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                                Ampurias-Empúries

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Empúries-Ampurias : passé grec et présent.

Représentation schématique des sphères d'influence de la Méditerranée occidentale au cours des dernières décennies du VIe siècle av. J.-C., après la bataille d'Alalia (~ 535).

La colline d'Emporias et son environnement[1].

Coupe stratigraphique et vue de la superposition de l'ancienne muraille A de la ville helléno-romaine d'Ampurias sur les vestiges du mur B de l'Indika ibérique.

Les cités antiques grecque et romaine d'Empúries, dans le nord-est de la Catalogne[2].

Empúries : passé romain et présent.

Après les musulmans les Vikings ravagent la ville antique d'Empúries (Auteur : J. Monsalvo Antón).

La chora d'Emporion: paysage et structures agraires dans le nord-est catalan à la période pré-romaine, Rosa Plana Mallart.

Ampurias, en catalan Empúries, en grec Ἐμπόριον (Emporion, qui signifie comptoir commercial[3].), en latin Emporiae, est fondée entre 598 et 575 av. J.-C. par des colons grecs, des Ioniens de Phocaea (Phocée - Anatolie), à la même époque que Massalia (Marseille), dans l'extrême nord-est de l'Espagne, dans la comarca gerundense del Alto Ampurdán[4].


À côté de la colonie grecque on trouve un modeste établissement humain ibérique, Indika, datant de l'âge du fer (IXe siècle av. J.-C.)[5], d'après les textes d'Étienne de Byzance. Ce que confirment les émissions monétaires avec inscriptions ibériques au nom d'Untikesken. Parmi les monnaies frappées plus tard, on remarque des drachmes portant la légende Εμποριον, la tête d'Aréthuse et Pégase au galop. Indika est un marché indigène existant avant la colonisation par les colons phocéens de Massalia (Marseille)[6]. Des fouilles dans la Palaiapolis révèle une occupation du VIIIe au VIe siècle av. J.-C., avec des céramiques étrusques, ioniennes et phocéennes[7].


En grec ancien, le mot emporion (ἐμπόριον) désigne un port de commerce (import-export).[8]. C'est le premier comptoir commercial grec de la péninsule hispanique, fondé au tout début du VIe siècle av. J.-C., comme sa voisine Rhoda (Rosas)[9]. Emporion, colonie grecque de la partie Nord-orientale de la Péninsule Ibérique, constitue un cas exceptionnel pour l'étude de la colonisation grecque, et plus précisément phocéenne, dans l'Extrême Occident[10].


Palaiapolis (en grec παλαιάπολις, vieille ville) est installée à la même époque que Massalia (Marseille), donc 598 av. J.-C.[11], sur une île située au large de la côte, aujourd'hui devenue San Martin de Ampurias. Au nord, l'embouchure de la rivière Fluvià (Latin Clodianus) est utilisée comme port naturel à l'abri des tempêtes[12]. Il est nord du vieux bras du Ter qui se termine à cette époque au nord de la ville de La Escala, sur la plage de Rec del Molí. La zone est entourée par des marais qui la protègent. L'ancienne Palaiapolis, dont parle Strabon, est une polis grecque séparée d'une ville indigène par des remparts. Elles vivent des échanges avec un hinterland ibère actif et de l'exploitation de leur chôra[13].


Après la prise de Phocea par les Perses (546 av. J.-C.), et la bataille d'Alalia (~ 535), Emporion connaît un grand essor démographique[14]. Il fait naître un second noyau urbain, que les archéologues baptisent Neapolis, par opposition à Palaiapolis. La fin du VIe ou le début du Ve s. correspondent pour Emporion non seulement à son indépendance, mais à son grand développement commercial. Cette situation se répercute sur la colonie, devenue alors une véritable polis[15]. Neapolis et Palaiapolis sont séparées par un port naturel, qui va être comblé par les alluvions du Fluviá. 1.300 Grecs et Ibères vivent à l'intérieur de l'enceinte et quelques centaines de plus hors des murs[16]. Grâce à son port commercial, Emporion devient un des centres commerciaux des Grecs ioniens en Méditerranée occidentale. Elle est comme une sœur de Massalia, située à deux jours et une nuit de navigation d'elle, selon le pseudo-Kylax, qui cite Emporion en même temps que la colonie rhodienne de Rhode (Rosas), toutes deux dans l'actuel golfe de Rosas (Gerona), au sud du cap Creus, contrefort oriental des Pyrénées[17]. Ses habitants adorent la déesse Ártemis de Éfeso, selon Stabon. La polis s'entoure de remparts, se dote d'institutions civiles...[18].


Le site archéologique d'Ampurias-Empúries est le seul complexe de la péninsule ibérique à associer les vestiges d'une ville grecque (Emporion) et d'une ville romaine (Emporiae). Il constitue un point de référence fondamental pour comprendre nos racines gréco-romaines. Les ruines grecques sont les plus importantes d'Espagne. À l'époque romaine, de nombreux auteurs, tels que Livy, Polybius ou le géographe Strabon, mentionnent Empúries comme une ville et un port majeur sur la côte méditerranéenne espagnole.


En effet, Emporion est le théâtre du premier débarquement des Romains dans la péninsule Ibérique (218 av. J.-C. ), dans le contexte de la seconde guerre punique. Cnaeus Cornelius Scipio Calvus a pour mission d'attaquer l'arrière-garde carthaginoise alors qu'Hannibal porte la guerre en Italie. Après un début de conquête de l'Hispanie par les Romains, les soulèvements indigènes de 197 av. J.-C. dans le nord-est la paix revient[19]. Plus tard, une nouvelle ville se développe au début de l'empire romain. La Cité romaine est un ancien praesidium (forteresse) situé sur un promontoire à l'ouest de Néapolis. C'est un rectangle de 750 x 350 mètres, délimité par un mur qui abrite un système urbain développé autour de plusieurs monuments publics, un port avec une jetée. Elle fait du négoce et vie de la pêche et de l'agriculture[20]. De nombreux écrivains, tels que Tite-Live, Polybe ou le géographe Strabon, mentionnent Emporiaecomme une grande ville et un port sur la côte méditerranéenne. La ville romaine d'Emporium compte jusqu'à 10.000 habitants à l'intérieur de ses murs[21], et plus encore hors murs...


On sait qu'au Ier siècle apr. J.-C. siècle, lorsque l'activité commerciale d'Ampurias connait une phase de déclin, c'est le port de Narbonne qui fournit la catalogne en marchandises d'origines lointaines[22]. Ampurias, détruite sans doute lors des raids franco-alamans, en 258-270, entre dès cette époque dans une phase de déclin définitif[23]. Après toutes ces invasions et ces changements de lieu, Ampurias est probablement réduite à une petite colonie.


Du fait de nouvelles invasions barbares au Ve siècle la région de Alt Empordà est parait-il dévastée et on assiste à une décadence des villes romaines importantes (Itálica, Ampurias...)[24]. Toutefois les metropolis romaines, comme Ampurias, deviennent des sièges épiscopaux, où sont protégés les monuments antiques même par les païens christianisés[25]. En l'an 540, un conseil wisigothique se réunit, en présence du métropolite Sergio (520 - 555) et des évêques d'Ampurias, de Lérida, de Gérone...


L'antique cité grecque, puis romaine, d'Empúries sert de centre administratif à un comté carolingien, qui porte son nom, mais elle est complètement détruite par un raid musulman, puis par les Normands en 858/859[26].


A partir de cette les Catalans célèbrent à l'intérieur des terres les plaids fêtés dans le temps à Empúries. Lorsque le Comte Sunyer II d'Empúries (840 - 915) veut restaurer sa capitale il se limite à San Martín de Ampurias[27]. Le Comte Gausbert restaure l'église en 926[28], mais Ampurias est presque abandonnée au Haut Moyen Âge, à l'exception du village de San Martín de Ampurias, qui est toujours peuplé aujourd'hui[29].


