Wiki Guy de Rambaud
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                         La Bataille de la Bérézina

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Lancier rouge au passage de la Bérézina, 1812. Un lancier rouge du 2e régiment de la garde impériale tente de sauver sa famille en traversant la Bérézina gelée.

Retraite française vers la Bérézina, le 17 novembre 1812, par Peter von Hess.

Un artilleur et un cavalier morts. Les chevaux réquisitionnés en Europe occidentale meurent du fait des −37,5° et de la faim. Les canons et les voitures sont abandonnés.

La Bataille de la Bérézina, ou plutôt le passage de la Bérézina, a lieu du 26 au 29 novembre 1812. Au départ, les 680.000 hommes de la Grande Armée qui franchissent le Niémen, doivent aller conquérir la Russie, puis les Indes. L'offensive victorieuse se transforme en débâcle totale de la Grande Armée de Napoléon[1], face aux armées du Tsar Alexandre Ier, commandées par Mikhaïl Koutouzov, Wittgenstein, l'amiral Chichagov, les Cosaques et surtout l'hiver russe.

La bataille a lieu lors de la traversée de la Bérézina, rivière pas très large de Biélorussie, affluent du Dniepr, comme l'écrit un membre de ma famille, le Capitaine Antoine Valentin Watigny, dans ses Mémoires : ... à deux lieues de Borisophe. Elle charrie de gros glaçons[2]. Marbot lui aussi précise que rivière n'a pas des dimensions gigantesques, alors qu’elle n’est pas plus large que la rue Royale à Paris[3].

L'armée de Napoléon Bonaparte subit de lourdes pertes (environ 36.000 morts) lors de la traversée de la Bérézina. Mais c'est surtout le commencement de la fin, selon Talleyrand en apprenant le désastre de Russie[4]. Les rares survivants, notamment Antoine Valentin Watigny, parlent de la Bérézina comme de la pire des catastrophes et cela devient une expression courante. Les archives permettent de deviner les indicibles souffrances des nôtres lors de la retraite

Antoine Valentin Watigny raconte dans ses Mémoires que l'Empereur était pour passer, on entendait :

Garde, garde... voilà l'Empereur !

On entendait aussitôt après avoir entendu cet ordre crier :

il passera à son tour comme il pourra et comme les autres. C'est lui est l'auteur de nos malheurs[5].

La Garde le fait passer de force.

Peut-on parler de Bataille de la Bérézina ??? Antoine Valentin Watigny passe deux jours et deux nuits à effectuer le passage et deux jours de l'autre côté. Il parle de passage de la Bérézina, de 25.000 hommes qui périssent, de nombreux prisonniers... mais pas vraiment d'une bataille[6]. C'est plutôt un massacre ou le début d'un massacre, quoique les morts sont surtout dus aux désertions, au froid, à la faim, au typhus...

Après ce désastre la campagne de Russie tourne à l'épopée tragique. La Russie devient le tombeau de la Grande Armée[7]. Sur les 680.000 hommes partis à la conquête de la Russie et de l'Inde 35.000 Français refranchissent le Niémen en piteux état (affamés, blessés, membres gelés, gravement malades, notamment du typhus, presque sans armes...)[8]. 315.000 Français y sont morts et il faut ajouter à ce chiffre la plupart de nos fidèles alliés aussi. Parmi les survivants moins d’un millier vont être capables de reprendre un jour du service[9], dont Watigny qui combat depuis août 1793[10].

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La Bérézina à Studzionka. C'est un peu au nord que nos soldats réussissent à traverser la rivière.

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AVANT LA BATAILLE[]

Au début de la retraite nos troupes ont encore des canons et leurs armes individuelles.

Tous les vivandiers et vivandières ont laissé leurs trésors du pillage de Moscou aux pouvoirs des Cosaques, selon Watigny, un des rares survivants de la Retraite[11].

Après les batailles de Smolensk et Borodino Napoléon atteint Moscou le 14 septembre 1812. En vain, il attend que le Tsar capitule. Selon le Capitaine Watigny, les vivandiers et vivandières chargent les chariots qui transportent la nourriture pour les hommes et les chevaux, mais aussi d'autres destinés aux munitions et médicaments, avec les trésors pillés dans les maisons des Moscovites[12].

Le 19 octobre, la Grande Armée bat en retraite. Outre la politique de la terre brûlée la misère des campagnes russes, le début d'un hiver particulièrement froid, les maladies... font que les Cosaques massacrent beaucoup de Français. Le nombre de déserteurs affaiblit déjà considérablement l'armée française et ses alliés.

Mais elle est encore en état de combattre. Certes à la bataille de Czaśniki, le 31 octobre 1812, l'armée russe du général Wittgenstein défait l'arrière de la Grande Armée est une défaite. Certes, le 13 novembre 1812, Smolensk est perdue et à la bataille de Smoliani, l'armée russe du général Pierre Wittgenstein est encore victorieuse face aux forces françaises du maréchal Victor et du maréchal Oudinot. Toutefois tout cela débouche sur un sauve-qui-peut !

Craignant de se voir bloquer le chemin du retour les troupes fuient en direction de la Pologne. Du fait des températures qui atteignent −37,5°, de la faim, du typhus, des désertions, des chevaux morts, on ne peut plus parler d'une armée. A cette date, selon le Capitaine Watigny les hommes sont encore groupés ce qui empêche les Cosaques et les paysans de tuer les fuyards, comme ils vont le faire après le passage de la Bérézina[13].

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Début de la retraite. Ils ont encore des chevaux, des voitures hippomobiles et des armes individuelles.

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ÉVÉNEMENTS JUSQU'AU 20 NOVEMBRE[]


Chichagov[]

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Chichagov.

Les femmes (cantinières, prostituées, épouses cachées...) et les enfants de la Grande Armée connaissent une fin horrible.

L'avant-garde de Chichagov occupe Minsk le 16 octobre. Dans la ville il y a de grands stocks de ravitaillement, médicaments et munitions. Les fournitures pour la Grande armée vont permettre à Chichagov d'approvisionner son armée pendant un mois. Le plan de retraite vers Minsk de Napoléon n'a plus aucun intérêt. En raison du pont stratégiquement important de Borissov, la ville doit nécessairement être conservée.

Chichagov ordonne au général Oertel, commandant de la garnison de Mosyr, de marcher le 29 octobre avec ses 15.000 hommes sur Minsk. C'est en contradiction avec un ordre de Koutouzov.

Dès le 1er novembre, Chichagov écrit une lettre à Koutouzov pour l'informer qu'il a l'intention d'être à Minsk le 19 novembre.

Au lieu de cela, Chichagov pour harceler les troupes de Napoléon ordonne à ses troupes un repos et ce après la bataille de Krasnoi, à Kopys, au sud de Orcha, à environ 125 kilomètres de la Bérézina.

Chichagov y envoie juste une avant-garde composée de deux corps d'infanterie et de cavalerie sous le commandement du général Miloradovitch. Miloradovitch ne peut intervenir efficacement sur Bérézina que si Chichagov réussit à arrêter Napoléon pendant au moins quatre jours. Avec lui il a les cosaques commandés par Platov, et la soi-disant colonne volante du général Yermolov. La colonne volante se compose de deux régiments de cuirassiers, de trois régiments d'infanterie de ligne, de quelques escouades de cosaques, de deux unités de cavalerie légères de la garde, et de la garde finlandaise. Le 19 novembre, la colonne volante quitte Kopy[14].

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Le Général Oertel[]

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Napoléon faisant exécuter deux paysans qui ont lutté pour défendre la terre russe et la foi orthodoxe.

D'après quelques plumitifs adorateurs de l'Empereur, 50.000 soldats français se sont mariés avec des femmes russes.

