.

.

.

.

.

                Guillaume Ier de Provence, dit le Libérateur

.

.

.

.

.

Le Comte Guillaume le Libérateur extermine les dernières bandes d'envahisseurs en Provence.

Dom Mayeul, quatrième abbé de Cluny, à droite, devant l’icône de la reconquête de la Provence (miniature du XIIIe siècle.

L'Abbaye de Montmajour devient au XIe siècle la nécropole des comtes de Provence.

Viguier rendant la justice. Guillaume met en place à la fois une nouvelle noblesse, des ecclésiastiques et une administration.

En 983, la paix revient en Provence. L'abbaye de Saint-Victor exerce une profonde influence spirituelle et culturelle dans une Provence en pleine réorganisation politique et religieuse, les possessions territoriales de l’abbaye s’accroissent considérablement : rien que dans le diocèse de Marseille, 440 églises et prieurés dépendent de Saint-Victor aux XIe et XIIe siècles. L’abbaye compte également des dépendances dans ceux d’Aix, Fréjus-Toulon, Riez, Gap, Embrun et Vaison-la-Romaine[1].

Guillaume Ier de Provence, dit le Libérateur, ou Pater Patriae, ou Le Grand, Prince très chrétien, Guilhèm Ièr de Provença, est né vers 947[2], et décédé à Avignon en 993, peu après le 29 août[3][4]. Guillaume est enterré dans le prieuré de l'église de Sainte-Croix de Sarrians en construction, où sa tombe a disparu[5]. Selon Christian Settipani il est décédé en 993/994[6]. En raison d'un oncle appelé lui aussi Guillaume, Comte d'Avignon, il est parfois dénommé Guillaume II de Provence.


Guilhèm Ièr de Provença est le fils de Boson II (ca 915 - 949), Comte d'Arles (en 942) et de Constance de Vienne (ca 920 - 964/966)[7].

Même du vivant de leur père, Guillaume et son frère, Roubaud, ont tous les deux porté le titre de Comte[8].

Guillaume est un prince religieux et vaillant[9]. Le pouvoir local en Provence appartient aux comtes d'Arles et d'Avignon. Ainsi, c'est à Guillaume Ier de Provence, comte d'Avignon, dit le Libérateur, qu'on doit la victoire à la Bataille de Tourtour (973) et la chute définitive de la forteresse sarrasine de Fraxinetum (983). C'est précisément ce genre d'autorité et d'indépendance qui permet à la Provence de se doter d'un système féodal à l'économie fondée sur l'agriculture[10]. La Recounquista ne se termine qu'avec Guillaume le Libérateur dix ans après la Bataille de Tourtour (973).

René Poupardin écrit :

Avec la chute de la forteresse sarrazine se clôt cette période de quatre vingts années

environ où toute vie a été pour ainsi dire suspendue dans les pays situés entre le Rhône, les Alpes et la mer. C'est ensuite seulement que recommence véritablement l'histoire de toute la partie méridionale des Etats de Conrad le Pacifique[11].

Et Poupardin lie à cette crise le développement de la féodalité :

A ce point de vue, l'invasion sarrazine joue un grand rôle dans le développement de la féodalité provençale. Le Roi est loin et n'a pas pris part à la reconquista. Le vrai maître du pays c'est son libérateur, le comte Guillem qui partage le pays entre les chevaliers qui l'ont aidé dans sa tâche et ceux-ci à leur tour, peut-être pour prévenir un retour offensif des Sarrazins, le couvrent de châteaux[12].

La population connaît après la libération une croissance constante, la chrétienté prend de l'ampleur (construction d'églises et de monastères) et l'on assiste même à un renouvellement du commerce et la naissance d'une bourgeoisie et une noblesse locales[13].

Guillaume est successivement comte d'Avignon (962), comte de Provence (972), marquis de la Provence arlésienne (979) et Prince de toute la Provence (991)[14].

Dès lors qu'il est Comte et Marquis de Provence, Guillaume reçoit désormais de Conrad le pouvoir administratif (potestas), mais aussi le pouvoir judiciaire (jurisdictio), il dispose alors des biens du fisc, il a la garde des églises, il surveille et protège les juifs ; les évêques sont ses vassaux[15].

Une première floraison monastique coïncide avec l'expulsion des Sarrasins et la pacification de la Provence sous Guillaume le Libérateur. Cela correspond aussi à une renaissance économique et à la formation d'une nouvelle noblesse.

Georges Duby écrit toutefois à propos du surnom de libérateur :

Je fais remarquer que l'épithète de libérateur donné au comte de Provence Guillaume ne se trouve pas dans les documents médiévaux, non plus chez les historiens de la Provence moderne (Nostradamus au XVIe siècle, Ruffi et Papon au XVIIIe siècle, Manteyer au XIXe siècle) ; Noël Coulet me signale que l'épithète de libérateur aurait été donné pour la première fois par R. Busquet dans son article de l'Encyclopédie des Bouches-du-Rhône[16].

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

SA FAMILLE ET SA JEUNESSE[modifier | modifier le wikicode]

.


Sa famille[modifier | modifier le wikicode]

.

Les ancêtres de Guillaume, selon Christian Settipani[17].

Boson II (ca 915 - après 969), père de Guillaume devient Comte d'Arles en 942.

Au début du Xe siècle, Hugues d'Arles s’installe dès 911 à Arles, dont il fait la capitale du royaume. Il est régent pour Louis l'Aveugle.

Après la mort d’Hugues en 948, on voit apparaître sous l’autorité distante de Conrad II, la Ire dynastie des comtes de Provence, avec le Comte de Provence Guillaume et son frère Roubaud.

Selon Christian Settipani, la Ire dynastie des comtes de Provence descend d'un Roubaud Nobilis Vir, cité en Provence en 739.

Roubaud le grand-père de Guillaume est un Nobilis Vir, du Maconnais (° 880), marié à Doda, fille de Guillaume le Pieux, marquis de Gothie, duc d'Aquitaine, comte d'Auvergne, de Bourges, de Mâcon, du Limousin et de Lyon, et abbé laïque de Saint-Julien-de-Brioude[18].

Le père de Guillaume, Boson II (ca 915 - après 969) devient Comte d'Arles en 942 et a comme femme Constance de Vienne (ca 920 - après 969), fille de Charles Constantin (901 - après 962), Comte de Vienne en 926[19]. Charles Constantin (901 - après 962), Comte de Vienne, est fils du roi d'Italie Louis III l'Aveugle.

Boso comes et uxor sua Constantia… illorum filii… Willelmus comes, Rotbaldus comes, Pontius juvenis signe une charte en mai 963 aux termes duquel Gencius et uxor mea Aiburga donnés une propriété "in pago Aquense superiore ad castrum… Ansoyse à l'abbaye de Montmajour[20]. Il souscrit, en tant que Comte d'Arles, à l'échange de biens entre l'archevêque Mannassès et Teucinde, en vue de la fondation de l'abbaye de Montmajour.

Selon Poly, en mai 969, Boson II et sa femme Constance souscrivent à la donation par Géniès et son épouse Alburge au monastère de Montmajour[21].

.

.

.

.

.

Ses premières années[modifier | modifier le wikicode]

.

Les Bourguignons tiennent la Provence d'une main ferme, placée sous la lointaine souveraineté de l'Empereur.

Othon du Saint-Empire obtient une première allégeance théorique des rois de Bourgogne et soutient Guillaume dans son combat contre les Sarrasins.

L'ordre de naissance des deux fils aînés de Boson n'est pas clair. La charte de mai 963 suggère que Guillaume estt son fils aîné. Cependant, l'ordre des noms est inversé dans la charte de mars 965, en vertu de laquelle eius filio Rothboldo et fratre eius Wilelmo comite a consenti à la charte de Bosoni comitis, filii Rothboldi quondam, ce qui suggère que Roubaud est plus âgé[22].

Même du vivant de leur père, Guillaume et Roubaud ont tous les deux porté le titre de Comte [23].

