Wiki Guy de Rambaud
Advertisement

.

.

.

.

.

               François Cabarrus ou Francisco de Cabarrús

.

.

.

.

.

Francisco Cabarrús peint par son ami et client Goya.

Le palais de Quinta de Miranda est remanié vers 1780 par Francisco Cabarrús. Il est racheté aux Cabarrus, à la fin du XVIIIe siècle, par les Zapata. Le père d'Eugénie de Montijo en hérite. Sa soeur est mariée avec le petit-fils de Cabarrus.

La fille de Francisco Cabarrús est plus connue du grand public que lui.

Le ministre des finances Musquez. Son décès en 1785 et la mort de Carlos, en 1788, font que cette période est un tournant dans la vie de Cabarrus[1].

François Cabarrus ou Francisco Cabarrús, comte de Cabarrús et vicomte de Rabouillet, est né à Bayonne le 15 octobre 1752, mort à Séville le 17 août 1810. Son corps est déposé au Panthéon de Séville, sur ordre du Roi[2].


Descendant d’une famille de négociants avec l’outre-mer et de marins du Pays basque, anoblie en 1789, Cabarrus est envoyé à Saragosse en 1771, fort du soutien de la loge maçonnique à laquelle appartient son père[3]. Il est formé au commerce en Espagne, chez son futur beau-père, Dominique Antoine Galabert, à Valence. Il dirige un temps la savonnerie de l’aïeul de sa femme, à Carabanchel (1772 - 1779), mais il crée successivement ses propres maisons[4].

Cabarrús est membre de la Grande Loge Indépendante d'Espagne. Il devient vite un financier et économiste célèbre. Le ministre des finances Musquez le remarque, et le consulte sur les moyens de rétablir le crédit de l'état, extrêmement obéré alors par la guerre de l'indépendance des Américains et la privation des ressources du Mexique. Cabarrus est le principal conseiller du roi Charles III d'Espagne pour les questions économiques, selon Richard Herr et il sait employer l'or et l'argent des Amériques[5]. Il est le fondateur de la banque San Carlos, ancêtre de la banque centrale espagnole. François Cabarrus prête au Roi d’Espagne et réussit à créer le premier papier-monnaie. Il contribue à la création de la Compagnie des Philippines (1785). Un îlot des Philippines est baptisé Cabarrús.

Naturalisé espagnol (1781), Cabarrús est accusé par Mirabeau d’agiotage et dénoncé à l'Inquisition, puis arrêté (juin 1790) et incarcéré à La Corogne (24 septembre 1790), en grande partie du fait de ses origines françaises. Les ilustrados (hommes des lumières) sont écartés des postes de responsabilité, voire emprisonnés ou se renient. Il n’est libéré que grâce à Godoy, en 1792. Il est Ministre plénipotentiaire, en 1797, au Congrès de Rastatt, Ministre des Finances du Roi Fernando VII. Cabarrús est fait comte, Grand d’Espagne, vizconde de Rambouillet et Gentilhomme de la Chambre par le roi d’Espagne Carlos IV.

Joseph Bonaparte, devenu Roi d'Espagne (1808), en fait son ministre des finances, fonction qu’il occupe jusqu'à sa mort[6]. Il est Ambassadeur du Roi d’Espagne en France, ministre à La Haye.

Cabarrús tient une place au premier rang parmi les Espagnols du siècle des Lumières, du fait de son caractère volontaire, de ses immenses capacités de travail, de la variété de ses centres d’intérêts intellectuels, de sa volonté de changer la société, et pour ses écrits[7]. Jean Sarrailh le cite parmi les hommes illustres espagnols de cette fin de XVIIIe siècle avec les conseillers du roi : Campomanes, Floridablanca et Aranda ; les écrivains : Cadalso, Meléndez Valdés, Jovellanos ; les savants comme Cavanilles ; et les économistes comme Capmany, Asso et Olavide[8].

Francisco de Cabarrús est ministre des finances de Carlos IV, Ferdinand VII, Murat et Joseph Bonaparte.

François Cabarrus laisse aux Espagnols le souvenir d'un homme avec beaucoup d'esprit, doué pour les affaires et travailleur infatigable. Cependant ils lui reprochent de n'avoir pas le jugement solide ni le caractère nécessaire pour mener les affaires dans des conjonctures difficiles.

Connaissant bien les finances d'Espagne qu'il aurait probablement conduites avec habileté sous l'ancienne monarchie, il est incapable de les faire marcher dans le bouleversement qui suivait la conquête. Il ne sait pas se dégager des liens de l'ancienne routine dans laquelle il s’est élevé, et n'a étudié, ni apprécié le système de la France qu'on veut et qu'on introduit en Espagne. C'est particulièrement à ce défaut qu'il faut attribuer les erreurs dans lesquelles il tombe depuis le moment de son entrée au ministère[9].

En raison de son soutien à Joseph Bonaparte, juste avant son décès, François Cabarrus est considéré comme un afrancesado. On prétend que ses restes sont enlevés de sa tombe dans la cathédrale de Séville et jetés dans le Guadalquivir. D’après le comte de Melito, en réalité son corps est déposé dans l'église de Sainte-Marie.

Gaspar Melchor de Jovellanos écrit :

C'est un homme exceptionnel, chez lui les talents rivalisent avec les faiblesses et les qualités les plus nobles avec les vices les plus extraordinaires.

Jean Sarrailh, le grand hispaniste, le décrit comme le meilleur économiste de son temps et un Rousseau espagnol[10][11].

Pour Pedro Tedde de Lorca, le personnage illustre une position intermédiaire entre le monde financier ancien et le capitalisme moderne naissant[12].

Ses Cartas sobre la felicilad publica, adressées à Jovellanos, sont publiées après sa mort (1813) et plusieurs fois réimprimées. Mais François de Cabarrús (1752 - 1810) écrit aussi à Jovellanos d'autres lettres. Ses autres Cartas sont éditées et réédités de nos jours.

.

.

.

.

.

Francisco Cabarrús sur un billet.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

SA FAMILLE[]

.


Ses ancêtres[]

.

Blason des Cabarrus.

Un capitaine de navire nommé Gabarrus (prononciation de Cabarrus en basque), Algydisa Gaberutz, découvre vers 1392, Cap Breton au Canada. Sur la gravure la baie Cabarrus au Canada.

Jehan Cabarrus est capitaine chargé d'entraîner les gardes gramontoises (le duc de Gramont au XVIIe siècle.

La famille Cabarrus est originaire de Caparroso, dans la Navarre espagnole[13], et vient, à la fin du XVIe siècle, se fixer à Capbreton, puis à Bordeaux, car les bourgeois de Bayonne ne paient pas de droit sur les marchandises qui entrent dans le port[14]. Le port franc de Bayonne devient l'entrepôt général du commerce entre la France & l'Espagne. Puis la ville connaît un grand déclin économique[15].

Le blason des Cabarrus est : De gueules, au chevron d'or, accompagné. de 2 étoiles d'argent, en chef, et d'une ancre de même en pointe (Navarre, Languedoc, Guyenne, Espagne)[16].


¤ On trouve dans Histoire et navigation à Bordeaux un Algydisa Caberutz (Cabarrus), ancêtre des baleiniers, qui découvre, vers 1392, Cap-Breton au Canada.


¤ Jehan Cabarrus est capitaine chargé d'entraîner les gardes gramontoises casernées au Château-Vieux à Bayonne (réside au lieu-dit Tosse à Bayonne), en 1616. Il est mort à Bayonne en 1618.


¤ Bertrand Cabarrus (ca 1610 - 1673), bourgeois et marchand au Capbreton en 1649, est disparu en mer en 1673[17].


¤ Bertrand II Cabarrus (1638 - 1714) est armateur, capitaine de navire, 1er Jurat de Capbreton (cité dans un combat contre les Hollandais en 1680 sur la frégate L’Amazone qu’il commande), célèbre corsaire[18].


¤ Barthélémy Cabarrus (1681 - 1733) est marchand, bourgeois, armateur, capitaine de navire, commande le Jésus-Marie-Joseph en 1703, puis La Concorde de Bayonne, un navire de traite armé le 14/02/1709, puis le Français en 1713, le Charles (1723), la Vierge de Grâce (dès 1725, 150 tonneaux, 18 hommes d’équipage, pour 1/4 du capital, mais dont il finit en 1733 propriétaire), corsaire du Roi. Une baie et un cap sont baptisés en 1720 du nom de Cabarrus, dans l’Île du Cap-Breton, en Nouvelle-Écosse, au Canada, à l’embouchure du Saint-Laurent (depuis Gabarus). Il se marie le 4 mai 1707 à Bayonne avec Marie de Fourcade (1689 - 1772), dont une des sœurs est l'ancêtre des Lesseps et l'autre de Joseph Dubernad et de ma famille .


Voir article détaillé : Les liens entre les familles Dubernad, Fourcade, Cabarrus, Lesseps...


.

.

.

.

.

Ses parents[]

.

Sa soeur, Catherine Martine, est mariée à un Haraneder de Saint-Jean-de-Luz, propriétaire de la Maison dite de l'Infante.

Son cousin, Mathieu de Lesseps, est diplomate et négociant en Espagne. Au niveau d'Eugénie de Montijo elle est donc parente proche des Cabarrus et des Lesseps.

Son cousin germain Stephen Cabarrus est très célèbre aux USA.

Son père, Dominique-Eugène Cabarrus (1716 - 1799), est écuyer, bourgeois, négociant, banquier, corsaire aux Antilles et en Amérique du Nord, armateur avec son frère (dont traite négrière, dit commerce triangulaire). Il est chevalier (mai 1759), Échevin de Bayonne, Conseil de la Bourse, Président de la Chambre de Commerce. Vice-consul d'Espagne à Bordeaux, il figure comme tel dans l'Almanach Royal de 1766 et qui reçoit des lettres de noblesse et règlement d'armoiries en 1789[19]. Il est négociant, mais le négoce avec l'outre-mer ne déroge point[20][21]. Ce riche négociant et savant est un défenseur de la doctrine des solitaires de Port-Royal. Il est le fondateur de les loges maçonniques La Zélée de Bayonne et Amitié à l'Orient de Bayonne. Pendant la Terreur, il est arrêté comme Girondin et détenu à Tarbes (du 12 octobre 1793 au 04 octobre 1794), et sa famille assignée à résidence.

Dominant le commerce mondial de la laine, mais ne négligeant en rien d’autres opérations, la maison de la famille de sa mère, une Lalanne, est l’une des premières de la ville de Bayonne.


François Cabarrus a un frère et deux sœurs :

¤ Pierre Étienne (1753 - 1819), comte de Cabarrus, banquier à Bordeaux, négociant et consul de la bourse de Bordeaux, Directeur de la Chambre de commerce de Bayonne, Conseiller-Général des Basses-Pyrénées, propriétaire à Capbreton.


¤ Jeanne, dont le fils est le négociant et homme politique français François Faurie.


¤ Catherine Martine, mariée à un Haraneder de Saint-Jean-de-Luz propriétaire de la Maison dite de l'Infante. C'est la demeure d'Anne d'Autriche (1601 - 1666), où l'Infante Marie-Thérèse loge quelques nuits. Le nom initial de la maison est Joanoenia, c'est-à-dire la maison de Jeannot de Haraneder[22], d'une famille d'armateurs enrichis au XVIIe siècle, anoblie au XVIIIe.


Son cousin germain Stephen Cabarrus est très célèbre aux USA. Il est président de la Chambre des communes de Caroline du Nord et administrateur de l'Université de Caroline du Nord.


Les Fourcade, les Dubernad, les Lesseps et les Cabarrus, sans oublier les familles qui leur sont alliées vont tous se retrouver en Espagne à la tête d’importantes sociétés de négoces et diplomates[23][24].

.

.

.

.

.

Sa jeunesse[]

.

Collège des Oratoriens à Condom.

Port de Bayonne en 1760. Joseph Dubernad et son cousin Cabarrus partent très jeunes en Espagne, où les Basques sont déjà nombreux et actifs depuis des siècles.

Valence au XVIIIe siècle est une belle ville.

Maria Antonia Galabert et Casanova (1755 - 1827), Comtesse de Cabarrus.

Son père n’est pas qu’un riche négociant, c’est un savant et un zélé défenseur de la doctrine des solitaires de Port-Royal. Il est le fondateur de la loge maçonnique La Zélée de Bayonne.

Comme tous les membres de sa famille, il apprend à parler le français, le basque et l’espagnol. Dans cette région frontière il est de tradition même parmi les familles pauvres que les tout petits enfants babillent plusieurs langues.

Son père ne néglige rien pour donner une excellente éducation à son fils, qui dès sa plus tendre jeunesse, donne de grandes espérances. Il l'envoie, à l'âge de 11 ans, chez les pères oratoriens, à Condom, comme Bossuet en son temps. C'est un enseignement plus moderne que celui des jésuites[25].

Après s'être distingué dans ses études de la manière la plus brillante, François Cabarrus passe au collège de l’Esquille, à Toulouse, pour y faire son cours de philosophie. Il veut néanmoins conquérir le monde[26].

