Wiki Guy de Rambaud
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                              Charles II du Mottet de Séchilienne 


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Le château de Séchilienne.

Du Mottet fait le lien à Grenoble entre les influences ligueuses mayennistes et la Savoie. Portrait du Duc de Mayenne.

Charles II du Mottet de Séchilienne (ca 1530 - août 1619) a des revenus sur Champier et Nantoin en 1574, et devient par achat seigneur d'Oulle et de Séchilienne en septembre 1601.

Originaire d’Embrun, cette famille se fixe à Grenoble au milieu du XIVe siècle. C’est Charles, le deuxième du nom qui devient le grand homme de la famille qui va en déclinant après lui. Charles II du Mottet, administrateur, diplomate et soldat, se distingue auprès de Catherine de Médicis et des rois Charles IX, Henri III, le duc de Savoie et enfin Henri IV. Les guerres de religion lui sont bénéfiques. Il achète pour 5.000 écus le 10 septembre 1601 au seigneur d’Albigny les seigneuries de Séchilienne et Oulles avec tous les droits y attaché. Les du Mottet conservent cet antique héritage de la famille des Alleman jusqu’en 1743, date où leur nom s’éteint[1].

Le Roi Henri III (1574 - 1589) lui accorde des revenus sur Champier et Nantoin en 1574. Le 12 juillet 1580, Charles II du Mottet est fait gentilhomme ordinaire de la cour du roi[2].

Charles II du Mottet combat plusieurs fois les protestants aux portes de Grenoble.

Du Mottet fait le lien à Grenoble entre les influences ligueuses mayennistes et la Savoie. En 1587, René de Lucinge nous dit que Mottet pousse le Duc à intervenir en Provence et dans le Dauphiné. Il se tourne vers la Savoie du fait des influences néfastes de la Ligue[3].

On a une lettre de l'archevêque d'Embrun, Guillaume d'Avençon de Saint-Marcel, de 1596, à M. du Mottet. Autogr. signé[4]. Guillaume d'Avançon de Saint-Marcel est le lieutenant général du Dauphiné de la Ligue catholique. En 1588 il participe aux états généraux de Blois, comme du Mottet.

Charles du Mottet est un habile négociateur, souvent employé par le connétable de Lesdiguières, comme Jacques Rambaud de Furmeyer[5].

Homme aux multiples activités, Charles II devient ensuite consul de Grenoble en 1612 et 1618.

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Mottet et le duc de Savoie[]

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Portrait de Charles-Emmanuel, duc de Savoie, à cheval.

Détail du tableau La Vierge au Rosaire, conservé au château des Lucinge, Allymes. Selon les interprétations, le personnage à côté du pape serait le duc Charles-Emmanuel de Savoie ou René de Lucinge[6].

Masse d'armes au musée "Arsenal" à Lviv (Ukraine).

Le duc de Savoie, Charles-Emmanuel Ier, correspond avec d’éminents représentants de la noblesse seconde dauphinoise, dont Charles d’Albigny, gouverneur de la ville, et Charles du Mottet, qui va est délégué de la noblesse dauphinoise aux États généraux de Blois en 1588...[7]. Du Mottet demande à entrer en contact direct avec le duc de Savoie par l'intermédiaire de René de Lucinge. Du Mottet fait le lien à Grenoble entre les influences ligueuses mayennistes et la Savoie. En 1587, René de Lucinge nous dit que Mottet pousse le Duc à intervenir en Provence et dans le Dauphiné. Il se tourne vers la Savoie du fait des influences néfastes de la Ligue[8].

L’apparition de la Ligue en France donne à Charles-Emmanuel la possibilité de s’appuyer sur ce nouveau parti catholique pour acquérir la Provence. Vers 1586-1587, un accord secret est proposé au duc de Mayenne, le frère de Guise. Charles-Emmanuel s’y engage à assister la Ligue. De plus, le duc de Savoie, bien que pouvant prétendre à la succession d’Henri III – il est le petit-fils de François Ier par sa mère –, accepte de renoncer à ses droits en échange de gains territoriaux :

Toute la Provence, le marquisat de Saluces, et le pars du Daulphiné du costé de la val de Grésivaudan.Charles-Emmanuel donne à du Mottet, des instructions pour parler au duc de Mayenne[9].

A la fin des guerres de religion les chefs de la ligue nobiliaire grenobloise ne veulent pas de la paix. Moydieu et surtout Albigny et Charles du Mottet, trop impliqués dans le jeu de Charles-Emmanuel Ier, ne comptent pas du tout se rapprocher des royaux, catholiques ralliés à Henri IV. Les négociations qu’ils fOnt mine d’accepter ont pour but ultime, non de se réconcilier, mais de gagner un temps précieux pour permettre à la Savoie d’acheminer les renforts qu’Albigny n’a cessé de réclamer. Ce dernier n’est pas un homme de compromis. Jamais il n’a accepté l’idée d’une trêve avec Lesdiguières, contrairement à ce qu’il laisse croire aux magistrats[10].

Selon le Dictionnaire historique des mœurs, usages et coutumes des François d' Aubert de La Chesnaye Des Bois, François-Alexandre (1699-1783) :

L'épée du célèbre chevalier Bayard eſt perdue. Le duc Charles-Emmanuel de Savoie l'ayant longtemps cherchée, pour la placer avec les raretés de la galerie de Turin, ne put la trouver, quelques recherches qu'il en fit faire, & fut obligé de mettre en la place la maffe d'armes, dont fe fervoit Bayard, que lui envoya Charles Du Motet, fieur de Chichiliane, gentilhomme du Dauphiné. Le duc de Savoie, dans la lettre, où il prioit ce feigneur de lui en faire préfent, ajoûtoit qu'il étoit fáché que cette arme ne fût plus en d'auffi bonnes mains, qu'en celles de ſon premier maitre, en paffant dans les fiennes. Louis XIl ex

François Alexandre Aubert de la Chenaye Desbois nous dit aussi que :

Charles Emmanuel de Savoie retira de Charles du Motet, Sieur de Séchiliane, brave & sage Gentilhomme de Dauphiné, un des ancêtres de MM. Du Motet, la masse d'arme du Chevalier Bayard, qu'il avoir eue, & qu'il possédait soit à titre de parenté ou de fraternité d'armes[11].

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Mottet et Lesdiguières[]

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Lesdiguières le nomme gouverneur de Gap en 1576, puis en fait un diplomate.

Lesdiguières et Mottet demandent la restitution de la citadelle de Château-Dauphin par le duc de Savoie au Roi, en 1598.

François de Bonne, duc de Lesdiguières.

Charles II négocie avec Lesdiguières en 1580[12].