Le 6 novembre, le Général Oertel demande des ordres sur la façon dont il doit se déplacer à Chichagov. Le 15 novembre, Chichagov ordonne à Oertel de partir sans délai pour Igumen. Le même jour, Oertel reçut une lettre de Koutouzov de se rendre à Bobrouïsk, mais seulement s'il n'a reçu aucun ordre de Chichagov.

Oertel trouve beaucoup de prétextes différents afin de ne pas se conformer à l'ordre de Chichagov. Selon Lieven, il invente des ponts cassés, puis une révolte menaçante lorsqu'il quitte la ville, et enfin la peste bovine. Bien que le général Oertel soit privé de commandement, ses hésitations et erreurs passées font que son successeur arrive en retard à la Bérézina.

Chichagov n'a donc pas, comme prévu par Koutouzov, 45.000 hommes disponibles, mais seulement un peu plus de 30.000 hommes. Bien que les généraux Tschaplitz et Lüders soient venus avec leurs troupes, Minsk nouvellement reprise doit être sécurisé. En outre, à Minsk il y a près de 5.000 prisonniers qui doivent être gardés. Un nombre considérable de soldats est resté à Minsk.

Oertel est traduit devant une cour martiale. Le tribunal conclut qu'Oertel a agi davantage par excès de prudence que par négligence de service. Koutouzov lui assigne le poste de chef de la police générale de toutes les armées opérationnelles pour lui éviter de nuire.

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Les 13 et 14 novembre 1812[]

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Selon Antoine Valentin Watigny nos soldats qui ne peuvent tenir leurs armes sont tués par les Russes[15].

Le 13 novembre, la division Partouneaux attaque avec l'appui de la cavalerie l'avant-garde du corps de Wittgenstein, commandée parle général Alexéïev, à Smoliani. Au bout de deux heures, Alexejev se retire, mais après l'arrivée de trois régiments d'infanterie, il réussit à arrêter les Français jusqu'au crépuscule. Au cours de la nuit, Alexeyev reçoit d'autres renforts sous le commandement du général Jachwyl, qui prend le commandement, car Alexejev a reculé devant nos troupes.

Le lendemain, le combat reprend avec une attaque de la division française Girard sur la ligne de front des troupes de retraite russes. Le village Smoliani est repris par les Français. Au cours de la bataille, il y a de violents combats pour le village, finalement il reste aux mains des Russes.

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Les 15 et 16 novembre[]

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La défaite du maréchal Victor dans la ville de Borisov, les 15 et 16 novembre 1812.

Dans la soirée, les troupes de Victor se retirent hors de portée de l'artillerie russe. Le lendemain, Victor se retire à Tschereia.

Chichagov ne sait pas où est Wittgenstein, et Wittgenstein ne connait pas la position actuelle de Chichagov. Chichagov envoie le Colonel Chernyshev avec des Cosaques en route pour établir une connexion. Sur le chemin, Tchernychev et ses Cosaques réussissent à libérer le général russe captif Wintzingerode. Grâce à Tchernychev Wittgenstein apprend où est Chichagov et quel est son plan.

Les restes de la garnison de Minsk sous le général Bronikowski sont arrivés à Borissov le 18 novembre. Bronikowski laissa deux bataillons à Borissow et dirige le reste de ses faibles troupes vers Weselowo.

L'armée principale de Napoléon ne compte plus qu'environ 20.000 soldats prêts au combat [16] ont diminué. En outre, il y a un grand nombre de traînards non armés et un corps de civils et de blessés.

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19 novembre 1812[]

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Wittgenstein laisse passer les fuyards, puis jusqu'à Koenigsberg ses troupes élimine presque sans perte les restes de la Grande Armée.

Napoléon ordonne de brûler les drapeaux des régiments, une grande partie des chariots d'approvisionnement et ceux des pontonniers.

Nos troupes sont harcelées par les unités cosaques.

Koutouzov écrit à Wittgenstein que Tschitschagow est le 19 novembre avec 45.000 hommes seulement à environ 75 kilomètres de la Bérézina. A Tchitchagov, il répond :

Même si Wittgenstein et Saint-Cyr ne peuvent vaincre l'ennemi, vous devriez être assez fort en commun avec les forces du lieutenant-général Oertel et celle du major général Luders pour mettre l'armée ennemie en fuite, car elle n'a presque plus d'artillerie ou de cavalerie et est harcelé à l'arrière par moi.

Koutouzov écrit aussi au général Yermolov, qui commande alors à son avant-garde :

Frère Alexis Petrovitch, ne vous laissez pas emporter et gardez vos régiments de gardes. Nous avons fait notre part. Maintenant c'est le tour de Chichagov[17].

Le 19 novembre, Napoléon atteint Orscha. Au dépôt, l'armée française récupère 36 canons. Il donne l'ordre de brûler une grande partie des chariots d'approvisionnement pour obtenir des chevaux de trait pour son artillerie. Cet ordre concerne également 60 chariots avec des pontons et des accessoires pour construire des ponts sont brûlés. Il récupère des centaines chevaux de trait pour son artillerie.

L'armée principale fait mouvement le même jour. Le maréchal Davout reste avec l'arrière-garde au maréchal Neyet de ramasser les restes de ses troupes qui sont encore en route vers Orsha. L'armée principale rejoint les troupes des dépôts à Mogilev, Orcha et Gorki, et plus tard, le corps de Victor et le 2e Corps, qui est maintenant à nouveau sous le commandement du maréchal Oudinot. Oudinot, le commandant du 2e corps, est été blessé à Polotsk. Après la guérison de sa blessure, il remplace Saint-Cyr.

Comme Yermolov atteint Orcha. Il est en retard d'une journée car les deux ponts sur le Dniepr ont été brûlés sur les ordres de Napoléon. Koutouzov ordonne à Yermolov d'attendre à Tolochine Miloradovitch. Yermolov ignore cet ordre.

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20 novembre 1812[]

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Défense de Borisov.

La Division Dombrowski est dans la forteresse russe de Bobruisk. Pour sécuriser Borisov elle s'y replie, mais sur la route entre Minsk et la Bérézina.

Après la prise de Minsk, par Chichagov, Dombrowski arrive à Borisov, le 20 novembre. Sa division se compose de 5.500 hommes avec 20 canons. A Borissovv se trouve un bataillon du 93e régiment français et le 7e régiment de Wurtemberg sous le colonel français Lalance. Dans l'ensemble, Dombrowski avait maintenant environ 6.500 hommes disponibles. Parmi ceux-ci, un régiment d'infanterie et deux escadrons de cavalerie sous le général Pakosch sont encore en route pour Borisov. Le soir du 20 novembre, ils sont encore à une demi-journée de marche.

Chichagov est sur la route de Minsk à Borisov avec son armée.

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Du fait des guerres de la Révolution et de l'Empire trois millions de Français : les plus jeunes, les mieux bâtis, les bien-portants et les plus courageux vont mourir pour conquérir l'Europe et même le monde.

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21 NOVEMBRE[]


Charles de Lambert attaque Borisov[]

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Comte de Lambert, Palais d'Hiver, George Dawe.

Malgré leur accoutumance aux hivers froids et leur connaissances sur l'ennemi, les Polonais de Poniatowski vont presque tous perdre la vie en Russie.

A Borissov les autorités biélorusses civiles et militaires rendent hommage à ses héros, mais aussi aux victimes françaises et européennes mortes au passage de Bérézina.

Au début de la matinée, l'avant-garde russe commandée par le général Charles de Lambert (1773 – 1843), émigré du temps de la Terreur, attaque Borisov. L'avant-garde est composée de 8.000 hommes, principalement de la cavalerie. Cette attaque est précédée d'un formidable effort de marche. Les régiments de chasseurs font en 24 heures avant d'atteindre Borisov, 55 kilomètres. Les quatre régiments de chasseurs sont commandés par le prince Vasily Vyazemsky.