En 968, Conrad III le Pacifique nomme Guillaume, Comte d'Avignon. Guillaume et son frère ainé Roubaud, succèdent à leurs père Boson II et à leur oncle, appelé lui aussi Guillaume. Le comté de Provence leur appartient en indivision, Guillaume devenant comte d'Avignon et Roubaud comte d'Arles suivant la division opérée à la génération précédente entre leurs père et oncle

Guillaume est lié aux Carolingiens, mais apparenté aussi aux Bourguignons qui tiennent la Provence d'une main ferme, ce personnage a pour lui d'être d'une extraction plus modeste. C'est sans doute la raison pour laquelle il est nommé comte par le roi d'Arles, Conrad le Pacifique, roi des Deux Bourgognes de 937 à sa mort en 993. Il semble en effet moins dangereux que certains grands seigneurs. Son origine locale constitue aussi un gage de bonne volonté vis-à-vis des Provençaux, échaudés par la rapacité des Bourguignons[24].

Pourtant, vers la fin de son règne, Conrad le Pacifique bute sur l'hostilité de Guillaume de Provence, devenu marquis de Provence, en 979, qui se détache progressivement de sa suzeraineté, car il est le Libérateur de la Provence et du nord des Alpes.

La Recounquista (972/973) semble justifiée à tous les auteurs de ce temps et à ceux qui vont suivre. Chorier, en son Estat politique, mentionne la dépopulation de cette contrée du fait des Sarrasins :

Durant près de cent quarante ans ce ne fut qu'une solitude affreuse.

C'est du reste l'opinion de beaucoup d'historiens qui en parlent à partir de documents d'époque.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

AVANT LA LIBÉRATION DE LA PROVENCE[modifier | modifier le wikicode]

.


Al-Andalus et la Septimanie (VIIIe - début IXe siècles)[modifier | modifier le wikicode]

.

Les moines nîmois sont chassés de leurs couvents par les musulmans.

Jean Gallian : Les incursions sarrasines à partir de La Garde-Freinet[25].

En 838, les Sarrasins, pillent et incendient Marseille. Une grande partie de la population, dont les clercs et les nones, est réduite en esclavage.

Contrairement aux idées reçues la Bataille de Poitiers (732) n’arrête pas les raids musulmans sur la Gaule. Les musulmans sont toujours installés en Septimanie et en Provence.

Si on ne peut reprocher aux musulmans le Jihad, on peut s'indigner, comme Diderot ou d'Alembert dans l'Encyclopédie, de voir une partie des autorités religieuses et de grands seigneurs trahir les leurs. C’est le cas du patrice Mauronte qui conclut, en 734, une alliance avec le gouverneur de Narbonne, Yusuf ibn Abd al-Rahman al Fihrir[26]. Il ouvre les portes d'Avignon aux troupes musulmanes. Les Annales Fuldenses et les Annales Mettenses priores le disent dux[27]. D’autres auteurs font de lui un gouverneur de Marseille nommé par Charles Martel. Pendant que les chrétiens souffrent du fait de leur religion, Mauronte incite les musulmans à occuper des places fortes le long de la vallée du Rhône.

Mauronte et ses pareils n’empêchent pas, selon le Continuateur de Frédégaire, la population avignonnaise de se défendre. En représailles la région est dévastée. Le gouverneur, Yusuf ibn Abd al-Rahman al-Fihri, prend l’année d’après Arles et pendant des années, il dépeuple la ville et ravage toute la province d’Arles, selon la Chronique de Moissac. Il faut comprendre par dépeupler une ville le fait de massacrer la plupart des hommes et tous les vieillards et d'envoyer les femmes et les enfants en esclavage, parfois très loin dans le monde musulman.

En 736, Charles Martel lance une opération punitive en Provence qui prend Montfrin et Avignon, Arles et Aix-en-Provence, sans oublier Marseille[28]. C’est alors qu’une armée arabe débarque à côté de Narbonne, dirigée par le fils d'Abd al-Rahmân. Elle reprend immédiatement Arles et la plupart des autres villes conquises par les Francs et leurs alliés.

Les musulmans en pillant et essayant d’annexer le sud de la Gaule, permettent à Charles Martel de s’en emparer en usant de la même violence que ces envahisseurs venus du sud. Les traîtres sont sévèrement châtiés. Leurs biens distribués aux vainqueurs. L'aristocratie franque soumet la Provence qui subit après cela une période très sombre de son histoire due aux musulmans.

En 838, les Sarrasins font irruption dans le port de Marseille, saccagent la ville et repartent en emmenant de nombreux captifs : hommes, femmes et enfants réduits en esclavage ou jetés à la mer, dont des clercs et des moniales[29].

.

.

.

.

.

Des bandes de pillards sarrasins dans les Alpes (889 - 975)[modifier | modifier le wikicode]

.

La seconde phase des ravages des Sarrasins chez nous se situe pour l'essentiel dans les Alpes. Ces faits sont négligés par la plupart de nos manuels scolaires. .

.

.

.

.

IXe siècle[modifier | modifier le wikicode]

.

Sarrasins débarquant en 889 pour rejoindre le Djabal al-Kilal (le massif des Maures).

Les arènes d'Arles au moyen-âge sont fortifiées et habitées.

En 844/845 des pillards musulmans remontent l'Ouvèze et pillent Vaisons, puis redescendent vers Arles qu'ils assiègent. Ils sont à nouveau en Provence en 969 et s'en prennent à Arles et Marseille[30].

Ce sont là des raids épisodiques menés par des pirates. En 889, ils s'installent en Provence.

Selon Liutprand de Crémone, un religieux italien du Xe siècle, qui est aussi diplomate, un navire échoue, suite à une tempête, vers 889, sur le littoral varois. Il nous dit que vingt et un Sarrasins décident de s'y établir en appelant des renforts. Il ne s'agit pas de chefs politico-religieux ou de soldats, mais de pirates venant d'Alicante [31].

Nous ne sommes plus en présence de seigneurs et de chefs militaires agissant pour al-Andalus. Ces naufragés vont attirer dans la région des pillards comme eux venant des bas-fonds des ports musulmans. La razzia se substitue à la conquête, l'or à la religion[32].

Lévi-Provençal pense que ces bandes armées sont souvent un mélange d'Arabes, de Berbères et de chrétiens convertis ou non, venant d'Espagne[33].

Ces Sarrasins appellent la future région des Maures le Djabad al Kilal (la montagne au bois dur) et en font une colonie de fort peuplement, ce qui est relativement nouveau en France. Les populations locales soit réussissent à fuir, soit sont réduites à l'esclavage, et plus souvent souvent massacrées.

.

.

.

.

.

Xe siècle[modifier | modifier le wikicode]

.

C'est des environs de Saint-Tropez que les Sarrasins ravagent toutes les Alpes.

Invasion des Alpes et du couloir rhodanien par les Sarrasins au Xe siècle Les sarrasins en Provence (Source : Jean Gallian : Les sarrasins en Provence[34]).

Djabad al Kilal.

Quoique Ces pirates sont d'efficaces pourvoyeurs d'esclaves. Ils attaquent les bateaux en pleine mer et en capturent les occupants, se livrent aussi à des razzias sur les populations côtières, puis ravagent le cœur des vallées alpines et le couloir rhodanien.

Les Sarrasins vont jusqu’à Acqui, prés de Gênes, où ils pillent et massacrent les habitants, à l’exception des femmes et des enfants qu’ils emmènent en esclavage[35]. Ils exploitent la mine de Vallauria, à Tende, et celles de la région de San Dalmazzo di Pedona, dans les vallées de la Stura et du Gesso. Selon la tradition populaire, les sarrasins y emploient comme esclaves les moines de la vallée[36].

Les historiens pensent que les anciens pirates devenus pillards font venir de l'Afrique du Nord des soldats berbères, plus expérimentés pour la guerre de montagne que des pirates issus des bas-fonds des ports de la Méditerranée. Dès 906, ils occupent les cols du Dauphiné, traversent le Mont-Cenis et occupent la vallée de la Suse, sur la frontière piémontaise.

Les Sarrasins érigent ou occupent des repaires en pierre dans les zones qu'ils ont conquis dans le Dauphiné, la Savoie et le Piémont. Les pèlerins à destination de Rome, à travers les vallées alpines, doivent rebrousser chemin ou sont capturés et souvent détroussés, puis massacrés. Cela dure de 921 à 931 et après 933[37].

Lévi-Provençal parle aussi de bandes armées très mobiles, agissant l'été, et se repliant dans le massif montagneux de Fraxinetum, à proximité immédiate de la mer.

