Wiki Guy de Rambaud
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                               Honorat Rambaud

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La Déclaration des abus... (1578).

Privilège du Roy pour faire éditer La déclaration... (18 mai 1577).

A Messeigneurs les Consuls de la ville de Marseille.

Quand Honorat Rambaud arrive à Marseille, l'hôtel de ville vient d'être construit.

Honorat Rambaud ou Honoré est né, vers 1516, à Esparron-de-Pallières. Dans la permission d'imprimer son livre, accordée par la ville de Lyon, il est dit que Honorat Rambaud est natif d'Esparron, diocèse d'Aix en Provence. Antoine du Verdier, conseiller du roi, gentilhomme ordinaire de la Maison du Roi, contrôleur général de Lyon, et érudit, parle de lui au présent dans son ouvrage publié en 1585. Il teste le 30 novembre 1585 et est décédé à Marseille en 1586 [1]. Pierre Rambaud, son fils, hérite de Messire Honnorat Rambaud, chez Maître Ruffi, notaire royal à Marseille, le 21 juin 1588)[2].


Sur Honorat Rambaud, Joseph Roman précise dans son Tableau historique des Hautes-Alpes :

maître d'école à Marseille, publia en 1578, un ouvrage dans lequel il proposait une réforme générale de l'orthographe française. Sa principale innovation était la création de vingt-huit lettres nouvelles.

Le fait qu'il connaisse le français et qu'il l'enseigne aux fils de consuls nous en dit un peu plus sur ses origines. En effet, ce n'est pas tout le monde à cette époque qui est bachelier. Bousquet (1981) nous dit que Rambaud doit connaître aussi les alphabets latin, grec et hébraïque[3][4]. Il devait donc appartenir à classe sociale élevée ou du moins aisée. Il figure sur la généalogie de la famille Rambaud aux A.D. de Gap, sans filiation précise, mais Honorat Rambaud est un plutôt un autre membre de la branche des Ra(y)mbaud d'Aix-en-Provence (1364 - 1564), dont il a le prénom d'un membre important et comme eux des amis proches de la Contre-Réforme.

Nous ne savons pas où Honorat enseigne d'abord. Mais, Honorat Rambaud est à partir de 1538 un Maistre d'escole des enfants des Consuls de Marseille[5][6]. Il devient un grammairien français[7][8][9][10].

Sa principale innovation est la création d’un alphabet de 24 lettres nouvelles[11][12].

Honorat Rambaud écrit en 1578 :

La Declaration des Abus que l’on commet en escrivant Et le moyen de les editer, & de représenter nayvement les paroles : ce que iamais homme n’a faict[13].

Honorat Rambaud dédicace son livre aux Consuls de Marseille en 1567[14][15]. Dans cette ville au XVIe siècle, seul son ouvrage et un autre sont édités. Contrairement à d'autres provinces, comme l'Alsace, éditer un livre est un pari pratiquement impossible. D'ailleurs Honorat obtient trois permissions d'imprimer, mais dans d'autres villes. La première autorisation est à Montpellier le 6 septembre 1567, la seconde à Toulouse le 27 septembre 1567 et la troisième à Lyon le 3 août 1568. Rambaud obtient également un privilège du roi, Henri III, le 18 mai 1577. Seuls les deux dernières éditions sont conservées.

Dans un ouvrage de la Bibliothèque Municipale de Gap, Bleyn de Lyon, écrit en son honneur sur l'exemplaire de Gap :

J'ay receu en don le present livre de l'auteur mesme, homme honorable par sa blanche vieillesse et grandement louable par le bon vouloir qu'il a de profiter à tous[16].

Un autre témoignage dit qu'il a la tête blanche et qu'il porte une cape.

Son livre mérite l'attention d'un homme curieux, et il est, du reste, trop peu connu parmi les grammairiens, écrit Alphonse Ernaux en 1846. Il n’en n’est plus vraiment de même de nos jours. Elle est réimprimée au XXe siècle et étudiée par les experts du fait sa réforme révolutionnaire pour permettre au peuple d’accéder à la culture, et son intérêt historique.

Le sous-titre de son ouvrage explique sa démarche. Bien avant les philosophes du XIXe sa préoccupation est sociale : permettre au peuple de savoir lire et écrire. Et puis, Honorat Rambaud propose ce qui constitue sans doute la tentative la plus aboutie et radicale d'une transcription phonétique du français et l'abandon de l'alphabet latin[17].

Vue cavalière du port de Marseille.

SA FAMILLE, SA JEUNESSE[]

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Ses parents[]

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Blason des Rambaud à Marseille.

Les blasons des Mottet à Toulon et à Pertuis sont identiques.

Honorat Rambaud est le fils de Benoît Rambaud, maître mercier à Pertuis, né vers 1465 à Saint-Julien en Bresse et décédé à Pertuis (pays d'Aigues). C'est la coutume de ce temps-là, le XVIe siècle, en Provence, d'ajouter à la qualité de noble celle de marchand. Ce nobles marchands se distinguent des bourgeois et ils sont reconnus comme gentilshommes[18]. Les descendants de Benoît Rambaud sont écuyers dans les actes notariés et membres de la branche des Rambaud d'Aix-en-Provence (1364 - 1564).

Benoît Rambaud se marie le 9 octobre 1502, à Apt, avec Catherine Motte/Moutte (après 1462 - après 1524)[19]. Elle est la fille d'Honorat Motte, nourriguier, et de Delphine Martin. Sa dot est de 300 florins d'or, ce qui est habituel au niveau de la noblesse désargentée ou la bourgeoisie pas très fortunée[20].

Geneviève Clérico, en 1999, mentionne que le fait qu'il parle autant des détails de la nature et son fonctionnement (fourmis, le feu... ) pourrait laisser croire qu'il n'appartenait pas aux couches très élevées de la société[21].

Les (de) Moutte ou Motte se rattache à Pierre de la Moutte, garde du château de Pertuis en 1406-1408. C'est une famille ancienne de Pertuis, issue du marchand Suffred Moutte, anobli par lettres du roi François Ier en janvier 1537, et qui est neveu d'Honorat, originaire de Cadenet. Sa postérité forme plusieurs branches : deux sont maintenues dans leur noblesse en 1667 et 1668[22]. Les (de) Moutte sont certainement des descendants des Mottet d'Arles. Le blason des (de) Moutte, D'azur à un château d'argent sommé de trois tours ouvert du champ maçonné de sable posé sur une motte de sinople et surmonté de trois étoiles rangées d'or est le même que celui des Mottet de Toulon. Au XVIIIe siècle, mon ancêtre, [[Benoît de Rambaud]] se marie avec une descendante des Mottet d'Arles, mais d'une autre branche, donc la consanguinité est peu importante.


Article détaillé : Les Ra(y)mbaud d'Aix-en-Provence (1364 - 1564)

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Sa jeunesse (1516 - 1538)[]

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Honorat Rambaud est né, vers 1516, à Esparron-de-Pallières.

Paysans chez un avocat. Le peuple et une partie des femmes des élites ne savent pas lire et écrire. Honorat Rambaud a des parents qui peuvent lui payer des études.

Honorat Rambaud est un Maistre d'escole des enfants des Consuls de Marseille, dès 1538.

Caractères typographiques à la Renaissance[23].

La Déclaration des abus... (1578).

Honorat Rambaud est né, vers 1516, à Esparron-de-Pallières, diocèse d'Aix-en-Provence. Comme Esparron et les villages alentours sont des lieux d'hivernage d'importants troupeaux, il est possible que son père soit nourriguier un temps à Esparron, comme Honorat Motte, son beau-père, et plusieurs membres proches de la famille (de) Moutte. Ce sont des marchands de bestiaux qui administrent la transhumance de vastes troupeaux pour de grands seigneurs. Il est soit élevé dans une école pour jeunes nobles et bourgeois orphelins de Gap, auprès d'une autre branche de sa famille, ce qui explique que les historiens du Dauphiné le disent de Gap.

En 1785, Claude-François Achard, dans son Dictionnaire de la Provence et du Comté-Venaissin, édité par J. Mossy, écrit :

Il est né de parents honnêtes, mais peu favorisés des biens de la fortune[24].