Les parties visibles sont accessibles en tant que site archéologique avec un musée (Museu d'Arqueologia de Catalunya - Empúries). La jetée du comptoir grec est située directement sur la plage d'Ampurias. Le site archéologique grec d'Empúries est inscrit à la liste indicative du Patrimoine de l'Humanité de l'UNESCO, avant sa reconnaissance comme Patrimoine de l'Humanité.

Emporion[30].

EMPLACEMENT[modifier | modifier le wikicode]

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Zones linguistiques principales de la péninsule ibérique pré-romaine, selon l'épigraphie et la toponymie.

L'embouchure de la rivière Fluvià (Latin Clodianus) est utilisée comme port naturel.

Ampurias est modeste établissement humain ibère, situé sur le territoire des Indiketes, dans l'extrême nord-est de l'Espagne, la comarca gerundense del Alto Ampurdán[31]. Les ruines sont situées à 35 kilomètres au sud de la frontière française, dans le district de La Escala sur le golfe de Roses en Catalogne, au bord de la marina d'Empuriabrava. Strabon dit la ville située à environ 200 stades des Pyrénées.

La zone autour de Palaiapolis' (vieille ville) est encore une île. Au nord, l'embouchure de la rivière Fluvià (Latin Clodianus) est utilisée comme port naturel à l'abri des tempêtes[32]. Il est nord du vieux bras du Ter qui se termine à cette époque au nord de la ville de La Escala, sur la plage de Rec del Molí. La zone est entourée par les eaux saumâtres des marais de roseaux qui sont typiques de la côte de Ampurdán. C'est l'ancienne Palaiapolis dont parle Strabon.

Neapolis et Palaiapolis sont séparées par un port naturel, qui va être comblé par les alluvions du Fluviá. Emporion devient un des centres commerciaux des Grecs ioniens en Méditerranée occidentale. Elle est comme une sœur de Massalia, située à deux jours et une nuit de navigation d'elle, selon le pseudo-Kylax, qui cite Emporion en même temps que la colonie rhodienne de Rhode (Rosas), toutes deux dans l'actuel golfe de Rosas (Gerone), au sud du cap Creus, contrefort oriental des Pyrénées[33].

LA PÉRIODE IBÈRE[modifier | modifier le wikicode]

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Indiketes (Ibères).

Vue de l’extrémité sud de l’île de Reixac. La palaiapolis (vieille ville) d'Emporion est bien moins importante avant la colonisation grecque.

Les Indiketes (Ibères) sont les premiers habitants d'Empúries.

Indiketes : La culture ibérique à Empúries et Castell.

Les Indigetes (en latin ou Indigetae ou Indiketes) sont un peuple ibère établi dans la province de Gérone, dans l'extrême nord-est de la péninsule Ibérique, dans le golfe d'Empúries et Rhoda en s'étendant jusqu'aux Pyrénées et en occupant la plaine de l'Empordà, et la Selva. Avant la colonisation grecque on trouve de modestes établissements humains ibériques, des Indika, datant de l'âge du fer (IXe siècle av. J.-C.)[34], d'après les textes d'Étienne de Byzance. Ce que confirment les émissions monétaires avec inscriptions ibériques au nom d'Untikesken.

On trouve d’abord dans cette région une série de villes indiketes que l’on peut assimiler à celles de la culture des urnes. C’est une culture de l’âge du bronze et du fer fondée sur l’agriculture et l’élevage de subsistance. En dehors de la capitale, la ville principale est Ullastret[35].

Des colons phocéens créent un comptoir commercial : emporion, en Méditerranée occidentale? à la même époque que Massalia (Marseille), donc 598 av. J.-C.[36]. Ils installent Palaiapolis (vieille ville) sur une île à l'emplacement du village actuel de Sant Martí d'Empúries[37]. Ces fondateurs phocéens choisissent de s'établir sur une île proche de la côte, de dimensions modestes et facile à défendre, dominant une anse aménageable en port, ce qui est loin d'être un cas isolé en Méditerranée : Syracuse, Tarente et bien d'autres cités présentent une configuration géographique similaire au moment de leur fondation.

Des relations commerciales naissent avec les Étrusques ou les Phéniciens, et les Massaliotes[38].

Ce sont les Phéniciens qui semblent avoir introduit la métallurgie en Catalogne au milieu du VIIIe siècle av. J.-C.

Les peuples grecs provenant de Phocée, en Anatolie, peu de temps après avoir fondé Massalia (Marseille) en 598 av. J.-C.[39], qui domine l’arc côtier de la Ligurie italienne jusqu’à un golfe où ils bâtissent Empúries et Roses.

Le contact entre les Grecs et les populations indigènes d’Empúries stimule les activités économiques de celles-ci, qui adoptent certains traits culturels comme l’adoration de Déméter ou d’Apollon, et permet le développement des techniques et des connaissances. Les tribus ibériques autochtones doivent beaucoup aux influences des peuples colonisateurs. Les Grecs permettent aux Ibères d'améliorer la qualité de leurs céramiques[40].

Les peuples indigènes autochtones, les Ibères, produit de l’évolution des peuples de l’âge du bronze, sont agriculteurs, éleveurs et commerçants. Ils se consacrent à la culture des céréales (blé, orge et avoine), des légumineuses (lentille, pois, jarosse), des légumes verts et des fruits secs (amande, noisette); ils fabriquent de l’Huile d'olive, depuis que les Romains sont arrivés, et bien qu’ils cultivent aussi la vigne, il est peu probable qu’ils élaborent du vin. Ils travaillent les champs avec des charrues en fer. Dans le village de Les Toixoneres (Calafell), la production de bière est documentée. Ils développent également une solide économie agropastorale (chèvres, moutons, porcs... ) et ils pratiquent la chasse et la pêche. Leur artisanat textile naissant (filage et tissu) s’exporte[41].

Village ibérique d'Ullastret.

LA PÉRIODE GRECQUE[modifier | modifier le wikicode]

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Fondation de la ville phocéenne[modifier | modifier le wikicode]

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Emporion est fondée par des colons venant de Massalia (Marseille) colonie phocéenne.

L'oppidum ibérique d'Ullastret.

L'histoire d'Emporion commence avec la fondation d'un comptoir marchand par des Ioniens de Phocaea (Phocée - Anatolie), venant de Massalia (Marseille).

Peu de temps après la fondation de Massalia émerge dans la région des colonies comme Agde et Rhode (aujourd'hui Roses). Ils négocient des échanges commerciaux avec les territoires ibériques de l'intérieur ainsi que les villes puniques de la côte sud de l'Espagne et des îles Baléares. La base économique de ces colonies est l'échange de produits importés de haute qualité tels que le métal ou la poterie contre les produits agricoles et les minerais de l'intérieur.

Dans la Catalogne actuelle, les colons grecs rencontrent les indigènes au VIe siècle av. J.-C.. Le développement de la civilisation ibérique dans le sud de la France d'aujourd'hui correspond à la transition des cultures de l'âge du bronze tardif à l'âge du fer. Tout cela est précisé dans de nombreux documents écrits ibériques, notamment les formes dominantes des précurseurs en céramique et la culture urbaine.

L'influence de la colonie grecque est particulièrement évidente dans l'oppidum ibérique d'Ullastret, situé à proximité. Outre la poterie grecque importée, il y a un mur de ville hellénistique, un sanctuaire au sommet de la colline ressemblant à une acropole et à une agora.

Marins phocéens sur la plage d'Emporion.

Palaiapolis (en grec παλαιάπολις, vieille ville)[modifier | modifier le wikicode]

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Ancien four employé pour le métallurgie au Rec del Moli.

Le quai grec, les dunes.

Les quais.

Sant Martí d'Empúries est construit à l'emplacement de la Palaiapolis.

Entre 598 et 575 av. J.-C. arrive dans la péninsule la dernière vague colonisatrice grecque celle des foceos (Phocéens), dirigée vers le commerce de longue distance. Les Phocéens n'ont pas créé de colonies de peuplement, mais leur objectif est avant tout commercial. La mère métropole, Focea, est érigée à cet effet.

