Wiki Guy de Rambaud
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                             Benoît de Rambaud et le Sénégal

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Médaille de table en argent offerte par le vice-amiral Suffren de Saint-Tropezvice-amiral Suffren de Saint-Tropez à Thomas Villaret de Joyeuse. Ils sont tous les deux les témoins au mariage de Benoît de Rambaud, à Versailles en 1785[1].

Saint-Louis du Sénégal, d'où il part pour le fort Saint-Joseph de Galam. Il tombe rapidement malade sur le fleuve et il est mal soigné à l'hôpital de la ville, et enterré.

Benoît de Rambaud et le Sénégal' (1787). Pierre André de Suffren gère avec d’autres administrateurs la Nouvelle Compagnie du Sénégal et dépendances[2]. Quand, en 1783, le traité de Versailles restitue officiellement le Sénégal à la France. Le monopole de la gomme revient à la nouvelle Compagnie du Sénégal. Le bureau de Paris est composé du maréchal Emmanuel-Félicité de Durfort, membre de la loge maçonnique : l'Olympique de la Parfaite Estime[3], d’un lieutenant général des armées du roi, le comte de Blangy, d’un mestre de camp de dragons, le marquis de Saisseval, d’un conseiller de la grande chambre du Parlement, Saint-Romain, d’un directeur faisant fonction de rapporteur, Fraisse et de Suffren, Inspecteur des affaires de la Compagnie (16 février 1787)[4]. Ce dernier leur conseille d'envoyer là-bas le capitaine Benoît de Rambaud, ingénieur-géographe à Lorient[5]. Il est nommé commandant de la troupe du Sénégal et du fort Saint-Joseph de Galam[6][7], gouverneur d'un royaume au cœur de l'Afrique. Sur son dossier militaire, il a le titre de Commandant particulier au Sénégal (Gouverneur). Les administrateurs la Compagnie du Sénégal demandent à Benoît de Rambaud de conclure un traité d'alliance et de commerce avec le Tunka de Galam[8] et d'établir une sorte de protectorat français sur le royaume de Galam, à 500 km des côtes tout cela avec des moyens dérisoires. Le Galam c'est le Gajaaga, le pays de la guerre[9]. Mais le fort Saint-Joseph de Galam, principal établissement français au niveau économique en Sénégambie dans la première moitié du XVIIIe siècle peut pour la Compagnie le redevenir[10].

C'est un pari, mais aussi un échec ! Le gouverneur meurt des fièvres contractées sur le fleuve Sénégal du fait de dirigeants locaux de la Compagnie incapables. Le chevalier de Boufflers nous dit qu'elle ne respecte pas ses engagements vis-à-vis de Benoît de Rambaud. Malgré ses brillants états de service[11], il est subordonné à un certain Aubert, directeur du comptoir de Galam pour la Compagnie du Sénégal, personnage médiocre et corrompu[12]. Il ne peut rejoindre le fort Saint-Joseph, à Galam, car la Compagnie le fait partir trop tard. Benoît dès son arrivée à Bakel contracte les fièvres, comme ses hommes. Il retourne à Saint-Louis pour y mourir à l'hôpital[13].


Article détaillé : Benoît de Rambaud

Article détaillé : Benoît de Rambaud dans l'océan Indien

Article détaillé : Agathe Rosalie Mottet

Article détaillé : Pierre André de Suffren


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Cimetière où repose Benoît de Rambaud à Saint-Louis du Sénégal, sur le bord du fleuve en face de l'hôpital, où il décède des fièvres.

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AVANT SON DÉPART (1785 - début 1787)[]

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NOMMÉ CAPITAINE ET INGÉNIEUR GÉOGRAPHE À PONDICHÉRY (début 1787)[]

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Benoît demande son appui à la duchesse de Polignac, gouvernante des Enfants de France et donc proche de sa femme.

Remerciements à de Vaire, Intendant refuse toutes ses demandes depuis presque deux ans.

Dans le dossier individuel de Benoît Rambaud au CAOM[14] on trouve un courrier de Benoît de Rambaud au secrétaire d'État à la Marine, datant du 18 juin 1785, se plaignant de l’absence de Suffren et de la mort de Messire Beaudouin, son autre protecteur. Il rappelle à de Castries les propos élogieux de Suffren, d'Hoffelize, de Conway, d'Albignac...

Selon French in India and Indian nationalism, de Pondicherry University. Dept. of History (1999) une note de ses supérieurs, datant de 1786, précise qu'il a servi comme lieutenant aux Indes dans l'infanterie, l'artillerie et le corps des ingénieurs. En marge du dossier de l'impétrant, en 1786, ces quelques mots :

On pourra employer le sieur Rambaud dans la classe des ingénieurs géographes de l'Inde[15].

Voyant bien qu'il n'est pas écouté depuis presque deux ans, Benoît décide de demander l'appui de Yolande Martine Gabrielle de Polastron, la duchesse de Polignac, gouvernante des Enfants de France et donc proche de sa femme. Il lui en parle dès le 1er juin 1786. La duchesse va lui permettre de quitter Versailles où végètent beaucoup trop d'officiers.

Benoît de Rambaud est nommé capitaine dans le régiment de Pondichéry en 1786[16]. Toutefois il

Benoît est de fin 1786 à février 1787, ingénieur géographe à Lorient[17].

Le 21 janvier 1787, Benoît de Rambaud apprend à Lorient qu'il est envoyé au régiment de Pondichéry. Dans son dossier individuel au CAOM il fait une demande le 22 janvier 1787 pour rejoindre les ingénieurs géographes en Inde. Thomas Conway, Gouverneur Général des établissements français dans l'Inde, lui écrit, le 16 février 1787, lui demande de rejoindre son corps et lui dit qu'il y sera capitaine en second. Selon les archives du régiment de Pondichéry, des plans doivent être levés par Mr de Rambaud et adressés au ministère[18]. A Pondichéry, il compte retrouver Benoît Mottet de La Fontaine, oncle de sa femme, qui occupe déjà des fonctions fort importantes.

Benoît remercie ironiquement un certain Jean-Baptiste Guillemin de Vaivre (1736 - 1818), Intendant général des Colonies (1783 - 1790) pour cet avancement, alors que cet Intendant refuse toutes ses demandes depuis son retour des Indes. Méfiant Benoît lui demande sa commission de capitaine et la solde qui correspond. Benoît de Rambaud est très apprécié de ses anciens supérieurs, mais pas de certains bureaucrates des ministères versaillais.

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De 1783 à 1787, Benoît de Rambaud est lieutenant aux volontaires étrangers de la Marine, capitaine au Régiment de Pondichéry, puis Commissaire particulier au Sénégal.

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COMMANDANT AU SÉNÉGAL (début 1787)[]

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Le chevalier de Boufflers, gouverneur du Sénégal et quelques hommes de la garnison.

Le fort de Saint-Joseph, dans le royaume de Galam.

L'objectif : Plan du fort Saint-Joseph de Galam.

Après le royaume de Galam le fleuve n'est plus navigable et c'est une terre inconnue pour les toubabs (Européens).

Dans le même temps la Nouvelle compagnie du Sénégal et dépendances, sous la direction de M. de Suffren, a des visées sur le Galam. Ils veulent développer la traite des noirs et celle de la gomme arabique, car le tunka du Galam traite avec les Anglais[19]. Pierre André de Suffren fait nommer le capitaine Benoît de Rambaud commandant de la garnison du Sénégal et Commandant particulier du Fort de Galam.

Benoît de Rambaud doit signer un traité d'alliance avec le roi du Galam porte le titre de tounka (roi, en sarakhollé) tunka du Galam[20]. Comme le disent les Radios Soninkés c'est une tentative d'établissement d'un protectorat avec Benoît de Rambaud en 1787.

En 1787, l'idée de la Compagnie du Sénégal est de développer l'activité du fort Saint-Joseph au niveau commercial au Galam, pour mieux organiser le traitement des noirs et celui de la gomme arabique, qui forment l'essentiel du commerce du Sénégal.

Le nouveau commandant des troupes sénégalaises doit effectivement établir une sorte de protectorat sur le royaume de Galam[21].

Le but est de créer une base d'où partiront les expéditions vers l'Afrique centrale. La région à 100 km au-delà du Galam était inconnue des Européens et les cartes de la région entre le fort de Podor et celui de Galam très incomplètes. L'expédition du Brue en 1698 n'a pas aller plus loin.

Goldbery, par exemple, parle de 240 lieues au lieu des 350 lieues de la réalité, pour aller de Saint Louis et Galam. Le but est aussi de pacifier les Maures et de faire des princes noirs des royaumes voisins des alliés de la France.

La société demande aussi au futur gouverneur d'exploiter les mines du pays de Bambouk. Mais pour cette politique ambitieuse la Compagnie n'a pas donné à son Inspecteur des affaires de la Compagnie (le 16 février 1787)[22] les moyens d'atteindre ses objectifs.