Un texte Bleyn de Lyon figurant à la Bibliothèque Nationale de Paris mentionne que :

Rambaud était habillé à la matelote avec un manteau à capuchon de drap enfumé et qu'il n'estoit qu'un maistre d'escole pour l'abc pour les vignerons et des matelots.

En ce qui concerne ce commentaire on doit faire un bémol. Il est vrai que sa mère n'a qu'une dot de 300 florins d'or, mais c'est fréquent au niveau de la noblesse désargentée[25]. Honorat, avant d'enseigner aux fils de consuls, a certainement fréquenté des écoles et l'université, ce qui est un privilège même au sein de la bourgeoisie et de la noblesse. Les seuls enfants de pauvres qui deviennent rarement maîtres d'école sont certains prêtres. Mais le fait qu'il soit maistre d'eschole des fils de riches consuls en français montre qu'il appartient à une classe sociale élevée. Le fait qu'il ait les moyens financiers de faire imprimer un livre en français, en 1578, confirme cette hypothèse. Honorat fait éditer à compte d'auteur un livre, La Déclaration des abus... (1578) qui avec un autre ouvrage sont les deux seuls livres de Marseillais imprimés au XVIe siècle. Comme son fils, Pierre Rambaud, et se marier dans une famille de consuls et va devenir un très riche actionnaire de la Compagnie du corail, l'on peut toutefois avoir des doutes sur la réelle misère de sa famille. Ajoutons à cela que le roi Henri III parle de : Notre cher et bien aimé Honoré Rambaud, son mariage et ceux de ses descendants.

Rambaud se classe parmi les moins fortunés, certainement car il a des difficultés à faire imprimer son livre :

augmentant le livre, j'augmente la despense, et ay petite puissance

Il regrette que sa pauvreté le contraigne d'abbreger. Toutefois, il n'est pas dépourvu de tous ses moyens puisqu'il a pu faire imprimer le livre pour lequel il a fallu faire fondre beaucoup de nouveaux caractères. Ce qui est une entreprise coûteuse à l'époque. Un caractère typographique est obtenu par un processus en plusieurs étapes . D’abord la taille d’un poinçon en acier portant en relief et à l’envers l’image de la lettre. Ce poinçon est employé à frapper une matrice de cuivre dans laquelle il laisse son empreinte. Cette matrice est placée dans un moule au sein duquel on verse un mélange de plomb, d’antimoine et d’étain, afin d’obtenir un caractère portant la lettre en relief (et à l’envers). Encré, ce caractère presse une feuille de papier sur laquelle il laisse son image (à l’endroit)[26].

En 1576, il dit enseigner depuis 38 ans, donc depuis 1538. Ce qui laisse supposer là encore qu'il est né vers 1516.

Au niveau d'un manuscrit de la Bibliothèque nationale de France, une annotation faite par un certain Bleyn de Lyon, nous dit que ... :

... l'auteur de ce livre rencontré à Lyon, il estoit noir de poil, de l'âge environ de cinquante ans. Ce qui peut laisser présupposer l'hypothèse suivante : en 1568 il a environ 52 ans, il est donc né vers 1516.

Vers 1550, il travaille déjà à ce qui va devenir La Déclaration des abus que l’on commet en écrivant et le moyen de les éviter, et de représenter naïvement les paroles : ce que jamais homme n’a fait[27].

Honorat Rambaud n'est pas Marseillais, mais il est né à Esparron-de-Pallières, diocèse d'Aix-en-Provence. Ses ancêtres, les Ra(y)mbaud, sont d'Aix-en-Provence (1364 - 1564), puis de Pertuis.

LE MAISTRE D'ESCHOLE DES FILS DE CONSULS[]

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Maître d'école à Marseille en 1546[]

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Maître d'école (XVIe siècle.).

Quand Honorat arrive à Marseille, en 1546, le nouvel hôtel de ville est en construction.

Honorat Rambaud enseigne certainement dans une autre ville avant 1546. Il a autour de 30 ans quand il arrive à Marseille. D'autres sources, dont Honorat lui-même parlent de trente huict ans d'enseignement en 1578. Ce qui ramène à 1540 et 1546.

Adolphe Rochas écrit qu’en 1578, il y a 32 ans qu'il exerce cette profession[28]. Ce qui confirme ce que dit René Merle : il est descendu de Gap tenir école à Marseille, à partir de 1546. Willy van Hoeke de l'Université catholique de Louvain (Louvain), nous dit aussi qu’il s’installe à Marseille vers 1546[29].

René Merle précise qu'Honorat est un Occitan francisateur... comme tant d'autres.

Honorat dit dans sa Déclaration qu'il enseigne dans sa maison et qu'elle est mal pourvue des choses nécessaires à un bon enseignement[30]. Certes les gages annuels du régent du collège de Marseille sont fixés à cent écus d’or au soleil, plus dix écus pour son logement. Mais les instituteurs privés résistent dans le seizième siècle, à Marseille. En première ligne, Honorat Rambaud qui a dans son école privée des élèves de très bonne maison, et même des enfants de famille consulaire[31].

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La connaissance du français démarcateur social[]

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Marseille vers 1550.

Provence linguistique et Provence historique.

Les Rambaud habitent un quartier qui, à l'époque, regroupe consuls et pauvres.

A Marseille, au XVIe siècle, comme l'écrit René Merle, dans son long article sur Honorat Rambaud, il existe une sorte de dichotomie :

- Celui qui parle le français et le provençal, sa langue maternelle est un lettré.

- Ceux qui ne parlent que le provençal sont catalogués non-lettrés.

La connaissance du français joue aussi comme un démarcateur social. Les riches qui sont un peu lettrés parlent et écrivent le français. Le provençal est leur langue maternelle. Le provençal a des interférences sur le français naissant de Marseille, comme le note Henri Merle. L'implantation du français dans les provinces occitanes méridionales à la Renaissance montre que la langue d'oc résiste et donne au français parlé en particulier à Marseille des caractéristiques spécifiques. René Merle note au passage que :

Les spécificités qui sont notées par Honorat Rambaud résultent de l'influence marseillaise. Le français n'est dans cette ville qu'encore une langue seconde

Honoré Rambaud honore sa profession de maître d'école, à Marseille, écrit Louis Merry. Sa renommée dépasse son propre siècle et Marseille[32].

Adolphe Rochas ajoute dans sa biographie d’Honorat :

C'était, à ce qu'il paraît, un homme rempli de zèle pour la première éducation littéraire des enfants, qualité plus rare qu'on ne le pense, surtout chez les savants magisters sortis de nos écoles normales[33].

Honorat sert désormais de modèle pour Le nouvel éducateur :

Travaillant ensuite en classe de perf, avec en majorité des enfants du voyage que l’orthographe ne passionnait pas, j’ai cependant fait mienne une prise de position très ancienne d’Honoré Rambaud, Maistre d’eschole en 1578 : "Je désire bien fort, à fin que tous, usques aux laboureurs, bergiers et porchiers puissent clairement escrire, puis que tous en ont besoing[34].

Toutefois, ses ruraux provençaux ne savent déjà pas écrire et lire le provençal, alors ce nouvel alphabet et le français d'un coup, c'est de trop ! Et puis, s’il veut rendre les hommes moins ignorants grâce à sa réforme, il ne l’a pas fait tout de suite et reconnaît avoir fessé les enfans trente huict ans dans son ouvrage. Il veut juste changer toutes ces méthodes.

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La prononciation du français méridional, grâce à Rambaud[]

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L'Intérieur du Port de Marseille, vu du Pavillon de l'horloge du Parc (détail : marchandes de fruits et légumes).

L’ordonnance de Villers-Cotterêts impose très lentement l’usage du français en Provence. Honorat est le seul homme de culture française à Marseille[35].

Honorat Rambaud est d'une famille de notaires sur Aix-en-Provence ce qui explique sa connaissance du français.