Les Sarrasins du Djabad al Kilal ne sont pas que des pillards. Une lecture attentive des chroniques révèle que de nombreux colons s'installent dans les villages de Provence. Ils remplacent la population locale, massacrée en cas de résistance, ou envoyée en esclavage dans les pays musulmans. Certains Provençaux et habitants du nord des Alpes ont pu fuir. Les envahisseurs sont partout disent les chroniques :

n'épargnant aucune ville, aucun village; bientôt tout le pays, au sud du Verdon, fut en leur pouvoir. La population d'Aix-en-Provence est envoyée en esclavage[38].

Pas n'importe quel esclavage ! Les femmes et les adolescent[e]s sont violées. Les hommes sont castrés, car un eunuque vaut quatre fois plus cher qu'un esclave non-castré dans le monde musulman, comme le confirme L'Europe et l'islam : quinze siècles d'histoire[39].

Il est certain que les Sarrasins restent aussi longtemps maîtres de la plus grande partie de la Savoie et du Dauphiné. Frodoard, contemporain des événements, nous représente, à lui seul, les Sarrasins occupés pendant près de trente ans (depuis l'an 921 jusqu'à l'an 951, c'est-à-dire jusqu'aux premières années de l'épiscopat d'Isarn) à garder les gorges et les défilés des Alpes, à ravager les territoires du voisinage, à arrêter, massacrer ou rançonner les caravanes de pèlerins anglais, français ou autres, qui se rendent à Rome[40].

.

.

.

.

.

De la naissance de Guillaume à la capture de Mayeul[modifier | modifier le wikicode]

.

Otton le Grand recevant la soumission de Bérenger d'Ivrée.

Abd ar-Rahman III proclame le califat de Cordoue.

Saint Bernard de Menthon et un de ses chiens.

Othon du Saint-Empire (936 - 973) , vers 950, envoie une ambassade à Abd-ar-Rahman III, calife de Córdoba (912 - 961). Son objectif est de demander à al-Andalus de contrôler les agissements des pillards du Fraxinetum, qui font des raids sur le nord de l'Italie et d'autres possessions de l'Empereur. Le calife fait porter une réponse par un évêque, mais cette lettre est très agressive envers les christianisme et les trois émissaires de l'Empereur sont emprisonnés. Othon du Saint-Empire envoie un moine de Gorze, près Metz, nommé Jean, comme ambassadeur, avec une autre lettre au calife. Elle est rédigée par son frère Bruno et est insultante pour l'islam[41]. Cette ambassade soulève donc de multiples difficultés[42].

Le soutien à cette base militaire permanente ne cesse pas[43]. Mais les razzias se font plus rares. L'Empereur les déloge du Col du Grand-Saint-Bernard et du diocèse de Glandeves. Il reçoit l'hommage d'Abdérame pour son petit état de la vallée de Vermigna.

En effet, vers l'an 960 les Sarrasins sont chassés du Col du Grand-Saint-Bernard. Ils opposent une vive résistance. Dans les légendes, saint Bernard de Menthon, livre un rude combat aux démons et aux faux dieux, alors maîtres de la montagne[44].

En réalité, les Sarrasins sont bien venus au Col du Grand-Saint-Bernard. Vers 950, ils détruisent le temple romain de Jupiter et les abris au sommet du col. Comme cette montagne extrêmement froide est presque inculte ils y séournent seulement en petit nombre. Ils ont pu être surpris, en 989, et exterminés pendant leur sommeil. Bernard de Menthon n'est pas encore né, et Othon du Saint-Empire est mort. C'est certainement un religieux ou un noble, assisté de quelques hommes armés de lances, de faux ou de haches, peut-être accompagnés de molosses, qui les massacrent[45]..

.

.

.

.

.

Armée musulmane en Gaule.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

LA LIBÉRATION DE LA PROVENCE[modifier | modifier le wikicode]

.

Le récit précis de cette campagne reste inconnu[46].

.

.

.

.

.

La capture de saint Mayeul, abbé de Cluny (juillet 972)[modifier | modifier le wikicode]

.

Saint Mayeul est abbé de Cluny.

Saint Mayeul est capturé par les Sarrasins.

Esclaves rachetés par les moines de Lérins.

Saint Mayeul, abbé de Cluny, revenant de la cour impériale de Pavie, passe par le col du Saint-Bernard pour aller en Provence[47]. Un certain nombre de moines et d'autres personnes l'accompagnent pendant ce voyage.

Mais pendant qu'ils voyagent les pillards sarrasins du Fraxinet capturent ceux qui ne réussissent pas à s'échapper, en juillet 972, près de la rivière Drac, probablement dans la commune du Forest-Saint-Julien, à l'endroit nommé jusqu'au XVIe siècle, Apuid sanctum Mayolium[48], près du pont d'Orcières[49]. D'autres historiens parlent du pont de Chatelard, près d'Orcières, dans le Valais[50].

Mayeul refuse de se séparer de ses compagnons, même s'il a la possibilité de fuir seul, de l'endroit où il a été capturé. Les musulmans veulent le forcer à se convertir à l'islam, mais il refuse. Alors ils l’emmènent dans une grotte où il est enchaîné et souffre de la faim.

L'auteur de la Vie de saint Mayeul écrit :

La très cruelle race des Sarrasins arriva aux confins de l'Italie et de la Provence; et elle se livra à un affreux carnage sur les personnes de tout rang, de tout sexe et de tous âges.

Les musulmans lui demandent s'il a assez d'argent pour payer sa propre rançon. Il leur répond qu'il ne possède aucune richesse terrestre, mais qu'il y a beaucoup de gens sous lui qui pourraient payer la rançon. Ils lui ont ordonné d'écrire à Cluny et il l'a fait. Son message est :

Seigneurs et frères de Cluny, les taureaux rugissants de Belial m'entourent, et les mâchoires de la mort bâillent pour moi. Par conséquent, envoie s'il te plaît le montant de la rançon que nos ravisseurs exigent[51].

Mayeul de Cluny est racheté contre une rançon payée par les seigneurs de la région[52], de 1.000 livres d'or pour sa libération. De nombreux objets de culte et d'orfèvrerie du trésor de Cluny sont aussi fondus pour payer sa rançon[53].

Mayeul est ensuite libéré et il revient à Cluny pour célébrer la fête de l'Assomption. Cet épisode lui coûte une blessure à la main. A ce que rapporte Raoul Glaber, son prestige en sort renforcé au point qu'en 974, à la mort du pape Benoît IV, l'empereur Otton II (973 - 983) et sa mère Adélaïde lui offrent de devenir Pape[54].

Sa capture entraîne une mobilisation générale de l'aristocratie provençale autour de Guillaume. Cet outrage au plus grand moine de l'Occident chrétien est suivi par l'extermination des pillards du Fraxinet par les seigneurs de Provence, en 983. Car, les ravisseurs de Mayeul de Cluny fuient sur une montagne où ils sont encerclés et choisissent de mourir par suicide en jetant leurs corps sur les rochers[55].

.

.

.

.

.

La Recounquista (972/973)[modifier | modifier le wikicode]

.


Avant la bataille de Tourtour (973)[modifier | modifier le wikicode]

.

Saint Beuvon de Voghera.

CPA montrant les Comtes de Provence chassant les sarrasins du littoral.

Guillaume veut venger son ami Mayeul, abbé de Cluny, capturé par les Sarrasins. Comme lui, Mayeul est un Provençal, né à Valensole. Ils se sont connus enfants. C'est Guillaume qui a soutenu Mayeul lorsque les Sarrasins ont assassiné son père.

Guillaume, comte de Provence, décide de lancer une campagne militaire, au nom de Maïeul, pour venger cet affront. Il veut, sans doute, également, montrer son éclat et sa puissance et s'affirmer comme le futur souverain de la Provence[56].

À la suite de l'enlèvement de l'abbé Mayeul en juillet 972 par une bande de Sarrasins, le comte Guillaume et son frère Roubaud prennent la tête de l'ost provençal, renforcé par :

¤ les troupes d'Ardouin, comte de Turin, qui libère le Piémont[57].

¤ la noblesse et des soldats du Bas-Dauphiné et de Nice[58].