Benoît de Rambaud a l'habitude des promesses non respectées. Thomas Conway, Gouverneur Général des établissements français dans l'Inde, lui redonne, le 16 février 1787, le grade de capitaine en second. A Versailles des fonctionnaires continuent à le dire lieutenant. La compagnie le nomme commandant, mais Benoît en est resté à la promesse du grade de lieutenant-colonel en 1784 du Secrétaire d'État. D'où une nouvelle demande[23].

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Demande du brevet de lieutenant-colonel (avril 1787)[]

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Courrier de son dossier demandant un brevet de lieutenant-colonel pour Benoît de Rambaud.

Nous avons vu que le Secrétaire d'État, le maréchal de Castries et Suffren lui ont demandé d’exécuter une mission particulière aux Indes et promis le grade de lieutenant-colonel en 1784. Benoît de Rambaud le rappelle à ce ministre par une demande de brevet de lieutenant-colonel, faite à Versailles, le 27 avril 1787. Il lui demande également une lettre de recommandation pour le chevalier de Boufflers. Benoît de Rambaud parle dans ce courrier de la protection du maréchal de Beauveau, mais de façon ambiguë. Une seule chose est sûre, le chevalier de Boufflers est le neveu de Beauveau.

Cette demande d'avancement rapide surprend le maréchal de Castries, qui la juge infondée, mais trouve que le commandant qui va servir sous les ordres de Boufflers a bonne façon. Mais même le maréchal de Beauveau répond qu'il n'a pas 25 ans de service pour être lieutenant-colonel. Il énumère les différentes fonctions qu'il va avoir au Sénégal et se figure qu'elles sont importantes. Ce maréchal ne lit certainement pas les courriers de son neveu Boufflers qui parle du trou du cul du monde et un trou du cul noir.

L'imposant dossier militaire de Benoît de Rambaud comporte 89 pages. Il vient d'être numérisé par le Centre des Archives d'Outre Mer, à Aix-en-Provence. Il se termine par la réponse du maréchal de Beauveau, le 28 avril 1787.

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Mars et avril 1787[]

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Concernant la place qui lui est proposée par la Compagnie du Sénégal.

Le Chevalier de Boufflers.

Jean-Baptiste Guillemin de Vaivre (1736 - 1818), Intendant général des Colonies (1783 - 1790), accepte que Benoît soit nommé, le 24 mars 1787, nouveau commandant de la troupe du Sénégal. Il doit aussi établir une sorte de protectorat sur le royaume de Galam, commander le fort de Galam et deux autres forts[24].

Le même Intendant général des Colonies, de Vaivre , lui écrit, le 30 mars 1787, que le roi accepte qu'il prenne le commandement d'une compagnie de noirs libres. La compagnie du Sénégal se charge de leur recrutement et les entretenir. Louis XVI ne voit pas non plus, selon l'Intendant, d'inconvénient à ce qu'il devienne Inspecteur des affaires de la Compagnie du Sénégal. De Vaivre dit en informer le chevalier de Boufflers, Gouverneur du Sénégal depuis 1785.

Le nouveau commandant de la garnison et futur gouverneur du royaume de Galam demande pour l'heure que ses suppléments de solde comme capitaine soient enfin payés. Il précise que son âge, son état de santé, ses moyens et son zèle ne lui permettent pas de refuser cette offre de la Compagnie. Néanmoins, comme il se rend au cœur de l'Afrique, il promet à l'Intendant de Vaivrede ne rien négliger pour se rendre utile à son département, en s'occupant de faire connaitre l'intérieur d'un pays jusqu'à ce jour inconnu des Européens, pour le remercier de sa bienveillance.

Benoît se réjouit de cette offre de Suffren. Un grade plus élevé, une solde trois ou quatre fois plus importante que celle de capitaine. Benoît de Rambaud va être pour la compagnie et la France : administrateur, diplomate, négociateur colonial, explorateur et cartographe.

Le 1er avril, Benoît de Rambaud touche 450 livres venant des trésoriers de Baudart de Saint James, mais il n'a toujours pas le 4 de ce mois la lettre de commandement qui lui permet de rejoindre son poste, ni un duplicata de son brevet de capitaine.

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Une carte générale de la rivière Sanaga (Sénégal) ; des chutes de Govina à l'océan. Plan du fort Saint-Joseph, en 1745.

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LE SÉNÉGAL EN 1787[]

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ÉTAT DU SÉNÉGAL EN 1787[]

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La côte (Gorée et Saint-Louis)[]

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Saint-Louis du Sénégal.

Guerre d'Indépendance des Etats-Unis d'Amérique, Prise du Sénégal.

Saint-Louis en 1787.

Les Hollandais fondent un comptoir sur l'île de Gorée. La France établit en 1659 celui de Saint-Louis qui devient la première capitale du Sénégal.

En 1677, la France prend le contrôle de ce qui est devenu un point de départ mineur de la traite négrière Atlantique : l'île de Gorée à côté de l'actuelle Dakar, utilisée comme base pour acheter les esclaves des chefferies en guerre sur le continent[25]. Mais Saint-Louis a un rôle important dans deux commerces de traite : la gomme arabique, les esclaves et le négoce de l'or[26]. Dès le XVIIIe siècle siècles les marchands blancs sont remplacés par les signares, de riches commerçantes métisses, centrées dans ces deux villes.

Les Français s'installent donc à Saint-Louis et à Gorée, où ils sont formellement gouvernés par la Compagnie du Sénégal. Cependant, les circonstances empêchent la mise en place de structures administratives. Le pouvoir réel dans ces centres est ainsi lentement renouvelé par les métis qui font le commerce avec l'arrière-pays.

En 1783, par le traité de Paris, l’Angleterre rend à la France ses comptoirs du Sénégal[27]. 1779 : Saint-Louis est repris aux Britanniques par le duc de Lauzun. L'île est administrée par des officiers nommés par le roi de France. Dumontet est le premier gouverneur de la colonie.

1783 : Le traité de Versailles restitue officiellement le Sénégal à la France. Le monopole de la gomme revient à la Compagnie du Sénégal. Le bureau de Paris est composé d’un maréchal de France, le Maréchal de Duras, d’un vice-amiral, le bailli de Suffren, d’un lieutenant général des armées du roi, le comte de Blangy, d’un mestre de camp de dragons, le marquis de Saisseval, d’un conseiller de la grande chambre du Parlement, Saint-Romain et d’un directeur faisant fonction de rapporteur, Fraisse.

1785 : Le chevalier de Boufflers est nommé gouverneur.

Les missionnaires européens ne vont introduire le christianisme au Sénégal et en Casamance au XIXe siècle. Ce n'est que dans les années 1850 que les Français commencent à vraiment s'étendre sur le continent sénégalais.

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Le voyage de Galam (fleuve Sénégal)[]

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Le fort de Saint-Louis du Sénégalà cette époque.

Saint-Louis du Sénégal, bords du fleuve.

Navigation sur le fleuve Sénégal.

La vallée du Sénégal est située au milieu de contrées semi-désertiques.

Les pluies et inondations sont fréquentes sur le fleuve Sénégal pendant une période de l'année empêchant de remonter son cours.

A la fin du XVIIe siècle, en 1698, André Brüe, directeur général pour la compagnie des Indes Occidentales de la Colonie du Sénégal, touche la Falémé au confluent du Sénégal et charge le frère Augustin Apollinaire de descendre la Falémé dans le but d'établir un comptoir au Galam. En 1700, André Brüe remonte le Rio Grande et visite le pays entre la Gambie et le Rio Grande. Il fonde en 1714 le fort de Kainoura sur la Falémé. Mais la Haute Gambie et le pays entre Gambie et Falémë restent inconnus. II nous faut attendre les dernières années du XVIIIe</sup siècle pour voir Golberry, Houghton et Mungo Park traverser pour la première fois ces régions[28].

Dominique Harcourt Lamiral (1751 - 1800) séjourne plusieurs années au Sénégal. Il écrit :

On voit sur le bord du fleuve, à terre, une armée de brigands qui épie l'occasion de vous assassiner et mettre le vaisseau au pillage...[29].

Le commerce se fait par des bâtiments qui remontent le Sénégal, et portent les marchandises. Les bâtiments de rivière qui font le voyage de Galam, mettent 40 à 60 jours pour y monter, et ils en redescendent en 8, 10, 12 et 15 jours. Le directeur du Sénégal y en envoie un nombre proportionné à la traite qu'il suppose devoir s'y faire, suivant les avis qu'il reçoit par terre de ces comptoirs dans la basse saison, parce que, depuis le mois de décembre jusqu'en mai, la rivière n'est point navigable, à 70 et 80 lieues de Galam. Les eaux baissent au point que cette rivière se trouve à sec en différents endroits, tels que vis-à-vis du fort Saint-Joseph. Les premières barques expédiées du Sénégal pour Galam y font ordinairement deux voyages. Chacune d'elles peut apporter de 80 à 120 captifs. Ce sont des bâtiments depuis 20 à 35 tonneaux , qui servent dans la basse saison ; les derniers pour le commerce de mer, et les autres pour celui de rivière. Ces barques ont des équipages nègres, la plupart naturels libres du pays ; les autres captifs, des créoles de l'île Saint-Louis du Sénégal.

