair de France&lt[266], Chevalier de La Toison d'Or, Chevalier-Commandeur de l'Ordre du St-Esprit, Chambellan de Napoléon Ier, est né à Paris le 25 août 1777. Lors du retour de Louis XVIII, en 1814, le comte Juste de Noailles est nommé ambassadeur du roi en Russie, et réside à Saint-Pétersbourg jusqu'en 1818. Le roi le créé chevalier de l'ordre de Saint-Louis, et commandeur de la Légion-d'Honneur le 3 août 1814. Il préside, en 1821, le collège électoral du 2e arrondissement de la Meurthe, et, en 1824, le grand collège de ce département, le nomme député à la chambre de la Meurthe (1824 - 1827). A la mort de son père, le comte de Noailles hérite de la grandesse d'Espagne de 1re classe d'après la renonciation de son frère aîné, le duc de Mouchy. Le comte Juste de Noailles est créé chevalier des ordres du Roi en 1825. Il est le mari de Françoise-Xavier-Mèlanie-Honorine de Talleyrand-Périgord, nièce du prince de Talleyrand, dame d'atours de Madame, duchesse de Berry, et Julie d'Archambaud-Louis-Joseph, duc de Talleyrand-Périgord, lieutenant-général des armées du roi, et de Madelaine-Henriette-Sabine Olivier de Senozan-Viriville, morte victime du tribunal révolutionnaire.

Le château de Fléville est la propriété (début XIXe) de la Princesse de Poix, Anne Louise Marie de Beauvau-Craon (1750 - 1834).

NOTES ET RÉFÉRENCES[]

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  1. La fuite de Louis XVIII à Gand en 1815
  2. Biographie universelle ancienne et moderne, T.33, p. 608.
  3. Almanach royal, Imprimerie de la Veuve D'Houry, 1770.
  4. MAISON DU ROI -- PENSIONS SUR LE TRÉSOR, CARTON O,1,684
  5. LES GARDES DU CORPS DE LOUIS XVI, ETUDE INSTITUTIONNELLE, SOCIALE ET POLITIQUE, DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE, prosopographie, par Gilbert Bodinier, Préface de Jean Chagniot, Directeur d'études à l'EPHE, Mémoire & Documents (1 janvier 2005).
  6. Dictionnaire des parlementaires français... : depuis le 1er mai 1789 jusqu'au 1er mai 1889.... IV. Lav-Pla / publ. sous la dir. de MM. Adolphe Robert, Edgar Bourloton et Gaston Cougny. Éditeur : Bourloton : 1889-1891.
  7. Papiers de Louis Philippe Marc Antoine de Noailles, prince de Poix, et d'Anne Louise Marie de Beauvau, sa femme
  8. Almanach royal, Imprimerie de la Veuve D'Houry, 1770.
  9. Mémoires, Volume 41, Société d'histoire et d'archéologie de Chalon-sur-Saône, 1972.
  10. Papiers de Louis Philippe Marc Antoine de Noailles, prince de Poix, et d'Anne Louise Marie de Beauvau, sa femme
  11. Papiers de Louis Philippe Marc Antoine de Noailles, prince de Poix, et d'Anne Louise Marie de Beauvau, sa femme
  12. Papiers de Louis Philippe Marc Antoine de Noailles, prince de Poix, et d'Anne Louise Marie de Beauvau, sa femme
  13. Papiers de Louis Philippe Marc Antoine de Noailles, prince de Poix, et d'Anne Louise Marie de Beauvau, sa femme
  14. Mémorial historique de la noblesse, A. J. Duvergier, 1840.
  15. Papiers de Louis Philippe Marc Antoine de Noailles, prince de Poix, et d'Anne Louise Marie de Beauvau, sa femme
  16. Dictionnaire des parlementaires français... : depuis le 1er mai 1789 jusqu'au 1er mai 1889.... IV. Lav-Pla / publ. sous la dir. de MM. Adolphe Robert, Edgar Bourloton et Gaston Cougny. Éditeur : Bourloton : 1889-1891.
  17. Philippe Egalité, "grand maître" de la Révolution: le rôle politique du premier Sérénissime Frère du Grand Orient de France, Hubert La Marle, Nouvelles Editions Latines, 1989. ISBN 2723303837, 9782723303835.
  18. Dictionnaire des parlementaires français... : depuis le 1er mai 1789 jusqu'au 1er mai 1889.... IV. Lav-Pla / publ. sous la dir. de MM. Adolphe Robert, Edgar Bourloton et Gaston Cougny. Éditeur : Bourloton : 1889-1891.
  19. Mémorial historique de la noblesse, A. J. Duvergier, 1840.
  20. Dictionnaire des parlementaires français... : depuis le 1er mai 1789 jusqu'au 1er mai 1889.... IV. Lav-Pla / publ. sous la dir. de MM. Adolphe Robert, Edgar Bourloton et Gaston Cougny. Éditeur : Bourloton : 1889-1891.
  21. Mémorial historique de la noblesse, A. J. Duvergier, 1840.
  22. Dictionnaire des parlementaires français... : depuis le 1er mai 1789 jusqu'au 1er mai 1889.... IV. Lav-Pla / publ. sous la dir. de MM. Adolphe Robert, Edgar Bourloton et Gaston Cougny. Éditeur : Bourloton : 1889-1891.
  23. Mémorial historique de la noblesse, A. J. Duvergier, 1840.
  24. Dictionnaire des parlementaires français... : depuis le 1er mai 1789 jusqu'au 1er mai 1889.... IV. Lav-Pla / publ. sous la dir. de MM. Adolphe Robert, Edgar Bourloton et Gaston Cougny. Éditeur : Bourloton : 1889-1891.