Les avant-postes de Dombrowski, sur la rive ouest de la Bérézina, sont encerclés et capturés. Le 38e Régiment russe de chasseurs prend d'assaut les retranchements devant le côté gauche du pont de Borisov, mais est repoussé par le 1er Régiment de ligne polonais sous le colonel Malachowski.

Le 7e régiment de chasseurs russes sous le commandement du major-général Engelhardt repousse les Polonais et occupe les retranchements. Puis passe à l'attaque les 13e et 38e Régiment de chasseurs russes, mais ils doivent se replier. Le général Lambert est blessé. L'artillerie russe montée commandée le colonel Magdenko commence à ouvrir le feu avec de la mitraille sur la rive ouest de la Bérézina. Les régiments de chasseurs russes conquiert le pont, suivi par la cavalerie russe, et entrent dans la ville. Ce n'est pas avant l'après-midi que les combats se termine.

Lors de l'assaut de Borisov, près de la moitié des 3.200 chasseurs russes sont tombés ou ont été blessés. Le général Vyazemsky est mortellement blessé. Après avoir perdu des combats Dombrowski doit se retirer le lendemain avec seulement 1.500 hommes. Les soldats polonais à Weselowo doivent se sauver en empruntant les rives de la Bérézina.

Selon les chiffres russe, nos pertes s'élèvent à 1.500 à 2.000 morts et entre 2.000 et 2.500 prisonniers. Chichagov évalue dans ses mémoires les pertes de l'ennemi à 700 morts et 2.300 prisonniers[18].

Du côté polonais, le général Dsewanowskij, courageux commandant de la cavalerie Dombrowski, est mortellement blessé.

Le lieutenant-colonel Malinowski, un comte de l'armée de Chichagov, dispose le 21 novembre d'une armée forte de 59 bataillons d'infanterie, 88 escadrons de cavalerie et 13 régiments cosaques de 180 canons. Bogdanovich estime cette force à 32.800 hommes.

Chichagov écrit dans ses mémoires qu'il n'a que 20.000 hommes pour défendre la Bérézina, y compris pas plus de 11.000 soldats d'infanterie. Bogdanovich pense que cette information est fausse.

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Le gué près de Studianka[]

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Avant la construction des ponts les Français passent la Bérézina par un gué près de Studianka.

Platov occupe Orsha avec ses Cosaques le 21 novembre. Le général français Corbineau, venant du nord, marchant sur la rive ouest de la Bérézina, est informé par un fermier de l'existence d'un gué près de Studianka. Sa brigade de cavalerie, composée de Polonais et de Français, passe le gué.

Le quartier général de Napoléon est près du village de Kameniza, à huit kilomètres à l'ouest d'Orsha et à vingt-deux kilomètres de Borisov. Yermolov s'est approché d'Orsha. Oudinot atteint Bobr. Miloradovitch arrive par le chemin de Kopys dans le village de Gorjani.

Wittgenstein est toujours avec Tschaschniki et Victor Tschereia.

L'armée principale de Koutouzov se trouve dans la région de Lanniki et comprend les 3e, 4e, 5e et 6e corps d'infanterie et le 4e corps de cavalerie. Une partie du 8e corps d'infanterie a marché sur Romanowo et le comte Oscharowkij sur Gorky. L'armée de Napoléon est entourée de tous côtés par l'armée russe[19].

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Carte situant les villes citées dans cet article.

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22 NOVEMBRE[]

Du fait d'un dégel, la rivière Bérézina n'est toutefois pas entièrement gelée. Elle charrie de gros glaçons[20].

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Prime pour la capture des personnes de petite taille[]

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Chichagov, comme tous les Russes, voie en Napoléon l'homme qui a apporté tout le mal à travers l'Europe. Il promet une récompense pour se capture.

La capture de la personne de petite taille aurait permis d'écourter la guerre et sauver des millions de vie.

Exposés sur son flanc aux coups de l'armée de Wittgenstein, poursuivis par celle de Koutouzov, et bloqués sur la Bérézina par l'armée de Chichagov, qui maîtrise le pont de Borissov depuis la veille, les restes de la Grande Armée se trouvent, le 22 novembre 1812 au matin, dans une situation désespérée.

Chichagov atteint avec son armée principale Borisov le 22 novembre et y établit son quartier général. Comme le général Lambert est blessé, le Général Piotr Petrovitch Pahlen (1778 - 1864) a la charge de traquer les restes des troupes de Dombrowski.

Chichagov adresse à ses troupes une proclamation remarquable :

L'armée de Napoléon est en fuite. L'homme qui a apporté tout le mal à travers l'Europe est dans leurs rangs. Nous l'avons coupé de la retraite. Il se pourrait bien que le Tout-Puissant veuille mettre fin à sa punition de l'humanité et la livrer entre nos mains. Par conséquent, je veux que tout le monde connaisse sa description: il est petit, trapu, pâle, avec un cou court et épais, une grosse tête et des cheveux noirs. Pour exclure toute éventualité, prenez toutes les personnes de petite taille et apportez-les-moi. Je ne parlerai pas de récompenses pour ce prisonnier particulier ici. La générosité universellement connue de notre monarque est une garantie[21].

Dans les prochains jours, de nombreux Napoléons sont capturés.

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Les dernières craintes de Chichagov[]

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La retraite de Russie.

Les Russes ont encore peur de Napoléon et sa Grande Armée le 22 novembre. Après le passage de la Bérézina ils vont voir les restes d'une armée de 680.000 hommes disparaître du fait du froid, de la maladie et de quelques petites attaques de Cosaques et de paysans.

Comme 650.000 hommes, des centaines de milliers de chevaux vont mourir avant et après la débâcle de la Bérézina.

Chichagov doit couvrir avec ses troupes entre Weselowo/Ukoloda et la Bérézina, ce qui signifie une distance d'un peu plus de 20 kilomètres.

Le 22 novembre, le lieutenant-colonel Orlov arrive avec un ordre de Koutouzov. Koutouzov ordonne à Chichagov de surveiller le chemin menant à Igumen, qui se trouve à environ 45 kilomètres au sud de Borisov. À l'est d'Igumen se trouve un pont sur la Bérézina, à 50 kilomètres de Borisov.

Wittgenstein dit à Chichagov qu'il pense que l'armée de Napoléon se déplace vers Bobruisk, également au sud de Borisov, à environ 150 kilomètres.

De Minsk, le colonel russe Knorring envoie un rapport annonçant qu'il a repéré des troupes autrichiennes à Smorgoni, Nowo Swerschen et Swislotsch.

Chichagov craint que Napoléon ne le contourne au sud pour s'unir avec une armée de secours autrichienne. Il n'a aucune information sur l'endroit où se trouvent réellement les troupes de Napoléon.

Les prisonniers affirment que Napoléon approche avec 100.000 hommes. C'est une information fausse, puisque ces prisonniers sont stationnés à l'ouest de la Bérézina et en savent encore moins sur la situation réelle de l'armée principale de Napoléon que Chichagov lui-même.

Corbineau rejoint le corps d'armée d'Oudinot et informe le maréchal du gué existant à Studjanka. Au moment où il passe la Bérézina, la rivière n'a que trois pieds et demi de profondeur. Sur la rive est, il y a des marais, qui ne sont pas praticables au dégel aux véhicules.

Victor quitte Chereia dans la nuit du 22 novembre. Napoléon apprend ce jour-là à Tolochine que Chichagov a libéré Borisov. Les chemins, les sentiers, les routes sont tellement jonchées de cadavres que des chiens de Moscou suivent l’armée pour se repaître de notre sang[22].

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Les prisonniers faits par les Russes à l'ouest de le Bérézina (des non combattants pas encore au courant de la débâcle) affirment que Napoléon approche avec 100.000 hommes. C'est vrai, mais dans quel état !

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23 NOVEMBRE[]

Baïonnettes! Hourra! Hourra! par Vasily Vereshchagin.

