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'''Bataille de la Berre (737)'''
 
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[[File:Acm115.PNG|thumb|260px|Plan de la Bataille de la Berre.]][[Fichier:Acom22.jpg|thumb|260px|Vallée de la Berre.]][[File:Acm50.jpg|thumb|260px|Le champ de bataille vu de l'Ermitage Saint Victor.]][[File:Acm137.jpg|thumb|260px|Bataille de la Berre (737).]][[File:Acm140.jpg|thumb|260px|Le Château du Castellas à Montredon-des-Corbières, sous les murs duquel a lieu la bataille de la Berre.]][[File:Aea3.png|thumb|260px|Après la bataille.]][[File:Aabp5.jpg|thumb|260px|Les Sièges de Narbonne.]]
 
[[File:Acm115.PNG|thumb|260px|Plan de la Bataille de la Berre.]][[Fichier:Acom22.jpg|thumb|260px|Vallée de la Berre.]][[File:Acm50.jpg|thumb|260px|Le champ de bataille vu de l'Ermitage Saint Victor.]][[File:Acm137.jpg|thumb|260px|Bataille de la Berre (737).]][[File:Acm140.jpg|thumb|260px|Le Château du Castellas à Montredon-des-Corbières, sous les murs duquel a lieu la bataille de la Berre.]][[File:Aea3.png|thumb|260px|Après la bataille.]][[File:Aabp5.jpg|thumb|260px|Les Sièges de Narbonne.]]
   
La '''Bataille de la Berre (737)''' est confondue sans doute par beaucoup d'auteurs avec celle la [[Bataille de Poitiers (732)]] qui entouré leurs récits de beaucoup d'éléments légendaires, sans incidence pour notre propos<ref>''Guerre et société au moyen âge: Byzance-occident, VIIIe-XIIIe siècle'', Volume 31 de Monographies (Centre de recherche d'histoire et civilisation de Byzance, Dominique Barthélemy, Jean-Claude Cheynet, Association des amis du centre d'histoire et civilisation de Byzance, 2010.</ref>.
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La '''Bataille de la Berre (737)''' est confondue sans doute par beaucoup d'auteurs avec celle la [[Bataille de Poitiers (732)]] qui entouré leurs récits de beaucoup d'éléments légendaires, sans incidence pour notre propos<ref>''Guerre et société au moyen âge: Byzance-occident, VIIIe-XIIIe siècle'', Volume 31 de Monographies (Centre de recherche d'histoire et civilisation de Byzance, Dominique Barthélemy, Jean-Claude Cheynet, Association des amis du centre d'histoire et civilisation de Byzance, 2010.</ref>.
   
   
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[[Charles Martel]], pour la première fois, équipe sa cavalerie lourde avec des étriers. Préparés pour faire face à la phalange franque, les musulmans ne sont pas préparés pour faire face à une force mixte de cavalerie lourde et d'infanterie dans une phalange. La capacité qu'a Charles à coordonner infanterie et cavalerie est inégalée à cette époque et lui permet de faire face à la supériorité du nombre d'envahisseurs, et de les vaincre de façon décisive encore et encore. Certains historiens pensent que la Bataille de la Berre est une victoire aussi importante pour l'Europe chrétienne que la [[Bataille de Poitiers (732)]].
 
[[Charles Martel]], pour la première fois, équipe sa cavalerie lourde avec des étriers. Préparés pour faire face à la phalange franque, les musulmans ne sont pas préparés pour faire face à une force mixte de cavalerie lourde et d'infanterie dans une phalange. La capacité qu'a Charles à coordonner infanterie et cavalerie est inégalée à cette époque et lui permet de faire face à la supériorité du nombre d'envahisseurs, et de les vaincre de façon décisive encore et encore. Certains historiens pensent que la Bataille de la Berre est une victoire aussi importante pour l'Europe chrétienne que la [[Bataille de Poitiers (732)]].
   