  25. Papiers de Louis Philippe Marc Antoine de Noailles, prince de Poix, et d'Anne Louise Marie de Beauvau, sa femme
  26. Dictionnaire des parlementaires français... : depuis le 1er mai 1789 jusqu'au 1er mai 1889.... IV. Lav-Pla / publ. sous la dir. de MM. Adolphe Robert, Edgar Bourloton et Gaston Cougny. Éditeur : Bourloton : 1889-1891.
  27. Papiers de Louis Philippe Marc Antoine de Noailles, prince de Poix, et d'Anne Louise Marie de Beauvau, sa femme
  28. La princesse d'Hénin : histoire d'une grande dame du temps passé. Welvert, Eugène-Nicolas (1857-1939). M. Dubois (Versailles) : 1924.
  29. Dictionnaire des parlementaires français... : depuis le 1er mai 1789 jusqu'au 1er mai 1889.... IV. Lav-Pla / publ. sous la dir. de MM. Adolphe Robert, Edgar Bourloton et Gaston Cougny. Éditeur : Bourloton : 1889-1891.
  30. Poix-de-Picardie
  31. La garçonnière de la République, Littérature Française, Emilie Lanez, Grasset, 2017. ISBN 2246861217, 9782246861218.
  32. Jacques Hérisset, Les Aumôniers de la guillotine, 1954.
  33. Lettres de madame Roland, Roland (Marie-Jeanne), Claude Perroud, Marthe Conor, p. 308.
  34. Mémoires de Condorcet sur la révolution française: extraits de sa correspondance et de celles de ses amis, Jean-Antoine-Nicolas de Caritat marquis de Condorcet, Frédéric-Gaétan marquis de La Rochefoucauld-Liancourt. Éditeur Ponthieu, 1824.
  35. Dictionnaire des parlementaires français... : depuis le 1er mai 1789 jusqu'au 1er mai 1889.... IV. Lav-Pla / publ. sous la dir. de MM. Adolphe Robert, Edgar Bourloton et Gaston Cougny. Éditeur : Bourloton : 1889-1891.
  36. LES GARDES DU CORPS DE LOUIS XVI, ETUDE INSTITUTIONNELLE, SOCIALE ET POLITIQUE, DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE, prosopographie, par Gilbert Bodinier, Préface de Jean Chagniot, Directeur d'études à l'EPHE, Mémoire & Documents (1 janvier 2005).
  37. Dictionnaire des parlementaires français... : depuis le 1er mai 1789 jusqu'au 1er mai 1889.... IV. Lav-Pla / publ. sous la dir. de MM. Adolphe Robert, Edgar Bourloton et Gaston Cougny. Éditeur : Bourloton : 1889-1891.
  38. LES GARDES DU CORPS DE LOUIS XVI, ETUDE INSTITUTIONNELLE, SOCIALE ET POLITIQUE, DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE, prosopographie, par Gilbert Bodinier, Préface de Jean Chagniot, Directeur d'études à l'EPHE, Mémoire & Documents (1 janvier 2005).
  39. LES GARDES DU CORPS DE LOUIS XVI, ETUDE INSTITUTIONNELLE, SOCIALE ET POLITIQUE, DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE, prosopographie, par Gilbert Bodinier, Préface de Jean Chagniot, Directeur d'études à l'EPHE, Mémoire & Documents (1 janvier 2005).
  40. Dictionnaire des parlementaires français... : depuis le 1er mai 1789 jusqu'au 1er mai 1889.... IV. Lav-Pla / publ. sous la dir. de MM. Adolphe Robert, Edgar Bourloton et Gaston Cougny. Éditeur : Bourloton : 1889-1891.
  41. Lafayette, Laurent Zecchini, Fayard, 2019. ISBN 2213703108, 9782213703107.
  42. Mémorial historique de la noblesse, A. J. Duvergier, 1840.
  43. Philippe Louis Marc Antoine de Noailles
  44. LES GARDES DU CORPS DE LOUIS XVI, ETUDE INSTITUTIONNELLE, SOCIALE ET POLITIQUE, DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE, prosopographie, par Gilbert Bodinier, Préface de Jean Chagniot, Directeur d'études à l'EPHE, Mémoire & Documents (1 janvier 2005).
  45. LES GARDES DU CORPS DE LOUIS XVI, ETUDE INSTITUTIONNELLE, SOCIALE ET POLITIQUE, DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE, prosopographie, par Gilbert Bodinier, Préface de Jean Chagniot, Directeur d'études à l'EPHE, Mémoire & Documents (1 janvier 2005).
  46. Dictionnaire des parlementaires français... : depuis le 1er mai 1789 jusqu'au 1er mai 1889.... IV. Lav-Pla / publ. sous la dir. de MM. Adolphe Robert, Edgar Bourloton et Gaston Cougny. Éditeur : Bourloton : 1889-1891.
  47. Arch, nat., O1 111, fol. 222.
  48. L'Emprunt forcé de l'an II à Paris, de Herrmann et Nicole Mascard, p. 378.
  49. MAISON DU ROI, PENSIONS SUR LE TRESOR, CARTON O1,684
  50. Maroteaux Vincent. Une curiosité institutionnelle : l'administration du domaine de Versailles sous l'Ancien Régime. Bibliothèque de l'école des chartes. 1985, tome 143, livraison 2. pp. 275-312.
  51. Carnet de la Sabretache, n° 156, P. 53n.
  52. Maroteaux Vincent. Une curiosité institutionnelle : l'administration du domaine de Versailles sous l'Ancien Régime. Bibliothèque de l'école des chartes. 1985, tome 143, livraison 2. pp. 275-312.
  53. La Gazette de France, Imprimerie de la Gazette de France, 1768.
  54. Maroteaux Vincent. Une curiosité institutionnelle : l'administration du domaine de Versailles sous l'Ancien Régime. Bibliothèque de l'école des chartes. 1985, tome 143, livraison 2. pp. 275-312.