Lamiral (1751 - 1800), qui est allé à Galam en 1785, dit que pour aller de Saint-Louis à Galam il faut se méfier des attaques des riverains du fleuve, principalement les Peuls, nation atrabilaire et perfide. Il faut payer à leur roi qu'un tiers de la coutume à l'aller et deux tiers au retour si tout c'est bien passé. Les bâtiments doivent être bien armés[30].

Mais sur la longueur du trajet le climat et les difficultés de la navigation sont d'autres épreuves à surmonter. Il faut partir de Saint-Louis en juin pour éviter les inondations, la végétation pas encore putréfiée[31].

Si les navires sont attaqués il faut s'en prendre aux chefs, brûler leurs villages et prendre en otage les femmes et les enfants jusqu'au paiement d'un dédommagement. Dominique Harcourt Lamiral, pourtant élu républicain parle de tuer les villageois maures, attacher leurs chefs aux mâts des navires et bien entendu exiger un maximum d'esclaves en rançon. Bien entendu ce personnage ne veut pas être dirigé par des officiers du roi ou de la compagnie car ils s'opposent à ce genre d'exactions.

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Le royaume de Galam[]

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Ruines du fort Saint-Joseph de Galam.

Image extraite de la page 99 du voyage de Durand au Sénégal. Avant le voyage terrestre de Rubault à Galam Durand lui donne des ordres.

Mauresse au bord de la Falémé, avec, à l'arrière-plan, le fort français de Sénoudébou.

Au XVIIIe siècle, les Français commencent à s'établir dans la région, établissant le fort de Saint-Joseph de Galam, qui leur sert de garnison et de lieu de troc avec les souverains du Gajaaga (pays de la guerre[32]), auprès desquels ils se procurent de nombreux esclaves et de la gomme.

Le premier fort ayant été emporté par les eaux en 1701, on en bâtit un autre qui est attaqué par les nègres, et qu'on est obligé de leur abandonner, après avoir mis le feu aux magasins en 1702. Enfin en 1713, on en construit un troisième à une lieue plus bas, auprès du village de Macanet, par ordre de la nouvelle compagnie de Rouen. De ce dernier fort qui soutient le négoce qui se fait dans des contrées hostiles il ne reste que des pans de murs et une masure.

Malgré les morts le commerce y est extrêmement prospère et constituer la principale source d'esclaves pour les traites négrières en partance du comptoir de Saint-Louis-du-Sénégal, jusqu'au moment où la France doit céder au Royaume-Uni ses établissements du haut du fleuve, en 1759. Cette région cédée à l'Angleterre par le traité de 1763, est rendu à la France par l'article III du traité de 1783 entre leurs majestés les rois de France et de la Grande-Bretagne.

Saint-Joseph présente l'originalité d'être situé sur le fleuve Sénégal à quatre cents kilomètres l'intérieur des terres, dans le pays de Galam où existent quelques mines d'or et d'où proviennent les esclaves. En créant en 1713 ce comptoir, le directeur de la compagnie, Brüe, a pour dessein de matérialiser et de renforcer le réseau commercial du fleuve, aisément navigable entre ce fort et la mer[33].

Les peuples qui habitent la région du fort Saint-Joseph de Galam se nomment Saracolets. C'est une nation turbulente, d'un naturel inconstant, et qui dépose aisément ses rois. Le Galam c'est le Gajaaga, le pays de la guerre[34].

La compagnie des Indes paie annuellement une coutume de 5 à 600 francs au à Tonca, tounka (roi, en sarakhollé) tunka du Galam[35], pour la liberté du commerce dans les Etats de ce roi. Le comptoir de Saint-Joseph de Galam est un des endroits où se fait encore ce qu'on appelé la traite, c'est-à-dire le commerce des noirs qui consiste à échanger ces malheureux contre des marchandises, telles que des verroteries, des bassines de cuivre, des toiles, des cristaux, de la poudre et des armes à feu.

Deux comptoirs fortifiés, établis l'un à Médine, près des cascades du Félou (Felow), et l'autre sur la Basse Falémé (un important affluent du fleuve Sénégal), à Sénoudébou, dépendent du commandement de Galam. En raison de la variation saisonnière du niveau d'eau, la navigation jusqu'aux chutes n'est possible que quelques mois après la saison des pluies. André Brue (1654 - 1738) propose à cette époque d'en fonder d'autres, mais son projet n'est pas réalisé, les Européens craignant de résider dans ces terres barbares et la compagnie n'en voyant pas l'intérêt économique[36].

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Bernard Giraudeau jouant le rôle du Chevalier de Boufflers, dans Les caprices d'un fleuve.

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BENOÎT DE RAMBAUD AU SÉNÉGAL[]

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Le voyage de Brest à Saint-Louis (juin/juillet)[]

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Le port de Brest, par Van Blarenberghe (1716-1794).

Benoît de Rambaud part au Sénégal peu de temps après sa nomination. Sa venue est attendue par le gouverneur, le chevalier de Boufflers. Ce dernier écrit :

Il faut pour le Sénégal, afin d'arranger les affaires de la Compagnie organiser le voyage de Galam, qui est l'affaire importante qui presse et qui souffre de grands obstacles.

Benoît part de Brest certainement en juin, puisqu'il arrive selon le chevalier de Boufflers le 22 juillet. Or, il faut attendre qu'un navire parte, puis le voyage est d'environ un mois.

Le chevalier de Boufflers nous dit que la compagnie du Sénégal ne respecte pas ses engagements vis-à-vis de Benoît de Rambaud. Malgré ses brillants états de service[37], il est subordonné à un certain Aubert, directeur du comptoir de Galam pour la Compagnie du Sénégal, personnage médiocre et corrompu[38].

Si les officiers envoyés par les compagnies n'ont pas toujours des origines aussi douteuses, ils subissent souvent l'influence du milieu. Les côtes africaines deviennent une terre d'exil pour toutes sortes de parias, brigands de grand chemin ou fils de familles déchus, où chacun aspire à devenir un despote[39].

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Naissance de sa fille[]

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Acte de baptême de Madeleine Célinie de Rambaud, le 29 juillet 1787.

Agathe de Rambaud, née Mottet, Dr Jacques Commarmond, d'après une miniature datant de cette époque.

Benoît n'est pas là à la naissance de sa fille Magdeleine Célinie de Rambaud, le 29 juillet 1787. Elle est baptisée le même jour à Versailles, toujours à la paroisse Saint-Louis. Son parrain, Louis Melchior Mottet, commissaire général de la marine est le grand-père maternel de l'enfant, représenté par Jean François Mottet son fils, futur commissaire de la Marine. Sa marraine est Marie Magdeleine Mottet, épouse de Pierre Louis de Labrousse, officier des gardes du corps du Roi. Ce futur colonel de l'armée des émigrés, et sa belle-sœur, élèvent ses enfants jusqu'au 10 août 1792. Il est à noter que la fille de ce couple, Adèle de Labrousse, devenue la baronne de Générès, vivra avec Agathe Rosalie Mottet à la mort de son mari.

Voici le texte l'acte :

L'an mil sept cens quatre vingt sept, le vingt neuf juillet, Magdeleine Célinie, née aujourd'hui fille légitime de Messire André Benoist Thérèse de Rambaud, chevalier de l'ordre royal de Saint-Louis, capitaine au régiment de Pondichéry et commandant la troupe du Sénégal en Afrique et d'Agathe Rosalie Mottet, a été baptisée par nous soussigné prêtre de la mission faisan les fonctions curiales, le parein Louis Melchior Mottet, grand-père de l'enfant, représenté par Jean-François Mottet, son fils, la mareine Marie Magdeleine Mottet épouse de Messire de la Brousse, tante maternelle de l'enfant, lesquels ont signé avec nous.

Madeleine Célinie de Rambaud est morte de privations pendant la Terreur.

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Le chevalier de Boufflers[]

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Le chevalier de Boufflers (1738 - 1815), gouverneur du Sénégal de 1785 à 1787.

L’ancien palais du Gouverneur, sur l’Île de Gorée, face à Dakar. Du fait du voyage à Galam de Benoît de Rambaud le gouverneur Boufflers doit séjourner plus souvent à Saint-Louis.

Les plaintes du comte de Lusace, frère d'une noble abbesse objet de moqueries de Boufflers, font encourir à ce dernier une complète disgrâce. Le chevalier de Boufflers|pauvre chevalier est déporté, pour ainsi dire, en qualité de gouverneur du Sénégal et de la colonie de Gorée.

Boufflers prend sa dignité nouvelle en patience, signale son administration par des institutions utiles et bienfaisantes, et, faisant oublier ses insultes, mérite le grade de maréchal de camp. Administrateur avisé et humain, il s’attache à mettre en valeur la colonie tout en se livrant à la contrebande de gomme arabique et d’or avec les signares. Il se lie en particulier avec la célèbre Anne Pépin.