Il renégocie avec Lesdiguières fin 1586[13].

Lettre signée par le connétable de Lesdiguières, avec trois lignes de sa main, du 22 octobre 1594, adressée à M. du Mottet[14].

Lettre signée du connétable de Lesdiguières, du 4 mai 1595, à M. de Mottet[15].

Lesdiguières envoie à Chambéry Charles du Mottet pour proposer le rasement des places fortes des Eschelles et Saint-Genis. Les Savoisiens rasent Les Eschelles et les Dauphinois Saint-Genis. Une trêve est conclue le 6 août 1595[16].

Instructions données par le duc de Lesdiguières, le 12 décembre 1598, à M. du Mottet. Pièce signée[17]. En 1598, Lesdiguières veut faire raser le fort du Pont de Beauvoisin. Il donne des instructions en ce sens à Charles II du Mottet, gentilhomme de la chambre[18].

Lettre signée par le connetable de Lesdiguières, avec trois lignes de sa main, du 15 août 1605, adressée à M. du Mottet[19].

Dans l'Histoire du Connetable de Lesdiguieres, écrite par un de ses Secrétaires, il est parlé ... :

... d'un nommé du Motet, Gentilhomme considérable du Dauphiné, qui se diftingua pour le service du Roi, pendant les funestes guerres de la ligue.

En effet, Charles du Mottet est un habile négociateur, souvent employé par le connétable de Lesdiguières, comme Jacques Rambaud de Furmeyer[20].

Mémoires et instructions détaillées par Monsieur de Lesdiguières à Monsieur du Mottet pour les négociations des affaires qu’il a à traiter avec le ministre de son Altesse de Savoye, comme député de la part de Monsieur de Lesdiguières. Ledict sieur du Motet consentira absolument et sans réserve à la démolition des fortifications du Pont-de-Beauvoisin, du château du Buqu… , et à la redition d’Arvilla Que moyennant la desmolition des fortifications desdictes places, sous la mesme conduicte, par les hommes et aux dépens de que dessus, son Altesse rende au Roy le Château-Dauphin, la Tour de Pont et face razer le fort de Beche-Daulphin….
Grenoble, le XIIe jour de décembre mil Ve quatre .


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Sa maison[]

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L'ancienne demeure des Mottet est au carrefour de la rue Chenoise et de la rue du Bœuf (rue Abel-Servien).

Les Mottet ont un immeuble rue Chenoise qui va de l'Isère à la place de la cathédrale.

L'hôtel des du Mottet comporte une galerie sur le Verderet.

Le quartier Notre-Dame, ainsi dénommé à cause de la cathédrale, est l'un des plus anciens de la ville, II constitue la limite du vieux Grenoble en direction de ce qui deviendra l'Île-Verte. C'est en effet à partir du quartier Notre-Dame et par l'avenue Maréchal-Randon que va se développer la ville jusqu'à la boucle de l'Isère. L'histoire très riche de ce quartier est marquée par quelques grandes familles grenobloises, telles que les Hache, les Du Mottet, les La Croix de Chevrière[21].

Charles II du Mottet habite rue Chenoise. Madeleine Rivière-Sestier, dans Grenoble secret; amours anciennes et vieux logis, parle d'une grande famille, personnages sans doute considérables[22]. La maison de la rue Chenoise, qui semble être la plus grande d’après le nombre par la suite de locataires, est celle qui est décrite avec le plus de précision. Le rez-de-chaussée se compose de deux boutiques, que la propriétaire désigne par le nom de la rue sur laquelle elles donnent : la boutique du côté Notre-Dame et celle du côté des Cordeliers. Les locataires du premier étage bénéficient de quatre chambres de plain-pied, avec un bûché et les commodités situées au dernier étage de la maison. Le deuxième étage compte lui aussi quatre chambres, mais aussi une cuisine, une chambre jacobine, un cabinet, deux galetas, une cave et un bûché, alors que le dernier étage est constitué de trois chambres, une tour et un galetas. On remarque alors que la séparation des étages n’est pas complète en 1693, puisque les commodités du premier étage sont situées au troisième. Cette séparation semble être effectuée en 1699, puisque Françoise du Mottet ne mentionne plus qu’un nom par étage. Le deuxième étage, qui est déjà équipé d’une cuisine, coûte d’ailleurs beaucoup plus cher que le premier puisque la location est de 135 livres par an contre 84 livres pour le premier étage. La répartition des locataires est conforme aux canons du début du XVIIIe siècle, puisque le premier étage, plus proche de la rue et des odeurs, est délaissé par les plus riches au bénéfice du second, dans lequel Françoise du Mottet loge des personnes appartenant au monde de la justice, et des notaires. Le dernier étage est quant à lui loué à la chambre, à des personnes plus pauvres, et notamment à certains marchands ou artisans[23].

La demeure des du Mottet est située au carrefour de la petite rue allant de la rue du Bœuf (rue Abel-Servien) à la rue Chenoise avec une galerie sur le Verderet[24]..

Cette rue est habitée par de grandes familles... On peut citer rapidement depuis le XVIe siècle les du Mottet, puis la famille de La Croix de Chevrières, Adrien de Bazemont (président en la Chambre des Comptes), M. de Pressins (procureur du Roi), le conseiller Du Sozey de la Croix, etc. On y trouve également les hôtels des dames de Marcieu et de la Coste, de nombreux avocats, procureurs, médecins[25].

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Son château et ses terres (1601)[]

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Le château de Séchilienne et la vallée de la Romanche.

Charles II du Mottet, administrateur, diplomate et soldat, se distingue auprès de Catherine de Médicis et des rois Charles IX, Henri III, le duc de Savoie et enfin Henri IV. Les guerres de religion lui sont bénéfiques. Il achète pour 5.000 écus le 10 septembre 1601 au seigneur d’Albigny les seigneuries de Séchilienne et Oulles avec tous les droits y attaché. Les du Mottet conservent cet antique héritage de la famille des Alleman jusqu’en 1743, date où leur nom s’éteint[26].

Pour protéger Vizille et son château des trop fréquents débordements de la Romanche, le connétable de Lesdiguières aménage le long des rives de l’impétueux torrent des murs de soutènement. Les premières digues prennent appui au rocher de la Croix du Mottet que va faire construire Pierre de Mottet, pour bien marquer ses limites de propriétés avec celles de Vizille. C’est ainsi que Vizille consacre une dévotion particulière à cette croix qui veille sur sa destinée. Il se crée l’usage de s’y rendre en pèlerinage pour demander, suivant les circonstances, la pluie ou le beau temps[27].