  55. Paris, Archives nationales (désormais AN), O1 1802, no 536 : lettre du prince de Poix au comte d’Angiviller, 3 novembre 1788.
  56. Histoire de la franc-maçonnerie en France. Lettre liminaire de Me Richard Dupuy, Nouvelles Editions Latines, 1978. ISBN 2723300633, 9782723300636.
  57. Philippe Egalité, "grand maître" de la Révolution: le rôle politique du premier Sérénissime Frère du Grand Orient de France, Hubert La Marle, Nouvelles Editions Latines, 1989. ISBN 2723303837, 9782723303835.
  58. Lafayette, Laurent Zecchini, Fayard, 2019. ISBN 2213703108, 9782213703107.
  59. Révolution et traditions en Vicomté de Turenne (Haut-Quercy--Bas-Limousin, 1738-1889): actes du colloque organisé par l'Association art et histoire de Martel, tenu à Turenne, Martel et Saint-Céré, les 4-5 et 6 août 1988, Philippe Vigier, Association art et historie de Martel, Association des amis du passé de Saint-Céré, 1989. ISBN 2907940058, 9782907940054.
  60. Quoy-Bodin Jean-Luc. Le militaire en Maçonnerie (XVIIIème-XIXème siècles). In: Histoire, économie et société, 1983, 2ᵉ année, n°4. pp. 549-576.
  61. Causeries du lundi, portraits littéraires et portraits de femmes, Charles Augustin Sainte-Beuve, p. 78.
  62. Guy de Rambaud, Pour l'amour du Dauphin, Anovi.
  63. Maigret Chantal. Le château oublié de Roquemaure (Gard) - XIe-XIXe siècle. In: Archéologie du Midi médiéval. Tome 21, 2003. pp. 115-139.
  64. Maigret Chantal. Le château oublié de Roquemaure (Gard) - XIe-XIXe siècle. In: Archéologie du Midi médiéval. Tome 21, 2003. pp. 115-139.
  65. Gard. Volume 1 de Inventaire-Sommaire des Archives Départementales Antérieures à 1790 / Archives Civiles - Série C / M. de Lamothe Éditeur Dupont, 1865
  66. Les châteaux du Gard: du Moyen Age à la Révolution, Marthe Moreau, Illustré par Henry Ayglon, Presses du Languedoc, 1997.
  67. Jack Kolbert, Les quatre voyages américains de La Fayette, contés par ses lettres à Adrienne, Annales de Bretagne et des pays de l'Ouest, vol. 84, no 3,‎ 1977, p. 266.
  68. Lafayette, Laurent Zecchini, Fayard, 2019. ISBN 2213703108, 9782213703107.
  69. Lafayette, Laurent Zecchini, Fayard, 2019. ISBN 2213703108, 9782213703107.
  70. Francois Ribadeau Dumas, La Destinée secrète de La Fayette ou le messianisme révolutionnaire, Laffont, 1972, p. 104.
  71. Lafayette, Laurent Zecchini, Fayard, 2019. ISBN 2213703108, 9782213703107.
  72. La destinée secrète de La Fayette: ou, Le messianisme révolutionnaire, François Ribadeau Dumas, R. Laffont, 1972.
  73. Lafayette, Laurent Zecchini, Fayard, 2019. ISBN 2213703108, 9782213703107.
  74. Extrait du Dictionnaire GÉOGRAPHIQUE, HISTORIQUE et STATISTIQUE Des communes de la Franche-Comté, A. ROUSSET. Tome V (1854)
  75. Extrait du Dictionnaire GÉOGRAPHIQUE, HISTORIQUE et STATISTIQUE Des communes de la Franche-Comté, A. ROUSSET. Tome V (1854)
  76. Volume 23 de Recueil général des anciennes lois françaises, depuis l'an 420 jusqu'à la révolution de 1789: contenant la notice des principaux monumens des Mérovingiens, des Carlovingiens et des Capétiens, et le texte des ordonnances, édits, déclarations, lettres-patentes, réglemens, arrêts du Conseil, etc., de la troisième race, qui ne sont pas abrogés, ou qui peuvent servir, soit à l'interprétation, soit à l'histoire du droit public et privé, avec notes de concordance, table chronologique et table générale analytique et alphabétique des maitières, Jourdan, Decrusy, Isambert (M., François André) Éditeur Belin-Le-Prieur, 1826.
  77. Versailles: Histoire, Dictionnaire et Anthologie, Mathieu DA VINHA, Raphaël MASSON, Groupe Robert Laffont, 2015. ISBN 2221190998, 9782221190999.
  78. Académie de Versailles, des Yvelines et de..., 1926, p. 35.
  79. Versailles: Histoire, Dictionnaire et Anthologie, Mathieu DA VINHA, Raphaël MASSON, Groupe Robert Laffont, 2015. ISBN 2221190998, 9782221190999.
  80. Guy de Rambaud, Pour l’amour du Dauphin. Editions Anovi (1 janvier 2005).
  81. Biographie universelle ancienne et moderne, T.33, p. 608.
  82. Guy de Rambaud, Pour l’amour du Dauphin. Editions Anovi (1 janvier 2005).
  83. Collection musicale, François lang, p. 70.
  84. Mémoires historiques, littéraires, politiques, anecdotiques et critiques de Bachaumont: ou choix d'anecdotes historiques ... : Extrait des Mémoires secrets de la république des lettres, Louis Petit de Bachaumont, Éditeur Collin, 1809.
  85. Mercure de France, 1785.
  86. Journal de ce qui s’est passé à Versailles depuis l’instant de l’arrivée de Monsieur le comte et de Madame la comtesse du Nord, jusqu’à celui de leur départ, Paris, Archives nationales, O1 824, fos 80ro-90ro.
