Wiki Guy de Rambaud
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                                      Gerhard von Malberg

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Caricature grotesque de Gerhard von Malberg par le cinéaste Eisenstein. Malberg est un diplomate très pieux et un troubadour, en rien un guerrier brutal et un tortionnaire[1].

Malberg est très proche des autres Ordres de Chevalerie.

1er concile de Lyon, 17 juillet 1245 ; Innocent IV dépose l’empereur romain-germanique Frédéric II de Hohenstaufen. Malberg est trop proche des Stauffen, ce qui déplaît au Pape et une partie des Chevaliers.

Gerhard von Malberg est né certainement vers 1195, au château de Malberg, et décédé le 26 novembre 1246.


Gerhard von Malberg est d'origines nobles, mais sa filiation officielle est douteuse[2]. Il est veuf très jeune et a deux enfants.

Gerhard von Malberg succède à Konrad von Thüringen, comme sixième Grand Maître de l'Ordre Teutonique.

Du temps de cet ancien seigneur rhénan, l'Ordre connaît deux défaites face à des hordes soit mongoles ou soit russo-mongoles : à Legnica, en 1241, et au lac Peïpous, en 1242. Alors que le sort de l'Ordre et de l'Empire se jouent dans l'est de l'Europe, Malberg se soucie uniquement de la Cilicie et de recevoir des cadeaux du roi d’Arménie. Comme tous les Malberg, qui y sont Templiers, il est fortement lié avec la Terre Sainte. Son choix n'a pas l’appui du pape Innocent IV, car celui-ci accorde à l'Ordre des terres en Prusse, mais aussi de Frédéric II.

Malberg joue un rôle important dans la dispute entre l'empire et la papauté avant le milieu du XIIIe siècle, qui est l'origine de la formation de deux factions rivales dans l'Ordre Teutonique. Pendant son mandat de Grand Maître il est à l'origine de la création d'une règle religieuse pour les Chevaliers qui va être valable jusqu'au XIXe siècle[3].

Malgré ses succès en Orient Malberg est contraint le 7 juillet 1244, pendant la tenue du Chapitre Général à Montfort à démissionner. Peu après le Pape l'autorise à rejoint les Templiers. Il falsifie le sceau du Grand-Maître de l'Ordre Teutonique et contracte d'énormes dettes. Le Pape Innocent IV règle ses 500 marcs d’argent de dettes. Gerhard von Malberg ne reste pas Templier et, contrairement à ses promesses, il contracte de nouvelles dettes aux nom de l'Ordre. Le Pape autorise le nouveau Grand Maître des Chevaliers Teutoniques, Heinrich von Hohenlohe, à punir Gerhard et quelques semaines après on le retrouve mort.

Gerhard von Malberg n'apparaît pas dans les listes des Grands Maîtres de l'Ordre Teutonique, compilés aux XVe et XVIe siècles[4].

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Malberg n'est pas à la bataille du lac Peïpous, en 1242, qui voit l'affrontement de quelques Chevaliers Teutoniques et quelques centaines de fantassins estoniens et danois avec 5.000 Mongols et Russes.

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SA FAMILLE ET SA JEUNESSE[]

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Sa famille[]

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Le château médiéval de Malberg (Eifel).

Gerhard von Malberg (1241 - 1244) Grand Maître de l'Ordre Teutonique.

Officiellement Gerhard von Malberg est le fils d'un Comte, Théodoric von Are, et d’Agnès von Malberg[5]. Selon l'Eifel Zeitung, les relations de parenté jouent certainement un rôle important dans la nomination de Gerhard von Malberg et ses liens avec l'Empereur, car il est fils du comte Theoderic d'Are, d'une branche d'une influente Uradelsgeschlechts de l'Eifel[6]. O. Schreiber le voit fils cadet de Dietrich, margrave de Are (Altenahr) et d'Agnes de Malberg[7].

Selon d'autres sources il est peut-être le fils d'un homme de confiance des seigneurs de Malberg, à Kyllburg dans l'Eifel (de nos jours Bitburg-Prüm). Il est issu d'une famille de vassaux de cette très ancienne Maison rhénane[8].