Sophie Daoust, de l'Université de Montréal, dans son mémoire Les voyelles moyennes antérieures d’Honorat Rambaud (1578) : interférences du provençal sur le français naissant de Marseille écrit :

On dispose d’un témoignage unique sur la prononciation du français méridional au moment où il commence à peine à se développer à Marseille au XVIe siècle, grâce à un texte de Rambaud, un maître d’école élémentaire, qui met au point une écriture phonétique. Ce texte a fait l’objet de plusieurs analyses plus ou moins contradictoires — en particulier pour le timbre des voyelles écrites e (avec ou sans accent) dans l’orthographe du XVIe siècle. Aucune n’a vraiment essayé de voir quels traits du parler provençal de Marseille à cette époque pouvaient se retrouver dans la transcription de notre auteur. Hermans (1985) et Hermans & Van Hoecke (1989) examinent la distribution des voyelles antérieures moyennes non arrondies du français décrit par Rambaud indépendamment du substrat dialectal qui a pu lui donner ses caractéristiques spécifiques. Contrairement à ces derniers, nous montrerons que ces particularités ne peuvent s’expliquer que comme des calques phonologiques du provençal de Marseille. Les autres témoignages de la prononciation de ces voyelles au XVIe siècle dans les parlers du nord de la France montrent sans ambiguïté que les spécificités notées par l’instituteur marseillais résultent de l’influence provençale[36].

À partir de 1539, le roi de France, François Ier, signe l’ordonnance de Villers-Cotterêts qui impose l’usage du français dans tous les actes officiels de justice[37].

Brun Auguste. (1923) remarque dans : Recherches historiques sur l’introduction du français dans les provinces du midi :

Tandis que les autres villes du Midi, francisées dès 1500-1520, participent de toutes leurs forces vives au développement de la Renaissance française, Marseille est à l’écart de ce mouvement : à peine peut-on citer comme un homme de culture française, cet instituteur marseillais, Honorat Rambaud[38].

Scène de Commedia dell'Arte, François II Bunel, 1580-1585.

Les pauvres et l'école à Marseille[]

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Maître d'école et petits enfants.

Marseillais sur les quais à deux pas de l'école gratuite des Accoules (1665) et celle de la paroisse de la cathédrale de la Major (1658).

Pénitents noirs.

Honorat propose son livre en 1567/1568 aux Consuls dont il enseigne les enfants. Il existe à Marseille dès le XVe siècle un collège et des écoles privées. Les Consuls confient aussi dès le plus jeune âge leurs enfants à un précepteur.

Toutefois si Rambaud observe :

qu'il y a trop peu de gents qui scauent lire et escrire une réforme de l’écriture, pour en faciliter l’accès aux laboureurs, bergers, porchiers, qui n’ont pas le temps de se consacrer à l’orthographe....

Cela ne veut en rien dire qu'Honorat Rambaud est le maître d'école des enfants du peuple ou même des marchands pauvres ou des artisans.

Ce n'est qu'à l'arrivée de la Compagnie du Saint-Sacrement, en 1640, à Marseille que les enfants de la Charité et les enfants abandonnés reçoivent instruction et formation professionnelle.

L'école gratuite des Accoules n'ouvre qu'en 1665, celle de la paroisse de la cathédrale de la Major en 1658. Cet enseignement va être donné par l'Église.

Pour les filles la Chambre des servantes n'est crée qu'en 1684, un siècle après la mort d'Honorat Rambaud.

Il n'a pas les moyens de faire gratuitement l'école aux pauvres. L'école gratuite des Accoules n'ouvre qu'en 1665 et celle de la paroisse de la cathédrale de la Major en 1658. Mais Honorat Rambaud fait partie des rares hommes instruits et pacifiques, qui cultivent les lettres au milieu des fracas des guerres civiles. On ne trouve pas dans ses écrits la moindre allusion aux guerres de religion.

Et pourtant, Guillaume Brueys, son cousin germain, Notaire royal d'Aix-en-Provence (1546 - 1569), est un des dirigeants de la Compagnie des Pénitents noirs des Carmes[39]. Les confréries ou compagnies de pénitents sont des groupements laïcs liés à la Contre-Réforme dont les membres portent un costume spécial. Les confrères se soumettent, dans l’exercice de leurs pratiques religieuses, à des pénitences particulières : prières et invocations à certains moments de la journées, jeûnes prolongés, mortifications diverses. Ces associations se développent en Italie au XVe siècle, puis pénètrent dans le Sud de la France où elles connaissent une grande vogue, surtout au début du XVIe siècle[40].

Son fils, Pierre Rambaud, a aussi des liens avec la ligue et Casaulx et la branche de sa famille en Dauphiné, les capitaines Furmeyer, sont de toutes les guerres des Réformés de Lyon à Sisteron et bien entendu Gap et la Drome provençale.

Jacques Rambaud de Furmeyer, d'une autre branche des Rambaud, gouverneur calviniste prend Gap en 1568. Pierre Rambaud, son fils a des liens avec la ligue et Casaulx. Guillaume Brueys, son cousin germain, est un des dirigeants de la Compagnie des Pénitents noirs des Carmes. Mais Honorat se soucie juste de l'éducation des enfants.

LA RELIGION[]

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Casaulx, chef des ligueurs marseillais et dirigeant de la quatrième compagnie du corail.

Entrée du duc de Guise à Marseille, 16 février 1596.

Dans un contexte de rivalités religieuses exacerbées en France, notamment en Provence, l'éducation devient un enjeu de premier plan. Il s'agit de former et de contrôler les élites de l'Europe. Aux excellents collèges réformés vont répondre les fameux collèges jésuites...[41].

Au fait, Honorat est-il protestant ou partisan de la ligue ? A Marseille, cela doit être difficile de se dire protestant. La ville est aux mains de la Ligue. De son traité transparaît vraisemblablement une foi forte pas vraiment tranchée protestante ou catholique. Il ne le dit pas. Il semble vivre sa foi réellement. Il ne semble pas être croyant d'apparence, un peu comme aujourd'hui où la majorité des gens se déclarent catholiques/protestants sans croire réellement en Dieu.

Mais il n'énonce rien au niveau doctrinal qui permet de déceler des doctrines reliées au protestantisme (je pense entre autre au salut, aux sacrements ou à l'importance de la Bible comme livre accessible à tous), du moins, il me semble.

Il est évidemment croyant et justifie la mission qu'il s'est donnée par Dieu. Dieu nous a tous donné des talents (il cite la parabole de Matthieu) et il faut en prendre soin. Il est très humain (et croyant). Il est tanné de corriger les enfants parce qu'ils ont de la difficulté à apprendre à lire et à écrire le français et croit y déceler la volonté divine en corrigeant la source de tous ces maux (c'est sa mission, ce à quoi Dieu l'appelle). Il entreprend donc sa réforme alphabétique.

D'ailleurs il entrevoie sa réforme alphabétique comme une véritable mission religieuse[42].

Du fait des liens de son fils Pierre Rambaud avec les ligueurs on peut en détruire qu'il est partisan de la Ligue catholique. Il en est de même pour les choix de son notaire et le fait que son cousin germain est l'un des dirigeants des pénitents noirs d'Aix-en-Provence.

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LE GRAMMAIRIEN FRANÇAIS[]

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Les personnes sachant lire étant peu nombreuses cette époque, Honorat Rambaud préconise une réforme révolutionnaire pour permettre au peuple d’accéder à la culture.

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Naissance du projet en 1550[]

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Jean Antoine de Baïf, réformateur du français vivant à la même époque.

Honorat Rambaud travaille 28 ans au projet de sa Déclaration (donc naissance du projet en 1550). En ce qui concerne cette oeuvre, c'est un traité d'orthographe dont la graphie est presque entièrement refonte. Le but est la pratique de l'enseignement de l'écriture et la nécessite d'un système universel de transcription phonétique.

Honorat Rambaud va plus loin encore dans l'audace que Ramus et ses proches. Ramus souhaite en 1562, que les poètes français fassent leurs vers par mesure de syllabes longues et brèves, afin de régler la quantité.

Rambaud écrit son livre quatre ans après les vers mesurés de Jean Antoine de Baïf, et parle d’un système vraiment phonétique, afin de faciliter l’apprentissage de la lecture et de l’écriture.

Selon lui, l’alphabet est corrompu. Il invente donc son alphabet nouveau et préconise l'abandon radical de l'alphabet latin, inapte à noter 34 des 52 sons repérables dans l'usage du temps, ce qui représente une grande révolution pour la grammaire.

Si ce pédagogue présente un alphabet d'une grande cohérence graphique , celui-ci est parfois perçu comme l'œuvre d'un fou, surtout à son époque.

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Le Guillaume Farel de la grammaire[]

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Guillaume Farel.

Guillaume Farel traduit la Bible en français pour les calvinistes[43].