  87. Journal de ce qui s’est passé à Versailles depuis l’instant de l’arrivée de Monsieur le comte et de Madame la comtesse du Nord, jusqu’à celui de leur départ, Paris, Archives nationales, O1 824, fos 80ro-90ro.
  88. Paul Ier de Russie avant l'avènement, 1754-1796: Avec un portrait en héliogravure, Pierre Morane, Éditeur Plon-Nourrit, 1907.
  89. Journal de ce qui s’est passé à Versailles depuis l’instant de l’arrivée de Monsieur le comte et de Madame la comtesse du Nord, jusqu’à celui de leur départ, Paris, Archives nationales, O1 824, fos 80ro-90ro.
  90. Journal de ce qui s’est passé à Versailles depuis l’instant de l’arrivée de Monsieur le comte et de Madame la comtesse du Nord, jusqu’à celui de leur départ, Paris, Archives nationales, O1 824, fos 80ro-90ro.
  91. Nottes sur le voyage de M. le comte et de Mme la comtesse du Nord en France au mois de may 1782, Bulletin du Centre de recherche du château de Versailles 2014.
  92. Pendant le voyage du Roi à Cherbourg
  93. Pendant le voyage du Roi à Cherbourg
  94. Les pratiques savantes à Versailles d’après les journaux, mémoires et souvenirs de cour (1673-1789)
  95. Légendes Normandes - 1867.
  96. Pendant le voyage du Roi à Cherbourg
  97. Le ménagier de Paris, traité de morale et d'économie domestique..., Société des bibliophiles françois (Paris, France), Albertano, Jean Bruyant, Renault, p. v
  98. L'Emprunt forcé de l'an II à Paris, de Herrmann et Nicole Mascard, p. 378.
  99. Versailles: Histoire, Dictionnaire et Anthologie, Mathieu DA VINHA, Raphaël MASSON, Groupe Robert Laffont, 2015. ISBN 2221190998, 9782221190999.
  100. Arch, nat., O1 104, fol. 162v.
  101. Papiers de Louis Philippe Marc Antoine de Noailles, prince de Poix, et d'Anne Louise Marie de Beauvau, sa femme
  102. La garçonnière de la République, Littérature Française, Emilie Lanez, Grasset, 2017. ISBN 2246861217, 9782246861218.
  103. Versailles, une histoire naturelle, Sciences humaines, Grégory QUENET, La Découverte, 2015. ISBN 2707186066, 9782707186065.
  104. Alix de Bouvier. Les hôtels particuliers à Versailles aux XVIIe et XVIIIe siècles : quelques exemples pour une typologie. Art et histoire de l’art. 2016.
  105. La noblesse de la Somme au dix-neuvième siècle, Jean-Marie Wiscart, p. 31.
  106. Mémoires. Journal d'une femme de cinquante ans 1778-1815, par la marquise de La Tour du Pin
  107. Mémoires de Condorcet sur la révolution française: extraits de sa correspondance et de celles de ses amis, Jean-Antoine-Nicolas de Caritat marquis de Condorcet, Frédéric-Gaétan marquis de La Rochefoucauld-Liancourt. Éditeur Ponthieu, 1824.
  108. Mémoires. Journal d'une femme de cinquante ans 1778-1815, par la marquise de La Tour du Pin
  109. Mémoires. Journal d'une femme de cinquante ans 1778-1815, par la marquise de La Tour du Pin
  110. Mémoires. Journal d'une femme de cinquante ans 1778-1815, par la marquise de La Tour du Pin
  111. La princesse d'Hénin : histoire d'une grande dame du temps passé. Welvert, Eugène-Nicolas (1857-1939). M. Dubois (Versailles) : 1924.
  112. Dictionnaire des parlementaires français... : depuis le 1er mai 1789 jusqu'au 1er mai 1889.... IV. Lav-Pla / publ. sous la dir. de MM. Adolphe Robert, Edgar Bourloton et Gaston Cougny. Éditeur : Bourloton : 1889-1891.
  113. Les feuilles lorraines de la Révolution, Michel Caffier, 1988.
  114. Mallet Du Pan, Correspondance inédite de Mallet du Pan avec la Cour de Vienne : 1794-1798, publ. d'après les manuscrits conservés aux Archives de Vienne par André Michel ; avec une préf. de H. Taine, p.309.
  115. 1789 : sept députés bretons à Versailles, Michel Cointat, FeniXX, ISBN 2402248483, 9782402248488.
  116. Dictionnaire de la noblesse, Pensions, T. 13, p. 357.
  117. Procès-verbal des séances de l'Assemblée nationale de France tenues en l'année 1789 et suivantes: Précédé du Récit des séances des députés des communes, depuis le 5 mai jusqu'au 12 juin suivant; du procès-verbal des conférences pour la vérification des pouvoirs; et du procès-verbal des séances des députés des communes, depuis le 12 jusqu'au 17 juin 1789 ... t.1-, France. Assemblée nationale constituante (1789-1791). Impr. nationale, 1791.
  118. Le Bouquin des méchancetés: Et autres traits d'esprit, François Xavier TESTU, Philippe ALEXANDRE, Groupe Robert Laffont, 2014.
  119. Quoy-Bodin Jean-Luc. Le militaire en Maçonnerie (XVIIIème-XIXème siècles). Histoire, économie et société, 1983, 2ᵉ année, n°4. pp. 549-576.
  120. Versailles, ville royale, Histoire des villes de France, Jacques Levron, FeniXX, ISBN 2402078391, 9782402078399.
  121. Revue de l'histoire de Versailles et de Seine-et-Oise, Volumes 38 à 39, Académie de Versailles, Société des sciences morales de Seine-et-Oise, 1936.