L'établissement de Palaiapolis (en grec παλαιάπολις, vieille ville) est un simple port commercial de l'île, où une escale à l'embouchure de la rivière Fluvia. Avec l’arrivée des Grecs, les indigènes deviennent des producteurs de biens de consommation qu’ils échangent avec les Hellènes contre des marchandises plus précieuses telles que le vin. Au début, cela dépend de Μασσαλία (Massalia), comme en témoigne le grand nombre d'amphores massaliotes découvertes à cette époque.

La nécropole de Portitxol, au sud de la ville grecque, avec des vases corinthiens, étrusco-corinthiens et chypriotes de la fin du VIIe et du début du VIe s., est traditionnellement considérée comme grecque, appartenant aux premiers Grecs installés sur l'île de Sant Marti d'Ampurias. Une révision des données conservées de la fouille ancienne de cette nécropole, permet de découvrir qu'est mentionnée la présence d'urnes à incinération couvertes avec une pierre ou une assiette, ce qui signale une nécropole indigène, comprenant aussi quelques tombes grecques. Information qui révèle la présence d'indigènes à Ampurias au moment même de l'arrivée des Grecs et, surtout, l'existence d'un groupe local avec un pouvoir d'achat très élevé, d'après le mobilier et la part des céramiques d'importation qui accompagne les incinérations. Ces importations peuvent provenir autant des premiers échanges avec les Grecs que de l'échange de dons, caractéristique des premiers contacts entre la population locale et les colons[42].

Après la conquête de Focea par Ciro II, empereur de la Perse en 546 av. J.-C., les Phocéens fuient vers la nouvelle colonie d'Alalia, en Corse. Cependant, leur présence finit par gêner les Carthaginois, qui forment une coalition avec les Étrusques pour y mettre fin.

En 535, la bataille d'Alalia a lieu. Les Phocéens fuient à nouveau, cette fois-ci ils se réfugient à Massalia et à Emporion. La ville voit sa population considérablement augmenter du fait des réfugiés.

L'île où se trouve Palaiapolis, durant l'Antiquité, est actuellement liée au continent. Sur cette île se trouve la ville médiévale de San Martín de Ampurias, tandis que l'ancien port, partie recouverte de sédiments est devenue l'emplacement de jardins potagers. Cette zone ne va guère être fouillée car elle est restée habitée depuis l’antiquité. Il semble qu'après la fondation de Neapolis, le 'Palaiápolis soit été utilisé comme une acropole (forteresse et temple). Strabon parle d'un temple dédié à Artémis situé sur cette ancienne île.

C'est le nom donné par Strabon pour décrire une petite île située sur les côtes de la côte, appelée aujourd'hui le village de Sant Martí d'Empúries, et insérée sur le continent par le processus d'assèchement des zones humides d'Empúries. Ici, au début VIe siècle av. J.-C. (598/575), des colons phocéens sont attirés par le commerce, essentiellement sur la route de l'étain. Après la destruction de Phocée, en 535, après la bataille d'Alalia, les Phocéens fuient à nouveau et viennent s'installer à Emporion et Massalia.

Neapolis (νεάπολις, nouvelle ville) - fin du VIe s. av. J.-C.[modifier | modifier le wikicode]

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Neapolis d'Emporion.

Il convient de tenir compte du fait que presque tout ce qui est visible correspond aux époques républicaine et impériale romaines. Car ce qui est strictement grec, des époques archaïque et classique, se trouve dans le sous-sol et n’est visible que suite à certaines fouilles, surtout dans le sud de la ville.

En -546, les habitants de Phocée sont chassés de leur cité ionienne, détruite par les conquérants perses de Cyrus le Grand. Forcés à l'exode, ils affluent vers leurs colonies, dont Emporion : l'îlot fondateur se trouve alors surpeuplé, et les nouveaux habitants vont s'établir de l'autre côté du port, dans des maisons à la grecque, faites de petites pièces construites selon la place disponible. Ces constructions en dehors du site de la Paléopolis établissent une nouvelle ville (appelée la Neapolis par les archéologues). La construction d'une enceinte fortifiée pour protéger cette partie de la ville devient alors nécessaire. Les imposants vestiges de cette muraille sont encore visible au sud du site de la Neapolis.

Les Emporitains passent sur le continent[modifier | modifier le wikicode]

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En 535, après la bataille d'Alalia les Phocéens fuient à nouveau. Cette fois-ci ils se réfugient à Massalia et à Emporion.

Site archéologique d’Empuries (Catalogne, Espagne) : ruines grecques de Neapolis ; Porte Méridionale (Temple d'Isis et Zeus Sérapis).

Quelques années après leur arrivée, les Grecs construisent l'agglomération désignée traditionnellement comme Neapolis (la ville nouvelle), à proximité de la communauté indigène[43]. Le lotissement gréco-ibérique Neapolis est fondé à la fin du VIe siècle av. J.-C..

Les Emporitains passent sur le continent et au Ve av. J.-C. siècle Emporion est solidement constituée comme une polis, ouverte sur le monde méditerranéen, qui entretient des relations commerciales importantes non seulement avec le monde grec, mais aussi avec le Sud de la péninsule ibérique et avec l'île d'Ibiza, avec laquelle elle a des relations privilégiées[44].

Strabon note que Neapolis s'installe, près de la colonie gréco-ibère. Pour se protéger, les Ibères et les Grecs ont construit un mur commun. L'arrivée de nouveaux colons, ainsi que l'organisation précoce des terres déjà explorées et le développement urbain, doit motiver le passage de la population sur la terre ferme et la création d'une ville[45].

Une présentation détaillée dans Tite-Live est en grande partie identique aux spécifications de Strabon. Les deux rapports peuvent être basés sur un modèle de Poséidonios, et décrivent le développement de la ville de Neapolis, qui s'étend au sud de la colline de Palaiapolis.

Indépendance et prospérité d'Emporion[modifier | modifier le wikicode]

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Trirème à quai à Emporion.

Un Serapeum (Serapeion) dans la ville grecque d'Emporion, Empuries.

En 550 av. J.-C., selon Strabon, une deuxième fondation est établie, celle-ci sur le continent, au détriment de la Palaiápolis, qui connaît un grand développement urbain. Les mots de Strabon les voient rassemblés dans sa géographie :

Les Emporitaniens habitaient autrefois une île au large de la côte qui s'appelle aujourd'hui Palaiápolis, mais vivent aujourd'hui sur le continent. Emporion est une double ville, divisée par un mur, ayant avant, comme voisins, quelques indiketes (...). Mais au fil du temps, ils se sont unis dans un seul État, composé de lois barbares et grecques, comme dans beaucoup d'autres villes également[46].

L'idée apportée par F. Villard sur l'indépendance d'Emporion par rapport à Massalia et le développement de circuits commerciaux propres dès la fin du VIe s. est pleinement acceptée par toute l'historiographie postérieure. En étudiant l'histoire économique de Marseille, F. Villard se rend compte que, tandis que celle-ci entre au du Ve s. dans une grave crise qui se traduit par une paralysie presque totale de ses importations, Emporion commence au même moment son développement commercial, avec une présence continue d'importations grecques[47].

En raison de son emplacement sur la route commerciale entre Massalia et Asta Regia, la ville devient un grand centre économique et commercial, ainsi que la plus grande colonie grecque de la péninsule ibérique.

Grecs et Ibères[modifier | modifier le wikicode]

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Poterie grecque à figures rouges importée retrouvée à Emporion.

La colonie d'Emporion fonctionne toujours en rapport à la société ibérique[48].