Par contre, Verein für Luxemburger Geschichte, Literatur und Kunst nous parle d’un Thierri von Ahr et de sa femme, Agnès von Malberg, qui confirment la donation d’un droit d’usage d'un bois, en 1235. Les Ahr-Hochstaden sont une famille bien réelle de la noblesse de Rhénanie et de l’Eifel. Dietrich (Thierri) von Ahr (ca 1170 - après 1235) et Agnès von Malberg font également des donations au Kloster St. Thomas zu Malbergweich, nous dit la Eiflia illustrata oder geographische und historische Beschreibung der Eifel.

Thierri II von Ahr-Hochstaden n'est pas son père. Agnès von Marberg est la fille de Rudolf et de Ida von Manderscheid, selon Allgemeine encyclopädie der wissenschaften und künste in alphabetischer folge von genannten schrifts bearbeitet und herausgegeben, de J. S. Ersch et J. G. Gruber. Mais à Malberg, en 1238, Agnès von Malberg est veuve sans enfant et vend Malberg le château et ses terres à Walram du Luxembourg[9].

Gehrard est certainement un enfant naturel qui prend le nom de Malberg, qui est à la fois celui du château de ses ancêtres maternels. Veuf, il rejoint des membres de cette famille en Terre Sainte qui sont membres de l'Ordre du Temple.

Von Malberg ne devient pas tout de suite moine. Il se marie et a deux fils, Otto et Theodoric. Le nom de sa femme n'est pas connu. Par contre, dès 1248, les deux fils de Gerhard intentent des procès contre l'Ordre Teutonique. On ne connait pas l'origine exacte de ces procès, mais il semble qu'il s'agisse d'une question d'argent[10].

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Sa jeunesse[]

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Malberg est Commandeur de la forteresse de Toron en 1227.

Soldat de plomb russe représentant Gerhard von Malberg.

Malberg part pour la Terre Sainte, où ses compagnons sont chevaliers de l'Ordre des Templiers.

Un tournant dans sa vie semble avoir été causé la mort de sa très jeune épouse vers 1215. Le père de cette famille noble est entré dans l'Ordre Teutonique, qui entre autres choses est associé au vœu de célibat, de chasteté et de pauvreté.

Selon plusieurs articles de Wikipedia - autres que la version francophone - Malberg rejoint l'Ordre Teutonique à Acre, en 1217, et devient Commandeur de la forteresse de Toron en 1227.

Girard de Mauberge est cité en 1239 dans un acte français du Grand Commandeur Lutolf en tant que témoin. Il est ordonné Maréchal des Chevaliers Teutoniques. En tant que Maréchal et Maître gouverneur il représente le Grand Commandeur du Grand Maître[11]. Malberg conclut (probablement vers la fin de l'année 1240) un contrat favorable aux Chevaliers Teutoniques avec les Chevaliers de Saint-Jean. A cette époque, le pape Grégoire IX veut subordonner l'Ordre Teutonique aux Hospitaliers. Ainsi, en plus de sa bonne origine, les relations avec les Hospitaliers ont pu avoir un effet favorable sur la montée de Gerhard von Malberg au sein de l'Ordre Teutonique [12].

Sa situation dans le royaume de Jérusalem et ses liens avec les Malberg Templiers font qu’il entre en conflit avec le Grand Maître Hermann von Salza au cours de la Sixième Croisade. En outre, l'Empereur Frédéric II et Hermann von Salza sont partisans l'expansion de l'Ordre en Prusse, tandis que Malberg veut laisser l’Ordre végéter en Terre Sainte. La mort de Salza est une catastrophe pour l’Ordre.

En 1240, Malberg devient Grand Maréchal de l'Ordre à Acre[13].

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L'Ordre Teutonique au XIIIe siècle.

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GRAND MAÎTRE[]

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Son élection comme Grand Maître de l'Ordre Teutonique a lieu après la mort de Konrad von Thüringen, à la fin de l'année 1241[14]. A cette époque des hordes mongoles venant de Russie avancent en Europe centrale[15]. Gerhard von Malberg succède à Konrad von Thüringen, comme sixième Grand Maître de l'Ordre Teutonique[16].

Au nom de l'empereur Frédéric II, qui règne de 1212 à 1250, qui vient d'être excommunié pour la deuxième fois, Malberg s'efforce, comme ses prédécesseurs, de négocier la paix avec la Curie[17].

Malberg est enregistré comme ayant occupé ce poste en février 1242, lorsqu'il représente Frédéric II à la curie romaine. Frédéric II dépêche le nouveau Grand Maître, l'archevêque de Bari, et le magister Roger Porcastrello pour faire pression sur le conclave papal afin d'élire Otto de Saint-Nicolas comme pape, mais le Pape Célestin IV est choisi à la place[18].