Après une première absence pendant laquelle François Blanchot de Verly assure l'intérim. lE chevalier de BoufflersBoufflers sollicite d’être à nouveau le gouverneur du Sénégal. Ses deux séjours entre 1785 et 1787 sont l’occasion de la correspondance intime entretenue avec Mme de Sabran. L’écriture réflexive du journal se combine avec l’immédiateté de la correspondance, qui parvient en Europe par paquets selon les aléas du transport maritime.

Le chevalier de Boufflers quitte définitivement le Sénégal le 29 décembre 1787, regretté par les habitants des comptoirs de Gorée et Saint-Louis. Ces épisodes de la vie du chevalier de Boufflers sont portés à la scène en 2010 par la Compagnie La Poursuite sous le titre Ourika de Gorée au Pays des Lumières.

Les comptoirs de bord de mer ou sur le fleuve (Gorée, Saint-Louis, Podor et Galam) sont des lieux assez misérables. Le chevalier de Boufflers va tenter selon l’idéologie des Lumières qui l’habite d’organiser la colonie. Sa philosophie pratique est aussi nourrie des moralistes classiques : Sénèque, Montaigne et les écrivains du Grand Siècle. Une curiosité scientifique constante ; le sens de la justice, des préoccupations modernes (hygiène, urbanisme, architecture comme éléments d’une structuration physique et mentale) : l’idéal d’action de Boufflers rejoint très clairement celui des philosophes et économistes de son temps. Les idées physiocratiques sont mises en œuvre dans ses tentatives de développer la culture des productions agricoles exportables – coton et indigo. Le but est le bonheur d’autrui[40].

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La Nouvelle Compagnie du Sénégal en 1787[]

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Officier de la Compagnie et trafiquant d'esclaves.

Portrait du Maréchel Emmanuel-Félicité-de-Durfort (1715 - 1789), duc de Duras, membre du bureau de Paris de la Compagnie du Sénégal, par Jean Valade.

La barre à l'embouchure du Sénégal, qui explique l'implantation des comptoirs dans les embouchures des fleuves.

Le fort de Saint-Louis du Sénégal qui est aussi la résidence du gouverneur, mais aussi en partie un hôpital.

Fort de Podor sur le fleuve Sénégal.

La compagnie, qui possède à Saint-Louis et Gorée l'exclusivité des échanges avec le monde extérieur, représente aussi la nation française[41].

Jean-Baptiste-René Robinet, en 1777, écrit sur la Nouvelle Compagnie du Sénégal:

Les nations d'Europe assujettissent leurs négoces d'Afrique à des privilèges exclufifs. Les compagnies en poffeffion de ce monopole dont tous les gouvernemens ont enfin fenti & fait ceffer le vice, fortifièrent leurs comptoirs & pour en écarter les étrangers & pour affujettir les naturels du pays à ne vendre qu'à elles.

Au Sénégal et à Gorée la compagnie a le privilège exclusif de la traite de la gomme et du commerce au Sénégal, et elle est chargée par cette considération de toutes les dépenses de cette colonie. La Compagnie dépense 302.000 livres pour ce comptoir. Mais c'est l'état qui paie[42].

Le bureau de Paris de la Compagnie du Sénégal est composé d’un maréchal de France, le maréchal de Duras, d’un vice-amiral, le bailli de Suffren, d’un lieutenant général des armées du roi, le comte de Blangy, d’un mestre de camp de dragons, le marquis de Saisseval, d’un conseiller de la grande chambre du Parlement, Saint-Romain et d’un directeur faisant fonction de rapporteur, Fraisse. On peut voir dans cette nomination à ce poste de gouverneur, l'appui de son bienfaiteur, Suffren, qui est donc devenu l'un des administrateurs de la Compagnie du Sénégal.

La France récupère par le Traité de Versailles, du 3 septembre 1783, ses anciens établissements de la côte d'Afrique, notamment : la rivière du Sénégal avec les forts de Saint-Louis, Podor, Galam et Portendic et l'île de Gorée[43].

Benoît de Rambaud ne va pas rejoindre le régiment de Pondichéry et le corps des ingénieurs géographes aux Indes. Par une lettre, qui figure avec 88 autres documents de son imposant dossier au Centre des Archives d'Outre-Mer, nous apprenons que Pierre André de Suffren et les autres administrateurs de la Compagnie du Sénégal lui proposent un poste important au Sénégal[44].

Dominique Harcourt Lamiral (1751 - 1800), impliqué dans le commerce des esclaves, séjourne plusieurs années au Sénégal. Il est critique à l'égard des privilèges de la Compagnie du Sénégal. Il écrit que le fort Saint-Joseph de Galam en 1787 est délabré malgré d'énormes dépenses et son importance pour notre commerce. Il en de même pour le fort de Podor. [45]. Selon amiral, la garnison de Saint-Louis du Sénégal est inutile pour aller au fort Saint-Joseph de Galam, car les soldats bientôt malade ne sont plus propres qu'à embarrasser [46].

Un officier du roi ou de la Compagnie peut devenir une gêne pour des trafiquants d'esclaves et leurs appuis politiques anglais et français ou même des roitelets africains. C'est ce qui explique qu'en 1786, le commis Rubault est assassiné par des soi-disant esclaves révoltés. Cela explique aussi peut-être que le voyage à Galam de Benoît de Rambaud parte avec des mois de retard et à la pire des saisons.

Le Sénégal est, selon Boufflers, pour Benoît de Rambaud une immense déception. La colonie est dans un état lamentable.

Golbery, capitaine du génie, dénonce dans un courrier au Ministre de la Marine la mauvaise gestion de la Compagnie et la misère qui en découle. Il énumère les différentes escroqueries, l'absence de médecins et de médicaments. Il précise aussi que les forts sont abandonnés[47]. L'auteur explique aussi que malgré les efforts de la France les tribus préfèrent amener leurs esclaves sur les côtes eux-mêmes et négocier avec les capitaines. Dans le royaume de Galam, les chefs indigènes vont vendre leurs captifs aux Anglais.

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Historiquement, la vallée du Sénégal est la région centrale pour les Premiers Royaumes, l’Islamisation, la Colonisation avec ses différents comptoirs disséminés le long du Fleuve.

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LE VOYAGE DE GALAM (fin septembre - début octobre 1787)[]

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François Hubert Drouais (1727 – 1775). Portrait supposé du Chevalier Stanislas de Boufflers, en 1773.

La traite n'est pas un commerce tranquille, régi selon des règles établies de concert par les nations européennes. Les compagnies, autorisées par les souverains à commercer, n'hésitent pas à occuper de force les comptoirs de leurs concurrents et à attaquer leurs navires. En outre, les pirates sont nombreux. L'histoire des comptoirs au XVIIe siècle et au XVIIIe siècle est une longue suite de batailles et d'occupations successives[48].

Rubault va à Galam par terre, en 1786. Il meurt assassiné[49]. Le Galam 'Gajaaga c'est la pays de la guerre[50].

Benoît de Rambaud ne peut rejoindre le fort Saint-Joseph, à Galam. Donc Benoît dès son arrivée à Bakel (haut Sénégal) a déjà contracté les fièvres, comme ses hommes. La plupart retournent à Saint-Louis pour y mourir comme des mouches au soi-disant hôpital[51].

Comme les crimes se multiplient les trafiquants d'esclaves organisent un départ de l'expédition de la compagnie au pire moment de l'année. Il s'agit certainement de membres de la Compagnie corrompus et qui font des trafics avec le royaume de Galam. Mais, nous ne connaissons la fin de vie de Benoît de Rambaud et ses hommes que par le Journal inédit du second séjour au Sénégal : (3 décembre 1786 - 25 décembre 1787) et des actes écrits par le chevalier de Boufflers.

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Rambaud bloqué à Saint-Louis (22 juillet - fin septembre 1787)[]

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Les Caprices d'un fleuve. Bernard Giraudeau dans le rôle de Boufflers en train d'écrire dans son bureau.

Pendant qu'il séjourne au Sénégal, Françoise de Sabran entretient avec Boufflers une correspondance qui renseigne abondamment sur la vie au Sénégal au XVIIIe siècle et l'organisation de la colonie. Au 2e semestre 1787 Boufflers ne lui parle plus que du voyage à Galam de Benoît de Rambaud.

Podor est un comptoir stratégique durant l’époque coloniale, les Français y construisent dès 1744 un premier fort.

Navires, la nuit, sur le fleuve Sénégal.

Benoît porte t'il le chapeau que Boufflers impose à tous pour se protéger de la chaleur, un chapeau rond recouvert de papier blanc, qui est l’ancêtre du casque colonial ?

Griot du pays de Galam.

Dramanet (près du point de commerce français Fort Saint-Joseph de Galam sur le cours supérieur du fleuve Sénégal) Royaume de Galam - Mosquée.