Au Ve siècle av. J.-C. il y a une ère de grande prospérité basée principalement sur le commerce grec, en particulier avec l'offre athénienne. Des accords initiaux politiques et commerciaux sont conclus avec la population autochtone (qui fonde la ville d'Indika dans les environs). Ils assurent aux Grecs une adaptation souple au milieu, et évoluent et se transforment en leur faveur. On peut penser que, comme à Massalia, les Grecs s’approprient du territoire et contrôlent fortement la dynamique de Emporion. De toute façon, pour Ampurias, étant donnée l'évolution des rapports gréco-indigènes et la fusion du début du IVe s., nous n'envisageons ni une expulsion des indigènes ni une rupture totale mais, plutôt, une méfiance de la part de la population locale, ce qui peut s'accorder avec l'information transmise par Tite-Live[49].

Le développement d'Emporion est en grande partie facilité par la création d'un courant de commerce avec Athènes axé sur l'échange de céramique attique contre des produits agricoles de l'arrière-pays principalement. Les sources écrites anciennes et l'archéologie témoignent de la constitution d'Emporion comme une polis gréco-indigène au début du IVe s., ce qui rend compte de la forte symbiose entre les populations grecque et indigène[50].

Ces deux faits soulignent largement le contact d'Emporion avec son arrière-pays et l'importance progressive qu'a le territoire pour la colonie grecque, dont la réussite dépend, en dernière instance, du contrôle des ressources du pays. Le contact d'Emporion avec la population locale ne répond pas à un fait tardif, puisque les Phocéens se sont implantés là où il y a déjà un habitat indigène. Mais, si dans un premier temps les deux populations, bien qu'en collaboration, sont restées séparées, plus tard l'union qui s'est produite a permis la consolidation d'Emporion comme une polis gréco-indigène. Par conséquent, la colonie d'Emporion fonctionne toujours en rapport à la société ibérique[51].

Le site archéologique des ruines d'Emporion.

Monnaies de Empòrion[modifier | modifier le wikicode]

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Untikesken Emporiae (monnaie de Empúries)[modifier | modifier le wikicode]

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Untikesken Emporiae (monnaie de Empúries). Pegasos à droite, symbole de la ville, la tête sous la forme du dieu de la rivière Chrysaor.

Les Ibères ont des droits dans la cité grecque. Après la fondation du comptoir commercial : emporion, les Indigetes frappent leur propre monnaie qui porte l'inscription dans une écriture ibérique nord-orientale untikesken, qui dans la langue ibère peut être interprétée comme voulant dire monnaie.

Du temps de la colonisation grecque, Empòrion cesse de frapper des pièces d'argent et commence à battre le bronze avec la légende ibérique Untikesken[52].

Pièces de monnaie, anepigráficas (sans inscription)[modifier | modifier le wikicode]

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Atelier monétaire à Empúries.

Monnaies ibériques.

Carte du rayonnement de Massalia[53].

Depuis le IVe siècle av. J.-C. la ville grandit déjà considérablement et est connue sous le nom de Emporion, μπόριον. Il existe encore beaucoup de commerce grec avec la péninsule et les premières pièces de monnaie, anepigráficas (sans inscription), commencent à être forgées d’abord, puis à la légende EM. À la fin de ce siècle, les drachmes sont déjà publiés avec le type d'étalon, selon le modèle punique, puis avec le pégase caractéristique sur le dos et la tête d'Aretusa à l'avers.

La période de splendeur se poursuit jusqu'à l'arrivée des Bárcidas. La concurrence crée une récession dans l'économie emporitanienne. Les Emporitanians envoient une ambassade à Rome pour demander de l'aide. Rome ferme le traité de l'Èbre avec Asdrúbal el Bello en 226 av. J.-C., selon lequel les puniques ne doivent pas traverser la rivière. Avec la seconde guerre punique, Ampurias est considéré comme un allié fidèle de Rome.

Les pièces de monnaie frappées de la ville punique standard monnaie avec le Pegasus sur le dos et la légende grecque ЕМПОРІТΩΝ (génitif). Les symboles des échanges culturels parrainés par le commerce avec les Ibères sont des imitations de ce motif sur des pièces de monnaie ibériques, dans lesquelles on voie souvent à la place du Pégase un cheval avec des cavaliers dans une pose similaire.

L'union entre les émissions grecques et latines[modifier | modifier le wikicode]

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Les monnaies d'argent d'Empòrion, Rhode et leurs imitations : du début du IIIe siècle av. J.-C. jusqu'à l'arrivée des Romains, en 218 av.[54].

Emporion AR Drachm. fin du du IIIe siècle av. J.-C.. Tête d'Aréthuse à droite, oreilles épis dans les cheveux, dans la boucle d'oreille et le collier; trois dauphins autour / Pegasos à droite.

La frappe, peu après la conquête romaine, de monnaies de bronze avec la légende ' 'Untikesken concerne la population ibérique de tout ce territoire, mais ces monnaies sont vraisemblablement frappées, on l'a vu, à Ampurias. Ces nouvelles émissions se substituent aux monnaies à légende grecque, ce qui non seulement matérialise la perte du numéraire grec avec l'intervention romaine, mais indique que l'hégémonie exercée par Ampurias à la période pré-romaine continue après la conquête. Par conséquent, la colonie grecque d'Emporion est capable de se tailler progressivement une place importante dans le Nord-Est catalan ibérique. Cette affirmation est possible grâce à l'entente avec les sociétés locales, particulièrement avec les couches dirigeantes, mais aussi grâce à sa consolidation comme une entité urbaine et territoriale de grande importance[55].

Sur le devant, la tête de Palas Atenea apparaît, avec le casque corinthien, la visière surélevée et un grand panache. Au revers, il y a le Pegase avec la tête modifiée. Ces émissions de bronze constituent le nœud de l'union entre les émissions grecques et latines, à partir de la création de la municipalité romaine[56]. Cela commence à partir de 195 avant J.-C. et adopte comme motifs inversés, le cheval ailé de l'unité ; le taureau ; le lion dans les quadrants et le cheval dans les sextans. Les différentes émissions se distinguent par la représentation de plusieurs symboles complémentaires: la couronne, la corne d'abondance, le caducée.

Vers le milieu du IIIe siècle av. J.–C., les drachmes d'Empòrion adoptent une nouvelle iconographie.

LA PÉRIODE ROMAINE[modifier | modifier le wikicode]

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Empúries Virtual 2019.

La culture grecque, ancrée dans l'Emporion à partir du VIe siècle av. J.-C., est restée en vie plus tard grâce au pacte que les emporitanos grecs concluent avec Rome.

Sallustre évoque les Indigetes dans sa narration de l'entrée en Espagne de Pompée luttant contre Sertorius (80 av. J.-C. à 72 av. J.-C.). Pline l'Ancien les cite aussi, comme voisins des Laletans. Avienus, poète latin de la fin du IVe siècle, les présente comme :

durs Indigètes, nation farouche, nation de fiers chasseurs, et qui ne sort pas de ses forêts[57].

Emporiae, par le biais du commerce maritime, va devenir plus importante dans la province romaine d'Hispania Citerior, tout en restant en partie Grecque.

Débarquement lors de la seconde guerre punique (218 av. J.-C.)[modifier | modifier le wikicode]

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Carte de la conquête romaine d'Hispanie.

Port et fort côtier d'une Légion.

Tombeau de Cnaeus Cornelius Scipio Calvus.

Cnaeus Cornelius Scipio Calvus agit sous les auspices de son frère. En naviguant le long de la côte de la Gaule, il débarque n 218 av. J.-C. à Emporiae et, agissant pacifiquement, il va bientôt s'allier à la plupart des tribus de la côte espagnole situées entre les Pyrénées et l'embouchure de la rivière Èbre. Il a pour mission de couper les provisions aux armées d'Hanníbal qui ravagent l'Italie.

Le gouverneur carthaginois de cette partie de l'Espagne, Gannon, s'empresse de le combattre, mais est vaincu à Cissis et capturé avec le roi des Ilergetes, Indebil. Bientôt Hasdrubal Barca fait deux raids sur l'Èbre, infligeant des pertes tangibles aux marins romains et aux soldats romains se sont dispersés à travers le pays et provoque une insurrection des insurgés. Mais Scipion réussit à réprimer le soulèvement, après quoi il hiverne à Emporiae. Ainsi, il coupe les communications terrestres entre l'Espagne carthaginoise et l'armée d'Hannibal.