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Sa fin de vie[]

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Homme aux multiples activités, Charles II devient ensuite consul de Grenoble en 1612 et 1618.

Charles II teste le 28 novembre 1697.

Charles II du Mottet meurt en août 1619 laissant neuf enfants de deux mariages successifs, dont Octavien de son remariage avec Hippolyte de Saint Jullien.

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MARIAGES ET DESCENDANCE[]

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Mariages[]

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Mariage avec Alix de Stuart (1574)[]

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Blason de René Stuard, sg. de Cheminades, d'après d'Hozier.

William Stuart meurt en essayant de sauver son frère à la Journée des harengs.

Armorial du Gévaudan du Vicomte de Lescure.

Château de Cougoussac.

Charles VII et ses gardes.

Les Stuard de Cheminades dans L'Estat Politique de la Province de Dauphiné.

La terre de Cheminade à Ribennes dans le Gévaudan appartient en partie aux Stuart/Stuard même quand ils vivent dans le Comtat Venaissin, mais les Cheminades ne sont pas apparentés à la très ancienne et célèbre famille Estoard.

L'hôtel particulier de Jacqueline Stuart.

Bedoin et Mont Ventoux.

Jean d'Estoard, seigneur de Cheminades en Gévaudan [Haag,V 41] est nommé commandant du bourg de Bédoin, en 1563. Photo des remparts[28].

Le Parlement du Dauphiné où siège la Cour des comptes.

Le château d'Arces à Domène.

La maison-forte de Serrières a été fondée à la fin du XIIIe ou au début du XIVe siècle par la famille de La Poype.

Charles II du Mottet de Séchilienne épouse Alix de Stuart (ca 1555 - 1578), nièce de Guillaume Stuart de Cheminades. Elle naît dans le Comtat Venaissin, où sa famille est souvent confondue avec la maison très ancienne et illustre des Estoard.

Les Stuard de Cheminades prétendent se rattacher à la maison royale d'Ecosse. Les titres de la famille des Stuard de Cheminades sont vérifiés en 1784 sous le nom de Stuard et non d'Astuard/Astoaud. Le patronyme varie mais Alix Stuart est la descendante des Cheminades, d'une branche des Stuart et des Reth (les ancêtres écossais de la famille de Retz), selon l'Armorial du Gévaudan[29].

En 1419, 5 à 6.000 hommes partent d'Ecosse pour la France, sous la conduite du second fils du Régent, John Stuart, comte de Buchan, et de Sir John Stuart de Darnley, cousin au 5e degré de John Stewart de Buchan. John Stuart de Darnley, 1er seigneur d'Aubigny, compagnon de Jeanne d'Arc est accompagné de son demi-frère, Guillaume - William - Stewart (ap. 1382- 1429) seigneur de Stelemilk ou Castlemilk, alias Chaumont. Il est né d'un remariage de Sir Alexander Stewart avec Jonetta (Janet) Keith (1353 - 1421), co-héritière de Galbraith (fille de Sir William Keith of Galstoun ; veuve de David Hamilton of Cadzow). Il est donc le demi-frère de Jean Stuart de Darnley et d'Aubigny. Ses armes sont :

d'or à la fasce échiquetée d'azur et d'argent de trois tires, à la bande de gueules brochant.

Guillaume Estuard - William Stuart, frère de John Stuart d'Aubigny[30]- se marie avec une Reth, famille venue d'Ecosse avec les Stuart. Les Reth deviennent les Retz, maison distinguée par ses alliances et ses services militaires. Elle possède plusieurs terres considérables, et entre autres celle de Servières, qui donne rang à l'une de ses branches cadettes parmi les barons des états du Gévaudan. Les diverses preuves que cette famille devant les intendants de Languedoc et d'Auvergne, lors de la recherche générale de la noblesse, sous le règne de Louis XIV, devant les généalogistes du Roi, existent au cabinet de l'ordre du Saint-Esprit, faisant partie des manuscrits de la Bibliothèque de S.M., établissent sa filiation depuis David de Retz. Guillaume Stuart (alias William Stewart) accompagne son frère au siège d'Orléans et est tué, en tentant de le saver, le 12 février 1429 lors de la Journée des harengs. Beaucoup de capitaines, dont Jean Stuart et son demi-frère Guillaume Stuart sont morts lors de cette bataille à Rouvray-Saint-Denis, au nord d'Orléans. Ils sont enterrés dans la cathédrale d'Orléans[31].

Le fils de Guillaume (alias William Stewart), Alain Stuart (ca 1420 - ap. 1479), épouse vers 1450 Héraclée de Cheminades (ca 1435 - ap. 1479), fille de Guillot de Cheminades, seigneur de Cougoussac, et Catherine des Roais. C'est au XIVe siècle que les Cheminades font fait de la borie de Cougoussac un château. A Damiette, sous le sceau de Hugues de Fontanges, chevalier d'Auvergne, Bertrand de Cheminades, est cité, l'an du Seigneur mil deux cent quarante neuf, selon l'Armorial des salles des Croisades. En 1470, le manoir d'un autre seigneur de Cheminades (à Ribennes) est pris par Thomas de Murs et des valets. Alain Stuart (av. 1429 - ap. 1479) fait souche en Gévaudan, sous le nom francisé d'Estuard ou Estoard[32]. Il est seigneur de Gonet, coseigneur de Cheminades, archer de la Garde Écossaise de Charles VII (1422 - 1461). En 1450 on a aussi David de Retz (ca 1420 - 1491), certainement cousin germain d'Alain Stuart, qui se marie avec Isabelle, soeur d'Héraclée de Cheminades. Il fait partie de la garde écossaise de Charles VII (1422 - 1461) et est bailli du Gévaudan, coseigneur de Cheminades.

Alain Stuart (av. 1429 - ap. 1479) et Héraclée de Cheminades (ca 1435 - ap. 1479) sont la tige de la famille Stuard de Cheminades qui restent possessionnés dans le Gévaudan, notamment au manoir de Cheminades, en la paroisse de Ribennes. Ils ne sont donc pas originaires du Comté de Venisse (Comtat Venaissin), comme le dit Chorier dans L'Estat Politique de la Province de Dauphiné. Il s'installe à Bedoin à côté du Mont-Ventoux, où un quartier porte le nom de Cheminades. Il est à noter que la la maison très ancienne et illustre des Estoard n'a pas d'alliance avec les Cheminades et leur manoir dans le Gévaudan. Estuart ou Stuard sont des déformations connues du patronyme de la famille Stuart.