Le 7 juillet 1787, Boufflers écrit :

Ce 7. — Je suis obligé de partir d’ici à trois jours pour le Sénégal, afin d’arranger les affaires de la Compagnie et surtout le voyage de Galam, qui est l’affaire importante qui presse et qui souffre de grands obstacles. Par bonheur que mon doigt est entièrement guéri et ma santé parfaitement bonne, car s’il avait été question de cela il y a quinze jours, je ne l’aurais jamais pu et l’on m’aurait accusé d’indifférence et peut-être de mauvaise volonté. J’envoie à Galam ce pauvre diable d’abbé Miolan connu ici sous le nom de M. Prelong ; j’espère d’après sa conduite ici qu’il s’y conduira bien et qu’il rendra de bons services. Je garde à sa place un jeune homme très aimable parti de France sur les plus belles promesses de M. Fraisse et détourné de son projet par le manque de parole de la Compagnie. Il me faut à chaque instant prendre beaucoup sur moi et je m’attends d’avance à l’ingratitude des gens que j’aurai servi ; mais on ne ferait jamais le bien si l’on ne travaillait que pour la reconnaissance[52].


Le 10 juillet 1787, le chevalier de Boufflers écrit :

Ce 10. — Je me dépouille de mes outils, de mes instruments de mathématique et de physique et de mes livres pour ces messieurs de Galam. Je souhaite qu’ils en fassent un bon usage et surtout qu’ils me les rapportent tôt ou tard. Mais les pauvres diables me paraissent des victimes marquées pour un triste sacrifice. Qu’attendre de gens qui n’ont aucune idée du pays, qui ne sont point acclimatés et qui font leur premier pas dans le lieu, dans le temps le plus critique ? J’avais conseillé d’envoyer dès l’hiver des hommes destinés à cette entreprise, afin qu’ils eussent le temps d’accoutumer leur corps au climat et leur esprit aux affaires ; mais il en aurait coûté quelques mois de gages à la Compagnie et cette considération-là a tout arrêté et coûtera des millions. Adieu, je pars décidément demain sur la "Cousine" avec tous les gens que je t’ai dit ; mais je commence à croire que l’abbé Miolan n’ira point à Galam et qu’on lui a fait peur. Je n’en suis point fâché, car il m’est fort utile et je tâcherai de le lui rendre[53].


Le 20 juillet 1787 : le chevalier de Boufflers écrit à sa future épouse, à propos d'un certain Bonhomme, directeur de la compagnie au Sénégal:

Ce 20. Notre ami M. Bonhomme ne pense pas plus au voyage de Galam que moi à celui de la lune, et j’ai beau faire, beau presser, ordonner, expédier, les obstacles naissent les uns des autres et je crois qu’ils se soutiendront en filiation non interrompue jusqu’à la fin du monde. Je viens de recevoir des lettres des princes des bords de la rivière, qui annoncent du mécontentement et de l’inquiétude et qui font présager de grands troubles. Je m’en lave les mains ; si on était parti quand je l’avais proposé, rien de tout cela ne serait arrivé[54].


Accusé d'incurie l'administrateur Durand, ordonnateur de la Compagnie, quitte Saint-Louis le 24 août 1786. Il est provisoirement remplacé par un certain Aubert, que Boufflers méprise.


Le 22 juillet 1787, le chevalier de Boufflers écrit :

J’ai fait à M. de Rambaud le meilleur accueil et d’après l’autorisation du ministre je l’ai traité comme officier au service du roi chargé du poste de Galam. En conséquence je lui donne l’ordre de s’y porter avec le peu de noirs qu’on pourra lever pour sa troupe et les dix ou douze blancs qui doivent y être attachés en qualité de bas officiers ; sans cet ordre exprès il ne partirait point, parce qu’il assure que la compagnie l’a joué en lui promettant toutes les préférences et en lui donnant l’infériorité en pouvoir, et que pis en profit vis-à-vis du directeur de Galam. Pour établir un peu l’équilibre et décider cette expédition très importante, j’ai réglé que M. de Rambaud toucherait annuellement les appointements de capitaine au bataillon d’Afrique, ce qui lui ferait un titre qu’il désirait et un supplément dont il se contente[55].

Comme on le voit, Benoît de Rambaud a une lettre de recommandation du Ministre, mais il existe des querelles de personnes pour Galam. Ce comptoir a pour objet, comme celui de Podor, de faciliter l'extension du commerce. C'est là que le commerce de la gomme et la traite des noirs sont les plus abondants. Jean-Baptiste-René Robinet, dans son Dictionnaire universel des sciences morale, économique, politique... explique que :

Du fait du besoin d'esclaves pour les colonies, de la volonté de s'enrichir par tous les moyens des marchands et des rois nègres, les esclaves sont devenus rares. Ils se paient beaucoup plus chers et il faut aller les chercher de plus en plus loin, ce qui multiplie les frais et les risques.

Les militaires de la compagnie sont là officiellement là pour protéger les marchands dans ces contrées reculées et leurs gardes. Mais, les forts européens sont une gène pour les trafiquants, car ils limitent les abus et les mauvais traitements infligés aux prisonniers.

Le chevalier de Boufflers nous dit que la Compagnie du Sénégal ne respecte pas ses engagements vis-à-vis de Benoît de Rambaud. Malgré ses brillants états de service[56], il est subordonné à un certain Aubert, directeur du comptoir de Galam pour la Compagnie du Sénégal, personnage médiocre et corrompu[57].


8 août 1787 il n'y a toujours aucun préparatif, cela fait deux semaines que Benoît de Rambaud est à Saint-Louis. Le principal coupable selon Boufflers c'est le directeur de la Compagnie pour Galam : Jean Louis Aubert qui est aussi secrétaire du gouvernement et greffier au Sénégal (1784-87)[58].

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Enfin parti (fin septembre 1787)[]

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Film sur le Sénégal en 1786/1787.

Le film, Les caprices d'un fleuve, raconte un peu la vie de ces exilés français au Sénégal. Dans la réalité le gouverneur, le chevalier de Boufflers, ne vit pas à Saint-Louis mais à Gorée. Le fort Saint-Joseph de Galam est à 350 lieues de là, ce qui à l'époque en Afrique est une distance considérable. Et puis, Saint-Louis et Gorée ne sont que des escales peuplées en partie d’aventuriers blancs, d'esclaves qui sont de fidèles domestiques, et de mulâtres, dont des signahres. Celles-ci sont très accueillantes envers les officiers et les rares fonctionnaires du roi ou de la compagnie du Sénégal. Pour eux, les conditions de vie sur la côte sont relativement acceptables, même si on y meurt beaucoup du fait du climat.

Galam, au contraire, c’est l'inconnu. Situé aux confins des déserts et des forêts impénétrables, c'est un fort menacé par les très guerrières tribus maures et des peuplades noires aux comportements imprévisibles :

Les sujets et les vassaux du roi, ou du tunka de Galam sont d'un caractère inquiet qui rend sa situation précaire[59].

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Un départ trop tardif (octobre 1787)[]

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Reconstitution d'un navire remontant le fleuve Sénégal à cette époque pour le film Les caprices d'un fleuve.

Il faut très souvent que les noirs tirent les navires avec des cordes pour leur faire remonter le fleuve.

En face d'excellents guerriers, le bataillon d’Afrique défend la colonie. Pour le voyage de Galam, normalement, les bâtiments au nombre de quarante plus ou moins, partent dans tout le courant de juillet, et ont trois mois pour remonter le fleuve, de sorte qu'ils arrivent à Galam vers la fin d'octobre. Les blancs, même à cette saison considérée comme idéale pour le voyage à Galam tombent déjà malades.

La crue commence le 1er août et finit généralement au 31 décembre. Benoît de Rambaud est contraint de remonter le fleuve bien trop tard et avec des hommes mal préparés. Lui-même est-il vraiment remis de ses graves blessures.

Benoît de Rambaud et ses hommes se retrouvent au milieu d’un fleuve dangereux du fait de ses bans de sable, mais aussi et surtout des arbres monstrueux qu’il arrache à ses rives.

Avant son départ il réussit à éviter que les voiliers soient trop chargés par la Compagnie et coulent. Malgré cela trop souvent les noirs doivent traîner les navires du fait de l’absence de vent au milieu des buissons épineux. Le convoi avance alors de trois ou quatre lieues seulement par jour. Les serpents et les crocodiles font quelques victimes parmi les auxiliaires indigènes. Des fièvres inflammatoires, la chaleur, les piqûres des cousins font que la douzaine Européens se mettent à délirer. Certains succombent au bout de trois jours.

Benoît de Rambaud dès son arrivée à Bakel est gravement malade du fait des fièvres tropicales dues à des virus. L'expédition doit redescendre sur Saint-Louis[60].

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Agonie sur le fleuve[]

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Bakel où Benoît de Rambaud arrive ayant contracté les fièvres. Descendre le fleuve demande du temps et tous les blancs meurent comme des mouches.

Le 6 octobre, Boufflers écrit :

Ton infâme compagnie du Sénégal qui a manqué son expédition de Galam c'est une perte énorme pour elle et dont l'Amérique se ressentira. La faute, à la lenteur, à l'indolence, à l'insolence et à la lésine de ton protégé M. Bonhomme. Mais pourvu qu'elle ne rejaillisse point sur moi peu m'importe et pourvu que je te voie, je serai content...[61].


Le 13 octobre 1787 : le chevalier de Boufflers écrit à son épouse :

Le 13. Voici encore des nouvelles du Sénégal et toujours plus tristes. Ces pauvres revenants de Galam meurent comme des mouches, mais ce n’est encore rien auprès de mes jardiniers[62][63].