Nous retrouvons ces faits chez Tite Live :

Pendant que ces choses se passaient en Italie, Cn. Cornelius Scipio, envoyé en Hispanie avec un escadron et une armée, sortit de l'embouchure du Rhône et doubla les montagnes pyrénéennes approchées à Emporiae. L'armée y débarqua et, à commencer par les Lacétans, elle soumit toute la côte à Rome, à l'Èbre, renouant parfois des alliances, parfois les établissant[58].

En effet, la deuxième étape de l'histoire ancienne d'Ampurias correspond à la période de romanisation commencée au début du troisième siècle av. J.-C.. Grâce à son port commercial Emporiae (Emporion) est le théâtre du premier débarquement des Romains dans la péninsule Ibérique (~ 218), dans le contexte de la seconde guerre punique. Cnaeus Cornelius Scipio Calvus a pour mission d'attaquer l'arrière-garde carthaginoise, et couper les sources d'approvisionnement des armées, alors qu'Hannibal fait la guerre en Italie.

En 218 av. J.-C., les Indigetes, peuple Ibère en partie colonisé par les Grecs à Emporiae et Roses, se soumettent très peu de temps à la République romaine.

Le camp militaire d'Emporiae[modifier | modifier le wikicode]

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Mur romain d'Emporiae.

Conquête de Hispania.

La victoire de la République de Rome sur Carthage lors de la Deuxième guerre punique laisse l'Hispanie aux mains des Romains.

La première présence romaine à Emporiae (Ampurias) implique la construction d'un camp militaire stable, où se trouve aujourd'hui la ville romaine, bien que l'existence de ce camp ne signifie pas la soumission de la ville grecque à la République, mais les deux sont égaux. Cette alliance se termine avec l'arrivée en Hispanie du Consul Marco Porcio Cato, dit Caton l'Ancien. Après avoir débarqué à Roses, son armée (estimée entre 52.000 et 70.000 hommes) se rend à Ampurias. Tite Live se réfère à ce fait décrivant la ville :

Ampurias était formée de deux villes séparées par un mur. Une ville habitée par les Grecs de Focea, comme les Massaliotas, et l’autre par les Hispaniques. La ville grecque, au bord de la mer, était entourée d'un mur de moins de 400 marches. La ville hispanique, la plus éloignée de la côte, avait un mur de 3000 marches de périmètre (...) La partie du mur qui semblait atterrir, bien fortifiée, avait une seule porte gardée tour à tour par un magistrat. La nuit, la troisième partie des citoyens monta la garde sur les murs (...)[59].

Révolte des Indigetes (197 av. J.-C.)[modifier | modifier le wikicode]

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Guerriers ibères.

La transformation du territoire en province entraîne d'importants changements administratifs et fiscaux[60], et l'imposition du stipendium (impôt de guerre levé à titre exceptionnel sur les vaincus) n'est pas acceptée par les tribus des locaux qui jouissent encore d'une certaine structure politique et d'une certaine capacité de réaction[61], de sorte qu'en 197 av. J.-C. une grande révolte éclate dans toute la région conquise en Hispanie.

De nombreux dirigeants locaux se sont révoltés en Hispania Ulterior et la République envoie Gai Semproni Tudità, en Hispània Citerior, et Marc Helvi Blasion, en Hispania Interior. Le Sénat romain déclare après plusieurs victoires la Citerior province consulaire et le consul Marco Porcio Cato, dit Caton l'Ancien y va, laissant ainsi l'arrière-pays à Appi Claudi avec peu de troupes.

Caton l'Ancien quitte le port de Luna et navigue le long du golfe de Lyon jusqu'à Rhode (Rosas) pour étouffer la résistance de la garnison indigène située dans l'acropole de Rhode.

Bataille d'Emporiae (195 av. J.-C.)[modifier | modifier le wikicode]

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Marco Porcio Cato dit Caton l'Ancien.

Lieu probable de la bataille de Roses, la citadelle.

Un nouveau mur est construit à Emporiae.

L'Hispanie romaine se déclare partisane de Clodius Albino, victime de la répression de Septime Sévère[62].

En 195 av. J.-C., les Ibères se révoltent contre Rome et le consul Marcus Porcius Cato réprime des soulèvements indigène en battant les Indigetes[63].

En effet, Marco Porcio Cato dit Caton l'Ancien arrive à Emporiae avec deux légions, huit mille fantassins, quinze mille alliés et 800 cavaliers pour l'armée consulaire et deux mille fantassins et deux cents cavaliers pour chacun des préteurs, soit un total de cinquante mille hommes pour les trois armées[64]. Caton renvoie les navires de transport des troupes à Massalia avec des marchands pour forcer son armée à se battre.

C'est la bataille d'Emporion (195 av. J.-C.). Caton prend Emporium, ville entourée de marais où coexistent ville grecque et la ville ibérique séparés par un mur. Lorsqu'il estime que ses troupes sont prêtes à affronter les indigènes, il les envoie à Castra Hibernate, un deuxième camp situé près de la ville sur le continent. Dans ce territoire contrôlé par l'ennemi ils combattent la nuit les insurgés, brûlent leurs champs et volent cultures et bétail, démoralisant les ennemis, et aidant leurs alliés ilergets.

Les indigènes révoltés assiègent Emporion avec environ 40.000 hommes[65], sauf pendant la saison des récoltes, selon Tite Live, moment pris par Marc Porci Caton Censorí pour attaquer le camp ennemi. Pendant la nuit, Caton occupe la position la plus avantageuse, conservant une légion de réserve et plaçant la cavalerie aux extrémités de la ligne et l'infanterie au centre[66].] Au cours de la première heure, Caton envoie trois cohortes, qui atteignent la limite du camp des Ibères. Ils les poursuivent car ils se replient en désordre, lorsque la cavalerie romaine apparaît sur leur flanc droit. Caton doit envoyer deux cohortes de secours pour encercler les assaillants. Dans la soirée, Caton doit attaquer, avec trois autres cohortes, pour obtenir la dispersion des Ibères.

Caton ordonne à l'armée de se former et attaque le camp la nuit. La légion de réserve arrive et met fin à la bataille.

Après la bataille d'Emporion (195 av. J.-C.), en quelques jours, Marc Porci Cató Censorí réussit à pacifier l'ensemble du littoral et s'est dirigé vers Tarraco (Tarragone), puis de là vers Turdetània (Andalousie). Au retour de l’expédition, il soumet les Lacetans, les Suessetans et les Ausetans. Il attaque les Lacétains, assiège leur capitale fortifiée, et Bargus[67], et Vergneum.

Les Romains ordonnent que les Ibères aux environs de l'Èbre détruisent leurs fortifications, sous peine d'être réduits en esclavage[68]. Des villages de l'intérieur de l'actuelle Catalogne sont rasés.

IIe siècle av. J.-C.[modifier | modifier le wikicode]

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L’une des entrées de la muraille romaine.

Tête d'Aphrodite d'Emporiae. IIesiècle avant J.-C., Musée archéologique de Barcelone.

Deux statues différentes d'Asclepius, le dieu grec de la médecine; l'un d'eux est conservé au musée d'Ampurias (date du IIe-Ier siècles av. J.-C.) et l'autre au musée national d'archéologie d'Athènes.

Agora d'Emporiae.

À l'époque d'Auguste (Ier siècle av. J.-C.), le forum républicain est profondément remanié.

La paix revient[69].

Les indigènes viennent alors s'établir à côté ďEmporion (peut-être quelques-uns se sont-ils déjà installés extra-muros), dans la zone où il y aura plus tard la ville romaine[70] ?

S'agit-il d'un phénomène volontaire ou obligatoire ? Il est difficile de le savoir, mais il est possible que les indigènes soient fixés à la terre selon un plan romain. Les Romains partagent des terres autour ď'Emporion et y établissent des Ibère si, au moins dans une certaine mesure[71].