  122. Versailles, ville royale, Histoire des villes de France, Jacques Levron, FeniXX, ISBN 2402078391, 9782402078399.
  123. L'Armée et la Garde nationale. T. premier / par le Baron Charles. Poisson, Éditeur : A. Durand (Paris) 1858-1862.
  124. Guy de Rambaud, Pour l’amour du Dauphin. Editions Anovi (1 janvier 2005).
  125. Dictionnaire des parlementaires français... : depuis le 1er mai 1789 jusqu'au 1er mai 1889.... IV. Lav-Pla / publ. sous la dir. de MM. Adolphe Robert, Edgar Bourloton et Gaston Cougny. Éditeur : Bourloton : 1889-1891.
  126. L'Armée et la Garde nationale. T. premier / par le Baron Charles. Poisson, Éditeur : A. Durand (Paris) 1858-1862.
  127. L'Armée et la Garde nationale. T. premier / par le Baron Charles. Poisson, Éditeur : A. Durand (Paris) 1858-1862.
  128. L'Armée et la Garde nationale. T. premier / par le Baron Charles. Poisson, Éditeur : A. Durand (Paris) 1858-1862.
  129. Révolutions de Paris, dédiées à la Nation, 1789, 38.
  130. La noblesse de la Somme au dix-neuvième siècle, Jean-Marie Wiscart, p. 29.
  131. Département de Seine-et-Oise: Les subsistances dans le district de Versailles de 1788 à l'an v, Volumes 1 à 2. Fernand Évrard, Rédacteur A. Defresne, Imprimerie Oberthur, 1921.
  132. Philippe Egalité, "grand maître" de la Révolution: le rôle politique du premier Sérénissime Frère du Grand Orient de France, Hubert La Marle, Nouvelles Editions Latines, 1989. ISBN 2723303837, 9782723303835.
  133. Le général La Fayette, 1757-1834. Étienne Charavay. Slatkine, 1977.
  134. Philippe Egalité, "grand maître" de la Révolution: le rôle politique du premier Sérénissime Frère du Grand Orient de France, Hubert La Marle, Nouvelles Editions Latines, 1989. ISBN 2723303837, 9782723303835.
  135. Les 5 et 6 octobre 1789: Reine Audu (les légendes des journées d'octobre). Marc de Villiers du Terrage. Éditeur E.-Paul frères, 1917.
  136. Journée du 6 octobre 1789: Affaire complette de MM. D'Orléans et Mirabeau, Contenant tontes les Pieces manuscrites, lues à l'Assemblée Nationale, les Discussions et le Décret définitif, saisis mot à mot. ... Duval. Na, 1790.
  137. Philippe de NOAILLES. 1752-1819. Prince de Poix, duc de Mouchy
  138. Versailles, côté jardins: Splendeurs et misères, de Louis XIV à la Révolution, William Ritchey Newton, Tallandier, ISBN 9791021001930.
  139. Petite Encyclopédie Militaire. Marcilly, 1837.
  140. Le Bouquin des méchancetés: Et autres traits d'esprit, François Xavier TESTU, Philippe ALEXANDRE, Groupe Robert Laffont, 2014.
  141. Le procès de Louis XVI, Paul Lombard, Grasset, 2014. ISBN 2246391598, 9782246391593.
  142. La princesse d'Hénin : histoire d'une grande dame du temps passé. Welvert, Eugène-Nicolas (1857-1939). M. Dubois (Versailles) : 1924.
  143. Mansel Philip, La cour sous la Révolution, Tallandier (1 décembre 1989).ISBN-10: 2235017819 p.39.
  144. Quoy-Bodin Jean-Luc. Le militaire en Maçonnerie (XVIIIème-XIXème siècles). In: Histoire, économie et société, 1983, 2ᵉ année, n°4. pp. 549-576.
  145. Mémoires de Malouet, publiés par son petit-fils, t. II, p. 143.
  146. Mortimer Ternaux, Histoire de la Terreur 1792-1794, Hachette Livre BNF (1 septembre 2017).
  147. Mortimer Ternaux, Histoire de la Terreur 1792-1794, Hachette Livre BNF (1 septembre 2017).
  148. Alexandre Dumas, La Comtesse de Charny, Chapitre CLII, Robert Laffont (26 novembre 1990).
  149. Alexandre Dumas, La Comtesse de Charny, Chapitre CLII, Robert Laffont (26 novembre 1990).
  150. Philippe Sagnac La Révolution du 10 Août 1792 : La Chute De La Royauté. BiblioLife (4 octobre 2008).
  151. Histoire générale et impartiale des erreurs, des fautes et des crimes commis pendant la Révolution française. Tome 1 / L. P. Prudhomme, Louis-Marie (1752-1830). (Paris) Date d'édition : 1797.
  152. Dictionnaire des parlementaires français... : depuis le 1er mai 1789 jusqu'au 1er mai 1889.... IV. Lav-Pla / publ. sous la dir. de MM. Adolphe Robert, Edgar Bourloton et Gaston Cougny. Éditeur : Bourloton : 1889-1891.
  153. [file:///C:/Users/Acer/Downloads/rms-001_1911_56__1182_d.pdf Histoire du régiment des gardes suisses de France (1567-1830)]
  154. Alexandre Dumas, La Comtesse de Charny, tome 4, p. 196
  155. Philip Mansel, Le pouvoir de l’habit ou l’habit du pouvoir, Apparence(s) 6 | 2015.
  156. Philip Mansel, Le pouvoir de l’habit ou l’habit du pouvoir, Apparence(s) 6 | 2015.
  157. Le 10 août 1792: grandeur helvétique : la défense des Tuileries et la destruction du régiment des gardes-suisses de France à Paris, Volume 117 de Poche suisse, Paul de Vallière, L'AGE D'HOMME, 1992. ISBN 2825103454, 9782825103456.