Guillaume Farel, qui est son cousin, selon Joseph Roman, veut que les chrétiens lisent la bible en français. Comme Luther, pour l’allemand, Farel traduit les textes anciens en français. Il permet ainsi à une partie du peuple d’accéder à la culture. Rambaud est aussi, par ses livres, l’un des premiers écrivains francophones et préconise l'abandon radical de l'alphabet latin.

Honorat Rambaud veut que tous les hommes soient capables de lire, même les plus pauvres. Les idées d’Honorat Rambaud sont celles des hommes cultivés de la Renaissance. Il justifie la mission qu'il s'est fixée par Dieu :

...il faut bien user des graces qu'il a plu à Dieu nous donner, et qu'il nous en demandera compte[44].

S’il bat les enfants, c’est car il croit y déceler la volonté divine en corrigeant la source de tous ces maux. C'est sa mission, ce à quoi Dieu l'appelle. Mais même si nous retrouvons cette violence et cette idée de justice divine chez un Guillaume Farel, nous ne pouvons en conclure qu’il est son disciple ou calviniste. Cette violence est commune à tous les hommes de ce temps. Les guerres de religion et leurs massacres en sont la preuve éclatante.

Guillaume Farel en traduisant la Bible veut la rendre compréhensible au peuple. Mais les personnes sachant lire ne sont pas le peuple à cette époque. Honorat Rambaud en est conscient et invente donc un alphabet nouveau qu'il considère comme plus facile à apprendre. Sa préoccupation est sociale et pour arriver à ses fins, il préconise une réforme révolutionnaire pour permettre au peuple d’accéder à la culture. C’est une tâche pour lui prioritaire, mais difficile.

Guillaume Farel et un maître d'école calviniste.

Rambaud est plus audacieux[]

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Peletier du Mans (1517 - 1582)- Cofondateur de la Pléiade.]

Les lettrés du XVIe siècle se divisent en trois camps : avec Louis Meigret, les simplificateurs notent phonétiquement la langue parlée ; à l’opposé, d’aucuns torturent la graphie pour qu’elle supporte l’étymologie grecque et latine.

Le compromis entre usage, prononciation, étymologie, triomphe, plus du fait des pratiquants (imprimeurs, auteurs), que du Prince[45].

[https://www.wikipoemes.com/poemes/jacques-peletier-du-mans/biographie-index.php Peletier du Mans (1517 - 1582), conscient qu’il existe des sons qu’aucune lettre grecque et latine ne rend, propose des lettres nouvelles, mais craint de heurter les habitudes.

Plus audacieux que ses prédécesseurs, Rambaud est persuadé Que l’escriture doit estre totalement semblable à la parole, veu qu’elle est la copie d’icelle, et que l’alphabet est corrompu. Il invente un alphabet nouveau[46].

Bref, les études de Meigret, de Rambaud démontrent qu'il n'est pas aisé de calquer l'orthographe sur la prononciation. Une orthographe étymologique permet de garder la langue fixe, alors qu'une orthographe calquée sur la prononciation est soumise au changement périodique [47].

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Pierre de la Ramée (1515 - 1572)[]

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Pierre de la Ramée (1515 - 1572), dit Ramus, autre réformateur du français vivant à la même époque que Rambaud.

Honorat Rambaud va plus loin encore dans l'audace que Ramus et ses proches. Ramus souhaite en 1562, que :

les poètes français fassent leurs vers par mesure de syllabes longues et brèves, ce qui règlerait la quantité.

Rambaud écrit son livre, quatre ans après, des vers mesurés de Jean Antoine de Baïf, et parle d’un système vraiment phonétique, afin de faciliter l’apprentissage de la lecture et de l’écriture.

En réalité, Rambaud n'est pas qu'un réformateur, mais l'inventeur d'un alphabet vraiment nouveau[48].

Selon Honorat, l’ancien alphabet est corrompu. Il invente donc son alphabet nouveau et préconise l'abandon radical de l'alphabet latin, inapte à noter 34 des 52 sons repérables dans l'usage du temps, ce qui représente une grande révolution pour la grammaire.

Jacques Pelletier, du Mans, grand poète, arithméticien et bon médecin, dit Estienne Pasquier, et La Ramée (Ramus) appuient Meigret, Laurent Joubert, conseiller et médecin du roi, et Honorat Rambaud...

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Ses écrits[]

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Illustrations des systèmes orthographiques du XVIe siècle.

Extrait de La Declaration des Abus, d'Honorat Rambaud.

Honorat Rambaud, Maistre d'École à Marseille, propose en 1578 l'abandon radical de l'alphabet latin, inapte à noter 34 des 52 sons repérables dans l'usage du temps. Le traité de 351 pages de Rambaud propose 24 nouvelles lettres de plus et atteint donc les 52 lettres.

Dans le sous-titre, il dit vouloir représenter naïvement les paroles. Rambaud enseigne aux notables, mais désire que les gens du peuple puissent éventuellement écrire le français. Il plaide la cause des laboureurs, bergers, porchiers, qui n'ont pas le temps de se consacrer à l'orthographe. Selon lui, il faut tout refaire avec de nouveaux signes.

Tâche difficile en effet de réformer le français, mais il faut accoustrer et réparer l'alphabet, attendu que c'est le chemin de Dieu[49].

Si ce pédagogue avance ici des analyses fines, dues à son expérience de la lecture scolaire, pourquoi l'alphabet d'une grande cohérence graphique qu'il propose est-elle longtemps réduite à l'œuvre d'un fou littéraire ou d'un Facteur Cheval de la réforme orthographique, par les érudits de son époque[50].

Pas tous heureusement ! On est à la Renaissance. Ronsard fait machine arrière, car das sa réforme le v et le j consonnes bousculent le i et le u, mais le k et le z restent en panne sur la route. La route de sable que vont emprunter les cent seize réformes d’Ambroise Firmin Didot'.

Honorat Rambaud, sur cette route, fait le point :

Escrire est faire un chemin, par et moyennant lequel voulons conduire et guider nous mesmes, et les autres aussi. Et puis qu’il est necessaire que tous hommes, femmes, enfants, presents et advenir, y passent, il est tres necessaire qu’il soit bien aisé. Et l’on a faict tout au rebours : tellement que peu de gents y peuvent passer : et quasi tous ceux qui y passent le font par contrainte et à force de coups. Et je n’en parle pas par ouïr dire : car il y a trente huict ans que je contrains les enfans à passer par ledit chemin[51].
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Une critique de son oeuvre[]

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Honorat Rambaud écrit pour le peuple et les érudits, pas pour un bourgeois vaniteux qui ne comprend à son travail.

Si Honorat Rambaud trouve de dignes appréciateurs de sa découverte, la critique ne s'exerce pas moins sur son œuvre. A un censeur de peu de talent resté anonyme, Honorat Rambaud répond :

Censeur, je n'ay prins tant de peyne
Pour les haineux de la vertu
Il ne me chaut pas d'un festu
De ta bravade folle et vaine.


Il n'y a dedans ce mien livre
Rien qui ne doibve estre imité;
Mais tu as trop de vanité
Qui te rend indigne de vivre[52].
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FAIRE ÉDITER LA DÉCLARATION... (1567 - 1578)[]

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Marque ou logotype de Jean II de Tournes.

Alphabet de lettres de civilité de Robert Granjon (1566).

Poinçons pour impression en arabe gravés par Granjon pour les Médicis.

Honorat Rambaud propose son livre dès 1567-1568 aux Consuls de Marseille, dont il enseigne les enfants. Il obtient la permission d'imprimer ses écrits des autorités de Montpellier (6 septembre 1567), de celles de Toulouse le 27 septembre 1567, et à Lyon le 3 août 1568. Son livre est donc terminé en 1567[53].

Par contre, il n'obtient le privilège du Roy Henri III que le 18 mai 1577, soit dix ans après.

Il mentionne à l'intérieur de ce dernier qu'il paie de sa poche tout ce qui entoure la publication. Il semble d'ailleurs qu'il n'est pas très en moyen. Il fait presser son ouvrage à Lyon, en 1578, par Jean II de Tournes, imprimeur du roi[54][55]. Un seul artiste, à cette époque, à Lyon est capable de fabriquer de nouveaux poinçons, selon Nina Catach, citée par Hermans, à savoir Robert Granjon. Il a aussi dû faire affaire avec quelqu'un pour créer les cases pour former ses caractères spéciaux.