Ils arrivent de partout des anciens soldats de Napoléon poursuivis par des chiens qui les poursuivent depuis Moscou et des corbeaux qui les dévorent encore vivants, quand ils tombent du fait de la faim ou de la maladie.

Ces paysans russes se battent avec acharnement pour leur famille, leur foi et leur patrie.

L'avant-garde du général-comte Piotr Petrovitch Pahlen (1778 - 1864), quitte Borisov à six heures du matin. Quatre heures plus tard, les forces principales le suivent. Sur le chemin, ils font des prisonniers. Ils apprennent d'eux que le gros l'armée française n'est qu'à une journée de marche.

Pahlen en informe Chichagov et demande des renforts, car il n'a que peu d'infanterie et le terrain est défavorable à sa cavalerie. Au total, Pahlen peut compter sur 2.800 hommes. Son infanterie vient de subir de lourdes pertes lors de la prise de Borisov.

L'avant-garde d'Oudinot, dirigée par le général Castex, est composée de 2.500 fantassins et 1.100 cavaliers. Près du village de Loschnitza ils se battent. Castex attaque à plusieurs reprises les troupes russes et les repousse. Sa cavalerie encercle les régiments russes des chasseurs 7, 14 et 38.

À 14 heures Castex est devant Borisov. Les troupes russes fuient en empruntant le pont. Bien que Chichagov ait beaucoup plus de troupes que Castex, il donne l'ordre de battre en retraite. Castex fait 800 prisonniers. 500 chariots sont tombés entre les mains des Français. Les soldats des trois régiments russes des chasseurs peuvent échapper à l'encerclement en empruntant un gué près de Brili.

Le colonel Marbot écrit:

Quand nous sommes arrivés au centre de la ville, nous avions déjà perdu un temps précieux, et la recherche de la sortie du pont en a emporté encore plus. Personne n'a été trouvé qui pourrait nous diriger, seulement un vieux juif a été apporté à moi ; mais rien ne pouvait être fait de ce coquin têtu parce que soit il ne nous comprenait vraiment pas ou ne voulait pas nous comprendre; ... Nous n'avons donc pas pu remplir notre mission de traverser le pont avec l'ennemi en même temps. Quand nous l'avons enfin vu, l'ennemi était déjà sur l'autre rive.

Le pont est devenu infranchissable pour les Français.

Selon le journal d'opération de l'armée de Chichagov, les pertes russes de ce jour s’élèvent à 1.000 hommes. Du côté français, on parle de 2.000 hommes. Chichagov écrit dans ses mémoires que le nombre de morts et de blessés est de 4.000 hommes. C'est certainement pour vanter le courage de ses troupes.

A Tscholopenitschi, le régiment de hussards russes réunis sous le colonel Gerngross, soutenu par les régiments cosaques Loschtschilin et Panteljejew attaque la cavalerie légère et massacre des unités du 126e régiment d'infanterie de ligne français (des Hollandais).

Le général Yermolov, bloqué pendant 36 heures à Orsha à cause des ponts détruits, se trouve à Pogost, sur le chemin de Kochanov. Platov et ses cosaques se dirigent vers Tolochine dans les premières batailles de l'arrière-garde de l'armée française. Miloradovitch n'a pas encore passé Orcha et Napoléon est à Bobr.

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Les Russes veulent libérer la terre russe, défendre la foi orthodoxe et empêcher à tout jamais Napoléon de nuire.

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24 NOVEMBRE[]


Mythes bonapartistes et tragiques récits des rares survivants[]

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Vision idyllique du passage de la Bérézina.

Les rares survivants parlent tous de scène de ce genre ou même de camarades qui meurent sans être attaqués du thyphus, de froid ou de faim.

L'armée Chichagov est restée à Borisov. Le général Tschaplitz reçoit l'ordre d'occuper le village de Zembin, au nord de Borisov. Chichagov informe Wittgenstein de la défaite de Pahlen Borisov et la perte de la ville. Il demande, paraît-il, à Wittgenstein de l'aider à reprendre Borisov.

Toutes ces batailles gagnées par les Français semblent nées de l'imagination de propagandiste bonapartistes ou d'officiers russes qui réinventent des actions glorieuses.

Les souvenirs des rares survivants parlent au contraire d’inimaginables souffrances humaines, dont l’écriture ne peut qu’échouer à rendre un compte fidèle[23]. Le capitaine François décrit l’arrivée de l’armée à Borissov, ce 24 novembre 1812 :

Qu’on se figure 60.000 malheureux, tous chargés d’une besace, se soutenant avec un bâton, couverts de sales guenilles, à moitié brûlés, rongés par la vermine. Nous avions des têtes hideuses, la figure jaune et enfumée, […] les yeux caves, la barbe couverte de morve et de glace[24].

Le Général-Baron Boulart va lui aussi donner un saisissant portrait des acteurs de la retraite :

couvert de vêtements et de guenilles de toutes formes et de toutes provenances, sales, barbus et chevelus, l’œil sinistre... nous faisions horreur à voir ![25].

Rossetti parle d’une traînée de spectres. Rapp précise que la route de l’armée est dessinée par les cadavres[26]. .

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Les dernières vraies batailles[]

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Tout le peuple russe combat l'envahisseur. Le rôle des paysans est décisif. Ils tuent les déserteurs ou les soldats isolés et savent où sont les gués ou l'ennemi.

Certains régiments semblent avoir conservé un minimum d’organisation, des chevaux, quelques chariots et canons avant le passage de la Bérézina. Une lecture attentive des archives permet de repérer que des troupes fraîches rejoignent celles qui opèrent la retraite et quelques dépôts sur la route du retour permettent à un nombre restreint de soldats de se ravitailler. Ils ont régulièrement, au cours de la retraite, livré des combats au sujet desquels les témoignages directs sont rares[27].

Oudinot donne l'ordre de chercher d'éventuels gués de la Bérézina. Stachov n'est qu'à environ cinq kilomètres de Borisov et le gros des troupes de Chichagov arrivent. À Weselowo, la rivière est plus basse qu'à Studianka. Oudinot choisit néanmoins Studianka et ordonne au général Aubry, commandant de l'artillerie, de se rendre à Studianka et d'y commencer les préparatifs. Dans la soirée, il signale qu'en raison du dégel, la rivière a maintenant une profondeur de cinq pieds. Ce jour-là, les températures sont tombées bien au-dessous du point de congélation.

Aubry signale également que 8.000 hommes, venant de la direction de Lepel, sont en route pour renforcer Chichagov. Oudinot informe Napoléon que les troupes du général russe Steinheil s'approchent et demandent des renforts. Steinheil a précédemment soutenu Wittgenstein. Napoléon arrive à Loschnitza dans la soirée et reçoit le rapport à minuit.

A Baturi, l'avant-garde de Wittgenstein, sous les ordres du général Harpe, bat l'arrière-garde de Victor, sous les ordres du général Daendels.

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Nos troupes sont acculées à la Bérézina et subissent les feux de l'artillerie ennemie, mais aussi les attaques des troupes russes.

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25 NOVEMBRE[]


Nos héroïques pontonniers[]

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Éblé, qui n'hésite pas à désobéir à Napoléon et à se jeter à l'eau pour construire ses ponts, meurt le 31 décembre à Königsberg, comme beaucoup des rares rescapés de la Campagne de Russie.

Commencement de la construction d'un pont.

Les pontonniers du général Eblé donnent leur vie pour essayer de sauver des vies.

Croquis d'un des ponts sur la Bérézina.

Tandis que les Cosaques harcèlent nos troupes démunies de tout. Hureusement les pontonniers du général Eblé aménagent des passages sur la rivière gelée. La plupart y laissent leur vie[28].

Le général du génie Jean-Baptiste Eblé a conservé ses outils malgré les ordres de l'Empereur de tout détruire pour récupérer les chevaux de trait[29].