[[Charles Martel]] ne prend pas la ville de Narbonne. Les historiens militaires croient qu'il aurait pu la prendre, mais le chef des Francs croit que sa vie touche à sa fin, et qu'il va avoir beaucoup de travail à faire pour préparer ses fils à prendre le contrôle du royaume franc. Le roi Thierry IV vient de mourir, et Charles doit déjouer les intrigues de certains grands aristocrates, ses rivaux.
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[[Charles Martel]] ne prend pas la ville de Narbonne. Les historiens militaires croient qu'il aurait pu la prendre, mais le chef des Francs croit que sa vie touche à sa fin, et qu'il va avoir beaucoup de travail à faire pour préparer ses fils à prendre le contrôle du royaume franc. Le roi Thierry IV vient de mourir, et Charles doit déjouer les intrigues de certains grands aristocrates, ses rivaux. Et puis ses soldats, gorgés de butin, ont hâte de s'en retourner chez eux, jouir des fruits de leur conquête. En outre, le duc aquitain Hunald menace ses lignes de communication avec le nord, afin de le décider à se retirer de la Septimanie et de détruire plusieurs de ses bastions (Béziers, Agde, etc.).
 
Et puis ses soldats, gorgés de butin, ont hâte de s'en retourner chez eux, jouir des fruits de leur conquête. En outre, le duc aquitain Hunald menace ses lignes de communication avec le nord, afin de le décider à se retirer de la Septimanie et de détruire plusieurs de ses bastions (Béziers, Agde, etc.).
 
   
Les Francs brûlent pendant leur retraite Agde, Marguelonne et Béziers pour éviter qu’elles redeviennent des forteresses arabes<ref>''La France et la Méditerranée : vingt-sept siècles d'interdépendance'', Irad Malkin, BRILL, 1990.</ref>.
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En effet, les Francs brûlent pendant leur retraite Agde, Marguelonne et Béziers pour éviter qu’elles redeviennent des forteresses arabes<ref>''La France et la Méditerranée : vingt-sept siècles d'interdépendance'', Irad Malkin, BRILL, 1990.</ref>.
   
 
Malgré ce repli temporaire la Bataille de la Berre conforte la présence franque sur les bords de la Méditerranée. [[Charles Martel]] revient avec ses troupes et une armée que Liutprand, roi des Lombards, lui envoie. Il va faire le [[Siège de Narbonne]], mais à nouveau ne pas prendre la ville. Toutefois les musulmans ne sont plus présents que dans cette forteresse et une partie des campagnes environnantes.
 
Malgré ce repli temporaire la Bataille de la Berre conforte la présence franque sur les bords de la Méditerranée. [[Charles Martel]] revient avec ses troupes et une armée que Liutprand, roi des Lombards, lui envoie. Il va faire le [[Siège de Narbonne]], mais à nouveau ne pas prendre la ville. Toutefois les musulmans ne sont plus présents que dans cette forteresse et une partie des campagnes environnantes.

Version actuelle datée du 20 juillet 2019 à 09:40



                       Bataille de la Berre (737)



Plan de la Bataille de la Berre.

Vallée de la Berre.

Le champ de bataille vu de l'Ermitage Saint Victor.

Bataille de la Berre (737).

Le Château du Castellas à Montredon-des-Corbières, sous les murs duquel a lieu la bataille de la Berre.

Après la bataille.

Les Sièges de Narbonne.

La Bataille de la Berre (737) est confondue sans doute par beaucoup d'auteurs avec celle la Bataille de Poitiers (732) qui entouré leurs récits de beaucoup d'éléments légendaires, sans incidence pour notre propos[1].


Frédégaire, Chronique..., p. 225 :

Haec audientes maiores natu et principes Sarracenorum, qui commorabantur eo tempore in regione Spaniarum, coadunato exercito hostium, cum alio rege Amormacha nomine ...[2].

Comprenant que le sort de la Septimanie dépend de celui de la ville de Narbonne, le nouveau gouverneur d'al-Andalus ʿUqba ibn Al-Ḥaǧǧāǧ As-Salūliyy envoie une armée commandée par ʿUmar ibn Ḫālid pour secourir les assiégés de Narbonne. L'armée djihadiste craignant sans doute de ne pas trouver libres les passages des Pyrénées. Les musulmans embarquent donc en Catalogne, afin d'arriver avant qu'il ne soit trop tard, les Omeyyades décident de se rendre à Narbonne par mer. Arrivés au port, ils remontent l'Aude mais les Francs ont garni ce fleuve d'estacades et de pieux, pour empêcher tout secours d'arriver à la ville assiégée[3].

Les Arabes, frustrés dans leur espoir, débarquent sur la côte. Ils décident alors de rejoindre Narbonne par voie terrestre. Lorsqu'il apprend la nouvelle, Charles Martel, laissant une partie de son armée au Siège de Narbonne, et se dirige avec l'autre partie à la rencontre des Omeyyades qu'il intercepte près de l'embouchure de la Berre (étang de Bages-Sigean)[4], à deux milles de la mer et à sept de Narbonne. C'est la Bataille de la Berre.