Son traité est composé de 351 pages dont la page de gauche est en graphie traditionnelle et la page de droite est en graphie réformée. De ces 351 pages, 18 sont exclusivement en graphie réformée et constitue un manuel d'apprentissage. Son imprimeur est le protestant, Jean II de Tournes (1539 - 1615). L'emblème de la presse de Tournes est deux vipères enlacées. Leurs devises :

Nescit labi virtus ; Quod tibi fieri non vis, alteri ne feceris et Virum de mille unum reperi

Jean II de Tournes succède à son père dans l'office d'imprimeur du roi en septembre 1564. En 1578, il édite son principal ouvrage La Déclaration des Abus que l’on commet en escrivant Et le moyen de les euiter, & de représenter nayuement les paroles : ce que iamais homme n’a faict d'Honorat Rambaud, Maître d’Escole à Marseille.

Le bureau du typographe (1732).

LE PRIVILÈGE DU ROY HENRY III (1577)[]

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Henri III (1551 - 1589).

Privilège du Roy pour faire éditer La déclaration... (18 mai 1577), 2e page.

Honorat Rambaud obtient donc trois permissions pour la publication de son ouvrage et une permission spéciale du Roy. Il reçoit un privilège donné le 18 mai 1577 par le roi Henri III (1551 - 1589). Ce dernier proclame entre autres :

Privilège du Roy. Henry par la grâce de Dieu, Roy de France & de Pologne, Comte de Provence, forcalquier et terres adjacentes au Sénéchal de Provence ou son lieutenant au Siège de Marseille, salut. Maître cher et bien amé Honoré Rambaud, habitant la dicte ville, nous a fait, dit & remonstré que dèq très long temps il s'est exercé à enseigner ses premières lettres. En quoi il a rendu soing et diligence, qu'il est resté son extreme consentemen a tous que il les a apprinses : ayant pour la commodité à un chacun qui voudra apprendre de luy et pour la sienne aussi a composé un alphabet de quelques characteres qui pourront servir grandement à soulager les personnes, mesmes les petits enfans, de lire et escrire. L'invention duquel Alphabet il luy a esté permis de faire imprimer et mettre en lumiere tant à Tholouze qu'à Lyon… Toutefois le Souverain désire avoir la dite permission de nous. Recue cause de et permettons de faire imprimer, mettre et exposer en lumiere le dit Alphabet de caractères par lui inventé s'est montré et enseigné ou rendre defendant à tous imprimeurs et libraires autres que ceux à qui s'exposant aura donné congé d'imprimer ni prendre le dit Alphabet durant dix ans à peine de confiscation de dit Alphabet et amende arbitraire si nous mandons très expressément enjoignons que notre presente permission faite pour le dit Rambaud pleinement et paisiblement sans souffrir lui est donné aucun empêchement. Souhaitons en outre qu'en mettant en bref extrait du dit au début du dit Alphabet pour signifier ainsi que ces présentes autorisations été montrées. Car tel est notre plaisir. Donné à Chenonceau le 18 mai de d'an de grace 1577, de notre règne le troisième, par le Roy en son Conseil[56][57].

Ce privilège du roi donne à l’éditeur ou l’auteur le monopole sur l’ouvrage, interdisant de ce fait à quiconque d’imprimer ou de vendre le livre sous peine d’amende ou de confiscation, alors que la permission limite le droit d’auteur à l’ouvrage. II est à noter que le privilège et la permission d’imprimer sont accordés à Rambaud et non à l’éditeur. Hermans (1985) explique cela par le fait que le réformateur est impliqué financièrement dans l’édition[58].

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APRES SON DÉCÈS EN 1586[]

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Sa succession[]

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Succession de feu Honorat Rambaud, son père, le 21 juin 1588)[59].

De son vivant, Laurent Joubert et Bleyn de Lyon écrivent leur admiration pour Honorat.

Pierre Rambaud, son fils, hérite de Messire Honnorat Rambaud, chez Maître Ruffi, notaire royal à Marseille, le 21 juin 1588)[60]. Robert Ruffi (1542 - 1634), est secrétaire de Charles de Casaulx (1547 - 1596), premier archiviste de la ville de Marseille, écrivain et poète de langue d'oc. Comme on le voit il n'y a pas que Pierre Rambaud qui est un proche du chef des ligueurs. Charles de Casaulx (1547 - 1596) est assassiné, d'où la reddition de Marseille. Henri IV dit alors :

C’est maintenant que je suis roi de France[61].

Antoine du Verdier, conseiller du roi, gentilhomme ordinaire de la Maison du Roi, contrôleur général de Lyon, et érudit, parle de lui au présent dans son ouvrage publié en 1585.

Honorat Rambaud teste le 30 novembre 1585 et est décédé à Marseille en 1586.

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Recherches anciennes sur son alphabet[]

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Le livre de Rambaud est trop favorablement reçu pour ne point allécher de nombreux imitateurs. Laurent Joubert publie en 1579, à Paris, un dialogue sur la Cacographie française avec annotations sur son orthographe ; mais cet ouvrage ne jouit guère d'une longue existence. Il meurt en naissant.

Les disciples de Ronsard se déclarent les protecteurs ardents de toutes les chimériques fantaisies des Ramus, des Meigret et des Rambaud. Non-seulement ils veulent les mettre en pratique, mais on les voit eux-mêmes marcher sur les brisées de ces novateurs[62].

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Charles Nodier écrit en 1840[]

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Charles Nodier écrit en 1840, à propos du livre d’Honorat Rambaud :

Le maître d'école de Marseille n'étoit pas un de ces révolutionnaires circonspects qui marchent à pas mesurés dans la réforme et qui soumettent le désordre et la destruction à une apparence de loi. Radical en néographie, il débute modestement par la suppression de l'alphabet, et lui en substitue un nouveau composé tout d'une pièce pour cet usage. Cette manière de procéder prouve du moins que Rambaud avoit la conscience de son entreprise et qu’il savoit apprécier à leur juste valeur les tentatives de ses prédécesseurs et de ses émules. Aussi n'hésiterai-je pas à le regarder comme l'homme de génie de la bande, et le seul qui offre, dans son fatras quelques vues ingénieuses et fortes. La question de savoir si l'alphabet usuel est bon ou mauvais n’étoit pas difficile à résoudre le fait est qu'il est détestable dans la figure des signes dans leurs attributions et dans leur ordre, et qu’il en est de même de tous les alphabets anciens et modernes. Mais la difficulté n'est pas même de créer, un alphabet meilleur que le nôtre et besoin n'était pour cela des doctes labeurs d'un maître d'école. Le moindre de ses écoliers y auroit pu suffire de reste Ce qu'il y a d'embarrassant, ce n’est pas de le faire tant bien que mal, une espèce d'alphabet rationnel et philosophique, propre à faciliter l'enseignement de la lecture et à rendre peu sensibles et même tout à fait nulles les équivoques et les ambiguïtés de l'orthographe C'est d'appliquer cet alphabet à une langue, écrite sans altérer sans détruire peut-être son esprit et son caractère.
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Alphonse Ernaux (1846)[]

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Alphonse Ernaux dans Nouvelle orthologie ; ou, Recherches sur les articulations de la langue française: suivies d'une méthode nationale élémentaire de lecture du français et du latin, basée sur le rapport rythmique des voyelles et des consonnes..., écrit :

Pour sa part, le grammairien Honorat Rambaud (1516 - 1586) voulut proposer, lui aussi, une orthographe calquée sur la prononciation. Dans "La Declaration des Abus que l’on commet en escrivant Et le moyen de les euiter, & de représenter nayuement les paroles: ce que jamais homme n’a faict", il considéra qu'il fallait augmenter le nombre des lettres latines si l'on voulait transcrire fidèlement les sons du français.

Son livre mérite l'attention d'un homme curieux. Il reste longtemps trop peu connu parmi les grammairiens, comme l'écrit encore Alphonse Ernaux, en 1846[63].

Il est cependant considéré comme un original. Antónia Szabari parle de fantaisie évangélique de l’écriture, dans Lyon et l’illustration de la langue française à la Renaissance, en 2003.

Hermans recueille certaines informations sur lui qu'elle retrouve dans d'autres ouvrages. Notamment Joubert dans son Traité du Riz, où il mentionne que

Rambaud ne doit pas être considéré parmi les derniers (des grammairiens) et qu'il a fait une fort belle déclaration.