  158. Guy de Rambaud, Pour l’amour du Dauphin. Editions Anovi (1 janvier 2005).
  159. La chute de la royauté: 10 août 1792. Les grandes journées de la Terreur. Mortimer Ternaux. Éditeur : M. Levy, 1864.
  160. Biographie universelle, ancienne et moderne, ou, Histoire par ordre alphabétique de la vie publique et privée de tous les hommes qui se sont fait remarquer par leurs écrits, leurs actions, leurs talents, leurs vertus ou leurs crimes: ouvrage entièrement neuf, Louis Gabriel Michaud. Joseph Fr Michaud, Michaud, 1841.
  161. La Famille royale au temple: Le Remords de la Révolution (1792-1795), Charles-Eloi VIAL, Place des éditeurs, 2018. ISBN 2262077010, 9782262077013.
  162. Biographie universelle, ancienne et moderne, ou, Histoire par ordre alphabétique de la vie publique et privée de tous les hommes qui se sont fait remarquer par leurs écrits, leurs actions, leurs talents, leurs vertus ou leurs crimes: ouvrage entièrement neuf, Louis Gabriel Michaud. Joseph Fr Michaud, Michaud, 1841.
  163. Biographie universelle, ancienne et moderne, ou, Histoire par ordre alphabétique de la vie publique et privée de tous les hommes qui se sont fait remarquer par leurs écrits, leurs actions, leurs talents, leurs vertus ou leurs crimes: ouvrage entièrement neuf, Louis Gabriel Michaud. Joseph Fr Michaud, Michaud, 1841.
  164. Histoire parlementaire de la Révolution française, ou, Journal des assemblées nationales, depuis 1789 jusqu'en 1815, Philippe Joseph B. Buchez, Pierre Célestin Roux-Lavergne. 1835.
  165. Nomination par le Conseil général de la Commune de commissaires chargés d’examiner les plaintes contre M. Panis (7 septembre 1792). Extraits des procès verbaux de la commune de Paris tirés des papiers P.-G. Chaumette, AN, T604.
  166. Histoire parlementaire de la Révolution française, ou, Journal des assemblées nationales, depuis 1789 jusqu'en 1815, Philippe Joseph B. Buchez, Pierre Célestin Roux-Lavergne. 1835.
  167. Histoire parlementaire de la Révolution française, ou, Journal des assemblées nationales, depuis 1789 jusqu'en 1815, Philippe Joseph B. Buchez, Pierre Célestin Roux-Lavergne. 1835.
  168. Histoire parlementaire de la Révolution française, ou, Journal des assemblées nationales, depuis 1789 jusqu'en 1815, Philippe Joseph B. Buchez, Pierre Célestin Roux-Lavergne. 1835.
  169. Histoire parlementaire de la Révolution française, ou, Journal des assemblées nationales, depuis 1789 jusqu'en 1815, Philippe Joseph B. Buchez, Pierre Célestin Roux-Lavergne. 1835.
  170. Rambaud, Guy de, Pour l’amour du Dauphin, pp. 120 et 121.
  171. AN, 40 AP 135: procès Santerre/La fayette.
  172. Sagnac Ph. A. Douarche. (Les tribunaux civils de Paris pendant la Révolution (1791-1800). 1905-1907. Revue d'histoire moderne et contemporaine, tome 11 N°1, Octobre 1908.
  173. L'Emigration
  174. Mortimer Ternaux, Histoire de la Terreur 1792-1794, Hachette Livre BNF (1 septembre 2017).
  175. Mortimer Ternaux, Histoire de la Terreur 1792-1794, Hachette Livre BNF (1 septembre 2017).
  176. Czouz-Tornare Alain. Une relation inédite de la Révolution du 10 août 1792. In: Annales historiques de la Révolution française, n°292, 1993. pp. 318-323.
  177. Czouz-Tornare Alain. Une relation inédite de la Révolution du 10 août 1792. In: Annales historiques de la Révolution française, n°292, 1993. pp. 318-323.
  178. Armorial général, ou Registres de la noblesse de France, by Hozier, Louis Pierre d', 1685-1767; Hozier de Sérigny, Antoine Marie d', 1721-1810. Paris : Firmin Didot 1865.
  179. Dictionnaire des parlementaires français... : depuis le 1er mai 1789 jusqu'au 1er mai 1889.... IV. Lav-Pla / publ. sous la dir. de MM. Adolphe Robert, Edgar Bourloton et Gaston Cougny. Éditeur : Bourloton : 1889-1891.
  180. La fortune de Richard Wallace, Lydie Perreau, JC Lattès, 2009 ISBN 2709631482, 9782709631488
  181. Les émigrés français: 1789-1825, Volume 2 de Jean Vidalenc. Association des publications de la Faculté des lettres et sciences humaines de l'Université de Caen, 1963.
  182. La fortune de Richard Wallace, Lydie Perreau, JC Lattès, 2009 ISBN 2709631482, 9782709631488
  183. Agnès Stoeckl, Maîtresse de Versailles : la vie de Madame du Barry, John Murray, 1966.
  184. Mémorial historique de la noblesse, A. J. Duvergier, 1840.
  185. Mémorial historique de la noblesse, A. J. Duvergier, 1840.
  186. La princesse d'Hénin : histoire d'une grande dame du temps passé. Welvert, Eugène-Nicolas (1857-1939). M. Dubois (Versailles) : 1924.
  187. Bulletin de l’AMOPA
  188. Bulletin de l’AMOPA
  189. Refugees of the French Revolution: Émigrés in London, 1789–1802, K. Carpenter. Springer, 1999. ISBN 0230501648, 9780230501645.
  190. La princesse d'Hénin : histoire d'une grande dame du temps passé. Welvert, Eugène-Nicolas (1857-1939). M. Dubois (Versailles) : 1924.