Ils viennent s'y installer du temps de Jean Estuard (ca 1480 - ap. 1530) qui se marie avec Jeanne de Chavas (ca 1480 - ap. 1530). Ils sont les parents de :

¤ Jacques Stuard, sg. de Cheminades, se marie avec Hélène de Vileilles.
Jacqueline Stuart (1510 - ap. 1551), Demoiselle Ecossoise, épouse George Grolier Trésorier general de Cremone, le 20 janvier 1527. Ils sont les parents de George Grolier, Ecuyer, Seigneur de Casaut, vivant en 1560[33]. Dans les Estreines de 1546, Fontaine fait le don d’un quatrain à celle qu’il nomme la Thresoriere de Cremone. Derrière ce titre se cache une figure bien connue du milieu littéraire, Jacqueline Stuart, épouse de Georges Grolier, trésorier de Crémone. Point n’est besoin de rappeler son échange avec Clément Marot, publié dans L’Adolescence clémentine. On sait moins, en revanche, qu’elle correspond également poétiquement avec Bonaventure des Périers. Il reste que la ville de Lyon est prodigue en femmes de lettres célébrées dans toute la France, dont Jacqueline de Stuart. Mais ce sont des aristocrates et non des bourgeoises, comme le sont les autres poétesses de France. Jacqueline Stuart dans son magnifique hôtel particulier, à l'angle de la place du Change et de la rue Saint-Jean, charme par sa grâce et son esprit et sa beauté la faute société lyonnaise[34].
¤ René Stuard (° 1510), sg. de Cheminades en Gévaudan, d'après d'Hozier, noble et Ecuyer, se marie avec Jeanne du Chaylar en 1530. Les du Chaylar sont alliés aux du Puy-Melgueil, famille protestante, selon le Nobiliaire universel de France, ou Recueil général des généalogies historiques des maisons nobles de ce royaume.... Ils sont les parents de :


Jean d'Estoard ou Astoard, seigneur de Cheminades en Gévaudan [Haag,V 41], prend les armes pour la cause protestante lorsque la première guerre civile éclate. En 1562, pendant les guerres de religion, Bédoin est pillé par les Protestants car trois de ses habitants ont ouvert le portail Catheron à la troupe du Capitaine Mouvans, fidèle lieutenant d.u marquis de Puy-Montbrun[35], parent des Stuard de Cheminades. En juillet 1563, après trois jours de siège, le calviniste Gaspard Pape, seigneur de Saint-Auban, se rend maître de Bédoin. Jean d'Estoard est nommé commandant du bourg de Bédoin, en 1563, par Gaspard Pape, seigneur de Saint-Auban, gouverneur du Comtat Venaissin et de la principauté d'Orange. Ce n'est qu'à la fin de l'année suivante que le village est reconquis par les Catholiques. En 1565, un nouveau gouverneur est nommé, Lilio de Joannis. Avant les guerres de religion, Estoard épouse, en 1550, Madelaine Geoffroy.


Alix Stuard de Cheminades est la fille de Jean de Stuart, sire de Cas[s]ault[36]. Il est maître des Comptes du Dauphiné, vers 1550[37] ou plutôt dès 1541[38] et Demoiselle Ysarde de Pilla[39].

Alix Stuard de Cheminades se marie avec Christophe d'Arces, Seigneur de la maison forte de Domène, fils de Humbert Morard d'Arces et Louise de La Poype. La famille d'Arces s'est installée à Domène durant le Moyen-Age et y possède une maison-forte. Elle est connue sur titre depuis 1160. Le nom provient du lieudit d'Arces, apparaissant vers 1040 en la paroisse de Saint-Ismier où se trouve une vieille tour carrée méritant le nom de donjon. Louis d'Arces au XIIe siècle, n'a qu'une fille, Guiffrède, qui épouse en 1216 Hugues de Morard ; leurs deux premiers fils relèvent le nom maternel et cinq branches en sont issues ; le dernier fils continue le nom paternel. C'est donc une de ces cinq branches d'Arces qui se fixe à Domène où elle tient une maison-forte au XIIIe siècle. Guy Allard, dans son Dictionnaire du Dauphiné, mentionne dans son paragraphe sur les maisons-fortes, deux bâtisses de ce genre portant le nom d'Arces : il s'agit de celle de Saint-Ismier et de celle de Domène. D'après Henri Jougla de Morenas :

La famille de La Poype, qui remontait sa filiation à 1150, avait pour auteur Giraudet de La Poype, allié à Eléonore de Tournon, dont l'arrière-petit-fils Etienne, connétable du Dauphin en 1272.

Alix StuarT (ca 1555 - 1578) est veuve sans enfant de Christophe Morard d'Arces (1530 - av. 1575). Charles II du Mottet de Séchilienne l'épouse en 1574 en présence de François de Saint-Marcel d'Avançon, évêque de Grenoble de 1561 à 1575. Les témoins sont Aynard Rivail, Gaspard Fléhard, Jean du Vache, conseillers au parlement du Dauphiné[40], mais aussi François Fléhard, Premier président de la Chambre des comptes du Dauphiné, puis évêque de Grenoble de 1575 à 1606. Balthazard de Framboisier, sieur du Monestier et de Vatier, chevalier de l'ordre du roi, Noble Louis Coct, seigneur du Châtelard et des Champs, et noble François de Murinais, sieur de la Bastie, son beau-frère, sont eux-aussi présents[41].

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Mariage avec Hippolyte Émé de Saint-Julien (1578)[]

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Octavien Émé de Saint Jullien (1551-1624) Conseiller du Roi, Président au Parlement du Dauphiné.

Charles du Mottet, seigneur de Séchilienne, Champier et Nantoih, gentilhomme ordinaire du roi, épouse en deuxièmes noces Hippolyte Émé de Saint-Julien, fille de Barthélémy Emé de Saint-Julien, seigneur de Saint Julien, et d'Eléonore Pélisson.

Octavien Émé de Saint-Julien, son beau-frère, Président à mortier au parlement du Dauphiné, seigneur de Touvet et de Barbarin, sa seconde épouse, et ses exécuteurs testamentaires, règlent sa succession. Ces derniers sont : Bertrand de Morges, seigneur de La M0tte-Verdeyer, capitaine, lieutenant des gendarmes du connétable de Lesdiguières et Octavien Ferrand, conseiller au Parlement de Grenoble.

Il lègue à Hippolyte Émé de Saint-Julien 600 livres, sa maison rue Chenoise et différents meubles.

Richard Melchior de Saussac, revend le château et les terres de Barbarin, le 16 juin 1586, au prix de 12.000 écus (ADI 3 E 1140) à Octavien Émé de Saint Jullien (1551 - 1624) Conseiller du Roi, Président au Parlement du Dauphiné. Ces possessions marquent l’influence de cette illustre famille en Bas-Dauphiné. Nous lui devons la tour ronde du château.