Dès son retour dans les bureaux de la maison paternelle, il demande, d'un ton décidé, à un vieux teneur de livres, quelle est la fortune de son père. Le commis lui ouvre les registres, et lui dit : cherchez !. Le jeune homme parvient à satisfaire sa curiosité avec l'intelligence d'un comptable déjà exercé.

Son attitude pousse son père à l'envoyer à Saragosse pour mieux parler la langue espagnole et s'y perfectionner dans le commerce. Là bas il devient l'ami de quelques proches de Francisco de Goya[27].

Finalement, il s’installe, en 1770, à Valence, chez Antonio Galabert, un Français, originaire de Montpellier, marié à une Espagnole, correspondant des sociétés des Cabarrus dans cette ville[28].

L’une des filles de ses hôtes, Maria Antonia de Galabert y Casanova (1755 - 1827), tombe amoureuse de lui, ils se marient le 2 octobre 1772, sans l’accord des Galabert et surtout des Cabarrus, à Valence. Dominique, le père de François, lui coupe les vivres.

Le jeune couple s'établit au château de Carabanchel Alto, à côté de Madrid. Là, François Cabarrus reprend la fabrique de savon du grand-père paternel et parrain de sa femme[29].

Gouverneur Morris qui rencontre son épouse, à Paris, en 1785, dit-d'elle :

Elle a une très belle main et de très beaux yeux qui disent de façon très intelligible qu'elle est disposée à écouter chanter leurs louanges.

L'historien Jules Bertaut en fait lui-aussi un portrait peu flatteur :

C’est une étrange créature, toute menue, le regard noir et perçant, le cheveu mousseux et poudré, lançant tout à trac un mot drôle, une réplique amère, vraie petite peste lâchée dans le monde. Enchantée de quitter la maison paternelle où elle s'ennuyait, ce démon femelle répondit avec empressement aux avances de François, lequel la demanda aussitôt en mariage[30].

.

.

.

.

.

Mariage de son cousin avec une fille de marquis[]

.

Sánchez-Pleités, marquis de Sotomayor.

Beatriz est bien la fille de Francisco Sánchez-Pleités.

Le frère de Beatriz Sánchez-Pleités, Juan Pedro Sánchez Pleités.

Selon les Archives départementales du Finistère :

Sauveur Dubernad, futur Consul de Toscane à Morlaix, et Joseph Dubernad, qui va être le premier président du tribunal de commerce, habitent Séville avant de venir se fixer a Morlaix[31].

Sauveur devient un personnage important de Morlaix. Il traduit son prénom Salvat, très basque, en Sauveur et l'orthographe exacte de son nom est souvent du Bernad, comme ses ancêtres de La Plume. Ses entreprises de négoce international sont prospères. Le Grand Duc de Toscane Léopold Ier, frère de Joseph II et de Marie Antoinette, le fait Consul du grand-duché de Toscane[32]. Les consuls de Toscane représentent en 1784 aussi l’Autriche, et les Autrichiens la Toscane.

Salvat du Bernad se marie à Séville avec Beatriz Sánchez-Pleités Hurtado de Mendoza (après 28 nov. 1760 - avant 13 mai 1784) est bien la fille de Francisco Sánchez-Pleités (1729 - 1775). Sánchez-Pleités est né noble, fait marquis de Sotomayor et Maestrante de Sevilla. Les armes de cette maison sont : En campo de oro una espada de plata puesta en banda, punta abajo, engolada en dos cabezas de dragantes de sinople. C'est une famille andalouse d'Osuna (Jaén). Elle prouve sa noblesse dans les ordres de Catratrava (1793) et Carlos III (1795 et 1817)[33]. Les Sánchez-Pleités sont marquis en 1774, avant le mariage avec du Bernad.

Beatriz Sánchez-Pleités Hurtado de Mendoza a comme mère, Manuela Maria Hurtado de Mendoza(1746 - 1819), qui hérite du titre et des biens des Marquis de Villamagna[34].

Beatriz a le même prénom que sa grand-mère paternelle, Beatriz Rosso et Cantalejos[35].

Beatriz a un frère, Juan Pedro Sánchez Pleités Hurtado de Mendoza, IIe marquis de Sotomayor (qui obtient la Grandeza de l'Espagne attachée à ce marquisat de Sotomayor en 1849), XIe Marquis de Villamagna et de Gelo[36], Señor de Bolaños, Maestrante de Sevilla, capitaine de l'armée et sous-lieutenant du régiment d'infanterie de la garde royale...[37]. Il est l'époux de María Josefa Garcia de la Peña y Torres, IIe Marquise de Perijá.

Beatriz Sánchez-Pleités Hurtado de Mendoza doit être née vers 1761 - 1763. Ses parents se marient fin 1760. Elle a une soeur cadette Estefania, son frère Juan Pedro qui naît en 1766, puis Josefa Maria et Hermenegildo[38]. Elle se marie vers 1780 très certainement à Séville, où vit Salvat du Bernad et ses parents.

Beatriz Sánchez-Pleités Hurtado de Mendoza décède le 13 mai 1784 à Séville.

.

.

.

.

.

Vue générale de Caparroso.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

FINANCIER (1773)[]

.


Un conseiller, un ami et un frère[]

.

Le Comte de Floridablanca, premier secrétaire d'État espagnol est l'ami de la famille Dubernad, notamment, Francisco Cabarrús, et est un franc-maçon actif comme eux.

Le Comte Aranda.

Les idées des philosophes des Lumières se retrouvent chez les dirigants économiques et politiques espagnols. François Cabarrús devient leur ami. Il est un grand admirateur des philosophes des Lumières, notamment Rousseau.

Grâce à Pedro Rodríguez de Campomanes, Trésorier de la Castille, il devient un proche du Comte de Floridablanca et de Cean Bermudez, mais aussi l'ami de Gaspar Melchor de Jovellanos. Ils vont lui permettre de devenir un familier de la cour, où les conseillers étrangers sont nombreux et très écoutés. Le roi Charles III est lui-même très favorable aux réformes, qui sont défendues par ce cercle d'hommes politiques, qui compte aussi Aranda, et son protecteur, l'excellent ministre des finances Musquez. Ils veulent moderniser le royaume qui est très arriéré dans bien des domaines, du fait de l'Eglise et des Grands.

Les jésuites sont expulsés en 1767 d'Espagne et de tous les pays qui prennent conscience qu'ils nuisent à l’ordre civil, violent la loi naturelle, détruisent la religion et la moralité, corrompent la jeunesse, comme le déclare le Parlement en France.

Parmi les hommes politiques espagnols, Cabarrús est très écouté car il fait partie, dès 1776, des Sociedades Economicos de Amigos del Pais et de la Sociedad Econòmica Matritense[39].

Bien entendu, comme ses proches, il est membre de la franc-maçonnerie, plus précisément de La Grande Loge indépendante d'Espagne.

Son côté muy español apparaît clairement, même s’il s’excuse presque d’être né à quatre lieues de l’Espagne[40]. En 1781, il se fait naturaliser Espagnol avec toute sa famille.

En 1773. François s'entoure de sa famille, notamment de ses cousins proches, Joseph Dubernad et son frère, Salvat Dubernad, qui sont aussi ses amis et des francs-maçons comme lui. Il les fait nommer, comme commissionnaires, pour percevoir les fonds de l’emprunt du canal de Murcie[41].

Les activités fraternelles des francs-maçons de Bayonne ne se limitent pas à Marchena, réfugié en France, mais elles ont aussi entretenu des relations avec Aranda, Jovellanos, Campomanes ... à travers Francisco Cabarrús. De même, Les Amis de la Constitution crent après la deuxième arrestation pour l'inquisition de Francisco Cabarrús, une commission de propagande en Espagne, présidée par Juan Pedro Basterreche et à laquelle participe Marchena lui-même[42].

.

.

.

.

.

La Compagnie Royale du Canal de Murcie (1773)[]

.

Royale cédule de sa majesté Catholique sur les représentations du Conseil approuvant la proposition faite par le sieur Martin Pradez pour construire à ses....

Ensenada, Campomanes, Jovellanos, Cabarrus etc., sont partisans de grands canaux, des projets devant être financés par des capitaux privés étrangers principalement, auxquels la Couronne donnent le fonctionnement de l'infrastructure pendant une certaine période de temps. Le Canal de Castilla, le Canal de Guadarrama, Manzanares, le canal impérial d'Aragon, Real Acequia del Jucar, celui de Huesca, Amposta, Urgell ou de Murcie, montrent clairement les idées modernes de Carlos sur le développement économique[43].

Francisco Cabarrús, participe maintenant aux réunions des Sociedades Economicos de Amigos del Pais, avec des francs-maçons, comme lui, mais qui sont déjà ministres, comme Gaspar Melchor de Jovellanos, Pedro Pablo Abarca de Bolea, dit Aranda, José Moñino y Redondo de Floridablanca, le ministre des finances Musquez... Il fait nommer les frères Dubernad, en 1773, comme Commissionnaires pour percevoir les fonds de l’emprunt du canal de Murcie[44].

Dans les années 1770 échoue un projet ambitieux et utopique, élaboré par l'ingénieur français Boizot, que prétend mener à bien la Compagnie Royale du Canal de Murcie. Ce projet prévoit la construction d'un canal, servant à la fois à la navigation et à l'irrigation entre Cartagena et la haute vallée du Guadalquivir. Certains tronçons de l'ouvrage sont même creusés mais la tentative, poursuivie à différentes reprises au cours du XIXe siècle, se révèle, finalement, infructueuse[45].

.

.

.

.

.

Carlos III et ses proches.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

LA BANQUE DE SAINT-CHARLES (1782)[]

.

Nuñez Arenas nous dit qu'en dix ans (1771 - 1781), Cabarrus devient un personnage important de la Cour. Il possède 11.000.000 de Reales et le Roi accepte son projet de banque centrale[46].


.

.

.

.

.

Une expérience réussie : le papier monnaie (1779)[]

.

Vales Reales, des billets royaux portant un revenu annuel. Contrairement aux juros, ils sont assignés sur l’ensemble des recettes royales (et non sur une caisse et une recette déterminée) et circulent comme du papier-monnaie. Leurs émissions s’échelonnent entre 1780 et 1799[47].

.

.

.

.

.

Un très grand succès[]

.

Cabarrus est l'inventeur des Vales Reales, la première monnaie papier qui est une réussite.

Billet de Vales Reales.

La guerre d'indépendance des États-Unis d'Amérique est déclarée, et en 1779, l'Espagne rejoint l'alliance conformément au pacte de famille entre les deux branches des Bourbons, la française et et l'espagnole.

Privée de ses ressources du Mexique, le Roi Charles III éprouve de l'embarras pour fournir aux dépenses de la guerre. Le gouvernement recherche les avis des personnes expérimentées, et le ministre des finances Musquez, qui apprécie les idées sur l'économie de Cabarrus, le consulte sur les moyens de rétablir les finances et le crédit de l'état. Cabarrús conçoit alors le projet de la création des billets royaux, espèce de papier-monnaie portant intérêt.

On adopte son plan, et on fabrique pour dix millions de piastres en billets royaux, qu'on divise en coupures qui peuvent rendre plus facile le calcul des intérêts que chaque billet produit par jour. Ces billets doivent être renouvelés chaque année, et les intérêts échus payés au dernier porteur. Contrairement au système de Law, et aux assignats, ils ont un très grand succès, et sont même préférés à la monnaie effective sur laquelle ils gagnent une prime, ce qui donne une grande influence à Cabarrus[48].

Cabarrus et Lalanne s'appuient sur les grandes maisons françaises à qui elles confient le soin de placer les vales reales, moyennant l'abandon de sa commission[49].

Pour Pedro Tedde de Lorca, le personnage Cabarrus illustre une position intermédiaire entre le monde financier ancien et le capitalisme moderne naissant[50].

.

.

.

.

.

Les grands enquiquineurs[]

.

La guerre avec la Grande-Bretagne (1779 - 1783) a des conséquences désastreuses sur le commerce de l'Espagne avec ses son empire colonial. Cabarrus et son papier monnaie sont là à un des moments les plus critiques de l'histoire du monde hispanique.

Voilà cependant comment certains plumitifs français - très niais - voient, le 22 septembre 1787, les réformes de Francisco Cabarrús :

On avoit dit que le fameux Cabarrus feroit sur nos finances l'essai des talents qui lui ont si bien réussi en Espagne, et que la direction du Trésor royal lui seroit confiée. Il est en effet venu à Paris, mais, quoique la France soit dans un moment de crise, l'empirisme lui feroit encore bien plus de mal. Il faut d'honnêtes caissiers et point de charlatans financiers[51].

Pourtant en 1780 les dépenses de guerre espagnoles sont tellement énormes, que ces billets royaux et ses prêts évitent la banqueroute de l’État. Un autre des avantages de la création de la Banque de San Carlos est de rétablir le crédit du papier-monnaie, qui, de 80% de perte parvient en peu d'années à porter une prime[52]. Néanmoins, cette réputation de charlatan va néanmoins lui rester.