  191. La princesse d'Hénin : histoire d'une grande dame du temps passé. Welvert, Eugène-Nicolas (1857-1939). M. Dubois (Versailles) : 1924.
  192. Jean-Clément Martin, Dictionnaire de la Contre-Révolution. Pierre Serna, « Montlosier, François-Dominique de Reynaud, comte de », Paris, Perrin, 2011, p. 391.
  193. Philippe Bourdin, Mémoires d’ex-, mémoires d’exil : l’émigrante noblesse auvergnate, Annales historiques de la Révolution française, 343 | janvier-mars 2006.
  194. Malouet, Pierre-Victor (1740 - 1814). Mémoires de...,  p. 480 Mémoires de Malouet. Tome 2 / publ. par son petit-fils, le baron Malouet.
  195. Mallet Du Pan, Correspondance inédite de Mallet du Pan avec la Cour de Vienne : 1794-1798 / publ. d'après les manuscrits conservés aux Archives de Vienne par André Michel ; avec une préf. de H. Taine, p. 309.
  196. La princesse d'Hénin : histoire d'une grande dame du temps passé. Welvert, Eugène-Nicolas (1857-1939). M. Dubois (Versailles) : 1924.
  197. Dictionnaire des parlementaires français... : depuis le 1er mai 1789 jusqu'au 1er mai 1889.... IV. Lav-Pla / publ. sous la dir. de MM. Adolphe Robert, Edgar Bourloton et Gaston Cougny. Éditeur : Bourloton : 1889-1891.
  198. La princesse d'Hénin : histoire d'une grande dame du temps passé. Welvert, Eugène-Nicolas (1857-1939). M. Dubois (Versailles) : 1924.
  199. La princesse d'Hénin : histoire d'une grande dame du temps passé. Welvert, Eugène-Nicolas (1857-1939). M. Dubois (Versailles) : 1924.
  200. La princesse d'Hénin : histoire d'une grande dame du temps passé. Welvert, Eugène-Nicolas (1857-1939). M. Dubois (Versailles) : 1924.
  201. Biographie universelle, ancienne et moderne, ou, Histoire par ordre alphabétique de la vie publique et privée de tous les hommes qui se sont fait remarquer par leurs écrits, leurs actions, leurs talents, leurs vertus ou leurs crimes: ouvrage entièrement neuf, Louis Gabriel Michaud. Joseph Fr Michaud, Michaud, 1841.
  202. Rambaud, Guy de, Pour l’amour du Dauphin, pp. 139 et 140.
  203. Jérémie Benoît, Napoléon et Versailles, Paris, Réunion des Musées nationaux, 2005, 144 p. (ISBN 978-2711848850).
  204. Rambaud, Guy de, Pour l’amour du Dauphin, pp. 139 et 140.
  205. Guy de Rambaud, Pour l’amour du Dauphin. Editions Anovi (1 janvier 2005).
  206. Rambaud, Guy de, Pour l’amour du Dauphin, p. 152.
  207. Dictionnaire historique, topographique et militaire de tous les environs de Paris ... Par M. P.-St.-A..... [With a map.]
  208. [https://fr.wikisource.org/wiki/Les_Tuileries_(Lenotre)/11 G. Lenotre, Les Tuileries Fastes et maléfices d’un palais disparu (pp. 184-230)].
  209. Précis chronologique du règne de Louis XVIII en 1814, 1815 et 1816. Gabriel Peignot. Éditeur Renouard, 1816.
  210. Thibaut TRÉTOUT, le 12 décembre 2016, Société curiale et monarchie restaurée en France (1814-1830). La « nation des courtisans ».
  211. Thibaut TRÉTOUT, le 12 décembre 2016, Société curiale et monarchie restaurée en France (1814-1830). La « nation des courtisans ».
  212. Précis chronologique du règne de Louis XVIII en 1814, 1815 et 1816. Gabriel Peignot. Éditeur Renouard, 1816.
  213. Thibaut TRÉTOUT, le 12 décembre 2016, Société curiale et monarchie restaurée en France (1814-1830). La « nation des courtisans ».
  214. Mémoires d'une femme de qualité, sur Louis XVIII, sa cour et son règne... Étienne Léon Lamothe-Langon, p. 297.
  215. Papiers de Louis Philippe Marc Antoine de Noailles, prince de Poix, et d'Anne Louise Marie de Beauvau, sa femme
  216. Les procès de la Cour des Pairs
  217. Dictionnaire des parlementaires français... : depuis le 1er mai 1789 jusqu'au 1er mai 1889.... IV. Lav-Pla / publ. sous la dir. de MM. Adolphe Robert, Edgar Bourloton et Gaston Cougny. Éditeur : Bourloton : 1889-1891.
  218. Papiers de Louis Philippe Marc Antoine de Noailles, prince de Poix, et d'Anne Louise Marie de Beauvau, sa femme
  219. Dictionnaire des parlementaires français... : depuis le 1er mai 1789 jusqu'au 1er mai 1889.... IV. Lav-Pla / publ. sous la dir. de MM. Adolphe Robert, Edgar Bourloton et Gaston Cougny. Éditeur : Bourloton : 1889-1891.
  220. Papiers de Louis Philippe Marc Antoine de Noailles, prince de Poix, et d'Anne Louise Marie de Beauvau, sa femme
  221. Dictionnaire des parlementaires français... : depuis le 1er mai 1789 jusqu'au 1er mai 1889..... IV. Lav-Pla / publ. sous la dir. de MM. Adolphe Robert, Edgar Bourloton et Gaston Cougny. Éditeur : Bourloton : 1889-1891.
  222. Haesaert J.-P. Louis XVIII à Gand en 1815. In: Revue du Nord, tome 49, n°194, Juillet-septembre 1967. pp. 521-533.
  223. 1815: (Tome Ier : la première Restauration, le retour de l'île d'Elbe, les Cent-Jours), Henry Houssaye, Editions des Régionalismes, 2015. ISBN 2366345194, 9782366345193.