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Descendance[]

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Charles II du Mottet de Séchilienne teste à nouveau le 28 novembre 1617, laissant deux fils, Charles et Octavien, deux filles mariées et quatre filles religieuses.

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De sa première épouse[]

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Château des Armuet de Bonrepos plusieurs fois alliés aux du Mottet.

Château de Fassion.

Joseph Pie Gabriel de Menon de Ville est le descendant de Marguerite du Mottet. Il est Commandeur de Carlat, de la Vaufranche et de Bellecombe, chevalier de justice, puis procureur de l'Ordre au grand-prieuré d'Auvergne.

Charles du Motet est fils de Charles II du Motet, Seigneur de Sechilliennes & d'Oules, & d'Alix Stuart Demoiselle Ecoffoife, parente de Jacqueline Stuart, qui a un salon à Lyon[42]. Noble Charles III du Mottet (1575/1576 - ap. 1638) est seigneur de Chapier, Consul de Grenoble en 1612 et 1618. Il se marie d'abord à Claudine Arzac de Savel, fille de Jaques d'Arzac, seigneur de la maison forte de Savel et Françoise Blanc. Ette est décédée avant le 27 avril 1625, sans postérité. Charles III du Mottet se remarie, le 27 avril 1625, avec Alix de Briançon de Varces (1600 - ap. 1659), fille de Joseph de Briançon, écuyer Seigneur de Varces et de son épouse (1587) Françoise Armuet de Bonrepos. Quand une fille de Marguerite Armuet et Bertrand Auberjon de Murinais naît le 13 mars 1653, à Grenoble, elle est baptisée à Murinais en janvier 1654 et a pour marraine dame Alix de Briançon de Varces, dame du Mottet. Charles du Motet et Alix de Briançon de Varces n'ont qu'une fille, Catherine du Mottet, mariée le 9 Octobre 164,à Imbert d'Albis de Grolier du Soleil. De cette même famille des Grolier sont les Seigneurs de Casaut & de Dommartin, qui descendent de George Grolier, Trésorier general de Crémone, qui le 20 janvier 1527 épouse Jacqueline Stuart Demoiselle Ecossoise[43].

Marguerite du Mottet (1577 - ap. 1638) se marie, le 11 août 1591, avec noble Gaspard de Fassion, seigneur de Sainte-Jay, de Brion et de Saint-Jayme, d'une famille de chevaliers de l'Ordre de Malte au grand prieuré d'Auvergne. Il a la jouissance des droits et usages dans la forêt de Chambaran. On a les papiers de la famille Fassion de Sainte-Jay : acquisition de la grange de Nesmoz par "Gaspard de Fassion" (1603), vente et subrogation des droits de la Verrerie Vieille dans les Chambaran à "Gaspard de Fassion" par Françoise de Beaujeu, veuve de Pons Nicolas de Soizon, du mandement de Bressieux (1605), acte de « guerpissement » de la grange de la Verrerie Vieille fait à "Gaspard de Fassion" par Antoine Morel (1605), litige entre Claude Berger (ou Bergier) seigneur de Roybon et les habitants de Roybon, d’une part et "Gaspard de Fassion", d’autre part (1613-1614), procès entre Varacieux et Chasselay, d’une part et "Gaspard de Fassion", d’autre part (1616 - 1618)[44]. Ils sont les parents de :

¤ Jean Charles de Fassion

¤ Georges de Fassion

¤ Charles de Fassion ( - 1638)

¤ Bertrand de Fassion

¤ Charles Antoine de Fassion ( - 1672) marié le 16 décembre 1631 avec Anne de Vachon de Belmont.

¤ Claude de Fassion ( - 1630), marié en 1617 à Gasparde Expilly, fille de Claude Expilly et Isabeau de Bonneton. Il est Seigneur de Brion, Avocat Général puis Président au Parlement de Grenoble.

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De sa seconde épouse[]

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Catherine du Mottet de Séchilienne, née en 1579, épouse de Jacques d'Auberjon de Murinais.

Bertrand Auberjon de Murinais, fils Catherine du Mottet[45].

Marguerite Armuet, belle-fille de Catherine du Mottet, d'une famille souvent alliée aux du Mottet[46].

Dans le quartier de la rue Chenoise se trouvent des hôtels habités par de grandes familles. Au XVIe siècle, les du Mottet, personnages sans doute considérables, puisque le 16 août 1579, Catherine du Mottet est tenue sur les fonds baptismaux de Saint-Hugues par Catherine de Médicis, lors du séjour que la Reine fait à Grenoble. A une époque où les nobles tendent à investir dans des charges parlementaires, les Mottet persistent dans les carrières armées jusqu’à Octavien qui meurt en 1638[47].


¤ Catherine du Mottet est mariée le 17 mars 1602 à Jacques d'Auberjon (1575 - 1630), seigneur de Murinais, La Balme, de Buissonrond[48]. Il est le fils d'Aymard Auberjon ( - 1553), écuyer, seigneur de Buissonrond, et Claudine de Murinais, d'une très vieille famille de grande et bonne noblesse. Ils sont les parents de :

Bertrand d'Auberjon de Murinais, seigneur de Murinais, de Buissonrond et de La Balme, Capitaine au régiment d'Henrichemont. la famille possède le château de Murinais, près de St Marcellin (brûlé par les allemands en 1943) et d'autres châteaux aux environs de La Tour du Pin[49]. Bertrand d'Auberjon de Murinais se marie le 20 août 1645 avec la dernière du nom d’Armuet, Marguerite, qui à 17 ans[50]. Peu après en 1646, un des cousins de Marguerite se marie aussi : Imbert de Grolier d'Albisse, fils d’une autre Marguerite Armuet, tante, qui convole avec Catherine du Mottet (Catherine est un prénom beaucoup porté chez les du Mottet), puis en 1647 naît le premier enfant de Marguerite : Thérèse Catherine (ou Catherine Thérèse) Auberjon de Murinais, baptisée à Notre-Dame de Grenoble le lundi de Pâques en 1648 et dont le parrain est François Armuet, le doyen du chapitre cathédral, son grand-oncle et la marraine dame Catherine du Mottet, la grand-mère. Bertrand Auberjon, le mari de Marguerite, dans son Livre de raison note les naissances de ses enfants mais ne cite pas toujours leur prénom, comme pour ce fils qui naît en 1652, le samedi 10 février, à St Marcellin, qui a l'eau le lendemain et baptisé le 21 mai 1659 avec pour parrain noble Ennemond de Loras et marraine sa grand-mère Anne de Loras. Barbe la norrice, ma femme lui a baillé à nourrir le petit…. Une fille née le 13 mars 1653 à Grenoble est baptisée à Murinais en janvier 1654 ayant pour marraine dame Alix de Briançon de Varce, dame du Mottet. Bertrand Auberjon, mari de Marguerite, décède en 1664, après avoir testé le 5 juin[51].