Les Chevaliers Teutoniques vont participer à la bataille de Wahlstatt (Legnica), en 1241.

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LEGNICA (LIEGNITZ) 1241[]

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Bataille de Wahlstatt (Legnica), en 1241[]

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Le Duc Henri II le Pieux. Derrière lui un Maître de l'Ordre Teutonique.

Défense d'une forteresse par les Teutoniques.

Commémoration de la bataille de Wahlstatt (Legnica) en 1241.

Chevaliers Teutoniques partant au combat.

Fin de la bataille de Legnica.

760e anniversaire de la bataille de 1241.

Après la mort de Gengis-Khan, survenue en 1227, ses fils et ses petits-fils s'emparent d'une partie de l'Asie et de l'Europe orientale. En 1240, après avoir ravagé la Pologne, les Mongols paraissaient disposés à se jeter sur la Prusse. Poppo von Osterna veut défendre la Prusse et l'Empire en 1241 et vole au secours des Silésiens. C'est la bataille de Wahlstatt, ou Liegnitz (Legnica), en 1241.

Boleslaw, nominalement principal Duc de Pologne, s'est sauvé en Hongrie. Les Mongols ne trouvent plus rien qui les empêche de dévaster le royaume.

Les Chevaliers Teutoniques, craignant que cet orage ne vienne fondre sur la Prusse, redoublent d'activité pour mettre leurs forteresses en état. Heureusement pour eux, les Mongols prennent la route de l'Empire.

Heinrich, surnommé le Pieux, Duc de Silésie, jugeant qu'il va les avoir sur les bras, ne néglige aucun des préparatifs nécessaires pour pouvoir les repousser. II demande du secours à tous ses voisins. Celui qui de tous le seconde le plus puissamment est Poppo von Osterna, qui accourt avec un grand nombre de chevaliers, et un corps de troupes assez considérable pour former seul une des cinq divisions de l'armée alliée.

C'est le déferlement des Mongols en Pologne, la prise de Cracovie et Wroclaw (Breslau). Les Mongols, trouvant la ville déserte, croient pouvoir emporter le château d'emblée. Repoussés, ils s'avancent à marche forcée sur Liegnitz, où le Duc Henri les attend. Ce prince partage son armée en cinq corps.

Heinrich, surnommé le Pieux, Duc de Silésie, donne à Boleslas, un de ses parents, le commandement du premier, qui est composé de croisés venus des différentes contrées de l'Europe. Il les fait soutenir par les ouvriers des mines, troupe brave et dévouée.

Sulislaw, fils du palatin Vladimir, commande les troupes polonaises formant le second corps.

Le troisième corps est composé de soldats silésiens.

Le quatrième, les Chevaliers Teutoniques, est sous les ordres de Poppo von Osterna.

Henri garde pour lui le cinquième corps, composé de gentilshommes polonais et silésiens.

Les Mongols partagent aussi leur armée en cinq colonnes. Autour de Liegnitz s'étend, le long de la Nissa, une vaste plaine que l'on appelle en polonais Dobze Pôle (le bon champ). C'est là que les deux armées se rangent en bataille. Les croisés et les ouvriers des mines se jettent avec fureur sur les Mongols, qui, ayant fait semblant de fuir, les entourent et en font un grand carnage. Il n'en échappe qu'un très petit nombre.

Les deux autres divisions, que Henri fait avancer, ont d'abord des succès. Les Mongols sont en déroute, lorsque l'un d'eux, Russe renégat, allant devant les rangs des Polonais et des Silésiens, se met à crier d'une voix retentissante : Biegayçie, biegayeiel ! (Fuyez, fuyez !) Les troupes, croyant légèrement que ces paroles viennent d'un de leurs chefs, se retirent en désordre. Le duc Henri, voyant ce mouvement rétrograde, dit à ceux qui l'entourent: Gorzcy sie stalo ! (Que cela va mal !)

Cependant, après avoir exhorté les braves qu'il commande, il se jette sur les trois divisions des Mongols qu'il a devant lui. Baydar, un des chefs ennemis, accourant avec ses réserves, Henri l'arrête, et les Mongols sont de nouveau mis en fuite.

Mais la partie n'est pas égale quant au nombre. Un fort contingent de Chevaliers Teutoniques est anéanti[19].