En Espagne, en octobre 1782, François Cabarrus doit écrire au ministre des Finances, Miguel Múzquiz (1766 - 1785), pour protester contre les entraves que le trésorier général des finances d’Espagne, Francisco Montes, met à ses affaires avec la Couronne espagnole. Le moment est des plus critiques. La guerre avec la Grande-Bretagne (1779 - 1783) dure depuis déjà trois ans, les fonds sont épuisés, les dépenses continuent de s’accumuler, on commence à douter du crédit de la Couronne et, pour comble, vient d’être lancée la troisième émission de bons du trésor ou billets royaux, la plus volumineuse et la plus risquée dans ce climat d’incertitude[53].

Il prie instamment Múzquiz de l’aider à se débarrasser du plus grand enquiquineur qu’il ait connu de sa vie[54].

.

.

.

.

.

Une banque nationale (1783)[]

.

La Plaza Mayor lors de l'entrée de Charles III dans Madrid. Cabarrus a son soutien total pour créer la banque nationale espagnole.

Cabarrus est chargé entre autres de l'administration des fonds des armées de terre et de mer.

Au XIXe siècle la Banque de San Carlos devient peu à peu la banque centrale espagnole.

Le peuple espagnol au XVIIIe siècle est pauvre, alors que le gouvernement, l'Eglise et la noblesse accumulent l'or et l'argent.

Cabarrús veut que ces métaux précieux, venus d'Amérique centrale et du sud, circulent au lieu d'être inutilement entassés. Il veut qu'ils se retrouvent dans toutes les classes de la nation, par la fondation de la Banco de San Carlos, ancêtre de la future banque centrale d'Espagne.

San Carlos est le nom d’une ancienne banque. Cabarrús est à l’origine du plan de rétablissement. François Cabarrus bénéficie du soutien total du roi Charles III d'Espagne.

Le 2 juillet 1782, est publiée la cédule du roi pour l'établissement de la banque royale de Saint-Charles, d'après le plan présenté par Cabarrus, qui en est nommé directeur-général. Le fonds capital est divisé d'abord en 150.000 actions de 3.000 réaux, devant former un fonds de 15.000.000 de piastres fortes. Elle embrasse trois objets principaux :


1°. la liquidation des effets royaux au pair, et l'escompte des autres bons effets à 4% pour cent;


2°. les fournitures pour les armées de terre et de mer, sous la commission de 10%;


3° le paiement de toutes les obligations de la couronne en pays étrangers, sous la commission de 1%[55].

Le taux de ses escomptes est fixé à 4%. Les avantages de l'établissement de cette banque sont consignés dans les comptes rendus des assemblées générales des actionnaires du 20 décembre 1783 et 22 décembre 1784[56].

.

.

.

.

.

Ses commissionnaires[]

.

Statue de Francisco Cabarrús.

Bicentenaire de la Banque de San Carlos.

Premiers actionnaires de la Banque de San Carlos.

Action del Banco de San Carlos.

Médailles commémorant le bicentenaire del Banco de San Carlos et pour la deuxième le centenaire del Banco de España.

Dans toute l'Espagne et en Europe, des commissionnaires sont désignés pour recevoir les souscriptions.

Les parents de Cabarrus achètent de grosses quantités d’actions de la banque de Cabarrus et sont commissionnaires. Nous retrouvons :

¤ Les Lalanne, Veuve Lalanne et fils à Pampelune (famille de sa mère),

¤ Antoine Galabert à Madrid (famille de sa femme),

¤ Lannux Dubernad et Cie à Séville,

¤ Dominique Cabarrus et Pierre Faurie à Bayonne (Pierre Faurie est son beau-frère), et Dominique Cabarrus et fils jeune, la société de son père.

¤ Dominique Denis Cabarrus à Bordeaux, et Dominique Cabarrus cadet, fondée par son oncle.


et des amis comme :

¤ le comte d'Arboré, à Cadix et Antoine Arboré, amis des Dubernad, qui ont comme eux des sociétés à Morlaix, Cadix et Séville.


Aussi, quand la première assemblée des actionnaires s'ouvre dans la résidence du gouverneur du Conseil de Castille, parmi les 112 personnes ou institutions, les Cabarrus, les Lannux, Dubernad et les familles alliées sont très présents.

Les Lannux sont aussi nommés consuls d'Espagne en France et maires de Morlaix. Ils allient donc le pouvoir politique au pouvoir économique, comme Joseph Dubernad et la plupart des parents de Cabarrus. Les deux frères Dubernad et les Lannux prêtent des millions de livres au roi d’Espagne.

Bien entendu leur soutien ne fait jamais défaut à Cabarrus, qui dispose également de l'appui des représentants du gouvernement, ce qui, ajouté à son éloquence, lui permet de conduire à sa guise les travaux de l'assemblée des actionnaires. Il s'est limité à quelques régions et autres grands actionnaires sont des hommes d'affaires, et des conseillers du roi, d'origines souvent basques ou béarnaises.

Michel Zylberberg, dans son excellente étude sur Les milieux d’affaires français et l’Espagne en 1780-1808, les cite et ajoute que les autres commissionnaires participent déjà avec Cabarrus, aux opérations de financement de la guerre toujours en cours :

Six maisons commerciales sont chargées de placer les 45.000 actions devant financer la guerre d'indépendance des États-Unis d'Amérique et elles appartiennent à des proches qui soutiennent ses projets[57].

Goya place son agent à la banque Saint Charles, où son ami Cabarrus est directeur, et il gagne beaucoup d’argent. Cabarrus, comme le montre Michel Zylberberg, c'est l'histoire non d'un homme, mais d'un réseau de natifs de Bayonne. Un cas concret d'entraide... comme le dit un proverbe basque : Mendiac mendiac vear ez; baya guiçonac, guiçona bay ![58].

La principale tâche de l'Assemblée, consiste à élire la direction de la banque. Son discours d'ouverture parle dès avant 1789, de la igualidad, de la propiedad, y de la libertad. Cela ne l'empêche pas de faire la traite des noirs, comme son père avant lui, et son fils lui succédera dans cette activité, qui n'est critiquée que par une infime minorité de leurs contemporains.

Francisco de Cabarrús est nommé Gouverneur des Hôpitaux royaux de Madrid, en 1786[59]. Ses propositions d’organisation économique sont d'une troublante modernité, notamment ses conseils aux hôpitaux de Madrid. Il suggère dans tous les cas où c’est possible les soins et l’assistance à domicile plutôt qu'à l’hôpital, l’hospice ou l’orphelinat[60].

.

.

.

.

.

La Real Compañia de Filipinas (1783)[]

.

Compagnie royale des Philippines.

La Compagnie royale des Philippines (en espagnol : Real Compañía de Filipinas) est une compagnie à charte du siècle des Lumières créée pour promouvoir le commerce direct entre les Philippines (colonie de l'Empire espagnol) et la métropole.

La Compagnie essuie des pertes considérables pendant la guerre. Elle est privée du commerce exclusif du cacao, dont elle n'a plus le privilège en 1784. Elle cherche à se rétablir.

François Cabarrus, directeur de la Compañía Guipuzcoana, de Caracas, sur le point d'être dissoute, propose d'unir le commerce de l'Amérique avec celui de l'Asie par les Philippines en réunissant les droits de l'ancienne compagnie à la nouvelle. Son plan est adopté, et la Compagnie royale des Philippines est créée le 10 mars 1783 avant d'être institutionnalisée le 10 mars 1785 par une Real cédula de Charles III. Elle est dirigée par François Cabarrus.

Le roi donne le nom de Cabarrus à une île de cet archipel des Philippines[61].

.

.

.

.

.

Le canal de Cabarrus[]

.

Panneau Canal Cabarrús sur une ancienne maison de garde.

Le canal Cabarrús.

Le canal Cabarrús.

Après avoir attaché son nom à la Banco de San Carlos et à la Real Compañia de Filipinas, Cabarrus veut acquérir de nouveaux, droits à la reconnaissance de sa patrie adoptive. Il obtient le financement des grands travaux, comme la construction des grands canaux : Guadarrama, Manzanares, Liobregat, Murcia, le canal impérial d'Aragon et la mise en place d'un grandiose réseau de canaux rejoignant Madrid. Cabarrus doit avancer des fonds pour la construction de routes, mais aussi le port du Grao à Valencia[62].

Cabarrús observe que la position de la capitale l'expose a une disette de subsistances et à l'impossibilité de ne s'en procurer qu'à des prix très élevés à cause de 1a cherté des longs transports par terre. Il conçoit le plan d'un canal de navigation prenant sa source dans la sierra de Guadarrama, passer à Madrid, s'unir au Guadalquivir. Il veut aussi mettre à profit les eaux abondantes des rivières Jarama et Lozoya, pour irriguer les terres sèches du sud de la Castille.

Avec ses fonds propres, Cabarrús achète à la famille Echauz les droits des eaux des deux rivières. Le projet démarre. Le gouvernement approuve ce plan. Cabarrus y met près de huit millions de reales. Il met en place des infrastructures, un total de 12 ponts de pierre, cinq aqueducs, un drain et une dizaine de maisons pour les travailleurs le long du canal Cabarrús. Sans oublier, une grande résidence, pour diriger les travaux, à Torremocha del Jarama, la Casa de Oficios.

Hélas, un ministre incompétent du nom Pedro López de Lerena, Comte de Lerena, ennemi de Cabarrus et des idées nouvelles, fait ordonner la suspension des travaux en 1784.

Le projet de canal de Cabarrus, sera repris et deviendra le canal d'Isabel II, alimentant en eau la ville de Madrid.

.

.

.

.

.

Le Conseil des Finances[]

.

Francisco Cabarrús, futur ministre et comte espagnol.

Leandro Fernández de Moratín accompagne à Paris, comme secrétaire, Francisco Cabarrús, en 1787.

Cabarrús est le membre le plus influent du Conseil des Finances. Il est à l'origine de nombreuses réformes dans bien des domaines et a des projets qui sont de vraies réformes.

Les assemblées de la noblesse de Madrid conçoivent le projet de l'établissement d'un Mont-de-Piété pour secourir les veuves et les enfants des gentilshommes, à l'instar de pareilles institutions existantes dans d'autres parties du royaume, mais qui n'ont rien de commun, sauf,le nom, avec ce qu'on appelle en France Mont de Piété.

Cabarrus lit dans une séance de la société royale économique, un mémoire qui fait la plus grande sensation. Il s'élève avec force contre les Mont-de-Piété en général. Il dit :

Les pauvres se multiplient en raison même du nombre de fondations dont l'unique objet est de les secourir.

Cela ne plaît pas aux Grands. Les pauvres Cabarrus préfère les enrichir par le développement de l'industrie, du négoce, des échanges financiers ou par de nouvelles techniques agricoles, comme en Angleterre. Il propose également une organisation décentralisée de la charité publique[63]. Mais la noblesse espagnole n'est pas prête, excepté dans deux provinces, le Pays basque et les Asturies.

L'hostilité des privilégiés se transforme en craintes, car d’après Thérèse Charles Vallin, François Cabarrus cherche à mettre en place une égalité proportionnelle de la répartition des impôts. Un impôt progressif qui apparaît comme totalement inconcevable à cette époque, même si on ne sait pas si c’est un pôle progressif sur le capital ou sur le revenu[64].

En 1787, et grâce à l'amitié de Jovellanos, Leandro Fernández de Moratín entreprend un voyage à Paris comme secrétaire du comte de Cabarrús, alors en charge d'une mission à Paris. L'expérience lui est très utile. Retourné à Madrid, il obtient son premier grand succès avec la publication de la satire La défaite des pédants.

.

.

.

.

.

Francisco Cabarrús a pour meilleur ami Jovellanos.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

LE TEMPS DES CALOMNIES (1789 - 1794)[]

.


Les agioteurs et les conservateurs contre Cabarrus[]

.

Dès 1785, Mirabeau est payé pour écrire : De la Banque d'Espagne, dite de Saint-Charles, par le comte de Mirabeau.

Cabarrús achète, le 31 décembre 1789, la baronnie de Rabouillet, sur la frontière de la province du Roussillon, diocèse d'Aleth. Cette baronnie est composée des terres de Rabouillet, Prats de Sournia, Trévillach et des châteaux Saquera et Roquevert. Elle vaut 440.000 reales de vellon. Cet achat, au seigneur de Peyrepertuse installé en Espagne, est effectué par le comte d'Aranda, lequel en a été autorisé par le roi Louis XVI, dans ses lettres d'avril 1782, et annotée dans les registres de la Salle du Parlement de Toulouse et par arrêté royal...[65]. Malgré l'hostilité des privilégiés Charles IV l’anoblit le 13 novembre 1789 et le fait Vizconde de Rabouilhet[66].

Cela n'est qu'une partie de sa fortune qu'il estime à douze millions de reales, proprement et légitiment acquis[67]. Thérèse Charles Vallin évalue sa fortune à 36 millions d’euros. C'est un achat curieux, car l’intéressé est déjà propriétaire d’immenses propriétés du côté de Séville[68].

Tous les agioteurs et les monopoleurs de Madrid, de Genève et de Paris se liguent contre Cabarrus. Ils conçoivent le projet d'accaparer les actions de la banque de Saint-Charles. Pour atteindre ce but, ils font baisser le cours de ses effets, qui jouissent de la plus grande faveur. Ces spéculateurs ont recours à la plume vigoureuse de Mirabeau, qui la fait payer chèrement. Il publie un libelle intitulé :

De la Banque d'Espagne, dite de Saint-Charles, par le comte de Mirabeau.