Nous savons également, grâce à certains passages de Strabon et de Tito Livio, qu’un noyau indika autochtone fait partie du complexe. Ils expliquent que la communauté gréco-romaine et la communauté autochtone d'Emporiae vivent séparées par un mur. Neapolis consiste à cette époque en une enceinte murée formant un rectangle très irrégulier de 200 m sur 130 m, situant le port au nord. Le sud de Neapolis est délimité par un mur en gréement cyclopéen construit dans la seconde moitié du IIe siècle av. J.-C., grande partie des blocs de calcaire qui le conforment, provenant d'un ancien mur grec, du IVe siècle av. J.-C., dont les restes vont être retrouvés à environ vingt-cinq mètres à l’intérieur de la ville.

Avec l'arrivée des Romains commence un processus de transformation dans le système d'occupation et d'exploitation économique du territoire, ce qui conduit à l'abandon d'Ullastret au cours du IIe siècle av. J.-C..

La vision militariste, de conquête militaire, ne sert presque à rien dans cette région, puisque, après Caton et la bataille d'Emporion (195 av. J.-C.), on ne possède qu'une référence aux luttes Sertorius-Pompée (80 av. J.-C. à 72 av. J.-C.).

A l'heure actuelle on a tendance à présupposer une forte immigration d'Italiens et à réduire la population ibérique presque à néant. Mais cette idée s'accorde mal avec les données ampuritaines. Mon hypothèse envisage une romanisation plutôt précoce - surtout de contrôle du territoire - et une pacification rapide, avec une faible présence d'immigrés, au moins pour la première période de l'occupation, et une adaptation forcée des indigènes aux structures romaines.

Les nomina les plus fréquents à Emporiae sont Cornelius, six fois, et Porcius, quatre fois. Bien que Cornelius soit le nomen le plus fréquent en Hispania, comment ne pas penser au fait que le premier Romain qui débarqua officiellement à Emporion s'appelait Cn. Cornelius Scipio et le deuxième M. Porcius Cato. Il n'y aucun rapport entre cette gens Cornelia et les Cornelius ibérique, alors qu'il s'agit peut-être d'un cas de promotion sociale d'une gens, qui, bien que d'origine ibérique, réussit à faire partie de la classe dirigeante locale au cours du e siècle avec un certain Cornelius Saturninus[72].

Caton y laisse un praesidium militaire, dont on ne connaît que l'édifice des citernes. Le matériel est datable entre 175 et 150. Ce praesidium fonctionne pendant tout le IIer s., jusqu'à la fondation, à la fin du siècle, de la ville romaine. Le mur d'enceinte est reconstruit avant 100 avant JC. par J.-C.[73].

Dans l'espace gagné avec l'extension du mur au sud de la ville au IIe siècle av. J.-C.. sont construits diverses constructions de caractère religieux, un Asklepion. L'Asklepieion est un centre thérapeutique et religieux consacré au dieu de la médecine, Asclepius. La statue d'Asclépios se trouve dans l’un des sanctuaires dédiés aux divinités protectrices et curatives situées dans le secteur sud de la vieille ville. Il a une hauteur approximative de 2,20 mètres, est de la période hellénistique (IIe-Ier siècles av. J.-C.), fabriqué dans un atelier grec en Méditerranée orientale.

Ier siècle av. J.-C.[modifier | modifier le wikicode]

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Emporion : Paléapolis (ancienne ville) + Neapolis (ville moderne) + la ville ibéro-romaine[74].

Emporiae, ville ibéro-romaine.

Mosaïque représentant le sacrifice d’Iphigénie (Ier siècle av. J.-C. environ. Elle reproduit une peinture grecque du IVe siècle av. J.-C.).

Vers 100 av. J.-C., une nouvelle ville romaine est construite, qui coexiste sur un pied d'égalité avec l'ancienne colonie phénicienne. Au fil du temps, la présence de Rome influence tellement le petit noyau grec que les Grecs eux-mêmes se sont romanisés, jusqu'à ce qu'ils obtiennent la citoyenneté romaine pendant la principauté d'Auguste, ce qui amène le noyau grec et romain à s'unir par des mariages mixtes.

Les Romains profitent de l’existence d’une ville portuaire ouverte sur l’extérieur pour s’y installer et la transformer aux IIe et Ier siècle av. J.-C., en un des centres d'un empire commercial et culturel de grande influence.

La ville maintient ses institutions jusqu'à la guerre civile entre Pompée et Jules César (49 av. J.-C. à 49 av. J.-C.), lorsque le parti pompéien gagne dans la ville, ce qui signifie, après la victoire de César, l'annulation de leur indépendance et la création d'une colonie d'anciens combattants à leurs côtés.

Jules César aime peut-être particulièrement Emporiae. Il fait construire une agglomération dix fois plus grande derrière la ville grecque pour les vétérans émérites de la guerre. Pour leur loisirs, il y a naturellement un amphithéâtre et un terrain de sport pour l’entraînement des citoyens. Autour du forum s’assemblent boutiques et tavernes, les maisons ont un caractère luxueux : les fragments de villas à la coupe généreuse et les magnifiques mosaïques d’ornement témoignent de cela.

La connaissance des maisons romaines de la ville romaine se limite à trois grands domus situés du côté est de la ville, au-dessus du port. Ce sont de grandes demeures qui suivent le schéma italique de la maison atrium complétée par péristyle et hortus. Son origine est, comme celle de la ville, de l'époque républicaine et construite lorsque les premiers habitants reçoivent leurs parcelles de terrain pour la construction des maisons, qui, surtout à l'époque impériale, subissent d'importantes extensions. Les maisons ont de nombreuses dépendances, des jardins et des décorations de mosaïques noires et blanches et de peintures murales. Dans l'un d'eux, une mosaïque représentant le sacrifice d'Ifigenia.

A la fin du Ier siècle, après la conquête totale de l'Ibérie par Rome, Emporiae devient décadente, assombrie par la puissance de Tarraco et Barcino.

Tarraco, devenue capitale, fait entrer les anciennes villes romaines d'origine républicaine dans un processus de décadence. À la fin du premier siècle commence l'abandon d'Emporiae.

Emporiae à la fin de l'Antiquité[modifier | modifier le wikicode]

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Les thermes d'Emporiae.

La villa romaine depuis les thermes.

Emporiae est pillée lors de la première invasion des Francs et des Alamans en 260/262.

Basilique paléochrétienne wisigothique du IVe siècle est découverte à Empúries, dans les ruines d’une ancienne villa romained[75].

Au IIIe siècle, la population se réfugie dans l'ancienne Palaiápolis, mieux fortifiée. La ville grecque est devenue un cimetière, tandis que la ville romaine survit en tant que ville jusqu'à l'invasion normande du neuvième siècle.

La nécropole d'Ampurias dure plus de mille ans, à partir du VIIe siècle av. J.-C. jusqu'au Moyen Age. Beaucoup de leurs tombes sont pillées, déjà dans l'Antiquité. Almagro réalise deux volumes qui rassemblent toutes les données sur la plupart des cimetières de la région. Il en existe quatre types: indigène grec, républicain supérieur, impérial et du Bas-Empire.

Parler du cimetière Bas-Empire n’est pas chose facile. Toute la zone de l'ancienne ville grecque est pleine d'inhumations, peut-être liées au culte de la basilique paléochrétienne (ou Cella Memoria, chapelle avec des reliques d'un martyr). Des inhumations ont également lieu dans de nombreuses vieilles nécropoles d’époques antérieures (comme le Bonjoan, en usage depuis mille ans, depuis la première colonisation grecque) et d'autres complètement nouvelles. Celles-ci sont peut-être liées aux villae ou aux maisons de campagne romaines situées à proximité. Il convient de noter le monument funéraire d'El Castellet et les tombeaux qui l'entourent.

On sait qu'au Ier siècle apr. J.-C. siècle, lorsque l'activité commerciale d'Ampurias connait une phase de déclin, c'est le port de Narbonne qui fournit la catalogne en marchandises d'origines lointaines[76].