On a des récits de la bataille que gagne Charles Martel, en 737, sur l'armée sarrasine d'Omar. Il est clairement indiqué que les combats décisifs se déroulent en bordure de la Berre, au voisinage d'un palais et d'un étang, plus précisément, selon les historiens, en face de Pech Maho sur le plateau de Gratias, délimité par les anciens étangs de la Deume et de la plaine du Lac[5].

Charles, engageant sur-le-champ le combat avec sa vigueur et sa promptitude accoutumée, fend lui-même la tête du chef des armées arabes d'un coup de sa francisque, et les Arabes, privés de leur chef, ne tardent pas à lâcher pied. Les Francs en massacrent une partie pendant qu'ils cherchent à regagner leurs vaisseaux. D'autres se noient dans les marais salants qui bordent cette côte marécageuse. Seul un petit nombre enfin, se frayant un passage l'épée à la main, parvient à travers mille dangers à se jeter dans Narbonne.

Le califat estime qu'il lui faudra pour libérer la Septimanie une génération, mais Martel réussit en cinq ans à les enfermer dans Narbonne.

Charles Martel, pour la première fois, équipe sa cavalerie lourde avec des étriers. Préparés pour faire face à la phalange franque, les musulmans ne sont pas préparés pour faire face à une force mixte de cavalerie lourde et d'infanterie dans une phalange. La capacité qu'a Charles à coordonner infanterie et cavalerie est inégalée à cette époque et lui permet de faire face à la supériorité du nombre d'envahisseurs, et de les vaincre de façon décisive encore et encore. Certains historiens pensent que la Bataille de la Berre est une victoire aussi importante pour l'Europe chrétienne que la Bataille de Poitiers (732).

Charles Martel ne prend pas la ville de Narbonne. Les historiens militaires croient qu'il aurait pu la prendre, mais le chef des Francs croit que sa vie touche à sa fin, et qu'il va avoir beaucoup de travail à faire pour préparer ses fils à prendre le contrôle du royaume franc. Le roi Thierry IV vient de mourir, et Charles doit déjouer les intrigues de certains grands aristocrates, ses rivaux. Et puis ses soldats, gorgés de butin, ont hâte de s'en retourner chez eux, jouir des fruits de leur conquête. En outre, le duc aquitain Hunald menace ses lignes de communication avec le nord, afin de le décider à se retirer de la Septimanie et de détruire plusieurs de ses bastions (Béziers, Agde, etc.).

En effet, les Francs brûlent pendant leur retraite Agde, Marguelonne et Béziers pour éviter qu’elles redeviennent des forteresses arabes[6].

Malgré ce repli temporaire la Bataille de la Berre conforte la présence franque sur les bords de la Méditerranée. Charles Martel revient avec ses troupes et une armée que Liutprand, roi des Lombards, lui envoie. Il va faire le Siège de Narbonne, mais à nouveau ne pas prendre la ville. Toutefois les musulmans ne sont plus présents que dans cette forteresse et une partie des campagnes environnantes.

NOTES ET RÉFÉRENCES[]

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  1. Guerre et société au moyen âge: Byzance-occident, VIIIe-XIIIe siècle, Volume 31 de Monographies (Centre de recherche d'histoire et civilisation de Byzance, Dominique Barthélemy, Jean-Claude Cheynet, Association des amis du centre d'histoire et civilisation de Byzance, 2010.
  2. Charlemagne et Mahomet. En Espagne (VIIIe-IXe siècles), Folio histoire, Philippe Sénac, Editions Gallimard.
  3. Philippe Sénac, Les Carolingiens et al-Andalus : (viiie – ixe siècles), Maisonneuve & Larose, 2 janvier 2003 (ISBN 2706816597), p. 31.
  4. Philippe Sénac, Les Carolingiens et al-Andalus : (viiie – ixe siècles), Maisonneuve & Larose, 2 janvier 2003 (ISBN 2706816597), p. 31.
  5. Revue archéologique de Narbonnaise, Volumes 21 à 22, Université de Montpellier. Faculté des lettres et sciences humaines, Editions du Centre national de la recherche scientifique, 1989.
  6. La France et la Méditerranée : vingt-sept siècles d'interdépendance, Irad Malkin, BRILL, 1990.