Et si ce pédagogue et son alphabet sont parfois mal perçus par des conservateurs, le sous-titre de son ouvrage explique aussi leur médisances. Honorat Rambaud veut Représenter naïvement les paroles, permettre aux manouvriers et aux paysans de savoir lire et écrire. Sa préoccupation est sociale et annonce les combats des hommes de progrès au XIXe siècle pour permettre au peuple d'accéder à la culture.

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Recherches actuelles sur son alphabet[]

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De nos jours, il est reconnu par les grammairiens du monde entier. Son travail est l'une des principales recherches sur le français après l'édit de Villers-Cotterets, qui passionnent les lettrés[64]. Honorat Rambaud propose ce qui constitue sans doute la tentative la plus aboutie et radicale d'une transcription phonétique du français et l'abandon de l'alphabet latin[65].

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François Brunot (1860 - 1938)[]

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François Brunot (1860 - 1938).

Un des premiers linguistes qui examine le travail de Rambaud, François Brunot (1860 - 1938), ne reconnaît de positif chez lui que sa pensée, le signe <N> qui indique la nasalisation des voyelles et l’utilisation uniforme désigne pour noter les consonnes. Pour le reste, il considère l’ouvrage comme une redite, un lieu commun, qu’il trouve mal dit[66].

Brunot consacre quelques lignes à ce modeste intervenant d’après la bataille (le choix de la Pléiade triomphe), dans son Histoire de la Langue française[67].

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Bousquet (1981)[]

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The Alphabet of Honorat Rambaud.

En montrant le sérieux du système orthographique de Rambaud, Bousquet est le premier à réagir contre cette impression de futilité qu’on lui attribue. Au même titre que les autres réformateurs de l’orthographe mieux reconnus, Rambaud met au point un système graphique cohérent qu’il applique avec un haut degré de constance. Cependant, contrairement à ces derniers qui défendent leur projet au nom de principes généraux sur la correspondance entre la graphie et la prononciation, ce sont pour des raisons essentiellement didactiques que Rambaud entreprend sa réforme alphabétique, qu’il entrevoie d’ailleurs comme une véritable mission religieuse[68].

Dans son examen de la Dectaration du réformateur, Bousquet s’est malheureusement contenté de survoler le projet en rappelant seulement les lignes directrices, sans l’analyser en profondeur et en adoptant des solutions sans les justifier. C’est ainsi qu’il a attribué le timbre [e], [e] et [oJ aux graphies que nous translittérons <e>, <e> et respectivement, comme le feront plus tard encore Sefialada Garcia (199$) (cf. §3.5) et Clerico (1999) (cf. §3.6), une analyse cependant contestée par Hermans (1985) (cf. §3.3). I1 spécifie néanmoins que « it is best to leave one’s mmd completely open and make no mental auditory comparisons wiffi modem pronunciafion» (p.555), ce qui indique bien qu’il n’avait pas d’arguments impératifs pour cette interprétation. Notons aussi, en passant, que dans le tableau où il compare les solutions graphiques des divers réformateurs du XVIe siècle (p.564), Bousquet écrit “(0)” — apparemment pour indiquer la voyelle inhérente du système de Rambaud —comme une variante possible des lettres que nous translittérons <e> et . Ceci est une incohérence, puisque dans le système graphique de Rambaud (1578: 182), comme dans tous les abugidas (cf. § 2.4.3, pour la définition de ce terme), la voyelle inhérente ne saurait avoir qu’une seule valeur phonétique[69].

Bousquet (1981) nous dit que Rambaud doit connaître aussi les alphabets latin, grec et hébraïque[70].

The Sixteenth Century Quest for a Reformed Orthography: The Alphabet of Honorat Rambaud. Bousquet, Robert, E. 1981. Bibliothèque d’Humanisme et Renaissance 53.

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Hermans (1985)[]

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Université de Montréal. Les voyelles moyennes antérieures d’Honorat Rambaud (1578) : interférences du provençal sur le français naissant de Marseille. Sophie Daoust. Mémoire présenté à la Faculté des études supérieures en vue de l’obtention du grade de Maître ès arts (M.A.) en linguistique. août 2003.

Hermans, par contre, a procédé à une étude très approfondie qui décrit en détail le système présenté dans le traité de Rambaud, et qui montre qu’il constitue une source fable pour la connaissance du français du XVIe siècle. Elle a évalué son témoignage en examinant la problématique spécifique de la distinction des voyelles /e e / et de leur distribution lexicale, et a montré, contrairement à Bousquet (1981), que les graphies <e> et <e> ne représentaient pas les timbres [e] et [e] respectivement, tel qu’on l’avait toujours admis, mais plutôt l’inverse, soit [s] et [e]. À cet effet, elle a apporté des arguments philologiques et distributionnels. Ainsi, le maître d’école mentionne que la voyelle inhérente que nous translittérons n’a pas la valeur qu’il attribue à la lettre e en fin des mots non citriques qu’il rend régulièrement par la lettre que nous translittérons, puisqu’il « faudroit nommer be, de, pe, te: & non pas b, d, p, t: & seroyent syllabes, & non lettres » (1578: 182). Or, comme le rappelle Hermans (p.l 15), les témoignages des poètes occitans du moyen âge (Oréans 1888 :184) montrent que l’usage

traditionnel provençal était d’épeler la plupart des lettres qui notaient des occlusives en latin avec une rime en [e]. Il est dès lors fort probable que Pour une présentation détaillée de l’argumentation, voir Hennans (1985 t 114-117) et Sefialada Garcia pour une contre-argumentation (1999: 388-391 et § 3.4). Rambaud en a fait ainsi. Elle fait en outre bien ressortir les problèmes que soulève l’identification de la voyelle que les grammairiens du XVIe siècle appellent le « e masculin », comme on le voit lorsque Rambaud dénonce « l’abus que commettons touchant icelle seconde femelle e, nous fait abuser de l’accent acut, duquel nous servons pour marquer e, masculin » (1578: 18$)[71].

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Hermans et Van Hoecke (1989)[]

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C’est avec Van Hoecke qu’Hermans reprend, quatre ans plus tard, la thématique de la distribution lexicale des voyelles 6 et e, en limitant cependant la comparaison au témoignage d’un seul grammairien: Peletier. Les auteurs révisent la position adoptée par Hermans (1985) et soulignent, cette fois-ci, l’importance du substrat dialectal des deux réformateurs pour expliquer leurs divergences.

Hermans (1985) et Van Hoecke (1989) examinent la distribution des voyelles antérieures moyennes non arrondies du français décrit par Rambaud, indépendamment du substrat dialectal qui a pu lui donner ses caractéristiques spécifiques. Contrairement à ces derniers, nous montrerons que ces particularités ne peuvent s'expliquer que comme des calques phonologiques du provençal de Marseille. Les autres témoignages de la prononciation de ces voyelles au XVIe siècle dans les parlers du nord de la France montrent sans ambiguïté que les spécificités notées par l'instituteur marseillais résultent de l'influence provençale. Ce travail nous permet de préciser le mécanisme phonologique de transfert du système phonologique provençal sur le français, alors langue seconde, des bilingues provençaux et d'évaluer les théories sur l'interférence des systèmes phonologiques des langues en contact[72].

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Senalada Garcia (1998)[]

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Sefialada Garcia s’est donné pour objectif de revisiter la thématique des voyelles moyennes antérieures et postérieures. L’auteur croit pouvoir dire qu’il existe une distinction phonologique entre les voyelles que nous avons translittérées, toutefois neutralisées dans de nombreux contextes. Il estime, cependant, qu’aucun des arguments avancés par Hermans n’est absolument probant et conclut qu’il n’y a aucun moyen de décider quel est leur timbre réel[73].

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Clérico (1999)[]

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Tout comme Sefialada Garcia, Clético n’accepte pas les conclusions présentées par Hermans (1985) sur les valeurs à accorder aux voyelles que nous avons translittérées Contrairement à ce qu’avance la chercheuse belge, Clérico n’est pas certaine que le provençal connaisse une opposition phonologique entre les deux voyelles...[74].