Dans les autres corps on commence à plier. Ceux qui accompagnent le duc Henri le conjurent de se conserver pour des temps plus heureux. Se souvenant que le sang des rois Boleslas coule dans ses veines, il repousse avec mépris ces conseils pusillanimes. Bientôt il ne voit plus autour de lui que quatre de ses braves, à la tête desquels il répand encore l'effroi parmi les barbares. Son cheval épuisé tombe sous lui. On se hâte de lui en donner un autre. Entouré de tous côtés, il lève le sabre pour frapper un Mongol, lorsqu'un d'eux le prend au défaut de la cuirasse et lui enfonce sa lance sous le bras, dans le côté droit. Les Mongols, jetant des cris féroces, emportent son corps derrière leurs lignes. Après lui avoir coupé la tête, ils se partagent son armure et ses vêtements.

Cette bataille de Liegnitz, le 15 avril 1241, cause des pertes si grandes que, les barbares ayant coupé une oreille à chaque mort, neuf sacs s'en trouvent remplis. Ils portent en triomphe la tête du Duc autour du château de Breslau, espérant pousser la garnison à se rendre.

La bataille de Liegnitz montre aux barbares que les chevaliers et les Polonais sont un ennemi redoutable et l'Europe est sauvée. Les Chevaliers Teutoniques ne sont pas morts pour rien.

Poppo von Osterna ne meurt pas lors de cette bataille, puisqu'il est élu Grand Maître de l'Ordre en 1252 et finit ses jours à la Kommende (Commanderie) de Ratisbonne. Il est décédé en 1267 et pas 1241.

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Bataille de Liegnitz.

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BATAILLE DU LAC PEÏPOUS (AVRIL 1242)[]

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Le 750e anniversaire de la bataille sur la glace du lac Peïpous.

Lors de la bataille sur les glaces du lac Peïpous, en avril 1242, quelques chevaliers de l'Ordre Teutonique âgés, installés en Estonie depuis 1237, sont battus par Alexandre Nevski, un fidèle vassal des Tatars[20]. Parler de Russie chrétienne en 1242 c'est nier la réalité. Toutes les villes de la Rus', sauf Novgorod, sont ruinées par l'invasion de la Horde d'or (Kiev, Vladimir, Souzdal, Riazan, Kolomna) et la moitié de la population a péri. Gerhard von Malberg ne commande pas les quelques Chevaliers Teutoniques qui y combattent c'est le Prince-évêque Hermann de Dorpa.

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Les causes de la bataille[]

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Maître des Chevaliers Teutoniques et un chevalier de l'Ordre des porte-glaives (Braun & Schneider, Histoire du costume).

Novgorod à cette époque.

Avec le soutien du Pape et de l'Empereur du Saint-Empire romain Germanique, les Chevaliers Teutoniques tentent d'étendre leur domination, vers l'est. A cette époque, à l'invasion mongole de la Rus' de Kiev succède l'invasion mongole de l'Europe. L'objectif des Chevaliers Teutoniques, après la bataille de Legnica (1241), c'est Novgorod et bien d'autres territoires russes, de religion orthodoxe, mais à l'époque vassaux des Mongols de la Horde d'or.

Ils mènent leur croisade nordique avec l'appui des Chevaliers Porte-Glaive (Fratres miliciae Christi de Livonia, Ritterschaft Christi von Livland) qui viennent d'intégrer l'Ordre Teutonique pour ne pas disparaître Les Chevaliers Porte-Glaive, après des succès durant les premières décennies du XIIIe siècle, sont vaincus sous leur second Grand Maître, Foulques Schenk von Winterfeld, en 1236, durant la bataille de Schaulen contre les Samogitiens, un sous-groupe des Lituaniens. Hermann von Salza parvient à obtenir le rattachement des Chevaliers Porte-Glaive, survivants à son Ordre l'année suivante. Les fantassins estoniens ne sont pas des mercenaires, mais des Baltes convertis ayant reçu l'onction papiste pour mener croisade contre les Ru's slavo-orthodoxes.

Des Danois qui viennent de s'implanter en Estonie combattent aux côtés de Chevaliers.

La principauté de Novgorod, à l'image des dernières principautés Ru's , est prise entre deux feux, les Chevaliers Teutoniques et l'Occident latinisé et la Horde d'or. Face à ces deux menaces Alexandre choisit de devenir un fidèle vassal des Mongols[21], afin de mieux se retourner vers les Occidentaux qui - il ne faut pas l'oublier l'attaquent : les Suédois à la bataille de la Neva - qui lui vaudra son surnom - puis les Germano-Estoniens à la bataille du lac Peïpous.