Ampurias perd des habitants à partir du IIIe siècle[77]. Ampurias, détruite sans doute lors des raids franco-alamans, en 258-270, entre dès cette époque dans une phase de déclin définitif[78]. Toutefois, Michel Zimmermann parle de villes de Tarraconaise pillées lors de la première invasion des Francs et des Alamans en 260/262, mais pas détruites[79].

Après toutes cette invasions et du fait de son déclin économique, Ampurias est probablement réduite à une petite colonie. Les secteurs de Neàpolis et de la ville romaine d'Empúries sont abandonnés. Il reste le noyau fondateur d'Emporion, Palaiapolis, devenu Sant Martí d'Empúries[80]. En effet, le changement des voies commerciales maritimes entraîne la diminution de l'activité du port antique d'Empúries.

Le temple chrétien y est bâti sur les ruines du temple de Deesa. La ville est pratiquement détruite et n'est pas reconstruite, comme Barcino (Barcelone) ou Tarraco (Tarragone)[81]. Cependant des objets retrouvés à Sant Martí d'Empúries et à Neapolis, dans les cimetières de l'antiquité tardive et dans les agglomérations voisines, montrent que le port emporita reste actif tout au long de l'Antiquité tardive et qu'Empúries joue encore un rôle dans les circuits commerciaux de l'époque[82].'

DE LA PÉRIODE ROMAINE A NOS JOURS[modifier | modifier le wikicode]

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Le comté d'Ampurias est un héritage de la Marca hispanica. A cette époque - contrairement à cette carte - sa capitale est encore l'ancienne Emporiae.

La continuité de l’importance de cette petite ville est démontrée par le fait qu’après la reconquête du nord de la Catalogne par Charlemagne en 785, Ampurias est la capitale du comté carolingien du même nom.

Cette ville est maintenue capitale jusqu’au transfert progressif des comtes au XIe siècle, à la ville voisine de Castellón de Ampurias. Ce déplacement progressif commence du fait des destructions causées à Ampurias, en 935, par une flotte arabe affrétée et envoyée d'Almeria par Abderramán III.

Du temps des Wisigoths[modifier | modifier le wikicode]

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Itinéraires des Wisigoths.

Recto et verso d'une ampoule aux saintes huiles de San Menes, originaire du sanctuaire égyptien qui lui est dédié, que les pèlerins ramènent. Il représente le saint entre deux chameaux et la légende en caractères grecs. Ce genre d'objets souvent retrouvés dans les tombes montrent d'Ampurias que le port antique reste en activités.

Table d'autel en marbre blanc, datée du Ve siècle, récupérée sur le parvis de l'église de Sant Martí d'Empúries en 1993, et qui est maintenant exposée à l'intérieur du temple[83].

Du fait des conquérants wisigoths au Ve siècle la région de Alt Empordà est parait-il dévastée et on assiste à une décadence des villes romaines importantes (Itálica, Ampurias...)[84].

Dans la réalité, les metropolis romaines, comme Ampurias, deviennent des sièges épiscopaux, où sont protégés les monuments antiques par les païens christianisés[85]. Après la conquête wisigoth ces derniers installent à Ampurias, au IVe siècle, un siège épiscopal, mais la population de la ville continue à diminuer[86]. Le noyau restant d'Empúries devient donc le siège de cet évêché tardoromà. Une vie urbaine justifie l'existence du siège épiscopal qui a peut-être des racines apostoliques[87].

Les Wisigoths ne construisent pas de grands édifices, mais on retrouve leurs céramiques, monnaies, de la décoration, leurs inscriptions... partout dans le nord-est de la péninsule[88].

On trouve un petit pot de rituel wisigothique à Ampurias[89]. Une basilique paléochrétienne wisigothique du IVe siècle est découverte à Empúries, dans les ruines d’une ancienne villa romaine. Cette construction basilicale comporte une double nef, avec une abside de forme semi-circulaire à l’intérieur et rectangulaire à l’extérieur et deux pièces. On ne peut déterminer s’il s’agit d'une basilique paléochrétienne ou d’un ancien édifice d’époque romaine réutilisé plus tard[90].

En 517 a lieu un concile à Gerona, auquel assiste l'évêque d'Empúries[91]. En l'an 540, un concile wisigothique se réunit, en présence du métropolite Sergio (520 - 555) et des évêques d'Ampurias, de Lérida, de Gérone...

Au début du VIe siècle, les premiers évêques sont nommés et cela dure jusqu'à l'invasion sarrasine (714), lorsque le territoire devient dépendant de l'évêché de Gérone. L'ancien diocèse d'Ampurias n'est connu que par les noms de ses sept évêques de 516 à 693, qui assistent à divers conciles.

Du temps des moros (716 - 785)[modifier | modifier le wikicode]

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La conquête de l'Espagne par les armées arabes au début du VIIIe siècle.

La fin d'un monde.

Renforcé par des mesures prises, le nouveau gouverneur musulman, Al-Hurr ibn Abd al-Rahman al-Thaqafi, mène des campagnes successives contre le bastion wisigoth, à partir de l'automne de 716, et les deux années suivantes.

Depuis Saragosse il attaque et soumet les villes de Huesca, Barbastro, Lérida, Tarragone, Barcelone, Gérone, et Ampurias. La résistance de Tarragone doit être tenace parce que, après sa conquête, les musulmans massacrent toute la population qui a survécu au siège, et ravagent la ville, détruisant de nombreuses églises et monuments. Selon de nombreux témoignages Ampurias est absolument dévastée. En tous les cs cas selon un autre témoignage, Ampurias subit la colère du vainqueur[92].

La région est d'abord un témoin de l'insécurité provoquée par les incursions musulmanes et normandes dans les comtés maritimes catalans, en l'occurrence celui d'Empúries-Roussillon. Un raid musulman désastreux détruit en partie Ampurias[93].

Charlemagne libère Ampurias en 785. En fait, l'invasion musulmane dure soixante neuf ans et la vieille population hispano-gothique, les Hispani, revient s'y installer. Alors qu'il reste de nombreux vestiges de la romanisation, il est difficile de reconnaître le passage des Wisigoths et des Arabes

Du temps de la Marca Hispanica (795 - IXe siècle)[modifier | modifier le wikicode]

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Charlemagne rejoignant la Marca Hispánica. En 778, il mène une expédition contre Saragosse.

Château de la Marca Hispánica.

Charlemagne et ses comtes.

Denier de l'atelier monétaire d'Ampurias datant du temps de l’Empereur Louis le Pieux (814 - 840).

Les cols de la Cize. Les Francs et leurs alliés se battent plusieurs fois contre les moros et leurs alliés à Roncevaux.

Sant Martí d'Empúries est au niveau de l'antiquité tardive et au début du moyen-âge un noyau fortifié.

Tout commence à la mort, en 768, de Pépin le Bref. Le royaume franc réussit à redonner aux Pyrénées son ancienne condition de frontière entre l'Hispanie romaine et la Gaule[94].

La première extension de la frontière carolingienne au sud de cette chaîne de montagnes est une conséquence de l’échec de l’expédition de 778 avec laquelle Charlemagne, profitant des luttes internes d'al-Andalus et du soutien de la population gothique locale, tente de fixer la frontière entre les deux pays sur l’Èbre. Après avoir détruit Pampelune, alliée aux Banu Qasi l'aventure qui se terminé par le fameux désastre de Roncevaux[95].

La proximité du royaume franc permet rapidement la création de quelques comtés indépendants régis par des seigneurs féodaux indépendants. Celui d'Ampurias est un des premiers créés. Il recouvre une partie de l'actuel Empordà. Ses frontières sont à l'ouest l'ancienne voie romaine Via Augusta et trois frontières naturelles : la mer Méditerranée à l'est; la Sierra de la Albera, au nord (à partir de 1659 la frontière espagnole avec la France) et les Gabarras au sud[96].