L'auteur ne se borne point à décrier et Francisco de Cabarrús, dans ses écrits, il attaque les bases de cet établissement, les billets royaux, la Real Compañia de Filipinas. Cet ouvrage a beaucoup d’impact.

Calonne, ministre des finances de Louis XVI, est même impliqué dans cette cabale, mais le premier ministre espagnol Floridablanca, parvient à le convaincre que l’action de Mirabeau est surtout suscitée par des groupes financiers rivaux de la banque de Saint-Charles, qui espère voir le cours de ses actions chuter[69].

.

.

.

.

.

La prison (25 juin 1790 - 19 octobre 1795)[]

.

Pedro López de Lerena, ministre des Finances et ministre de la Guerre, l'un de ses pires ennemis de Cabarrús.

Cabarrús est emprisonné plus quatre années, dont dix huit mois dans dans cette place-forte.

Joseph Dubernad n'est pas le seul à regagner la France en 1789. Par contre, son frère, Salvat Dubernad, et son cousin, Francisco de Cabarrús restent. Ils vont être des Français très fréquemment cités du temps du Roi espagnol frère de Napoléon.

Femme emprisonnée dans un château à cette époque, par Goya.

Dès 1787, Francisco de Cabarrús a mis un terme aux activités de sa société Cabarrûs et Lalanne, décision sans doute destinée à apaiser ceux qui l'accusent de mettre la Banque de Saint-Charles au service de ses intérêts particuliers, mais qui n'y parvient pas[70].

Francisco de Cabarrús profite de tout son crédit pour essayer de faire interdire l'ouvrage de Mirabeau en Espagne et en empêcher l'introduction. En vain ! Les actions de la banque tombent presque dans un discrédit total, dont la principale cause vient des négociants français, qui veulent diminuer le crédit espagnol et affectent une espèce de dédain pour le papier-monnaie. Ils usent de mille moyens pour le discréditer entièrement.

Son jugement est interprété comme la conséquence logique de ses idées réformatrices – choquantes pour une société rétive au changement – des craintes que ses projets ont inspirées à des responsables politiques espagnols – notamment Pedro de Lerena –, et des conflits qui s’en sont ensuivis[71].

Que la Révolution Française et les guerres qui en sont la conséquence entraînent pour l'Espagne un grave retour en arrière. Les idées venant de France, leurs moyens d'expression sont combattus avec énergie et détermination. Les ilustrados (hommes des lumières) sont écartés des postes de responsabilité, voire emprisonnés ou se renient[72]. Certes, Cabarrus n'a jamais été un contre-révolutionnaire, mais il va adopter des positions critiques contre les montagnards, comme son meilleur ami, Jovellanos[73].

Le nouveau secrétaire des finances, Pedro López de Lerena, est jaloux des capacités de Francisco de Cabarrús. Puis, en 175, son Eloge de D.M. de Musquiz, ministre des finances est vu par lui comme une critique de ses conceptions de l'économie et de la société[74]. Lerena est en lutte contre François Cabarrus. Il parvient à retourner les actionnaires de la banque contre le directeur, à le faire accuser de détournement de fonds, et surtout de complaisance avec la France révolutionnaire et d’atteinte à la religion[75].

Francisco de Cabarrús, avant cela estimé et même aimé de tous perd beaucoup dans l'esprit du peuple, qui le voit avec peine s'opposer à ces calomnies[76].

L’achat de fonds publics français achève de le discréditer aux yeux des monarchistes et catholiques espagnols, ennemis de la Révolution française. On l'accuse de disposer de la banque comme de son propre bien et de confier à ses créatures tous les emplois qui en dépendent. Quand Charles III meurt en 1788, l'administration réactionnaire de Charles IV met un terme aux réformes des hommes des Lumières.

Francisco de Cabarrús, en homme courageux, réplique en prononçant l'éloge de Charles III dans une séance de la Société économique de Madrid, fin 1789 et en le faisant éditer. Il profite de ce discours pour insister sur le rôle crucial et positif de la philosophie des lumières dans le développement économique de l'Espagne.

Cabarrús est déjà détesté par les membres de l'Inquisition et tous les ennemis des Français et sa Révolution. Ce discours, prononcé cinq mois après le 14 juillet 1789, excite encore plus la haine des agioteurs et de la réaction[77].

Les hommes qui ont été ses conseillers sont suspectés et poursuivis.

Cabarrús, lui-même, est accusé de détournement de fonds, arrêté le 24 juin 1790, et jeté en prison dans une caserne de la Calle de Prado, à Madrid, puis, en janvier 1791, au château de Batres, une forteresse proche de Madrid[78].

Francisco de Cabarrús profite de ses loisirs forcés, pour lire des ouvrages qui lui sont parvenus par faveur spéciale et pour écrire au roi Charles IV. Il rédige un cahier de réflexions philosophiques et politiques pendant qu’une partie de sa famille se retrouve en France prise dans Les convulsions de la terreur[79].

.

.

.

.

.

Prison espagnole à cette époque.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

LA FIN DU RÈGNE DE CHARLES IV (1795 - 1808)[]

.


Francisco de Cabarrús est réhabilité (après le 19 octobre 1795)[]

.

Godoy en 1795, portrait par Goya.

Francisco Cabarrús est fait Comte et Ministre par le Roi d'Espagne.

Suite au décès du Ministre-Comte de Lerena, l'un de ses pires ennemis, Cabarrús, en mai 1792, est transféré de la forteresse de Batres à la prison de la caserne Santa Isabel, à Madrid[80]. Il voit son sort adouci chaque jour. On lui accorde son confesseur et son médecin. On lui permet de voir son avocat, son notaire et ses parents[81].

Sa santé s'améliore à l'automne 1793 du fait de ses meilleures conditions de détention. Ses anciens amis du Conseil des Finances reprennent contact avec lui. Tout s'arrange le 14 juillet 1794[82], après quatre années de détention. Un tribunal le juge complètement innocent et victime d'abus de pouvoir.

Si, dans un premier temps, la prospérité économique de l'Espagne n'a pas souffert de la guerre contre la France révolutionnaire, puisque les relations de l'Espagne avec son Empire ne sont pas menacées, le délabrement des finances, du fait des incompétents, s'est aggravé [83].

Du fait de la médiation de Godoy, prince de la Paix, Gardoqui, successeur de Pedro López de Lerena, comme ministre des Finances et ministre de la Guerre, le réhabilite. Le 19 octobre 1795, après quatre années et quatre mois, Francisco de Cabarrús sort de prison, comme ses amis et son épouse peut rentrer d'exil[84][85].

Dans une lettre adressée à Jovellanos en septembre 1795, Francisco de Cabarrús écrit que le futur prince de la Paix lui manifeste amitié et intérêt, qu'il fait l'éloge de son talent et qu'il va allait donner des ordres pour que justice lui soit rendue. L'ancien banquier n'est pas en reste : dans une lettre envoyée à Godoy en décembre 1795, il remercie ce dernier d'avoir conquis sa confiance et d'être son ami. Longtemps la sympathie nourrie par Godoy pour Cabarrús est justifiée par la position qu'occupe à Paris sa fille, Madame Tallien...[86].

Cabarrus réclame des indemnités pour les pertes que sa longue et injuste détention a fait éprouver à sa fortune. Au commencement d'avril 1796, Charles IV lui accorde 6.000.000 réaux à prendre en Amérique. Cette concession est bientôt convertie en un privilège d'introduire en Espagne une quantité suffisante de marchandises prohibées, pour que les profits sur l'exemption des droits s'élèvent au montant de l'indemnité. Francisco de Cabarrús vend ce privilège à la compagnie des Philippines[87].

Cabarrús est créé Conde de Cabarrús, vizconde de Rabouilhet. Il est nommé Gentilhomme de la Chambre par Charles IV d'Espagne, contre tous les statuts de la Castille[88].

.

.

.

.

.

La paix avec la France (1795)[]

.

Sa fille, Thérésa Cabarrus, est très influente à Paris.

Francisco de Saavedra, par Goya (1798).

C'est à la prière de la comtesse de Galvez, femme de Bernardo de Gálvez, que le Duc d'Alcudia a recours à lui pour faire parvenir une ouverture à la République au moyen de la correspondance entre lui et sa fille, Thérésa Cabarrus, Madame Tallien, maîtresse de Barras[89]. Francisco de Cabarrús, dont la fille est effectivement l'épouse du Conventionnel Tallien, n’est pas étranger à la conclusion de la paix avec la France en 1795.

Le ministre et favori du roi l'éloigne de la cour. Puis, ils se réconcilient[90].

1796. Au mois de janvier, Charles IV confirme le comte de Cabarrús dans le poste de banquier de la cour, et le nomme en outre surintendant-général des routes et canaux du royaume[91].

Au mois de mai 1796, Francisco de Saavedra provoque la création d'une caisse d'amortissement, sous la direction d'une Junte chargée de vérifier les comptes des recettes et dépenses, jusqu'à la fin de l'année 1797; d'aviser aux moyens d'acquitter les dettes et de faire face aux dépenses courantes; d'examiner les divers plans de finances, présentés sous les ministères précédents... La Junte, composée du comte de Cabarrús, d'un membre de la banque Saint-Charles, d'un membre de la communauté des Gremios, et de trois magistrats, est présidée par le comte d'Iranda[92].

Le ménage Tallien tient à être l'instrument de la restauration d'une monarchie en France. Le Comte Francisco de Cabarrús paraît avoir noué de vaines intrigues à Paris en 1796 pour mettre sur le trône de France un Infant d'Espagne. Trois années plus tard, Le 13 décembre 1799, le comte de Saint-Priest écrit à M. de Vezet :

Nous avons lieu de croire que Bonaparte a fait offrir le trône de France à un infant d'Espagne et cette Cour est bien capable de s'y prêter[93].

.

.

.

.

.

Ambassadeur au congrès de Rastatt (1797 - 1799)[]

.

Gravure des plénipotentiaires français de Rastatt assassinés dans la forêt.

Manuel Godoy avec un fonds de l'Institut Pestalozzi.

En 1797, Godoy le fait envoyer en qualité de ministre plénipotentiaire au congrès de Rastatt. Flatté d'une pareille mission, qui le lance tout à coup dans une nouvelle carrière, Francisco de Cabarrús choque par ses prétentions et son orgueil.

Toujours en 1797, après les émeutes, Cabarrús va à Guadalajara avec les pouvoirs les plus étendus pour y organiser les manufactures[94].

A peu près à l'époque du mariage de Manuel Godoy, toujours en 1797, ce dernier consulte le comte de Cabarrús sur la formation d'un nouveau ministère. Cet ami, aussi judicieux que bien informé, lui recommande les Espagnols les plus propres à faire honneur à ses choix politiques ou économiques et à accomplir le bien du pays : Francisco de Saavedra et don Gaspar Melchior de Jovellanos[95].

Francisco de Saavedra reçoit donc le portefeuille des finances, et don Gaspar Melchior de Jovellanos le ministère de grâce et de justice. Ces choix sont attribués à l'influence du comte de Cabarrús sur l'esprit du prince de la Paix[96].

Francisco de Cabarrús présente en avril 1797 un audacieux plan de réformes sociales, politiques et financières[97]. Le Roi fait semblant d'approuver, mais l'envoie à l'étranger.

Charles IV nomme Francisco de Cabarrús son ministre plénipotentiaire, au congrès qui doit se tenir à Lille, pour négocier la paix entre l'Angleterre et la France (6 juillet 1797). Cabarrus est reçu en cette qualité, à Paris, le 8 juin 1797, par le directoire[98].

Le comte de Cabarrús, que ses liaisons avec l'ex-ministre Jovellanos, et ses intrigues contre le prince de la Paix, ont fait reléguer à Burgos, revient à Madrid, où la cour le rappelle pour le consulter sur les moyens de remédier au mauvais état des finances[99].

.

.

.

.

.

Choisir entre la guerre ou la paix[]

.

Les membres du Second Directoire dans leur costume d'apparat, qu'il rencontre en 1797 : de gauche à droite, Merlin de Douai, La Révellière-Lépeaux, Barras, François de Neufchâteau et Reubell.

Lors d'un voyage sur les côtes du Nord de la France Cabarrus constate qu'en réalité aucun préparatif sérieux de débarquement en Angleterre n'a été effectué.

A la fin de décembre 1797, le roi d'Espagne envoie Francisco de Cabarrús comme ambassadeur de Sa Majesté Catholique près la république française. Mais le Directoire refuse de le reconnaître, car il est né Français. Donc Godoy l'envoie à La Haye[100].

Les conseils de Francisco de Cabarrús sont d'abord qu'il faut que l'Espagne, pour prouver sa bonne foi, se déclare prête à s'associer aux projets de débarquement dans les îles Britanniques et à faciliter autant qu'il dépend d'elle l'expédition projetée[101].

Puis, Francisco de Cabarrús reste partisan du maintien d’une alliance de l’Espagne avec la France, mais cherche à éviter que le parti belliciste des Jacobins ne pousse l’Espagne beaucoup trop loin dans la rupture avec l’Angleterre et la Hollande[102].