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Les forces en présence : mythe et réalité[]

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La conquête de Pskov par les Chevaliers Teutoniques vue par la propagande stalinienne.

L'armée d'Alexandre quittant Novgorod.

Les deux armées se rencontrent, le 5 avril 1242, au lieu-dit La pierre du corbeau, sur la glace du lac Peïpous, près de Pskov[22].

Alexandre réussit à choisir l'endroit pour la bataille de son choix. Il se retire pour tenter d'attirer les Croisés, souvent trop confiants, sur le lac gelé. Les estimations sur le nombre de troupes dans les armées opposées varient considérablement parmi les chercheurs. Selon la propagande russe, puis soviétique : les croises comptent environ 2.600 hommes, dont 800 chevaliers danois et allemands, 100 chevaliers teutoniques, 300 Danois, 400 Allemands et 1.000 fantassins estoniens. Les Russes ont environ 5.000 hommes [23].

L'historien John Lister Illingworth Fennell (1918 - 1992), spécialiste de l'histoire russe médiévale, enseignant à Cambridge, et à Oxford, la bataille n'est pas aussi importante que comme cela a souvent été dépeint. Fennell sait que la plupart des Chevaliers Teutoniques sont alors engagés en Prusse ou en Terre Sainte. Le faible nombre des victimes parmi les chevaliers, selon leurs propres sources[24], est révélateur de la faible ampleur de la rencontre. Il mentionne également le fait que ni la chronique suzdalienne et les textes sources suédois de cette époque ne mentionnent quoi que ce soit sur cette bataille. Car, selon lui, la grande bataille d'Eisenstein et Staline n'est guère que l'un des nombreux affrontements périodiques sur cette frontière du monde germanique et du monde slave[25].

Lors de la bataille des glaces, on constate que les armées d'Alexandre Nevski ne sont pas que russes orthodoxes. Elles sont multi-ethniques et multi-confessionnelles. D'une part il y a les milices communales, les levées paysannes et la druzhina du kniaz (garde du Prince). Elles sont constituées aussi des Finno-Slaves Orthodoxes de la région de Novgorod. Viennent ensuite les levées tribales auprès de ceux qui vont les petits peuples de la Fédération de Russie : Ves, Korels, Caréliens mais aussi des peuples finno-ougriens recrutés sur les bords de l’Océan Arctique : Khantys, Mantsis, Zyrienes (Komis) majoritairement de traditions chamaniques. A toute cette armée viennent s'ajouter des Peuples des steppes, chassés par les armées Mongoles : Turco-Mongols, Khantz, Türks Kipchaks. L'archerie Turco-Mongole, ou Mongole selon certaines sources, est très nombreuse lors de cette bataille. C'est elle qui porte l'estocade décisive sur le flanc gauche de l'Armée Croisée.

Ce sont bien deux mondes qui s'affrontent sur le lac Peïpous : l'Occident Germano-Papiste et les restes de la Russie, les principautés vassales des Mongols[26].

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La bataille[]

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Cette bataille est juste l'un des nombreux affrontements périodiques sur cette frontière, mais - à la différence des autres - il a des conséquences importantes.

La légende de la glace qui se brise date de 1938. Aucun historien universitaire n'en parle[27].

Les chevaliers et les croisés chargent sur le lac et atteignent l'ennemi, l'infanterie de la milice de Novgorod, positionné sur la rive du lac. Les Russes et leurs Mongols combattent donc d'une berge les troupes teutoniques et croisées qui sont bien moins nombreuses et sur la surface gelée du lac. Après un peu plus de deux heures de combat rapproché, Alexandre ordonne aux ailes gauche et droite de son armée (y compris la cavalerie) d'entrer dans la bataille. Les survivants des troupes teutoniques et croisées à ce stade de la bataille sont épuisées par la lutte constante sur la surface glissante du lac gelé. Les croisés commencent à reculer, et l'apparition de la cavalerie fraîche de Novgorod les fait reculer encore plus vite.

Les historiens crédules croient généralement à la noyade dans les eaux glacées apparue en premier dans le film Alexandre Nevsky, de Sergei Eisenstein :

Les chevaliers et les croisés ont tenté de se rallier et de se regrouper à l'autre bout du lac. La glace mince a commencé à s'effondrer sous le poids de leur armure lourde, et de nombreux chevaliers et croisés se sont noyés.