¤ Beuvon de Voghera, et quelques seigneurs, envoyés par le Roi Conrad le Pacifique, se joignent à eux.

¤ Guillaume, vicomte de Marseille, Pons, seigneur de Fos, et Uc de Blaye (Ugo Blavia), un seigneur italien.

Beuvon de Voghera, gentilhomme de Noyers, futur saint, combat victorieusement les Sarrasins aux côtés de Guillaume. Il les déloge de la montagne de la Pierre impie, entre Ribiers et Noyers. Avec Rotbold, frère du comte Guillaume, encouragés par Isarn, évêque de Grenoble, ils libèrent les vallées des Alpes et, les comtés de Gap et de Sisteron[59]. Puis, Beuvon de Voghera les combat lors de la Bataille de Tourtour et au Fraxinet. Il est à noter que Guillaume de Castellane s'empare du repaire des pillards de Castellane et participe à la libération du Gapençais.

Par contre, le Gibelin de Grimaldi, qui est parfois cité, semble être un personnage qui n'a jamais existé. D'ailleurs à cette époque en Provence la particule n'est pas en usage. En ce concerne Guigues d'Albon, il est le gendre du brigand des Alpes, Aimon, allié des Sarrasins, qui en 972 les trahit et soutient les vainqueurs[60]. En ce qui concerne Valentin de Pietra-Castellana il n'existe pas ou sous un autre nom ???

Le Pape Benoît IV fait appel à Othon Ie, empereur d'Allemagne, roi d'Italie et suzerain de Provence. Assuré du concours de Guillaume de Provence et de ses seigneurs, Othon part d'Italie (973) avec une escadre, détruit les flottilles sarrasines et conduit ses troupes à l'assaut des montagnes. Guillaume de Provence et son armée ayant escaladé les monts par le côté opposé, les Sarrasins sont pris comme entre les branches d'un étau[61].

Cinq batailles ont lieu dans les Alpes : Embrun, Gap, Riez, Ampus et Cabasse, mais aussi à Ribiers et Castellane, affrontements qui sont autant de victoires pour les chrétiens[62], qui repoussent les bandes de pillards vers le littoral.

.

.

.

.

.

Après la bataille de Tourtour (973)[modifier | modifier le wikicode]

.

La Bataille de Tourtour (973) n'est pas la dernière phase de la libération de la Provence qui s'achève en 983.

Les Provençaux et leurs alliés traquent les Maures qu'ils écrasent à la Bataille de Tourtour (973), leur sixième victoire[63].


Voir article détaillé : Bataille de Tourtour en 973


En Arles les Sarrasins sont expulsés par un soulèvement populaire[64].

.

.

.

.

.

Guillaume les déloge de leur repaire (983)[modifier | modifier le wikicode]

.

Forteresse du Fraxinet[65].

Ruines du fort sarrasin de Fraissinet, à La Garde-Freinet.

Les ruines vu village sarrasin de Freinet, à La Garde-Freinet.

La Bataille de Poitiers (732) n'a rien réglé en matière d'invasion musulmane.

Cette victoire est totale quand une troupe de guerriers chrétiens menée par le comte de Provence Guillaume le Libérateur vient les déloger de leur repaire. Certes, le chroniqueur de la Novalaise, par une simple omission, n'écrit pas que Guillaume a joué un rôle dans l'attaque du Frainet. Mais il est par contre question de la part prise par lui à l'expulsion des envahisseurs dans une charte-notice de l'évêque de Fréjus, Riculfus, du 6 mars 990[66].

En septembre 983, Guillaume anéantit les Sarrasins à leur retour d'une campagne dans les Alpes et son frère Roubaud prend leur retraite de Freinet, avec l'aide d'Ardouin, marquis de Turin. Au terme de bien des années de durs combats, ils boutent hors de Provence ces sarrasins mahométans qui n'ont cessé de se renforcer par arrivées de congénères. Fini les raids meurtriers et des razzias dévastatrices jusqu'en Haute-Bourgogne et en Valais helvétique, les pillages, les massacres, l'esclavage, la colonisation de peuplement...[67].

Les Provençaux et leurs alliés attaquent la base sarrasine de Fraxinet (La Garde-Freinet). Les autres repaires des bandes de pillards sont entièrement rasés. Ils sont donc finalement soit chassés, soit tués, ou bien encore réduits en esclavage, sans que les califes omeyyades de Cordoue réagissent ou même en parlent.

Vers 990, les dernières bandes sarrasines autonomes sont enfin décimées sur l'ensemble de la Provence et des cols alpins[68].

Conrad le Pacifique et l'Empereur Othon II ne sont que des soutiens pas très actifs et des témoins de la libération et du redressement de la Provence[69].

La Reconquèsta est l'équivalent provençal de la Reconquista. À côté de ces guerriers illustres, dont l'histoire va conserver le souvenir, on voit alors s'élever une multitude de chefs secondaires, qui reçoivent ou plutôt se donnent la mission de grouper leurs compatriotes en vue de la commune défense. L'ère féodale vient de s'ouvrir.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

MARQUIS, PUIS PRINCE DE TOUTE LA PROVENCE[modifier | modifier le wikicode]

.

Prisonniers Sarrasins.

Les thermes de Constantin deviennent au moyen-âge palais comtal (Musée d'Arles Antique).

La Provence en l'an Mil (Source : Jean Gallian : La carte du marquisat de Provence[70].

Avec le départ des sarrasins s'achève une page particulièrement troublée de l'histoire de la Provence. Ils ont saccagé un immense territoire qui est resté presque dépeuplé durant presque un siècle. Les villes de Fréjus et de Toulon sont détruites à tel point qu'il n'y a plus d'évêque durant tout le Xe siècle[71].

Pour le comte Guillaume et pour le peuple provençal, c'est là une grande, une immense victoire, sur la valeur de laquelle personne ne se trompe, ni l'Eglise qui va dès lors considérer la Provence comme un allié de choix, ni le roi de la Grande-Bourgogne qui, devant l'importance de l'événement et la valeur du capitaine, se voie contraint de se laisser forcer la main en acceptant que la charge de patrice bourguignon en Provence devienne désormais héréditaire dans la descendance du prince Guillaume[72].

Le comte de Provence Guillaume le Libérateur, dans le même temps qu'il fonde ainsi une nouvelle dynastie provençale, donne donc en plus à la Provence, en attendant mieux, l'autonomie dans le cadre du royaume de la Grande-Bourgogne[73].

C'est en tant que comtes que Guillaume et Roubaud achèvent tous les deux la lutte contre les Sarrasins, encore qu'à partir du 17 avril 979, Guillaume reçoit le titre de Marquis [74]. La Foundation for Medieval Genealogy nous dit que :

Vuilelmus Marchius Arelatense Provintie fait don de la propriété dans le comitatu Avinionense, à l'agro Rupiano, à Loco ... de la Lona à Saint-Victor de Marseille par charte datée du 17 avril 979, signée par Arsinda comitissa[75].

Dès lors qu'il est Comte et Marquis de Provence, Guillaume reçoit désormais de Conrad le pouvoir administratif (potestas), mais aussi le pouvoir judiciaire (jurisdictio), il dispose alors des biens du fisc, il a la garde des églises, il surveille et protège les juifs ; les évêques sont ses vassaux[76].

Devenu marquis de Provence en 979, il s'installe à Arles au début des années 980. Malgré la chute de l'Empire romain cette ville conserve de son passé latin la fonction de capitale[77].

Guillaume du fait de sa victoire devient extrêmement puissant sur un vaste territoire[78]. Comme son père Boson II, Guillaume se fait conseiller par un vicomte qui dès 977 l'accompagne dans tous ces déplacements et il s'appuie sur un groupe important de juges pour rendre la justice. Le Comte de Provence Guillaume le Libérateur récompense les vainqueurs par des terres.

En 990, il encore dit comes :

Willelmus comes donne à Cluny par charte datée du 28 août 990 signée par Rodbaldus comes, Adalaix comitissa[79].

Dans les chroniques de Raoul Glaber qui le traite de duc et il apparaît dans une charte de 992 avec le nom de pater patriae.