Eblé a deux forges de campagne, deux voitures à charbon et six chariots remplis d'instruments et d'outils de fer. A 3 miles au nord de Borissov il construit deux ponts en utilisant aussi les matériaux des maisons détruites. En quelques heures, ses 400 pontonniers édifient deux ponts de 90 mètres de long et 5 mètres de large.

La glace recouvre habituellement la rivière en cette saison, mais elle fond du fait d'un dégel inattendu et les eaux charrient d'énormes blocs de glace. Les pontonniers ont leur poitrine dans l'eau glacée. Beaucoup d'entre eux glissent sur la vase de la Bérézina et sont emportés par les flots et noyés. Les pontonnierss tiennent 15 minutes dans l'eau et sont ensuite remplacés. Néanmoins, la plupart meurent d'hypothermie. Sur 400 pontonniers hollandais, seuls le capitaine Benthien, le sergent-major Schroeder et six hommes sont retournés en Hollande[30].

Le pont pour la cavalerie et l'infanterie est construit sous le commandement du capitaine néerlandais George Diederich Benthien. A 13 heures, ce pont est en place, et ce qu'il reste du 2e corps d'armée d'Oudinot traverse la rivière. Oudinot, Antoine Valentin Watigny, son général et tous ceux qui peuvent encore se servir d'une arme font face à l'ennemi qui vient du sud pour assurer le passage de la Grande Armée.

Tschaplitz retourne à Brili, mais n'attaqua pas Oudinot. Dans l'après-midi, Oudinot attaque Chaplitz et le repousse. Il est blessé[31]. Antoine Valentin Watigny et son Général le réconfortent. Puis ils retournent au combat, car ils ont encore des armes individuelles.

Le deuxième pont, pour l'artillerie (?) et les chariots (?), est érigé par les pontonniers hollandais du capitaine Busch. Il est fini environ trois heures plus tard.

Chacun des ponts est bâti sur 23 chevalets de trois à neuf pieds de haut. La plaque du grand pont d'artillerie consiste en des grosses poutres de 15 à 16 pouces de long et au niveau du pont d'infanterie d'une triple couche de planches. Les ponts sont couverts de lin et de foin[32].

A cinq heures du matin, les généraux Chasseloup et Eblé arrivent à Borisov. Ils laissent derrière eux une section de pontonniers. A Ukoloda ils ne peuvent construire un troisième pont faute de matériaux.

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A nouveau Borissov est l'objectif principal[]

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La Bérézina à Borisov. Le pont du chemin de fer se trouve approximativement à l'emplacement du pont de 1812.

Autre bataille lors du passage de la Bérézina. Les artistes français comme russes montrent des scènes bien différentes de celles qui figurent dans les écrits et mémoires des rares survivants.

Belarus, Borisov, musée de 1812 (source : le photographe Sierpinski).

Chichagov marche avec sa force principale au sud. Wittgenstein se limite à la poursuite du Corps Victor, au lieu de passer comme Steinheil la Bérézina. Chichagov laisse le général Langeron à Borisov avec une division d'infanterie et l'artillerie associée, ainsi que deux régiments de dragons. Le général Tschaplitz se tient au nord de Borissov, près de Brili. Ses Dragons de Kinburn sous les ordres du général Umanz sont à Zembin, le général Kornilov avec le régiment d'infanterie 28, deux régiments cosaques et quatre canons, à Weselowo. Tschaplitz a l'ordre, s'il n'est pas attaqué par l'ennemi, de marcher vers Shabashevichi et de ne laisser que le poste d'observation.

Oudinot avec le 2e Corps se place à l'avant-garde à Studianka. Napoléon arrive à Borisov dans l'après-midi. Il n'ordonne qu'à 10 heures du soir la construction de trois ponts à Studjanka.

Dans et autour de Borisov, on trouve les restes du corps d'armée de Junot et celui de Ney, composé des restes de son ancien corps, les restes de la division Dombrowski, le Corps de Poniatowski, et la garnison de Mogilev. Au nord de celui-ci, le corps Victor fait face à celui de Wittgenstein.

Quand Tschaplitz remarque des mouvements de troupes sur la rive orientale dans la soirée, le régiment Cnikack Melnikov reçoit l'ordre de traverser la Bérézina la nuit pour faire des prisonniers. Melnikov est revenu avec quelques prisonniers et le chef de la communauté de l'un des villages voisins. Selon les prisonniers, toute l'armée française se trouve dans la zone de Borisov. Le maire sait que notre armée rassemble du matériel pour construire des ponts.

Dans la nuit du 26 Novembre Chichagov arrive à un peu plus de 10 kilomètres au sud de Borisov et à 25 kilomètres de Studjanka. L'avant-garde de Chichagov sous le comte Orurk se tient en face d'Ukoloda.

Wittgenstein informe Chichagov qu'il approche de la Bérézina. Tschaplitz reçoit l'ordre d'entrer en contact avec Wittgenstein et marcher à cet effet après Zembin. Wittgenstein est à Baranet. Koutouzov est à Kopys, Ermolov dans le village de Maljäwka, Platov attaque l'arrière-garde française et vient de Natscha Tolotschin. Tschaplitz se retire à Stachow pendant la nuit.

Pendant trois jours, ce qui reste de la Grande Armée, entrée en Russie cinq mois plus tôt, va essayer de franchir les ponts improvisés[33].

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Les pontonniers.

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26 NOVEMBRE[]

Le 26 au matin, la garde dispose encore de 40 canons. Ils sont mis en batterie pour protéger le travail des pontonniers. Dans l’après-midi du 26, la garde franchit le fleuve, et derrière elle, l’artillerie[34].

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Studianka[]

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Watigny et son général combattent aux côtés d'Oudinot. Il est blessé. Watigny lui parle. Ils vont se retrouver lors de l'expédition d'Espagne, en 1823.

Studienka n'a guère changé. Il faut juste y rajouter des toits en chaume et des cadavres de soldats et de chevaux. Voici le chemin qui aboutit à la rivière.

Les Russes savent bien qu'après le passage de la Bérézina les survivants des 680.000 hommes qui ont passé le Niémen et des 100.000 qui les ont rejoint vont presque tous mourir en Russie ou finir invalides.

Le niveau d'eau de la Bérézina augmente en raison du dégel. Le gué à Studjanka devient à peine passable. Sur les deux rives se trouvent de larges bandes de marécages dans lesquels nos derniers véhicules restent enlisés. En raison du gel, les marais sont en partie gelés, contrairement à la Bérézina.

A huit heures du matin, Napoléon donne à Corbineau l'ordre de traverser la rivière avec un escadron de sa brigade. Avec l'aide de radeaux capables de transporter 10 hommes chacun, 400 chasseurs de la Division Dombrowski traversent la rivière.

Dans le même temps, toute l'artillerie d'Oudinot est parait-il déployée sur les hauteurs de Studyanka avec au moins 40 canons (dans d'autres sources imaginent jusqu'à 56 canons).

Quels canons ??? Antoine Valentin Watigny, capitaine d'artillerie et son général ont juste leurs armes individuelles et se battent pour Borisophe pendant le passage des troupes avec ceux qui ont encore leurs armes (car il faut tout dire beaucoup avaient déjà jeté leurs armes ne pouvant plus les tenir[35]. Les chevaux de la cavalerie et de l'artillerie sont morts de faim, de froid et fatigue. Koutousov récupère 820 canons.

Les Russes de l'autre côté de la rivière n'ont qu'une batterie d'artillerie à cheval. Comme la rive orientale de la Bérézina est beaucoup plus élevée que la rive ouest, la soi disant artillerie française a un bon aperçu et domine le terrain.

L'attaque de Chichagov à Studjanka est considérée une manœuvre de diversion.

A Borisov, la division Partouneaux et la brigade de cavalerie Delaitre, groupant environ 5.000 hommes, restent derrière comme arrière-garde du 9e corps. Le reste des troupes de Victor marche jusqu'à Studianka.