Anne d'Auberjon de Murinais, de Jacques d'Auberjon de Murinais, seigneur de Buissonrond, et Catherine du Mottet, mariée avec Jean d'Yzerand, comte du Molard, seigneur de La Grange, fils de Jean d'Yzerand, seigneur de Beauvais et Lucresse de La Porte. Anne Auberjon de Buissonrond, dame du Mollard, est veuve et héritière de noble Jean d'Izerand.


¤ Octavien du Mottet, seigneur de Seychilienne & d'Oulle, ne s’illustre pas particulièrement comme ses ancêtres par des faits d’armes. Il est enseigne de la compagnie de M. de Morges, puis gouverneur de la Bastille de Grenoble pour le Roie[52]. Pierre de Cornu épouse en secondes noces, le 18 juillet 1620, Méraude de Francon (1600 - 1641). , fille de Jean, sr de Saint-Jean. Sa veuve, épouse, en 1627, Octavien du Mottet (1610 - 1641). Octavien du Mottet meurt en laissant sa veuve de Francon seule avec leur fils Pierre. Ce dernier est orphelin en 1641, à l’âge de 12 ans.

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Pierre du Mottet de Séchilienne (1629 - 1699)[]

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Pierre du Mottet (1629 - 1699) érige une grande croix de bois sur l’éperon rocheux qui borne encore de nos jours les deux communes de Vizille et Séchilienne. Autour de cette croix, une légende est née. Devenue oratoire elle devient, au cours du temps, lieu de procession et de dévotion à la Vierge, consacré aux nombreuses inondations de l’irascible Romanche[53].

Le livre de raison de Françoise du Mottet (1666 - 1724), née Fay de Villiers, avec dessin regroupant les emblèmes des Fay et des Mottet au sein d’un seul et même blason[54].

Le château de Lesdiguières.

La Bastille, dont Pierre est le gouverneur sur un plan de Grenoble établi vers 1604 par Jean de Beins.

Le fils d'Octavien, Pierre, se contente de sa qualité de Seigneur de Séchilienne[55].

Pierre du Mottet de Séchilienne naît le 23 mars 1629. Il est orphelin de père et de mère en 1641, à l’âge de 12 ans. Il se marie le 17 octobre 1666 à Grenoble (Saint Hugues) avec Françoise Fay de Villiers (1648 - 1724). Françoise Fay de Villiers (1648 - 1724) est la fille de Just de Fay de Villiers et de Madeleine de Villeneuve. Son père est avocat et consul à Grenoble, probablement dans la première moitié du siècle, ce qui le place au cœur des élites urbaines grenobloises. L’ascension familiale se poursuit dans la deuxième moitié du siècle lorsque le fils aîné de Just et Madeleine, prénommé Charles, achète la charge d’avocat général au parlement du Dauphiné[56]. Les origines familiales de Françoise dee Villiers et de Pierre du Mottet nous permettent de voir qu’il s’agit ici d’un mariage classique entre le fils d’une lignée militaire en perte de prestige et la fille d’une famille de noblesse récente, entrée au parlement. Il s’agit là de deux familles qui sont profondément ancrées dans la société grenobloise, et qui partagent un attachement commun aux charges municipales grenobloises.

Pierre du Mottet de Séchilienne (1629 - 1699) est nommé Gouverneur pour le roi de la bastille de Grenoble. Il est par héritage seigneur de Séchilienne et d'Oulle. Pierre du Mottet fait compiler tous les actes de sa famille dans deux cahiers, reliés en 1672, ce qui dénote cette importance que l’on accorde aux papiers de famille... dans les familles nobles.

Françoise Fay de Villiers (1648 - 1724) commence le jour de son mariage à écrire un livre de raison en quatre volumes. Ecrire, tenir un livre de raison, apparaît bien comme une pratique noble, et une tradition familiale des Fay de Villiers que perpétue Françoise du Mottet[57]. Françoise du Mottet appartient à l’élite urbaine et nobiliaire pour laquelle le taux d’alphabétisation des femmes est de 100%, ce qui lui permet d'écrire un livre de raison en quatre volumes[58]. La famille de Fay de Villiers apporte 18.000 livres de dot, ce qui n’est pas exceptionnel à une époque où les dots font généralement entre 20.000 et 60.000 livres[59].

Séchilienne et Oulles, par un arrêt de la Chambre des Comptes du 10 mai 1622, sont séparés quant à la taillabilité[60]. Au milieu du XVIIe siècle, Pierre du Mottet de Séchilienne (1629 - 1699), petit-fils de Charles II, soutient un procès pour la délimitation de sa seigneurie avec le mandement de Vizille, contre Messire François de Créqui. Pour bien marquer ses limites de propriétés avec celles de Vizille, Pierre du Mottet érige une grande croix de bois sur l’éperon rocheux qui borne encore de nos jours les deux communes de Vizille et Séchilienne[61].

En 1660, le mandement de Vizille appartient aux Lesdiguières et le mandement de Séchilienne est propriété du seigneur du Mottet. Celui-ci décide de faire le point sur son domaine et contacte son notaire. C’est à cette occasion qu’un épais dossier de sept cents pages, est constitué sur ce projet d’échange de terres réunissant l’ensemble des procès sur quatre cent cinquante ans.

Le seigneur du Mottet de Séchilienne découvre alors qu’il est propriétaire de tout le plateau de Montsec. Il va voir les habitants pour leur dire qu’à présent, l’impôt ne devra plus être versé aux Lesdiguières, mais à lui. Cette décision est bien difficile à faire appliquer et, de nouveau, le procès est relancé.

On a l'enterrement de noble Pierre du Mottet, seigneur de Séchilienne, âgé de 71 ans, le 16 août 1699 à Grenoble. Il est le père de :

Claire Luce du Mottet (1667 - 1721)
Madeleine du Mottet (1668 - ap. 1739) qui suit.
Jean Baptiste François du Mottet est né le 24 juin 1679, à Grenoble, est lieutenant au régiment de la Couronne.
Charles Gabriel du Mottet (1672 - 1743), qui suit.

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Charles Gabriel du Mottet de Séchilienne (1672 - 1743)[]

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Annet de Clermont Gessan, grand-oncle de son épouse.

Portrait de Paule Françoise Marguerite de Gondi (1655 - 1716), duchesse de Lesdiguières, puis douairière (1677 - 1716).