La Foundation for Medieval Genealogy nous montre qu'en 992 il est Prince et Marquis :

Dominus princeps et martio istius provinciæ ... Willelmus cum coniuge sua ... Adelaix et filio suo ... Willelmo propriété à l'abbaye de Saint-Césaire d'Arles par charte datée 992, souscrit par Domnus Rotbaldus comes ... Willelmus comes filius Rotbaldi et uxor sua Lucia, Wilelmus comes Tolosanus et uxor sua Ema ...[80].

.

.

.

.

.

La renaissance de la Provence[modifier | modifier le wikicode]

.

Marseille au moyen-âge.

De 978 à 1020, Lérins adhère à la réforme clunisienne. Le monastère bénéficie de nombreuses chartes de donation et essaime en Provence où une centaine de prieurés sont fondés.

La population connaît après la libération une croissance constante, la chrétienté prend de l'ampleur (construction d'églises et de monastères) et l'on assiste même à un renouvellement du commerce et la naissance d'une bourgeoisie et une noblesse locales[81].

Les prisonniers sarrasins sont parfois baptisés de force et réduits en esclavage. Ces groupes de survivants demeurent dans la région. Comme il n'est pas de tradition de castrer les esclaves chez les chrétiens, ils se marient et se convertissent à la religion chrétienne. Les descendants des pillards sont assurément en partie les lointains ancêtres de certains Provençaux.

Sous le règne de Guillaume, la Provence renoue avec sa prospérité d'antan. Les campagnes étant plus sures les terres sont à nouveau cultivées. De gros moyens sont mis en oeuvre - constructions de canaux, systèmes d'irrigation, assèchement de marais - tandis que la pêche, la production de vin, l'élevage, et le grand commerce maritime (Marseille) reprennent[82].

Avec Isarn, évêque de Grenoble, Guillaume entreprend de repeupler le Dauphiné.

Au moment de la reconstruction provençale sous le comte Guillaume, Mayeul, quatrième abbé de Cluny, mène une active politique de fondations et de réformes monastiques, habillage spirituel d'une volonté de récupérer les biens de son père, Fouquier de Valensole, dissipés dans la tourmente du début du Xe siècle.

Le célèbre monastère de Lérins qui a été jusqu'au VIe siècle un des centres de la vie religieuse et intellectuelle du monde chrétien, l'acte authentique le plus ancien est de 990. Or cette date coïncide avec l'expulsion des Sarrasins de La Garde Freinet qui est leur repaire. L'opération de grand style conduite par le comte de Provence, Guillaume le Libérateur, délivre le pays (973 ou 983). Elle est le point de départ d'une renaissance économique en Provence et dans la région alpine du sud-est de la Gaule ainsi qu'en Catalogne[83].

.

.

.

.

.

La nouvelle noblesse de Provence et l'ancienne[modifier | modifier le wikicode]

.

Après l'expulsion des Sarrasins, Pons de Fos commence la construction du château d'Hyères, à l'est de Toulon.

Isoard du Valgaudemar est peut-être à l'origine du Castellum Geraldum. Il inflige une défaite aux Sarrasins au Col de la Bataille (Vercors).

Laugier d’Orange-Mévouillon, qui a une seigneurie dans les Alpes, se marie avec Odile et reçoit en dot Vence et Cagnes.

Cette campagne militaire contre les Sarrasins conduite sans les troupes de Conrad, masque en fait une mise au pas de la Provence, de la vieille aristocratie locale et des communautés urbaines et paysannes qui ont jusque-là toujours refusé la mutation féodale et le pouvoir comtal. Elle permet à Guillaume d'obtenir la suzeraineté de fait de la Provence et avec le consentement royal, de contrôler le fisc de la Provence[84].

Une fois le musulman refoulé, on assiste à une redistribution territoriale sans précédent. Les grandes familles de l'entourage comtal se partagent le massif en d'immenses lambeaux. Lentement, puis bientôt à un rythme plus rapide, on voit les chartes de donation se succéder dans toute la Provence orientale. En 973, Uc de Blaye (Ugo Blavia) reçoit le territoire de Collobrières. En 975, la partie Est du diocèse de Fréjus est concédée à Riculfe de Château-Renard...[85].

L'ancêtre des chevaliers Gras se targue de descendre de Godemar, roi des Burgondes parrain de la vallée. Il parvient à expulser les Sarrasins, après les avoir battus au col de la Bataille[86].

À la suite de l'expulsion des Sarrasins de nouveaux seigneurs s'installent sur de nouvelles terres et y fondent de véritables dynasties. C'est la nouvelle noblesse de Provence[87].

Il n'oublie pas ses autres compagnons d'armes, aristocrates obéissants, et leur distribue les terres reconquises, comme le territoire d’Hyères aux seigneurs de Fos. Il arbitre les différents et crée ainsi la féodalité provençale. Il autorise un comte italien, nommé Uc de Blaye (Ugo Blavia), à se fixer près de Fréjus au début des années 970 pour remettre les terres en culture[88] et repeupler la région.

En 980, le comte de Provence, Guillaume le Libérateur, confie à Bertrand de Balp la baronnie de Beuil[89].

Aux mains d'Odile de Nice et de son fils Rambaud, l'abbaye de Saint-Véran de Cagnes vient sûrement des générosités du marquis Guillaume[90].

Rodoard, beau-frère et compagnon du comte de Provence Guillaume le Libérateur, est fait comte d'Antibes et fondateur de la célèbre maison de Grasse.

.

.

.

.

.

Le castrum de Guillelme[modifier | modifier le wikicode]

.

Le village de Guillaumes, qui porte son prénom, sur la rive gauche du Var, est au pied du château des comtes de Provence.

Guillaume de Provence, dit le Libérateur, Comte de Provence, en guerroyant dans la région contre les Sarrasins, repère l'intérêt stratégique du site. Ancienne place-forte fondée au Xe siècle, le castrum de Guillelme est mentionné pour la première fois dans un texte de la première moitié du XIIIe siècle. De son temps, Guillaume de Provence ne fait qui établir un camp militaire, dans le cadre des guerres contre les Sarrasins.

Aux portes du Parc National du Mercantour, Guillaumes est un charmant village blotti au creux de la haute vallée du Var, sur la route du Col de la Cayolle.

Guillaume donne des fiefs à ses barons dans la Provence orientale conquise, fondant dans les Alpes la place forte de Guillaume, qui porte son nom.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

LA FIN DE SA VIE[modifier | modifier le wikicode]

.

Ruines du prieuré Saint-André de Rosans.

En 990, le comte de Provence lègue à l’abbaye de Cluny le fief de Valensole, qui y installe un prieuré. L’ordre de Cluny devient dès lors seigneur en partie de cette ville.

Façade de Saint-Césaire d'Arles.

Les rives de la Barthelasse. En face, l’abbaye saint-André fondée en 980, où Guillaume est peut-être décédé moine.

Après la libération de 972, l'acte de 990 décrit l'état de la région. C'est une charte de donation de réparation par le comte de Provence Guillaume le libérateur faite à Riculphe, évêque de Fréjus. La partie instrumenta de Gallia Christiana Sammarthani T II fol. 588 débute : in nomine domini nostri Jesu Christi. . . Riculfus, forojuliensis épiscopus, in villa Manoes- ca, ante présentiam domini Wilelmi, provincie Comitis .... Elle est signée du comte de Provence, de son épouse[91].

La Provence voit un projet de constitution d'un Etat méditerranéen (990 - 1215). Le point de départ de l'infiltration comtale en Provence est le mariage, à la fin du Xe siècle (vers 990), du comte de Toulouse Guillaume Taillefer et d'Emma, fille de Roubaud, comte d'une partie de la Provence[92].

A la fin de sa vie Guillaume devient très pieux et restitue de nombreux biens au temporel de l'Église. Néanmoins il n'y a pas d'évêques-comtes en Provence, et sous la très ferme autorité d'un Guillaume le Libérateur il n'est pas question de conférer une haute charge civile à un prélat[93].

En 988, Saint-André de Rosans est donné à Cluny avec de nombreuses terres dans le diocèse de Gap, puis en 990, c'est Valensole, dans le diocèse de Riez, abandonné par le comte Guillaume[94].

En 990, Guillaume, comte de Provence, donne à l'abbaye de Lérins totam illam quartam partem quam ex Avinionensis castri territorio michi bello adquisivi[95]. Entre 990 et 1000, l'abbaye de Lérins, d'abord écartée des territoires d'Antibes par les nouveaux seigneurs, prend possession de la Plage de Cannes et le nom de la ville de Cannes apparaît pour la première fois dans les documents historiques entre 1020 et 1030[96].