  224. Bruchet Max. L'invasion et l'occupation du département du Nord par les Alliés (1814-1818). In: Revue du Nord, tome 6, n°24, novembre 1920. pp. 261-299.
  225. Colloque historique Gand capitale du royaume de France
  226. Haesaert J.-P. Louis XVIII à Gand en 1815. In: Revue du Nord, tome 49, n°194, Juillet-septembre 1967. pp. 521-533.
  227. Bruchet Max. L'invasion et l'occupation du département du Nord par les Alliés (1814-1818). In: Revue du Nord, tome 6, n°24, novembre 1920. pp. 261-299.
  228. 1815: (Tome Ier : la première Restauration, le retour de l'île d'Elbe, les Cent-Jours), Henry Houssaye, Editions des Régionalismes, 2015. ISBN 2366345194, 9782366345193.
  229. Haesaert J.-P. Louis XVIII à Gand en 1815. In: Revue du Nord, tome 49, n°194, Juillet-septembre 1967. pp. 521-533.
  230. 1815: (Tome Ier : la première Restauration, le retour de l'île d'Elbe, les Cent-Jours), Henry Houssaye, Editions des Régionalismes, 2015. ISBN 2366345194, 9782366345193.
  231. Haesaert J.-P. Louis XVIII à Gand en 1815. In: Revue du Nord, tome 49, n°194, Juillet-septembre 1967. pp. 521-533.
  232. 1815: (Tome Ier : la première Restauration, le retour de l'île d'Elbe, les Cent-Jours), Henry Houssaye, Editions des Régionalismes, 2015. ISBN 2366345194, 9782366345193.
  233. Haesaert J.-P. Louis XVIII à Gand en 1815. In: Revue du Nord, tome 49, n°194, Juillet-septembre 1967. pp. 521-533.
  234. Colloque historique Gand capitale du royaume de France
  235. Colloque historique Gand capitale du royaume de France
  236. 1815: (Tome Ier : la première Restauration, le retour de l'île d'Elbe, les Cent-Jours), Henry Houssaye, Editions des Régionalismes, 2015. ISBN 2366345194, 9782366345193.
  237. Mardi 14 mars 1815
  238. Jacques-Olivier Boudon, Napoléon et la dernière campagne. Les Cent-Jours. 1815
  239. Colloque historique Gand capitale du royaume de France
  240. Colloque historique Gand capitale du royaume de France
  241. 1815: (Tome Ier : la première Restauration, le retour de l'île d'Elbe, les Cent-Jours), Henry Houssaye, Editions des Régionalismes, 2015. ISBN 2366345194, 9782366345193.
  242. Haesaert J.-P. Louis XVIII à Gand en 1815. In: Revue du Nord, tome 49, n°194, Juillet-septembre 1967. pp. 521-533.
  243. Jacques-Olivier Boudon, Napoléon et la dernière campagne. Les Cent-Jours. 1815
  244. 1815: (Tome Ier : la première Restauration, le retour de l'île d'Elbe, les Cent-Jours), Henry Houssaye, Editions des Régionalismes, 2015. ISBN 2366345194, 9782366345193.
  245. Colloque historique Gand capitale du royaume de France
  246. Dictionnaire des parlementaires français... : depuis le 1er mai 1789 jusqu'au 1er mai 1889..... IV. Lav-Pla / publ. sous la dir. de MM. Adolphe Robert, Edgar Bourloton et Gaston Cougny. Éditeur : Bourloton : 1889-1891.
  247. 1815: (Tome Ier : la première Restauration, le retour de l'île d'Elbe, les Cent-Jours), Henry Houssaye, Editions des Régionalismes, 2015. ISBN 2366345194, 9782366345193.
  248. 1815: (Tome Ier : la première Restauration, le retour de l'île d'Elbe, les Cent-Jours), Henry Houssaye, Editions des Régionalismes, 2015. ISBN 2366345194, 9782366345193.
  249. Thibaut TRÉTOUT, le 12 décembre 2016, Société curiale et monarchie restaurée en France (1814-1830). La « nation des courtisans ».
  250. Archives des musées nationaux, Château de Versailles et Trianon
  251. Archives des musées nationaux, Château de Versailles et Trianon
  252. Guy de Rambaud, Pour l'amour du Dauphin, Anovi.
  253. Bulletin de la Société de l'histoire de l'art français, Centre national de la recherche scientifique (France), F. de Nobele, 1990, p.164.
  254. Bulletin de la Société de l'histoire de l'art français, Centre national de la recherche scientifique (France), F. de Nobele, 1990, p.164.
  255. Archives des musées nationaux, Château de Versailles et Trianon
  256. Sandra Beaufils, Alexandre Dufour (1759-1835), architecte de Versailles, Bulletin du Centre de recherche du château de Versailles
  257. Thibaut TRÉTOUT, le 12 décembre 2016, Société curiale et monarchie restaurée en France (1814-1830). La « nation des courtisans ».
  258. Journal des débats et des décrets, Partie 1, Publié 1819.
  259. Journal des débats et des décrets, Partie 1, Publié 1819.
  260. Journal des débats et des décrets, Partie 1, Publié 1819.
  261. Journal des débats et des décrets, Partie 1, Publié 1819.
  262. Journal des débats et des décrets, Partie 1, Publié 1819.
  263. Journal des débats et des décrets, Partie 1, Publié 1819.
  264. Ruelles, salons et cabarets: Histoire anecdotique de la littérature française, Volume 2, Emile Colombey, BnF collection ebooks, 2015. ISBN 2346005215, 9782346005215.
  265. Selon : Maison de Noailles
  266. Selon : Maison de Noailles
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