L'avant-garde nouvellement formée de Wittgenstein, sous le général Wlastov, atteint Schiskowo. Wittgenstein, avec le gros de son armée, est à Kostritza.

Les troupes de Napoléon se concentrent à Studianka des deux côtés de la rivière.

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Un pont se brise le 27 novembre[]

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Parfois les ponts de campagne cèdent, soit du fait du poids de la charge, soit à cause d'une bombe ou bloc de glace énorme.

Napoléon dans un épais manteau ne peut que constater l'ampleur du désastre dont il est l'auteur.

A huit heures du soir, le 27 novembre, le pont pour l'artillerie (?) et les chariots (?) se brise, entraînant dans les flots un grand nombre des notres. Il est réparé dans la soirée par les pontonniers qui au mépris de leur vie se jettent dans les eaux glacées[36].

Dans ces conditions des plus difficiles, les pontonniers hollandais et les sapeurs français deviennent des surhommes.

L'artillerie Oudinot traverse d'abord le deuxième pont, puis la garde.

Chichagov, qui ne bouge pas de Schabaschewitzi, envoie pour soutenir le général Rudsewitsch, 2 régiments de chasseurs, un régiment de hussards et une batterie d'artillerie légère à Borisov pour y combattre à partir de ville.

Le général Orurk envoie des patrouilles qui traversent la rivière à Ucoloda, et qui font plusieurs prisonniers. L'un deux, commandant d'une unité française, affirment que des ponts vont être construits à Studianka et sont probablement déjà terminés. Orurk fait amener ce prisonnier à Chichagov. Celui-ci envoie un officier sûr sur la Bérézina, qui doit contacter n'importe quel détachement appartenant à l'armée principale. Puis, le commandant de cette division doit informer Koutouzov si Napoléon traverse la Bérézina à Studianka. Orurk commande au major Khrapovitsky d'y aller, puis il rejoint près de Pogost un détachement commandé par le comte Osharovsky. Il doute de la véracité du rapport, mais envoie néanmoins un courrier à Koutouzov, qui ne reçoit la lettre qu'après que l'armée de Napoléon ait traversé la rivière.

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Bataille de la Bérézina (aquarelle de 1812 par le chroniqueur Fournier).


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27 NOVEMBRE[]

Le grand chirurgien et médecin Larrey au passage de la Bérézina.

Après le passage de la Bérézina les hommes souvent sans armes et très faibles se dispersent dans les forêts biélorusses et lituaniennes. Ils sont massacrés par les Russes ou meurent de faim ou du typhus.

Tempête d'hiver.

Les 27 et 28 novembre, les débris du 8e Régiment d'artillerie à pied encore opérationnelles luttent avec les maréchaux Oudinot et Victor pour permettre à l'armée débandée de franchir la Bérézina. Le 28 cette dernière ouvre le feu par dessus la rivière contre l’artillerie de Wittgenstein. Ce seront les deniers coups de la campagne[37].

Napoléon traverse avec la garde le 27 midi la rivière. Le départ des gardes est un signal d'alarme pour les retardataires. Tant que Napoléon et la Garde sont avec eux, ils se sentent en sécurité, là ils comprennent qu'ils vont être abandonnés. Ils ont raison, ils vont presque tous mourir en Russie, par contre Napoléon, ses dix maréchaux et presque tous ses généraux vont retourner en France.

Tout le monde veut donc désormais traverser les ponts en se frayant un passage et en étant impitoyable. Les soldats sont écrasés par les chariots, ou piétinés par la foule paniquée. Le pire est le sort des femmes et des enfants. Des centaines de Français et d'alliés franchissant les ponts sont poussés dans l'eau glacée. Le pont d'artillerie s'effondre pour la troisième fois à 16h00. Il y a une foule immense et des chariots qui endommagent le pont. Les gens et les chariots sont précipités du pont dans la rivière où la plupart se noient.

Revenons aux Russes, Chichagov a entre-temps remarqué ses nouvelles erreurs de tactique et s'est déplacé vers le nord.

Le 27 novembre, les combattants russes tentent de pénétrer à travers les restes du pont à Borisov, mais sont rejetés. La nuit, la division Partouneaux de Borisov marche vers Studianka. Ils empruntent la route et tombent sur les troupes de l'armée de Wittgenstein. Après un court combat, ils doivent se rendre. Seul l'arrière-garde de la division, qui se compose d'un bataillon peut échapper.

Le 9e corps du maréchal Victor est composée au départ de la division Partouneaux, de la division Daendels, des Badois, de la Division d'infanterie Girard, composée d'infanterie et de cavalerie polonaise, mais aussi du pays de Bade, de la Hesse-Darmstadt, de la Saxe et du Grand-Duché de Berg, sous les ordres des généraux Fournier et Delaitre. Le corps n'est arrivé en Russie qu'en août avec 25.000 hommes. Le 27 novembre moins d'un tiers des soldats sont toujours là. La cavalerie de Saxe et du grand-duché de Berg a été assignée à la division Partouneaux et est donc perdue anéantie.

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36.000 morts. Les survivant vont presque tous mourir dans les forêts de Russie ou en Lituanie.

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28 NOVEMBRE[]

Vision, hélas réaliste, de la déroute bonapartiste.

Attaque des Dragons du Régiment de Saint-Saint-Pétersbourg au passage de la Bérézina, le 28 novembre 1812.

Depuis le début de la débâcle l'armée de Napoléon est traquée par les chiens de Moscou.

Dans les bois du village de Stakhov bordants la rive droite de la Bérézina, le 28 novembre, vont se réaliser les pires craintes. Il faut protéger l'accès aux pontons.

Le 28 novembre à 8 heures, Chichagov attaque avec 26.000 hommes, les 14.000 hommes du corps des maréchaux Oudinot et Michel Ney, sur la rive ouest, dans la forêt de Stachov. Oudinot est blessé et Ney prend le commandement. Son corps est composé de quelques Français, de Polonais, y compris la région polonaise de Weichsel, 1.300 Suisses, les restes d'autrefois quatre régiments italiens. Ils défendent les ponts tout au long de la journée, repoussant les attaques des Russes. Après avoir manqué de munitions, les Suisses se sont battus seulement avec leurs baïonnettes. Les deux parties subissent des pertes considérables, 1.600 soldats russes sont capturés. Après la bataille, seuls 300 Suisses répondent à l'appel, dont un tiers blessés.

À 10 h, Wittgenstein attaque avec ses troupes sur la rive est. Il bombarde les ponts avec des canons et des obusiers. Il provoque le chaos chez ses ennemis. Les scènes de la veille se répètent, cette fois s'y ajoute l'artillerie russe. Bien que le maréchal Victor se maintienne tout au long de la journée avec l'arrière-garde forte de 4.500 Polonais, Badois, Hessois et Bergers contre un adversaire environ cinq fois plus fort, cela n'empêche pas le bombardement des ponts. Vers midi, les troupes russes tentent de contourner l'aile gauche de Victor. Le général Fournier les attaque avec les régiments de cavalerie de Bade et de Hesse et les empêche d’encercler nos troupes.

Le soir, Victor place l'arrière-garde au-dessus de la rivière, après que le général Eblé lui ait fait faire une sorte de passage sur les pontons à travers les cadavres et les chariots brisés qui y sont entassés.

Des témoins parlent d'une tragédie incomparable. Les hommes n’ont même plus figure de guerriers, ni même figure humaine. Certains mêmes s’éloignent résolument de la condition humaine : des témoignages indiquent que l’on a pu voir un homme mort ayant les dents enfoncées dans la cuisse d’un cheval qui palpitait encore... Je n’ai pas vu les malheureux français se manger entre eux, mais j’ai vu des hommes morts à qui l’on avait coupé des lanières de chair aux cuisses, pour s’en nourrir[38].