Déjà en 991, à la demande de l'évêque de Fréjus, Riculf, qui implore à Arles auprès du prince la restitution des anciens domaines de l'évêché, Guillaume accède à cette pétition et lui accorde de surplus la moitié de Fréjus et le village de Puget.

En 992, le Prince de Provence rend également d’importants domaines en Camargue au monastère Saint-Jean d'Arles.

Les moniales de Saint-Césaire d'Arles retrouvent en 972 leur autonomie sous le gouvernement de l'abbesse Ermengarde, nommée par l'archevêque Ithier, et le marquis Guillaume le Libérateur. Ce Prince leur restitue vingt ans plus tard d'importants domaines[97].

En 993, se sentant mourir dans la ville d'Avignon dont il a été le comte, il prend l'habit de moine[98] et fait appel à l'abbé Mayeul pour soulager son âme. Il fait des restitutions et des offrandes à l'abbaye de Cluny, et c'est entouré au milieu de la ferveur de son peuple[99], que Guillaume de Provence passe de vie à trépas dans cette ville, peu après le 29 août 993.

Selon la Vie de Mayeul par Odilon, Guillaume, illustrissimus vir et christianissimus princeps, sentant sa fin prochaine demande l'assistance spirituelle de Mayeul qui, malgré son grand âge, vient aussitôt à Avignon ; or, c'est très probablement au cours de cette entrevue, qui se tient dans l'île de la Barthelasse, en 993.

.

.

.

.

.

L'église paroissiale de Sarrians[modifier | modifier le wikicode]

.

La façade de l'église de Sarrians au XIXe siècle (archives communales).

L'intérieur de l'église de Sarrians.

En 993, Guillaume Ier de Provence, dit le libérateur, donne - entre autres -sa propriété de Sarrians à l'abbaye de Cluny.

Avant de mourir, Guillaume émet le vœu d'être inhumé à Sarrians, près de Carpentras, dans le prieuré sur le terrain de la villa qu'il offre à l'abbaye bourguignonne

Cette église est voulue par Guillaume. Très lié à Mayeul, abbé de Cluny (abbaye bénédictine en Bourgogne qui a des possessions dans tout la France), Guillaume fait don, en 993, de terres qu'il possède sur le territoire de l'actuel village de Sarrians à la condition qu'une église dédiée à la Sainte-Croix y soit érigée et qu'il y soit inhumé. Son geste est motivé par le désir d'assurer le salut de son âme. Il meurt à l'automne de cette même année, suivi de près par Mayeul[100].

L'église est probablement consacrée pour la fête de l'Ascension de 1037. En effet, ce jour-là, la présence à Sarrians de deux petits-fils de Guillaume est attestée.

C'est une église romane, l'une des plus anciennes du département de Vaucluse, composée d'un chœur, d'un transept et d'une nef. Elle comporte une voûte en berceau. La croisée du transept est couverte d'une coupole sur trompes, elliptique, nue et aveugle. Cette dernière, ainsi que la toiture romane, unique en Provence, sont les derniers vestiges de cette église primitive[101].

Guillaume est enterré dans le prieuré en cours de construction de l'église de Sainte-Croix de Sarrians. Sa tombe a disparu[102].

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

MARIAGES ET DESCENDANCE[modifier | modifier le wikicode]

.


Sa première épouse, Arsinde de Comminges (968/970)[modifier | modifier le wikicode]

.

Asnar III de Comminges fonde en 975 le monastère de Peyrissas.

Sa première femme est Arsinde de Comminges (c. 950 - 982/983), qu'il épouse entre 968 et avril 970, Arsinde de Comminges, fille d'Arnaud, comte de Comminges et d'Arsinde de Carcassonne[103]. Si Arsinde, sa première femme, est parfois été confondue avec Adélaïde, sa seconde épouse, pour ne lui faire qu'une seule et unique épouse, la controverse est aujourd'hui terminée. De cette première union sont nés :

¤ Odile de Provence, dite Odile de Nice (c. 976 - c. 1032) ???

¤ Arsinde de Provence qui épouse Guillaume III Taillefer, Comte de Toulouse.

¤ Ermengarde ???

.

.

.

.

.

Sa deuxième épouse, Adélaïde d'Anjou (984)[modifier | modifier le wikicode]

.

Sa deuxième épouse, Adélaïde d'Anjou.

Guillaume II de Provence.

Guillaume de Provence contracte juste après sa victoire, en 983, une alliance prestigieuse [104]. Il épouse, en 984, à Arles, contre l'avis du pape, Adélaïde d'Anjou. La mariée vient de se séparer de son époux, le futur Roi de France, Louis V[105] en prenant la fuite en Provence pour faire dissoudre son mariage (983) et se marier avec Guillaume, comte de Provence.

À la mort de Guillaume en 993, Adélaïde d'Anjou assure une longue régence qui fournit à la nouvelle noblesse l'occasion de se soulever à plusieurs reprises contre la dynastie comtale. Il y a un premier soulèvement en 1008, celui des fils de Nivelon de Signes, vicomte de Guillaume, puis en 1009, c'est le tour d'Audibert et Rainaud de Châteaurenard. Cette nouvelle génération nobiliaire conteste avec violence les donations religieuses faites par le Marquis et les membres de son entourage[106]. Elle doit également intervenir après la mort du nouveau comte Guillaume II tué au siège du château de Fos en 1018. La situation devient en effet plus critique quand la famille des Fos se soulève dans une rébellion qui entraîne la mort de comte et qui oblige Adélaïde à solliciter une aide externe, notamment celle de son fils issu d'un mariage précédent, Guillaume III Taillefer, comte de Toulouse.

Le couple a comme enfants :

¤ Guillaume II de Provence, né en 990 (en 1002 : mineur), mort en 1018[107].

¤ Constance d'Arles (986 - 1032), reine de France par son mariage avec Robert II en 1003[108].

¤ Adélaïde ???

¤ et une autre fille Ermengarde d'Arles, dont la filiation est plus contestée; Ermengarde d'Arles épouse par la suite Robert Ier d'Auvergne.


Si la descendance d'Hugues Capet perdure - plus ou moins - jusqu'à nos jours, la descendance de Guillaume le Libérateur s'éteint vite à cause des hasards de la génétique et de la généalogie[109].

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

NOTES ET RÉFÉRENCES[modifier | modifier le wikicode]

.