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Mort à l'hôpital. Enterrement. Héritage[]

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Mort à l'hôpital[]

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Une maison à côté du fort de Saint-Louis du Sénégal sert d'hôpital, mais aussi des pièces du fort.

Hôpital au Sénégal (Les caprices d'un fleuve).

On réussit à rapatrierBenoît de Rambaud dans ce que la Compagnie ose appeler l'hôpital de Saint-Louis du Sénégal.

A la fin du XVIIIe siècle, Durand signale la location par la compagnie d'une maison du sud de l'île pour assurer l'isolement des soldats et autres malades contagieux. C'est sur ce site que se développera plus tard l'hôpital. Ce n'est que vers 1840 que l'importance de la mortalité dans la population européenne amène l'administration à envisager de créer un véritable hôpital[64].

En 1787, Golbéry dresse un tableau très négatif de l'hôpital de Saint-Louis, encore situé dans la maison d'un particulier :

... il etait insuffisant, mal construit, trop serre et trop borne. Ses salles basses où les malades souffraient excessivement de la chaleur surtout pendant la saison des pluies qui est la saison des maladies ; des magasins beaucoup trop petits et trop bas, une cuisine mal disposé, un laboratoire oh le distillateur etouffait de chaleur et pouvait A peine se retourner, quelques salles qui pouvaient ensemble contenir soixante lits, une seule chambre pour un seul chirurgien, une pharmacie miserable, un tres petit cabinet pour le directeur de l'hôpital et d'autres inconvenients encore...[65].

D'autres visiteurs et les gouverneurs insistent eux-aussi sur son mauvais état. Ils souhaitent la construction d'un nouveau bâtiment plus vaste. La maison louée et les pièces du fort ne suffissent plus pour accueillir en saison des pluies le personnel fiévreux. La présence de malades dans le fort, c'est-à-dire à proximité des autres Européens, est, de plus, considérée comme un danger. Ces remarques aboutissent à la désaffectation des pièces dans le fort et à la concentration des malades dans le bâtiment du quartier sud, au bord du fleuve[66].

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Enterrement (5 octobre 1787)[]

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Le cimetière des pêcheurs à Saint-Louis, autre cimetière de la Langue de Barbarie.

Enterrement à Saint-Louis en 1787.

Ce beau cimetière de Fadiouth est parsemé de coquillages et possède des tombes chrétiennes et musulmanes.

Les chrétiens de Saint-Louis ne disposent pas è cette époque d'une véritable église. Ils se réunissent en divers lieux, dans l'enceinte du fort, à l'intérieur de l'hôpital militaire, voire dans des maisons particulières. Benoît de Rambaud y meurt dès le 5 octobre 1787. Il est enterré au cimetière européen de Saint-Louis du Sénégal :

Messire André Benoist Therese de Rambaud, Chevalier de Saint louis, Commandant du fort et Comptoir de Galam, agé d'environ trente fix ans est mort au Sénégal le Cinq octobre mil fept Cent quatre vingt Sept et a été Enterré le même jour dans le Cimetiere de cette Colonie en présence des soussignés Desombreuil, Agoben, capitaine au bataillon d'infanterie, Rouquier, lieutenant au bataillon, Guillemin au bataillon d'infanterie, Le Rendu, préfet[67].

Ce Le Rendu est préfet apostolique. La préfecture apostolique du Sénégal est créée en 1763, par détachement de l'évêché de Funchal.

Dès la fondation-du Comptoir, un cimetière européen est aménagé à la pointe sud de l'île[68]. Boufflers déplore le défaut d'hygiène qui lui saute tout de suite aux yeux et tout d'abord les conditions déplorables dans lesquelles se font les inhumations en plein centre de la ville. Du fait de la proximité de la voie d'eau avec le soi-disant hôpital et de la volonté d'évacuer les cadavres vers le cimetière sans traverser le comptoir afin de réduire les risques de contamination et pour masquer aux Saint-Louisiens le spectacle de la mort, un cimetière est crée sur le continent[69], à la pointe de Barbarie


Son décès n'est pas dû qu'à la bêtise défiante et méchante des administrateurs de Saint-Louis. Tous les gouverneurs du royaume de Galam anglais ou français avant lui sont massacrés. Et puis il y a les périls du voyage. Si les auxiliaires indigènes résistent, les étrangers, qui survivent aux sagaies, succombent presque toujours de maladie. Les rares survivants reviennent mourants, et il est rare qu'ils se rétablissent, surtout parfaitement.


La date de sa mort qui nous est donnée par un courrier d'Agathe Rosalie Mottet au futur Charles X, du 26 février 1824, est fausse. De son côté, l'historien Paul Eric Blanrue se trompe en nous affirmant sans preuves qu'il est mort et enterré à Gorée.


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Héritage[]

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Auguste de Rambaud, fils de Benoît, en uniforme de Commissaire des Guerres, agenouillé devant Louis XVIII, à Lille, en 1815.

Son petit-fils, Ernest de Rambaud, polytechnicien, à la bataille de Balaklava. Sa bru se remarie le 18 novembre 1834 avec le comte Amédée d'Allonville (1804 - 1885)], descendant d'une des plus anciennes familles de la noblesse française[70], la Maison d'Allonville.

Benoît de Rambaud a comme notaire Maître Athanase Lemoine à Paris, rue Vieille-du-Temple, vis-à-vis de la rue Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie :

Inventaire après décès d'André Benoist Thérèze Rambaud. Minutes et répertoires du notaire Athanase LEMOINE, 11 février 1775 - 16 juin 1801 (étude III). La succession de Rambaud date du 23 décembre 1790 (Mention dans le répertoire du notaire coté : MC/RE/III/15). Attention : la cote de répertoire (de type 'MC/RE') ne permet pas de consulter la minute de l'acte. Il convient de rechercher la cote de la minute (de type 'MC/ET') au niveau des articles (registre ou liasse) de minutes du notaire. L'accès aux images numérisées des pages du répertoire se fait au niveau de description supérieur (Répertoire du notaire), rubrique consulter les archives numérisées associées. Base Généanot des actes contenant des renseignements d'état civil, 1780-1790 par l'association La France généalogique, 2004-2012 (base de données migrée : voir contexte dans le Plan d’orientation général - Notaires de Paris, guides thématiques du Minutier).

Le commandant Benoît de Rambaud est fait lieutenant-colonel, à titre posthume par le Roi Louis XVI. Marie Antoinette essaye de consoler Agathe Rosalie Mottet, son épouse. Elle lui offre un salon tapissé par les jeunes filles de Saint-Cyr et une magnifique horloge en or. Peu à pu, des liens vont se créer entre cette jeune veuve de 25 ans, le couple royal et l'enfant, dans une période troublée, où la plupart des courtisans se sont enfuis, ce qui révolte Marie Antoinette. Lui attribuent-ils le titre de comtesse de Ribécourt qui figure dans les différentes généalogies familiales et sur certains livres d'histoire consacrés ? C'est peut-être un titre de cour, forme de courtoisie royale, qui a pour but de créer des familiers autour des personnes royales et de hiérarchiser le groupe. Bien souvent ainsi nommé par le Roi, les bénéficiaires conservent le titre dans la vie extérieure à la cour.

Ces titres de courtoisie ou d'usage ne sont bien sûr pas héréditaires. Par contre Benoît de Rambaud est dit écuyer sur tous les actes officiels (registres paroissiaux, archives de l'armée et de la Marine, actes notariaux...) avant et après la Terreur, comme ses descendants. Il est le descendant des Ra(y)mbaud d'Aix-en-Provence (1364-1564), famille de jurisconsultes nobles d'Aix-en-Provence.


Рамбо (Benoit-Auguste-George de Rambaud) Бенуа-Огюст-Жорж (1786-1834) ... biographie d'Auguste de Rambaud, en russe, Napoléon et la Révolution, 18 octobre 2020


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APRÉS SA MORT (après 1787)[]

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René-Claude Geoffroy de Villeneuve, médecin et explorateur, rôde pendant sept à huit jours aux environs de Gorée et de l'Isle Saint-Louis et revient très dégoûté des voyages de ce genre[71].

Ruines d'une partie du fort Saint-Joseph de Galam.

L'explorateur écossais Mungo Park (1771-1806) accomplit deux expéditions dans la région du fleuve Niger, respectivement en 1795-1797 et 1805-1806. Il disparait en se noyant dans le Niger, dans le Nord-Ouest de l'actuel Nigéria.

Le 12 novembre 1787 : la situation s'aggrave. Le chevalier de Boufflers, dans son île de Gorée, écrit :

Voici encore des nouvelles du Sénégal pires que les premières les princes chez lesquels ces pauvres malheureux allaient chercher leur nourriture ont rompu tout commerce. On n'a plus de ressources qu'en moi, mais je n'ai point de vaisseaux à leur envoyer et je leur écris inutilement pour venir ici avec les leurs, qui devraient être tout prêts puis qu'ils étaient en marche pour Galam. Mais ils n'ont ni matelots ni pilotes en état de passer la barre et nous n'en avons ici que le nécessaire le plus rétréci. Malgré cela je les secourrai, mais avec bien de la peine et bien peu de goût, car leur malheur vient de leur bêtise et leur bêtise est défiante et méchante. Ce qui n'invite point les bienfaits. Quelle joie de laisser bientôt tout cela derrière moi[72].