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SON ÉPOUSE ET SA DESCENDANCE[]

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Les Fabre (famille de sa femme), Reynier-Manoly (famille de sa belle-fille), Laveison sont des familles que nous retrouvons nobles au siècle suivant. Les Tournon et les Rians le sont déjà.

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Son épouse[]

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Blason des Fabre.

Sa femme, Catherine Fabre (1530 - après 1585), est fille et sœur de capitaines de barques. Mais ses ancêtres sont laboureurs, ménagers, avocat et même notaires, souvent connus depuis le XIIIe siècle.

Honorat Rambaud et Catherine Fabre (1530 - après 1585), se marient, vers 1550, certainement à Marseille.

Le fils d'Honorat, Pierre Rambaud et sa belle-famille (les Deidier et les Napollon) sont à l'origine de la quatrième compagnie du corail et de Bastion de France, en Tunisie.

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Sa descendance[]

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Blason des Tournon.

Signature de Pierre Rambaud, le 21 juin 1588[75].

Plainte des Rambaud italiens contre Georges Pléville Le Pelley, gendre de Jean II Rambaud.

Honorat Rambaud et Catherine Fabre sont les parents de :

¤ Honorade Rambaud mariée au capitaine Estienne Lantoin de Marseille.

¤ Pierre Rambaud et sa belle-famille (les Deidier et les Napollon) sont à l'origine de la quatrième compagnie du corail et de Bastion de France, en Tunisie. Son fils, Pierre Rambaud, se marie le 30 novembre 1585. A cette date il vit toujours à Marseille[76].


Article détaillé : Pierre Rambaud


Lucresse et Pierre Rambaud (1555-1627), fils d’Honorat Rambaud sont les parents de :

- Jeanne Rambaud, qui épouse, par contrat du 16 février 1629, à Aix-en-Provence, Jean-Christophe de Tournon, d'une famille aixoise graduellement anoblie au XVIe siècle, par l’exercice d’emplois militaires, et maintenue noble en 1668. D'où :

- Jean Jacques de Tournon, baptisé le 24 juin 1629 à la Madeleine (parrain Jacques Tournon procureur en la cour, marraine Denise Latil).
    • Marguerite de Tournon, baptisée le 9 juin 1641 à la Madeleine d’Aix (parrain Pierre Gaillard, Trésorier général des Etats de Provence, marraine Marguerite de Forbin).
    • Leur fille, Diane de Tournon, épouse le 13 février 1662 à Saint-Sauveur d’Aix, Antoine de Chateauneuf, des Mées, fils de Spérit et de feue Françoise de Magnan[77].


- Pierre II Rambaud est né le 14 Décembre 1593 à Marseille, paroisse des Accoules.

- Pierre III Rambaud (ca 1625-après 1686). Il est arrivé ici, en 1689, écrit le Consul de Seignelay, un événement qui trouble le commerce des sujets de SM et qui demande un prompt remède. Il y a environ six semaines que le patron Pierre Rambaud, de Marseille, nolisa sa barque, Notre-Dame de Lorette à des marchands de Tunis pour faire le voyage de Djerba, prise par un majorquin...[78].
- Francisco James Rambaud, de San Remo, esclave de Mamet Zaroul, est racheté, le 15 novembre 1688, par Moïse Mendes Ossuna pour 227 pezzes (soit 23.000 sous ou 1.200 livres) et 26 aspri (petite monnaie turque). Ce Moïse est rescatore (racheteur d'esclaves) officiel du Gouverneur de Tabarka, Alexandro Pastorini[79].
- Pierre IV Rambaud (ca 16?? - après 1741). Nous avons la vente, par le patron Pierre Rambaud, de sa tartane la Vierge de Grâce, au Levant, en 1716[80]. Et un ordre au capitaine Pierre Rambaud, de San Remo, établi à Marseille de ne plus commander aucun navire. Versailles 28 septembre 1734.

On peut penser que les Rambaud italiens qui font un procès à Georges Pléville Le Pelley sont de la famille de son beau-père Jean II Rambaud.

Marsilia/Marseille au commencement du XVIIe siècle.

NOTES ET RÉFÉRENCES[]