Mais, outre qu'un voyage sur les côtes du Nord de la France lui permet de voir qu'en réalité aucun préparatif sérieux n'a été effectué, Francisco de Cabarrús se montre partisan de la paix avec la Grande-Bretagne car c'est le seul moyen d'affaiblir le parti jacobin, dont il se montre l'adversaire résolu. Pour Cabarrús, la politique extérieure de la France est déterminée par des conflits intérieurs et dans les conseils qu'ils donnent à Godoy la haine des Jacobins revient comme des leitmotive[103].

.

.

.

.

.

L'exploitation agricole modèle de Cabarrús (1798)[]

.


Voir article détaillé : François Cabarrús, agriculteur éclairé, ou un banquier aux champs, Michel Zylberberg


Cabarrús est banni de la cour et assigné à résidence à Torrelaguna, une toute petite ville à quatorze lieues de Madrid[104].

.

.

.

.

.

Le projet de Francisco de Cabarrús[]

.

Don Gaspar Melchior de Jovellanos et la loi agraire.

Francisco de Cabarrús emploie beaucoup d'ouvriers pour construire son Canal de Cabarrús, les canaux d'irrigation, les maisons des employés et la Casa de Oficios.

Entrée du Canal de Cabarrús.

L'action de Godoy, on l'admet aujourd'hui, est loin d'être totalement négative[105]. Le favori, certes hostile à l'idéologie révolutionnaire, n'en veut pas moins ouvrir le royaume aux progrès scientifiques et techniques provenant d'outre-Pyrénées et d'ailleurs. Il fait venir en Espagne, comme autrefois Floridablanca, techniciens, machines et procédés nouveaux. Sans qu'elles soient aussi nombreuses que sous le règne de Charles III, les réalisations ne sont pas négligeables, par exemple à l'Institut de Gijon, cher à Jovellanos. L'exploitation agricole modèle fondée en Nouvelle-Castille, en 1798, par Francisco de Cabarrús, l'ancien directeur de la Banque de Saint-Charles, en est une autre preuve[106].

Pour quelqu'un disposant de capitaux, d'une exploitation d'une superficie convenable et qui a tiré la leçon des échecs précédents, il est possible de parvenir au succès. C'est en tous les cas ce que veut prouver Francisco de Cabarrús[107]. Francisco de Cabarrús a un goût très vif de la nature qui n'étonne pas chez un disciple de Rousseau.

Certes, à la Société Economique de Madrid, il a choisi la classe d'Industrie, alors que son ami Jovellanos anime celle d'Agriculture, mais il ne s'y est pas confiné[108].

Francisco de Cabarrús reste un banquier même aux champs et négociant. Pour lui, le progrès agricole dépend moins du mode de faire-valoir que de la possibilité de trouver des débouchés pour les produits agricoles[109].

Francisco de Cabarrús préconise :

¤ le développement des moyens de transports ;

¤ la suppression des entraves à la libre circulation des produits agricoles, revendication commune à la quasi- totalité des ilustrados ;

¤ Cabarrûs se prononce également pour l'extension de l'irrigation ;

¤ des exploitations moyennes ;

¤ Et puis des colons recevant des outils, du bétail, des semences et de quoi pouvoir subsister pendant les deux premières années.

.

.

.

.

.

La Vega d'Uceda[]

.

L'ingénieur Carlos Lemaur.

La finca Casa de Oficios est construite du temps des travaux du Canal de Cabarrús.

Les frères Carlos et Manuel Lemaur, lorsque ceux-ci viennent lui proposer, au début de 1796, de financer le creusement d'un canal dans la Vega d'Uceda, à une quarantaine de kilomètres au Nord de Madrid, non loin de la route de Burgos. Ils sont les fils de Carlos Lemaur (1724 -1785), ingénieur d'origine française qui creuse le canal de Guadarrama, en 1785, financé par la Banque Nationale de San Carlos et Francisco Cabarrús.

C'est par le détour du financement d'un canal d'irrigation qu'il donne un cours inédit à ses activités. On sait que le percement des canaux est la grande passion de sa vie; depuis le canal de Guadarrama jusqu'au au Canal du Llobregat, en passant par celui de Saint-Denis, on ne compte plus les projets auxquels il s'est intéressé. Francisco de Cabarrús désire rendre évidente à tous l'utilité des canaux; et même si les résultats, financiers ne correspondent pas aux prévisions et s'il y perd une partie de sa fortune, il est toujours prêt à recommencer[110].

La Vega d'Uceda est une plaine où coule le Jarama, qui a pour ville principale Torrelaguna qui est dans une situation charmante, au fond d'une campagne verdoyante, au pied d'une chaîne de petites collines qui paraissent terminer la plaine du Jarama... Le territoire de cette ville est couvert de vignes[111].

Francisco de Cabarrús accepte leur offre. En premier lieu, il escompte bien obtenir du gouvernement une indemnité destinée à réparer le préjudice que lui a causé son emprisonnement. La région de Torrelaguna ne lui est pas inconnue puisque peu après sa libération, et alors que sa liberté de mouvement est limitée, l'homme des lumières demande à aller prendre les eaux à El Molar, afin de réparer sa santé ébranlée par les dures conditions de l'emprisonnement[112].

.

.

.

.

.

La compagnie du Canal d'Uceda[]

.

Le canal.

Pontón de la Oliva.

Danse castillane.

Patones de Abajo, La Vega de Jarama et Uceda au fond.

Faute de pouvoir se procurer les capitaux nécessaires à la poursuite de travaux, les héritiers de Pedro de Echauz vendent, le 7 juillet 1796, la Seigneurie des Eaux du Lozoya et Jarama, au Comte de Cabarrús et aux ingénieurs Carlos et Manuel Lemaur, pour 120.000 reaLes de vellón. Les vendeurs déclarent ne pouvoir demander davantage étant donné l'état déplorable dans lequel se trouvent le barrage et ses annexes. Le même jour, Cabarrús et les frères LeMaur se rendent solennellement au Ponton de la Oliva pour prendre possession de leur Seigneurie des Eaux, cérémonie qui donna lieu à la rédaction d'un acte notarié[113].

Cabarrús et les frères Lemaur s'en retournent ensuite à Madrid où, le 9 août, ils s'associent pour créer la compagnie du Canal de Uceda dont le but est de réparer et d'agrandir les ouvrages existants afin d'augmenter les superficies susceptibles d'être irriguées. Dans le contrat de société, Cabarrús s'engage à fournir les capitaux nécessaires à l'achèvement des travaux, sans qu'aucun plafond ne soit fixé, tandis que ses associés mettent au service de la société, sans aucune rémunération, leur science et leur travail[114].

Une fois les formalités juridiques accomplies, les frères Lemaur se mettent immédiatement au travail et dès septembre 1796, les chantiers s'ouvrent. En novembre, cent mille reales de vellón sont dépensés. La main d'œuvre ne manque pas puisque en hiver les ouvriers agricoles de la région cherchent à s'employer et qu'il semble que les ingénieurs disposent de soldats; cela peut expliquer la relative rapidité des travaux: le canal est terminé en un peu plus d'un an. Le barrage du Ponton de la Oliva est renforcé et le canal qui lui est lié désormais une longueur de deux lieues (environ 13 kilomètres) et débouche dans le Jarama. Large de six varas, il comporte deux écluses, plusieurs trop-pleins. Huit ponts de pierre permettent de le franchir; deux maisons de garde sont bâties à grand frais. Enfin tout le long du canal, les ingénieurs font planter des peupliers, des oliviers et plusieurs variétés d'arbres fruitiers[115].

Les frères Lemaur prévoient au départ une dépense totale de 500.000 reales de vellón. Le coût total de l'ouvrage dépasse 1.600.000 reales de vellón auxquels il faut ajouter rapidement 200.000 autres reales destinés à des travaux de consolidation indispensables. De plus, alors que Cabarrús table sur une surface irrigable de 8.000 fanègues, il est loin du compte. Le canal, tel qu'il se présente ne permet d'en arroser que 5.500; d'où des recettes plus faibles. De fait, loin de se monter à 230.000 reales de vellón, comme prévu par les ingénieurs le produit des dîmes rapporte à peine 40.000 reales, soit moins de 3% par an. En plaçant son argent, Cabarrús en aurait retiré davantage[116].

.

.

.

.

.

L'achat de la plaine d'Uceda[]

.

Vue de la plaine depuis Uceda.

Cabarrús est parfaitement conscient de ces difficultés puisqu'il accepte en plus de prêter de l'argent à plusieurs exploitants agricoles du village de Torremocha, situé non loin de Torrelaguna et compris dans le regadio. Ainsi, Manuel Diaz, cultivant quatre fanègues, lui emprunte 400 reales de vellón. D'autres paysans de Torremocha, tels Pedro Gonzales ou Manuel Guerro reçoivent également des avances.

Mais Cabarrús ne peut suppléer à lui seul à une caisse de crédit agricole et de tels prêts ne peuvent constituer une solution d'ensemble. Il lui faut inciter les exploitants agricoles disposant de moyens financiers suffisants à utiliser, l'eau du canal. La rentabilité des capitaux engagés par Cabarrús est à ce prix. Il décide donc d'acheter une partie de la plaine d'Uceda, avec le dessein de faire valoir l'irrigation par l'exemple.

Malgré ses investissements Cabarrús échoue. Cela vient surtout d'un mauvais choix des des colons et conditions de travail dégradées pour les ouvriers agricoles[117].

.

.

.

.

.

Francisco de Cabarrús construit la Casa de Oficios, à Torremocha de Jarama, pour l'administration de son canal, ainsi que de ses propriétés de la Vega de Uceda.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

LES BONAPARTE DIRIGENT L'ESPAGNE[]

.


Avant Murat[]

.

Lettre de Cabarrús en 1800.

Francisco de Cabarrús est banni de la cour par Napoléon, en 1800[118].

Conseiller d'État, il fonde en 1803 à Barcelone une nouvelle compagnie de commerce, placée discrètement sous la direction de Jacques Joumard. En 1804, Cabarrús apparaît derrière certaines opérations d'Ouvrard[119]. Sa fille est devenue la maîtresse d'Ouvrard, et ils ont des enfants.

Cabarrús continue à faire des affaires, malgré le blocus continental et la situation politique instable en Espagne, comme le montre le courrier, ci-joint. L.S. Cabarrus Père & Fils, écrit à MM. Pierre Honoré Roux et Cie, à Marseille, Bayonne, 23 messidor XII (12 juillet 1804). Il prend bonne note du changement de nom de la société de ses correspondants, créée initialement sous la raison de Roux frères :

Nous sommes sensibles Messieurs à vos offres de services & désirons que l'occasion de les utiliser se vérifient, mais les affaires sont réduites à une situation tellement languissante que cet espoir ne paraît pas si prochain...[120].

.

.

.

.

.

Ministre de Ferdinand VII et de Murat[]

.

Murat donne à Cabarrús les fonctions de ministre de la commission du gouvernement.

Les abdications de Bayonne.

Día 2 de mayo de 1808 - Défense du parc d'artillerie - Joaquín Sorolla y Bastida.

Cabarrús est prisonnier de José de Palafox, en Aragon, en 1808.

Au début de l'année 1808, Murat est nommé lieutenant-général de l'Empereur et reçoit le commandement des 50.000 hommes qui composent l'armée d'Espagne. Murat doit occuper Madrid et attendre les ordres de Napoléon. Il se rend vite compte que la présence des Français est mal vécue par la population espagnole. Celle-ci se révolte en mars et le roi Charles IV abdique en faveur de son fils Ferdinand.

Ferdinand VII, une fois monté sur le trône (19 mars 1808), conserve d'abord les ministres de son père. Il fait revenir du bannissement Francisco de Cabarrús.

À Bayonne, Napoléon force Carlos IV à revenir sur son abdication. Indignée, la population de Madrid se soulève le 2 mai (Dos de mayo). L'insurrection est violemment réprimée par Murat le lendemain. C'est le début de la guerre d'indépendance espagnole.

Murat fait appel aux conseils de Cabarrús après les événements de Bayonne. Murat attribue les événements au rassemblement de paysans introduits dans Madrid et à la canaille de cette ville. Un vrai Espagnol, alias Cabarrús, explique que :

si des Cortès devaient choisir entre Ferdinand et Joseph, elles n'hésiteraient pas longtemps. On ne pouvait attendre du premier qu'une politique proche de ses ancêtres qui avait conduit l'Espagne à l'état dans lequel elle se trouvait alors que le second promettait de faire jouir l'Espagne du prospère système français[121].

Le 22 du mois de mai 1808, Murat exerce à Madrid la plénitude de l'autorité royale comme lieutenant du vieux roi, Carlos IV. Par une circulaire, il rétablit la commission directrice de consolidation des Vales Reales, et il nomme le comte de Cabarrus surintendant-général de cette consolidation, avec le titre de maître des comptes, et les fonctions de ministre de la commission du gouvernement[122].

Francisco de Cabarrús ne prend aucune partie dans les intrigues par lesquelles Charles IV est contraint pour abdiquer en faveur de Joseph Bonaparte[123]. Il n'est pas un afrancesado, mais un Français aimant l'Espagne.