Extrait de l'Armorial du Dauphiné.

Charles-Gabriel du Mottet est baptisé le 26 août 1672 à Grenoble (Saint Hugues et Saint Jean). L’héritier tant attendu voit le jour en août 1672. Une entrée dans l’envers du premier livre de raison de sa mère lui est même consacrée sous le titre : Mémoire de l’argent que iay donné à la nourrice de Charles-Gabriel du Mottet mon fils. Charles-Gabriel reste 18 mois en nourrice pour la somme de 59 livres. Après la remise de l’héritage (1699) et le mariage de Charles-Gabriel, fils aîné de Françoise et Pierre du Mottet, en 1702, comme ce dernier refuse d’effectuer ce à quoi il s’est engagé lorsque sa mère lui a remis le patrimoine familial, Charles-Gabriel se trouve contraint d’accepter un arbitrage[62]. Il est seigneur de Séchilienne et Saint-Barthélémy.

Charles-Gabriel est l’enfant qui concentre sur sa seule personne la stratégie familiale visant à faire accéder la famille du Mottet au milieu des parlementaires grenoblois. Ses parents achètent pour lui la charge de conseiller au parlement du Dauphiné le 6 août 169767. L’achat de cette charge permet au fils aîné du couple de poursuivre la tradition de sa famille maternelle[63].

Charles-Gabriel du Mottet épouse le 17 octobre 1702, à Saint-Hugues, Grenoble. Elle est la fille de François de Barral de Clermont (1625 - 1699), neveu d'Annet de Clermont-Gessan, le 59e grand maître des Hospitaliers de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem], et de Louise de Tencin. Les Barral de Clermont : une lignée de notaires à Saint-Aupre (près de Voiron), puis capitaine-châtelains à Voiron, avocats, conseillers et enfin Présidents au Parlement de Grenoble.

Le dernier seigneur du Mottet de Séchilienne exerce en 1740 la fonction de Conseiller au Parlement du Dauphiné[64].

Au niveau des limites de ses terres, c’est une femme qui met un terme à toutes ces décennies de conflit. En 1712, la duchesse de Lesdiguières Paule-Françoise-Marguerite de Gondi, veuve de François-Emmanuel de Créqui, quatrième duc de Lesdiguières, n’a plus d’héritier puisque son fils unique est mort à 25 ans sans laissé de descendance. Elle contacte son notaire et la transaction est conclue en juin 1712 avec du Mottet dans les mêmes termes qu’au temps du Dauphin, il y a quatre cents ans. La rangée de bornes rouges vues sur la carte de 1674 changent de direction pour découper la propriété d’une nouvelle manière. Toute la partie depuis la chapelle du Haut-Morel jusqu’à la fontaine est donnée à Séchilienne. Par contre, il existe peu d’indications sur le morceau donné en échange par Séchilienne. On sait simplement que c’est dans la région de l’Ile Falcon. Donc en 1712, le plateau de Montsec devient propriété des Mottet et la forêt au-dessus de Montfalcon devient Mésageoise. Charles-Gabriel du Mottet (1672 - 1743) ne laisse pas d'enfants d'Anne de Barral (1685 - 1742)


Sa soeur, Madeleine du Mottet (1668 - ap. 1739) touche une pension après 1739 de son frère Charles Gabriel de 400 livres. Elle se marie avec Pierre de Pellafol, le 13 octobre 1699, Grenoble (St Hugues). Il est le fils de Dominique & de dame Marie de Laçon. Les Pellafol héritent des Mottet et deviennent les Pellafol du Mottet. Françoise de Pellafol, petite-fille de Françoise du Mottet, se voit contester la possession des terres de Séchilienne par des membres éloignés de sa parenté.

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NOTES ET RÉFÉRENCES[]