Les souffrances sont d’une telle intensité que chaque auteur prend la précaution de souligner qu’il s’engage à faire un tableau de la retraite sans aucune exagération[39], mais des historiens parlent malgré cela d'une victoire française, d'artillerie française, de la cavalerie française, des prisonniers russes... Il y a des réalités qui transcendent la mythologie[40].

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29 NOVEMBRE[]

Voir le passage de la Bérézina comme une bataille victorieuse est grotesque. L'ennemi n'a même besoin d'attaquer pour que nos soldats meurent par dizaines de milliers.

Les restes des régiments polonais sont restés sur la rive orientale jusqu'au matin.

Il y a encore un grand nombre de blessés, de malades et d'épuisés qui, quand Eblé incendie les ponts à 8h30 du fait de la percée des Russes. Dans leur panique, certains tentent de traverser le pont en feu, d'autres plongent dans la rivière en essayant d'atteindre la rive ouest. Parmi eux des femmes et des enfants (cantinières, prostituées, épouses cachées...)[41].

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CHICHAGOV[]


La culpabilité de Chichagov pour cette demie-victoire[]

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Le maréchal Ney soutenant l'arrière-garde, d'Adolphe Yvon. Ceux, peu nombreux, qui ont encore la force de tenir une arme font face à l'ennemi.

Chichagov est pour les Russes le plus lamentable général de cette bataille. Les renforts qu'il envoie arrive trop tard. Il est blâmé d'avoir laissé Napoléon s'enfuir.

Koutouzoz, qui ne s'est pas personnellement impliqué dans cette bataille, devient du fait de Borodino, le sauveur de la Russie. Chichagov est mis à la retraite et doit quitter la Russie. Le fabuliste russe Krylov écrit à l'occasion des événements sur la Berezina la fable : Le brochet et les rats. Il est décrit comment les rats mangent la queue du brochet. Le brochet est l'amiral Chichagov, les rats sont les soldats de Napoléon. Des générations d'enfants russes vont apprendre comment Chichagov a laissé échapper Napoléon.

Seulement au XXe siècle que Chichagov est en partie réhabilité par l'Union Soviétique. Les communistes préfèrent partager la culpabilité à parts égales entre Chichagov, Koutouzov et Wittgenstein[42].

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Alexandre Ier accuse Kotouzov[]

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Koutouzov devant le régiment Preobrazhensky avec les bannières françaises capturées, par Andrei Nikolayev.

Une partie importante des restes de la Grande Armée réussit à traverser la rivière, mais l'ennemi est là. Ils n'ont presque plus de voitures et de chevaux, plus de canons ou de vivres.

Aux yeux d'Alexandre Ier le coupable est Koutouzov. Il remercie le général britannique Wilson, qui est au quartier général de Koutouzov lors de la retraite de l'armée française, le 24 décembre, en déclarant :

Vous m'avez toujours dit la vérité, sans vous, je n'aurais eu aucun moyen de le découvrir. Je sais que le Feld-maréchal n'a rien fait de son devoir... Tous ses succès lui ont été imposés. Il a fait quelques-unes de ses vieilles farces turques. Mais la noblesse de Moscou le soutient et insiste sur le fait qu'il occupe la première place dans la gloire nationale de cette guerre. Je suis donc obligé de remettre l'Ordre de Saint-Georges de première classe à cette personne en une demi-heure. ... Mais je ne vous demande pas d'assister à cette cérémonie, cela m'humilierait trop. Pendant ce temps, Je n'ai pas le choix, je dois me plier au besoin. En tout cas, je ne quitterai pas mon armée, de sorte que la pauvre direction du feld-maréchal ne durera pas[43].

On peut en déduire que le sauveur de la Russie fait de l'ombre au Tsar. Néanmoins seules les erreurs des dirigeants militaires russes empêchent un désastre encore pire des Français, en particulier le manque de coordination 'uniformité des opérations de Chichagov et Wittgenstein et la timidité et la lenteur de Koutouzov.

Bogdanovich écrit :

On peut dire avec certitude que Napoléon seul devait dans ce cas son secours à l'influence de ses victoires précédentes, qui ont fait que ses adversaires ont agi avec la plus grande prudence, lui donnant la possibilité de ne pas subir une défaite complète.

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La retraite devient la pire des tragédies[]

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La retraite de Russie devient une débâcle au passage de la Bérézina, après cela c'est les chemins vers la mort pour nos soldats et leurs alliés.

Chant de la Bérézina (Bibliothèque nationale suisse).

Sur les 70.000 Français arrivés àe la Bérézina, à peine 40 000 sont venus de l'autre côté. Les Français restants sont à la merci des attaques des Cosaques. Certaines femmes et enfants qui se trouvent du côté est tôt le matin peuvent encore être secourus. De nombreuses années plus tard, on pourra encore voir les débris d'armes et d'autres équipements de toutes sortes des deux côtés de la Bérézina sortir de la boue. Une île s'est formée à partir des décombres du pont d'artillerie et des chariots tombés dans l'eau. En aval, trois petites collines se sont formées à partir des corps des victimes et de la boue.

Le colonel Noël, resté à Vilna pour l’organisation du train des équipages, y voit arriver les débris de l’armée le 8 décembre et en livre à posteriori une description qui va inspirer bien des toiles reconstituant des épisodes de la retraite :

C’était une foule, une masse d’hommes hâves, débraillés, déguenillés, […] semblant ne rien voir, ne rien entendre, ne rien comprendre. Tous les rangs mêlés, […] sans armes, couverts d’oripeaux, de pelisses, de vieux sacs, de peaux de bêtes fraîchement écorchées, ayant aux pieds des chaussures faites de vieux vêtements, de vieux chapeaux[44].

On trouve une semblable description dans le Journal de Montesquiou-Fezensac[45], mais aussi dans les Mémoires du Chef de bataillon Antoine Valentin Watigny.

Avec peine, le maréchal Ney réussit à rassembler 3.000 hommes à Vilnius pour couvrir son évasion.

Napoléon sauve sa peau et celle de ses maréchaux, ce qui va prolonger le conflit de plusieurs années.

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APRES LA BATAILLE[]

Napoléon, alors que ses soldats agonisent, revient à Paris. L'aigle a un nid douillet dans un traîneau, des chevaux et des cavaliers de sa Garde qui ont encore des montures.

Les Cosaques poursuivent Napoléon sur plus de 2.500 kilomètres après sa campagne de Russie.

En 1941, Hitler, et chez nous une poignée de nostalgiques, vont essayer de reconquérir la Russie pour aller là encore attaquer les Britanniques aux Indes.

Les nouvelles de la catastrophe de Bérézina se sont rapidement propagées à travers l'Europe. A Paris, le danger d'un coup d'État depuis imminent depuis la retraite de Napoléon. Lorsque des rumeurs courent que l'empereur français est mort, une tentative de coup d'Etat a lieu le 24 octobre.

Napoléon abandonne ses soldats et rejoint Paris en traîneau, puis voiture hippomobile, chaudement vêtu, et protégé par ses Gardes. L'Empereur rédige un Bulletin pour informer l'opinion française :

Ce XXIXe Bulletin de la Grande Armée est un chef-d'oeuvre de propagande. Sans mentir, il présente les événements dans une gradation habile, passant d'une situation fâcheuse à une affreuse calamité ! Il raconte les malheurs des soldats, mais aussi le grand mérite de ceux qui conservent leur gaieté dans les épreuves et se termine par cette phrase, destinée à prévenir ceux qui songeraient à renverser le régime : "La santé de Sa Majesté n'a jamais été meilleure"[46][47].

Une grande partie des pontonniers périssent de froid dans l'eau glaciale de la Bérézina. Six seulement survivront à la retraite et Eblé lui-même meurt d'épuisement à Königsberg [48].

Le commandement des restes de la Grande Armée est allé au maréchal Murat. Mais, Murat rejoint rapidement son royaume à Naples. Il abandonne son armée à Vilnius, de sorte que l'armée russe peut également occuper la Pologne.