Mais? Donald Ostrowski dans Alexander Nevskii’s Battle on the Ice parle de la création d'une légende bien éloignée de la réalité. Il cite un grand nombre de grands historiens qui ont écrit sur la bataille, Karamzin, Solovev, Petrushevskii, Khitrov, Platonov, Grekov, Vernadsky, Razin, Myakotin, Pashuto, Fennell et Kirpichnikov, dont aucun ne mentionne la noyade suite à la glace qui se brise[28].

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Les pertes humaines lors de cette bataille[]

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La fin de cette bataille.

Selon la Première Chronique de Novgorod :

Le prince Alexandre et tous les hommes de Novgorod se rassemblèrent au lac, à Uzmen, près du rocher du Corbeau; et les Allemands et les Estoniens avançaient vers eux, se conduisant comme un coin à travers leur armée. Et il y a eu un grand massacre d'Allemands et d'Estoniens ... ils se sont battus avec eux pendant la poursuite sur la glace à sept verstes de la côte du Subol [nord-ouest]. Et il y eut un nombre incalculable d'Estoniens et 400 d'Allemands tués, et ils en firent prisonniers cinquante et ils les emmenèrent à Novgorod[29].

Selon Livonian Order's Livonian Rhymed Chronicle :

Les [Russes] avaient beaucoup d'archers, et la bataille a commencé avec leur assaut audacieux VERS les hommes du roi [Danois]. Les bannières des frères volaient bientôt au milieu des archers, et on entendait les épées couper les casques. Beaucoup des deux côtés sont tombés morts sur l'herbe. Alors l'armée des Frères était complètement encerclée, car les Russes avaient tellement de troupes qu'il y avait facilement soixante hommes pour chaque chevalier allemand. Les Frères se sont bien battus, mais ils ont quand même été battus. Certains comme ceux de Dorpat ont échappé à la bataille, et c'est leur salut qu'ils ont fui. Vingt frères sont morts et six ont été capturés[30].

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Les conséquences de cette bataille[]

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Les Teutoniques conservent Dorpat, malgré les attaques des descendants d'Alexandre Nevski.

Carte de l'état monastique des Chevaliers Teutoniques.

La bataille du lac Peïpous, à travers l'œuvre puissante et magnifique (Alexandre Nevski) d'Eisenstein et de Prokofiev et l'instrumentalisation que le régime communiste fait de l'épisode, finit, au XXe siècle, par incarner le point d'orgue médiéval de la lutte séculaire entre Slaves et Allemands. Son importance est effectivement grande, dans la mesure où l'échec des Allemands met un frein à leur expansion et que s'établit la frontière occidentale de la Russie pour longtemps[31]. Comme l'écrit Sylvain Gougenheim : L'expansion de l'Ordre reste bloquée sur les frontières du monde orthodoxe.

Seule Dorpat reste aux mains des Teutoniques. Les Chevaliers Porte-Glaive restent sous la dépendance des Chevaliers Teutoniques jusqu'en 1525, époque à laquelle Walter von Plettenberg rachète à Albert de Brandebourg le duché de Livonie et reconstitue l'ordre.

Avec l'invasion par les Mongols, le centre de gravité de la Russie se déplace définitivement de Kiev vers le nord, d'abord à Vladimir-Souzdal. Sous les successeurs d'Alexandre Nevski la capitale est transférée peu à peu de Vladimir à Moscou[32].

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Timbre russe rendant hommage au prince Alexandre Nevski. La bataille du lac Peïpous (1242) marque une limite à l'expansion germanique à l'est.

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SA FIN DE VIE[]

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Des rapports difficiles avec le Pape[]

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Le pape Innocent IV excommuniant l'empereur romain germanique Frédéric II.

Au cours de l'année 1243, Malberg semble avoir été un proche de Frédéric II et son fils Conrad IV dans leur conflit avec le nouveau Pape Innocent IV. Il est à nouveau envoyé par Frederic comme ambassadeur chez le Pape pour négocier une réconciliation en juin 1243[33].

Le Pape Innocent IV (pontificat 1243 - 1254) donne à Gerhard un anneau apostolique, représentant la Prusse comme fief papal des Chevaliers Teutoniques en échange d'un hommage annuel de l'Ordre[34].