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  1. LA CROIX DU MOTTET, ANDRÉ GLAUDAS
  2. Histoire de Grenoble et ses environs: depuis sa fondation ... - Page 190. Jean Joseph Antoine Pilot de Thorey · 1829.
  3. Grenoble au temps de la Ligue: étude politique, sociale et ... - Page 527. Stéphane Gal · 2000.
  4. Catalogue des livres imprimés et des autographes composant la bibliothèque de feu M. N.-F Cochard,... dont la vente aura lieu le lundi 24 novembre prochain..., J. Janon, Éditeur Louis Perrin, 1834.
  5. Chroniques dauphinoises et documents inédits relatifs au Dauphiné pendant la Révolution- les..., Aimé Louis Champollion-Figeac P. 296.
  6. Conseil général de l’Ain / SPIM.
  7. Gal, Stéphane. Entre loyalisme et rébellion : les assemblées générales de la ville de Grenoble (1588-1598), Revue d’histoire moderne & contemporaine, vol. no49-3, no. 3, 2002, pp. 7-25.
  8. Grenoble au temps de la Ligue: étude politique, sociale et ... - Page 527. Stéphane Gal · 2000.
  9. MICALLEF, Fabrice. Chapitre II. La Provence des années 1580, espace à risques dans l’horizon français et international ? In : Un désordre européen : La compétition internationale autour des « affaires de Provence » (1580-1598). Paris : Éditions de la Sorbonne, 2014.
  10. Gal, Stéphane. Malaise et utopie parlementaires au temps de la Ligue : les « moyenneurs » du parlement de Dauphiné, Revue historique, vol. 618, no. 2, 2001, pp. 403-431.
  11. Dictionnaire de la noblesse ... de France, François Alexandre Aubert de la Chenaye Desbois, Edition 2. 1775. P. 514.
  12. Histoire de Grenoble et ses environs: depuis sa fondation ... - Page 190. Jean Joseph Antoine Pilot de Thorey · 1829.
  13. Histoire de Grenoble et ses environs: depuis sa fondation ... - Page 190. Jean Joseph Antoine Pilot de Thorey · 1829.
  14. Catalogue des livres imprimés et des autographes composant la bibliothèque de feu M. N.-F Cochard,... dont la vente aura lieu le lundi 24 novembre prochain..., J. Janon, Éditeur Louis Perrin, 1834.
  15. Catalogue des livres imprimés et des autographes composant la bibliothèque de feu M. N.-F Cochard,... dont la vente aura lieu le lundi 24 novembre prochain..., J. Janon, Éditeur Louis Perrin, 1834.
  16. Chroniques d'une frontière sous l’Ancien Régime: Les 2 Pont de Beauvoisin (1500-1788), Serge Guiboud-Ribaud, BoD - Books on Demand France, 2013. ISBN 2322031402, 9782322031405. p. 185.
  17. Catalogue des livres imprimés et des autographes composant la bibliothèque de feu M. N.-F Cochard,... dont la vente aura lieu le lundi 24 novembre prochain..., J. Janon, Éditeur Louis Perrin, 1834.
  18. Chroniques d'une frontière sous l’Ancien Régime: Les 2 Pont de Beauvoisin (1500-1788), Serge Guiboud-Ribaud, BoD - Books on Demand France, 2013. ISBN 2322031402, 9782322031405. p. 189.
  19. Catalogue des livres imprimés et des autographes composant la bibliothèque de feu M. N.-F Cochard,... dont la vente aura lieu le lundi 24 novembre prochain..., J. Janon, Éditeur Louis Perrin, 1834.
  20. Chroniques dauphinoises et documents inédits relatifs au Dauphiné pendant la Révolution- les..., Aimé Louis Champollion-Figeac P. 296.
  21. [Mille_et_une_rues_1BIB_2757 (3).pdfLes mille et une rues de Grenoble - Grenoble]
  22. Madeleine Rivière-Sestier dans Grenoble secret; amours anciennes et vieux logis. Didier et Richard, 1969, p. 148.
  23. Emmanuelle Navarro. Laisser une image de soi : le livre de raison de Françoise du Mottet (1666-1724). Histoire. 2007. ffdumas-00413697f.
  24. [Mille_et_une_rues_1BIB_2757 (3).pdfLes mille et une rues de Grenoble - Grenoble]
  25. [Mille_et_une_rues_1BIB_2757 (3).pdfLes mille et une rues de Grenoble - Grenoble]
  26. LA CROIX DU MOTTET, ANDRÉ GLAUDAS
  27. LA CROIX DU MOTTET, ANDRÉ GLAUDAS
  28. Les remparts et le portail Catheron
  29. Lescure M. H. F. C. de, Armorial du Gévaudan, Lyon, A. Badiou-Amant, 1929.
  30. Volume 2 de Les Ecossais en France, les Français en Écosse, Francisque Michel, Editeur Trübner & Company, 1862.
  31. Volume 2 de Les Ecossais en France, les Français en Écosse, Francisque Michel, Editeur Trübner & Company, 1862.
  32. Lescure M. H. F. C. de, Armorial du Gévaudan, Lyon, A. Badiou-Amant, 1929.
  33. Usages des Pays de Bresse, Bugey et Gex, leurs Statuts, Stil et Édits: divisés en deux parties, Volume 2, Charles Revel, Besson, 1775.
  34. Aimé Vingtrinier · 1894. Histoire de l'imprimerie à Lyon: de l'origine jusqu'à nos jours - Page 163.
  35. Les remparts et le portail Catheron
  36. Généalogie de la maison de Sainte Colombe, ses alliances et ..., Paul de Varax · 1881.
  37. Manuel de numismatique française. Médailles, jetons, méreaux, Adrien Blanchet, ‎Adolphe Edmond Dieudonné · 1969.
  38. De l'usage des fiefs et autres droits seigneuriaux, par messire Denis de Salvaing, seigneur de Salvaing & de Boissieu, conseiller du roy en ses conseils, & premier president en sa chambre des comptes en Dauphiné. Derniere édition. Revue, corrigée et augmentée, Denis de Salvaing de Boissieu, Chapitre cathédral, chez André Faure, 1731.
  39. Généalogie de la maison de Sainte Colombe, ses alliances et ..., Paul de Varax · 1881.
  40. Généalogie de la maison de Sainte Colombe, ses alliances et ..., Paul de Varax · 1881.
  41. Généalogie de la maison de Sainte Colombe, ses alliances et ..., Paul de Varax · 1881.
  42. Usages des Pays de Bresse, Bugey et Gex, leurs Statuts, Stil et Édits: divisés en deux parties, Volume 2, Charles Revel, Besson, 1775.
  43. Usages des Pays de Bresse, Bugey et Gex, leurs Statuts, Stil et Édits: divisés en deux parties, Volume 2, Charles Revel, Besson, 1775.
  44. [AD 38 4 E 725 VARACIEUX archives-isere.fr/uploads/Externe/Archive/Archive/b2/ALO_ARCHIVE_248_1461324390.pdf]
  45. La recherche et ses trouvailles (suite)
  46. La recherche et ses trouvailles (suite)
  47. Le Parlement de Grenoble au XVIIe siècle. Étude sociale Paris, Université de Paris IV Sorbonne, Thèse de doctorat d'État, 1986, 528 p. 42.
  48. Généalogie de la maison de Sainte Colombe, ses alliances et ..., Paul de Varax · 1881.
  49. La recherche et ses trouvailles (suite)
  50. La recherche et ses trouvailles (suite)
  51. La recherche et ses trouvailles (suite)
  52. Le Parlement de Grenoble au XVIIe siècle. Étude sociale Paris, Université de Paris IV Sorbonne, Thèse de doctorat d'État, 1986, 528 p. 42.
  53. LA CROIX DU MOTTET, ANDRÉ GLAUDAS
  54. Emmanuelle Navarro. Laisser une image de soi : le livre de raison de Françoise du Mottet (1666-1724). Histoire. 2007. ffdumas-00413697f.
  55. Le Parlement de Grenoble au XVIIe siècle. Étude sociale Paris, Université de Paris IV Sorbonne, Thèse de doctorat d'État, 1986, 528 p. 42.
  56. Emmanuelle Navarro. Laisser une image de soi : le livre de raison de Françoise du Mottet rédigé de 1666 à 1724. Histoire. 2007. ffdumas-00413697f.
  57. Emmanuelle Navarro. Laisser une image de soi : le livre de raison de Françoise du Mottet (1666-1724). Histoire. 2007. ffdumas-00413697f.
  58. Emmanuelle Navarro. Laisser une image de soi : le livre de raison de Françoise du Mottet (1666-1724). Histoire. 2007. ffdumas-00413697f.
  59. Emmanuelle Navarro. Laisser une image de soi : le livre de raison de Françoise du Mottet (1666-1724). Histoire. 2007. ffdumas-00413697f.
  60. LA CROIX DU MOTTET, ANDRÉ GLAUDAS
  61. LA CROIX DU MOTTET, ANDRÉ GLAUDAS
  62. Emmanuelle Navarro. Laisser une image de soi : le livre de raison de Françoise du Mottet (1666-1724). Histoire. 2007. ffdumas-00413697f.
  63. Emmanuelle Navarro. Laisser une image de soi : le livre de raison de Françoise du Mottet (1666-1724). Histoire. 2007. ffdumas-00413697f.
  64. Dauphiné mystérieux et légendaire - Page 63. Gilbert Coffano · La Fontaine de Siloé 1999.
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