Murat écrit :

J'apprends que M. de Cabarrus, l'un de mes ministres, y est arrêté, ainsi que quelques autres Français. Je vous avoue que j'ai peine à croire à de semblables absurdités. Il me répugne de penser que les Aragonais qui de tous les temps se sont fait remarquer par leur sagesse, se soient écartés tout à coup de leurs principes d'ordre et de subordination, en se déclarant rebelles contre l'autorité légitime[124].

Cabarrús est prisonnier de José de Palafox y Melzi, qui est à la tête du mouvement patriote en Aragon. Palafox est partisan du retour à une monarchie traditionnelle, admirateur de la Virgen del Pilar.

Charles IV abdique en faveur de Napoléon qui, au grand désespoir de Murat, confie le trône à son frère Joseph le roi de Naples. Murat doit choisir entre la couronne du Portugal et celle de Naples.

.

.

.

.

.

Ministre du Roi Joseph Bonaparte (1808 - 1810)[]

.

Joseph Bonaparte, portant les croix de la Légion d'honneur et des Deux-Siciles et la grand'croix de l'ordre royal d'Espagne.

Francisco de Cabarrús est enterré dans la Capilla de la Concepción de la catedral de Sevilla.

Les armées espagnoles des bonapartistes se réfugient en France en 1814.

Après la libération de l'Espagne ses os sont jetés dans une fosse commune du Patio de los Naranjos de la cathédrale.

Les finances sont confiées aux soins de Francisco de Cabarrús, Français d'origine, mais Espagnol par goût et par des relations de cœur. Décidé d'abord, à Saragosse, à épouser la glorieuse cause de ses habitants, il change plus tard d'avis, soit par crainte, soit par ressentiment de certain danger qu'il court à Agreda.

Selon Jovellanos, une fois l'invasion française commencée, Cabarrús le rencontre à Saragosse. Selon le témoignage de l'illustre Espagnol, à Agreda il prend la route de Navarre. À Burgos, au milieu des armées françaises, Cabarrús admet la nomination du ministre des Finances au roi Joseph[125]. Son cousin, [[Salvat Dubernad] est l'agent consulaire de Séville et le commandant de la Garde Civique impériale.

Le nouveau roi nomme Cabarrús surintendant de la caisse de consolidation et ministre des Finances. Il lui conserve également la présidence de la banque de Saint-Charles. Francisco de Cabarrús est fait en 1809, grand-cordon de l'ordre royal d'Espagne, nouvellement créé.

Dans une lettre laconique, Joseph blâme Cabarrús d'être entré en correspondance avec l'intendant général de l'armée française pour discuter des mesures fiscales à prendre dans les régions reconquises[126].

Joseph envoie, le 19 juillet 1808, à Napoléon une lettre de Cabarrus, qui n'espère plus que dans les mesures promptes et extraordinaires qui seront prises par Votre Majesté, qui nous fourniront des soldats et des trésors que nous payerions après la guerre.

Le 28 juillet 1808, Joseph juge à propos de replier l'armée sur l'Elbe. Il laisse au libre choix des Espagnols qui se sont compromis pour sa cause, de rester ou de le suivre dans la retraite. On compte ceux qui veulent l'accompagner. Des sept ministres, Cabarrus, O-Farril, Mazarredo, Urquijo et Azanza restent dévoués à sa personne, et ne quittent pas ses côtés.

Le comte de Cabarrus, ministre des finances, fait un rapport au Roi sur la situation des affaires de son département, sur la dette publique et sur les contributions. Dans ce rapport, le ministre expose que l'affermissement de l'autorité royale et le rétablissement de la tranquillité dans les provinces permettront seuls d'y recouvrer et d'y améliorer les contributions. Il concluait à ce que le roi obtienne de la France l'acquittement des dépenses de son armée dans les provinces soumises. Toutefois, comme il est indispensable de pourvoir aux premières nécessités, Joseph, après avoir lu le rapport du comte de Cabarrus, fait un décret pour une répartition d'un nouvel impôt extraordinaire.

Francisco de Cabarrús écrit Considérations d'un espagnol à ses concitoyens, dans lequel sous la forme de lettres imaginaires il montre les avantages du statut de Bayonne. Son rapport en tant que ministre des Finances, Madrid 28 Juillet 1808, est publié dans les Actes de Joseph. Par un décret d'avril 1809, le conseil central le considère coupable de haute trahison[127].

Francisco de Cabarrús est prié par le roi de le rejoindre à Séville. Dès son arrivée, on met sur le tapis diverses questions de finances. Mais dès le début de cette réunion gouvernementale, le ministre est atteint d'une maladie qui, en moins de cinq jours, le conduit au tombeau. Il s’agit d'une attaque de goutte à la tête.

Le comte de Cabarrús, meurt le 27 avril 1810, dans sa résidence sévillane. Francisco de Cabarrús est enterré dans la Capilla de la Concepción de la catedral de Sevilla. Naturellement, quand l'envahisseur est expulsé, il est retiré de ce lieu sacré et enterré dans le Patio de los Naranjos de la cathédrale[128].

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

SA DESCENDANCE[]

.

Leandro Fernández de Moratín.

Grâce à la recommandation de son ami le poète Jovellanos, Leandro Fernández de Moratín est emmené en France, en qualité de secrétaire, par l'homme des lumières, chargé d'une mission diplomatique auprès de la cour de France.

Avant 1808, comme en France avant 1789, il existe un parallèle entre la remise en cause de l’absolutisme et celle de l’autorité toute puissante du chef de famille. La remise en cause apparaît dans des textes politiques, comme chez Cabarrús, des textes littéraires, comme dans la célèbre pièce de Moratín, El sí de las Niñas, dans laquelle l’auteur dénonce la réduction des filles par leur père au silence d’un esclave à l’heure de choisir un conjoint[129].

.

.

.

.

.

Son héritage[]

.

la baronnie de Rabouillet en 1356.

Cabarrus est propriétaire en France (Doasit, Pey et Capbreton ; vicomté de Rabouillet, à la frontière du Roussillon et du Languedoc, par achat 31 décembre 1789). Il laisse aussi des milliers d'hectares de terres dans la région de Valence, sur lesquelles il a fait creuser des canaux d'irrigation et qu'il a rendues fertiles par de nouvelles techniques agricoles [130].

Il a des biens à Madrid et des fonds importants dans différentes banques.

Ses biens sont partagés entre le seul de ses fils encore en vie en 1810, Domingo de Cabarrús y Galabert (1774 - 1842), sa veuve María Antonia Galabert y Casanova (1755 - 1827), son frère Pedro Cabarrús y Lalanne, son oncle Paul Lalanne, frère de sa mère, son beau-frère Paul Faurie et bien entendu sa fille, Thérésa Cabarrus.

Lorsque Ferdinand VII d'Espagne revient sur le trône, la famille de François Cabarrus est persécutée, sa fortune et ses biens confisqués. Avec la tourmente politique qui suit cette période, son héritage est tantôt rendu, tantôt confisqué, en fonction des humeurs des dirigeants madrilènes.

.

.

.

.

.

Ses enfants[]

.

Sa fille, Teresa Cabarrus, future Madame Tallien, puis Princesse de Chimay, à la prison de La Force.

Domingo de Cabarrús Quilty, se marie avec Enriqueta Kirkpatrick, tante de l'impératrice Eugénie de Montijo et de la duchesse d'Albe[131][132].

François a quatre enfants :

¤ Sa fille, Thérésa Cabarrus, dite Madame Tallien, est née le 31 juillet 1773 au Palais de San Pedro à Carabanchel Alto, près de Madrid, et morte le 15 janvier 1835, au château de Chimay, dans le Hainaut. Surnommée Notre-Dame de Thermidor, c'est une femme d'esprit qui joue un rôle politique non négligeable avant et après Thermidor. Elle se marie avec le Prince de Chimay. Thérésia a deux frères, François et Dominique, qu’elle retrouve à Madrid, à son retour, en 1785 :


¤ Le fils aîné, second conde de Cabarrús, Domingo de Cabarrús y Galabert (1774 - 1842), gentilhomme de la chambre occupe diverses fonctions gouvernementales, notamment ministre du Trésor public du roi imposé par les troupes napoléoniennes. Il se marie avec Rosa Quilty y Cologar. Domingo de Cabarrús y Galabert est né le 22 juin 1774 au palais de Carabanchel Alto et mort le 9 février 1842 en son palais de Torrelaguna. Ce n’est qu’en 1834 qu’il peut être nommé gouverneur de la province de Palencia et de la province de Valladolid. Domingo se marie avec Rosa Quilty y Cólogan. Du fait de ses héritages et d’un grand sens des affaires, il est un grand propriétaire terrien, un industriel, mais aussi un très riche rentier. Il est l'oncle par alliance de l'impératrice Eugénie de Montijo.

¤¤ Leur fils, Domingo de Cabarrús Quilty, se marie avec Enriqueta Kirkpatrick, tante de l'impératrice Eugénie de Montijo et de la duchesse d'Albe[133][134].


¤ Francisco de Cabarrús, né en 1776, s'engage au 8e bataillon des volontaires de la Seine[135]. Il meurt, en 1794, sur un champ de bataille, à l'Armée du Nord.


¤ Barthélémy de Cabarrús, né en 1778, meurt avant 1785.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

SES ÉCRITS[]

.


Écrits destinés à Jovellanos[]

.

Cartas Sobre Los Obstaculos Que La Naturaleza..., Francisco Conde de Cabarrús.

Le Rapport sur la Loi Agraire, de Jovellanos, et les Cartas, de Cabarrús.

Ses Cartas sobre la felicilad publica, adressées à Jovellanos, sont publiées après sa mort (1813) et plusieurs fois réimprimées.

Mais François de Cabarrús (1752 - 1810) écrit aussi à Jovellanos :

Cartas sobre los obstaculos que la naturaleza, la opinion y las leyes oponen à la felicidad publica, escritas por el Conde de Cabarrus al S. D. Jovellanos, Madrid, 1813. Le recueil de ces lettres forme le résumé de tous les obstacles qui s'opposent à la prospérité de l'Espagne ; mais les moyens que l'auteur préconise pour les faire disparaître sont bien près de l'utopie. Dans cet ouvrage Cabarrus signale :

¤ L'énormité des impôts indirects en Espagne ;

¤ La nécessité urgente de les réduire.

¤ Les effets désastreux du monopole de certaines denrées alimentaires.

¤ Les inconvénients de toute nature de l'alcavala y cientos.


Dans sa Sociedad economica, Jovellanos reprend les mêmes questions, mais il y ajoute la théorie du nécessaire. Pour lui, l'idée de l'impôt direct foncier est déjà toute une révolution, puisque, de temps immémorial, les propriétaires de la terre espagnole ne doivent rien et ne paient rien

L'impôt foncier n'est mis en place, en Espagne, qu'au XIXe siècle. La semence jetée en Espagne par l'influence française et les hommes du XVIIIe siècle n'est donc perdue. Elle mettra beaucoup de temps à germer parce que l'abaissement de l'Espagne et son épuisement sont profonds. La levée aura lieu par la suite. L’Espagne devra toujours une grande reconnaissance aux hommes d'État qui préparent son relèvement à cette époque.

Dans Cartas sobre los obstaculos que la naturaleza..., Cabarrus proclame son admiration pour l'Assemblée constituante française,la plus grande accumulation de talents et vastes connaissances qui peut-être a honoré l'humanité Mais il n'a aucune sympathie pour les Montagnards et la Terreur[136].

.

.

.

.

.

Ses autres écrits[]

.

Cartas, Conde de Cabarrús. Estudio preliminar de José Antonio Maravall', Editorial: Castellote, Madrid (1973).

Memoria Al Rey Nuestro Senor Carlos III Para La Extincion de La Deuda Nacional.

¤ Cabarrus, François, Cte de, Memoria presantado à S. M. para la formacion de un banco nacional, por mano del Excellentissimo Senor Conde de Floridablanca, su primer secretare de Estado. Madrid, 1782. Ce mémoire, pour l'établissement d'une banque est à l'origine de la banque Saint-Charles et de l'actuelle banque nanionale espagnole.

¤ Cabarrús, Francisco, Conde de, Mémoire du sieur François Cabarrus pour la création d'une Banque nationale, présenté à Sa Majesté Catholique par le comte de Floridablanca, son premier secrétaire d'Etat, le 22 octobre 1781. Imprimé par ordre du roi. Langue français. Publication Madrid, impr. de I. Ibarra : 1782 (traduction du précédent mémoire).

¤ Memoria sobre los montes pios, leida en la Real Sociedad economica de Madrid en 13 de Marzo de 1784.

¤ Memoria sobre la union del commercio de la America con la Asia, leida en la junta general de la compania de Caracas, de 3 de Julio de 1784.

¤ Memoria sobre los pesos, leida en la junta de la Direction del banco nacional de San-Carlos.

¤ Cabarrus, François, Cte de, Elogio de Carlos III, rey de Espana y de las Indias, leído en la junta general de la real sociedad económica de Madrid, de 25 de julio de 1789. Il s'oppose aux préjugés des Espagnols et aux faux principes de l'administration publique, des idées saines et libérales, revêtues de la plus belle forme d'éloquence. Cet écrit hardi ne contribue pas peu à attirer au Comte de Cabarrus des ennemis dangereux[137].

¤ Lettre de François écrite de sa prison au prince de la paix.