Cette Investiture avec l'Anneau par Innocent IV (pontificat 1243 - 1254) en 1243 témoigne de la bonne relation à cette époque avec les deux pouvoirs[35].

Sa politique est celle de son prédécesseur Konrad von Thüringen. Il recherche la réconciliation entre l'Empereur et la papauté[36].

Comme Grand Maître de Malberg obtenu en 1244 le privilège papal de changer la règle de l'Ordre Teutonique ce qui lui permet finalement d'avoir une règle indépendante, ce qui depuis le Quatrième Conseil du Latran, en 1215, n'est pas possible. C'est sur ce privilège que tous les changements de la Règle de l'Ordre sont basés jusqu'au milieu du XIXe siècle[37].

Un peu plus tard, Gerhard est contraint d'abdiquer.

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Sa démission (7 juillet 1244)[]

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Son successeur, Heinrich von Hohenlohe († 1249).

Malgré ses succès en Orient, Malberg est contraint, le 7 juillet 1244, pendant la tenue du Chapitre Général l'Ordre Teutonique, à Montfort, près de Saint-Jean d'Acre, de démissionner. Dès la fin du mois de juillet 1244, son successeur Heinrich von Hohenlohe (1244 - 1249) est cité[38].

Les raisons ne sont pas claires. Ses ennemis parlent d'une gestion monétaire égoïste et imprudente[39], paraît-il, car quelques années plus tard tous les documents le concernant sont détruits[40]. Il ne reste plus que les caricatures de l'Eglise et celles plus tardives et fausses d'Eisenstein, mensonges infondés que quelques historiens commencent seulement à démentir.

La raison c'est certainement les disputes au sein de l'Ordre entre les partisans de l'Empereur et ceux du Pape, qui vont diviser l'Ordre jusqu'à la double élection dans le Bureau du Grand Maître en 1249. Gerhard n'accepte pas sonl licenciement, mais continue à agir en tant que Grand Maître et contracte de nouvelles obligations avec un titre nouvellement signé par le Pape Innocent IV[41]. Au niveau de la rumeur on raconte qu'il falsifie le sceau du Grand-Maître de l'Ordre Teutonique et contracte d'énormes dettes et que le gentil Pape Innocent IV règle ses 500 marcs d’argent de dettes.

Peu après Gerhard von Malberg et son entourage sont invités à quitter l'Ordre Teutonique. Il rejoignent les Templiers. Malberg mène une vie de troubadour, ce qui correspond plus à son caractère naturel.

Plus sérieusement, Gerhard von Malberg essaie de régler le conflit entre les Templiers et Hospitaliers. Il joue aussi un rôle de médiateur auprès des chevaliers teutoniques. Mais ses sympathies vont sans ambiguïté désormais du côté des Templiers, ce qui contribue de manière significative à son isolement au sein de son Ordre.

Gerhard von Malberg ne reste pas Templier et la légende raconte qu'il contracte de nouvelles dettes aux nom de l'Ordre. Un peu plus tard, il y a de nouveaux problèmes, de sorte que le pape, en 1245, donne la permission pour la destitution finale de Gerhard, pour désobéissance. En réalité les disputes au sein de la direction politique de l'Ordre s'enveniment du fait l'escalade du conflit entre les deux plus hautes puissances du christianisme[42].

Pour les dirigeants trop anti-Staufer de l'Ordre Teutonique Malberg est un ennemi de la politique du Pape, ce qui est la raison réelle pour laquelle ils le virent. Ils prétextent une mauvaise administration et des dettes[43].

Frédéric II oblige Innocent IV à fuir de Rome. L'année d'avant Jérusalem est perdue pour toujours. L'Ordre est inévitablement entraîné dans cette escalade. Déjà Hermann von Salza (1209 - 1239) a ressenti ce problème dans son Ordre, mais il meurt en 1239, ce qui explique pourquoi il n'a pas expérimenté la scission dans l'Ordre plus intense. Malberg ne peut pas l'arrêter. Ajouté à cela, l'effondrement de la position religieuse en Livonie après par la bataille perdue contre Alexandre Nevski (1220 - 1263) et les Mongols en 1242 et le soulèvement contre l'Ordre en Prusse, ce qui cause la perte presque totale de toutes les conquêtes de l'Ordre. En conséquence, le renvoi de Malberg est le résultat d'intrigues et erreurs dans lesquelles l'Ordre est inévitablement impliqué[44].