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  1. François Barby, Reconstitution des familles marseillaises du XIVe au XVIe siècle, à partir des actes notariés/Geneanet/Rambaud/Marseille/canebiere - folio 113, cote 381E-186
  2. Marseille (Bouches du Rhône, France) | 1587 - 1596 | 381 E 189.
  3. La chaîne sur la Genèse. Édition intégrale IV. Chapitres 29 à 50. Volume 14 de Orbis (Louvain, Belgium): Studienkreis "Geschichte der Sprachwissenschaft" (Germany). International Colloquium, Studienkreis Geschichte der Sprachwissenschaft, Piet Desmet, L. Jooken, P. Schmitter, P. Swiggers. Peeters Publishers, 2000. ISBN 904290884X, 9789042908840.
  4. Bousquet, Robert, E. 1981. The Sixteenth Century Quest for a Reformed Orthography: The Alphabet of Honorat Rambaud. Bibliothèque d’Humanisme et Renaissance 53.
  5. Tableau historique du département des Hautes-Alpes, J. Roman.
  6. La déclaration des abus (1578) d’Honorat Rambaud..., Willy van Hoeke, Peeters Publishers, 2000.
  7. Sur l’alphabet d’Honorat Rambaud, maître d’école à Marseille et La Maigre..., René Merle
  8. Biographie du Dauphiné: contenant l'histoire des hommes nés dans cette province..., Adolphe Rochas, Charavay, 1860.
  9. La déclaration des abus (1578) d’Honorat Rambaud, la pratique de l’enseignement... Willy van Hoeke, Peeters Publishers, 2000
  10. Précis de l'histoire de la ville de Gap..., Théodore Gautier, 1844.
  11. Tableau historique du département des Hautes-Alpes / par J. Roman,... A. Picard (Paris)
  12. La déclaration des abus (1578) d’Honorat Rambaud, la pratique de l’enseignement... Willy van Hoeke, Peeters Publishers, 2000
  13. La déclaration des abus (1578) d’Honorat Rambaud, la pratique de l’enseignement... Willy van Hoeke, Peeters Publishers, 2000
  14. Précis de l'histoire de la ville de Gap... Théodore Gautier, 1844
  15. Nouvelle orthologie; ou Recherches..., Alphonse Ernaux, 1846.
  16. REVUE DU DAUPHINE, 1839.
  17. Introduction à l'histoire de l'orthographe, Yvonne Cazal, Gabriella Parussa, Armand Colin, 2015. ISBN 2200612486, 9782200612481.
  18. Les sociétés urbaines au XVIIe siècle: Angleterre, France, Espagne, Jean-Pierre Poussou, Presses Paris Sorbonne, 2007. ISBN 284050491X, 9782840504917.
  19. Cm - AD84/3E2-34/f.
  20. Mondragon de Provence: Des origines à 1536, Étienne de Smet, FeniXX, ISBN 2402267941, 9782402267946.
  21. Geneviève Clérico, (1999). ignorance de cent mille millions d'hommes" et le moyen d'y remédier: Honorat Rambaud et l'alphabet (1578), Nouvelle Revue du Seizième Siècle, 17:1, pp.107-145
  22. (de) Moutte.
  23. Transcription et codage des imprimés de la Renaissance, Réflexions pour un inventaire des caractères anciens, Jacques André et Rémi Jimenes, 2013/3 (Vol. 16), pages 113 à 139.
  24. J. Mossy, Dictionnaire de la Provence et du Comté-Venaissin, Claude François Achard, 1785, p. 140 et 141.
  25. Mondragon de Provence: Des origines à 1536, Étienne de Smet, FeniXX, ISBN 2402267941, 9782402267946.
  26. Transcription et codage des imprimés de la Renaissance, Réflexions pour un inventaire des caractères anciens, Jacques André et Rémi Jimenes, 2013/3 (Vol. 16), pages 113 à 139.
  27. Honorat Rambaud, maître d’école à Marseille, à Lyon, par Jean de Tournes, imprimeur du Roi, M.D.LXXVIII.
  28. Biographie du Dauphiné: contenant l'histoire des hommes..., Adolphe Rochas, Charavay, 1860
  29. La déclaration des abus (1578) d’Honorat Rambaud, la pratique de l’enseignement..., Piet Desmet, Peeters Publishers, 2000
  30. La Maigre Orthographe et Honorat RAMBAUD
  31. Notice historique sur les anciennes rues de Marseille démolies en 1862 pour la création de la rue impériale, augustin Fabre, Éditeur Barille, 1862.
  32. Histoire de Provence, Louis Méry.
  33. Biographie du Dauphiné: contenant l'histoire des hommes... Adolphe Rochas, Charavay, 1860
  34. Le nouvel éducateur – n° 160 – Juin 2004, p.18.
  35. Brun Auguste. (1923). Recherches historiques sur l’introduction du français dans les provinces du midi, Paris, Champion.
  36. Université de Montréal. Les voyelles moyennes antérieures d’Honorat Rambaud (1578) : interférences du provençal sur le français naissant de Marseille. Sophie Daoust. Mémoire présenté à la Faculté des études supérieures en vue de l’obtention du grade de Maître ès arts (M.A.) en linguistique. août 2003.
  37. Université de Montréal. Les voyelles moyennes antérieures d’Honorat Rambaud (1578) : interférences du provençal sur le français naissant de Marseille. Sophie Daoust. Mémoire présenté à la Faculté des études supérieures en vue de l’obtention du grade de Maître ès arts (M.A.) en linguistique. août 2003.
  38. Brun Auguste. (1923). Recherches historiques sur l’introduction du français dans les provinces du midi, Paris, Champion.
  39. Le notaire, la famille et la ville: Aix-en-Provence à la fin du XVIe siècle, Collection "Histoire notariale", Claire Dolan, Presses Univ. du Mirail, 1998. ISBN 2858163618, 9782858163618.
  40. Les pénitents feuille-morte
  41. Le bachelier nouveau de la Renaissance, Laurent Vissière
  42. Université de Montréal. Les voyelles moyennes antérieures d’Honorat Rambaud (1578).... Sophie Daoust. Mémoire... en linguistique. août 2003.
  43. La Bible: son histoire
  44. Honorat Rambaud cité par Nouvelle orthologie ; ou, Recherches sur les articulations de la langue française: suivies d'une méthode nationale élémentaire de lecture du français et du latin, basée sur le rapport rythmique des voyelles et des consonnes ..., Alphonse Ernaux, 1846, p.44.
  45. Rambaud et l’aliénation diglossique, mardi 18 juin 2019, par René Merle
  46. Rambaud et l’aliénation diglossique, mardi 18 juin 2019, par René Merle
  47. 5 Les première descriptions du français.
  48. Lyon et l'illustration de la langue française à la renaissance: Champs et perspectives, Jean-Pierre Angoujard, Gérard Defaux, Sophie Wauquier-Gravelines, Bernard Colombat, Jean Balsamo, Collaborateur Jean-Pierre Angoujard, Gérard Defaux, Sophie Wauquier-Gravelines, ENS, 2003, p.18.
  49. Honorat Rambaud, cité par Nouvelle orthologie ; ou, Recherches sur les articulations de la langue française: suivies d'une méthode nationale élémentaire de lecture du français et du latin, basée sur le rapport rhythmique des voyelles et des consonnes ..., Alphonse Ernaux, 1846, p.46.
  50. 5 Les premières descriptions du français.
  51. Le Monde, Vendredi 14 décembre 2007. Orthographe ?, Alain Garric, d’après La réforme de l’ornithorynque, L’Autre Journal.
  52. REVUE DU DAUPHINE, 1839.
  53. Louis Meigret: humaniste et linguiste, Franz Josef Hausmann, Gunter Narr Verlag, 1980, p.94.
  54. Bibliothèque d'humanisme et Renaissance: travaux et documents, Association d'humanisme et renaissance, Librairie Droz, 1989, p.64.
  55. A History of the French Language, Peter Rickard, Routledge, 1993, p.95.
  56. The history of linguistic and grammatical praxis, Piet Desmet, Peeters Publishers, 2000, p.551.
  57. Bibliothèque d'humanisme et Renaissance: Travaux et documents, Association d'humanisme et renaissance, Librairie Droz, 1993, p.591.
  58. Université de Montréal. Les voyelles moyennes antérieures d’Honorat Rambaud (1578) : interférences du provençal sur le français naissant de Marseille. Sophie Daoust. Mémoire présenté à la Faculté des études supérieures en vue de l’obtention du grade de Maître ès arts (M.A.) en linguistique. août 2003.
  59. Marseille (Bouches du Rhône, France) | 1587 - 1596 | 381 E 189.
  60. Marseille (Bouches du Rhône, France) | 1587 - 1596 | 381 E 189.
  61. Raoul Busquet, Histoire de Marseille, Robert Laffont, Paris, 1978, page 212.
  62. Des perfectionnements que reçut la langue française au XVIIe, Ernest Bouvier, 1853, p.29.
  63. Nouvelle orthologie ; ou, Recherches sur les articulations de la langue française: suivies d'une méthode nationale élémentaire de lecture du français et du latin, basée sur le rapport rythmique des voyelles et des consonnes..., Alphonse Ernaux, 1846, p.48.
  64. BOUSQUET, Robert, E. 1981. The Sixteenth Century Quest for a Reformed Orthography: The Alphabet of Honorat Rambaud. Bibliothèque d'Humanisme et Renaissance 43. 545-566.
  65. Introduction à l'histoire de l'orthographe, Yvonne Cazal, Gabriella Parussa, Armand Colin, 2015. ISBN 2200612486, 9782200612481.
  66. Université de Montréal. Les voyelles moyennes antérieures d’Honorat Rambaud (1578).... Sophie Daoust. Mémoire... en linguistique. août 2003.
  67. Rambaud et l’aliénation diglossique, mardi 18 juin 2019, par René Merle
  68. Université de Montréal. Les voyelles moyennes antérieures d’Honorat Rambaud (1578).... Sophie Daoust. Mémoire... en linguistique. août 2003.
  69. Bousquet, Robert, E. 1981. The Sixteenth Century Quest for a Reformed Orthography: The Alphabet of Honorat Rambaud. Bibliothèque d’Humanisme et Renaissance 53.
  70. La chaîne sur la Genèse. Édition intégrale IV. Chapitres 29 à 50. Volume 14 de Orbis (Louvain, Belgium): Studienkreis "Geschichte der Sprachwissenschaft" (Germany). International Colloquium, Studienkreis Geschichte der Sprachwissenschaft, Piet Desmet, L. Jooken, P. Schmitter, P. Swiggers. Peeters Publishers, 2000. ISBN 904290884X, 9789042908840.
  71. Université de Montréal. Les voyelles moyennes antérieures d’Honorat Rambaud (1578).... Sophie Daoust. Mémoire... en linguistique. août 2003.
  72. Université de Montréal. Les voyelles moyennes antérieures d’Honorat Rambaud (1578).... Sophie Daoust. Mémoire... en linguistique. août 2003.
  73. Université de Montréal. Les voyelles moyennes antérieures d’Honorat Rambaud (1578).... Sophie Daoust. Mémoire... en linguistique. août 2003.
  74. Université de Montréal. Les voyelles moyennes antérieures d’Honorat Rambaud (1578).... Sophie Daoust. Mémoire... en linguistique. août 2003.
  75. Marseille (Bouches du Rhône, France) | 1587 - 1596 | 381 E 189.
  76. François Barby, Reconstitution des familles marseillaises du XIVe au XVIe siècle, à partir des actes notariés/Geneanet/Rambaud/Marseille/canebiere - folio 113, cote des actes : 381E-186 Honoré Ramnaud
  77. Anciennes familles de Provence, article (de) Tournon
  78. Histoire des établissements et du commerce français dans l'Afrique barbaresque (1560-1793) (Algérie, Tunisie, Tripolitaine, Maroc), Masson, Paul, 1863-1938.
  79. Codice diplomatico delle colonie Tauro-Liguri durante la signoria dell Ufficio di S. Giorgio (MCCCCLIII-MCCCCLXXV), Volume 6, Partie 1 -Volume 7, Partie 3 de Atti della Societa ligure di storia patria, Amedeo Vigna, Tip. del R. I. dei Sordo-Muti, 1938.
  80. Inventaire des Archives de la marine: B3 234-379, Volume 6 de Inventaire des Archives de la marine: Série B. Service général, Inventaire des Archives de la marine, Didier Neuville, Henri Buche, Jean Mallon, Etienne Taillemite, Archives nationales (France) L. Baudoin, 1904.
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