  1. Le temporel de l’abbaye Saint-André au haut Moyen Âge, Guy Barruol, Roseline Bacon et Alain Gérard, Actes du colloque interrégional tenu en 1999 à l'occasion du millénaire de la fondation de l'abbaye Saint-André de Villeneuve-lès-Avignon, Alpes de Lumières, Cahiers de Salagon n° 4, Mane, 2001 (ISSN 1254-9371), (ISBN 978-2-906162-54-9), p 210.
  2. La noblesse du Midi carolingien: études sur quelques grandes familles d'Aquitaine et du Languedoc du IXe au XIe siècle, Toulousain, Périgord, Limousin, Poitou, Auvergne, Volume 5 de Occasional publications of the Oxford Unit for Prosopographical Research, Christian Settipani, Occasional Publications UPR, 2004.
  3. Provence historique: revue trimestrielle, Numéros 47 à 54, Fédération historique de Provence, Archives départementales. 1962. p. 203.
  4. PROVENCE - KINGS, COUNTS
  5. La Provence Pour les Nuls, Pour les Nuls Culture Générale, Jean-Michel TURC, Remi VENTURE, Philippe BLANCHET, edi8, 2012. p. 331.
  6. La noblesse du Midi carolingien: études sur quelques grandes familles d'Aquitaine et du Languedoc du IXe au XIe siècle, Toulousain, Périgord, Limousin, Poitou, Auvergne, Volume 5 de Occasional publications of the Oxford Unit for Prosopographical Research, Christian Settipani, Occasional Publications UPR, 2004.
  7. La noblesse du Midi carolingien: études sur quelques grandes familles d'Aquitaine et du Languedoc du IXe au XIe siècle, Toulousain, Périgord, Limousin, Poitou, Auvergne, Volume 5 de Occasional publications of the Oxford Unit for Prosopographical Research, Christian Settipani, Occasional Publications UPR, 2004.
  8. Les lointaines origines de la la ville de Cannes, Annales de la SSLC, Numéro 41 ; Numéro 46 de Annales de la Société Scientifique et Littéraire de Cannes et de l'arrondissement de Grasse, Pierre Cosson, Serre, 2000.
  9. Essai sur l'histoire des comtes souverains de Provence... (2e éd.), Boisson de La Salle, Joseph Amédée Xavier (1775-1823). Éditeur : G. Mouret (Aix) : 1820.
  10. Fabuleuses Provence et Côte d'Azur, Ulysse, 2017.
  11. Le royaume de Bourgogne (888-1038) : étude sur les origines du royaume d'Arles, Poupardin, René (1874-1927). H. Champion (Paris) : 1907, p. 103.
  12. Le royaume de Bourgogne (888-1038) : étude sur les origines du royaume d'Arles, Poupardin, René (1874-1927). H. Champion (Paris) : 1907, p. 103.
  13. Fabuleuses Provence et Côte d'Azur, Ulysse, 2017.
  14. Martin Aurell, Jean-Paul Boyer et Noël Coulet - La Provence au Moyen Âge, Publications de l'Université de Provence (9 novembre 2005).
  15. Les lointaines origines de la la ville de Cannes, Numéro 46 de Annales de la Société Scientifique et Littéraire de Cannes et de l'arrondissement de Grasse, Pierre Cosson, Éditeur Serre, 2000.
  16. Millénaire de la mort de saint Mayeul, 4e abbé de Cluny 994-1994: actes du Congrès International Saint Mayeul et son temps : Valensole, 12-14 mai 1994, Volumes 330 à 331 de Chroniques de Haute-Provence, Georges Duby, Société Scientifique et Littéraire des Alpes de Haute-Provence, 1997.
  17. La noblesse du Midi carolingien: études sur quelques grandes familles d'Aquitaine et du Languedoc du IXe au XIe siècle, Toulousain, Périgord, Limousin, Poitou, Auvergne, Volume 5 de Occasional publications of the Oxford Unit for Prosopographical Research, Christian Settipani, Occasional Publications UPR, 2004.
  18. La noblesse du Midi carolingien: études sur quelques grandes familles d'Aquitaine et du Languedoc du IXe au XIe siècle, Toulousain, Périgord, Limousin, Poitou, Auvergne, Volume 5 de Occasional publications of the Oxford Unit for Prosopographical Research, Christian Settipani, Occasional Publications UPR, 2004.
  19. La noblesse du Midi carolingien: études sur quelques grandes familles d'Aquitaine et du Languedoc du IXe au XIe siècle, Toulousain, Périgord, Limousin, Poitou, Auvergne, Volume 5 de Occasional publications of the Oxford Unit for Prosopographical Research, Christian Settipani, Occasional Publications UPR, 2004.
  20. PROVENCE - KINGS, COUNTS
  21. La Provence et la société féodale : 879-1166, contribution à l'étude des structures dites féodales dans le Midi, Jean-Pierre Poly, Bordas (Paris) : 1976.
  22. PROVENCE - KINGS, COUNTS
  23. Les lointaines origines de la la ville de Cannes, Annales de la SSLC, Numéro 41 ; Numéro 46 de Annales de la Société Scientifique et Littéraire de Cannes et de l'arrondissement de Grasse, Pierre Cosson, Serre, 2000.
  24. La Provence Pour les Nuls, Pour les Nuls Culture Générale, Jean-Michel TURC, Remi VENTURE, Philippe BLANCHET, edi8, 2012. p. 331.
  25. Jean Gallian.
  26. Senac Philippe, Musulmans et Sarrasins dans le sud de la Gaule du VIIIe au XIe siècle, Le sycomore 1980.
  27. Les carolingiens et al-Andalus: VIIIe-IXe siècles, Philippe Sénac, Maisonneuve & Larose, 2002.
  28. La France et la Méditerranée : vingt-sept siècles d'interdépendance, Irad Malkin, BRILL, 1990.
  29. Le douloureux passé de la Méditerranée: Histoire, Chantal Grand, BoD - Books on Demand, 2016.
  30. Le douloureux passé de la Méditerranée: Histoire, Chantal Grand, BoD - Books on Demand, 2016.
  31. Le douloureux passé de la Méditerranée: Histoire, Chantal Grand, BoD - Books on Demand, 2016.
  32. Les carolingiens et al-Andalus: VIIIe-IXe siècles, Philippe Sénac, Maisonneuve & Larose, 2002.
  33. Castrum 7: Zones côtières littorales dans le monde Méditerranéen au Moyen Âge : défense, peuplement, mise en valeur, Volume 76 de Casa de Velázquez, ISSN 1132-7340, Jean-Marie Martin, Casa de Velázquez, 2001.
  34. Jean Gallian.
  35. Castrum 7: Zones côtières littorales dans le monde Méditerranéen au Moyen Âge : défense, peuplement, mise en valeur, Volume 76 de Casa de Velázquez, ISSN 1132-7340, Collection de l'École française de Rome, Jean-Marie Martin, Casa de Velázquez, 2001.
  36. G. Mari, La minière de Vallauria, Serre 1984 p.20, d’après le livre sur Tende.
  37. Senac Philippe, Musulmans et Sarrasins dans le sud de la Gaule du VIIIe au XIe siècle, Le sycomore 1980.
  38. Senac Philippe, Musulmans et Sarrasins dans le sud de la Gaule du VIIIe au XIe siècle, Le sycomore 1980.
  39. L'Europe et l'islam: quinze siècles d'histoire, Henry Laurens, John Victor Tolan, Gilles Veinstein, Odile Jacob, 2009, p.91.
  40. Bulletin de L’Académie Delphinale 1867.
  41. Christians and Moors in Spain, Volume I: AD 711-1150, Colin Smith, Oxford University Press, 2016.
  42. Berbères et Arabes, la Berbérie est un pays Européen..., Bibliothèque historique, Édouard Brémond, Payot, 1950.
  43. La France et l'islam au fil de l'histoire: Quinze siècles de relations tumultueuses, Gerbert Rambaud, Editions du Rocher, 2017.
  44. Bulletin de l'Académie delphinale, Imprimerie de Prudhomme, 1850.
  45. Bulletin de l'Académie delphinale, Imprimerie de Prudhomme, 1850.
  46. Le douloureux passé de la Méditerranée: Histoire, Chantal Grand, BoD - Books on Demand, 2016.
  47. The Italian Cities and the Arabs before 1095, Hilmar C. Krueger, A History of the Crusades: The First Hundred Years, Vol.I, ed. Kenneth Meyer Setton, Marshall W. Baldwin, (University of Pennsylvania Press, 1955), p. 51.
  48. Chevalier Jules (1845-1922), Mémoires pour servir à l'histoire des comtés de Valentinois et de Diois. Tome 1er, Les anciens comtes de Die et de Valence, les comtes de Valentinois de la maison de Poitiers.
  49. Berbères et Arabes, la Berbérie est un pays Européen..., Bibliothèque historique, Édouard Brémond, Payot, 1950.
  50. Le douloureux passé de la Méditerranée: Histoire, Chantal Grand, BoD - Books on Demand, 2016.