¤ Eloge de D.M. de Musquiz, ministre des finances. 1785.


Partatero (Le diseur de rien), sa feuille périodique, ne peut sortir que quelques numéros. L'Inquisition la fait supprimer par ordre du gouvernement. Ce journal, baptisé diseur de rien, en dit beaucoup trop sur les méfaits du pouvoir monacal en Espagne[138].

.

.

.

.

.

Francisco de Cabarrús.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

NOTES ET RÉFÉRENCES[]

.

  1. Regureiro Ovidio Garcia, Francisco de Cabarrús, Un personaje y su epoca, Madrid : Centro de Estudios Políticos y Constitucionales, 2003.
  2. Les grands Basques dans l'histoire universelle: première série, Volume 1, Olivier Baulny, Société Pyrénéenne de Reproduction Offset, 1976.
  3. Thérèse Charles- Vallin, François Cabarrus, un corsaire aux finances, A2C médias éditions - Novembre 2013.
  4. Les diplomates espagnols du XVIIIe siècle: introduction et répertoire biographique, 1700-1808, Volume 64 de Casa de Velázquez, Numéro 72 de Collection de la Maison des pays ibériques, Didier Ozanam, Casa de Velázquez, 1998.
  5. Richard Herr, The Eighteenth Century Revolution in Spain. Princeton University Press, 1958
  6. Les Maçons Célèbres
  7. Regureiro Ovidio Garcia, Francisco de Cabarrús, Un personaje y su epoca, Madrid : Centro de Estudios Políticos y Constitucionales, 2003.
  8. Jean Sarrailh, L'Espagne éclairée de la deuxième moitié du XVIIIe siècle, Paris, Klincksieck, (1954).
  9. Mémoires du Comte Miot de Melito. 2ème et 3ème éd. rev. et augmentée, Miot, André François (1762-1841 ; comte de Melito), p.142 et 143.
  10. Francisco de Cabarrús: un personaje y su época, Centro de Estudios Políticos y Constitucionales, Ovidio García Regueiro, Centro de Estudios Políticos y Constitucionales, 2003.
  11. Jean Sarrailh, L'Espagne éclairée de la deuxième moitié du XVIIIe siècle, Paris, Klincksieck, (1954).
  12. El Banco de San Carlos (1782-1829), Alianza Editorial, 1988. ISBN 84-206-9589-0.
  13. Francisco de Cabarrús: un personaje y su época, Centro de Estudios Políticos y Constitucionales, Ovidio García Regueiro, Centro de Estudios Políticos y Constitucionales, 2003.
  14. Dictionnaire universel des sciences morale, économique, politique et diplomatique; ou..., J. B. Robinet, A Londres, chez les libraires associés 1777-1778. p. 617.
  15. Correspondance secrète, politique & littéraire ou Mémoires pour servir à l'histoire des..., Guillaume Imbert de Boudeaux, Alexandre-Balthazar-Laurent Grimod de La Reynière, p.4.
  16. Grand Armorial de France, de Raoul de Warren
  17. Dictionnaire des corsaires et des pirates, Philippe Hrodej, Gilbert Buti, CNRS.
  18. Dictionnaire des corsaires et des pirates, Philippe Hrodej, Gilbert Buti, CNRS.
  19. Arch. de Bayonne, AA 25 avril 1789.
  20. Cornevin Robert, Cornevin Marianne, La France et les Français outre-mer: De la première Croisade à la fin du Second Empire, Tallandier, 1990, p.73
  21. Lehr Henry, Les Protestants d'autrefois: sur mer et outre mer, Librairie Fischbacher, 1907, p.38 et 39.
  22. Joseph Nogaret, Une famille de riches bourgeois sous l'Ancien Régime, les Haraneder, de Saint-Jean-de-Luz, bulletin de la Société des sciences, lettres et arts de Bayonne, 1933
  23. Zylberberg Michel, Une si douce domination, Les milieux d’affaires français et l’Espagne en 1780-1808, Histoire économique et financière de la France. Études générales, 1993, p. 353-354, 358-360
  24. Ozanam Didier, La colonie française de Cadix au XVIIIe siècle d’après un document inédit (1777), Mél. Casa Velasquez, vol. 4, 1968, liste des maisons de commerce françaises à Cadix entre 1724 et 1791.
  25. Francisco de Cabarrús: un personaje y su época, Centro de Estudios Políticos y Constitucionales, Ovidio García Regueiro, Centro de Estudios Políticos y Constitucionales, 2003.
  26. Francisco de Cabarrús: un personaje y su época, Centro de Estudios Políticos y Constitucionales, Ovidio García Regueiro, Centro de Estudios Políticos y Constitucionales, 2003.
  27. Francisco Cabarrús et Lalanne, comte de Cabarrús (Copie)
  28. Francisco de Cabarrús: un personaje y su época, Centro de Estudios Políticos y Constitucionales, Ovidio García Regueiro, Centro de Estudios Políticos y Constitucionales, 2003.
  29. Les Maçons Célèbres
  30. Madame Tallien, de Jules Bertaut.
  31. Inventaire sommaire des Archives départementales antérieures à 1790: Articles B 4160-4670 et appendice. Inventaire des fonds des Amirautés de Morlaix and de Quimper, du Consulat and de Tribunal de commerce de Morlaix. Rédigé par J. Lemoine and H. Bourde de La Rogerie. A. Jaouen, imprimeur de la Préfecture, 190.
  32. Une si douce domination: les milieux d'affaires français et l'Espagne vers 1780-1808, Michel Zylberberg, Comité pour l'histoire économique et financière de la France, Comité pour l'histoire économique et financière de la France, 1993, p.202.
  33. Nobiliario español: diccionario heráldico de apellidos españoles y de títulos nobiliarios, Julio de Atienza y Navajas (barón de Cobos de Belchite), Éditeur M. Aguilar, 1948.
  34. La obra de Julio de Atienza y Navajas, barón de Cobos de Belchite y marqués del Vado Glorioso, en "Hidalguía", Julio de Atienza y Navajas (barón de Cobos de Belchite), Ediciones Hidalguia, 1993.
  35. Caballeros de la Orden de Calatrava que efectuaron sus pruebas de ingreso durante el siglo XVIII, números 544 al 622, anexos I, II, III. Años 1784 a 1799. IV. Volume 4, Vicente de Cadenas y Vicent. Ediciones Hidalguia, 1987.
  36. La obra de Julio de Atienza y Navajas, barón de Cobos de Belchite y marqués del Vado Glorioso, en "Hidalguía", Julio de Atienza y Navajas (barón de Cobos de Belchite), Ediciones Hidalguia, 1993.
  37. Caballeros de la Orden de Calatrava que efectuaron sus pruebas de ingreso durante el siglo XVIII, números 544 al 622, anexos I, II, III. Años 1784 a 1799. IV. Volume 4, Vicente de Cadenas y Vicent. Ediciones Hidalguia, 1987.
  38. Caballeros de la Orden de Calatrava que efectuaron sus pruebas de ingreso durante el siglo XVIII, números 544 al 622, anexos I, II, III. Años 1784 a 1799. IV. Volume 4, Vicente de Cadenas y Vicent. Ediciones Hidalguia, 1987.
  39. Francisco de Cabarrús: un personaje y su época, Centro de Estudios Políticos y Constitucionales, Ovidio García Regueiro, Centro de Estudios Políticos y Constitucionales, 2003.
  40. Francisco de Cabarrús: un personaje y su época, Centro de Estudios Políticos y Constitucionales, Ovidio García Regueiro, Centro de Estudios Políticos y Constitucionales, 2003.
  41. Michel Zylberberg, Une si douce domination, Les milieux d’affaires français et l’Espagne en 1780-1808, Histoire économique et financière de la France, Études générales, 1993.
  42. La masoneria País Vasco: Francia, la cuna de la masonería vasca
  43. Un tiempo, un proyecto, un hombre: Antonio Robles Vives y los pantanos de ..., Juan Hernández Franco, Antonio José Mula Gómez, Joaquín Gris Martínez. EDITUM, 2002.
  44. Zylberberg Michel, Une si douce domination, Les milieux d’affaires français et l’Espagne en 1780-1808, Histoire économique et financière de la France. Études générales, 1993, p.185.
  45. Fernandez Lopez FCO Javier, Vaudour Jean. Un exemple de planification régionale dans le Sud-Est de l'Espagne: la dérivation Tage-Segura. Méditerranée, deuxième série, tome 21, 2-1975. pp. 61-69.
  46. Francisco de Cabarrús: un personaje y su época, Centro de Estudios Políticos y Constitucionales, Ovidio García Regueiro, Centro de Estudios Políticos y Constitucionales, 2003.
  47. Richard Herr, The Eighteenth Century Revolution in Spain. Princeton University Press, 1958
  48. Biographie universelle ancienne et moderne : ou histoire, par ordre alphabétique, de la vie publique et privée de tous les hommes qui se sont fait remarquer par leurs écrits, leurs actions, leurs talents, leurs vertus ou leurs crimes, Louis-Gabriel Michaud. Nouvelle édition, p.434.
  49. Michel Zylberberg, Une si douce domination, Les milieux d’affaires français et l’Espagne en 1780-1808, Histoire économique et financière de la France, Études générales, 1993.
  50. El Banco de San Carlos (1782-1829), Alianza Editorial, 1988. ISBN 84-206-9589-0.
  51. Correspondance secrète inédite sur Louis XVI, Marie-Antoinette, la cour et la ville de 1777 à 1792. 1866.
  52. L'art de vérifier les dates depuis l'année 1770 jusqu'à nos jours: formant la continuation, ou la troisième Partie de l'ouvrage publié sous ce nom, Volume 1, Jean B. Courcelles, Marquis de Fortia d'Urban, Édition 3, Arthus-Bertrand, Treuttel et Wurtz, 1821.
  53. Dubet, Anne (dir.). Les finances royales dans la monarchie espagnole : xvie-xixe siècles. Rennes : Presses universitaires de Rennes, 2008.
  54. Cabarrus à Múzquiz, Madrid, 10 octobre 1782, AGS, SSH, leg. 997.
  55. L'art de vérifier les dates depuis l'année 1770 jusqu'à nos jours: formant la continuation, ou la troisième Partie de l'ouvrage publié sous ce nom, Volume 1, Jean B. Courcelles, Marquis de Fortia d'Urban, Édition 3, Arthus-Bertrand, Treuttel et Wurtz, 1821.
  56. Dictionnaire universel, historique, critique et bibliographique... d'après la 8me ed, Chaudon et Delandine, 9me ed. revue et augmentée... Société de savans français et étrangers, p.123.
  57. A.H.B.E. Secretaria leg 454, Zylberberg Michel, Les milieux d’affaires français et l’Espagne en 1780-1808, p.285, Historia de la vida y reinado de Fernando VII de España, con documentos justificativos, p. 371, A.H.N. Consejos leg. 20255.
  58. La montagne n’est pas nécessaire à la montagne, mais l’homme l’est à l’homme.
  59. Francisco de Cabarrús: un personaje y su época, Centro de Estudios Políticos y Constitucionales, Ovidio García Regueiro, Centro de Estudios Políticos y Constitucionales, 2003.
  60. Thérèse Charles Vallin, François Cabarrus, un corsaire aux finances. A2C médias éditions - Novembre 2013.
  61. Gé-Magazine n°178 de 12/1989.
  62. Francisco de Cabarrús: un personaje y su época, Centro de Estudios Políticos y Constitucionales, Ovidio García Regueiro, Centro de Estudios Políticos y Constitucionales, 2003.
  63. Thérèse Charles Vallin, François Cabarrus, un corsaire aux finances. A2C médias éditions - Novembre 2013.
  64. Thérèse Charles Vallin, François Cabarrus, un corsaire aux finances. A2C médias éditions - Novembre 2013.
  65. Prats de Sournia, ARCHIVES PAR ÉTIQUETTE : CABARRUS
  66. Francisco de Cabarrús: un personaje y su época, Centro de Estudios Políticos y Constitucionales, Ovidio García Regueiro, Centro de Estudios Políticos y Constitucionales, 2003.
  67. Gentlemen, Bourgeois, and Revolutionaries Political Change and Cultural, Jesus Cruz, 1996 Cambridge University Press, p.189.
  68. Thérèse Charles Vallin, François Cabarrus, un corsaire aux finances. A2C médias éditions - Novembre 2013.
  69. Thérèse Charles Vallin, François Cabarrus, un corsaire aux finances. A2C médias éditions - Novembre 2013.
  70. Zylberberg Michel. François Cabarrús, agriculteur éclairé, ou un banquier aux champs, Un exemple d'Agriculture nouvelle en Nouvelle-Castille à la fin du XVIIIe siècle. Mélanges de la Casa de Velázquez, tome 15, 1979. pp. 415-450.
  71. Dubet, Anne (dir.). Les finances royales dans la monarchie espagnole : xvie-xixe siècles. Rennes : Presses universitaires de Rennes, 2008.