Le Pape autorise le nouveau Grand Maître des Teutoniques, Heinrich von Hohenlohe, à punir Gerhard von Malberg, donc quelques semaines après on le retrouve mort.


Heinrich von Hohenlohe lui succède comme sixième Grand Maître de l'Ordre Teutonique.

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Parmi les blasons des premiers Grands Maîtres de l'Ordre, dans Siebmachers Wappenbuch, celui de Gerhard von Malberg est absent.

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NOTES ET RÉFÉRENCE[]

  1. Gerhard von Malberg, Journal de l'Eifel
  2. Gerhard von Malberg
  3. Gerhard von Malberg
  4. [1]
  5. The Teutonic Knights in the Holy Land, 1190-1291, Nicholas Edward Morton, Boydell Press, 2009.
  6. Gerhard von Malberg, Journal de l'Eifel
  7. O. Schreiber, Die Personal-und Amtsdaten der Hochmeister des Deutschen Ritterordens, Oberländische Geschichtsblätter 15, 1913.
  8. Gerhard von Malberg
  9. Malberger Schloßbote
  10. Gerhard von Malberg
  11. Gerhard von Malberg
  12. O. Schreiber, Die Personal- und Amtsdaten der Hochmeister des Deutschen Ritterordens, Oberländische Geschichtsblätter 15, 1913.
  13. The Teutonic Knights in the Holy Land, 1190-1291, Nicholas Edward Morton, Boydell Press, 2009.
  14. [Forstreuter, Kurt, Gerhard von Malberg, New German Biography 6 (1964), p.269]
  15. Gerhard von Malberg, Journal de l'Eifel
  16. The Teutonic Knights in the Holy Land, 1190-1291, Nicholas Edward Morton, Boydell Press, 2009.
  17. Gerhard von Malberg
  18. O. Schreiber, Die Personal-und Amtsdaten der Hochmeister des Deutschen Ritterordens, Oberländische Geschichtsblätter 15, 1913.
  19. De Königsberg à Kaliningrad: L'Europe face à un nouveau "Département d'Outre-terre" russe sur la Baltique - MARE BALTICUM, Viviane Du Castel, L'Harmattan, 2008.
  20. De Königsberg à Kaliningrad: L'Europe face à un nouveau "Département d'Outre-terre" russe sur la Baltique - MARE BALTICUM, Viviane Du Castel, L'Harmattan, 2008.
  21. De Königsberg à Kaliningrad: L'Europe face à un nouveau "Département d'Outre-terre" russe sur la Baltique - MARE BALTICUM, Viviane Du Castel, L'Harmattan, 2008.
  22. Christiansen, Eric. The Northern Crusades. Penguin Books. London, 1997. ISBN 0-14-026653-4.
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  24. Urban, William, The Teutonic Knights: A Military History. Greenhill Books. London, 2003. ISBN 1-85367-535-0.
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  26. De Königsberg à Kaliningrad: L'Europe face à un nouveau "Département d'Outre-terre" russe sur la Baltique - MARE BALTICUM, Viviane Du Castel, L'Harmattan, 2008.
  27. Donald Ostrowski, Alexander Nevskii’s Battle on the Ice: The Creation of a Legend, Russian History/Histoire Russe, 33 (2006): 289–312.
  28. Donald Ostrowski, Alexander Nevskii’s Battle on the Ice: The Creation of a Legend, Russian History/Histoire Russe, 33 (2006): 289–312.
  29. Christiansen, Eric. The Northern Crusades. Penguin Books. London, 1997. ISBN 0-14-026653-4.
  30. Urban, William, The Teutonic Knights: A Military History. Greenhill Books. London, 2003. ISBN 1-85367-535-0.
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  32. Droit russe des affaires, Natalia Gaidaenko Schaer, Markus Schaer, Éditions Larcier, 2018.
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  34. O. Schreiber, Die Personal-und Amtsdaten der Hochmeister des Deutschen Ritterordens, Oberländische Geschichtsblätter 15, 1913.
  35. Gerhard von Malberg
  36. Forstreuter, Kurt, Gerhard von Malberg, New German Biography 6 (1964), p.269
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  38. Gerhard von Malberg
  39. Forstreuter, Kurt, Gerhard von Malberg, New German Biography 6 (1964), p.269
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  41. Gerhard von Malberg
  42. Gerhard von Malberg
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