  51. Agnès Gerhards, L'abbaye de Cluny, éditions Complexe, 1992, (ISBN 2870274564), p. 50.
  52. Évariste Lévi-Provençal, Histoire de l'Espagne musulmane, Volume 2, Maisonneuve & Larose, 1999.
  53. La France et l'islam au fil de l'histoire: Quinze siècles de relations tumultueuses, Gerbert Rambaud, Editions du Rocher, 2017.
  54. Cluny, In situ, ISSN 1288-832X. Julie Roux, MSM, 2004.
  55. La France et l'islam au fil de l'histoire: Quinze siècles de relations tumultueuses, Gerbert Rambaud, Editions du Rocher, 2017.
  56. La France et l'islam au fil de l'histoire: Quinze siècles de relations tumultueuses, Gerbert Rambaud, Editions du Rocher, 2017.
  57. Marseille-Fos et Le Grand Delta, Collection Marine, Adolphe Auguste Marie Lepotier, Éditions France-Empire, 1976.
  58. Le douloureux passé de la Méditerranée: Histoire, Chantal Grand, BoD - Books on Demand, 2016.
  59. Marseille-Fos et Le Grand Delta, Collection Marine, Adolphe Auguste Marie Lepotier, Éditions France-Empire, 1976.
  60. Les féodalités, Histoire générale systèmes politiques, Jean-Pierre Poly, Éric Bournazel, Presses Universitaires de France, 1998.
  61. Le France: histoire et géographie économiques; études ..., Volume 1 de Le France: histoire et géographie économiques; études. Les frontières méridionales, Maurice Vitrac, Direction et administration, 1912.
  62. La France et l'islam au fil de l'histoire: Quinze siècles de relations tumultueuses, Gerbert Rambaud, Editions du Rocher, 2017.
  63. La France et l'islam au fil de l'histoire: Quinze siècles de relations tumultueuses, Gerbert Rambaud, Editions du Rocher, 2017.
  64. La France et l'islam au fil de l'histoire: Quinze siècles de relations tumultueuses, Gerbert Rambaud, Editions du Rocher, 2017.
  65. Musulmans et Sarrasins, Philippe Sénac, Paris, 1980, 146 p., p.85.
  66. Le royaume de Bourgogne, 888-1038: étude sur les origines du royaume d'Arles, Partie 163 de Bibliothèque de l'École des hautes études: Sciences historiques et philologiques, René Poupardin, Slatkine Reprints, 1974.
  67. Bulletin de l'Académie du Var, 1979.
  68. 2 Présence des sarrasins en France avant et après la Bataille de Poitiers
  69. Les lointaines origines de la la ville de Cannes, Annales de la SSLC, Numéro 41 ; Numéro 46 de Annales de la Société Scientifique et Littéraire de Cannes et de l'arrondissement de Grasse, Pierre Cosson, Serre, 2000.
  70. Jean Gallian.)
  71. 2 Présence des sarrasins en France avant et après la Bataille de Poitiers
  72. Bulletin de l'Académie du Var, 1979.
  73. Bulletin de l'Académie du Var, 1979.
  74. Les lointaines origines de la la ville de Cannes, Annales de la SSLC, Numéro 41 ; Numéro 46 de Annales de la Société Scientifique et Littéraire de Cannes et de l'arrondissement de Grasse, Pierre Cosson, Serre, 2000.
  75. PROVENCE - KINGS, COUNTS
  76. Les lointaines origines de la la ville de Cannes, Numéro 46 de Annales de la Société Scientifique et Littéraire de Cannes et de l'arrondissement de Grasse, Pierre Cosson, Éditeur Serre, 2000.
  77. La Provence Pour les Nuls, Pour les Nuls Culture Générale, Jean-Michel TURC, Remi VENTURE, Philippe BLANCHET, edi8, 2012. p. 331.
  78. La Provence Pour les Nuls, Pour les Nuls Culture Générale, Jean-Michel TURC, Remi VENTURE, Philippe BLANCHET, edi8, 2012. p. 331.
  79. PROVENCE - KINGS, COUNTS
  80. PROVENCE - KINGS, COUNTS
  81. Fabuleuses Provence et Côte d'Azur, Ulysse, 2017.
  82. PROVENCE - Comprendre la Provence Provence pratique, Pick'n Mix Région, Jean-Bernard CARILLET, Isabelle ROS, Elodie ROTHAN, Place Des Editeurs, 2011.
  83. Les Origines de l'économie occidentale, IVe-XIe siècle, Robert Latouche, Albin Michel, 2014.
  84. Le douloureux passé de la Méditerranée: Histoire, Chantal Grand, BoD - Books on Demand, 2016.
  85. Provence et piraterie sarrasine, Volume 1 de Collection Islam et Occident, Philippe Sénac, Éditeur Maisonneuve et Larose, 1982.
  86. Le Valgaudemar: nature, histoire, légendes, Gabrielle Sentis, G. Sentis 1977.
  87. Les lointaines origines de la la ville de Cannes, Annales de la SSLC, Numéro 41 ; Numéro 46 de Annales de la Société Scientifique et Littéraire de Cannes et de l'arrondissement de Grasse, Pierre Cosson, Serre, 2000.
  88. Le douloureux passé de la Méditerranée: Histoire, Chantal Grand, BoD - Books on Demand, 2016.
  89. Chronologie illustrée de l'histoire du Comté de Nice, Volume 2 de Encyclopaedia Niciensis, ISSN 1631-6525. Michel Bourrier, Gérard Colletta, Éditeur Serre, 2000.
  90. Les églises de Sisteron et de Forcalquier du XIe siècle à la Révolution: le problème de la "concathédralité.", Essais et travaux de l'Université de Grenoble. Volume 4 de Essais et travaux; collection publiée par la Faculté de droit..., Noël Didier. Dalloz, 1954.
  91. Les Grandes heures du Comté de Provence et le château de Grimaud: 972-1482, Antoinette Demuth, Éd. Édisud, 2000.
  92. Perpignan - Saint-Gilles, 1953-1954, Volumes 27 à 28 de Congrès, Fédération historique du Languedoc méditerranéen et du Roussillon, La Fédération, 1956.
  93. L'Eglise et les ordres religieux: dans le royaume de Bourgogne aux XIe et XIIe siècles, Volume 4 de Collection des cahiers d'histoire, publiées par les universités de Clermont, Lyon, Grenoble, Bernard Bligny, Impr. Allier, 1960.
  94. La Nuit des temps, Volume 54, Jacques Thirion, Éditeur Zodiaque, 1980.
  95. Annales: Section lettres-droit, Volumes 11 à 14, Université de Grenoble 1937.
  96. Les lointaines origines de la la ville de Cannes, Annales de la SSLC, Numéro 41 ; Numéro 46 de Annales de la Société Scientifique et Littéraire de Cannes et de l'arrondissement de Grasse, Pierre Cosson, Serre, 2000.
  97. Le Diocèse d'Aix-en-Provence, Volume 272 de Bibliographie - pp. 261. Histoire des diocèses de France, ISSN 0336-0539. Jean-Rémy Palanque, Editions Beauchesne, 1975.
  98. PROVENCE - KINGS, COUNTS
  99. La Provence Pour les Nuls, Pour les Nuls Culture Générale, Jean-Michel TURC, Remi VENTURE, Philippe BLANCHET, edi8, 2012. p. 331.
  100. église de Sainte-Croix de Sarrians
  101. église de Sainte-Croix de Sarrians
  102. La Provence Pour les Nuls, Pour les Nuls Culture Générale, Jean-Michel TURC, Remi VENTURE, Philippe BLANCHET, edi8, 2012. p. 331.
  103. Cartulaire & archives de l'ancien diocèse de Carcassonne, t.V, de M. Mahul.
  104. La Provence Pour les Nuls, Pour les Nuls Culture Générale, Jean-Michel TURC, Remi VENTURE, Philippe BLANCHET, edi8, 2012. p. 331.
  105. Adélaïde d’Anjou ou Alix la Blanche (née vers 945, morte en 1026)
  106. Martin Aurell, Jean-Paul Boyer et Noël Coulet, La Provence au Moyen Âge, Aix-en-Provence, Publications de l’Université de Provence, 2005.
  107. La noblesse du Midi carolingien: études sur quelques grandes familles d'Aquitaine et du Languedoc du IXe au XIe siècle, Toulousain, Périgord, Limousin, Poitou, Auvergne, Volume 5 de Occasional publications of the Oxford Unit for Prosopographical Research, Christian Settipani, Occasional Publications UPR, 2004.
  108. La noblesse du Midi carolingien: études sur quelques grandes familles d'Aquitaine et du Languedoc du IXe au XIe siècle, Toulousain, Périgord, Limousin, Poitou, Auvergne, Volume 5 de Occasional publications of the Oxford Unit for Prosopographical Research, Christian Settipani, Occasional Publications UPR, 2004.
  109. La Provence Pour les Nuls, Pour les Nuls Culture Générale, Jean-Michel TURC, Remi VENTURE, Philippe BLANCHET, edi8, 2012. p. 331.
Sauf mention contraire, le contenu de la communauté est disponible sous licence CC-BY-SA .