  72. G. Anes, Las crisis agrarias en la Espaha moderna, Madrid, 1970, p. 452.
  73. L'Espagne, l'État, les Lumières: mélanges en l'honneur de Didier Ozanam, Volume 86 de Collection de la Casa de Velázquez, Numéro 87 de Collection de la Maison des pays ibériques. Jean-Pierre Dedieu, Bernard Vincent, Casa de Velázquez, 2004.
  74. Regureiro Ovidio Garcia, Francisco de Cabarrús, Un personaje y su epoca, Madrid : Centro de Estudios Políticos y Constitucionales, 2003.
  75. Thérèse Charles Vallin, François Cabarrus, un corsaire aux finances. A2C médias éditions - Novembre 2013.
  76. Dictionnaire historique, ou, Histoire abrégée, François-Xavier Feller p.489.
  77. Gentlemen, Bourgeois, and Revolutionaries Political Change and Cultural, Jesus Cruz, 1996 Cambridge University Press, p.179.
  78. Boletin de la Real Academia de la Historia. TOMO CLXXXIV. NUMERO I. AÑO 1987, Real Academia de la Historia.
  79. Thérèse Charles Vallin, François Cabarrus, un corsaire aux finances. A2C médias éditions - Novembre 2013.
  80. Boletin de la Real Academia de la Historia. TOMO CLXXXIV. NUMERO I. AÑO 1987, Real Academia de la Historia.
  81. L'art de vérifier les dates depuis l'année 1770 jusqu'à nos jours: formant la continuation, ou la troisième Partie de l'ouvrage publié sous ce nom, Jean B. Courcelles, Marquis de Fortia d'Urban, Arthus-Bertrand, Treuttel et Wurtz, 1821.
  82. Boletin de la Real Academia de la Historia. TOMO CLXXXIV. NUMERO I. AÑO 1987, Real Academia de la Historia.
  83. Zylberberg Michel. François Cabarrús, agriculteur éclairé, ou un banquier aux champs, Un exemple d'Agriculture nouvelle en Nouvelle-Castille à la fin du XVIIIe siècle. Mélanges de la Casa de Velázquez, tome 15, 1979. pp. 415-450.
  84. Boletin de la Real Academia de la Historia. TOMO CLXXXIV. NUMERO I. AÑO 1987, Real Academia de la Historia.
  85. L'art de vérifier les dates depuis l'année 1770 jusqu'à nos jours: formant la continuation, ou la troisième Partie de l'ouvrage publié sous ce nom, Jean B. Courcelles, Marquis de Fortia d'Urban, Arthus-Bertrand, Treuttel et Wurtz, 1821.
  86. L'Espagne, l'État, les Lumières: mélanges en l'honneur de Didier Ozanam, Volume 86 de Collection de la Casa de Velázquez, Numéro 87 de Collection de la Maison des pays ibériques, Jean-Pierre Dedieu, Bernard Vincent, Casa de Velázquez, 2004.
  87. L'art de vérifier les dates depuis l'année 1770 jusqu'à nos jours: formant la continuation, ou la troisième Partie de l'ouvrage publié sous ce nom, Jean B. Courcelles, Marquis de Fortia d'Urban, Arthus-Bertrand, Treuttel et Wurtz, 1821.
  88. Viton de Saint-Allais, Nicolas. Nobiliaire universel de France, ou Recueil général des généalogies historiques des maisons nobles de ...
  89. Souvenirs diplomatiques de lord Holland, lord Henri Édouard Holland ; traduits de l'anglais, par H. de Chonski, Holland, Henry Richard Vassall-Fox (1773-1840 ; baron), 1851, p.65.
  90. Thérèse Charles Vallin, François Cabarrus, un corsaire aux finances. A2C médias éditions - Novembre 2013.
  91. L'art de vérifier les dates depuis l'année 1770 jusqu'à nos jours: formant la continuation, ou la troisième Partie de l'ouvrage publié sous ce nom, Volume 1, Jean B. Courcelles, Marquis de Fortia d'Urban, Édition 3, Arthus-Bertrand, Treuttel et Wurtz, 1821.
  92. L'art de vérifier les dates depuis l'année 1770 jusqu'à nos jours: formant la continuation, ou la troisième Partie de l'ouvrage publié sous ce nom, Volume 1, Jean B. Courcelles, Marquis de Fortia d'Urban, Édition 3, Arthus-Bertrand, Treuttel et Wurtz, 1821.
  93. Revue de la révolution, Volume 11, 1888.
  94. L'art de vérifier les dates depuis l'année 1770 jusqu'à nos jours: formant la continuation, ou la troisième Partie de l'ouvrage publié sous ce nom, Jean B. Courcelles, Marquis de Fortia d'Urban, Arthus-Bertrand, Treuttel et Wurtz, 1821.
  95. Souvenirs diplomatiques de lord Holland, lord Henri Édouard Holland ; traduits de l'anglais, par H. de Chonski, Holland, Henry Richard Vassall-Fox (1773-1840 ; baron), 1851, p.69 et 70.
  96. L'art de vérifier les dates depuis l'année 1770 jusqu'à nos jours: formant la continuation, ou la troisième Partie de l'ouvrage publié sous ce nom, Jean B. Courcelles, Marquis de Fortia d'Urban, Arthus-Bertrand, Treuttel et Wurtz, 1821.
  97. L'Espagne, l'État, les Lumières: mélanges en l'honneur de Didier Ozanam, Volume 86 de Collection de la Casa de Velázquez, Numéro 87 de Collection de la Maison des pays ibériques. Jean-Pierre Dedieu, Bernard Vincent, Casa de Velázquez, 2004.
  98. L'art de vérifier les dates depuis l'année 1770 jusqu'à nos jours: formant la continuation, ou la troisième Partie de l'ouvrage publié sous ce nom, Jean B. Courcelles, Marquis de Fortia d'Urban, Arthus-Bertrand, Treuttel et Wurtz, 1821.
  99. L'art de vérifier les dates depuis l'année 1770 jusqu'à nos jours: formant la continuation, ou la troisième Partie de l'ouvrage publié sous ce nom, Jean B. Courcelles, Marquis de Fortia d'Urban, Arthus-Bertrand, Treuttel et Wurtz, 1821.
  100. Thérèse Charles Vallin, François Cabarrus, un corsaire aux finances. A2C médias éditions - Novembre 2013.
  101. L'Espagne, l'État, les Lumières: mélanges en l'honneur de Didier Ozanam, Volume 86 de Collection de la Casa de Velázquez, Numéro 87 de Collection de la Maison des pays ibériques. Jean-Pierre Dedieu, Bernard Vincent, Casa de Velázquez, 2004.
  102. Thérèse Charles Vallin, François Cabarrus, un corsaire aux finances. A2C médias éditions - Novembre 2013.
  103. L'Espagne, l'État, les Lumières: mélanges en l'honneur de Didier Ozanam, Volume 86 de Collection de la Casa de Velázquez, Numéro 87 de Collection de la Maison des pays ibériques. Jean-Pierre Dedieu, Bernard Vincent, Casa de Velázquez, 2004.
  104. Nouvelle chronique de la ville de Bayonne, Jean Baptiste Bailac, Un Bayonnais, p.407.
  105. Richard Herr, The Eighteenth Century Revolution in Spain. Princeton University Press, 1958
  106. Zylberberg Michel. François Cabarrús, agriculteur éclairé, ou un banquier aux champs, Un exemple d'Agriculture nouvelle en Nouvelle-Castille à la fin du XVIIIe siècle. Mélanges de la Casa de Velázquez, tome 15, 1979. pp. 415-450.
  107. Zylberberg Michel. François Cabarrús, agriculteur éclairé, ou un banquier aux champs, Un exemple d'Agriculture nouvelle en Nouvelle-Castille à la fin du XVIIIe siècle. Mélanges de la Casa de Velázquez, tome 15, 1979. pp. 415-450.
  108. L. Domergue, Jovellanos à la Société Economique des Amis du Pays de Madrid (1778-1795), France- Ibérie Recherches, Université de Toulouse-Le Mirail, 1971, p. 21.
  109. Zylberberg Michel. François Cabarrús, agriculteur éclairé, ou un banquier aux champs, Un exemple d'Agriculture nouvelle en Nouvelle-Castille à la fin du XVIIIe siècle. Mélanges de la Casa de Velázquez, tome 15, 1979. pp. 415-450.
  110. Zylberberg Michel. François Cabarrús, agriculteur éclairé, ou un banquier aux champs, Un exemple d'Agriculture nouvelle en Nouvelle-Castille à la fin du XVIIIe siècle. Mélanges de la Casa de Velázquez, tome 15, 1979. pp. 415-450.
  111. Zylberberg Michel. François Cabarrús, agriculteur éclairé, ou un banquier aux champs, Un exemple d'Agriculture nouvelle en Nouvelle-Castille à la fin du XVIIIe siècle. Mélanges de la Casa de Velázquez, tome 15, 1979. pp. 415-450.
  112. Zylberberg Michel. François Cabarrús, agriculteur éclairé, ou un banquier aux champs, Un exemple d'Agriculture nouvelle en Nouvelle-Castille à la fin du XVIIIe siècle. Mélanges de la Casa de Velázquez, tome 15, 1979. pp. 415-450.
  113. Zylberberg Michel. François Cabarrús, agriculteur éclairé, ou un banquier aux champs, Un exemple d'Agriculture nouvelle en Nouvelle-Castille à la fin du XVIIIe siècle. Mélanges de la Casa de Velázquez, tome 15, 1979. pp. 415-450.
  114. Zylberberg Michel. François Cabarrús, agriculteur éclairé, ou un banquier aux champs, Un exemple d'Agriculture nouvelle en Nouvelle-Castille à la fin du XVIIIe siècle. Mélanges de la Casa de Velázquez, tome 15, 1979. pp. 415-450.
  115. Description du canal dans AHN, Div. Fondo Cabarrûs, N/16.
  116. AHN, Div. Fondo Cabarrús, N/83. Le canal a coûté 1.654.775 reales de vellón, soit 413.000 francs (un franc valant quatre reales de vellón, mais il doit dépenser immédiatement près de 200.000 reales pour des réparations
  117. Zylberberg Michel. François Cabarrús, agriculteur éclairé, ou un banquier aux champs, Un exemple d'Agriculture nouvelle en Nouvelle-Castille à la fin du XVIIIe siècle. Mélanges de la Casa de Velázquez, tome 15, 1979. pp. 415-450.
  118. Francisco Cabarrús et Lalanne, comte de Cabarrús (Copie)
  119. Cabarrús, Francisco de (1752-1810)
  120. Autographe DE FRANÇOIS CABARRUS
  121. Le spectre du jacobinisme: L'expérience constitutionnelle française et le premier libéralisme espagnol, Bibliothèque de la Casa de Velázquez, Jean-Baptiste Busaall, Casa de Velázquez, 2017.
  122. Vie et aventures de Joachim Murat, depuis sa naissance jusqu'à sa mort, A. L. J. Godin, Éditeur Ménard et Desenne, fils, 1816.
  123. Dictionnaire historique, ou, Histoire abrégée, François-Xavier Feller p.489.
  124. Lettres et documents pour servir à l'histoire de Joachim Murat, 1767-1815: publiés par S. A. le prince Murat, prince Joachim Napoléon Murat, Plon-Nourrit et cie, 1912.
  125. Cabarrús, Francisco de (1752-1810)
  126. Napoléon et Joseph Bonaparte, le Pouvoir et l'Ambition, Vincent Haegele, Tallandier 2015.
  127. Cabarrús, Francisco de (1752-1810)
  128. V. Chapelle de San Pablo ou la Concepción Grande.
  129. Jean-Philippe Luis. La famille comme objet historique en histoire moderne et contemporaine. Pascale Auraix-Jonchi`ere. Balzac et consorts : Scénographies familiales des conflits historiques dans le roman du XIXe siècle, BRILL RODOPI, pp.17-34, 2015, 978-90-04-21792-8.
  130. Gentlemen, Bourgeois, and Revolutionaries Political Change and Cultural, Jesus Cruz, 1996 Cambridge University Press, p.183.
  131. Gentlemen, Bourgeois, and Revolutionaries Political Change and Cultural, Jesus Cruz, 1996 Cambridge University Press.
  132. Kirkpatrick of Closeburn (Memoir), p.71.
  133. Gentlemen, Bourgeois, and Revolutionaries Political Change and Cultural, Jesus Cruz, 1996 Cambridge University Press.
  134. Kirkpatrick of Closeburn (Memoir), p.71.
  135. L’Intermédiaire des Chercheurs et Curieux, Volume 13, 1963.
  136. L'Espagne, l'État, les Lumières: mélanges en l'honneur de Didier Ozanam, Volume 86 de Collection de la Casa de Velázquez, Numéro 87 de Collection de la Maison des pays ibériques. Jean-Pierre Dedieu, Bernard Vincent, Casa de Velázquez, 2004.
  137. Dictionnaire universel, historique, critique et bibliographique, ou Histoire abrégée et impartiale des hommes de toutes les nations, qui se sont rendus célèbres, illustres ou fameux par des vertus, des talens, de grandes actions, des opinions singulières, Louis-Mayeul Chaudon,Mame, 1812.
  138. Dictionnaire universel, historique, critique et bibliographique, ou Histoire abrégée et impartiale des hommes de toutes les nations, qui se sont rendus célèbres, illustres ou fameux par des vertus, des talens, de grandes actions, des opinions singulières, Louis-Mayeul Chaudon, Mame, 1812.
Advertisement