Après la bataille, le village de Beresina est fondé en Bessarabie en 1814, est nommé d'après les émigrants allemands dans la région. Le tsar Alexandre Ier appelle, dans un manifeste de 1813, les colons allemands dans le pays pour cultiver les zones de steppe nouvellement acquises, qu'il a arrachées aux Turcs dans la guerre russo-turque.

La Bérézina est un moment déclencheur et un événement passé un temps sous silence. L'embellissement d'un événement historique dans des textes de fiction, accompagné de l'oubli tendancieux de certains détails, peut correspondre au besoin de compensation d'un traumatisme collectif. Or, la création de l'univers imaginaire russe est déclenchée peu après la débâcle de la Bérézina[49].

Céline parle dans Voyage au bout de la nuit (1932) de quatre cent mille hallucinés enmbérésinés jusqu'au plumet[50]. La LVF va essayer de les imiter, mais va faire encore pire et son Hitler va enmbérésiner pas sept cent mille mais des millions d'Allemands.

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Koutouzov.

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NOTES ET RÉFÉRENCE[]

  1. Le passage de la Bérézina
  2. Mémoires d'Antoine Valentin Watigny
  3. Petiteau Natalie. La campagne de Russie de 1812 : mythes et réalités. Revue des études slaves, tome 83, fascicule 4, 2012. 1812, la campagne de Russie. Histoire et représentations, sous la direction de Marie-Pierre Rey. pp. 1047-1060.
  4. La campagne de Russie - 22 juin-14 décembre 1812. Curtis Cate, Claude Yelnik (Traducteur), Jean d'Hendecourt (Traducteur), TALLANDIER 24/05/2012.
  5. Mémoires d'Antoine Valentin Watigny
  6. Mémoires d'Antoine Valentin Watigny
  7. La campagne de Russie - 22 juin-14 décembre 1812. Curtis Cate, Claude Yelnik (Traducteur), Jean d'Hendecourt (Traducteur), TALLANDIER 24/05/2012.
  8. 1812: Napoleon's Fatal March on Moscow, Adam Zamoyski, ISBN 0-00-712375-2.
  9. The Illustrious Dead: The Terrifying Story of How Typhus Killed Napoleon's Greatest Army, Stephan Talty. Crown (2 juin 2009).
  10. Mémoires d'Antoine Valentin Watigny
  11. Mémoires d'Antoine Valentin Watigny
  12. Mémoires d'Antoine Valentin Watigny
  13. Mémoires d'Antoine Valentin Watigny
  14. Dominic Lieven: Russland gegen Napoleon. C. Bertelsmann Verlag, München 2011, ISBN 978-3-570-10050-9.
  15. Mémoires d'Antoine Valentin Watigny
  16. Charles Joseph Minard: Napoleon's march to Moscow. The world of 1812. Graphics Press, Cheshire, Conn. 1994.
  17. Dominic Lieven: Russland gegen Napoleon. C. Bertelsmann Verlag, München 2011, ISBN 978-3-570-10050-9.
  18. Modest Ivanovich Bogdanovich, History of the Great Patriotic War of 1812. 2 volumes. St. Petersburg (1861).
  19. Modest Ivanovich Bogdanovich, History of the Great Patriotic War of 1812. 2 volumes. St. Petersburg (1861).
  20. Mémoires d'Antoine Valentin Watigny
  21. Dominic Lieven: Russland gegen Napoleon. C. Bertelsmann Verlag, München 2011, ISBN 978-3-570-10050-9.
  22. Petiteau Natalie. La campagne de Russie de 1812 : mythes et réalités. Revue des études slaves, tome 83, fascicule 4, 2012. 1812, la campagne de Russie. Histoire et représentations, sous la direction de Marie-Pierre Rey. pp. 1047-1060.
  23. Petiteau Natalie. La campagne de Russie de 1812 : mythes et réalités. Revue des études slaves, tome 83, fascicule 4, 2012. 1812, la campagne de Russie. Histoire et représentations, sous la direction de Marie-Pierre Rey. pp. 1047-1060.
  24. Journal du capitaine François, prés. Jacques Jourquin, Paris, Tallandier, 2003, p. 690.
  25. Mémoires militaires du général Baron Boulart sur les guerres de la république et de l'empire, Boulart, Jean-François (1776-1842), librairie illustrée (Paris) : 1892.
  26. Petiteau Natalie. La campagne de Russie de 1812 : mythes et réalités. Revue des études slaves, tome 83, fascicule 4, 2012. 1812, la campagne de Russie. Histoire et représentations, sous la direction de Marie-Pierre Rey. pp. 1047-1060.
  27. Petiteau Natalie. La campagne de Russie de 1812 : mythes et réalités. Revue des études slaves, tome 83, fascicule 4, 2012. 1812, la campagne de Russie. Histoire et représentations, sous la direction de Marie-Pierre Rey. pp. 1047-1060.
  28. Le passage de la Bérézina
  29. Le passage de la Bérézina
  30. Adam Zamoyski : 1812. Napoleon's fatal march on Moscow. Harper Collins, London 2004, ISBN 0-00-712375-2.
  31. Mémoires d'Antoine Valentin Watigny
  32. Modest Ivanovich Bogdanovich, History of the Great Patriotic War of 1812. 2 volumes. St. Petersburg (1861).
  33. Le passage de la Bérézina
  34. Historique du 8ème Régiment d'artillerie
  35. Mémoires d'Antoine Valentin Watigny
  36. Le passage de la Bérézina
  37. Historique du 8ème Régiment d'artillerie
  38. LANGERON, cité par Pierre EVENO, Membre de La Sabretache : Manger, le souci quotidien du soldat, l’alimentation des troupes…
  39. Petiteau Natalie. La campagne de Russie de 1812 : mythes et réalités. Revue des études slaves, tome 83, fascicule 4, 2012. 1812, la campagne de Russie. Histoire et représentations, sous la direction de Marie-Pierre Rey. pp. 1047-1060.
  40. >Petiteau Natalie. La campagne de Russie de 1812 : mythes et réalités. Revue des études slaves, tome 83, fascicule 4, 2012. 1812, la campagne de Russie. Histoire et représentations, sous la direction de Marie-Pierre Rey. pp. 1047-1060.
  41. Le passage de la Bérézina
  42. Eugen Tarlé : Napoleon in Russland 1812. 2. Aufl. Steinberg Verlag. Zürich 1944.
  43. Eugen Tarlé : Napoleon in Russland 1812. 2. Aufl. Steinberg Verlag. Zürich 1944.
  44. Jean-Nicolas-Auguste Noël, Souvenirs militaires d’un officier du Premier Empire, Paris, Lie des Deux Empires, 1999 (1re éd. : 1895), p. 117.
  45. Petiteau Natalie. La campagne de Russie de 1812 : mythes et réalités. Revue des études slaves, tome 83, fascicule 4, 2012. 1812, la campagne de Russie. Histoire et représentations, sous la direction de Marie-Pierre Rey. pp. 1047-1060.
  46. Le passage de la Bérézina
  47. Albert Sidney Britt: The wars of Napoleon. Square One Publ., Garden City, N.Y. 2003, ISBN 0-7570-0154-8.
  48. Le passage de la Bérézina
  49. La Russie et les Russes dans la fiction française du XIXe siècle (1812-1917) : d'une image de l'autre à un univers imaginaire, Volume 108 de Internationale Forschungen Zur Allgemeinen Und Vergleichende, Charlotte Krauss, Rodopi, 2007.
  50. La Russie et les Russes dans la fiction française du XIXe siècle (1812-1917) : d'une image de l'autre à un univers imaginaire, Volume 108 de Internationale Forschungen Zur Allgemeinen Und Vergleichende, Charlotte Krauss, Rodopi, 2007.
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