Le 4 décembre 1787, revenant en France Boufflers, écrit :

Presque aucun des blancs qui m’ont suivi ne reviendra en bonne santé : d’abord ce pauvre homme dont je suis fort inquiet ; mon cuisinier, mort ; mon jardinier, mort ; mon palefrenier, scorbutique ; mon menuisier, fiévreux. Voilà à peu près toute ma maison...[73].


Le chevalier de Boufflers tente lui-aussi une expédition dans ce genre (celle faite précédemment par la Compagnie du Sénégal). Cinq à six jeunes gens tous frais moulus (il veut dire émoulus), qu'il a amenés de France, forment sous ses auspices le projet de pénétrer par terre jusqu'à Galam. Ils devaient vivre et s'habiller à la mode du pays et camper sous des tentes. A leur tête est un jeune officier, René-Claude Geoffroy de Villeneuve, fils de Étienne Louis Geoffroy, pharmacien et un entomologiste. Ils sont prévenus par Jore de l'inutilité de leurs préparatifs par l'impossibilité qu'il y a de pouvoir supporter les fatigues d'un tel voyage par terre au milieu des déserts où il n'y a point d'eau et les risques qu'ils courent d'être insultés, pillés et peut-être faits captifs. Ils ne vont pas loin ; après avoir rôdé pendant sept à huit jours aux environs de Gorée et de l'Isle Saint-Louis, ils reviennent très dégoûtés des voyages de ce genre[74].


Guillaume de Sombreuil, né le 12 octobre 1769 à Londres, sous-lieutenant au Sénégal (21 août 1784), lieutenant en second (10 juin 1787), porté au bataillon d'Afrique, lieutenant en premier au Sénégal (26 juin 1789), assiste à l'enterrement de Benoît de Rambaud, en revenant de Galam, mais décède lui-même à Galam le 30 octobre 1791.[75].


Malgré l'état de dénuement résultant du désarroi de la Révolution, puis de l'indifférence coloniale du Premier Empire, le général et gouverneur du Sénégal à deux reprises François Blanchot de Verly a le courage et l'énergie de maintenir les positions de la France en Mauritanie et sur les deux rives du Sénégal jusqu'aux pays quasi légendaires de Galam[76].


Ernest Bourdon de Gramont (1805 -1847), officier de marine est nommé par une ordonnance royale du 6 mai 1846 au poste de gouverneur du Sénégal pour succéder au capitaine de vaisseau Ollivier, décédé dans la colonie. Il entre en fonctions le 30 août 1846. Il entreprend un voyage à Galam et en revient malade. Comme son prédécesseur, il est emporté par la fièvre tropicale à Saint-Louis-du-Sénégal, à l'âge de 42 ans[77]

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NOTES ET RÉFÉRENCES[]