La crainte des représailles du califat provoque l'émigration d'Hispanie vers le royaume franc des soutiens les plus engagés dans cette expédition. Ils deviennent les Hispani. Selon les chroniques, ces personnes installées en Septimanie vont servir de pont entre la cour carolingienne et les autorités en place du sud des Pyrénées. Les Hispani leur affirment que les villes du sud de la Gaule qui ont capitulé devant le pouvoir franc ne le regrettent pas[97].

Confiante en cette protection efficace, vers 785, les habitants de Gérone se soulèvent contre les musulmans et se soumettent aux Francs. Ils sont certainement imités par les habitants du comté d'Urgell, de la Cerdagne, du Pallars et de la Ribagorza, selon Josep Maria Salrach[98]. La ville de Gérone se rend aux francs en 785. Avec Gérone se rallie tout le territoire situé au nord de la Catalogne qui doit immédiatement être organisé en comtés. Selon Abadal, cette forme de constitution dans le royaume des Francs explique que le gouvernement des comtés soit laissé aux mains de magnats autochtones d’origines gothes, ce qui est le cas du premier Comte d’Ampurias, Ermengario[99].

La division administrative de l'empire carolingien répartit le territoire catalan conquis en comtés. Alors que le nord de la comarque et l'actuel Haut-Ampurdan sont organisés autour du comté d'Empúries, le reste est constitué de fiefs ou de sous-fiefs relevant de l'évêché de Gérone, possesseur de vastes territoires, notamment dans le Bas-Ampurdan, ou de baronnies liées au comté.

Le noyau restant d'Empúries devient la capitale du comté médiéval carolingien et, plus tard, catalan[100].

L'antique cité grecque, romaine, puis, wisigothe, de Emporiae est le siège du temps de la Marca hispanica (Carolingiens) d'un évêché[101].

Au fur et à mesure que le territoire situé au sud des Pyrénées est libéré du joug musulman, le système aprision (presura, en Castille ou aprisio, en Aragon) s'étend à la Catalogne jusqu'à ce que, vers 812, de telles exploitations se trouvent dans une vaste zone des comtés maritimes catalans de Barcelone, Gérone, Ampurias... Une grande partie des abbayes catalanes sont fondées sur des terres non cultivées appartenant au fisc royal. Des terres fournies par les souverains carolingiens, qui leur accordent la protection royale et d'autres privilèges. Sous le règne de Louis le Pieux, des ateliers monétaires s'établissent à Ampurias, à Bordeaux et à Dax en Gascogne[102].

Sant Martí d'Empúries est au niveau de l'antiquité tardive et au début du moyen-âge un noyau fortifié et le port de la ville est maintenu en pleine activité[103].

812[modifier | modifier le wikicode]

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Charlemagne.

Karolus ... Auguste ... imperator romain ... rex Francorum et Langobardorum publie une charte datée du 2 avril 812, où figurent les noms des dirigeants de la marche d'Espagne :

Berane, Gauscelino, Gisclafredo, Odilone, Ermengario, Ademaro, Laibulfo et Erlino comitibus[104].

En 812, Berà de Barcelone, se rend à la cour d'Aix-le-Chapelle avec les comtes Gaucelme du Roussillon, Odilón de Gérone et de Besalú, Giscafred de Carcassonne, Ermenguer d'Ampurias, Adhémar de Narbonne, Leibulf de Provence et Erlín de Béziers. Ils doivent rendre compte à l'empereur parce qu'un groupe de propriétaires terriens hispaniques (c’est-à-dire, des nobles locaux de l'ancienne province de Septimanie et de Gothie ou de la Marche Hispanique) ont porté plainte contre eux. Ces propriétaires se plaignent de ce qu'on leur impose sur leurs terres des tributs et des charges injustes. Charlemagne par une charte du 2 avril 812 donne raison aux plaignants cotre les comtes[105].

La Frontera Superior d'al-Andalus vers l'an 900.

Le comté d'Ampurias[modifier | modifier le wikicode]

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Bérenger de Toulouse (832 à 835)[modifier | modifier le wikicode]

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Les possessions du marquis Bérenger de Toulouse.

Bérenger de Toulouse, surnommé le Sage (né vers 790 - mort en 835), est comte de Toulouse de 814 à 835, puis de Barcelone, de Gérone, et d'Ampurias de 832 à 835.

Bérenger de Toulouse, comme lieutenant d'Aquitaine, ramène l'ordre dans le duché de Gascogne. En mars 817, il réorganise le pouvoir carolingien au sud de la France et dans les marches d'Espagne[106]. Il définit les nouvelles limites pour Urgell, la Cerdagne, le Pallars, la Ribegorça, la Cerdagne, Besalu, Carcassonne et le Razès. Les comtés maritimes Rosas, Ampurias, Girona, Barcelone et Ausona sont placés sous la dépendance directe de Louis le Pieux. Bera contrôle Gérone, Barcelone et Ausona. Gaucelme le comté d'Ampurias.

Les premiers comtes (ca 844 - 915)[modifier | modifier le wikicode]

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Le comte et son évêque administrent les Pagi.

L'église de Sant Martí d'Empúries du temps de l'ancien cimetière sur le côté.

Le comte wisigoth Sunifred (844 - 848) repousse Abd al Rahman II en 842. Il laisse à son frère Sunyer les comtés de Roussillon et d'Ampurias.

L'antique cité grecque, puis romaine, d'Ampurias sert de centre administratif à un comté carolingien, qui a sa cour, ses juges, ses prélats, ses vicomtes[107]. Mais ce comté est ravagé par un raid musulman, puis par les Normands en 858/859[108]. A partir de cette époque les Catalans célèbrent à l'intérieur des terres les plaids fêtés dans le temps à Empúries.

Lorsque le Comte Sunyer II d'Empúries (840 - 915) veut restaurer sa capitale il se limite à San Martín de Ampurias[109]. Le Comte Gausbert restaure l'église en 926[110].

Suniario II (862 - 915) et son frère Delá (862-894) sont probablement des fils de Suniario Ier.

En l'an 891, les navires d'Ampurias entreprennent l'une des expéditions les plus audacieuses contre la domination musulmane. Une flotte de quinze navires commandés par le comte Suniario II attaque Pechina - à proximité de la ville actuelle d'Almería - d'où les musulmans contrôlent le commerce maritime de la Méditerranée occidentale. L'action navale se termine par une trêve.

Castellón d'Empúries devient la ville principale (XIe s.)[modifier | modifier le wikicode]

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Guigó de Girona (880 - 941), consacre l'église du monastère de Sant Quirze de Colera, qui est pourtant dans l’Alt Empordà.

Les premiers arsenaux maritimes se trouvent dans l'Empordà au Xe siècle. A cette époque de la Reconquista, vers 958, Caesars, de Santa Cecilia de Montserrat, tente, en tant que métropolitain de Tarragone, que le pape Jean XII lui restitue les anciens évêchés wisigothiques, y compris celui d'Empúries, mais il échoue du fait de la résistance d'autres Évêques catalans[111].

Le noyau restant d'Empúries, capitale du comté médiéval catalan, voit Castellón d'Empúries, devenir sûrement au XIe siècle la ville principale[112].

Le comté devient plus tard la façade maritime du comté de Gérone, depuis Begur jusqu'à San Felíu de Guixols.

Jusqu'au milieu du XIIe siècle, les comtes successifs de Barcelone tentent d'étendre leurs territoires dans de multiples directions et par différents moyens. Ramón Berenguer III (1082 - 1131) conquiert par la force une partie du comté d'Ampurias (entre 1123 et 1131).


Par la suite, au XIVe siècle, les comtes d’Empúries essaient à nouveau de restaurer l'évêché wisigoth d'Empúries, à Castelló d’Empúries, mais ils n’y réussissent pas à cause de l’opposition des prélats de Gérone[113].

Gaucelmo, comte d'Ampurias et premier comte de Roussillon.

NOTES ET RÉFÉRENCES[modifier | modifier le wikicode]

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