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  1. Médaille de table en argent offerte par le vice-amiral Suffren de Saint-Tropez à Villaret de Joyeuse
  2. Guy de Rambaud, Pour l'amour du Dauphin, p. 38.
  3. Glachant Roger, Suffren et le temps de Vergennes, p. 372
  4. Archives nationales d'Outre-mer, Secrétariat d'État à la Marine - Troupes et personnel civil, F° 36, 79v°
  5. Présences françaises outre-mer, XVIe-XXIe siècles, Hommes et sociétés, Volume 1, Philippe Bonnichon, Pierre Gény, Académie des sciences d'outre-mer, Jean Nemo, KARTHALA Editions, 2012. p.335.
  6. Acte de baptême de Auguste de Rambaud, numérisé par les AD 78, 1112631, B, Versailles paroisse Saint Louis, 1786, p. 9.
  7. Dossier CAOM/Benoît de Rambaud.
  8. Présences françaises outre-mer, XVIe-XXIe siècles, Hommes et sociétés, Volume 1, Philippe Bonnichon, Pierre Gény, Académie des sciences d'outre-mer, Jean Nemo, KARTHALA Editions, 2012. p. 335.
  9. Les portes de l'or: le royaume de Galam, Sénégal, de l'ère musulmane au temps des négriers, VIIIe-XVIIIe siècle. Racines du présent, ISSN 0757-6366. Abdoulaye Bathily, L'Harmattan, 1989.
  10. Les portes de l'or: le royaume de Galam, Sénégal, de l'ère musulmane au temps des négriers, VIIIe-XVIIIe siècle. Racines du présent, ISSN 0757-6366. Abdoulaye Bathily, L'Harmattan, 1989.
  11. Présences françaises outre-mer, XVIe-XXIe siècles, Hommes et sociétés, Volume 1, Philippe Bonnichon, Pierre Gény, Académie des sciences d'outre-mer, Jean Nemo, KARTHALA Editions, 2012. p. 335.
  12. Présences françaises outre-mer, XVIe-XXIe siècles, Hommes et sociétés, Volume 1, Philippe Bonnichon, Pierre Gény, Académie des sciences d'outre-mer, Jean Nemo, KARTHALA Editions, 2012. p. 335.
  13. Présences françaises outre-mer, XVIe-XXIe siècles, Hommes et sociétés, Volume 1, Philippe Bonnichon, Pierre Gény, Académie des sciences d'outre-mer, Jean Nemo, KARTHALA Editions, 2012. p. 335.
  14. Archives nationales d'Outre-mer, Secrétariat d'État à la Marine - Troupes et personnel civil, F° 36, 79v°
  15. French in India and Indian nationalism, 1700 A.D.-1963 A.D., Volume 2, ISBN 8176460532, 9788176460538. Pondicherry University. Dept. of History, K. S. Mathew. B.R. Pub. Corp., 1999.
  16. Archives nationales d'Outre-mer, Secrétariat d'État à la Marine - Troupes et personnel civil, F° 36, 79v°
  17. Présences françaises outre-mer, XVIe-XXIe siècles, Hommes et sociétés, Volume 1, Philippe Bonnichon, Pierre Gény, Académie des sciences d'outre-mer, Jean Nemo, KARTHALA Editions, 2012. p. 335.
  18. Goiran H. Souvenirs français en Afrique du Sud : le régiment de Pondichéry (1781-1784), Moulins 1932, Crépin Leblond, Carnet de la Sabretache.
  19. Présences françaises outre-mer, XVIe-XXIe siècles, Hommes et sociétés, Volume 1, Philippe Bonnichon, Pierre Gény, Académie des sciences d'outre-mer, Jean Nemo, KARTHALA Editions, 2012. p. 335.
  20. Présences françaises outre-mer, XVIe-XXIe siècles, Hommes et sociétés, Volume 1, Philippe Bonnichon, Pierre Gény, Académie des sciences d'outre-mer, Jean Nemo, KARTHALA Editions, 2012. p. 335.
  21. Fragmens d'un voyage en Afrique : fait pendant les années 1785, 1786 et 1787, dans les contrées occidentales de ce continent, comprises entre le cap Blanc de Barbarie... et le cap de Palmes... , Golbéry, Sylvain-Meinrad-Xavier de (1742-1822), Éditeur : Treuttel et Würtz (Paris) : 1802.
  22. Archives nationales d'Outre-mer, Secrétariat d'État à la Marine - Troupes et personnel civil, F° 36, 79v°
  23. Archives nationales d'Outre-mer, Secrétariat d'État à la Marine - Troupes et personnel civil, F° 36, 79v°
  24. Archives du dépôt des fortifications des colonies: Indes, Archives nationales (France), Alexis Rinckenbach, Centre des archives d'Outre-Mer, 1998, pp. 42, 72, 121...
  25. Les Guides Bleus : Afrique de l'Ouest (éd. 1958), p. 123.
  26. Stanislas, chevalier de Boufflers, Lettres d’Afrique à Madame de Sabran. Préface, notes et dossier de François Bessire, s. l. , Babel, 1998, 453 p. (coll. " Les Épistolaires ")
  27. Stanislas, chevalier de Boufflers, Lettres d’Afrique à Madame de Sabran. Préface, notes et dossier de François Bessire, s. l. , Babel, 1998, 453 p. (coll. " Les Épistolaires ")
  28. Gessain Robert. Introduction à l'étude du Sénégal Oriental (Cercle de Kédougou). In: Cahiers du Centre de recherches anthropologiques, XI° Série. Tome 5 fascicule 1-2, 1963. pp. 5-85.
  29. Mémoire sur le Sénégal, Lamiral, Dominique (1751-1800). impr. du Postillon (Paris) : 1791.
  30. Mémoire sur le Sénégal, Lamiral, Dominique (1751-1800). impr. du Postillon (Paris) : 1791.
  31. Mémoire sur le Sénégal, Lamiral, Dominique (1751-1800). impr. du Postillon (Paris) : 1791.
  32. Les portes de l'or: le royaume de Galam, Sénégal, de l'ère musulmane au temps des négriers, VIIIe-XVIIIe siècle. Racines du présent, ISSN 0757-6366. Abdoulaye Bathily, L'Harmattan, 1989.
  33. SINOU Alain Comptoirs et villes coloniales du Sénégal Saint-Louis Goree Dakar, Paris Karthala-Orstom 1993.
  34. Les portes de l'or: le royaume de Galam, Sénégal, de l'ère musulmane au temps des négriers, VIIIe-XVIIIe siècle. Racines du présent, ISSN 0757-6366. Abdoulaye Bathily, L'Harmattan, 1989.
  35. Présences françaises outre-mer, XVIe-XXIe siècles, Hommes et sociétés, Volume 1, Philippe Bonnichon, Pierre Gény, Académie des sciences d'outre-mer, Jean Nemo, KARTHALA Editions, 2012. p. 335.
  36. SINOU Alain Comptoirs et villes coloniales du Sénégal Saint-Louis Goree Dakar, Paris Karthala-Orstom 1993.
  37. Présences françaises outre-mer, XVIe-XXIe siècles, Hommes et sociétés, Volume 1, Philippe Bonnichon, Pierre Gény, Académie des sciences d'outre-mer, Jean Nemo, KARTHALA Editions, 2012. p. 335.
  38. Présences françaises outre-mer, XVIe-XXIe siècles, Hommes et sociétés, Volume 1, Philippe Bonnichon, Pierre Gény, Académie des sciences d'outre-mer, Jean Nemo, KARTHALA Editions, 2012. p. 335.
  39. SINOU Alain Comptoirs et villes coloniales du Sénégal Saint-Louis Goree Dakar, Paris Karthala-Orstom 1993.
  40. Stanislas, chevalier de Boufflers, Lettres d’Afrique à Madame de Sabran. Préface, notes et dossier de François Bessire, s. l. , Babel, 1998, 453 p. (coll. " Les Épistolaires ")
  41. SINOU Alain Comptoirs et villes coloniales du Sénégal Saint-Louis Goree Dakar, Paris Karthala-Orstom 1993.
  42. Mémoire sur le Sénégal, Lamiral, Dominique (1751-1800). impr. du Postillon (Paris) : 1791.
  43. Jore L. Les établissements français sur la côte occidentale d'Afrique de 1758 à 1809. In: Revue française d'histoire d'outre-mer, tome 51, n°182-183, premier et deuxième trimestres 1964. pp. 9-252.
  44. Archives nationales d'Outre-mer, Secrétariat d'État à la Marine - Troupes et personnel civil, F° 36, 79v°
  45. Mémoire sur le Sénégal, Lamiral, Dominique (1751-1800). impr. du Postillon (Paris) : 1791.
  46. Mémoire sur le Sénégal, Lamiral, Dominique (1751-1800). impr. du Postillon (Paris) : 1791.
  47. Xavier de Golbéry, Fragmens d'un voyage en Afrique pendant les années 1785, 1786 et 1787.
  48. SINOU Alain Comptoirs et villes coloniales du Sénégal Saint-Louis Goree Dakar, Paris Karthala-Orstom 1993.
  49. Revue encyclopédique - Volume 39 - Page 448. 1828.
  50. Les portes de l'or: le royaume de Galam, Sénégal, de l'ère musulmane au temps des négriers, VIIIe-XVIIIe siècle. Racines du présent, ISSN 0757-6366. Abdoulaye Bathily, L'Harmattan, 1989.
  51. Présences françaises outre-mer, XVIe-XXIe siècles, Hommes et sociétés, Volume 1, Philippe Bonnichon, Pierre Gény, Académie des sciences d'outre-mer, Jean Nemo, KARTHALA Editions, 2012. p. 335.
  52. Présences françaises outre-mer, XVIe-XXIe siècles, Hommes et sociétés, Volume 1, Philippe Bonnichon, Pierre Gény, Académie des sciences d'outre-mer, Jean Nemo, KARTHALA Editions, 2012. p. 335.
  53. Présences françaises outre-mer, XVIe-XXIe siècles, Hommes et sociétés, Volume 1, Philippe Bonnichon, Pierre Gény, Académie des sciences d'outre-mer, Jean Nemo, KARTHALA Editions, 2012. p. 335.
  54. Journal inédit du second séjour au Sénégal (3 décembre 1786-25 décembre 1787). Stanislas-Jean de Boufflers, Paul Bonnefon, Revue politique et littéraire et Revue scientifique, Paris 1906. p.115.
  55. Mercure de France - Volume 86 - Page 79. 1976.
  56. Présences françaises outre-mer, XVIe-XXIe siècles, Hommes et sociétés, Volume 1, Philippe Bonnichon, Pierre Gény, Académie des sciences d'outre-mer, Jean Nemo, KARTHALA Editions, 2012. p. 335.
  57. Présences françaises outre-mer, XVIe-XXIe siècles, Hommes et sociétés, Volume 1, Philippe Bonnichon, Pierre Gény, Académie des sciences d'outre-mer, Jean Nemo, KARTHALA Editions, 2012. p. 335.
  58. série E (Personnel des colonies, dossiers au CAOM d'Aix en Provence).
  59. Voyage au Sénégal pendant les années 1784 et 1785 D'après les mémoires de Lajaille, ancien officier de la Marine française
  60. Présences françaises outre-mer, XVIe-XXIe siècles, Hommes et sociétés, Volume 1, Philippe Bonnichon, Pierre Gény, Académie des sciences d'outre-mer, Jean Nemo, KARTHALA Editions, 2012. p.335.
  61. Journal inédit du second séjour au Sénégal (3 décembre 1786-25 décembre 1787). Stanislas-Jean de Boufflers, Paul Bonnefon, Revue politique et littéraire et Revue scientifique, Paris 1906. p.161.
  62. Journal inédit du second séjour au Sénégal (3 décembre 1786-25 décembre 1787). Stanislas-Jean de Boufflers, Paul Bonnefon, Revue politique et littéraire et Revue scientifique, Paris 1906. p.161.
  63. Présences françaises outre-mer, XVIe-XXIe siècles, Hommes et sociétés, Volume 1, Philippe Bonnichon, Pierre Gény, Académie des sciences d'outre-mer, Jean Nemo, KARTHALA Editions, 2012. p.335.
  64. SINOU Alain Comptoirs et villes coloniales du Sénégal Saint-Louis Goree Dakar, Paris Karthala-Orstom 1993.
  65. SINOU Alain Comptoirs et villes coloniales du Sénégal Saint-Louis Goree Dakar, Paris Karthala-Orstom 1993.
  66. SINOU Alain Comptoirs et villes coloniales du Sénégal Saint-Louis Goree Dakar, Paris Karthala-Orstom 1993.
  67. Acte de décès de Messire Benoist de Rambaud
  68. Saint-Louis du Sénégal : Mort ou naissance ?, Régine Bonnardel, L'Harmattan, 1993.
  69. SINOU Alain Comptoirs et villes coloniales du Sénégal Saint-Louis Goree Dakar, Paris Karthala-Orstom 1993.
  70. Le Petit Versaillais (10 mars 1899).
  71. Jore L. Les établissements français sur la côte occidentale d'Afrique de 1758 à 1809. In: Revue française d'histoire d'outre-mer, tome 51, n°182-183, premier et deuxième trimestres 1964. pp. 9-252.
  72. Journal inédit du second séjour au Sénégal (3 décembre 1786-25 décembre 1787). Stanislas-Jean de Boufflers, Paul Bonnefon, Revue politique et littéraire et Revue scientifique, Paris 1906.
  73. Journal inédit du second séjour au Sénégal (3 décembre 1786-25 décembre 1787). Stanislas-Jean de Boufflers, Paul Bonnefon, Revue politique et littéraire et Revue scientifique, Paris 1906.
  74. Jore L. Les établissements français sur la côte occidentale d'Afrique de 1758 à 1809. In: Revue française d'histoire d'outre-mer, tome 51, n°182-183, premier et deuxième trimestres 1964. pp. 9-252.
  75. IRELF° 50v°. Voir aussi COL D2 C 205 page 63 et page 51.
  76. Jore L. Les établissements français sur la côte occidentale d'Afrique de 1758 à 1809. In: Revue française d'histoire d'outre-mer, tome 51, n°182-183, premier et deuxième trimestres 1964. pp. 9-252.
  77. Histoire de l'Afrique occidentale française, 1638-1959 - Page 128. Marcel Chailley · 1968.


Cet article est écrit en partie à partir de son imposant dossier militaire qui comporte 89 pages et vient d'être numérisé par le Centre des Archives d'Outre Mer (CAOM), à Aix-en-Provence :

Rambaud, Benoît Thérèse, lieutenant aux volontaires étrangers de la Marine, capitaine au régiment de Pondichéry, commandant particulier au Sénégal (1764/1787). Cote de référence FR ANOM COL E 345.

Les Archives nationales d'Outre-mer ont un dossier sur lui comme autorisé à commander la troupe de la Compagnie du Sénégal et être Gouverneur à Galam (30 mars 1787)[1].

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